Five, le shojo ultra-cliché

Nous avons reçu ce manga en cadeau lors d’une opération promotionnelle de l’éditeur : pour deux manga acheté on recevait un troisième gratuit choisi parmi une section de titre faite par l’éditeur. J’en ai profité pour acheter la suite de Bakuman et Five était la surprise qui l’accompagnait.

Cette opération ne date pas d’hier, elle a eu lieu l’été dernier mais, depuis, ces manga ont rejoint la bibliothèque de A-chan. Je n’y ai pas mis les pieds depuis plusieurs mois. C’est le challenge lancé par le Club Shojo sur le forum qui m’a donné l’idée d’aller piquer quelques manga sur ces étagères là, dans l’antre de la bête. Bête fort sympathique, puisque quand je lui ai fait part de mon projet, elle m’a dit « bouge pas », a disparu dans son antre et en est ressorti les bras chargé de shojo et de shonen. Que des titres que je ne connaissez pas, à l’exception d’un que je lui avais déjà piqué (Library wars – Love & Wars).

De cette pile j’ai donc tiré Five, occasion de relever à la fois le défi lancé par le Club Shojo et mon défi perso : lire du shojo en 2013. Et avec Five je ne pouvais pas plus mal tomber : plus shojo tu meurs !

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Résumé :

Hina, jeune lycéenne qui a passé sa jeune vie à déménager au grès des mutations de son père, va intégrer un nouveau lycée et elle se réjouit : ce sera le dernier, fini les déménagements, elle va enfin pouvoir se faire des amis. Mais voilà qu’à sa plus grande surprise, elle se retrouve dans une classe rassemblant la crème de l’école et qui ne compte qu’une seule fille, Hina elle-même. Le tops 5 de cette classe, les 5 plus beaux, plus intelligents et plus indisciplinés élèves de la classe vont prendre Hina sous leur aile. Hina qui ne se laisse pas impressionner remet Toshi, le plus beau mec du lycée en place dès son arrivé. Ce qui lui vaudra avoir, la première, touché son cœur. Ce coureurs de jupons est-il sincère envers Hina ? Ou la fait-il marcher ? Que de suspens ! (non je rigole, il y a pas de suspens du tout!)

Fiche technique :

Titre VO : ファイブ

Auteur : Shiori Furukawa

Année première parution : 2004

Éditeur VO : Shûeisha

Éditeur VF: Kana, collection Kana-shojo

Nombre de tomes : 15 (terminé)

Mon avis :

On prend tous les cliché du genre shojo life-school, on secoue bien et voilà : Five est servi. Tout y est : l’héroïne naïve et spontanée, le harem dans lequel l’héroïne qui rêvait d’amour va pouvoir faire ses emplettes… Côté bishonen il y en a pour tous les goût :

  • le populaire : premier au classement, beau, rebelle, adulé par toutes les filles du lycée qui se disputent ses faveurs. Bref, l’incontournable prince du lycée.
  • le sportif.
  • l’enfantin.
  • le beau ténébreux laconique.
  • et bien sur l’intello.

Quelle originalité ! On avais jamais vu ça avant.

Mais le manque d’originalité ne s’arrête pas là. Le scénario est aussi creux que le point de départ. On n’a aucune surprise. L’héroïne, par sa pureté et sa naïveté complètement anachronique (on est au XXI siècle, m***), doublé d’une bonne dose des spontanéité et de sincérité, va conquérir le cœur de ses jeunes fougueux et réussir là où aucune fille n’avais réussi avant, toucher le cœur de Toshi, à moins qu’il ne joue la comédie. Là encore on a un goût de déjà vu.

Du déjà vu donc, mais puisque c’est une recette qui marche, la mangaka aurait tort de se priver. Le problème ce n’est pas tellement que la trame de fond soit banale, c’est qu’ici il n’y a pas ce petit plus qui nous ferait aimer une série dont on connais déjà toutes les ficelles. Non, ici il y a rien. Que du cliché. Et du gros cliché, qui a eu au moins le mérite de me faire sourire toutes les deux pages tellement c’est gros.

