Premières lignes #11 – Insoumises

Chaque semaine, Ma lecturothèque nous invite à partager les premières lignes de nos lectures.

Cette semaine je partage avec vous les premières lignes d’un recueil de nouvelles que je viens de terminer et que j’ai beaucoup aimé.

J’aime écouter, mais j’ignore si je une bonne conseillère. J’écoute beaucoup. Je fais mienne la voix d’autrui, je fais miennes ses histoires. Et, dans la quasi-jouissance de l’écoute, je sèche les yeux – non les miens, mais ceux de celle qui raconte. Et, quand une larme mienne se fait plus rapide que le geste de ma main et court sur mon visage, je laisse mes larmes vivre.

Je confesse ensuite à celle qui me raconte que oui, je suis émue par cette histoire que je n’ai jamais entendue et que je n’aurais jamais imaginée pour quelqu’un.

Ainsi, ces histoires ne sont pas entièrement miennes, mais elles m’appartiennent presque, dans la mesure où, parfois, elles se (con)fondent avec la mienne.

J’invente ? Oui, j’invente, sans l moindre pudeur. Eh bien quoi, les histoires ne sont-elles pas inventées ?  Même les vraies, quand elles sont racontées. Je mets au défi quiconque de relater fidèlement un événement passé. Entre le fait et la narration du fait, quelque chose se perd. Il faut combler  l’omission. Car le réel vécu est compromis. Et lorsque l’on écrit, le compromis (ou le non-compromis) entre le vécu et l’écrit creuse encore plus le fossé.

J’affirme que, en rapportant ces histoires, je poursuis l’acte prémédité de tracer un écrit-vie.

Couverture Insoumises

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