Tango ~ est em

Ayant parlé récemment de est em, et lui ayant décerné la couronne de reine du yaoi, j’ai eu envie de relire et chroniquer son seul manga paru à l’heure actuelle dans nos contrés : Tango, one-shot regroupant plusieurs histoires courtes. La version française de ce yaoi a été publié par les éditiond H en 2010.

La version japonaise est publié par les éditions Tôkyô Mangasha (2006) sous le titre ショーが跳ねたら逢いましょう (show ga hanetara aimashou). Si les américain ont traduit le titre par Seduce me after the show, on se demande où l’éditeur français a été chercher son titre. Car s’il est bien question de séduction après le show, point de Tango dans cette histoire ! Oh, le titre va à merveille avec cette sublime couverture rouge et noir, pleine de sex appeal. C’est d’ailleurs cette combinaison entre l’image et le titre (et les conseils de a-yin) qui m’on donné envie de lire ce manga. Mais force est de constater que… s’il y est bien question de dance, je cherche encore le rapport avec le tango…

Si ça ne parle pas de tango, de quoi nous parle ce manga ?

Et bien, ma fois, de jeu de séduction, d’hommes tourmenté, d’amour et d’art aussi. C’est un yaoi, alors, évidemment, il y est question de romance entre homme, mais ne cherchez pas ici des aventures complexes, des scénario rocambolesque, des histoires d’amour qui n’en finissent pas de se mettre en place, ni de sexe à profusion. Ce sont des histoires brèves, des instants dans la vie de ces hommes qui se rencontrent et puis se perdent et parfois se retrouvent. Il n’y a pas toujours un sens, il n’y a pas de fin heureuse ou d’amour triomphant, il y a d’ailleurs pas vraiment de fin. Il y a la vie et il y a l’art. Car oui, l’art est omniprésent dans ce one-shot, que se soit avec le danseur, l’acteur ou encore les musiciens ou le peintre.

Lever de rideau et Une fois le spectacle terminé…, les deux premiers récit, mettent en scène le couple de la couverture : Théo, un jeune danseur blesse, et Darren un célèbre acteur américain. Les deux hommes se rencontrent lors d’un tournage et échangent un premier baiser, comme une plaisanterie. Mais le cœur tourmenté du jeune danseur aura raison du tombeur. La plaisanterie prendra une tournure plus sérieuse. Mais Théo est de ces oiseaux là qu’on enferme pas, Darren le sait bien. Et c’est en le laissant s’échapper qu’il en devient plus beau.

La relation entre Théo et Darren n’a rien de particulièrement intéressant, l’histoire est, néanmoins,  bien mené. Mais ce qui m’a le plus marqué dans cette histoire c’est Théo et sa dance, qui n’est pas du Tango mais de la danse classique car Théo vient du Bolchoï, célèbre ballet russe, qu’il a quitté pour aller danser en Espagne, pays qui n’est pas vraiment connue pour le tango, mais pour le flamenco… dont le costume de scène de Théo s’inspire. Bref, Théo est devenu célèbre pour son interprétation très personnelle de Carmen ou il joue à la fois les rôles de José et Carmen. Toute l’histoire entre Darren et Théo se passe et moi je ne me disais qu’une chose : « je veux voir Théo danser ! »

tango

La nouvelle qui suit, Café et cigarette est moins troublante, plus classique. Un jeune peintre devenu garçon de café rencontre un bel homme qui tient une gallérie. Grâce à l’influence de cet homme, le jeune homme va se remettre à la peinture qu’il avait fini par abandonner. Si les personnages sont moins charismatiques que dans les deux premières nouvelles, ils n’en sont pas moins touchant.

Rokin’in my head c’est la rencontre entre un jeune rockeur et son idole. Si la rencontre est drôle et le vieux rockeur blasé touchant, la chute est un peu too much et l’ensemble de l’histoire un peu trop classique. Cela reste agréable à lire et à regarder.

Suivent deux très courtes histoires assez étranges : Nero et Monochrome. Ces deux histoires bien que pas particulièrement porté sur le sexe et le boys-love sont tout à fait « yaoi » tant la définition « pas de climax, pas de chute, pas de sens » leur colle à merveille. Ces récits, mettent en scène deux hommes en costume noir, au comportement vraiment étrange. A la première lecture j’ai pas vraiment compris d’ailleurs. Mais finalement, je trouve que c’est pas mal trouvé du tout. Si j’en dis pas plus c’est pour vous donner envie de découvrir par vous même 😉 (si ce n’est pas déjà fait)

La dernière nouvelle est celle que j’ai trouvé la plus émouvante, surtout à ma deuxième lecture. Des cigales le long d’une route d’été nous montre un vieille homme qui revient dans sa Kyôtô natale à l’occasion d’un festival, il espère y retrouver un ami de jeunesse, et c’est, troublé, qu’il rencontre le petits fils de cet amis, désormais disparu. Cette histoire m’a touché par sa simplicité et aussi, peut-être par sa vraisemblance. Deux jeunes hommes, amis, découvrent que peut-être quelques chose de plus que l’amitié les uni, mais préfèrent ne rien se dire pour que la séparation soit plus simple. Ils se promettent de se revoir mais la vie reprends ses droits et chacun mènera sa vie. Devenu vieux, celui qui est parti veux revenir vers son premier amour. Mais celui-ci est déjà mort. Il rencontre alors son petits fils. A travers les mots de ce dernier on croie comprendre qu’il a vécu une vie heureuse, qu’il a eu enfant et petite-enfant… Mais au moment du festival, toute sa vie durant, il scrutera la foule en souvenir de cette promesse fait des années plus tôt, à l’homme qu’il aimait peut-être mais à qui il n’a pas voulu le dire, cette homme qui l’aimait, mais qui n’est jamais revenu. Je trouvé ça très triste. Mais ce qui rend ce récit particulièrement touchant c’est la façon tout en délicatesse et en discrétion, sans pathos qu’on évoque cet amour avorté dans l’œuf. Il y a de la nostalgie, un peu de tristesse, mais aussi de la tendresse dans le regard du vieil homme. Tendresse à l’égard de ses souvenirs.

