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Manga, yôkai et douceur

Manga de démons, fantômes et yôkai… à cette annonce on ne pense pas vraiment à la douceur, à la poésie, à la contemplation… et pourtant !

Démons, fantômes et yôkai ne riment pas toujours avec horreur. Dans les manga que je vais vous présenter on rencontre toutes sorte de démons mais il y ai aussi question d’amitié, poésie, et douceur de vivre.

Commençons par un titre dont j’ai parlé déjà plusieurs fois : Le pacte des Yôkai de Midorikawa Yuki (Delcourt). Dans se manga (aussi adapté en anime) on suit le quotidien de Natsume, un lycéen solitaire et orphelin qui a le pouvoir de voir les yôkai. En liant un pacte avec un drôle de chat, Natsume s’ouvre non seulement au monde des yôkai, qu’il apprend à connaître, mais aussi à la vie. Il sort petit à petit de sa coquille, apprends à prendre du recul vis à vis des blessures de l’enfance, se fait des amis… Il apprends à aimer la vie et à comprendre ce qu’elle a de beau. Au rythme plutôt lent, Le pacte de yôkai est une véritable tranche de vie, mettant en scène un jeune homme qui se cherche… au milieu des créatures folkloriques. Il y a dans le manga, comme dans l’anime, beaucoup de douceur, et un ton très mélancolique. Une sorte de nostalgie d’une harmonie perdue, surtout chez les yôkai qui peuvent être ici comme des représentations d’un autre temps, un temps où la spiritualité occupait une place plus importante, une époque qui peu à peu s’efface. Les yôkai perdent de leur magnificence, leur consistance, mais quand il faut partir ils n’ont plus de regrets. Lire le pacte des yôkai c’est comme faire un deuil. Est-ce le deuil de l’enfance, ce monde où tout est possible, même voir de drôles de créatures invisibles à tous ? Est-ce le deuil d’une époque où l’homme était plus proche de la nature et des ses esprits ? Je ne serais analyser ce manga, mais l’animé, comme les quelques tomes de cette longue série que j’ai lu m’ont fait éprouver une douce mélancolie qui rend à la fois triste et heureux.

à lire aussi l’avis de Carolus

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Je poursuit ce voyage avec un autre manga au rythme plutôt lent : Le cortèges des cent démons de Ichiko Ima. Cependant ici les yôkai sont peut-être plus effrayant et moins touchant que ceux de Natsume. Il y est encore question d’un jeune homme capable de les voir et de les maîtriser. Un don qu’y a rendu le jeune homme solitaire et distant. Il est touchant dans sa solitude. Ici aussi il y a une certaine tristesse, et peut-être aussi de la mélancolie. Il y a quelques drames qui ponctuent l’histoire mais on ne s’y attarde pas vraiment. Encore une fois le quotidien est mis en avant. On voit le jeune exorciste exécuter ses missions, vivre en famille et… les choses semblent se compliquer mais… je ne serais jamais la fin ! La série a été malheureusement interrompue en France T_T C’est un très joli manga, au trait fin. Il se dégage beaucoup de douceur du dessin alors même que ce qui est raconté est bien moins doux. Un titre intéressant que j’aurais eu plaisir à poursuivre.

à lire aussi l’avis de Bobo et Plumy

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Toujours dans un esprit jeunes gens sensibles, yôkai et tranche de vie, je vous conseille également Mokke de Kumakura Takatoshi (Pika éditions). Ici ce ne sont pas des garçons qui tiennent l’affiche, mais deux sœurs ayant elle aussi la capacité de voir ou attirer les yôkai. L’aînée peut les voir tandis que la cadette se fait posséder à chaque mauvaise rencontre. Pour faire face à ces dons particuliers, à cette grande sensibilité, elles sont envoyée vivre chez leur grand-père à la campagne. Le vieil homme est un exorciste un peu bourru mais plein d’affection pour ses petites filles. Outre l’aspect tranche de vie, le manga a un côté très pédagogique. Le grand-père prends toujours le temps de donner de nombreuses explications sur les créatures que les jeunes filles rencontrent, issues du véritable folklore japonais.

à lire aussi l’avis de Choco

Image associée

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On remonte dans le temps et on part à l’époque Heian, pour des histoires de yôkai pleines de poésie et d’humour. Le manga Onmyôji-celui qui parle aux démons de Yumemakura Baku (scénario) et Okano Reiko (dessin) s’inspire de contes et légendes traditionnels pour nous présenter une jolie fresque de l’époque Heian et des coutumes de la haute société. Le personnage principal est d’ailleurs autant un personnage historique qu’une légende : Abe-no-Seimei est un des onmyôji (qui pratique la voie du yin et du yang, cosmologie ésotérique traditionnelle japonaise)  le plus connus de l’histoire nippone. On a encore ici beaucoup de lenteur, de la contemplation, un sens de l’humour très particulier et un récit plus centré sur les jutes verbales de deux amis que sur les monstres inquiétants. Un beau manga, autant pour son dessin, que pour son ambiance très particulière, légèrement soporifique.

à lire aussi les avis croisé d’OliV, Lunch et Badelel sur K.BD (liens vers leur chroniques respectives dans l’article)

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Enfin je vous amène ailleurs, dans un ailleurs incertain où il n’est pas vraiment question de yôkai mais d’autres créature qui pourrait s’y apparenter. Mushishi de Urushibara Yuki (éditions Kana) est un manga contemplatif, offrant de magnifiques paysage, un herboriste nonchalant irrésistible, et des créatures fantastiques prenant vie de façon inopportune. J’aime ce titre pour son ambiance particulière et son dessin original. Le rythme est aussi très lent. Si les étranges créatures sont au centre de l’intrigue, c’est encore une fois la tranche de vie qui prévaut sur le fantastique. A la recherche de ces étranges apparition qu’il veut étudier, l’herboriste fait surtout de belles rencontres humaines. Ici encore on retrouve un ton nostalgique.


