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Le Crom Cruach

Crom quoi ?! Le Crom Cruach ! Si ça ne vous dit rien, c’est que vous n’avez pas encore vu
l’excellent Brendan et le sectret de Kells. Va falloir vite y remédier ; )

Ce film est génial ! Tellement génial que depuis 3 semaine Mimi-chan le regarde une fois par jour, si ce n’est pas deux ou trois. Et moi je ne m’en suis toujours pas lassé. Au contraire, cela m’a permit de me rendre compte que la bande originale du film est excellente. Mais j’y reviendrais plus tard. Parlons d’abord du Crom Cruach.

Dans le film, Brendan doit affronter un étrange serpent appelé le Crum Cruach pour lui dérober son œil.

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Sachant que le film s’inspire de fait réels (le livre de Kells existe vraiment, voir pécedent article) j’ai voulu en savoir plus sur cette étrange créature appelé Crum Cruach. A-t-il été inventé par les réalisateurs du film, ou s’agit-il d’un personnage de la mythologie celtique ?

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Crom Cruaich ou Cenn Cruaich. Irlande

Le Sinueux du Tertre ou Chef du Tertre à qui l’on offre le premier-né de chaque portée ou l’aîné de chaque progéniture.

Jean- Paul Persigout. Dictionnaire de mythologie celte. Brocéliande/Éditions du Rocher,1996.

En poussant un peu avant mes recherches, j’ai appris qu’il s’agit d’une idole adorée par tout les habitant de l’Irlande avant l’arrivée du Christianisme. Divinité de la fertilité, il demande des sacrifices en échange de lait et grain. Il était représenté par une pierre dorée entourée de 12 pierres, représentant 12 divinité subsidiaires. La légende veut que le Crom Cruach ai été défait pas Saint Patrick, celui qui christianisa l’Irlande.

Dans le film on voit bien les pierres disposé ainsi en cercle, mais le Crom Cruach y prend la forme d’un serpent. Je n’ai trouvé aucune information venant confirmer cette forme. Qu’il est ou non une représentation serpentesque dans la mythologie celtique, je trouve que sa représentation est particulièrement réussi dans le film.

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Je profite de cet article pour revenir sur la bande original du film qui est, comme je l’ai dit, excellente. La musique est composée par Bruno Coulais et interprétée par un groupe de musique trad irlandais : Kila. Bruno Calais s’inspire des sonorité traditionnelles pour nous offrir une BO originale et très efficace.

Si j’aime beaucoup la BO, Mimi-chan craque complètement pour cette chanson chantée par Aisling (elle connaît les paroles par cœur )

 

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Brendan et le secret de Kells

Le cadeau que je nous ai offert à Mimiko et moi-même pour nos anniversaires (^_^)

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Titre original : The secret of Kells

Réalisateur : Tomm Moore

Co-réalisateur Nora Towmey

Scénario de Fabrice Zidkowski, d’après l’oeuvre originale de Tomm Moore

Musique de Bruno Coulais

Co-produit par Cartoon-Saloon (Irlande), les Armateurs et France 2 Cinéma (France), Vivi Film (Belgique)

2009

durée : 75 minutes

site officiel

Synopsis :

Brendan, jeune moine, vit a Kells sous la tutelle de son oncle, l’abbé Cellach. Ce dernier ne pense qu’à une chose : construire des remparts assez solides pour protéger Kells des terrible vikings qui ravagent l’Irlande à cette époque (9ème siècle). C’est ici que frère Aidan, grand enlumineur et gardien d’un livre inachevé, vient se réfugier. Le vieux moine prendra Brendan sous son aile et l’initiera à son art. Poussé par Aidan, Brendan va quitter pour la première fois la forteresse et pénétrer dans la forêt où il rencontrera Aisling, un (ou plutôt une) esprit de la forêt qui l’aidera dans sa quête.

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Ce que nous en avons pensé, Mimi-chan et moi :

C’est un très beau film dont le graphisme original m’a rapidement séduite. Le dessin est très stylisé, avec des personnages très géométriques et anguleux qui contrastent avec le décor, surtout
celui de la forêt où les rondeurs, nœuds et arabesques rappellent les dessins celtiques. C’est surtout dans la forêt que la richesse du décors s’exprime, c’est très beau et l’abondance de la nature y est très bien rendue. Elle peut paraître à la fois hostile et accueillante, dangereuse et paisible.

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 Outre son dessin beau et original, Brendan et le secret de Kells possède de jolis personnages : Brendan, jeune moinillon curieux que la soif de connaissance va pousser au plus grand des courages. Aisling, l’esprit de la forêt, est aussi très attachante, vive, insaisissable comme un courant d’air, elle se prend d’affection pour le jeune Brendan en qui elle trouve un ami.

Aidan, artiste un peu fou, sage et espiègle, apporte à Kells et à Brendan l’air d’aventure et de fantaisie qui lui manque. Tout le contraire de l’abbé Cellach, qui est toujours sérieux et dur. Mais derrière cette façade se cache une grande générosité et amour de son prochain qu’il veut protéger de la barbarie des Viking. Les viking parlons-en ! J’ai rarement vu des méchant aussi effrayant et inquiétant que cela. Ils nous donnent vraiment la chair de poule.

A Kells on rencontre d’autres moines, tous bien amusants, bien que l’anachronisme de leur présence nous surprenne. Qu’un moine italien, anglais ou allemand se trouve à Kells au 9ème siècle, soit. Mais le noir et le chinois, c’est tout de suite moins crédible.

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On retrouve dans cette histoire tous les éléments du conte de fée et de la quête initiatique et ça marche. Il y a un bon équilibre entre humour et suspens, action et réflexion, joie et tragédie.
Et tout est bien qui fini bien pour la plus grande joie des petits. Certaines scènes sont vraiment dures et angoissante, j’ai même eu peur que cela soit trop pour Mimi-chan. Mais non ! ça fait peur comme un bon conte de fée se doit de faire peur. D’ailleurs, je parle, je parle, mais qu’en a pensé la petite Mimi ? Et bien, elle adore. Elle l’a déjà vu et revu. ça l’intrigue beaucoup, ça l’impressionne sans pour autant lui faire vraiment peur, bref elle est captivé.

