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Château l’Attente

On (re)plonge dans l’univers des contes de fée avec cette BD venue d’Amérique. Tout commence avec La malédiction de la murailles d’épines, soit la belle au bois dormant revue par Linda Medley. Loin des versions édulcorée à la Walt Disney, l’auteur nous propose une version assez crue, avec des personnages savoureux. Mais ceci n’est que l’introduction. L’histoire commence vraiment quand la belle, réveillée par le prince charmant, se casse en plantant là, au milieu des ruines et des ronces, tous les châtelains endormis avec elle pour une longue nuit de 100 ans. D’abord déboussolés, les habitants du château en feront un refuge où toutes les âmes perdues pourront venir y trouver la paix : c’est le château l’Attente. On suit d’abord Jaine qui traverse de nombreuses contrée pour s’y rendre. Puis on passe avec elle du bon temps au château, on rencontre ses différents habitants, surtout sœur Paix qui va nous conter sa jeunesse.

Si la première partie reste très proche du conte traditionnel, le récit se détache peu à peu des contes pour en garder l’ambiance et l’inspiration mais nous raconter tout à fait autre chose. Dans une ambiance médiévale, remplie de châteaux et de personnages sorti de contes de fée, on passe un joyeux moment avec une bande très originale ! Femmes à barbe, homme-cheval, cigognes, bébé-monstres, diablotins, esprit des rivières… tout y est jeté pelle mêle et on se régale.

La taille du livre imposante (avec jolie couverture cartonnée et ruban rouge pour marquer les pages) me faisait un peu redouter une longue lecture. Finalement, si j’ai prix mon temps, j’ai savouré chaque page avec plaisir. Il y a beaucoup d’humour et le dessin, en noir et blanc est très agréable, empruntant à la fois au livres d’images et à la caricature. Je découvre la patte de Linda Medley et pourtant son univers m’est, étrangement, très familier.

Une bonne lecture que je dois aux bons conseils de l’équipe k.bd. Je savais bien que grâce à eux je découvrirais des trésors là où j’irais jamais chercher. Et moi qui me suis présenté en disant « attention j’aime pas le comics » et j’ose me moquer de ceux qui disent ne pas aimer le manga. tss tss tss !

à lire aussi les avis de Lunch et Badelel, Mo’ et Yvan

Roaarrr challenge – Will Eisner Award – Meilleure nouvelle série 1998
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Le Roaarrr challenge

Vous avez sans doute remarqué le petit fauve dans la barre à droite, vous vous demandez peut-être ce que c’est…

Will Eisner Award 2009 - meilleur album Will Eisner Award 2011 - meilleure anthologie

Et bien, c’est un singe ! Un singe déguisé en lion. Ben ouais ! Et j’ai même pas prix le temps de vous le présenter dignement. Il s’appelle Roaarrr.

Plus sérieusement, c’est l’emblème du Roaarrr challenge initié par Mo’, la tenancière du Bar à BD. Un challenge permanent qui met à l’honneur les bd ayant gagné des prix. Vous pouvez vous y inscrire quand vous voulez, il n’est pas limité dans le temps et même vos anciennes lectures sont prises en compte : la liberté quoi ! J’adore, j’avance à mon rythme au fil du hasard, des rencontres et des échanges.

Vous voulez participer ? Allez faire un tour chez Mo’ !

Pour en savoir plus sur les prix concernés, jeté un œil à cet article.

La liste des participant est ici.

Toutes mes participations au challenge sont regroupées ICI.

