Archives mensuelles : mai 2013

Le Théâtre Nô – Zeami

Deuxième volet d’une trilogie dédié au Théâtre Nô

Le théâtre Nô – une introduction

 Zeami

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L’auteur du drame Atsumori est Zeami (1363-1343), connu aussi sous d’autre noms de plume, comme Zeami-dabutsu, Zea ou Kanzei. Son père, Kan.ami (1333-1384) venait d’une famille de prêtres shintô de la région de Nara et dirigeait une troupe de dengaku nommée Kanzei-za. Kan.ami, le premier à façonner le sarugaku no nō, était un homme à l’esprit ouvert, capable d’intégrer dans son art des aspects appartenant à d’autres genres. Il rénova et modifia certains cotés du dengaku et sarugaku, tels le monomane (pantomimes comiques), qu’il arriva a tempérer et réformer.

Il s’appropria aussi le concept de yūgen, traduit le plus souvent par « charme subtil », qui deviendra l’essence esthétique du nō et qui sera par la suite développé par son fils. Le terme était déjà utilisé vers la fin de l’époque de Heian dans le renga, pour indiquer une beauté dépourvue de vulgarité. La poésie du XIII employait ce terme pour indiquer la grâce. On pourrait aussi le traduire par beauté obscure, difficile à saisir. En ce qui concerne les arts de la scène, on trouve ce terme en relation au sarugaku de la province de Omi, qui le prisait par-dessous tout (à la différence du sarugaku de Yamato qui, tout en partageant le concept de yūgen, donnait plus d’importance aux événements et rebondissements de la pièce).

Dans la poétique de Zeami, le yūgen est intégré au nō et en devient une sorte de canon. C’est l’élément portant de l’art, celui qui entraîne le spectateur. Bien que impossible à définir de façon précise, le yūgen pour Zeami devait être rare (mezurashi) et saisissant (omoshiroshi).

En 1347, Kan.ami et sa troupe ont le privilège de s’exhiber devant le jeune shōgun Ashikaga no Yoshimitsu. La pièce choisie pour l’occasion est Okina, dont le personnage principale (le vieillard) fut interprété par Kan.ami lui-même. Le shōgun fut fasciné par ce nouvel art et par la performance de Zeami, âgé alors de onze ans. Il en fit son protégé et prit la troupe du père sous sa protection.

C’est depuis cette représentation restée célèbre que ce genre de théâtre a pris le nom de nō. A la différence des troupes d’autre formes théâtrales, liées aux sanctuaires et employé lors de célébrations religieuses, celle de Kan.ami réussit à s’affranchir de ce coté religieux.

Zeami put assister son père dans le développement du genre et jouir d’amitiés très stimulantes, comme celle qui le lia au poète Nijō Yoshimoto, son maître en poésie. Encore jeune, il dut cependant endurer le deuil de ses deux mentors. Son père le quitta en 1384 et Nijō mourut quatre ans après. Dans la même période, se relation avec le shōgun s’effrite, sans pour autant s’arrêter.

En 1395 Yoshimitsu abdiqua en faveur de son fils Yoshimochi (1386-1428) et se fit moine, mais il resta une figure de relief au gouvernement jusqu’en 1408, année de sa mort. Zeami perdit ainsi son protecteur le plus puissant, car Yoshimochi lui préférait un autre artiste. Cependant, ces années s’avèrent très fertiles. Entre 1413 et 1434, Zeami écrit treize des traités qui lui sont attribués, et deux livres.

En 1422 Zeami se fit moine suivant l’école zen Sōtō-shū et laisse la troupe à son fils Kanze Motomasa. En 1428 Yoshimochi mourut et fut succédé par son frère Yoshinori (1394-1341). Ce dernier était passionné de sarugaku et détestait ouvertement Zeami et Motomasa. Motomasa mourut en 1432 et, pour des raisons qui nous sont inconnues, Zeami refusa de nommer son autre enfant, On.ami, à la tête de la troupe. En 1434, Zeami fut exilé sur l’ile de Sadō pour des raison inconnues. Il fut pardonné peu d’années avant sa mort. Il termina sa vie auprès de son beau-fils, Konparu Zenchiku (1405-1468), auquel il laissa la direction de la troupe.

Zeami nous laisse dix-neuf essais sur son art, dont le plus connu est le Fushikaden (De la transmission de la fleur de l’interprétation), dans lequel on peut lire l’enseignement de Kan.ami enrichi par l’expérience de Zeami. On lui attribue aussi 90 pièces, dont 21 seulement sont clairement de sa main.

