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image pour le plaisir des yeux #19 ~ Urashima Taro

Il y a quelques jours je vous parlais de l’album Urashima, alors que je faisais quelques recherches sur le livre je suis tombé sur ces quelques images que j’ai eu envie de partager 🙂

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Urashima Tarō par Kuniyoshi Utagawa
Paris, BnF, Manuscrits japonais – XVII siècle – anonyme
Urashima par Yoshitoshi
Urashipa par Evui
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Cent vues célèbre d’Edo – Hiroshige

Hilde et Lou nous invitent à rendre hommage à Tokyo pour le rendez-vous d’un mois au Japon. J’ai réfléchi à la façon de m’y prendre quand Hiroshige est offert à moi comme une évidence. Avec ces cent vue célèbres d’Edo  (1856-1858) il a magnifiquement rendu hommage à la ville avant qu’elle ne devienne Tokyo. Ce n’est qu’en 1868 que Edo deviendra Tokyo avec la restauration Meiji et le déplacement de la capitale impériale qui était jusqu’à lors situé à Kyoto tandis que le shogun gouvernait depuis Edo.

Les vue d’Edo capturé par Hiroshige sont donc celle de la ville avant qu’elle ne change de nom. Nous somme encore sous le pouvoir des shogun Tokugawa, c’est la fin de l’époque Edo qui commence en 1600 avec la prise de pouvoir de Tokugawa Ieyasu.

Andô Hiroshige (1797-1858) est né dans une famille samouraï, mais à la mort de ses deux parents il se dirige vers une carrière artistique. Il intègre à 14 ans l’atelier de Toyohiro Utagawa (1773-1828). C’est avec Cinquante-trois relais du Tôkaidô (1833-1834) qu’il devient célèbre.

Il prends de nombreux apprenti dans son atelier dont deux qui lui succéderons sous le nom d’artiste de Hiroshige II (Shigenobu, 1826-1869) et Hiroshige III (1842-1894).

Après cette brève introduction laissons place aux cents vues d’Edo dont j’ai fait ici une petite sélection très personnelle.

Nihonbashi yukibare
Eitaibashi Tsukudojima
Suruga-chô

Avec cette vue de Sugura-chô je vous renvoie au manga français Le voleur d’estampe de Camille Moulin-Dupré. Dans son manga, l’auteur reprends la composition de cette estampe pour en faire le décor de sa ville fictive. A la place du mont Fuji il place le château du gouverneur. Mais il y a la même structure et le même porteur avec ses 2 paniers.

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Ueno Kiyomizuda Shinobazu ni ike
Ueno Yamashita
Kawaguchi no watashi zenkôji
Sumidagawa Suijin no mori Massaki
Ohashi Atake no Yudachi
Shichi hanei tanabata matsuri
Ueno san nai Tsuki no natsu

il ne vous rappelle rien ce pin ?

Fukagawa kiba
Fukagawa Susaki Jûmatsu

Tout à l’heure je vous ai renvoyé au manga de Moulin-Dupré, cette fois je vous renvoie à un manga de Taniguchi : Furari, qui s’inspire énormément des estampes de Hiroshige. On y trouve plusieurs clin d’œil, le faucon étant sans doute la plus flagrante.

furari - le milan
Furari – Taniguchi
ôji Shôzoku enoki ômisoka no kitsunebi

J’adore celle-ci ! Taniguchi la reprends également dans Furari.


Vous retrouverez toute la série de Cent vues célèbres d’Edo dans le très beau livres édité par Taschen. Je ne me lasse pas de le feuilleter. Une autre édition au format plus grand permettent de mieux profiter des détails des estampes

Ando Hiroshige sur le site de la BnF


Hiroshige II, ou comment le genre fait concurrence au maître

En 1858, Hiroshige II, dissiple et genre de Ando Hiroshige, publie également une série de vues d’Edo dont voici un bref apperçu. Vous pouvez retrouver ses séries Edo meisho ici

Shiba Shinmei – 1858
Asakusa Kinryū-zan – 1858
Sannō matsuri -1858

Avec cette dernière estampe, je vous renvoie encore au manga Furari de Taniguchi ou l’une des histoires fait référence à cet éléphant (du moins je pense que c’est le même, les éléphant qui traversent les rue de’Edo à cette époque ne devaient pas être très fréquents !).