Venez nous rejoindre, plus on est de fous, plus on s’amuse ! Et si vous avez des suggestion lecture, laissez un ‘tit com’ 😉

singement votre

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Légendes de la Garde – Automne 1152

Dès la première fois que j’ai entendu parler de ce titre j’étais intriguée. Quand j’ai vu la couverture j’étais charmée. Quand l’équipe K.BD à proposé cette lecture commune, j’ai sauté sur l’occasion et aussitôt je l’ai réservé à la bibliothèque. Et je n’ai pas été la seule à tomber sous le charmes de ces petites souris ! Quand Mimiko a aperçu le tome 1 négligemment posé sur mon bureau, elle m’a harcelé de questions jusqu’à ce que je lui propose : « tu veux qu’on la lise ensemble ? »

Voici donc notre avis à toutes les deux 🙂

L’histoire :

La garde, troupes d’élites chez les souris, assure la sécurité du territoire. Ils surveillent les chemins pour les marchants, défendent les villes, protègent la population contre les prédateur qui, quand on est une souris, sont nombreux… Mais, en cet automne 1115, la garde est menacé ! La menace vient cette fois de l’intérieur, Lockhaven, le quartier générale de la garde, est en péril. Qui est le traître ? Comment a-t-il pu se procurer la carte détaillé de Lockhaven ? C’est ce que vont tenter de découvrir Kenzi, Liam et Saxon, trois valeureux membres de la garde dont le courage n’a d’égal que leur détermination.

Notre avis :

Voilà un pitch bien sérieux pour une histoire de petites souris toutes mignonnes ! Et c’est justement le contraste entre une histoire épique et le dessin de la couverture qui m’a attiré vers cette BD (enfin, devrais-je dire ce comics, puisque le titre nous viens des Etats-Unis). Le dessin de ces souris, avec leur petits yeux noirs, me rappelle certains des albums pour enfants que je lisait enfant, je ne me souviens plus des titres mais on y retrouvais ce design à la fois réaliste et doux dans la représentation des animaux. Je dis réaliste parce que contrairement à beaucoup de livre représentant des animaux humanisé, ici les souris ont de petits yeux noir et de petites pattes aux doigts griffu. Ce sont de vraies souries, rien à voir avec Mickey !

Bien que le dessin me fasse penser à mes albums jeunesse, dès que l’on ouvre les pages, le ton y est des plus sérieux : des batailles sanglantes y sont livrés, il y a des morts et du sang. Bien sûr, le titre s’adressant tout de même aux enfants, on ne fait pas dans le gore, la mort, elle se devine plus qu’elle ne se voit. Mais un coup d’épée fait gicler du sang. Les héros souffrent, les héros saignent, suent et pleurent.

légende de la garde -couverture US

L’histoire est sérieuse. Il faut trouver le traître, il en va de la sécurité de Lockhaven ! Et c’est avec une certaines excitation, que Mmiko, suspendue à mes lèvres, écoute ces petites souris évoluer. (En me faisant, au passage, le reproche de ne pas faire une voix différente pour chaque personnages ^^’) Le deux tiers de l’histoire l’ont captivé. Elle était impressionné par le côté épique de l’aventure, voire le sang et savoir que des personnages étaient mort faisait monter le suspens et elle me regardait un peu inquiète et impatiente de découvrir la suite. Mais, elle n’a que 6 ans et demi et moi… je sais pas très bien lire à haute voix -_-‘ Du coût elle a fini par décrocher et la dernière partie je l’ai lue plus pour moi-même que pour elle. Néanmoins je pense que le titre lui a plus, que l’histoire l’a captivé.

De mon côté, j’ai trouvé ce titre très bien fait. Les dessins sont superbes et le contraste entre mignon (oui, je trouve ça trop mignon♥) et sérieux fonctionne très bien. Le cadrage m’a également beaucoup impressionné. Il est très cinématographique. L’auteur n’hésite pas à enchaîner les cases silencieuses où seuls quelques détails changent et rendent le déroulement de la scène. Comme par exemple dans cette case ci-dessus, où le marchant s’assoupis contre un arbre et est tiré de son repos par un bruit inquiétant.

La mise en scène est toute aussi bien réussies, le style imite à la perfection le conte épique, alternant phases explicatives et action, sachant laisser monter le suspens. Chaque chapitre est introduit par un petit texte pressentant la situation et citant quelques bribes des percepts des gardes. Cette introduction ajoute plus de gravité encore à l’histoire.