L’œuvre de Zeami est fortement empreinte de Bouddhisme Amidiste. Le but de son art, comme dit La lande des mortifications, était d’attirer le spectateur, apaiser son cœur et le rassurer sur la vie future. Dans une optique typiquement amidiste, tout passe : la joie aussi bien que la douleur, le bien et le mal. Dans ses pièces il met en scène la beauté éphémère ou le déchaînement des souffrances humaines, car si le théâtre est fait pour délecter le spectateur, le but finale est la délivrance des illusions, l’apaisement des passions.

Dans La tradition secrète du nō (traduit par René Sieffert), Zeami raconte les origines mythiques du sarugaku no nō, un passage montre bien le rôle et la finalité que cet art se donnait :

[Shōtoku-taishi] à un moment où l’Empire connaissait quelques troubles, se référant aux précédentes fastes de l’age des dieux et de la Patrie du Bouddha, commanda 66 mimes à ce [Hata no] Kōkatsu1 .

Kōkatsu était un légendaire sculpteur de masques. On peut constater ici la vocation ultime de l’art : modérer le désordre. Le nō avait, pour Zeami, une grande dimension rituelle. Cela rendait possible de saisir l’infiniment petit aussi bien que l’immense.

Dans la pièce que nous allons analyser (dans le prochaine article), la beauté passagère, les plaisirs inconstants, la souffrance des morts et des survivants sont présents, aussi bien que la foi dans le Vœux miséricordieux de Amida, source de répit et secours pour tous les êtres.


1Cité dans ZEAMI et d’autres, La lande des mortifications, 25 pièces de nō, traduit par GODEL Armen et KANO Koichi, Éditions Gallimard, 1994, Paris, p. 1-25

Article rédigé par Tenger et mis en forme par Bidib

Soirée シャンソン sur Ma petite Médiathèque

Petite soirée musicale improvisé. Un thème : la シャンソン.

La quoi ?_?

 

La chanson (française) au pays du soleil levant. Parce que la chanson française à son public là-bas et aussi ses interprètes.

 

On commence avec une reprise de Georges Brassens par Koshiji Fubuki (1924-1980) pas mal du tout. Je trouve qu’elle a une belle voix et la reprise rends plutôt bien.

 

 

 

La vie s’en va dans une version très théâtrale. Faut dire que Koshiji Fubuki à commencé sa carrière dans le théâtre Takazazuka.

 

 

 

La version française chanté par Pia Combo (que je ne connaissez pas)

 

 

 petit billet sympa à lire sur  Bulles du Japon

 

On change de registre avec une reprise de Barbara, L’aigle noir, par Yoko Kishi (1935-1992) :

 

 

 

 

 

On continue notre voyage avec Le poiçoneur des Lilas par Saeki Kenzo :

 

 

 

 

La Foule de Edith Piaf reprise par Sawada Kenjihttp://www.youtube.com/watch?v=RJT54uzIkaQ&feature=youtu.be

 

Et comment ne pas citer Naomi Chiaki que j’aime beaucoup. Voici sa reprise de La Bohème d’Aznavour :

 

Naomi Chiaki chante aussi le fado portugais : Naufragio

 

Et pour finir quelques chansons de Megumi Satsu, chanteuse japonaise qui s’installa en France dans les années 70 :

 

 

 

 

 

Avant de vous quitter, dernier petit lien vers Dalida, Piaf etc…la chanson française au japon de
Marionchan grace à qui j’ai découvert quelques uns des artistes cité.

Le théâtre Nô – une introduction

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Le nō, nom abrégé de sarugaku no nō, est un genre théâtrale qui se développe à partir du XIVème siècle. Il s’agit de danses, déclamations et chants accompagnés d’instruments et gestes, basés sur un texte poétique et des dialogues. Le drame prends place sur une scène rappelant l’architecture des sanctuairesau décor très minimalistes. Les acteurs sont accompagnés par un orchestre de flûtes et tambours ainsi que par un chœur. Selon le rôle interprété et le type de drame joué, les acteurs s’exécutentà visage découvert où en portant demasques représentant chacun un type de personnage bien précis. Le masque couvre le visage de l’artiste sans l’emboîter.

Le nō plonge ses racines dans les genres antérieurs, comme le sarugaku (danses et musiques importés du Continent), le dengaku (originairement des danses populaires pour la récolte) ou le kagura (danses sacrés shintoïstes).

Ce genre de théâtre fut particulièrement apprécié par les élites guerrières qui, à cette période, gouvernaient le Japon : des grands personnages comme Ashikaga no Yoshimitsu (1358-1408), Oda no Nobunaga (1534-1582) ou Toyotomi no Hideyoshi (1536-1598) en étaient de grands passionnés.