Tokyo en estampe

Si j’ai choisi de rendre hommage à la ville en parlant des cent vue d’Edo de Hiroshige c’est surtout parce que c’est mon maître d’estampe préféré et que l’occasion d’en parler était trop bonne. Ce n’est pas le seul a avoir immortalisé avec talent la ville. Des maître d’estampe contemporains lui ont également rendu hommage dans de très belle estampes voici quelques images.

Hasui Kawase – le temple Zojo-ji à Shiba sous la neige 1925
Hasui Kawase – Neige à Shiba Daimon, 1936
Shiro Kasamatsu – La grosse lanterne du temple Senso à Asakusa, Tokyo 1934
Shiro Kasamatsu – Soir de printemps à Ginza

 J’espère que ce voyage dans le temps et les couleurs de l’ukiyo-e vous aura plu.

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Le voleur d’estampes

ImageSi vous fréquentez ce blog vous l’aurez sans doute remarqué, j’ai un faible pour la culture japonais, le manga et l’ukiyo-e. Quand on m’a proposé Le voleur d’estampes de Camille Moulin-Dupré j’ai sauté sur l’occasion avec beaucoup d’enthousiasme. Ce titre réunissais à lui seul plusieurs de mes centres d’intérêt. Il ne pouvait que me plaire ! Et je n’ai pas été déçue : mon premier coup de cœur bd/manga de l’année ! Merci aux édition Glénat de m’avoir fait découvrir ce titre.

Mais alors pourquoi avoir mis autant de temps à publier mon avis ? C’est simple, quand j’aime beaucoup un livre j’éprouve toujours des difficultés à en parler. Je ne veux pas me montrer trop enthousiaste de peur de fausser les avis de ceux qui liraient ma chronique avant le livre (moi j’ai tendance à être extrêmement critique vis à vis des livres ayant reçu de trop bonne critiques, mon esprit de contradiction sans doute).

Le voleur d’estampes est une courte série terminé en deux tomes dont le premier volet est paru en janvier dernier chez Glénat Manga dans sa collection seinen (la date de sortie du deuxième tome n’est pas encore annoncé). Pourtant son auteur, Camille Moulin Dupré est français. On pourrais donc classer cet ouvrage dans le global manga, ces bandes dessinées type manga produite hors Japon. Cependant le voleur d’estampes est si original dans sa forme que cette classification pourrait être assez réductrice. En effet, graphiquement, le voleur d’estampe ne ressemble pas du tout à un manga. Encore moins à une BD franco-belge. L’inspiration vient du monde de l’ukiyo-e, images du monde flottant, les estampes japonaises. Et oui, ce livre ressemble à un recueils d’estampes qui prendrais vie pour nous raconter une histoire romantico-fantastique dans le Japon de la fin de l’ère Edo (XIX siècle). On pense notamment aux livres illustrés de cette époque qui avait un grand succès et que l’on cite souvent comme l’un des ancêtres du manga moderne (Hokusai a illustré de nombreux ouvrages, mais ça c’est une autre histoire).

Kinkin Sensei Eiga no Yume Painted by Koikawa Harumachi 1775

C’est précisément ce graphisme très original qui m’a séduite. Mais le voleur d’estampes n’est pas qu’un exercice de style graphique. Il nous raconte aussi une histoire :

Nous sommes au Japon, l’ère Edo touche à sa fin. Le monde politique japonais est en crise. Alors qu’un général écarté du pouvoir revient en province avec sa fille, jeune aristocrate opiomane que tout ennuie, pour rasseoir son pouvoir sur ses terres avant de repartir à la conquête de la capitale, il se retrouve confronté à un voleur espiègle qui se moque de lui et de son armé dérobant des objets d’art dans les belles demeures des quartiers aisés. Le voleur qui n’était qu’un petit problème, devient le centre d’intérêt du général qui voit dans ses vols un insulte personnelle. Sa fille en revanche y voit une distraction et éprouve tout de suite une attirance pour ce voleur énigmatique. Mais qui est-il ? C’est un jeune homme qui ne se résout pas à quitter cette ville qui ne lui offre pas beaucoup d’opportunités, qui travaille le jour dans le restaurant de son père et qui la nuit devient un fantôme que personne n’arrête, lui aussi pour tromper l’ennui, car ce n’est pas la richesse qui l’intéresse, mais le plaisir de voler sans se faire prendre.