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Et pour son plus grand bonheur, le DVD offre des petit bonus sympa pour les enfants : des jeux et même des coloriages. On y trouve également la version en breton, mais, ça on n’a pas essayé.

brendan et le secret de kells - brendan et aisling

La bande annonce :

 

– Tout ne s’apprend pas dans les livres, vous savez, frère Aidan

– Hehe… J’ai déjà lu ça quelque part

J’adore 🙂

Voilà un cadeau réussi ! Mère et fille sont ravie. Si vous ne connaissez pas ce film je vous le conseille vivement. Et si vous l’avez déjà vu, je vous invite à partager vos impressions en laissant un petit com’  😉



Le coin des curieux :

Hein, quoi ?! C’était pas fini ? Ben non, pour les plus curieux il y a du rab 😉

Le livre de Kells :

Le fameux livre enluminé dont il est question dans ce film existe vraiment. Il s’agit du Livre de Kells (Book of Kells), également connu sous le nom de  Grand Evangéliaire de Saint Colomban. C’est un manuscrit enluminé réalisé par des moines de culture celte au IX siècle. Il Tient son nom de l’Abbaye de Kells ou il a était gardé jusqu’au XVII siècle.

Le livre, resté inachevé, contient les 4 évangiles du nouveau testament ainsi que des notes explicatives écrit en latin. Il est très richement illustré. La qualité de ses enluminures en font un véritable chef-oeuvre. La traditions veut que le livre ai été commencé par Saint Colomban lui-même, mais cette théorie à été démentie par des analyses paléographiques. La véritable origine de ce livre reste mystérieuses et plusieurs hypothèses existent toujours. Une chose est certaine, c’est que le livre est intimement lié à la Communauté religieuse fondé par Saint Colomban, l’Abbaye de l’île de Iona et l’Abbaye de Kells.

Pour la petite anecdote, la couleur verte des enluminure ne vient pas de baie comme on le raconte dans le film mais de malachite broyé, il s’agit d’un minerais.

Aujourd’hui le livre est exposé à la bibliothèque du Trinity College de Doublin.

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L’Abbaye de Kells :

L’Abbaye de Kells a été fondé au IX siècle par des moines originaires de l’île de Iona, une des îles Héberides sur la côte ouest de l’Ecosse où se trouvait une communauté religieuse fondé par Saint Colomban. Les ravages causé par les raids vikings ont rendu l’île trop dangereuses et les moines se sont retiré a Kells, dans le comté de Meath en Irlande. C’est en 814 que Cala, l’abbé de Iona, quitte l’île pour Kells. Les vestiges de la tours monastique ronde sont encore visibles.

Comme dans le film, l’Abbaye de Kells fut attaqué à plusieurs reprises par les vikings. le Livre de Kells y fut volé en 1006 et restitué deux mois plus tard sans sa couverture.

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Les enluminures :

Je vous parle de livres enluminé, d’enlumineurs… Mais savez-vous ce que sont les enluminures ? Il s’agit des peintures ou dessins que les moines enlumineurs exécutaient sur les livres manuscrit rédigés par les moines copieurs du Moyen Âge. Il peut s’agir de simples lettrines comme d’illustration plein page. Les moines enlumineurs devaient maîtrises l’art du dessin , de l’élaboration des pigments et de la coloration.

Tomm Moore :

Co-fondateur et directeur de Cartoon Saloon, il a travaillé sur plusieurs projet d’animation avant de signer ici son premier film en tant que réalisateur.

Vous pouvez suivre son actualité sur ses blogs The Blog of Kells ou Song of the Sea, son prochain film.

Brendan et le secret de kells c’est aussi une BD :

Après le film, Tomm Moore en a fait une BD de deux tomes. Et elle est dispo chez Glénat : link

Cette fois, c’est la vrai fin.

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Piano forest

Il y a quelques mois, j’avais publié un article où je présentais quelques animes dont le thème principal tournait au tour de la musique classique. Aujourd’hui nous allons encore une fois nous mettre au diapason de la musique classique avec Piano Forest, un long métrage de Masayuki Kojima.

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Titre VO : ピアノの森

Synopsis : 

Amamya est le fils d’un célèbre pianiste, destiné depuis sa petite enfance à devenir pianiste à son tour. Il étudie le piano avec acharnement et sérieux depuis ses 4 ans, participe aux concours et veut devenir le meilleur. Contraint d’intégrer une nouvelle école suite à la maladie de sa grand-mère, il y rencontrer Kai. Kai est pauvre, grossier et bagarreur, mais il a bon cœur. Il se rapproche du nouveau venu et lui fait découvrir un mystérieux piano abandonné dans la forêt qu’il est le seul à pouvoir jouer. Amamya se rend alors compte que Kai possède un don pour la musique et veut le pousser à étudier, mais pour ce dernier la musique est un jeu. Un jeu qu’il va finir par prendre bien plus au sérieux qu’il ne l’aurait imaginé.

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Mon avis :

Un film très agréable sur l’apprentissage de la musique classique. Les deux héros ont une façon complètement opposé de voir, et surtout de vivre la musique. Amamya étudie consciencieusement depuis son enfance. Il doit suivre la voie que son père à tracé pour lui. Et bien qu’il aie de grandes ambitions, la musique et le piano ne sont pas pour lui un plaisir, mais plutôt un ennemi contre lequel il se bat pour devenir toujours meilleur. Alors que les autres enfants allaient jouer, lui il était obligé d’étudier son piano et en est arrivé à le détester. Pourtant son ambition est intacte : il vaut devenir concertiste, même si pour cela il doit sacrifier son temps libre.

Kai, enfant pauvre et libre, découvre la musique seul. Un vieux piano abandonné dans la forêt devient son terrain de jeu favori. C’est parce qu’il y prends plaisir qu’il est chaque soir sur son piano. La musique il la comprend sans l’avoir étudié, il a un don, une sensibilité qu’Amamya ne peut que lui envier. Séduit par ce talent dont Kai n’a même pas conscience, Amamya veut convaincre son ami d’étudier afin de devenir un pianiste extraordinaire. Kai ne peu pas le comprendre. Ce n’est qu’on constatant ses propres limites, en essayant en vain de reproduire la valse du petit chien que Kai va accepter l’idée d’étudier le piano. Ce n’est pas son ambition qui l’anime, mais l’amour de la musique, l’amour du piano.

Se lie alors entre les deux garçon une relation singulière d’amitié sincère mais aussi de rivalité, car Amamya sait au fond de lui que son ami possède quelque chose qu’il n’a pas et qu’il ne pourra pas obtenir malgré une étude acharné du piano. Il en éprouvera de la frustration mais cela lui ouvrira aussi une nouvelle dimension de la musique. Il comprendra que sa façon de voir n’est pas la seule et qu’il faut qu’il change ses sentiments s’il vaut changer sa musique.