Comme dans d’autres formes théâtrales, les troupes de nō étaient généralement liées à un sanctuaire shintô (dont l’architecture est reprise pour créer le décor de scène).

Le nō est caractérisée par un rythme lent, des mouvements souvent statiques et très codifiés. Il s’agit d’un art fortement empreint de Bouddhisme, mais aussi de Confucianisme, et dont la musique doit refléter l’ordre et l’équilibre. Tout est très codifié et encadré. Il ne s’agit pas d’ébahir le spectateur, mais de le délecter et d’aboutir à une catharsis à travers une progression régulière.

Le chœur, qui chante à l’unisson, intervient quand le personnage mime une action, pour commenter un passage dramatique, ou dans la description des paysages.

L’orchestre, comme le chœur, se trouve sur scène. Elle compte quatre instruments, une flute : le nōkan, ou fue, et trois types de tambours : le kotsuzumi, le ōtsuzumi et le taiko.

Les rôles des personnages sont aussi codifiés de façon très précise:

Shite, il est le personnage principale de l’histoire.

Maejite, dans les nō de rêve et d’apparition, il s’agit du shite sous sa forme réincarnée.

Nochijite, dans les nō de rêve et d’apparition, c’est le shite quand il apparaît sous sa vrai forme.

Tsure, l’éventuel accompagnateur du shite.

Waki, l’ « hôte », le premier personnage à entrer sur scène. Il ne porte pas de masque.

Waki no tsure, attendant éventuel du waki.

Ai, personnage qui intervient dans l’entracte.

Hitamen, personnage interprété par un acteur à visage découvert.

On distingues principalement deux genres de nō :

Le mugen-nō : nō d’apparition, où le shite ce n’est pas (ou ce n’est plus) un être humain. En général, le shite entre une première fois sur scène comme maejite, puis, dans un second temps, il reviens comme nochijite.

Le genzai-nō : nō du monde réel, où les personnages sont des êtres humains vivant. Dans les drames de cette catégorie, les acteurs sont généralement à visage découvert, faite exception pour les personnages féminins.

On peut ensuite diviser le répertoire en 5 catégories :

Waki-nō ou Kamimono : nō sur des dieux. Le shite est souvent un dieux où un messager divin. On peut citer en exemple le drame Takasago.

Shuramono ou Otokomono : nō de fantômes masculins. Les histoires de cette catégorie sont souvent tirés des gunkimono (récits guerriers, proches des chansons de gestes) telles le Dit des Heiké. Le shite est souvent un guerrier mort (c’est le cas du drame Atsumori, que nous allons analyser plus tard).

Katsuramono ou Onnamono : nō où le personnage principale est une héroïne. La source d’inspiration de ces drames sont les grands romans ou recueils de contes, tels les Contes d’Ise (comme pour le drame Matsukaze), ou le Roman de Genji (comme pour le drame Izutsu).

Zatsu-nō : nō d’argument variable, souvent liés au monde réel. Un exemple en est le drame Kinuta.

Kichikumono ou Onimono : nō au tempo très rapide, ayant comme personnages principales des démons. On peut citer en exemple le nō Sakkyō.

Ces différentes catégories se distinguent par un tempo progressivement plus rapide. Dans la journée étaient représentées plusieurs pièces, suivant un tempo croissant. Habitude qui s’affirma à l’époque d’Edo, où l’on représentait quatre à six pièces sur rythme croissant : 1 kamimono, 1 shuramono, 1 katsuramono, 1 onimono.

Scène de nō

Une pièce est divisible en 5 parties (cinq dan) qui correspondent à l’idéale de la progression jō-ha-kyū (début, développement, résolution). Dans le premier dan, le waki entre en scène et expose le cadre de l’action, ensuite il se présente (nanori). Il correspond au . Dans le deuxième, troisième et quatrième dan, on a le développement du drame, le ha : le shite arrive, l’histoire est racontée avec plus de détail, on a un échange sous forme de dialogue avec le waki (mondō). C’est le cœur du drame. Le shite exécute une danse (kuse-mai) et sort de scène. Enfin, dans la cinquième partie, correspondante au kyū, la plus rapide, le shite rentre à nouveau en scène. On a une danse et un chant accompagné par le chœur, puis la sortie du shite et la fin du drame.

On distingue deux types de registre dans la déclamation de l’acteur :

kotoba : le registre parlé. Il n’a pas de rythme ou mélodie fixe, mais un modèle d’inflexion;

fushi : le registre chanté, divisé en deux catégories: hyōshiawazu, chant non rythmé, où il n’y a pas de lien spécifique entre les syllabes chantées et le rythme de la musique; hyōshiau, chant rythmé, où il y a correspondance entre musique et syllabes prononcées.