Le voleur d'estampes - détail
Le voleur d’estampes – détail

Deux jeunes gens qui s’ennuient et qui refusent ce que le destin leur réserve, un monde en crise qui perd ses repères… sous l’habit d’une lointaine époque c’est finalement une histoire très moderne que nous raconte Camille Moulin-Dupré. Une histoire intemporelle. Un classique aussi avec la rencontre de deux jeunes gens qui appartiennent à deux classes sociales que tout oppose mais qui pourtant partage de points communs à commencer par le fait de ne pas accepter leur réalité.

Manga de Hokusai – détail du tome 6

L’histoire à ce quelque chose de classique qui fait qu’elle ne surprend pas. Mais pour moi l’intérêt de ce titre ne réside pas tant dans ce qu’il raconte mais dans la forme que prend le récit. Le parti pris de dessiner comme sur une estampe est très surprenant, original et, je trouve, très bien réussi. On reconnait certaines estampes (ou morceaux d’estampes), on y retrouve toute l’ambiance qui se dégage des images du monde flottant et je me suis plu à scruter les détails des planches, la façon dont le poisson est posé sur l’étalage, comment les figurants sont disposé dans le décor, comment le décor est mis en scène, la perspective, cet oiseau dans cette position, un peigne, un poulpe… j’ai regardé chaque planche comme j’aurais regardé un recueil d’estampe prêtant presque plus d’attention aux détails qu’à l’histoire elle même qui dans ma lecture servait plus de liant que d’ingrédient principal. J’ai aimé retrouver quelques références, me dire « ah ça me rappelle telle estampe ». Malheureusement ma connaissance de l’estampe japonaise est insuffisant pour que ces références soit claires et transparentes à mes yeux mais il y avait un quelques chose de déjà vu très agréable, comme un jeu de piste.

Le voleur d'estampes - détail
Le voleur d’estampes – détail
Femme se poudrant le cou, Kitagawa UTAMARO (1753-1806)

En dehors de ce soucis du détails rappelant l’ambiance de l’ukiyo-e, l’ensemble est harmonieux et fonctionne assez bien avec un découpage des pages très varié allant de la double page silencieuse à la multiplications de cases disposées en spirale tel un jeu de l’oie. Cela donne un rythme très particulier au récit, parfois très lent, dans la contemplation, puis rapide et saccadé.

Le voleur d'estampe - ce détail occupe une page entière
Le voleur d’estampe – ce détail occupe une page entière
Small Bird on a Branch of Kaidozakura – Hiroshige – 1844

Une touche fantastique s’invite dans le récit faisant appel à la figure mythique du tengu. Est-ce du fantastique ou du fantasme ? Est-ce que le voleur cache quelques chose de mystérieux ou est-ce l’abus d’opium qui fait faire de drôles de rêves à la jeune femme ? Un doute persiste ce qui rajoute au côté mystérieux de l’intrusion du tengu.

Armor with the features of a tengu (tengu tōsei gusoku) Late Edo period, 1854
Le voleur d’estampes – quatrième de couverture

Un premier tome réussi, à mon humble avis. J’ai pris beaucoup de plaisir à le lire. J’ai trouvé ça original et rafraîchissant. Très poétique. Ça change. Sans être passionnant par l’intrigue, il sort son épingle du jeu par une approche graphique peu ordinaire, à la fois plaisant (je trouve le dessin très joli, même s’il peut paraître peu expressif pour un manga) et instructive (faire découvrir l’ukiyo-e). Si l’amateur d’estampe y trouvera un clin d’œil sympa, celui qui ne s’est pas encore intéressé à cette forme d’art japonaise aura peut-être envie d’aller voir dans quel univers Camille Moulin-Dupré trouve son inspiration. Quand à moi, j’ai hâte de découvrir le deuxième et dernier tome.

Girl jumps form Kiyomizu-dera – Suzuki Harunobu (1750)
Le voleur d'estampes - détail
Le voleur d’estampes – détail

J’espère vous avoir donné envie de découvrir cet étonnant global manga. En tout cas je le conseille vivement à tous les amateurs d’estampes.