C’est peut-être cet absence de pathos et de drame, trop souvent présente dans les boys-love qui m’a plu dans ce recueil. Même l’histoires de Théo n’est pas plongée dans le drame. Certes le danseur à vécu un drame et il en a été marqué, mais on en fait pas des tonnes. Pas de larmes à profusion, pas de discours intérieur à rallonge, de masturbation mentale et tous le mélodrame qu’on nous sert si souvent dans le yaoi, parce qu’il faut souffrir pour être un bon héros de boys-love ! Ici il y a des hommes troublé, des hommes tourmenté, mais des hommes qui sonnent plutôt vrai. Des hommes adultes, aussi, qui donc passent moins de temps à explorer leur nombril que les ados, parce que ce soit dans le boys-love, ou dans le shôjo s’il y a bien une chose qui à tendance à m’agacer c’est quand le héros se pose des tas de questions sur « oh mon dieu qu’est-ce qui m’arrive » durant plusieurs chapitres, questions certes légitimes mais qui à la longue lassent.

Ce qui fait la force de ce manga, ce n’est pas que la façon dont est em nous raconte ses histoires, c’est aussi son dessin. Un trait particulier  et immédiatement reconnaissable, beau et expressif où les vieux beaux ont autant de charme que les beaux gosses.

C’est beau, c’est touchant et c’est pas que pour les fan de yaoi.

A quand un nouveau manga de est em en français ? En attendant vous pouvez toujours vous consoler avec les éditions étrangères 😉

lire un extrait

♣ à lire aussi : Spotlight (801 Special): Est Em (anglais) et An interview with Est Em (anglais)

album

Tango sur le forum Club Shôjo

Et, pour conclure, une image bonus 🙂

Carmen par Mats Ek – le costume rappelle fortement celui de Théo

anime manga aggregator sama Sama It!

7 réflexions au sujet de « Tango ~ est em »

  1. Belle chronique, vraiment 🙂 . Je dois d’ailleurs compléter les éditions étrangères un jour…

    J’adore les histoires Nero et Monochrome aussi 😉 .

    Tango, peut-être… le Tango des sentiments? Peut-être que tout ce recueil n’est qu’une sorte de danse fugace et sensuelle?? Je n’avais jamais pensé au « pourquoi » du titre, et c’est vrai que Théo ne fait pas du tango xD.

    C’est aussi avec Tango que j’ai découvert est em. Ce fut une véritable révélation, j’ai découvert un autre type de boys love. Il y a un renouveau dans le boys love et Otaku Champloo l’explique, avec des auteures telles que est em, basso, Asumiko Nakamura au Japon. Dernièrement, une inconnue du nom de Zakk a sorti un Canis dont le dessin lorgne aussi un peu sur l’Europe.

    A propos de Carmen, Théo a droit à un dojin intitulé Carmen avec le héros d’un autre one-shot. Ce dojin était vendu ce weekend à Toronto xD! Bien chanceux les Canadiens 🙂 . Je croise trop les doigts que Viz se penche sur une de ses séries… Golondrina!!! J’aimerais trop qu’un éditeur traduise les one-shot sur les centaures un jour mais je crains que ça ne soit trop « bizarre » 🙁 .

    http://brainvsbook.wordpress.com/category/est-em/
    Plein de chroniques ici aussi. Une grande admiratrice de est em… qui lit le japonais.

    1. Merci 🙂 et merci aussi pour le lien vers l’interview de est em ! On peut dire qu’elle tombait à pic, mon article était déjà en cours.
      C’est en faisant des recherches sur est em que je suis tombé sur Otaku Champloo, depuis j’ai lu quelques autres article, je trouve ça très intéressant, ça me permet d’en savoir un peu plus sur des artistes que je découvre. J’irais voir aussi le nouveau lien que tu me donne.
      Pour carmen, j’ai vu ^^
      Carmen est em dojin réalisé exclusivement pour le TCAF

      Après avoir lu l’interview, j’avais très envie de lire Golondrina, moi aussi ^^

      Les centaures je sais pas… j’ai en ai lu en scan et effectivement je trouve ça bizarre

  2. C’est le contraire ^^ je suis une grande fan de son equus. Pas encore lu Hatarake! Kentauros en entier, mais j’étais déjà conquise dés la première histoire 😀 !!! D’ailleurs, c’est dommage qu’il ne soit sorti qu’en numérique, chez JManga qui plus est (éditeur mort, et je crois, en streaming -__- ). Oh comme je suis déçue que ni est em ni Natsume Ono ne soient suffisamment commerciales ici (et pour la dernière, même aux Etats-Unis!)

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