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Fiche technique:

Réalisateur : Masayuki Kojima (Le chien du Tibet)

Scénario : Ryuta Haurai d’après le manga de Makoto Isshiki

Studio : Madhouse

durée : 101 min.

année : 2007

Sortie en France : 2009, distribué par Kazé

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Le Manga :

Le manga Piano no mori (ピアノの森) de Makoto Isshiki est publié depuis 1998 par Kodansha, il compte déjà 22 tomes et est toujours en cours. C’est un shônen, initialement pré-publié dans Young Magazin Uppers, puis transféré dans Weekly Morning.

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Amer Béton

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Titre VO鉄コン筋クリート

Réalisateur : Arias Michael

Auteur du manga : Matsumoto Tayô (松本大洋)

Studio : 4°C

Année : 2006

Durée : 1h46

 

Synopsis :

Kuro et Shiro, deux « chats » errants vivant par leur propres moyens dans les rues de Takara, quartier au centre d’une mégalopole. Agiles et bagarreurs, ils vivent de petits larcins et font la loi à Takara. Shiro (Blanc) naïf et joyeux, est la joie de vivre de Kuro (Noir). Ce dernier, tente tant bien que mal d’épargner la cruelle réalité à son cadet rêveur. Mais leur terrain de jeu est convoité par de puissant yakuza qui ont d’autres projet pour le quartier. Kuro décide de protéger « sa » ville. Les deux enfants se retrouvent alors poursuivis par de terribles tueurs.

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Bande-annonce :

 

Mon avis :

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Un film époustouflant ! C’est tout d’abord le graphisme qui m’a marqué, très original, très coloré, surchargé même. Ce qui frappe se sont surtout les décors si riches en détails qu’il faut revoir le film plusieurs fois pour en saisir tous les éléments. La ville est une vraie Babylone, dont les aspects architecturaux rappellent à la fois l’Inde, la Chine, le Japon et même l’occident.

Les personnages sont également bien traité. L’histoire se concentre sur Shiro et Kuro (Blanc et Noir) le couple d’enfant errant au caractère complémentaire. Il sont le Yin et le Yang, ensemble ils s’équilibrent. Comme dit Shiro : « J’ai toutes les visses pour réparer le cœur de Kuro ».

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Si ces deux enfants sot intéressants dans leur psychologie et leur dynamique, le film nous offre également de nombreux personnages secondaires très intéressant. J’ai tout particulièrement apprécié Suzuki, le vieux yakuza. La dernière scène où il apparaît est particulièrement émouvante.

Le scénario est aussi riche que les décor et chaque élément semble être une métaphore. Et après l’avoir vu deux fois, j’ai encore le sentiments d’être passé à côté de la moitié des choses. Kuro et Shiro représentent sans doute l’équilibre entre le jour et la nuit. Mais ils sont également le symbole d’une génération livré à elle même qui tente tant bien que mal de survivre dans une mégalopole devenue inhumaine.

La ville joue, d’ailleurs, un rôle très important, ses mutations, sa modernisation forcé par les « étrangers » qui veulent détruire le vieux quartier pittoresque et le remplacer par des lunapark, symbole du monde de consommation, les commentaires nostalgiques du vieux policier et du vieux yakuza… tout me fait penser à la marche forcé vers le progrès du Japon en général et de sa capitale Tokyo en particulier. La nostalgie qu’expriment à la fois le policier et le yakuza, mais aussi le vieux mendiant, est un thème récurant, regret d’un passé où il existait plus d’échanges, plus de solidarité entre les habitants d’un quartier, opposé à l’individualisme galopant des villes modernes où chacun ne pense qu’à soi-même. Mais cette nostalgie ne peut rien contre la marche en avant de la ville. Tous sont impuissant face au progrès, c’est s’adapter ou mourir.

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On retrouve dans ce film, beaucoup de références, je suis sans doute passé à côté de la plupart d’entre-elle. Si j’ai relevé quelques unes des références bibliques, je n’ai pas le bagage culturel qui me permettrais de comprendre la symbolique propre à la culture japonaise. Parmi cette profusion de références j’ai remarqué un détail amusant : la cicatrice sur le visage du docteur qui soigne Shiro de ses graves blessures, hommage au célèbre Black Jack de Tezuka.

Techniquement le film est merveilleusement réussi. Je n’y connais pas grand chose en animation (rien du tout en fait) ce qui ne m’empêche pas d’en apprécier la très bonne qualité de ce long métrage. Décors somptueux, animation fluide, dynamique, une bonne bande sonore… rien à redire ! La première fois, j’en suis resté littéralement scotché sur ma chaise. J’en ai prix plein la tête et, la séance finie, je n’ai rien pu dire d’autre que « waouh ! ».

Après avoir terminé l’écriture de cette chronique, j’avais le sentiment d’être passé à côté de trop de chose. Je suis donc allée faire un tour sur le net. Mais surprise ! Je n’ai rein trouvé, ou presque. Personne ne semble avoir remarqué ce film. Heureusement l’équipe de MangaVorace sur Akata est là et nous offre un dossier très intéressant sur Amer béton, film et manga réunis.

Avez-vous vu cet anime ? Qu’en pensez-vous ?

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Même pas peur !

Voici le titre de la 5ème édition du Festival cinéma jeunes publics organisé par le Clap Poitou-Charente. Plusieurs villes ont participé à cet événement, dont la mienne. Et en plus pendant les vacances scolaires ! Si c’est pas bien ça! Mon programme de vacances était tout trouvé. Et avec moi, Mimi-chan qui, en digne héritière de sa mère, ne voulais plus quitter les salles de cinéma. Elle en a même presque appris à lire l’heure, du moins, celle de la séance ciné. Ben oui, pour être sur que je n’oublie pas.

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Notre petit programme était :

  • Le jour des Corneilles
  • 10,11,12… Pougne le hérisson
  • Loulou et autres loups
  • Ernest et Célestine

J’avais initialement prévu 3 autres films, mais finalement, une petite fièvre aidant, nous nous sommes arrêté là.

Avant de vous parler plus en détail de chaque film, je vous libres quelques observation générales sur ce festival. Tout d’abord j’ai été surprise par les salles vides. Des films d’animation pendant les vacances scolaires et à 3€ la séance !! Je m’attendais à foule. Finalement on se sentais un peu seuls dans les salles. Peut-être est-ce du au manque de communication. Je suis tombé sur l’info par hasard en allant voir Le chien du Tibet une semaine plus tôt. Autrement, rien, nulle part. Faire un festival, avec des films en avant première et tout, mais pas de pub ! C’est un peu étrange, non?

Sinon, mis à part l’absence du public, le festival offrait un beau programme : beaucoup de films, récents et moins récents. Notre petit cinéma proposait 2 à 3 séances par jour, sur 12 jours, parmi lesquelles 5 avant-premières. C’est pas rien ! Ben oui, j’habite une toute petite ville, avec un tout petit cinéma… alors je trouve ça super !