Feuilletez des milliers de bandes dessinées gratuitement sur Sequencity

 

Pour en savoir plus :

Camille Moulin-Dupré

Le voleur d’estampe est son premier livre. Avant il a travaillé dans l’animation et le jeu vidéo. Son court métrage Allons-y Alonzo réalisé en 2009 en hommage à Belmondo  a été sélectionné dans plusieurs festivals.

⇒ à lire : rencontre avec Camille Moulin-Dupré sur Animeland

⇒ son blog, sur twitter, sur facebook, sur vimeo

Le voleur et l’estampe from Camille Moulin-Dupré on Vimeo.

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Images pour le plaisir des yeux #16 – Bonne année 2016

Mitate shichifukujin hatsuharu Soga – Utagawa Hiroshige
The Seven Lucky Gods (1882) – Tsukioka Yoshitoshi
The seven goods of good fortun – Kuniyoshi Utagawa

Pour vous souhaiter la bonne année voici trois estampes représentant les 7 divinité de la Fortune : les Shichi Fukujin (七福神). La tradition veux que ces divinité, voyageant à bord du navire aux Trésor (takarabune/ 宝船), viennent en ville à la nouvelle année et déposent des présents pour les gens méritant.

Puisse 2016 vous apporter de la bonne fortune !

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Images pour le plaisir des yeux #13 ~ à table !

Pour le mois des livres en cuisine j’ai voulu faire une petite sélection d’images tirées des livres d’art qu’il y a sur mes étagères. Ou l’art en cuisine 🙂

Passons à table avec Valasquez

Le Déjeuner (Trois Hommes à table) vers 1617
Veille Femme faisant cuire des oeufs, 1618

Sur les traces du Caravage

Marchande de fruits, Vincenzo Campi, vers 1580-1581
Jeune garçon pelant un fruit, attribué Caravage, vers 1593-1594
La cène à Emmaüs, Caravage, 1601

Un tour du côté des Ufizzi

Nature morte, Iacopo Chimenti, 1624
Fleurs et insectes, Rachel Ruysch, 1711

Un repas frugal avec Picasso

Le Repas frugal, Picasso, 1904

Un goût japonais

On commence par une tasse de thé

Le premier thé de l’année, Hokusai, 1816

On passe au marché chercher du poisson

Ueno Yamashita, Hiroshige, 1858

Et on fini par un petit restaurant

Une réception au restaurant Shikian à Nakazu, Kubo Shumman, 1786

Bibliographie

  • Valasquez et son temps, Carl Justin,  GeoArt,  2015
  • Caravage, Catherine Puglisi, Phaidon,  2005
  • Gli Uffizi storia e collezioni, Giunti, 1993
  • Picasso, Carsten-Peter Warncke, T’as chêne, 2006
  • Hokusai art et esthétique, Henri Fouillant,  Georges,  2014
  • Hiroshige cent vues d’Édo,  Mikhail Ouspenski, Parkstone 1997
  • Art japonais, chefs-d’oeuvre du British muséum,  Parkstone, 1994

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Sous la grande vague d’Hokusai avec un regard d’enfant

Aujourd’hui je vous propose une sélection d’album jeunesse autour du grand maître de l’estampe japonaise : Hokusai.

Comment parler Hokusai sans passer par sa très fameuse Grande Vague ? Un pari que n’auront pas relevé les deux albums que je viens de découvrir .

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Hokusai et le cadeau de la mer

Beatrice Alemagna (texte) – Olivier Charpentier (illustrations)

éditions de la Réunion des musées nationaux – Grand Palais

trouvez le ICI

Dans ce livre on voit Hokusai assis sur une plage, il observe la mer, il attend. Il attend « cette vague gigantesque que personne n’a vue ». Il attend depuis toujours. Et voilà qu’un jour le vent se lève et, alors qu’Hokusai, devenu vieux, cour derrière ses feuilles éparpillées par le vent, elle arrive. Elle est là la grande vague que personne n’a vue. Mais le vieux Hokusai à le dos tourné. Quand enfin il regarde la mer, le calme est revenu. Il reviendra demain, attendre la vague. Mais voilà qu’au moment de partir il découvre le bleu que la mer à laissé dans son bol. Le voici le cadeau de la mer, la couleur bleu.

