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Yagate Ai ni naru – un yaoi de est em

J’ai déjà parlé à plusieurs reprises d’est em, une mangaka peu connu (enfin, peu commercialisé) que j’aime beaucoup. C’est a-yin qui m’a fait découvrir cette mangaka, et c’est sur ses conseils que j’avais acheté Tango, son seul manga publié en France (aux éditions H). Ce fut le coup de foudre ! Un coup de foudre à retardement. La première lecture m’avait charmée, la deuxième m’a conquise. Depuis je suis devenue une inconditionnelle de est em.

C’est encore a-yin qui m’a conseillé, pas plus tard que hier (voir son article sur Ashinaga Ojisantachi no Yukue (Ichiko Ima)) de lire Yagate Ai ni naru un des ses yaoi d’est em préféré. Sur ce terrain là j’ai une complète confiance en les conseils de a-yin j’ai donc foncé sans réfléchir. Si le manga n’est malheureusement pas disponible en français, on peut en trouver des scans en anglais sous le titre Yagate ao ni naru (pas bien ! ben oui, mais quand on peut pas faire autrement… promis je l’achète des qu’il sort en français).

 

A la mort de ses parents Kota est adopté par la famille de Taisei. Les deux pré-adolescents deviennent ainsi frères. Mais Taisei n’a jamais considéré Kota comme un frère, et ce n’est pas en grandissant que ses sentiments vont changer.

Là certains se disant “oh mon dieu, encore une histoire de frères !”. Oui, sauf que c’est du est em. Vous n’aurez pas un étalage d’érotisme, de salive et autres fluides corporels dans des échanges incestueux et immoraux. Bon, tout d’abord, les deux jeunes homme ne sont pas de vrais frères mais plutôt des amis d’enfance ayant grandi sous le même toit. Ce n’est pas la même chose. Il y en a peut-être qui affectionnent les histoires d’inceste (il y en a surement puisque ces histoires sont si répondues autant dans le yaoi que dans le shôjo) mais moi ça me dérange, vieille bique que je suis. Je ne suis pas la seule à être réticente. Voilà pourquoi je précise 🙂

Et puis surtout c’est la façon dont cette histoire est raconté qui fait la différence. Comme je disais, on est pas là pour des échanges de fluides, mais des échanges de regards. Tout est dans le regard, les non-dits, les mains levées puis laissées retomber… La retenue mais aussi l’explosion, les mots qui ne sortent pas, les coups qui partent trop vite… Il est question ici de sentiments. Comment exprimer ses sentiments, comment recevoir ceux des autres, comment comprendre et se comprendre. Pas seulement des sentiments des deux hommes l’un pour l’autre mais de leur sentiments face à la vie, à leur famille à leur métier… Un récit tout en douceur et en subtilité.

J’aime la mise en scène de est em, mais ce que j’aime encore plus c’est son coup de crayon, tout de suite reconnaissable, beau, viril et touchant. Oui, je trouve qu’il se dégage une certaine virilité de ses dessins et des hommes qu’elle décrit. Même dans leur fragilité, ils restent viriles.

Le dessins d’est em provoque en moi une émotion particulière et je crois bien que peu m’importe l’histoire qui est raconté, ce sont les regards de ses personnages qui me captent et me parlent, plus encore que son scénario.

Pourtant un aspect de ce titre est particulièrement intéressant, Kota et Taisei sont les fils d’un artisan teinturier. Tout au long de l’histoire on voit l’atelier, les bain d’indigo, la façon dont les tissus sont préparés… Pour les amateur de japonaiseries c’est un plus non négligeable. En tout cas moi cet univers m’a ravi.

L’histoire des deux frères est suivie par d’autres histoires courtes, tout aussi touchantes et subtiles. J’ai particulièrement aimé celle de l’adolescent qui se rend à la piscine de l’école une fois la nuit tombée. La façon dont les sentiments du garçon sont abordé m’a semblé très juste et vraiment pas malsaine, ce qui n’est pas toujours le cas dans le yaoi.