Entre petite fièvre et escapades (vacances oblige) je n’ai profité qu’assez peu du beau programme offert. Mais assez pour partager quelques impressions avec  vous. Cessons donc ces bavardages inutiles et passons aux choses sérieuses : les films !


Le jour des Corneilles :

Avec Ernest et Célestine, ce film faisait partie des 2 titres que je ne voulais absolument pas manquer. Et j’ai eu de la chance, il passait justement la veille de mon départ pour Paris (mais c’est une autre histoire).

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Synopsis :

Le petit courge vit dans la forêt avec son père. Celui-ci, très dur et sévère, lui interdit de quitter la forêt. Mais un jour le père se blesse, et le fils décide de braver cet interdit pour chercher de l’aide. C’est là qu’il rencontrera Manon.

Ce que nous en avons pensé Mimi-chan et moi-même :

J’ai adoré ! Les décors sont magnifiques. De véritables peintures. Surtout dans la forêt, le dessin fait ressentir cet atmosphère magique qui se dégage de la nature profonde. Les personnages sont quant à eux très stylisé (surtout le petit Courge) mais s’insèrent bien dans ce décor. C’est de toute beauté !

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L’histoire est mignonne. On se prend vite d’affection pour le petit Courge. Le scénario, n’est pas particulièrement bouleversant, mais c’est une jolie histoire. Bien que le film s’adresse au jeune public, l’histoire est tiré d’un roman pour adulte de Jean-François Beauchemin, écrivain québécois. N’ayant jamais lu ce roman je ne peut pas me prononcer sur la fidélité du scénario par rapport à l’oeuvre originale.

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Le film est conseillé aux enfants à partir de 7/8 ans. En effet, moi qui suis adulte, ai vraiment aimé ce film. En revanche Mimi-chan, du haut de ses 4ans et demi (le demi c’est très important à cet âge là) n’a pas beaucoup apprécié. Son commentaire en fin de séance : « j’ai aimé, un peu, mais pas beaucoup ». Personnellement je trouvais qu’il y avais rien de spécialement impressionnant dans ce film. Et vu qu’elle n’a pas eu peur en regardant le chien du Tibet, j’ai pensé qu’il y aurais aucun problème. Or elle a été très impressionné par le père, qui n’est pas vraiment gentil. Quand il se met en colère, ça fout les chocottes ! On aimerais pas être à la place du petit Courge.

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Fiche technique :  

Réalisateur : Jean-Christophe Dessaint (il s’agit de son premier long métrage)

France / 2012 / 1h36

D’après l’oeuvre de Jean-François Beauchemins

Scénario : Amandine Taffin

Musique : Simon Leclerc

Doublage :

le père Courge : Jean Reno

le petit Courge : Lorant Deutsch

Manon : Isabelle Carré

Le docteur : Claude Chabrol

Bande-annonce :

Plus d’info :

Le jour des Corneilles : les secrets d’un dessin animé à l’ancienne à
voir sur le site du Monde


Ernest et Célestine:

Ernest et Célestine en avant première, si c’est pas beau ça !!

La sortie nationale est prévue pour le 12 décembre prochain.

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synopsis :

Célestine est une petite sourie orpheline que l’on destine à une carrière de dentiste. Mais ce qu’elle aime, elle c’est dessiner des ours. Ernest est un ours, un saltimbanque vivant en marge de la société. Le hasard veut que leur chemin se croise et une grande amitié va naître entre les deux aux grand dam des ours et des souries qui condamnent cette amitié.

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Alors, verdict ?

Superbe ! Une vrai réussite. Le dessin, très esquissé, aux couleurs pastel est très doux, très mignon. Le film raconte une belle histoire d’amitié et de tolérance. On y critique les préjugés et l’ignorance. Le tout sur fond de dialogues très amusants. On ris, on souris. On s’amuse et on s’émeut en compagnie de ce couple bien étrange. Résolument un très beau film que je reverrais avec plaisir. Ne le manquez pas !

Ernest et Célestine détail

Et Mimi-chan, qu’en a-t-elle pensé ? Étrangement, elle n’est pas vraiment entrée dans l’histoire. Sans doute à cause de la fatigue. De nous tous (car cette fois j’y suis allée en force, armée de sœur et neveux) c’est sans doute celle qui c’est le moins amusé. Pourtant dans ce film il y a tout : les moments tranquilles, les moments drôles, de l’action et même de la tragédie. En tout cas, la salle était pleine à craquer (et c’est bien la seule fois).

Bande-annonce :

Fiche technique :

Réalisateur : Benjamin Rennes (dont c’est le premier long métrage), Vincent Patar et Stéphane Aubier

France, Belgique, luxembourg / 2012 / 1h20

Scénario : Daniel Pennac

Musique : Goran Bregovic

Doublage :

Ernest : lambert Wilson

Célestine : Pauline Brunner


Loulou et autres loups :

Série de courts métrages (2003).  DVD

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Loulou

de Serge Elissalde (29 minutes), d’après l’album de Grégoire Solotareff

synopsis :

Un été, au pays des lapins, Tom rencontre un jeune loup resté seul après la mort de son oncle. Loulou est un petit loup craintif et Tom fini par en faire son ami. Mais un loup peut-il vivre avec des lapins ?

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C’était bien ?

OUIII !!!! C’était même, très bien. Déjà, c’est Sanseverino qui en a fait la musique. Tout de suite ça donne le ton. Puis l’histoire est vraiment pas mal. Un message de tolérance enrobé dans beaucoup d’humour (décidément !). Graphiquement c’est original, et ça passe très bien, même chez les plus jeunes. Mimi-chan beaucoup aimé également.

On retrouve encore Lorant Deutsch au doublage, avec Matthias Van Khache, François Cahttot…

En revanche, le film était projeté à la suite d’autres courts métrages, tous très différents les uns des autres, tant au niveau de leur graphisme, de leur histoire que de leur qualité.

Micro loup :

de Richard McGuire (7 minutes)

C’est une étrange histoire où un mini loup mange tout le monde. Or là ça s’adressait à des enfants en bas âge. Pour une fois que je respecte les recommandations ! Et ben, ça leur fout un peu la trouille une histoire qui ce termine par « tout le monde est mangé ». De plus graphiquement c’est… comment dire… Pour vous donner une idée : les gens, c’est des anneaux colorés. Ouais, vous l’aurais compris, ça ne nous a pas plus, ni à l’une, ni à l’autre.