Le chant lui-même a deux styles:

yowagin : « chant doux », plus ancien, au vibrato lent et régulier, utilisé dans les scènes lyriques;

tsuyogin : « chant fort », développé à la période d’Edo, au vibrato irrégulier et à l’ampleur croissante, utilisé pour les scènes plus mouvementées.

Aujourd’hui le répertoire compte environs 230 pièces et 5 écoles : Kanze, Hōshō, Kongō, Kita et Konparu. Cet art de la scène est protégée par deux dieux : Shokushin, Dieu de la Station (parfois assimilé au personnage de Okina, de la pièce homonyme) et Matarajin (ou Madarajin), dieu de la Pratique (à l’origine de la Pratique Bouddhique, car il est un dieu vénéré par la Tendai).

Article rédigé par Tenger et mis en forme par Bidib

Le balai des sorcières

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Pourquoi les sorcières volent sur des balais magiques ? Voilà une question à laquelle ce petit album répond avec beaucoup d’humour.

C’est Ramina Grospoil, une sorcière dont tout le monde se moque à cause du gros poil qu’elle a sur le nez, qui construit le premier afin de venir en aide à une pauvre sorcière en danger. Son courage et son inventivité seront récompensé : elle créera une usine de balais et plus personne ne se moque de son poile.

Un petit album qui fait rire Mimiko, mais qui moi me laisse assez indifférente.

Pourquoi j’en parle ? Ben c’est Mimiko qui a choisit ce livre pour Ma petite Médiathèque (^_^)

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20 : 30 : 40, des femmes par des femmes

 

20 : 30 : 40  est un film taïwanais

réalisé par Sylvie Chang

en 2004.

Il a été nominé au lion d’or de Berlin.

Synopsis :

On suit en parallèle la vie de 3 femmes à trois périodes différentes de la vie :

20 30 40 - Xiao JieXiao Jie a 20 ans et vient d’arriver en ville avec le rêve de devenir chanteuse. Elle veut échapper ainsi au destin qui l’attend dans sa compagne. Elle va rencontrer une jeune chanteuse avec qui elle emménage et découvrir la vie dans la ville. Fraîche, pétillante et innocente, elle est troublé par l’intimité qui s’installe entre elle et son amie.

20-30-40-Xiag-Xiang.jpgXiang Xiang a 30 ans, elle est hôtesse de l’air. Tout comme sa vie professionnelle, sa vie sentimentale est décousue. Tiraillée entre deux hommes, l’un marié, l’autre trop jeune, elle n’est pas comblée. Insatisfaite de sa vie, elle vaut que ça change.

20-30-40--Lily.jpgLily a 40 ans, elle est fleuriste. C’est en livrant des fleures qu’elle découvre la double vie de son mari. Elle demande le divorce et doit recommencer une nouvelle vie, rencontrer de nouveaux hommes, ne pas se laisser abattre.

Mon avis :

Je trouvais l’idée intéressante, mais j’étais un peu retissâtes. Les histoires de femmes, d’amour et pire, de femmes qui courent après l’amour, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé. C’est donc avec quelques appréhensions que j’ai commencé le film. Très vite mes à priori négatifs sont tombés tant le travail de Sylvie Chang est juste et subtil, l’esthétique soignée, le jeu des actrice excellent.

Certes, il s’agit de femmes, et comme toujours, quand on parle des femmes, on parle d’amour et de leur relation aux hommes. Mais le sujet et ici traité avec originalité puisque on suit de front trois personnages à trois périodes charnière de leur vie de femme.

Le point fort de se film, plus encore que son scénario se trouve dans l’ambiance. Bien que tout ne soit pas rose pour nos trois femme, leur vie est abordé avec beaucoup d’humour, les actrices sont excellentes et la photographie très belle. La bande sonore mérite aussi qu’on s’y attarde, les chansons sont interprété par les 3 actrices vedettes.

Bref, un film qui m’a enchanté. Une réalisatrice dont je retiendrais le nom (enfin… je vais essayer).

Fiche technique :

Réalisatrice : Sylvia Chang [Filmographie de Sylvia Chang (allociné)]

Scénario : Sylvia Chang, Cat Kwan, Angelica Lee et Rene Liu

Directeur de la photographie : Chien Hsiang

Compositeur : Kay Huang

Acteurs :

Xiao Jie : Angelica Lee

Xiang Xiang : Rene Liu

Lily : Sylvia Chang

Tong Yi : Kate Yeung

Jeff Zhang : Tony Leung Ka Fai (et mon cœur bat ! ♥♥)

Shi ge : Anthony Wang Chau-Sang

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Ah ! j’oubliais, le film est disponible en DVD et je vous en ai dégotté un pas cher => link

Pour vous Mimi à choisi Yumi

Aujourd’hui c’est férié, j’en profite pour partager un bout de Ma petite Médiathèque avec Mimi-chan. Plutôt que de parler de ses livres quand elle est pas là, je la met à contribution. C’est elle qui choisi quel livres méritent une place ici.