Bref un premier tome excellent, à conseiller à tous les jeunes amateur de BD mais aussi aux adultes qui comme moi, pourront apprécier un retour en enfance sans mièvrerie. Une oeuvre à la croisée des chemins où petits et grand pourront se retrouver.


Légendes de la Garde

David Petersen

3 tomes (en cours)

Gallimard jeunesse

petite fiche sur BDGest’

J’ai hâte de découvrir la suite. En attendant que je vous livre ici mes impressions, vous pouvez lire les avis de David sur IDDB

Légendes de la Garde – Hivers 1152

Légendes de la Garde – La Hache Noire


Will Eisner Award 2009 - meilleur album Will Eisner Award 2011 - meilleure anthologie
Will Eisner Award 2008 – meilleur album
Will Eisner Award 2011 – meilleure anthologie
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Le pays de cerisiers ~ Fumiyo Kouno

1955

Dix ans se sont écoulés depuis le jour où l’éclair incandescent a fendu le ciel. Dans la ville d’Hiroshima, l’espit d’une jeune femme est intensément bouleversé. Pour les plus faibles, qu’ont représenté la guerre et la bombe ?

L’oeuvre polémique d’un auteur engagé !

 

C’est ainsi que l’éditeur présente ce manga de Fumiyo Kouno qui revient sur l’impacte que la bombe à laissé sur la ville d’Hiroshima et ses habitants bien des années après que la guerre soit finie. A vrai dire je ne vois pas vraiment ce que cette oeuvre à de polémique, ni de vraiment engagé. Oui, on peut dire qu’il s’agit d’une oeuvre contre la bombe, on voit même à un moment donné des pancartes pour une collecte de fond d’une campagne anti bombe A et H (page 8), mais l’héroïne passe devant sans même y prêter attention. Les personnages de ce manga, tout comme le manga lui-même n’est pas particulièrement “engagé” c’est plutôt un constat, un prise de conscience de ce que la bombe à laissé derrière elle.

Contrairement à d’autres œuvres traitant du sujet, les récit de Fumiyo Kouno sont particulièrement tendres. Le récit commence 10 après explosion et si Minami, l’héroïne de la première histoire, se remémore les horreurs vues le jours de l’explosion, nous, lecteurs ne somme pas confronté aux atrocités que l’explosions à produite comme nous le somme dans le manga de Nakazawa Keiji : Gen d’Hiroshima ou encore dans le film de Shôhei Imamura Pluie noire, qui met également en scène une jeune femme en âge de se marier ayant survécu à l’explosion.

La ville du Yûnagi, premier récit de ce recueil, m’a beaucoup fait penser à Pluie noire. Dans les deux histoires, les jeunes femmes, à la fois traumatisées par ce qu’elle ont vu et effrayée par ce qui peut leur arriver, se refusent au bonheur et fuient l’amour. Pourtant, l’une comme l’autre trouveront un homme qui sait les écouter, qui n’est pas effrayé par la bombe et ce qu’elle a laissé derrière elle. Et toutes les deux n’auront pas le temps de goûter à ce bonheur enfin trouvé et accepté. Deux histoires terribles et extrêmement touchantes. Fumiyou Kouno sait trouver les mots pour nous toucher sans tomber dans le mélodramatique. La douceur de son dessin contraste avec le dureté de certains propos. Ce contraste rend le récit d’autant plus touchant car il met en évidence la normalité de cette jeune femme qui, malgré son vécu, aspire comme toute jeune femme au bonheur et à l’amour.

Par la voix de Minami, Fumiyo fait aussi parler les petites gens de Hiroshima, toutes ses habitants innocent qui ont perdu la vie dans une guerre qui les dépassé complètement.

Personne n’en parle. On ne sait toujours pas pourquoi c’est arrivé. Tout ce qu’on sait c’est que quelqu’un s’est dit que notre mort importait peu. Malgré cela , on a survécu.

Mais le plus effrayant, c’est que depuis, nous soyons devenu des êtres qui acceptent que d’autres aient pensé ainsi, et qui s’y résignent.