Marika et le loup :

de Marie Caillou (7 minutes)

Ce court métrage était intéressant graphiquement. Une histoire d’idole, dont la notoriété est effacé par un loup robot. M’ouais… Il n’y a pas de paroles, mais une espèce de charabia incompréhensible. M’ouai… En revanche le graphisme ne m’a pas déplu : très mignon, rappelant l’esthétique des années 50.

Pour faire le portrait d’un loup :

de Philippe Petit-Roulet (5 minutes)

Un hommage à l’univers poétique de Prevert.

Pour dessiner un loup, il faut des poiles…

Bon franchement, c’était moche. C’était nul. J’en dirais pas plus.

T’es où grand-mère :

de François Chalet (7 minutes)

Un chaperon rouge qui cherche sa grand-mère. C’est l’heure du quatre-heure, mais où est-elle ? Après l’avoir cherché partout avec le loup. Petit chaperon rouge finit par… dévorer le loup !
(?_?) Si, si, vous avez bien compris. C’était pas trop mal. Mais les enfants n’ont pas beaucoup aimé. Graphiquement assez particulier, très stylisé, un peu à la South Park.


10,11, 12… Pougne le hérisson

Programme de trois courts métrages dont le titre à attiré mon attention. Et pour cause ! À à 15 minutes de chez moi il y a un village qui se nomme Pougne-Hérisson. Cela ne peut pas être une coïncidence, tout de même. Et ce n’en est pas une ! À Pougne-Hérisson, ce trouve Le Nombril du Monde. Et le film est parrainé par Yannick Jaulin, autrement dit le créateur du Nombril du Monde. Voilà pour la petite anecdote qui m’a poussé à le choisir.

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Maintenant passons aux 3 courts métrages qui le composent :

Nikita le tanneur :

de Iouri Tcherenkov

2010 / 15 minutes

« dessin à la main, animation par ordinateur style papier découpé »

synopsis:

La princesse est enlevé par un dragon et on envois le tanneur la délivrer

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Tout conte fait :

de Sandy Bienvenut, Alexandra Condoure, Vincent Dromart, Nicolas Quinssac et Mathieu Ringot

2011 / 5 minutes

Entièrement réalisé à l’ordinateur en image 2D et 3D

synopsis :

Une princesse ne trouvant pas de prétendant mais au point une stratégie basé sur les contes de fée. Mais cela ne se termine pas comme on aurais pu le penser.

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L’automne de Pougne

de Pierre-Luc Granjon et Antoine Lanciaux

2012 / 28 minutes

Animation de marionnettes

synopsis :

les livres du royaumes se vident de leurs mots et le rois risque de mourir d’ennui. Pougne, le hérisson, accompagné de ses amis part à la recherche du conteur, afin qu’il distrait le rois de ses histoires.

Il s’agit du 4 et dernier volet des aventures de Léon, Mélie, Boniface et Pougne Dont les précédentes aventures étaient visibles dans 1, 2, 3 Léon !, 4, 5, 6, Mélie pain dépice, et 7, 8, 9 Boniface (http://www.crdp-lyon.fr/les4saisonsdeleon/).

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Bande-annonce :

Plus dinfo sur Folimange

Qu’en avons nous pensé :

Des trois courts métrages, Mimi-chan a, de loin, préféré le très très court Tout conte fait. Et c’est vrai qu’il est très drôle et bien réalisé. Le graphisme y est assez original.

Quant au premier, Nikita le tanneur, je n’ai pas du tout aimé. Je n’apprécie guère le dessin faussement enfantin. L’animation donne mal aux yeux. Et l’histoire, avec le narrateur qui nous raconte tout… non, vraiment, je n’ai rien aimé. Rien du tout !

Enfin, l’histoire de Pougne n’est pas trop mail. Je ne suis pas fan de l’animation de marionnettes, mais bon, pour un très jeune public c’était pas mal.

En tout cas, l’ensemble de ces trois courts métrage ne m’a pas particulièrement marqué.

Et voilà, c’est fini. à bientôt (^_^)

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Le chien du Tibet

C’est en famille que nous somme allé voir ce long métrage au cinéma. La bande annonce me plaisait bien, et les film d’animation asiatiques sont assez rares dans notre petit cinéma (nous n’avons toujours pas eu droit à Les enfants loup, Ame & Yuki T_T), je ne pouvais que sauter sur cette occasion.

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Mimi-chan ayant moins de 5 ans, j’étais un peu inquiète, n’est-elle pas encore un peu jeune pour ce genre de film ? Et si elle a peur ? Enfin, au lieu d’y réfléchir pour elle, je lui propose. Je met l’a bande-annonce et lui demande « tu veux voir ce film ? Tu n’a pas peur? ». Résultat : elle regarde la bande-annonce en boucle, jusqu’à ce que je craque : « c’est bon, c’est bon ! On va y aller au cinéma ! ». On verra bien comment ça se passe…

L’histoire est très jolie. Un garçon qui a perdu sa mère part rejoindre son père dans les prairies tibétaines. Celui-ci, sévère et dur, ne lui offre aucun réconfort. C’est alors qu’il rencontre un immense chien du Tibet au pelage doré qui lui sauve la vie. Il s’attache très vite à ce chien, venu d’ailleurs, tout comme lui. Grâce à ce chien, qu’il nommera Yogi, le garçon trouvera sa place dans ce qui sera désormais sa nouvelle maison. Une belle histoire d’amitié entre un enfant et un chien, qui, si elle n’est pas d’une grande originalité, elle a le mérite d’être bien contée.

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Graphiquement, si les chiens sont très beau, le reste ne m’a pas impressionné. Les décors n’ont rien d’exceptionnel. Quant au chara-design, on reconnais la patte de Naoki Urasawa qui a fait du beau travail sur les personnages adultes. Mais cela ne me semble pas être très adapté à l’ensemble du film, qui, somme toute et malgré quelques scènes assez dures, raconte une histoire plutôt enfantine.

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En revanche, le personnage principal : Tenzin, s’il est assez bien traité au niveau psychologique, il n’est pas très réussi graphiquement. Il a un front si haut qu’il semble avoir un début de calvitie. Bon là, j’exagère un peu, mais ça m’a fait vraiment bizarre.

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Quoi qu’il en soit nous avons passé un très bon moment. Et si c’est pas le film du siècle, il est tout de même assez agréable. Ceci dit, je ne vous conseille pas d’aller le voir avec un enfant de 5 ans, à moins qu’il ne soit de la même trempe que Mimi-chan. Les autres enfants de mon entourage, à cet âge là, ils n’auraient pas supporté. Il y a une bête féroce démoniaque assez flippante avec ses gros yeux rouges flamboyants et pas mal de cadavres, que l’on aperçoit à peine mais suffisamment pour comprendre qu’il s’agit de gens morts.

