Kwaïdan

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Film de Masaki Kobayashi (1964)

Prix spécial du jury – Festival de Cannes 1965

Titre original : 怪談 (Kaidan)

Scénario : Yôko Mizuki, d’après le recueil de kaidan (histoires de fantômes japonaise) écrit par le poète irelandais Lafcadio Hearn (1850-1904) et publié peu avant sa mort sous le nom de Kwaïdan ou Histoires et études des choses étranges. Ce recueil regroupe différentes histoires du folklore japonais.

Musique : Tôru Takemitsu

La version intégrale dure 188 minutes et est composé de 4 histoires différentes. Jugé trop long pour  la sortie en salle, c’est une version raccourcie qui fut mise en circulation. Dans cette version il manque le deuxième conte.

La version intégrale est disponible en DVD (vostfr) chez Wild Side Video : link

Synopsis :

Les cheveux noirs

Un samouraï devenu pauvre, abandonne sa femme et part chercher fortune en se remariant à la fille d’un homme riche. Tourmenté par le souvenir de sa première femme, il va revenir dans son ancienne maison plusieurs années après l’avoir quittée.

La femmes de neiges :

Un nuit de tempête 2 boucherons rencontrent une terrifiante femme qui tue le plus vieux et consent à laisser le jeune en vie à condition qu’il ne raconte jamais cette histoire à personne. Des années plus tard, alors qu’il est avec sa charmante épouse, il en oublie sa promesse.

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Hoïchi sans oreilles :

Là où eu lieu naguère la bataille de Dan-no-Ura opposant les Genji aux Heiké, vit un jeune moine aveugle. Joueur de biwa, son tallent pour raconter l’épopée des Heiké (Heike Monogatari) est si grand qu’il attire l’attention des fantômes du clan déchu.

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Dans un bol de thé :

Un samouraï aperçoit le reflet d’un homme dans le bol d’eau qu’il s’apprête à boire. Pour ne pas montrer sa peur le samouraï boit l’eau. Le soir, alors qu’il est de garde, l’homme dont il a aperçu le reflet apparaît devant lui.

Mon avis :

Pour être tout à fait honnête, après 5-10 minutes de film je me suis demandé pourquoi est-ce que je regardais ça. La réponse se trouve à l’arrière de la jaquette du DVD :

Kwaïdan est un monument du cinéma fantastique signé Masaki Kobayashi, un des plus grands esthètes du cinéma japonais.

Si on s’intéresse au cinéma japonais, on se doit de regarder quelques classiques, non? Et puis c’est tout de même le prix spécial du Jury du Festival de Cannes de 1965 !

Donc, quoi qu’il arrive, j’étais résolue à voir ce film. Je vérifie la durée… Quoi ?! 3h !! Pourquoi? (T_T) Allez, courage !

J’ai tenu bon et ai regardé les 3h de film dans leur version intégrale et bizarrement j’ai aimé. Je dis bizarrement parce que, tout du long, je ne remarquait que les détails déplaisant. Mais, une fois le film fini, je ne regrettais pas de l’avoir vu.

Des 4 histoires je n’ai pas aimé la première. Le jeu des acteurs est trop théâtral : longues poses lors des dialogues, postures figées, regard au loin (ta femme est prostré à tes pied, mec, pourquoi tu regarde la porte ?)… Mais également l’histoire elle même, sans parler des cheveux noir en eux-même dont l’effet n’est pas très bien réussi. Mais bon, faut remettre le tout dans son conteste, c’est un film des années 60, on peut pas trop demander au niveau réalisme et effets spéciaux. Bon, ok. Mais là, je me suis tout de même dit, si les 3 heures sont comme ça, pauvre de moi !

La deuxième histoire commence. Tempête de neige et… ciel peint ? Je regarde mieux. Oui, oui c’est bien ça, le ciel est une peinture. Étrange, surprenant, mais intéressant… La musique, stridente, dont le but est sans doute de faire monter le suspens et rendre la scène angoissante, est si désagréable à l’oreille que franchement on ne sent pas vraiment l’angoisse monter, mais plutôt la douleur. Là encore ça demande un peu de volonté pour rester devant son écran. Mais, ce n’est qu’un mauvais moment à passer, la scène « angoissante » se termine et la  musique se calme. Finalement cette deuxième histoire est pas mal. Et le jeu des acteurs beaucoup plus agréable.

Troisième histoire. Ah! Là, c’est vraiment intéressant ! L’histoire en elle même est bien tournée, avec un scénario intéressant : des fantômes qui veulent encore et encore écouter le chant de leur défaite. Et les procédés de réalisation sont remarquables. Finalement je ne regrette plus du tout de m’être accroché. La voix du compteur narre la bataille de Dan-no-Ura alors que la caméra défile au dessus d’une fresque épique ou d’une teinture brodée. Puis prise de vue réelle, la mer, les vagues… Encore la peinture. Enfin des acteurs. Un moine aveugle. Celui-ci suivra sans le savoir un  fantôme et chantera chaque nuit pour  l’empereur Antoku et le clan Heiké. On voit alors la court majestueuse se transformer sous nos yeux en groupe de fantômes transpercées de flèches. Leurs métamorphose au fur à mesure du chant est impressionnante. Le musicien, aveugle, ignore tout de ce qui l’entoure.

La dernière histoire, c’est pas mal, mais il n’y a là rien de bien particulier à noter.

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