C’est d’ailleurs un des aspect que j’aime dans les yaoi de est em : elle ne fait pas l’étalage de sentiments pervers comme peuvent le faire de nombreux titres. L’excès de sentiments malsains serait au yaoi ce que l’excès de violence est au seinen ou au shonen. Si son rôle d’exutoire est indéniable c’est parfois too much et je fait une overdose (je pense notamment à un titre qui m’avait été chaudement conseillé et qui m’a donné la nausée tellement c’est malsain et mélodramatique : Sakura Gari). Est em a le don de nous raconter des histoire avec beaucoup de naturel. C’est reposant 🙂


Pour les anglophones à lire aussi un article sur l’excellent blog Brain vs. Books

à découvrir également le tumblr d’est em

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Tango ~ est em

Ayant parlé récemment de est em, et lui ayant décerné la couronne de reine du yaoi, j’ai eu envie de relire et chroniquer son seul manga paru à l’heure actuelle dans nos contrés : Tango, one-shot regroupant plusieurs histoires courtes. La version française de ce yaoi a été publié par les éditiond H en 2010.

La version japonaise est publié par les éditions Tôkyô Mangasha (2006) sous le titre ショーが跳ねたら逢いましょう (show ga hanetara aimashou). Si les américain ont traduit le titre par Seduce me after the show, on se demande où l’éditeur français a été chercher son titre. Car s’il est bien question de séduction après le show, point de Tango dans cette histoire ! Oh, le titre va à merveille avec cette sublime couverture rouge et noir, pleine de sex appeal. C’est d’ailleurs cette combinaison entre l’image et le titre (et les conseils de a-yin) qui m’on donné envie de lire ce manga. Mais force est de constater que… s’il y est bien question de dance, je cherche encore le rapport avec le tango…

Si ça ne parle pas de tango, de quoi nous parle ce manga ?

Et bien, ma fois, de jeu de séduction, d’hommes tourmenté, d’amour et d’art aussi. C’est un yaoi, alors, évidemment, il y est question de romance entre homme, mais ne cherchez pas ici des aventures complexes, des scénario rocambolesque, des histoires d’amour qui n’en finissent pas de se mettre en place, ni de sexe à profusion. Ce sont des histoires brèves, des instants dans la vie de ces hommes qui se rencontrent et puis se perdent et parfois se retrouvent. Il n’y a pas toujours un sens, il n’y a pas de fin heureuse ou d’amour triomphant, il y a d’ailleurs pas vraiment de fin. Il y a la vie et il y a l’art. Car oui, l’art est omniprésent dans ce one-shot, que se soit avec le danseur, l’acteur ou encore les musiciens ou le peintre.

Lever de rideau et Une fois le spectacle terminé…, les deux premiers récit, mettent en scène le couple de la couverture : Théo, un jeune danseur blesse, et Darren un célèbre acteur américain. Les deux hommes se rencontrent lors d’un tournage et échangent un premier baiser, comme une plaisanterie. Mais le cœur tourmenté du jeune danseur aura raison du tombeur. La plaisanterie prendra une tournure plus sérieuse. Mais Théo est de ces oiseaux là qu’on enferme pas, Darren le sait bien. Et c’est en le laissant s’échapper qu’il en devient plus beau.

La relation entre Théo et Darren n’a rien de particulièrement intéressant, l’histoire est, néanmoins,  bien mené. Mais ce qui m’a le plus marqué dans cette histoire c’est Théo et sa dance, qui n’est pas du Tango mais de la danse classique car Théo vient du Bolchoï, célèbre ballet russe, qu’il a quitté pour aller danser en Espagne, pays qui n’est pas vraiment connue pour le tango, mais pour le flamenco… dont le costume de scène de Théo s’inspire. Bref, Théo est devenu célèbre pour son interprétation très personnelle de Carmen ou il joue à la fois les rôles de José et Carmen. Toute l’histoire entre Darren et Théo se passe et moi je ne me disais qu’une chose : « je veux voir Théo danser ! »

tango

La nouvelle qui suit, Café et cigarette est moins troublante, plus classique. Un jeune peintre devenu garçon de café rencontre un bel homme qui tient une gallérie. Grâce à l’influence de cet homme, le jeune homme va se remettre à la peinture qu’il avait fini par abandonner. Si les personnages sont moins charismatiques que dans les deux premières nouvelles, ils n’en sont pas moins touchant.