Bande-annonce :

Fiche technique :

Coproduction Japonaise et chinoise

Titre original : チベット犬物語

Réalisateur : Masayuki Kojima (小島正幸)

Masayuki Kojima a déjà collaboré avec Naoki Urasawa en adaptant en anime deux des série de Urasawa : Master Keaton en 1998 et Monster en 2004. Mais de lui, je connais surtout son long métrage Piano Forest dont je vous parlerai ultérieurement.

Studio : Madhouse et China Film Groupe Corporation

Scénario : Naoto Inoue

D’après l’oeuvre de : Yang Zhijun

Chara-design original : Naoki Urasawa (浦沢直樹)

Chara-design animation : Shigeru Fujita


Le coin des curieux :

Les chiens du Tibet, en vrai, ça ressemble à quoi ?

Dans le film les chiens sont vraiment impressionnants. N’ayant pas la moindre idée de ce à quoi ils peuvent bien ressembler dans la vraie vie, j’ai fait un saut sur le net pour en voir quelques images. Voici deux photo que j’ai sélectionne pour vous.

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Le roi et sa meute

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Le Tableau, petit bijou de l’animation française

Ceux qui suivent ce blog l’auront compris, je suis une indiscutable fan d’anime japonais. Cette rubrique compte actuellement  23 articles, dont un seul traite d’une série non japonaise : Avatar, le dernier maître de l’air. Mais il ne faut pas croire pour autant que je n’aime QUE l’animation japonaise. J’aime toute l’animation et ce depuis mon plus tendre âge. Bercée par le vieux Walt Disney, je n’ai jamais cessé de regarder les dessins animés, tant au cinéma qu’à la télévision (quand j’en avais une). Toujours prompte à sauter du lit les week-end pour regarder un bon dessin animé, sous prétexte, bien-sur, de tenir compagnie à mes chers bambins.

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Merci à Yomu-chan pour cette petite caricature 😉

Pourquoi alors ne parler que de japanimation ? Heu… ben, c’est que en ce moment j’en regarde beaucoup et… Mauvaise excuse !! Il y a des super films qui valent vraiment le coup et dont il faut que je parle aussi. Et là, je suis tombée sur un DVD génial à la médiathèque, genre le DVD que j’ai pas envie de rendre (d’ailleurs je suis en retard, pardon. Promis je le ramène demain). Et c’est un film français ! Les français sont très fort aussi en film d’animation. Production certes moins prolifère mais d’une qualité souvent étonnante offrant des oeuvres très originales. C’est donc avec Le Tableau que je vais faire ma première incursion dans l’univers de l’animation française.

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Avec le film Le Tableau, Jean-François Laguionie nous offre un merveilleux voyage, une histoire touchante. Quatre personnages, très différents et mû par leurs propres motivations partent à l’aventure pour retrouver le peintre et obtenir des réponses à leur questionnement. Une histoire de lutte contre l’intolérance. Une histoire d’amitié qui nous entraîne de tableau en tableau .

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Tout commence dans un tableau, que le peintre a laissé inachevé. Le tableau est peuplé de trois sortes de personnages : les Toupins, entièrement peints, les Pafini, auquel il manque encore quelques touches de couleurs et les Reufs, simples esquisses au crayon. Les Toupins, arrogants et convaincu de leur supériorité méprisent les autres qu’ils tiennent à l’écart du château. Ramo, un jeune Toupin, amoureux de Claire, une Pafinie, se révolte contre cette idée et est contraint de fuir. C’est Lola, une jeune pafinie, amie de Claire, qui l’aidera à s’enfuir sur une pirogue où    embarque également Plume, un reuf ayant de justesse réussi à éviter le lynchage. Tout trois vont partir à la recherche du peintre. En chemin il rencontrent le jeune Magenta qui choisit de les accompagner pour découvrir des nouveaux horizons.

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Une jolie histoire, servie par un graphisme des plus original, très réussi. J’avoue que je me méfiais un peu. Trop d’originalité nuit parfois à l’ensemble de l’oeuvre. J’avais peur de me retrouver dans un univers trop conceptuel, intélo. Mais il n’en est rien. S’il est vrai que le graphisme et les couleurs surprennent au premier abord, très vite, on rentre dans l’univers du tableau et les visages bleu ou vert ne nous choquent plus.

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Entraîné à la suite des personnages, tous mûs par leur propre quête, mais réunis dans le but de trouver les réponses, on traverse plusieurs tableau, plusieurs ambiances. Une quête initiatique hors du commun, sans grand exploits, juste le courage de ne pas se fier des apparence, de vouloir voir plus loin.

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Le doublage est très bien réussi. Surtout Garance, elle a une voix magnifique qui lui va comme un gant. Très bonne musique et une animation mêlant 3D, rendu 2D et prise de vue réel très bien menée.

Fiche technique :

Réalisateur : Jean-François Laguionie

Scénario : Anik Le Ray

Musique : Pascal Le Pennec

Studios : Blue Spirit Animation & Be-Films. Sinematik

année de sortie en salle : 2011

DVD : France Télévision Distribution. (dispo sur amazon)

Un très beau film que je vous conseille vivement. Pour un meilleur aperçu de ce qui vous attend voici la bande-annonce :

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Quand un vents d’amnésie souffle sur l’humanité

Que deviendrait l’humanité sans la civilisation ? Et si un vent soufflait, amenant avec lui tous les souvenir de l’humanité ? L’homme, sans sa science, sa connaissance, le langage que deviendrait-il ? Ce sont les questions que se pose Hideyuki kikuchi (菊地 秀行) dans son roman 風の名はアムネジア (Un vents nommé Amnésie), publié en 1983.

Le roman n’ayant jamais été traduit en français, c’est à son adaptation en film d’animation que je vais m’intéresser ici. Ce long métrage (80 minutes) a été réalisé par par Kazuo Yamazaki en 1990 aux studios Madhouse.

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Synopsis :

Un jour, toute l’humanité a perdu la mémoire. Ils ne savent plus rien, pas même parler. Wataru, jeune homme ayant réappris à parler grâce à un ami dont la mémoire est restée intacte, traverse l’Amérique dévastée pour comprendre ce qui s’est passé et voir ce que les hommes sont devenus, quelle nouvelle évolution vont-il suivre. C’est lors d’un affrontement contre un robot autoguidé qu’il fait la connaissance de Sophia. Celle-ci l’accompagnera dans sa traversé du pays jusqu’à New York.

