Mawaru Penguindrum : du surréalisme au ninportnawak

Je reviens à l’anime avec une série assez particulière qui m’a laissé une impression mitigé : des aspects très intéressants s’y mêlent à du grand n’importe quoi. Mais, avant de vous livrer mon avis sur cette série, petit tour par la fiche technique et le synopsis :

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Titre VO : 輪るピングドラム

Réalisateur : Kunihiko Ikuhara (Sailor Moon)

Studio : Brain’s Base

Année : 2011

Durée : 24 épisodes

Disponible en DVD chez Kazé

Mawaru pinguindrum pomme

Synopsis :

Shoma et Kanba vivent seuls avec leur petite sœur malade. Celle-ci décède mais revient miraculeusement à la vie grâce à une entité qui prend possession de son corps en passant par un ridicule chapeauen forme de pingouin. Sous l’emprise du chapeau, Himari demande à ses frère de récupérer le penguindrum, grâce auquel il pourront définitivement sauver leur sœur. C’est quoi ce penguidrum ? Ben, justement, les deux frères vont devoir le chercher sans savoir ce qu’ils cherchent. Vont suivre une série d’aventure et de rencontrer plus surréalistes les unes que les autres.

Mawaru pinguindrum kanba  Mawaru pinguindrum shoma

Mon avis : 

Le début commence avec une histoire somme toute assez banal : deux frères pour qui leur petite sœur malade est tout, des allusions flirtant avec un amour incestueux, encore ! à croire qu’il n’y a que les petites sœur qui soient b-biiiip ! Excusez-moi je m’égare. Mais c’est un thème très récurrent et avec lequel j’ai beaucoup de mal, surtout quand c’est la cent cinquantième fois qu’on nous ressert le plat…

L’intrigue se complexifie de plus en plus, d’abord avec la résurrection de Himari et l’apparition de 3 pingouins dans le but est… de nous faire rire et puis c’est tout, ils parlent pas , ils ne servent à rien, on ne sais même pas pourquoi ils sont là. Chacun le sien, peut-être un reflet de la personnalité du personnage auquel ils sont associés… Enfin peu importe. D’autres personnages se greffent à l’histoire, tout d’abord Ringo Oginome qui joue un rôle très important, le professeur Keiju Tabuki pour qui Ringo nourri une passion malsaine, Yuri Tokikago la fiancé de Keiju et enfin Masako Natsume qui en a après Kanba mais faut arriver à la fin pour comprendre pourquoi.

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L’histoire se complexifie, les personnages se multiplient et peu à peu on voit la toile du destin qui les lie les uns aux autres. Cela aurais pu être intéressant mais… non, pas vraiment. Le scénario s’emmêle dans des complications superflues. À force de vouloir créer des liens entre les personnages, ça fini par faire perdre son sens au début de l’histoire. Plus on avance moins on comprend, à se demander s’il y a jamais eu quelque chose à comprendre. Le scénario donne l’impression d’être écrit au fur et à mesure sans que l’auteur ne sache trop où il va. L’histoire fini par perdre toute logique, toute plausibilité, pour ne plus faire qu’un beau pastiche très dramatique.

Après avoir lu tout ça, vous devez penser que je n’ai pas aimé. Mais si, sinon je n’aurais pas regardé les 24 épisodes. Ce que j’ai aimé dans l’anime ce n’est pas tant l’histoire, que j’ai laissé au deuxième plan, mais sa réalisation. Le graphisme est très agréable, hyper coloré, très pop. Et puis, il y a plusieurs idées que j’ai trouvé intéressantes et/ou drôles. Tout d’abord la façon dont sont représentées les scènes où nos héros évoluent au milieu de la foule. La foule devient un ensemble de figurine blanches, toutes identiques et indifférenciée, parmi lequel seuls les personnages de l’histoire gardent leur apparence. La foule n’est plus un ensemble d’individualité distincts, mais un individu unique pourvu de plusieurs corps. Cela donne un sentiment de grande solitude, on se sent aussi un peu perdu, un peu comme égaré sur une planète étrangère. Ce procédé me rappelle un certaines scène de Mononoke où on dépersonnalise également la foule pour en faire une masse anonyme.

Mawaru pinguindrum foule

Autre aspect intéressant : la structure des épisodes. On suit l’histoire comme si l’on prenait le métro, à chaque épisode on suit son tracé de gare en gare jusqu’au terminus, un panneau de signalisation numérique nous indique la nature du flash back auquel on va assister, les séquences sont séparé par les portes permettant d’accéder au quai… L’idée est originale et donne du rythme et une cohérence à l’ensemble.

Mais l’idée sans doute la plus amusante, c’est la forme que prennent les délires et fantasmes de Ringo Oginome : entre théâtre de papier et la revue Takarazuka. Dans ces délires la belle Yuri y joue toujours un magnifique rôle alors que Ringo se retrouvé toujours rejeté. C’est une mise en scène toujours très excessive, parodique et très drôle. Si les délire de Ringo prennent cette forme ce n’est pas un hasard puisque Yuri est une célèbre actrice de Takazazuka. On peut d’ailleurs voir aussi quelques extrait des pièces où elle joue et c’est également parodié. J’ai jamais vue une de leur revue mais ça ne fait aucun doute que l’anime en rajoute un paquet sur le kitch.

Mawaru pinguindrum détail 3

Après il y a d’autres détails auquel je n’ai pas vraiment adhéré, comme, par exemple, le processus de « transformation » de Himari qui en fait des tonnes pour rien et se fini par une dégaine vraiment pas terrible, dont le ridicule arrive à faire oublier le sexy. Je n’ai pu m’empêcher de penser au processus de transformation de Sailor Moon qui à l’époque me tapait encore plus sur les nerfs, parce que là, en plus, il y a des méchant qui attendent pour attaquer. Bon ici, Himari peut prendre son temps, elle risque rien, mais bon j’ai pas bien compris l’intérêt si ce n’est la parodie. Mais à la longue c’est un peu lourdingue.

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Pour conclure je dirais qu’il y a de l’idée mais que c’est, à mon goût, pas franchement une réussite. À voir ce que le réalisateur nous proposera ensuite, serai-t-il garder les bonnes idées et l’humour tout en se débarrassant du superflu et des complications inutiles ?

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