Les deux récit suivants : Le pays des cerisiers I et II sont moins directement lié à la bombe. On n’y fait pas vraiment allusion. Les récits se passent plus tard encore. Pourtant on sent planer les séquelles que la bombe à laissé derrière elle comme un ombre pesant sur la vies des héros. Le pays des cerisiers I met en scène une petite fille dont le petit frère est hospitalisé. On ne sait pas si son hospitalisation est ou non une conséquence directe de la bombe, mais le doute est là. En revanche, dans le pays des cerisiers II, où l’on retrouve la petite fille devenue une jeune femme active et son frère guéri, la bombe revient. Elle revient à travers les souvenir du père qui n’est autres que le jeune frère de Minami, l’héroïne du premier récit. Elle revient aussi, plus indirectement, par le refus des parents de Tôko, une amie d’enfance, qui ne souhaitent pas qu’elle fréquente Nagio, le jeune homme qui enfants était hospitalisé car ils redoutent que cette hospitalisation soit lié à la bombe. Si le sujet est abordé ici très discrètement, il met en évidence une difficulté supplémentaire à laquelle furent confronté les survivants de la bombe et leur famille, le rejet par le reste de la société. Nakazawa Keiji dans Gen d’Hiroshima en parle de façon beaucoup plus violente. Le sujet est également abordé dans le film que je citais plus haut : Pluie noire. Plus récemment, on en a reparlé lorsque les évacué de Fukushima se sont retrouvé dans une situation similaire, du moins à en croire les média.

J’ai beaucoup aimé ce manga, il aborde un sujet difficile avec beaucoup de douceur et de subtilité, par des récits très court qui disent beaucoup en peu de mots. Le dessins particulièrement doux de l’auteur rend ce manga d’autant plus touchant. J’ai aimé également le lien familiale qui uni les différents personnages d’un récit à l’autre. Chaque histoire peut être lue indépendamment l’une des autres, mais un fil rouge les relie les unes aux autres leur donnant plus de profondeur. Un très beau manga, à lire absolument.


Japan Expo Awards – Prix du Jury catégorie Moriawase (2007) Prix Culturel Osamu Tezuka – Prix de la nouveauté (2005)

anime manga aggregator sama Sama It!

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Le journal de mon père

Ce manga était sur mon étagère depuis des mois. Presque un an. Pourtant, je ne sais pas pourquoi, je ne me décidais pas à l’ouvrir. Comme si j’attendais le bon moment. Mais, quand est-ce le bon moment ? A force d’attendre, j’en avais presque oublié son existence.

C’est il ya quelques jours, à la suite d’une conversation sur la page Facebook de Ma petite Médiathèque à propos de Taniguchi, que l’envie m’est venue de lire Le journal de mon père, enfin !

Une fois la lecture commencé, je ne l’ai pas regretté. Si je devais avoir un regret, c’est d’avoir tant attendu.

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父の暦, (Chichi no koyomi)le jounal de mon père 2

Jirô Taniguchi (谷口 ジロー)

Shogakukan (1995)

Casterman (2007)

L’histoire :

Yoichi apprend la mort de son père et doit se rendre dans sa ville natale pour la veillé funèbre et les obsèques. N’étant pas retourné au pays natal depuis 15 ans, ce retour va faire resurgir en lui de nombreux souvenir. C’est à la veillé funèbre que, par la bouche de son oncle Daisuké, Yoichi va apprendre à connaître son père pour lequel il éprouvé une grande rancune depuis l’enfance, n’ayant jamais accepté le divorce de ses parents. Il découvrira des trait de caractère de son père qu’il n’avais jamais imaginé.

le journal de mon père 3

Ce que j’en ai pensé :

Pour ce qui est de la forme, je possède une superbe version cartonné. Et même si je préfère, en général lire les manga en sens de lecture original, faut avouer que c’est une belle édition que Casterman nous offre là. Quant au dessin, on reconnais au premier coup d’œil le trait caractéristique du maître, à la fois réaliste et stylisé. Simplifié au point que ses personnages semblent avoir tous un peu la même tête. Ce qui rend peut être l’ensemble un  peu trop impersonnel. D’ailleurs, quand la femme du protagoniste réapparaît au dernier chapitre, alors qu’on ne la voit pas depuis le chapitre 1, je ne l’ai pas reconnu. N’ayant pas retenu son nom, j’ai mis quelques pages à me rendre compte de l’identité de ce personnage qui semblait important.