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Mon avis :

Le graphisme est un peu vieillot, ça fleure bon les années 90 mais n’est pas désagréable, loin de là. En revanche l’animation est assez sommaire, pas très fluide, rendant certaines scènes assez grotesques.

Mais ce qui fait l’intérêt de ce film, ce n’est pas tant la qualité de l’animation, que son histoire. En effet, le scénario pose plusieurs questions intéressantes. Tout en regardant notre héros se démener, on se laisse aller à des réflexions sur la nature de l’homme. Ce qui nous différencie des animaux c’est notre capacité à manipuler notre environnement. Notre intelligence et notre capacité de communication nous ont permis de créer de complexes civilisations. Que deviendrions-nous si ces connaissances disparaissaient du jours au lendemain ?

C’est un scénario mille fois éprouvé par la littérature de science-fiction où les nombreux films de fin du monde. Que ferait l’homme après avoir perdu sa civilisation, combien de temps lui faudrait-il pour en reconstruire une, comment s’organiserait-il ? … L’originalité ici, ce que la civilisation n’est pas détruite. Il n’y a pas de cataclysme englutissant villes et citées. Tout reste là devant les yeux d’hommes dont la mémoire a été complètement effacée. Bien que le fruit de leur civilisation soit toujours à porté de main, ils sont incapable de savoir ce que tout cela représente. Ils ne se souvient pas même de comment parler ou se procurer de la nourriture. Il est de retour à la case départ. Redevenu à l’état primitif dans un décor moderne.

S’il pose des questions intéressantes, le scénario ne donne pas pour autant de réponses. Et, ce n’est pas parce que l’histoire nous donne envie de philosopher, qu’il faut s’attendre à un film avec de soporifiques questionnements sur la nature de l’homme. Rien de tout cela. Quelques scènes un peu plus « introspectives » sont présentes, mais la réflexion n’y est jamais poussé très loin et les moments d’action prévalent.

Le film reste léger, agréable et dynamique. Libre à chacun de sauter sur l’opportunité pour réfléchir aux questions qu’il pose ou de simplement profiter de l’action.

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  Continuer la lecture de Quand un vents d’amnésie souffle sur l’humanité 

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Perfect blue

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Long métrage (80 min.) réalisé par Satoshi Kon ((今 敏) en 1997 au studio Madhouse, d’après le roman de Yoshikazu Takenchi, adapté par Sadayuki Murai. Musique de Masahiro Ikumi.

Titre original : パーフェクトブルー

Thriller psychologique, interdit aux moins de 12 ans.

Synopsis :

perfect blue2Mima Kirigoe est une idole, chanteuse dans un groupe de J-pop, les CHAM. Alors que le groupe est en pleine ascension, Mima, suivant les conseils de son ménager, quitte le groupe pour entamer une nouvelle carrière comme actrice. Elle a obtenu un petit rôle dans une série télévisé.

Est-ce vraiment ce qu’elle souhaite ? N’a-t-elle pas toujours désiré chanter ? A-t-elle vraiment le choix ? La carrière d’une idole est sans avenir, on le lui a suffisamment répété. C’est pourquoi elle décide de suivre les conseilles du ménager et accepte un rôle qui risque de ternir son image d’idole à tout jamais. A fin de percer comme actrice elle accepte de tourner des scènes difficiles. Un choix difficile, car il lui sera ensuite impossible de revenir en arrière.

Ses fans la délaisseront, déçu par le tournant que prend sa carrière. Harcelée par l’un d’entre eux qui lui en veut d’avoir quitté la chanson, elle découvrira un site internet où sont retranscrit tout ses faits et gestes, dans les moindres détails. Troublée elle va suivre les publication du site où les propos deviendrons de plus en plus critiques, insultants.

Au même moments, certaines personnes de son entourage sont victimes d’agressions très violentes. Mima, incapable de faire face au stress de cette nouvelle carrière et déchirées par ses propres désirs, va peu à peu sombrer dans la schizophrénie.

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Bande annonce :

 

Mon avis :

Un film intéressant, très bien réalisé. Après les premières scènes on s’attend à une banale histoire de starlette harcelée par un fan dérangé, mais finalement on se retrouve dans un scénario bien plus complexe. J’ai été surprise par le dénuement de l’histoire, et ça, c’est toujours agréable (surtout que ça m’arrive rarement 🙂 ). Le scénario s’accompagne d’une violence assez dérangeante.

Je suis habitué aux animes violents où le sang gicle et coule à flots. Mais, voir du sang dans une scène où un improbable samouraï sort sept épées, les unes plus grosses que les autres, des replis de son léger kimono d’été n’a rien de bien impressionnant (si on a l’âge adéquat). Les scènes sont tellement irréalistes qu’elle peuvent tout au plus dégoûter. C’est une violence superficielle, gratuite qui est là pour défouler le spectateur, cela fait même parfois rire, tellement c’est grotesque. Dans Perfect blue on ne retrouve pas cette violence là, mais celle d’un véritable thriller psychologique, en version animé.

Il y a des scènes crues, cruelles tel qu’une tentative de viol, des meurtres féroces, des agressions d’une rare violence, le tout accompagné d’une perte de repères. Tout comme Mima qui n’arrive plus à savoir si elle est encore en vie, le spectateur voit ses certitudes du départ partir en miette. Il ne sait plus quoi croire, où se situe la limite entre réalité et délire schizophrène de l’héroïne. Satoshi Kon arrive à parfaitement nous faire resentir le stress et l’angoisse vécue par Mima. La violence des scènes est d’autant plus percutante, dérangeante, qu’elle est plausible.

On retrouve dans les autres films de Satoshi kon cette façon directe de montrer le côté sombre de la société. Cependant Perfect blue m’a paru plus dur que les autres. Si je me suis vraiment amusée en regardant Tokyo Godfathers, ici je n’ai pas du tout ris.

Autre aspect commun avec les autres oeuvres du réalisateur : la frontière floue entre rêve/hallucination et réalité, les deux univers s’entremêlent au point qu’on ne peut plus les dissocier. On le retrouve dans Paprika, Millenium actress et dans une moindre mesure dans Tokyo Godfathers aussi.

Pour conclure je dirais que c’est un très bon film mais âmes sensibles s’abstenir.