Aujourd’hui elle a choisi une Kokeshi d’Annelore Parot : Yumi

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Résumé : 

Yumi est une petite kokeshi mignonne à croquer. Après qu’on l’ai aidé a choisir son kimono, elle nous invite à la suivre pour retrouver sa meilleure amie Sakumi. Les deux kokeshi vont choisir un costume pour se rendre à une fête déguisée organisée par leur amie Kimi. A la fête quel régal il y a des sushi, des sashimi, riz, thé… tout est mélangé faut retrouver ce qui est bon à manger.
Puis on se quitte et Yumi va se coucher. Oyasuminasai, Yumi.

Ce qu’en pense Mimi  (et moi) :

Mimiko adore cet album interactif. Les images sont super mignonnes et très colorées, les pages aux diverses formes invitent à l’exploration. On cherche le bon kimono, les déguisement, sushi… on fait souffler le vent sur les cerfs-volants. A chaque fois c’est n’est pas qu’une histoire à écouter mais un jeu.

« et là, c’est écrit quoi ? »

« aligato »

« c’est en attaché ? »

« non, en japonais »

Parce que par ci par là sont inséré quelques mot en japonais. Dommage qu’il n’y ai pas toujours la prononciation…

Si Mimiko s’amuse, j’avoue que moi aussi. Je trouve les dessins très mignon et je trouve dans cet album de quoi partager avec elle ma passion pour le Japon.

Yumi détail

Le kokeshi plaisent aussi à Yomu-chan (^_^)

Et pour les petites fan de kokeshi, il y a même un site avec tout plein d’info :

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またね (^_^)

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Fleurs de pommier

C’est le printemps, la nature se réveille, sort de sa torpeur hivernales et nous offre un beau spectacle de couleurs et parfums délicats. C’est l’époque du Ohanami (花見) cette fête japonaise qui nous invite à observer les fleurs. Si le sakura en est la vedette, d’autres arbres nous offrent un beau spectacle. Avant les cerisier, les pruniers se parent de petites fleurs, les premières à nous tirer hors de notre hivernages. Émile nous offre de belles photo de leur floraisons sous un ciel brumeux (Osaka – Leçon de générosité des fleurs d’Ume). Puis, quand les pruniers fanent, c’est au tour de cerisier et là tout le monde est à la fête. « apprendre à regarder » nous dit Marianne, et c’est avec beaucoup de plaisir qu’on regarder ses photos où des cerisiers généreux offrent des bouquet, roses et blancs (Hanami 花見 : apprendre à regarder).

Moi, c’est aux fleurs de pommiers que j’aimerais rendre hommage aujourd’hui. Leurs grandes fleures diffusent un doux parfum sucré, et avant que la pluie n’emporte toutes leurs pétales, j’ai pris quelques photos.

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Un peu plus loin, un pommier tardif, des bougeons roses fuchsia sur les branches nues…

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A leur pieds, les herbes folles aussi offrent leurs petits bouquets discrets

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Plus disciplinées, les tulipes roses sourient au cerisier fané

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L’encre du passé

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Résumé :

Dans le Japon d’Edo, Môhitsu, calligraphe errant d’un village à l’autre, rencontre Atsuko, jeune fille espiègle chez qui il décèle un don pour la peinture. Il décide de l’emmener avec lui à Edo pour qu’elle y fasse son apprentissage. Au cours du voyage, une amitié profonde naît entre le calligraphe et la jeune peintre. Tissé autour d’une longue conversation calligraphique, ce lien donnera à Môhitsu la force de surmonter les épreuves du passé et de retrouver l’inspiration.

(quatrième de couverture)

Mon avis :

Ce que j’ai aimé de cet album c’est surtout le rendu graphique rappelant l’univers des peintures japonaises. Un peu coup de pinceau, de belles couleurs qui s’expriment à merveille dans les paysages. L’histoire m’a moins touché, c’est une jolie histoire mais je suis restée assez insensible à la personnalité des protagonistes que j’ai suivis d’un regard lointains. Un bel album auquel il manque un petit quelque chose pour me transporter complètement.