Rokin’in my head c’est la rencontre entre un jeune rockeur et son idole. Si la rencontre est drôle et le vieux rockeur blasé touchant, la chute est un peu too much et l’ensemble de l’histoire un peu trop classique. Cela reste agréable à lire et à regarder.

Suivent deux très courtes histoires assez étranges : Nero et Monochrome. Ces deux histoires bien que pas particulièrement porté sur le sexe et le boys-love sont tout à fait « yaoi » tant la définition « pas de climax, pas de chute, pas de sens » leur colle à merveille. Ces récits, mettent en scène deux hommes en costume noir, au comportement vraiment étrange. A la première lecture j’ai pas vraiment compris d’ailleurs. Mais finalement, je trouve que c’est pas mal trouvé du tout. Si j’en dis pas plus c’est pour vous donner envie de découvrir par vous même 😉 (si ce n’est pas déjà fait)

La dernière nouvelle est celle que j’ai trouvé la plus émouvante, surtout à ma deuxième lecture. Des cigales le long d’une route d’été nous montre un vieille homme qui revient dans sa Kyôtô natale à l’occasion d’un festival, il espère y retrouver un ami de jeunesse, et c’est, troublé, qu’il rencontre le petits fils de cet amis, désormais disparu. Cette histoire m’a touché par sa simplicité et aussi, peut-être par sa vraisemblance. Deux jeunes hommes, amis, découvrent que peut-être quelques chose de plus que l’amitié les uni, mais préfèrent ne rien se dire pour que la séparation soit plus simple. Ils se promettent de se revoir mais la vie reprends ses droits et chacun mènera sa vie. Devenu vieux, celui qui est parti veux revenir vers son premier amour. Mais celui-ci est déjà mort. Il rencontre alors son petits fils. A travers les mots de ce dernier on croie comprendre qu’il a vécu une vie heureuse, qu’il a eu enfant et petite-enfant… Mais au moment du festival, toute sa vie durant, il scrutera la foule en souvenir de cette promesse fait des années plus tôt, à l’homme qu’il aimait peut-être mais à qui il n’a pas voulu le dire, cette homme qui l’aimait, mais qui n’est jamais revenu. Je trouvé ça très triste. Mais ce qui rend ce récit particulièrement touchant c’est la façon tout en délicatesse et en discrétion, sans pathos qu’on évoque cet amour avorté dans l’œuf. Il y a de la nostalgie, un peu de tristesse, mais aussi de la tendresse dans le regard du vieil homme. Tendresse à l’égard de ses souvenirs.

C’est peut-être cet absence de pathos et de drame, trop souvent présente dans les boys-love qui m’a plu dans ce recueil. Même l’histoires de Théo n’est pas plongée dans le drame. Certes le danseur à vécu un drame et il en a été marqué, mais on en fait pas des tonnes. Pas de larmes à profusion, pas de discours intérieur à rallonge, de masturbation mentale et tous le mélodrame qu’on nous sert si souvent dans le yaoi, parce qu’il faut souffrir pour être un bon héros de boys-love ! Ici il y a des hommes troublé, des hommes tourmenté, mais des hommes qui sonnent plutôt vrai. Des hommes adultes, aussi, qui donc passent moins de temps à explorer leur nombril que les ados, parce que ce soit dans le boys-love, ou dans le shôjo s’il y a bien une chose qui à tendance à m’agacer c’est quand le héros se pose des tas de questions sur « oh mon dieu qu’est-ce qui m’arrive » durant plusieurs chapitres, questions certes légitimes mais qui à la longue lassent.