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Nitaboh

Nitaboh est un long métrage d’animation réalisé par Akio Nishizawa (西澤 昭男), dans les studio de WAO! World, en 2004.
Titre original : 仁太坊-津軽三味線始祖外聞 (Nitaboh tsugaru shamisen shiso gaibun)
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Synopsis:
Le film s’inspire de la biographie de Nitaboh, personnage historique japonais, écrite par Daijo Kazuo.
Nitaboh (仁太坊), de son vrai nom Akimoto Nitarô (秋元仁太郎), vecu entre 1857 et 1928. Né à la fin de l’ère Edo, il grandira durant la restauration Meiji (1868 – 1912), époque de grands bouleversements sociaux-économique au Japon.
préfecture d'Aomori
Nitaboh est originaire de Kanagi (金木), village de la région de Tsugaru. Le Tsugaru se situé dans l’actuelle préfécture de Aomori (青森県), à l’extrême nord de l’île de Honshû (本州), île principale de l’archipel japonais.
Fils de pêcheur, il devient aveugle après avoir contracté une infection. Passionné par la musique, il apprend le shamisen (三味線) avec l’aide d’une musicienne ambulante de passage à Kanagi. Après le départ le la musicienne, il continue d’étudier et de perfectionner seul son art.
La vie ne sera pas tendre avec le petit Nitarô, mais, grâce à ses ami et à son shamisen, il affrontera les adversité avec courage. Il vivra en pratiquant le kadotsuke (門付け) : jouer à la porte des maison jusqu’à obtenir de la nourriture ou un peu d’argent. Au fil du temps il met au point un style musical particulier, plus rythmé et énergique que celui pratiqué par les moines ambulants de la région (membres de la guilde de musiciens aveugle Toudou, dissoute au moment de la restauration Meiji). Le style musical de Nitaboh prendra le nom de Tsugaru Shamisen (津軽三味線).
Solo de Nitaboh :
Petite page de lexique proposé par le site officiel du film : link

Côté technique :
Directeur d’animation / charadesign : Junichi Takaoka
Directeur musical : Makoto Kuriya
Au shamisen : Hiromitsu Agatsuma
Au chant : Yae
Directeur graphique en chef : Hiroshi Kugimiya
Mise en scène : Yasuhiro Geshi
Directeur artistique : Tadashi Kudo
Plus d’info sur le site officiel du Film : Nitaboh
  Edit : le film est désormais disponible en DVD chez Asiexpo

Mon avis :
Je ne pouvait qu’aimer ce film, moi qui écoute des heures durant le tsugaru shamisen ! La musique y est superbe. De nombreux morceaux de shamisen, de styles différents : les moines ambulants, la joueuse de shamisen qui devint le professeur du petit Nitarô, puis Nitarô lui même dont le style progresse et évolue tout au long du film… De la flûte aussi ! Un joueur de shakuachi (flûte en bambou traditionnelle) ambulant fait une brève apparition, et c’est un enchantement pour les oreilles !
Parmi les nombreux morceau qui peuplent le film, il y a bien-sûr le solo de Nitaboh dont j’ai poste la vidéo plus haut, superbe! Il est précédé par un morceau joué par un moine, très beau aussi. Puis, j’avoue avoir un petit faible pour cette chanson accompagnée au shamisen. C’est la chanson qui séduira le petit Nitarô et le décidera a vouloir apprendre le shamisen. Dans l’histoire c’est Tamana qui interprète se morceau, elle deviendra le professeur de Nitarô. Côté coulisse, c’est Yae qui prête sa magnifique voix à Tamana le temps de la chanson.
Au delà de la musique, ce film est très intéressant par le contexte historique qu’il nous montre. Si la vie de Nitaboh en est le sujet principal, on peut voir en filigrane les important bouleversement sociaux que vit le Japon pendant les année de la Restauration Meiji. Si Nitaboh adapte la musique qu’il a appris pour en faire son style propre, toute la société de l’époque doit s’adapter aux changement et trouver un nouvel équilibre. Nous somme dans une petite ville, au nord de Honshû, bien loin d’Edo à peine devenue Tokyo. Si la plupart des habitants semblent ne pas trop se soucier de ces changement, on sent qu’ils sont là et que la société est sur le point d’évoluer.
S’il n’est pas rare de voire les différentes époques historiques du Japon mise en scène dans l’anime, c’est souvent très romancé et librement inspiré de fait réel. Ici, le film s’inspire de la biographie écrite Daijo Kazuo, qui est aussi romancée, mais dans le but était de rendre la véritable vie de Nitaboh. Akio Nishizawa a également un souci d’authenticité dans la réalisation de ce film, il a en effet retravaillé le scénario plusieurs fois à fin de le rendre le plus réaliste possible.
Le film est, par ailleurs, très bien réalisé, avec un graphisme très agréable et une bonne animation. Ce souci d’authenticité que Nishizawa accorde a son scénario se retrouve également dans le dessin, notamment des décors et dans l’animation; 7000 dessins ont servi pour réaliser la dernière scène du solo de Nitaboh (voir vidéo plus haut), les dessinateurs ont suivi les mouvement des main de Hiromitsu Agatsuma afin de rendre au mieux la gestuelle du musicien dans leur dessin.
L’histoire est également très émouvante. Le sort n’est pas tendre avec le petit Nitarô. Mais il ne se laisse pas abattre et survit à toutes les adversité. Nishizawa réussi à nous transmettre la force de ce personnage. Et même à dépasser l’histoire pour nous transmettre un message qui peut s’appliquer à nos vie actuelles : garder espoir, rester fort et s’adapter, tout comme Nitaboh, chercher à toujours s’améliorer, se dépasser. Message déjà vus dans nombreuses anime, j’en convient, mais qui passe, ici, très bien. On ressort de ce film ému et revigoré, les oreilles pleine de belles musique. Pour un premier film je dirais que c’est une superbe réussite.

Akio Nishizawa :
Né en 1942 à Tokyo, il étudie la littérature à l’Université de Kyoto. En 1977 il fonde ce qui deviendra la fondation WAO Corporation, réseau d’écoles privée et entreprises d’enseignement.
Après avoir longtemps travaillé dans l’éducation. Il fonde en 2000 un studio d’animation, le Wao World Co. Grâce au quel il pourra concrétiser son rêve d’enfant : devenir réalisateur. Il écrit lui même les scénario des film qu’il réalise.
Nitaboh est le premiers film tout public produit par ses studio. Ce film, de nature pédagogique, obtient le soutien du Ministère de l’éducation japonais. Présenté au Festival international de la bande-dessinée et de l’animation de Séoul (SICAF) en 2006, le film remporte le grand prix.
En 2007 il réalise La Chorale (Furusato – Japan) qui est présenté au Festival du film Asiatique de Lyon ou il remporte le premier prix dans 2 catégorie.
 Dispo en DVD chez Kaze
Son troisième film sort en 2009 : Symphony in Agust, également présenté au festival de Lyon où il remporte le 2ème prix.
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