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Nulle part a Niort

quatrième de couverture :

Si la salle du conseil municipal de Niort avait été une église, le citoyen aurait pu y jouer de l’orgue. De son perchoir, il avait une vue panoramique sur l’ensemble de la nef… Une scénographie prémonitoire qui aurait comme anticipé l’irrémédiable déclin du politique… Une scénographie limpide comme toutes les mises en scène religieuses car chacun sait que les croyants ne sont pas là pour réfléchir. Les élus de la majorité étaient donc disposés en fer à cheval, le regard tourné vers l’autel. Ainsi, aucun ne pouvait échapper à la vigilance du mâle dominant. Le choix du fer à cheval avait aussi l’avantage de dégager une fosse centrale réservée à l’opposition… Avec un rapport de force qui ne laissait aucun doute sur l’issue de la célébration… Trois douzaines d’élus majoritaires encerclaient neuf élus d’opposition… Avec une telle disposition, chaque messe municipale s’achevait nécessairement par l’absolution…

C’était un soir d’hiver. Je rentrais à Niort par le train. Ma semaine de travail se terminait et je me souvenais de cette affiche aperçue sur la caisse de la librairie où j’ai mes habitudes. Elle annonçait une rencontre avec un écrivain niortais pour le vendredi en question. Je m’y rendai donc par pure curiosité n’ayant ni lu ce livre, ni aucun autre de l’auteur.

Une fois sur place j’ai acheté le livre et profité de la présence de l’auteur pour me le faire dédicacer. Tant qu’à rencontrer un auteur, autant lire son bouquin me disais-je. Mais secrètement je m’attendais à ne pas aimer. J’avais cru comprendre qu’il était question de politique et moi et la politique… j’avais peur de trouver cela fort ennuyeux.

Et ben non !! Dès le début je l’ai trouvé très sympa à lire. J’aime la façon dont le livre est écrit, avec beaucoup de dialogues qui le rendent très vivant. Le style est très plaisant, fluide. Je l’ai lu à une vitesse incroyable, moi qui suis d’ordinaire si lente ! C’était un vrai plaisir.

Quand à l’histoire, elle n’est finalement pas ennuyeuse du tout. Ecrit à la façon d’un roman policier, on se prend bien vite au jeu et on enchaîne les pages sans presque se rendre compte qu’il n’est pas question de crime, mais plutôt de nous montrer les rouages du pouvoir politique local.

Il y a un grand nombre de personnages, le Maire, les élus locaux, les journalistes… Nicolas Marjault réussi à tous les rendre vivants. Ce ne sont pas que des noms, mais des personnalités que l’on rencontre.

Vivant, vivant… je n’ai que ce mot à la bouche, mais c’est ce que j’ai retenu de ce livre. Les personnages parlent et évoluent de façon très cinématographique. On les voit vraiment. Et c’est exactement le genre de littérature que j’aime. Je veux voir l’histoire que je lis.

Bref une très bonne découverte et un agréable moment de lecture. Peut-être pas un livre qui me marquera dans le temps mais un très bon moment passé.

Mais ce livre parlera-t-il a ceux qui ne connaissent pas la ville de Niort ?

Si s’était amusant de retrouver des lieux qui me sont connu, je ne trouve pas que son aspect local et eu un grand impact sur ma lecture. Cela aurait très bien pu être ailleurs.

Découvrez le livre sur le site de l’éditeur


lieu
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Garduno en temps de paix

Nouvelle lecture que je partage avec mes camarades de K.BD. Cette BD s’inscrit dans notre thématique de février : raconter le XX siècle.

A la lecture des premières pages je me suis toute de suite dit : « on m’a bien eu ! c’est pas de l’histoire, c’est de la politique ! ». Bon, pour parler d’histoires faut bien parler de politique, et l’auteur cite bien des faits historiques, mais dans le seul but de leur donner une couleur politique. Ou plutôt devrais-je dire leur donne une profondeur politique.

Je ne peut m’empêcher de ressentir une sorte de frustration. Si je comprends le propos de l’auteur, ou du moins je crois le comprendre, cela me fait l’effet d’une de ces soirée on-discute-politique-autour-d’un-verre-de-vin : un joyeux fourre-tout où on enfonce des portes ouvertes.

Les propos de Philippe Squarzoni ne manquent pas de pertinance et se réflexions ne sont pas stupides, mais j’ai eu le sentiment d’écouter un discours maintes fois ressassé et qui ne mène nulle part, ou partout à la fois. Et surtout où aucune mesure vraiment concrète n’accompagne la critique du libéralisme. Se révolter pour se révolter…

Moi je suis pas du genre révolutionnaire. La révolte ne m’attire pas. Il y a dans ce sentiment d’excitation que procure cette « révolte », cette « résistance » que je trouve pervers. C’est une sorte de fuite. Je ne sais pas quoi faire ici, alors je vais me battre là-bas. Cela ne veux pas dire que je ne suis pas d’accord avec le fond.

Mais peut-être parce que je suis d’accord que je n’ai pas trouvé cela très intéressant. Je m’explique : soit on partage sa vision et… on enfonce des portes ouverte, on dit des choses qu’on sais déjà. Dans ce cas c’est tout de même intéressant d’écouter son témoignage sur ses escapades étrangères : Croatie Chiapas. Mais cela n’occupe qu’une toute petite partie du récit. Soit on est un libéral et dès la première page on arrêtera de lire. Cela ne convaincra que les convaincu.

Mais que dire de la forme ?

Quand je parlais de joyeux fourre-tout ce n’était pas que métaphorique. Graphiquement aussi l’image semble représenter le fil d’une pensée, passant du coq à l’âne. Ou plutôt de la caravelle de Cortes vue sur une carte postale à l’holocauste, vers la guérilla zapatiste en passant par le surbooking sur United Airline.

Squarzoni ne semble pas construire sa pensé. Il ne nous livre pas un argumentaire, mais des idées comme elle viennent. Et cela se traduit par un enchaînement de planche pas toujours logique où des représentation de l’auteur lui-même se mêlent à des documents, images de presse, coupures de journaux. Les références les plus variées se mêlent au vécu, au personnel. Certaines images reviennent plusieurs planches plus tard comme une idée fixe.

Le fond souffre de sa forme. La pensée n’est pas structuré. On a un état des fait, un constat, une réflexion personnelle… où nous mène-t-elle ? Finalement elle même bien quelques part mais j’en ai longtemps douté. Et ce doute à fait que la lecture de la première moitié de la BD m’a plus agacé qu’autre chose. Finalement j’ai fini par entrer dans le livre et en apprécier le chemin. A la dernière page j’ai eu envie de lire Zapata, en temps de guerre, la suite. Pas sur que je le fasse…

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