Ce qui fait la force de ce manga, ce n’est pas que la façon dont est em nous raconte ses histoires, c’est aussi son dessin. Un trait particulier  et immédiatement reconnaissable, beau et expressif où les vieux beaux ont autant de charme que les beaux gosses.

C’est beau, c’est touchant et c’est pas que pour les fan de yaoi.

A quand un nouveau manga de est em en français ? En attendant vous pouvez toujours vous consoler avec les éditions étrangères 😉

lire un extrait

♣ à lire aussi : Spotlight (801 Special): Est Em (anglais) et An interview with Est Em (anglais)

album

Tango sur le forum Club Shôjo

Et, pour conclure, une image bonus 🙂

Carmen par Mats Ek – le costume rappelle fortement celui de Théo

anime manga aggregator sama Sama It!

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Shôjo : la meilleure mangaka

événement interblog organisé par le club shôjo : la semaine shôjo

quelle est la meilleure mangaka shôjo et pourquoi ?

Voilà une question à laquelle je pourrais répondre difficilement ! Avant de me lancer, j’ai fait un petit tour d’horizon concernant les shôjo que j’ai lu. Je n’arrive qu’à 39 volumes, 64 si j’inclue les josei, yaoi et yuri, quant rien que pour la catégorie seinen j’en ai lu plus de 170 (je me suis référée à ma liste sur Babelio, il manque des titres, notamment les scans, mais ça donne quand même une idée). J’estime donc ne pas avoir assez de recul pour pouvoir juger qui est la meilleure mangaka. D’autant plus que, en regardant de plus près ma liste, j’ai constaté que j’ai rarement lu plus d’un titre par mangaka. Comment juger du travail général d’une auteure sur un seul titre ?

Mais bon… j’ai envie de jouer moi aussi 🙁 alors je vais faire semblant et tricher un peu 😉

Je vous propose donc ma sélection des meilleurs mangaka. J’ai choisi, pour ma part, de séparer les différents types de manga pour femme car ce qui fait un bon yaoi n’est pas forcement ce qui fait un bon shôjo. J’ai donc essayé, au vu de ma maigre expérience, de choisir une mangaka par catégorie et vais tenter d’expliquer pourquoi cette mangaka là et pas une autre.

J’espère ne pas être trop à côté de la plaque. Et vous invite à me laisser vos conseils et remarques.

Le shôjo :

Bref rappel de ce qu’est un shôjo pour les lecteurs de Ma petite Médiathèque non mangaphiles, et j’espère qu’il y en a 🙂

Le shôjo est un manga dont la cible principale est un public de jeune filles, disons l’âge des collégiennes/lycéennes pour faire simple. Le type de manga est déterminé par le magazine de prépublication dans lequel il est publié. Le genre peut varier énormément d’un shôjo à un autre. Tout d’abord en fonction du magazine dans lequel ils sont publiés, il y a des magazines très spécialisés offrant par exemple des récits fantastiques, ou exclusivement des romance, alors que d’autres magazines proposent des contenus variés… Bref dans le shôjo, comme dans tout les autres types de manga, on trouve de tout et pour tout les goût. Ce qui détermine un shôjo, n’est donc pas le genre d’histoire qui y sera raconté mais le public auquel il s’adresse. Je précise ce point car on a trop souvent tendance (ce que je faisais moi-même avant de connaître le club shôjo) à associer shôjo et romance lycéenne. Or comme on a su me le faire comprendre, si les sentiments jouent toujours un rôle important dans le shôjo, il y a des shôjo d’aventure, des shôjo fantastiques, des shôjo d’horreur même… enfin bref, en cherchant un peu on trouve vraiment de tout. En revanche, quand je jette un coup d’œil rapide au catalogue shôjo en librairie… j’ai pas l’impression que cette diversité y soit rendue.

Fin de la parenthèse !