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L’encre du passé

Maël et Bauza

2009

Editions Dupuis, collection Aire libre

Lire un extrait => link

Pour un avis bien plus enthousiaste que le mien, je vous invite à lire la critique de Lunch

Herakles

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Auteur : Edouard Cour

Edition : Akiléos

2012

C’est quelques mois après avoir lu plusieurs critiques, notamment les avis de Lunch et Badelel sur Ben Dis… ! ainsi que la synthèse d’opinions rédigée par Badelel (faut croire qu’elle aime vraiment) pour K.bd (super concept, si vous voulez mon avis) que je suis tombé sur la BD à la Médiathèque. Étant donnée tout le bien qu’on en dit, je ne pouvais pas passer à côté d’une telle occasion. Et je n’ai pas été déçue !

L’histoire ?

L’histoire c’est celle du mythe. Tout le monde la connaît ou du moins devrait. Personnellement, j’ai eu ma période mythologie gréco-romaine à l’adolescence, mais je ne garde que des souvenir assez flou et je serais bien incapable de citer les 12 travaux d’Herakles (Hercule pour les latiniste).

Le fait que nous sachions déjà, plus ou moins l’histoire, ne gâche en rien le plaisir de la lecture. L’auteur nous donne une version toute personnelle de mythe avec un Herakles pataud et stupide. Tout en muscle (et gras) rien en cervelle. Un homme de cœur à qui on s’attache facilement et qui nous fait bien rire.

Mais encore ?

Si j’ai aimé la façon d’aborder le mythe, j’ai surtout un coup de cœur pour le graphisme. Un dessin crayonné saisissant et vif, de belles couleurs ocres, une lecture très dynamique… Bref, cette BD a tout pour plaire. J’ai bien fait de me laisser convaincre par les éloges qu’on font mes collègues, qui en parlent bien mieux que moi, je vous laisse aller vérifier par vous même 😉

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Quand l’anime nous parle d’histoire # 1

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Le mariage de Histoire (celle avec un grand H) et des anime n’est pas une première ici. Si vous suivez les chroniques de Ma petite Médiathèque, vous avez sans doute déjà remarqué que j’aime compléter mes critiques manga et autre avec des infos sur le contexte historique, des détails culturels et autres données qui peuvent faciliter la compréhension ou simplement intéresser des personnes curieuses tel que moi.

Quand j’ai regardé de l’anime Senkou no Night Raid, j’ai fait des recherches assez approfondies pour tenter de mieux comprendre le contexte historique dans lequel évoluent les personnages. J’ai trouvé cet exercice très amusant et je me suis dit que cela ferait un sujet fort intéressant à exploiter. Apprendre l’Histoire en passant par l’anime. Voilà de quoi égailler les cours d’histoire. C’est ainsi qu’est né l’idée de cette nouvelle rubrique mêlant Histoire et japanimation.

Le premier volet de cette série sera dédié à une période de l’histoire japonaise qui m’intrigue tout particulièrement et inspire de nombreuses fictions. J’espère que vous apprécierez. N’hésitez pas à compléter cet article en laissant des commentaires et/ou des suggestions pour la suite.

Bonne lecture

Bakumatsu et Restauration Meiji – partie 1

L’Histoire avec un grand H :

le Baku-quoi ?

Le Bakumatsu (幕末) est la période de transition entre le Japon féodal des Shôgun Tokugawa, au pouvoir depuis 1603 (période Edo) et la Restauration de Meiji qui voit abolir tous les privilèges de la caste des samouraïs et commencer la marche vers la modernisation du pays. C’est un épisode particulièrement complexe de l’histoire du Japon moderne.

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Expédition de l’amiral Perry dans la baie d’Edo. Peinture japonaise de 1854

Durant le règne des Tokugawa, le Japon reste isolé et les échanges avec l’occident sont rares, c’est la politique isolationniste appelée sakoku (鎖国). Mais en juillet 1853, l’amiral Perry entre dans la baie d’Edo (actuelle Tokyo) avec la ferme intention de forcer le pays à ouvrir ses portes.

Matthew Calbraith Perry

Amiral Perry

Le bakufu (幕府), gouvernement du shôgun, est déjà fragile et la supériorité technologique des armées occidentales ne laisse aucun doute quant à l’impossibilité de repousser les étrangers par la force. Le shôgun doit alors céder à la pression exercé par les américains ce qui lui attise la haine d’un mouvement  d’activiste en faveur de l’expulsion des étranger. L’opposition veut évincer le shôgun du pouvoir et restaurer l’empereur dans ses fonctions de dirigeant du pays.