Ce bleu, c’est le bleu de Prusse, qu’il fut le premier à utiliser en Extrême-Orient. ça on l’apprends dans la petite page explicative que l’on retrouve à la fin du livre avec un brève bio de Hokusai, quelques info sur la fameuse grande vague et la reproduction de l’estampe.

Le texte, composé de phrases très courtes voire de simples mots,  est accompagné de très jolies illustrations imitant le style des estampes japonaises. Hokusai est toujours sépia, seul le paysage, composé d’une mer et du mont Fuji, ainsi que les personnages secondaires apportent de la couleur. Ainsi la mer ressort comme étant le personnage principal, son bleu profond attirant toujours l’œil. Hokusai n’est que l’humble spectateur attendant l’instant à immortaliser.

Un très très bel album, joliment illustré faisant découvrir cet étrange personnage que fut Hokusai. On capte un peu de son esprit et on découvre (à la fin) la fameuse estampe. L’enfant s’amusera à faire le parallèle entre l’illustration de l’album et l’estampe originale. Le texte est très court mais parfaitement dosé. L’ensemble est frai, agréable et même drôle.

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Sous la Grande Vague

Katsushika Hokusai / Hélène Kérillis

Léon art & stories

la fiche éditeur c’est ICI (livre également dispo en anglais)

Mimiko a refusé de le lire, je ne sais pas du tout pourquoi, elle était pas d’humeur sans doute. Mais moi j’ai adoré cet album. Faut dire que j’adore les estampes d’Hokusai ! Et ici l’auteur ne se contente pas de s’inspirer des estampes du maître (comme dans l’ouvrage précédent) mais elle s’en sert pour illustrer l’histoire. Le décor ainsi planté par les estampes originales est complété par le dessin de Hélène Kérillis. On ne nous parle pas d’Hokusai, on nous le montre. Et ses estampes servent de décor à l’aventure d’un petit garçon, fils de pêcheur, qui a perdu la mémoire lors d’une terrible tempête qui a emporté son père au loin. Il part donc à la recherche de réponses sur le Mont Fuji, le mont sacré. Tout est bien qui fini bien, le père et l’enfant se retrouvent.

Le texte est écrit sous forme de petits poèmes semblables à des haïku. Faut dire que je n’ai pas été très sensible à cette subtilité que je n’ai compris qu’en lisant les petites explication à la fin du livre. Je me disais bien que le texte était bizarrement formulé, mais je n’en avait point saisie la subtilité poétique. Heureusement les explication sont là ! ^_^

Une fois l’aventure finie, on retrouve toutes les estampes ayant servi de décor, presque toutes sont issue des Trente-six vue du Mont Fuji (1830-1832).

Un très beau livre qui, s’il n’a pas trouvé grâce aux yeux de Mimiko, a gagné toute ma sympathie. Je suis triste de devoir le rendre à la bibliothèque, je crois bien que je vais me l’offrir et le laisser traîner sur la table, jusqu’à ce que Mimiko cède à la tentation ^^

8 et 9 /20

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Pour aller plus loin :

Un pont

Je vous ai déjà parlé de ce très joli album jeunesse où Hokusai et ses estampes rencontrent Monet et ses toiles impressionnistes. Très poétique, il mêle (tout comme Sous la Grande Vague) les illustrations de l’auteur avec les originaux d’Hokusai (et une estampes d’Hiroshige qui s’y est glissé on ne sais pas trop pourquoi).

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Le vieux fou de dessin

Un petit roman que j’ai présenté ici il y a déjà un petit moment. Dans ce roman, l’auteur imagine un jeune garçon qui serait devenu l’apprenti du grand maître.

Le roman est très court et il se lit facilement. La présence du jeune garçon rend le récit vivant et attirant pour le jeune public tout en permettant de présenter Hokusai et son travail.

Les illustrations rappelant la manga d’Hokusai complètent agréablement le récit.

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A la rencontre d’Hokusai, des mangas, et de l’art des estampes

Un article très riche à lire chez Blandine

tout ça en un seul article !