Le dessin, tout comme l’ambiance me rappellent énormément Quartier lointain, le premier manga de Taniguchi que j’ai lu. Bien que ce dernier aie une dimension fantastique, complètement absente dans le journal de mon père, on y retrouve des thématiques similaires : le retour vers le pays natal et les relation père-fils avec les rancunes et les non-dit qui s’accumulent aux fil du temps.

Si le dessin de Taniguchi très épuré est agréable à l’œil, j’avoue avoir préféré ses dessins plus complexes, plus expressifs de son manga Le sommet des Dieux dont j’aurais aimé vous parler. N’ayant pas encore eu l’opportunité de finir la série, il faudra encore patienter un peu.

Mais revenons au journal de mon père !

le journal de mon père 4Le scénario est particulièrement réussi. Taniguchi a réussi à nous faire passer les émotions et les sentiments qu’éprouve Yoichi après une longue absence, le ressentiments qu’il éprouve pour son père depuis l’enfance, le traumatisme qu’a laissé en lui le divorce de ses parents… Toutes ces émotions, Taniguchi sait nous les raconter. Il sait aussi nous montrer le faussé qui sépare le ressenti d’un enfant et la réalité des adultes qui l’entourent. Peu à peu, en écoutant son oncle lui parler de se père qu’il connaissez si peu, Yoichi se rends compte que le ressentiment qu’il éprouvé pour son père durant toutes ces années, n’était pas justifié. Mais maintenant il est trop tard. Trop tard pour parler à son père, trop tard pour apprendre à le connaître, à le comprendre.

Le contexte est triste : on est à une veillé funèbre, les personnages se remémorent des moments douloureux du passé… Mais ce n’est jamais mélodramatique. Tout est exprimé avec tendresse et retenue. Et le ton est juste. En lisant ce manga j’ai pensé à ma propre histoire, à ma propre relation avec mes parents. Et bien que mon expérience soit très différente de celle vécue par Yoichi, j’ai pu m’identifier dans ses réaction d’enfant têtu et obstiné, dans sa rancune et dans son incompréhension. J’ai trouvé cette histoire très émouvante. Cet album était un cadeau de ma mère. Maintenant que je l’ai lu, j’aimerais lui prêter. J’espère que ça la touchera, comme j’ai été touchée.

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Prix du Jury Œcuménique de la BD (2001)

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L’envolée sauvage

L’envolée sauvage, BD publié par Bamboo éditions, collection Grand Angle en 2006 (T1) et 2007 (T2)

Scénario : Laurent Galandon

Dessin et couleurs : Arno Monin

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T1 : La Dame Blanche
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T2 : Les Autours des palombes

Résumé :

Simon est orphelin et juifs. Passionné par les oiseaux, il vit avec d’autres enfants chez un prêtre dans la campagne française. Mais nous somme en 1941 et l’antisémitisme fait rage, venant s’immiscer jusque dans son quotidien. Menacé il devra quitter la campagne pour Paris, où il se cachera quelques temps. Quand les rafles commencent, il décide de quitter Paris avec un groupe d’enfants juifs. Mais c’est seul qu’il trouvera refuge chez une femme aveugle qui vit seule avec son fils handicapé, dans la montagne. Découvert par la milice, il devra encore fuir. Cette fois il décide de rejoindre la résistance, mais se fera arrêter après avoir tué plusieurs miliciens. Déporté, il rencontrera la jeune Ada, dans le train qui les mène au camp de concentration.

Mon avis :

C’est par hasard, en flânant au rayon BD de l’espace jeunesse de notre médiathèque municipale que je suis tombée sur le tome 1. J’ai été attirée par la couverture et le dessin de Monin. J’ai feuilleté quelques page et l’histoire m’a paru intéressante, alors j’ai décidé de l’emprunter. Je n’ai pas été déçue !