Le pays se divise alors entre les clans fidèles aux shôgun Tokugawa et ses opposants qui se réunissent sous l’effigie de l’empereur. Afin d’éviter des effusions de sang, le dernier Shôgun, Yoshinobu Tokugawa, remet le pouvoir à l’empereur le 9 novembre 1867. Cependant il garde une place primordiale dans le nouveau gouvernement. Très vite les hommes du Sha-Cho, les deux clans qui mènent l’opposition, l’évincent du pouvoir en organisant un coup d’état en janvier 1868. C’est le début de la Restauration Meiji (明治維新 /Meiji Ishin).

La Restauration Meiji :

Suite aux traités inégaux que le Shôgun a été contraint de signer avec les pays occidentaux après la démonstration de force des américains en 1853, le shôgun doit faire face à une opposition qui s’organise afin de l’écarter du pouvoir. Une tentative de résolution pacifique du conflit est mis en place en 1867, avec les insignes du pouvoirs remises à l’empereur et un nouveau gouvernement qui voit le jour.

Mais le coup d’état du ShaCho qui exclu définitivement le Shôgun du pouvoir déclenche une nouvelle crise. Commence alors la Guerre de Boshin (戊辰戦争 /Boshin sensou) (janvier 1868 -mai 1869).

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Samouraï du clans Satsuma durant la guerre de Boshin

Après le coup d’état, Yoshinobu tente d’organiser une résistance armée, mais échoue et fini par négocier sa capitulation. Il se retire à Mito, mais les clans Aizu, Kuwara et le Shinsengumi, n’acceptent pas cette capitulation. Ils continuent de s’opposer par les armes au nouveau gouvernement. Leurs troupes seront défaites les unes après les autres et la guerre prends fin en 1869.

TokugawaYoshinobu (uniforme militaire français -1867)

Yoshinobu Tokugawa (1867)

L’Empereur, restauré dans son pouvoir de dirigeant du pays va conduire le Japon vers une modernisation forcé, ce qui bouleversera l’organisation sociale du pays. Depuis des siècles, le Japon se trouve sous l’autorité de la caste militaire : les samouraïs. Le nouveau gouvernement, va peu à peu, priver l’ancienne aristocratie militaire de ses privilèges. Si certaines familles de samouraïs réussissent cette conversion en intégrant l’armée, l’administration civile ou en devenant les premiers grands industriels du pays, beaucoup de samouraïs de bas étage se retrouveront à la rue, privé de tout ce qui faisait leur identité. Une violente révolte éclate en 1877, dirigé par celui qui fut un des grand meneurs des armées impériales contre le shôgun quelques années plus tôt : Saigo du clan Satsuma. Les rebelles sont écrasé dans un combat sanglant.

Afin de se moderniser, le gouvernement fait appel à des spécialistes étrangers et envois de jeunes cadres étudier en Europe et en Amérique pour apprendre le meilleur de ce que chaque pays a à offrir. On étudie les navires anglais, l’art militaire et la médecine en Allemagne, le droit et l’administration en France, et bien sûr, les méthodes commerciales aux États-Unis. En deux générations, la société japonaise a achevé un profond changement, en place de l’ancienne stratification sociale basé sur l’hérédité, le prestige dans ce nouveau Japon se fonde sur le niveau d’éducation.

Par les grands bouleversements qu’elle a apporté, cette période historique marque les esprits et inspire de nombreuses fictions. Loin de vous proposer liste exhaustive, je vais présenter quelques séries qui nous permettent de découvrir cette période historique.


Ces animes qui nous parlent d’histoire :

Quant on parle de Restauration Meiji, on pense tout de suite à Kenshin le Vagabond, manga de Nobuhiro Watsuki, adapté en anime et même en film live. Quand l’histoire commence, nous somme à Tokyo en 1878. C’est en 1868 que la ville de Edo prendra le nom de Tokyo, « la capitale de l’Est ». Depuis 1876, les samouraï ne peuvent plus porter leurs sabres, pourtant, Kenshin, bravant cet interdit, vagabonde à travers le pays dans la tenue traditionnelle du samouraï un sabre à la ceinture.

Dès le premier épisode on apprend que Kenshin n’est autre que Battosaï, un redoutable assassin ayant travaillé pour le compte de l’armée impérialiste durant le conflit qui opposa les impérialistes à la résistance des troupes shogunales. Écœuré par tous le sang versé et l’absurdité de cette guerre fratricide, Kenshin déserte le champ de bataille et devient un vagabond. Il fait la promesse de ne plus jamais tuer.

Il se trouve que quatre assassins rattachés aux mouvements des Ishin Shishi (groupe réunissant différents mouvements opposition au Shôgun) ont réellement existait. On les appelait les Hitokiri (人斬り). Quatre samouraïs particulièrement doués au sabre qu’on envoyait éliminer les personnalités importantes de l’opposition. Parmi ceux-ci, Kawakami Gensai (河上彦斎) aurait servi de modèle pour le personnage de Kenshin, bien que la fiction s’éloigne terriblement de la réalité.