La reine du shôjo manga

Dans cette catégorie j’ai choisi d’élire une mangaka que je connais à peine : Kaori Yuki

Et quand je dis que je la connais peu, c’est un euphémisme ! Je n’ai lu qu’un seul tome d’une seule série ! Il s’agit du premier tome de Ludwig Revolution dont j’ai brièvement parlé dans le petit panier de manga #7

Pourquoi elle ? Et ben c’est simple parce qu’à lecture de ce tome j’ai pensé que Kaori Yuki arrive à condenser tous les cliché du shôjo en un seul manga, tout en les détournant. Ce qui donne un résultat à la fois ultra kitsch et très original. Utiliser les canons du genre et les exacerber jusqu’à la parodie, offrant un manga à la fois plein de tragédie et d’humour, voilà qui est digne d’un maître. Et puisque on parle shôjo, je trouve que la couronne de la meilleure mangaka shôjo lui va très bien.

Si je l’ai choisie ce n’est pas forcement parce que Ludwig Revolution est le shôjo que j’ai le plus aimé, mais plutôt parce que c’est le shôjo le plus shôjo, au sens caricaturale du terme, qui m’ai plus. Elle en fait des tonne, mais c’est parfaitement assumé, c’est justement sa façon de détourner les codes du shôjo qui font que pour moi elle sort du lot.

Bien sûr ce choix devrait être conforté par quelques lectures complémentaires, à commencer par la suite de la série Ludwig Révolution que j’ai très envie de lire mais que je laisse traîner depuis un moment. D’autres titre m’ont été conseillé tel que Angel Sactuary, mais sur ce titre là j’ai quelques réticences, peut-être à cause de l’adaptation animé qui m’ai laissé un assez mauvais souvenir, ou peut-être à cause du thème de l’inceste qui apporte un côté trop kitsch et déjà maintes fois vu (j’aime pas les histoires d’inceste, ça m’énerve).

Le josei :

Petit rappel théorique pour les néophytes :

Le josei est un manga qui se destine à un public de jeune femmes adultes, à l’instar de sa sœur shôjo, le josei peut regrouper des manga très varié dont les genres n’ont rien de commun entre eux, la romance à l’eau de rose, la tranche de vie, le fantastique ou encore l’héroïc-fantasy… là encore il y a de tout et pour tout les goûts. En France, beaucoup de josei sont publié dans les collection seinen car leur thème et leur approche peuvent être très proche du seinen et que cela rend la lecture du catalogue plus claire pour le public français qui aurait peur de ne trouver que des récit romantique dans les manga à destination d’un public féminin. C’est bien connu, nous somme toutes des cruches qui ne intéressent qu’aux garçons et à comment leur faire plaisir…

La reine du josei :

Pour cette catégorie j’avais d’abord pensé à Yuuki Kodama, l’auteur de Kids on the slope parce que j’aime beaucoup ce dernier et la façon dont l’auteur met en scène les émotions de ses personnages, tout en finesse. Mais là encore, je n’ai lu que cette série, et pas tous les tomes. Difficile de juger un auteur sur une seule oeuvre…

Pourtant c’est une autre auteur, dont je n’ai lu qu’un manga, un one-shot, que j’ai décidé de sacrer reine du josei : Kyôko Okazaki.

Pourquoi elle ? Tout d’abord parce que son manga River’s edge m’a fait fort impression. C’est un de ses josei que les éditeurs français nous présentent comme un seinen. Et, à ne rien savoir, on y croirais car en effet ce récit s’adresse autant aux hommes qu’aux femmes. C’est avec beaucoup de justesse qu’elle y décrit le désarroi de l’adolescence. Et son dessin très stylisé est loin du canon du manga pour femme avec profusion de fleurs et yeux brillants. Kyôko Okazaki nous propose un manga asexué, si j’ose dire, car il n’y a, à mon sens, aucune exaspération de virilité ou de féminité, comme on peut trouver dans de nombreux titres. Elle propose un récit neutre, montrant des adolescents et leur mal-être. La neutralité du manga, illustre parfaitement les difficulté d’identification sexuelle qu’on peut éprouver à cet âge là. Bref c’est un manga, mature, intéressant, bien construit, loin des romances tragico-dramatique qu’on associe trop souvent au manga pour femmes.