Le premier tome tiens ses promesses. Le dessin est intéressant et agréable, le scénario captivant. Simon, le personnage principal, est très attachant. Il ne sera pas épargné par son époque, victime de l’antisémitisme il rencontrera pourtant des personnes de bon cœur qui l’aideront et le soutiendrons. L’histoire de Simon permet au jeunes lecteurs (et aux moins jeunes aussi) d’en apprendre plus sur cette époque sombre de l’histoire de France et de ce qui ça impliquait pour une partie de la population. Ce n’est pas tellement qu’on apprends des choses. Les auteurs ne donnent pas beaucoup de données historiques, mais on vit la vie du petit Simon et on se rends compte de ce qu’on du vivre bon nombre de juifs français pendant cette période.

En dehors du sort des juifs on voit aussi une France divisée. Il y a ceux qui haïssent les juifs et collaborent avec les allemands et ceux qui résiste, de façon plus ou moins forte contre ce mouvement. Sans entrer dans le récit historique, l’envolée sauvage nous donne matière à réflexion.

Le deuxième tome m’a paru un peu bâclé par rapport au premier. Peut-être l’histoire aurais mérité d’être un peu plus travaillé. Peut-être que le public visé étant jeune, les auteurs n’ont pas voulu trop en faire sur les camps de concentration. Je ne serais dire, mais personnellement j’ai trouvé ce deuxième tome un peu moins intéressant et la fin un peu énigmatique. Mais il garde les qualités du premier tome, autant du point de vue du dessin, que de celui de faire réfléchir sur l’histoire, ici sur les camps de concentration et leur atrocité.

J’ai beaucoup apprécié l’univers de ces deux auteurs. Une BD qui vaut le détour.


Edit :  j’ai écrit cette chronique en 2012, à l’époque je pensait que la série ne compté que deux tomes d’où ma perpléxité concernant la fin. Normal, la série fait 4 tomes ! Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire la suite mais je vais m’y intéresser bientôt


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BD Boum – Prix du Conseil Général (2007) Mention spéciale du Jury Œcuménique de la BD (2014)
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Le visiteur du sud : un manhwa peu ordinaire

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Le visiteur du sud – Le journal de Monsieur Oh en Corée du Nord de Oh Yeong Jin publié par  les Éditions Flblb, n’est pas un manhwa comme les autres.

Oh Yeong Jin est technicien du bâtiment d’une entreprise sud coréenne. Un jour son entreprise l’envoie superviser un chantier en Corée du Nord dans le cadre d’un accord de coopération entre les deux gouvernements coréens. Mais Oh Yeong Jin est aussi auteur de bande-dessinée ! A son retour en Corée du Sud, il met en image ses souvenirs du chantier. Cela donne un manhwa au style très caricatural, mettant en scène monsieur Oh en Corée du Nord. Les courts sketch d’une ou deux pages sont regroupé en 2 tomes. Entre les différentes histoires sont insérées quelques infos supplémentaires qui permettent au lecteur de mieux comprendre de quoi il est question. C’est avec beaucoup d’humour que Oh Yeong Jin nous illustre le choc de culture entre les employés du Sud et les ouvriers nord-coréens.

Le dessins est très stylisé. Les personnages ont des visages en forme de demi-lune et les paysages sont simplement esquissé. Les cases sont séparées horizontalement est verticalement par de grossier trait noirs. On est ici dans la caricature pure et dure.

Mon avis :

Je ne peux pas dire que j’ai adoré cet oeuvre, ou que je soit fan du travail de Oh Yeong jin, mais cela tient plus de mes goûts personnels que de la qualité de l’oeuvre. En effet je ne suis pas une adepte des caricatures et j’en lit peu souvent. Néanmoins ce manhwa m’a beaucoup intéressé pour deux raisons. Tout d’abord par son style, très loin du simili-manga au quel l’on réduit souvent, mais à tort, le manhwa. Le visiteur du Sud nous permet de découvrir une autre facette du manhwa coréen peu connue en France. Puis aussi par son contenu, qui bien qu’empreint d’humour, est très instructif quand aux relations des deux Corée et plus encore sur la façon dont les coréens des deux pays se perçoivent les uns les autres.