Commençons par le commencement. Page 6, alors que Hina vient arriver au lycée et que le professeur l’escorte jusqu’à sa nouvelle classe, elle croise dans les couloir un couple qui s’enlace. Sa réaction est immédiate :

Beurk ! Je cherche l’amour, bien sûr, mais rien d’aussi dégoûtant…

My God ! Mais que faisait donc ce couple dans les couloir de l’école ? Rien, rassurez-vous. Il ne s’embrassent même pas. Le garçon tient une fille son ces bras, celle-ci qui fait une bonne tête de moins que lui (comme il se doit) enfuis la tête dans son épaule enlaçant de ses deux bras le coup du jeune homme.

Beurk ! mais qu’on conduise ces deux dévergondé au bûcher, faire de pareille choses en public ! A-t-on déjà vu ça ?

Bon, je me moque, mais faut replacer ça dans son contexte. Je ne suis jamais allée dans un lycée japonais mais j’imagine aisément que les mœurs n’y sont pas si légère que dans les lycée français. Et pour tout vous avouer, j’ai eu un peu près la même réaction la première fois que j’ai mis les pieds dans une école française. J’étais vraiment choqué par ces comportement libertins. Enfin, s’embrasser dans la cours d’école, voyons, vous n’y pensez pas !

Va pour cette remarque vieux jeu. On continue la lecture. Et là, j’ai pas le temps de lire deux pages que je souri déjà. Elle arrive dans sa nouvelle classe et surprise ! Il n’y a que des garçons. Passons sur le fait que cette « surprise » manque totalement d’originalité scénaristique, mais intéressons nous plutôt aux explication que nous propose la mangaka : la classe A+ que Hina vient d’intégrer regroupe les meilleurs élève de l’école et Hina est la première fille a attendre le niveau pour y accéder. Pourtant il suffit de s’intéresser ne serait-ce qu’un peu à l’univers des études, consulter quelques statistique pour savoir que, dans la vraie vie, les femme ont globalement de meilleurs résultats scolaires, et font des études plus longues. Ce lycée doit faire sans doute office d’exception…

Après cela, il y a des clichés, encore des cliché… Je ne vais pas m’amuser à tous les énumérer, ça serait beaucoup trop long. J’ajouterais juste que si globalement le titre manque d’originalité, quand la mangaka veut nous proposer des petites idée sympa, ben… ça fait flop ! Comme avec cette fête du sport complètement absurde, mais pas assez loufoque pour être drôle. C’est juste absurde. Et tout ce que j’ai pu me dire en la lisant c’est « mais bien sûr. Et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d’alu » (vous avez vu ces références culturelles de ouf!).

Reste les personnages. Mais là encore, la mangaka n’arrive pas à me convaincre : Hina est sympa, a un fort caractère qui vient compenser son excessive naïveté, mais les autres personnages manquent de profondeur. On nous esquisse vite fait Toshi, le populaire. Quant aux autres garçons, ils sont là juste pour faire joli. Rien ne les rends particulièrement sympas ou attachants, ils sont des stéréotypes purs et durs, sans rien de personnel.

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Côté graphisme, alors ? Je trouvais les couvertures super jolies, et elle me laissait croire que il y  aurais du peps, du nouveau, quelque chose dans ce titre. Publicité mensongère ! Les couvertures sont très bien réussies, mais à l’intérieur, le dessin est aussi plat que le contenu de l’histoire. Un dessin très typé shojo, et qui n’est même pas joli. De trop gros yeux, qui restent assez inexpressifs. Inexpressif c’est justement le mot qui qualifierait le mieux ce dessin qui n’apporte rien de bien nouveau. Un point positif tout de même : la mangaka a un bon sens du découpage et du rythme ce qui rend la lecture dynamique et plutôt plaisante. Sans doute le titre aurais été mieux réussi avec l’aide d’un scénariste.

Pour conclure, voilà un titre stéréotypé qui n’a pas le petit plus qui peut le rendre intéressant et qui ne me donne pas du tout envie de lire la suite. Je dirais même que c’est l’exemple même de ce qui me fait dire : « j’aime pas le shojo ».

N’hésitez pas à laisser vos impression sur ce titre, ici (un petit com fait toujours plaisir) ou sur le forum du club shojo ou vous trouverez des avis partagé, si certaines shojophiles ont été déçue par ce titre, d’autres semblent beaucoup l’aimer. Comme qui dirait, « à chacun ses shojo » 😉

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