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Red Angels

Je dois cette lecture à la masse critique de Babelio et je suis ravie d’avoir remporté ce titre parce que je vraiment pris une claque. Au bon sens du terme.

Je suis ravie d’avoir découvert Seven avec ce titre, je ne connais vraiment pas grand chose au manhua et cet auteur m’était totalement inconnu. J’ai vraiment beaucoup aimé son style graphique mais aussi la façon dont il met en scène ses planches.

Red Angels raconte la vie de quelques prostituées dans un quartier malfamée des année 1990 gravitant autour du propriétaire de l’immeuble qui ne se pose pas en véritable personnage mais plutôt comme témoins de ces existences chaotiques qui remplissent son immeuble. Il se lie d’amitié avec ses locataires et nous raconte leurs histoires telle qu’il les a perçues. C’est un livre très sombre et qui véhicule peu d’espoir. Les auteurs n’offrent aucune échappatoire à leurs héroïnes.  Je dis bien les auteurs car si c’est Seven qui est au dessin et au scénario, ce titre est une adaptation du roman documentaire de Li Yaosha.

On suit en parallèle l’histoire de plusieurs locataires. Pris à parti par le propriétaire de l’immeuble nous devenons à notre tour témoin de leur malheur, de leurs espoirs, de leur naïveté et de leur stupidité aussi. Le manque d’instruction de ces filles est souvent mis en avant pour expliquer leur situation et leur déchéance. Comment elles sont manipulé, ou comment elle acceptent l’inacceptable parce qu’elle pensent que c’est ainsi que ça doit être, comme cette femme un peu simplette qui vient des montagnes et qui subit en permanence la violence de son mari sans jamais se rebeller.

Je n’avais jamais vu un homme aussi irascible.

Je n’ai su qu’après qu’ils venaient tous deux des mont Daliang, dans le Sichuan. Ils n’avaient pas fait d’études et avaient appris la vie sur le tas, à l’ancienne. Il trouvait donc normal de frapper sa femme, qui n’osait pas protester.

[…]

Très souvent, quand je la voyais chanter devant ses programmes favoris, j’avais le sentiment… qu’A Ping n’était qu’une enfant

C’est très sombre, mais il y a une certaine tendresse à l’égard de ces femmes perdues. Tendresse renforcée par le dessin : les visages des femme laissent toujours paraître une certaine innocence malgré le métier qu’elle exercent. Le proprio est touchant parce qu’il est touché par le destin de ces femme. Mais au même temps il met un peu mal à l’aise car il se contente d’observer sans vraiment remettre en cause cette situation, cette réalité sociale. ça le dérange mais il ne fait rien pour changer les choses.

Une lecture très intéressant autant par propos que par son esthétique. A lire.

Paru aux édition Urban China

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Le rapport de Brodeck – L’autre

Un soir, alors que Brodeck vient au village chercher un peu de beurre, il trouve tous les hommes du village à la taverne, ils viennent de commettre un crime : ils ont tué l’anderer, « l’autre ». Un étranger qui a débarqué après la guerre dans le village et qui par son mystère et son sourire peut-être trop avenant a effrayé le village entier jusqu’à conduire les villageois à cet extrême. Brodeck se voit octroyer la tâche d’écrire un rapport sur cet incident, un rapport qui devra justifier les actes des villageois. Seul innocent parmi les coupables, Brodeck comprend bien vite le danger que cela représente, tous le surveillent, se méfient et la tension monte page après page, tandis que Brodeck nous raconte, l’arrivée de l’anderer mais aussi son histoire, les camps de concentration, la guerre…  Ce récit, très sombre, ne pourra pas laisser indifférent.

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Le récit, souvent silencieux, sait par la mise en page et le cadrage faire monter la pression au fur et à mesure qu’on avance. Les  paysages enneigé sont superbe. Le jeu d’ombres et de noires accompagnement parfaitement l’ambiance pesante et inquiétante du récit. Les visages, toujours usés par la vie, rendant tous les personnages d’un âge incertains, sont très expressifs. C’est un régal pour les yeux.

J’ai vraiment aimé cette bd que j’ai découvert grâce au prix k.bd. J’y suis allé sans rien attendre. Je ne connais Manu Larcenet que de nom et je dois dire que c’est une très belle découverte ! (J’en profite au passage pour remercier l’équipe k.bd et les éditions Dargaud).

J’ai été très rapidement prise dans l’histoire. C’est beau et c’est chouette à lire. J’ai hâte de découvrir le deuxième et dernier tome.

Page 19

Avant de devenir une bd sous le pinceau de Manu Larcenet, Le rapport de Brodeck c’est un roman écrit par Philippe Claudel en 2007. Je n’ai pas lu ce roman mais à en juger par ce premier tome, Manu Larcent s’en sort très bien pour sa première adaptation littéraire. Et chose étonnante, malgré que l’histoire nous vienne d’un roman, il y a beaucoup de silences. Manu Larcent réussi à rendre le récit juste par le dessin.

A lire !

Voir aussi les avis de Yvan, Lunch, Noukette

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Au temps de l’amour

C’est tout à fait par hasard que je suis tombé sur deux volumes de Yamaji Ebine, son dessin me rappelait celui de Nananan et je décidé de tenter l’expérience. Je ne regrette pas, le dessin tout comme les récits sont d’une grande finesse.

Aujourd’hui je vais vous parler d’Au temps de l’amour, un one-shot mettant en scène deux âmes perdues qui s’accrochent l’une à l’autre pour tenter de survivre, de refaire surface.

Shiori tombe sous le charme d’une jeune homme ténébreux. Emportée par sa fascination, elle se rends sur les bord de la rivière dans l’espoir de l’y croiser, mais le destin cruel lui fera faire une autre rencontre. Terrible rencontre qui va lui laisser une profonde blessure au cœur et au corps. Seiji témoin arrivé trop tard va devenir sa bouée de secours, celui qui sait et à qui elle peut parler en tout liberté. Mais ce qui les rapproche sont aussi les blessures du cœur du jeune homme qui a perdu son amant dans d’atroces circonstances quelques années plus tôt. Chacun va chercher à sauver l’autre pour finalement se sauver lui même.

Une histoire tragique, traité avec beaucoup de finesse et de talent qui en fait un récit réaliste ne sombrant (pas trop) dans le mélodrame. La fin est cependant exagérée, difficile de vous dire pourquoi sans spoiler, mais disons que cela contraste avec le reste du récit qui reste très réaliste autant dans les fait que dans le traitement des personnages et de leur sentiments.

Une très belle histoire d’amitié, d’amour et d’âmes cabossées, touchante par son traitement et servie par une beau dessin très fin et épurée. Je ne dirais pas que ce manga m’a bouleversé mais j’ai aimé le style de l’auteur et sa façon de nous faire entrer dans l’intimité de ses personnages. Cela m’a aussi fait réfléchir sur la façon dont l’héroïne réagit à ce qui lui arrive. Bref, une bonne lecture. Mais maintenant j’ai besoin de quelque chose de plus léger !

à lire aussi l’avis de Marianne

shôjo dramatique
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