Les couvertures des premiers tomes

 Manga - Cortège des cent démons (le)  Manga - Mokke Manga - Onmyoji - Celui qui parle aux demons


Voilà pour ne partager que quelques titres mêlant yôkai et douceur. N’hésitez pas à laisser vos suggestions lectures

⇒ à lire aussi mes articles 


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Les yôkai de maître Hokusai

Pour bien débuter le mois o-bon, faisons un tour du côté des yôkai et esprits croqué par Hokusai.

⇒ pour savoir ce que sont les yôkai, je vous invite à lire cet article

On trouve de nombreuses créatures fantastiques dans les carnets de croquis d’Hokusai (les fameuses manga dont je parlerais bientôt).

J’aime beaucoup ces rokurokubi, yôkai au long cou.

Le douzième volume de la manga de Hokusai, qui fut le plus apprécié en occident, regorge d’illustrations fantastiques, on y trouve des yôkai, mais aussi des fantômes. La littérature fantastique illustrée était fort apprécié dans le Edo du XVIII – XIX siècle.

Mais dans le domaine des yôkai, se sont peut-être ses estampes tirée de la série Cent Histoire de fantômes (Hayaku monogatari – 1831/32) qui sont les plus célèbres.

Kohada Koheiji
O-Iwa-san
Warai-Hannya
Sara-yashiki
Shunen

En faisant quelques recherches, je suis tombée sur ce bouquin :

Le livre regroupes toutes (ou du moins une bonne partie) les illustrations de Hokusai mettant en scène yôkai et fantômes. Le livre à l’air superbe. Ile me fait très envie. Demage que je ne lise pas le japonais

sur le site de book wasabi vous pourrais découvrir diverses photo du livre. ça fait vraiment envie !!

Un autre livre me fait aussi envie :

Dans cet ouvrage japonais bilingue anglais sont regroupées des estampes de divers artistes parmi lesquels on retrouve Hokusai

Maintenant que j’ai bien bavé sur ces bouquin, je vous laisse. J’espère que cette première modeste immersion dans l’univers fantastique japonais vous a plu.

Sore jaa, mata 🙂

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Le mois o-bon

Tremblez ! Le mois O-bon est là !!

Cette année, je m’associe à Purple Velvet du blog Murasaki no sekai pour sa troisième édition du mois o-bon, le thème sera donc le fantastique japonais. Bon,  je viens tout juste de découvrir cet événement, et je n’ai absolument rien préparé. Je n’ai aucune idée de quoi je vais bien pouvoir parler, mais, si vous suivez ce blog vous aurez remarqué que j’aime bien les histoires de folklore japonaises. Je ne pouvez pas manquer une telle occasion 🙂

le o-bon, c’est quoi ?

Je vais commencer cette thématique par une présentation et due et bonne forme parce que, bon, le terme o-bon ne parle pas à tout le monde.

O-bon (お盆), ou tout simplement bon, o étant une particule honorifique comme dans o-hanami, est la fête des morts japonaise. Cette fête dure 3 jours et on y honore les morts et les esprits. Les dates varient selon la région. Dans le Kanto et le Tohôko c’est du 13 au 15 juillet, dans le Kansai du 13 au 15 août. Le Kyo-bon est, quant à lui, célébré selon le calendrier lunaire, sa date change donc tous les ans.

Sur Ma petite Médiathèque les festivité d’étirerons de mi-juillet à mi-août 🙂

L’un des rituel les plus connu du o-bon ce sont sans doutes les lanternes que l’on allume à cette occasion pour guider l’âme des morts.

fanart de FanasY

Le Fantastique japonais sur Ma petite Médiathèque

Maintenant que les présentations sont faites, qu’on a nos petites lanternes pour attirer les esprits, il est temps de faire un petit récap du fantastique japonais déjà présent sur le blog

yôkai, ces créatures sorties du folklore japonais qui peuplent nos manga
The Heavy Baske (1892) de Tsukioka Yoshitoshi

Dans cet article écrit l’années dernière, j’avais fait le tour des yôkai les plus populaires à travers le prisme des manga. J’y confrontais la vision traditionnel, illustré par de nombreuses estampes, et la vision revisité des manga et des animes. L’article était complété par 2 annexes :

Dans ces deux annexes je présentais plus en détails les séries manga et animes ayant servi à illustrer l’article précédent.

Des manga fantastiques

Certains des manga cité dans ces annexes avaient déjà fait l’objet d’une chroniques, autres ont été découvert plus tard. Voici les titres qui s’inspirent du folklore japonais chroniqué sur Ma petite Médiathèque :

tempo-ibun-ayakashi-ayashi.jpg  

 romance-d-outre-tombe.jpg Mouryou-no-hako.jpg

natsume-yuujinchou-2.jpg mononoke logo

cinéma

Je n’y connais pas grand chose en cinéma japonais, et encore moins en cinéma de fantômes et autres créatures horrifiques. J’avais néanmoins été très frappé par Kwaïdan, que j’ai regardé non sans douleur.

KWAIDAN-dvd.jpg

contes et légendes pour enfants

Je fini ce tour d’horizon par la littérature jeunesse. voici quelques contes japonais :

Contes du Japon

  

à très bientôt pour de nouvelles aventures fantastiques

sore jaa, mata

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