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Tout comme Kenshin, Kawakami avait des traits fin et de long cheveux ce qui lui donnait une allure féminine. Mais son caractère était à l’opposé de sa physionomie. Froid et calculateur, il était un excellant escrimeur et un redoutable assassin. Il crée son propre style de sabre : le Shiranui ryû (不知火流) après avoir étudié le ken-jutsu sous l’autorité de Todoroki Buhei. Le Shiranui ryû se caractérise par une très grande rapidité. Cette rapidité est également la base du style de ken-jutsu pratiqué par Kenshin dans l’anime : le Hiten Mitsurugi ryû (飛天御剣流).

Tout au long de l’anime (et du manga) on rencontre plusieurs personnages ayant un lien avec les fait historiques de cette période charnière de l’Histoire du Japon. A travers les réflexions de Kenshin sur son pays et ses transformations, l’auteur met l’accent sur un aspect négatif de la modernisation du pays : les pertes de valeurs des samouraï. Ces derniers perdent leur raison de vivre et ont beaucoup de mal à s’adapter à la nouvelle société. Kenshin est favorable aux nouvelles valeurs du Japon moderne tel que le respect de la vie, mis en avant par Kaoru et son dojo où le sabre devient un arme pour protéger et non détruire, où le kenjutsu est plus proche du kendo moderne que de l’art de la guerre. Malgré cela, il exprime également un regret des valeurs du passé tel que l’honneur et le courage, bref le bushido (voie du guerrier) de l’ancienne caste de samouraï à la quel il a appartenu. Cette ambivalence des sentiments de Kenshin semble bien mettre en lumière ce que ont du éprouver bien des samouraïs de cette époque, un mélange de nostalgie des valeurs passées et une envie de progrès.

La deuxième série qui me vient à l’esprit, c’est Hakuôki, qui nous présente un Shinsenguimi très romancé. Le Shinsengumi est une milice chargée de la protection de Kyoto. Il est formé de jeune samouraï et applique des règles très strictes basées sur le bushido. Au moment du conflit opposant les partisans de l’empereur aux forces shogunales, le Shinsengumi reste fidèle au Shôgun. Par son aspect très strict, le Shinsengumi fascine beaucoup d’auteurs, notamment dans l’univers manga. Hakuôki est tout d’abord un jeu vidéo, adapté en 2010 en série animée. Celle-ci suit les aventures d’une jeune fille à la recherche de son père qui se retrouvera sous l’aile protectrice des membres du Shinsengumi. Plus qu’une série historique, on est dans un univers fantastique, pourtant les personnages tirent leur identité des véritables membres du Shinsegumi, de même certains fait historiques avérées y sont mis en scène.

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D’autres manga nous parlent du Shinsengumi : Corps et âme de Aya Kanno, Peace Maker de Nanae Chrono… mais je ne les connais que de nom.

Le début de ère Meiji et ses différents conflits sont au centre d’une série que j’aime beaucoup : Bakumatsu Kikansetsu Irohanihoheto. Ici aussi, l’Histoire avec un grand H se marie au fantastique avec des hommes agissant sous l’emprise d’une tête démoniaque. Mais derrière cette façade fantastique qui nous tient en haleine, l’anime donne beaucoup de détails sur l’histoire du pays et les différentes batailles. On y rencontre également de nombreux personnages historiques parmi lesquels les membres du shinsengumi mais aussi Saigo Takamori, Sakamoto Ryôma et tant d’autres.

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Bataille de Ueno par Utagawa Yoshimori (1870)

Dans un style très différent Samourai dans la tourmente nous parle également du conflit qui déchire le pays. Ici l’Histoire n’est pas teinté de fantastique mais prend une allure de romance homosexuelle. Les deux héros sont des samouraïs qui tombent amoureux l’un de l’autre mais se retrouverons dans les camps d’adverses quand le conflit armé éclate. Une histoire très émouvante que je trouve bien plus intéressante encore avec cet éclairage historique.

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Vous connaissez d’autres animes / manga qui parlent du Bakumatsu et/ou de la Restauration Meiji ? Perlez-nous-en !

Dans le prochain épisode de Quand l’anime nous parle d’histoire : les hommes fort du Bakumatsu.


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Bibliographie :

Edwin O. Reischauer. Histoire du Japon et des Japonais. Des origines à 1945. Edition Seuil, 1973. Chapitre 8 : A l’école de l’Occident  (p133-168)