Mais si j’ai choisit Kyôko Okazaki, ce n’est pas seulement parce que j’ai aimé son manga. C’est aussi parce qu’elle est l’une des fondatrices du josei. Il était donc tout naturel de lui réserver cette place d’honneur.

Comme pour la reine du shôjo, mon jugement à besoin d’être étoffé par de nouvelles lectures et je reviendrais sans doute plus tard sur cette auteur emblématique du manga pour femmes adultes.

Le yaoi :

petite rappel théorique pour néophyte (oui, j’y teins 😉 )

le yaoi est un sous-genre de shôjo qui met en scène des romances entre garçons. Il s’adresse donc, avant tout, à un public de femme et non à un public gay. Né du dojinshi (fanzine) le yaoi permet une plus grand liberté que le shôjo classique. Dans la société japonaise où la femme occupe encore un rôle social inférieur à l’homme, les récit mettant en scène des homme permettent aux jeunes filles de s’identifier à des personnages jouissant de plus de liberté qu’elle. De yaoi il y en a avec tous les thèmes possibles et imaginables : de la simple tranche de vie au récit fantastique, des nouvelles de quelques pages à peine à de longues séries… on trouve là encore du manga pour tout les goût. De même on trouve du yaoi très soft où les amants n’échanges guère plus que de doux baisés, au yaoi hard core faisant pâlir les les publics les plus avertis, du sexe ostentatoire, de la violence, du trash… Là encore en en trouve pour tous les degrés de perversion.

La reine du yaoi :

Qui sacrer reine du yaoi ? mmm… difficile à dire… Contrairement aux autres catégories, j’ai lu pas mal de titres. Le problème c’est que une très grande majorité des titres que j’ai lu, ce sont des scans, traduits par des fan et lu sans prêter attention ni à leur titre ni à leur auteur. Une bonne majorité de ses titres m’ont d’ailleurs marqué au point qu’il m’est arrivé de relire plusieurs fois les même sans m’en rendre compte de suite. C’est dire à quel point les yaoi en question étaient remarquables… Mes lectures “officielle”, j’entends par la de manga papier publié en France, sont peut nombreuses.

Par ailleurs je ne sais pas répondre à la question “c’est quoi un bon yaoi?” Question incontournable pour savoir qui fait les meilleurs yaoi. Je ne sais pas pourquoi j’aime le yaoi, qu’est-ce que j’y trouve qui me manque ailleurs.

Ce serais trop compliqué et trop long de tenter de répondre à ces questions aujourd’hui (d’autant que ce n’est pas le propos ici). Donc, faisant fi de ces questions fondamentales, je vais tenter de designer une reine du yaoi, peut-être pas parce qu’elle est fait les meilleurs yaoi, mais parce qu’elle fait quelque chose de différent, d’original, à la croisé des chemin.

En effet j’aime lire du yaoi classique, j’en bouffe des tonnes mais c’est un peut comme si je mangeais des chips. Je prends plaisir mais c’est pas pour autant que cela figurerais dans la liste de mes plats préférés. Le yaoi c’est un peu mon fast-food du manga, j’y vais pas pour manger gastronomique, mais j’adore ça.

Mais ici j’avais envie de faire ressortir des auteurs qui n’épousent pas parfaitement les canon du type de manga qu’elle représentent mais plutôt des auteurs qui s’en affranchissent et qui proposent des œuvres originales et s’adressant à un public plus large que leur cible de départ. C’est pourquoi j’ai choisit pour le yaoi deux auteurs très particulière. J’en ai choisi deux car, pour l’une d’entre-elle, les yaoi qu’elle a écris ne sont pas publié en France. Commençons par cette dernière : Basso.

Ah! je vous avez dit que j’allais tricher !

Certains se demandent peut-être pourquoi je parle de tricher… Et ben pour ceux qui ne connaîtrait pas Basso, il s’agit en réalité du nom de plume qu’utilise une mangaka que j’aime beaucoup pour écrire des yaoi. Basso n’est autre que Ono Natsume, dont 3 seinen ont été publiés en France par Kana : Goyô, Gente et Ristorante Paradiso.