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BnF – L’estampe japonaise

Faite un tour sur le site de la BnF dédié aux estampes japonaises. Vous y trouverez des info sur l’ukiyo-e, sur Hokusai mais aussi Horishige. Vous pourrez feuilleter les 36 vues du Mont Fuji et aussi la manga.

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Hokusai, autoportraits :

 

 

autoportrait 1845
autoportrait 1843

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Vous aimez Hokusai et ses estampes ? Restez connecté, bientôt un autre volet où il sera question d’Hokusai et de manga !

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Kasane de Gou Tanabe

Je découvre Gou Tanabe avec cette série en 2 tomes : Kasane, un récit fantastique dans la plus pure tradition d’histoires de fantômes à la japonaise. Passion, meurtre et esprits vengeurs sont au rendez-vous !

L’histoire :

Shinkichi commence à travailler comme vendeur de tabac ambulant quand il fait la connaissance de Mme Toyoshiga une joueuse de shamisen réputée qui attire de nombreux disciples. Il commence par travailler comme vendeur de tabac dans son salon et fini par devenir son serviteur privé. Sa jeunesse et sa beauté auront raison de l’austère Mme Toyoshiga qui se révèle une maîtresse trop possessive. Dévorée par la passion et la jalousie cette dernière voit son beau visage se déformer. Dans une maison hanté, elle persécute le beau jeune-homme qui tente de lui échapper. Mais c’est en vain qu’il cherche à s’éloigner d’elle car même la mort ne pourra les séparer.

Moi, je ne suis pas une passionnée des histoires de fantôme mais comme je suis curieuse, j’avais envie de découvrir cette histoire inspirée par une légende nippone connue. Et je dois dire qu’avec ce manga je n’ai pas été déçue. J’ai tout particulièrement apprécié le coup de crayon de Gou Tanabe. Je trouve son dessin très beau. Classique mais beau. Le trait et les décors sont réaliste et c’est très bien mise en scène. Avec Kasane on plonge dans le quotidien de l’époque Edo et les instantané de vie sont aussi (voir plus) intéressants que les histoires de revenants.

Dans le premier tome on a la mise en place du récit et des deux personnages principaux, le jeune Shikichi et la possessive Mme Toyoshiga. On voit comment leur relation se crée et comment elle se détériore. Le tome deux est le tome de la vengeance, au récit de nos deux héros se superpose celui de la légende qui l’inspire.

Un beau dessin, un scénario qui se tient, des légendes et du folklore… un titre et un auteur que je retiens !

Auriez vous d’autres titres inspiré du folklore japonais à me conseiller ?


Le coin des curieux :

Comme je l’ai dit plus haut, Kasane est une légende populaire de l’époque Edo. C’est l’histoire d’une femme défigurée nomée Ryu (qui peut également se lire Kasane) que son mari Yoemon assassine. Le fantôme de Ryu se vengera en apportant le malheur sur tous les mariages successifs de son mari jusqu’à ce qu’un moine bouddhiste vienne libérer le fantôme.

Actor as the Ghost of Kasane from the series « Mitate sanjurokkasen no uchi” Utagawa Kunisada (1786 – 1864) 1852, 9th month Oban tate-e

Cette légende a inspiré de nombreuses pièces de Kabuki dont certaines sont encore jouée aujourd’hui. Parmi celle-ci on trouve Kesakake Matsu Narita no Riken écrite par Tsuruya Namboku IV en 1823 et connue surtout pour danse Iromoyô chotto Karimane appelé couramment Kasane.

Cette légende a également inspiré à Sanyûtei Encho III l’histoire de Shinkei Kasane-ga-fuchi. C’est cette pièce que Gou Tanabe et Hiroaki Takeda adapte en manga.

 Gou Tanabe n’est pas le seul à avoir été inspiré par le texte de Sanyûtei Encho III. Il existe également un film de Nobuo Nakagawa qui reprends cette histoire dans un film intitulé Kaidan Kasane ga fuchi (The Goste of Kasane) réalisé en 1957.

Tenger, il faut qu’on se trouve ça pour notre prochaine soirée cinéma !!

Une dernière petite estampe pour finir :

Yoemon and His Wife Kasane, from the series Sixty-nine Stations of the Kisokaidô Road – Utagawa Kuniyoshi 1852
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