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Gulliver voyage à Liliput [classique abrégé]

J’avoue, ma première expérience avec le voyage de Gulliver de Jonathan Swift fut assez douloureuse. Lors d’un échange universitaire, je me retrouvais à le lire en anglais dans le texte et… déjà que je suis nulle en anglais, un texte du XVIII c’est même pas la peine. J’étais complètement perdue. Mais je n’aime pas rester sur un échec, alors, quand les éditions l’école des loisirs ont sorti cette nouvelle version abrégée du voyage à Lilliput, je me suis dit que c’était l’occasion rêvée pour me réconcilier avec Jonathan Swift.

Gulliver - Voyage à Lilliput

Je dois admettre que j’ai abordé cette lecture avec un peu d’appréhension. J’aime la littérature d’action, les phrases courtes, le rythme soutenu, et surtout des descriptions concises. Autant dire tout le contraire de ce que propose habituellement la littérature du XVIII-XIX siècle. Et, de ce côté-là, on ne peut pas dire que voyage à Lilliput déroge à la règle, même en version abrégée. D’ailleurs, Mimiko m’a lâché dès le premier chapitre. C’est donc seule que j’ai continué ma lecture et, à ma grande surprise, je ne me suis pas ennuyée. Je m’attendais à trouver ça long et rébarbatif, finalement, j’ai trouvé cette version agréable à lire.

Il y a bien plus de description que d’action. Celle-ci se trouve parfois limitée aux détails les plus triviaux, comme de savoir comment Gulliver va pouvoir se soulager. Nous avons même droit à force de détails sur le nombre de lilliputiens qu’il faut pour évacuer ses excréments… Et on continue avec la nourriture, les vêtements et tout un tas de préoccupations très terre à terre. Jusqu’à ce que la politique s’en mêle !

Et là j’ai été surprise de constater à quel point les mots de Swift sont d’actualité. Avec beaucoup d’humour, il tourne en dérision les conflits et guerres religieuses. C’est consternant de voir que 300 ans plus tar, rien n’a vraiment changé.

[…]les deux grands empires de Lilliput et de Blefuscu. Ces deux formidables puissances ont été engagées pendant trente-six lunes dans une guerre très opiniâtre dont voici le sujet :

« Tout le monde convient que la manière primitive de casser les oeufs avant de les manger est de casser le gros bout ; mais l’aïeul de Sa Majesté régnante, pendant qu’il était enfant, voulant casse un oeuf à l’ancienne manière, eut le malheur de se faire une entaille au doigt ; sur quoi l’empereur son père ordonna à tous ses sujets, sous de graves peines, de casser leurs œufs par le petit bout. Le peuple fut tellement irrité de cette loi, qu’il y eut six révoltes, dans lesquelles un empereur perdit la vie et un autre la couronne. Ces dissensions furent toujours fomentées par les souverains de Blefuscu, et quand les soulèvements étaient réprimés, les coupables se réfugiaient dans cet empire. On estime que onze mille hommes ont, à différentes époques, subi la mort plutôt que de se soumettre à la loi de casser leurs oeufs par le petit bout.

[…]Les empereurs de Blefuscu nous accusent de faire un crime en violant un précepte fondamental de notre grand prophète Lustrogg, dans le cinquante-quatrième chapitre de Blundecral (c’est le nom de leur Coran). Cependant, il s’agit simplement d’une interprétation différente du texte dont voici les mots : Tous les fidèles casseront les œufs par le bout le plus commode. […]

Si le fond reste très actuel, le style lui a bien sûr vieilli, mais je m’attendais à pire. J’ai trouvé le texte, malgré toutes ses descriptions, agréable à lire. Je ne l’ai pas dévoré, loin de là. Le livre est court, mais j’ai pris mon temps, un chapitre par-ci un chapitre par là entre mes autres lectures.

Un classique intéressant, une édition agréable agrémentée des illustrations de Grandville (1803-1847).

À la question : ce livre peut-il fonctionner avec de jeunes lecteurs ? J’aurais, en revanche une réponse nuancée. La critique sous-jacente que Swistf fait de la société étant toujours d’actualité intéressera autant les jeunes que les moins jeunes, mais le style date ne sera pas au goût de tous les jeunes lecteurs. Je pense que ce livre est surtout intéressant pour une lecture accompagnée, que ce soit à l’école ou à la maison.

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Mon père est parti à la guerre

C’est un petit roman jeunesse qui raconte la vie de Alfi, un enfant londonien, pendant la première guerre mondiale. Tout le monde pense que la guerre sera finie avant Noël. Alfi vient d’avoir 5 ans.

Les Noëls passent et la guerre ne fini toujours pas. Alfi a 9 ans, sa mère cumule les boulots pour arriver à s’en sortir. Lui-même décide de sécher l’école pour travailler comme cireur de chaussres à la gare pour aider sa mère.

Les nouvelles de son père se font de plus en plus rares jusqu’à ce qu’il n’en donne plus du tout. Alfi veut savoir, mais sa mère s’obstine à lui dire qu’il est en mission secrète. Alfi sent qu’elle ment et est bien décidé à découvrir la vérité, aussi terrible soit-elle.

Le roman n’est pas très long (246 pages) pourtant il m’aura fallu plus de 3 semaines pour en venir à bout. En vérité je me suis ennuyée. Je l’ai trouvé très intéressant parce qu’il montre très bien ce qu’était le quotidien des civiles pendant la guerre et plus largement au début du XX siècle, mais justement il y a beaucoup de descriptions, des détails qui peuvent étonner un enfants mais qui moi ne m’apportent pas grand chose. Je pense par exemple à une scène assez longue ou on suit Alfi au toilette. Cela peut être amusant pour un enfant de découvrir que les toilette à l’époque étaient dehors, mais moi je me serait bien passé de la scène.

En dehors de cet aspect un peu trop descriptif à mon goût (et aussi assez répétitif) j’ai trouvé les personnages attachant et réalistes. Il y a de nombreux personnages secondaires qui rendent le récit vivant.

J’ai souris, j’ai eu les larmes aux yeux et j’i même grimacé mais j’avais hâte d’en venir à bout. C’est un livre que je conseillerais plus comme support de cours que comme lecture plaisir. Un livre qui pourrait être très intéressant pour ceux qui font l’école à la maison.

Une lecture que je partage avec Blandine  dans le cadre du challenge Première Guerre mondiale.

lire la chronique de Blandine

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