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Pour en savoir plus retrouvé le visiteur du Sud sur le site des Editions Flblb : link

Prix Asie – ACBD (2008)
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Couleur de peau : miel

Je préparais un article sur le manhwa (Et le Manhwa, alors ?) quand, flânant dans les rayons BD jeunesse de notre médiathèque municipale, je suis tombée sur couleur de peau : miel de Jung. Jung, ça sonne coréen, alors j’ai cru tomber sur un manhwa. Je n’avais pas totalement tord, Jung c’est bien un nom coréen. Mais il ne s’agit pas du tout d’un manhwa, c’est une BD belge !! Et oui, Jung est un enfant coréen, adopté par une famille belge. Dessinateur de BD, il décide en 2007 de revenir sur sa propre histoire, celle d’un enfant coréen adopté, dans cette BD autobiographique.
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Résumé :

Le petit Jung fouille les poubelles pour trouver de quoi manger, quand un policier le trouve et l’accompagne dans un orphelinat. L’orphelinat de grand’ma Holt. A l’âge de 5 ans il sera adopté par une famille belge qui a déjà 3 enfants. Dans le premier tome il nous raconte l’orphelinat, l’arrivée dans un nouveau pays et sa nouvelle famille, comment le petit coréen deviendra un petit belge. Le tome 2 raconte son adolescence, la recherche d’identité et la souffrance qu’il éprouve d’être un enfant adopté (et donc abandonné par sa mère biologique), jusqu’à l’acceptation de lui-même tel qu’il est, avec sa double identité.
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Jung envisage d’écrire un troisième et dernier tome après son retour en Corée. A la fin du deuxième tome il s’approche de son pays d’origine par un voyage au Japon. Mais il n’a pas pu, à cette occasion, sauter le pas et aller à la rencontre de ces racines. Maintenant il se sent prêt pour cette aventure. Il nous racontera ce voyage dans le dernier tome de la série. Je l’attend avec impatience.
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Ces 2 premiers tomes ont été adapté pour le cinéma. L’adaptation, mélange de prises de vues réelles et d’animation, sortira le 6 juin 2012 en France. Elle est co-réalisé par Jung et Laurent Boileau.Si le titre Approuved for adoption a été provisoirement envisagé par l’auteur, le film sortira finalement sous le titre de Couleur de peuau : miel.

Mon avis :