Mais Ono Natsume écrit aussi du yaoi. Et oui, beaucoup de mangaka passent par là pour se faire connaitre. Et si j’aime les yaoi de Basso c’est parce qu’on y retrouve la même ambiance que dans ces seinen. La seule chose qui change c’est le fait qu’il y ai des hommes qui s’aiment (ou qui couchent ensemble).

Moi j’aime Ono Natsume et toutes les occasions sont bonnes pour parler d’elle ! Si on m’avait demandais qui étaient les meilleurs mangaka de seinen, je l’aurais cité également. Curieusement, elle n’a pas eu beaucoup de succès en France et j’ai bien peur que ces yaoi ne voit jamais le jour en version française. Pour les polyglotte, sachez que certains de ses manga sont disponibles en anglais (voir Natsume Ono/ Basso – Editions étrangères chez a-yin). Sinon il y a les scans…. (mais chut ! j’ai rien dit !).

Gan sfortunatoLes yaoi de Basso sont donc assez loin de stéréotype graphique du genre. Son dessin est très particulier. Quant aux récits, ils sont assez contemplatifs, du moins une large majorité de ceux que j’ai lu. Ce sont des brefs instantanés dans le quotidien de ses personnages, parfois avec des notes d’inattendu parfois, simple routine. On observe ses hommes boire leur café, rencontrer le voisin, échanger des regards (ou plus, cela dépends des récits). En cela la structure de ses boys-love est très “yaoi” au sens premier du terme. Yaoi est l’anagramme de “YamA nashi, Ochi nashi, Imi nashi” qui signifie “pas de climax [dans la narration], pas de chute [au récit], pas de sens [à l’histoire]”. Et le yaoi de Basso c’est tout à fait ça. Il ne se passe rien, elle ne nous raconte rien. Je trouve donc qu’elle mérite tout à fait un place sur ce podium puisque elle propose des yaoi qui épousent les codes du genre tout en affichant une ambiance et un dessin original rappelant l’univers du seinen/josei tranche de vie plus sérieux.

Comme les yaoi de Basso ne sont pas disponibles en France je vais désigner une autre mangaka dont le style est d’ailleurs proche de celui de Basso : est em. Tout comme Basso, est em propose des yaoi à la fois très ancré dans la tradition du dojinshi avec des histoires qui ne racontent pas forcement quelques chose, des récits assez décousus où il plus à voir qu’à comprendre. Et, comme Basso encore, est em a un dessin très particulier et original, qui se distingue de la production de masse. Ses récits mettent également l’accent sur l’ambiance, plus que sur la trame.

Je pense que si l’on aime le travaille de l’une, on appréciera le travaille de l’autre.

Actuellement un seul de ses manga est disponible en France : Tango, publié par les Editions H. Il y a toujours les éditions étrangères ou le scan… (voir est em – les Editions étrangères chez a-yin)

Pour le yuri, je ne désignerais aucune reine puisque je n’ai lu en tout et pour tout qu’un seul manga (Candy). Je veux bien tricher un peu, mais il y a des limites 🙂

Nous en arrivons donc à la fin de cet article qui décernait la couronne de la meilleurs mangaka dans les différentes catégories de manga pour femme.

Le bonus

La fin ? Non, pas encore !! Avant de vous quitter, je vais vous parler d’une dernière mangaka : Kiriko Nananan.

Je lui décerne une mention spécial pour son travail très original, son dessin délicat et son cadrage unique. Cependant le contenu de ses récits, que ce soit des  seinen ou des josei, trop accès sur l’introspection et les tourments sentimentaux, ne me touchent pas particulièrement.

Mais tout de même ! On ne peut pas parler des meilleurs mangaka de shôjo sans citer Kiriko Nananan !

Parmi ses manga publié en France, j’ai lu Blue (un seinen) et Fragments d’amour (recueil regroupant des récit paru dans différentes revues).

Voilà ! C’est la fin !

Sore jaa mata !

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La semaine shôjo chez mes camarades :

 

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