Mon regard à été attiré vers cette bande-dessiné, tout d’abord par le nom de l’auteur, puisque, comme je l’ai dit, je travaillais sur le manhwa. Mais aussi par la couverture. Le dessin est d’une incroyable douceur, mêlée de malice. Cet enfant couleur miel qui nous regarde avec de petits yeux malicieux tout en tenant cet pancarte avec  nom, numéro et date de naissance m’intriguait. C’est alors que j’ai décidé d’ouvrir l’album et, sur le rabat de la couverture j’ai lu :
Nous devrions remercier grand’ma Holt d’avoir crée des orphelinats, des hôpitaux, de nous avoir trouvé des familles… et pourtant …
Pourtant, à l’heure actuelle, je ne sais toujours pas si je dois la remercier ou la détester.
Nous sommes deux cents milles Coréens adopté à travers le monde.
C’est beaucoup trop.
Ceci a fini par me convaincre, j’ai emprunté le premier volume. Le surlendemain je venais chercher le deuxième tome avec la ferme intention de parler de cette magnifique bande-dessinée.
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Cet histoire m’a interpellée pour 2 raisons, la première, plus superficielle, est que, étant moi-même très intéressée par la culture asiatique j’aime lire tout ce qui peut m’en apprendre davantage sur la culture des différents pays d’extrême orient. La deuxième raison, bien plus profonde, touche ma sensibilité de mère, ma sensibilité d’être humain. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours pensé : « le jours où je serais assez grande pour avoir des enfants, j’aimerais en adopter un ». Pourquoi ai-je toujours eu ce désir en moi, encore vivant aujourd’hui ? Je ne sais pas trop. Je me disais sans doute que j’aurais de l’amour à offrir et que tant d’enfants sont abandonnés ou ont perdu leurs parents… Est-ce une vision naïve et enfantine? Toujours est-il que le point de vue de l’enfant adopté que nous offre Jung dans cette bande-dessinée autobiographique m’a beaucoup intéressé. Bien que l’adoption vienne le plus souvent d’un bon sentiment, l’enfant ne le vit pas comme un événement heureux et toute sa vie il continue de se poser des questions sur les raisons qui ont poussé ses parents biologiques à l’abandonner.
La force de cette bande-dessinée est de nous faire réfléchir sur des sujet graves tout en gardant beaucoup d’humour. On y retrouve une fratrie des plus espiègles en laquelle tout et un chacun peut s’identifier. J’y ai trouve beaucoup d’anecdotes qui m’ont rappelée ma propre enfance, malgré le fait que mon enfance et ma famille aient été très différentes de celles de l’auteur.
Par ailleurs j’ai trouvé la réflexion sur le déracinement et la double identité très intéressant. Ce sentiment dépasse les frontière du sujet de l’adoption pour englober d’autres situation telle que la mienne, celle d’un enfant immigré qui doit aussi apprendre une nouvelle langue, une nouvelle culture, se faire une place dans un pays où il est considéré comme un étranger. Le regard des autres, le sentiments d’avoir été déraciné, le fait d’être devenu un étranger dans son pays d’origine… ce sont des sentiments que j’ai également connu. Jung sait parfaitement les mettre en lumière et nous les montrer en toute simplicité.
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Après avoir lu couleur de peau : miel je me suis souvenue d’une anecdote survenue peu de temps après mon arrivée en France, durant ma dernière année de collège. Je m’étais fait une amie. Nous nous retrouvions tous les midi pour manger ensemble. J’aimais beaucoup cette fille. Elle était d’origine asiatique et avait été adopté. Un jour je lui ai demandé « tu es de quel pays? » Ma question l’a choquée. Très vexée elle m’a répondu qu’elle était française et à partir de ce jour un grand froid c’est installé entre nous. Ce jour là, par une simple question j’ai perdu une amie. Je me suis longtemps demandé pourquoi elle s’était fâchée. Moi, en posant cette question, je pensais « tu es comme moi, tu n’est pas d’ici ». Maintenant je me dis qu’en entendant ma question elle a peut-être compris : « tu n’es pas comme moi, tu n’est pas d’ici ».

Quelques mots sur Jung :

Né à Seoul en 1965, puis adopté par une famille belge en 1971. Il étudiera aux Beau Arts de Bruxelle section illustration avant de se lancer dans la bande-dessinée comme dessinateur.
Il collabore en 1991 avec le scénariste Ryelandt Martin pour la série Yasuda, publié chez Hélyode. Toujours avec Ryelandt, il publie en 1997 le premier volume de la série : La fille et le vent chez Delcourt.
En 1999 il commence une nouvelle série avec une nouvelle scénariste, Jee-Yun : Kwaïdan. Ensemble ils publient  Okiya en 2006 puis Kyoteru en 2008, toujours chez Delcourt.
Pour couleur de peau : miel il travaille seul sans scénariste. C’est en 2007 que le premier tome  est publié dans la collection Qadrant de la maison d’édition Soleil, suivit du tome 2 en 2008.
En 2009 il sort un artbook de dessins érotiques : Frôlement.
Bien que le style de ses bande-dessinées soit diffèrent de l’univers de couleur de peau : miel, série sur laquelle il a travaillé seul, on retrouve dans tous ses travaux des thèmes qui lui sont chers : l’Asie, l’abandon, l’identité, le déracinement… comme le fait remarquer lui-même lors d’une interview réalisé en 2009 à l’occasion de la sortie de Frôlement.
BD Boum – Prix Région Centre (2008)
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