L’épopée de Gilgamesh [légende]

18 septembre 2019 2 Par Bidib

L’épopée de Gilgamesh raconté par Pierre-Marie Beaude

C’est en flânant à la librairie que je suis tombé sur ce petit livre. La couverture m’a tout de suite attiré et… je n’avais jamais entendu parler de Gilgamesh ! Eh oui. Ce classique d’entre les classiques. Première oeuvre littéraire découverte au monde, écrite en cunéiforme sur des tablettes d’argile, je n’en avais jamais entendu parler. Il existe des traductions sérieuses de cette première oeuvre (un poème épique), mais vous me connaissez, je suis un grand enfant et j’ai choisi de découvrir cette épopée mythologique avec un regard d’enfant. C’est donc au rayon jeunesse que j’ai pioché cette adaptation. Ici Gilgamash nous est raconté par Pierre Marie Beaude et le livre est illustré par Rémi Sillard.

J’ai longuement hésité a choisir mon adaptation, car il y en a une autre, en format poche également qui me faisait très envie : L’épopée de Gilgamesh adapté par Jacques Cassabois, aux éditions Hatier. J’ai déjà lu des recueils de contes écrits par Cassabois et j’aime beaucoup sa façon de raconter les histoires.

J’ai finalement opté pour l’édition Folio Junior car elle proposait un petit carnet de lecture à la fin, apportant des informations intéressantes pour resituer l’oeuvre dans son contexte, et, comme je l’ai dit plus tôt, je ne connaissais pas du tout cette épopée, pouvoir la resituer m’était d’une grande aide.

Gilgamesh est un grand héros mésopotamien. Roi de Ourouk, deux tiers dieu, un tiers homme, il est d’une force et d’une beauté extraordinaire. Mais cette supériorité lui monte à la tête et il se comporte comme un roi tyrannique. Les habitants de Ourouk prient les Dieux pour qu’ils envoient à leur roi quelqu’un capable de rivaliser avec lui. C’est ainsi que les dieux créent Enkidou, l’homme sauvage des steppes, grand, fort et innocent.

Mais Enkidou est une bête parmi les bêtes, afin de le convaincre de venir dans sa ville pour le rencontrer, Gilgamesh lui envoie la plus belle de ses courtisanes. C’est par l’amour et ses charmes que Enkidou quitte l’état d’animal pour devenir un homme.

Après l’avoir séduit, la belle l’amène auprès de son roi. Celui-ci, arrogant, le provoque. Enkidou, nullement impressionné, ne se laisse pas faire et les deux forces de la nature se battent jusqu’à frôler la mort. Mais au lieu de s’entretuer, dans ce combat les deux hommes trouvent l’amitié, une amitié si forte que Gilagamesh sera prêt à tout pour son ami, même à partir dans de dangereuses aventures pour lui redonner la joie de vivre.

C’est ainsi qu’ensemble ils partent se battre contre le géant Humbaba, ensemble encore qu’ils arrêtent le taureau céleste. La perte d’Enkidou sera pour Gilgamesh plus douloureuse que la perte d’une fiancée. Il errera à la recherche des réponses et partira à la rencontre de l’homme qui ne connaît pas la mort : Uta-Napishtim, le survivant du déluge ayant reçu l’immortalité.

Comme il s’agit ici d’une adaptation, il est difficile de dire dans quelle mesure le ton que l’auteur donne au récit est proche du ton originel ou pas. En tout cas moi je n’ai lu que cette version donc ma connaissance du mythe s’arrête au récit qu’en fait Pierre Marie Beaude. Maintenant que je l’ai lu, je suis en réalité encore plus curieuse de lire la version de Jacques Cassabois. Je me demande si le ton serait le même.

Ce qui m’a frappé dans cette version c’est la façon dont est décrite l’amitié entre Gilgamesh et Enkidou. En bonne fujoshi j’ai tout de suite vu le potentiel de fous qu’on tenait là pour un p** de yaoi ! J’ai même cherché, je me suis dit que ce n’était pas possible que ça n’existe pas. Avec une épopée pareille et des personnages comme ça, il y a forcément quelqu’un qui s’est amusé avec ça, non ? Mais je suis super déçue, je n’ai rien trouvé. Fate Zero est passé par là et entre le manga, l’anime et les fanfiction mes chances de trouver tout autre manga/dôjinshi sur Gilgamesh et Enkidou ont été réduites à zéro. Et la version que nous offre ce manga est… comment dire…

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Cherchez l’erreur. Alors déjà que je ne porte pas Fate Zero en haute estime (j’ai détesté le premier tome), là franchement ça ne remonte pas le niveau. Est-ce que l’auteur sait où se trouve la Mésopotamie, au moins ? Et moi qui me faisais de si beaux fantasmes sur Gilgamesh et Enkidou, je me retrouve avec un blondinet aux cheveux courts. 😭 Il est où le beau Gilgamesh avec ses longs cheveux et sa barbe noire parfumée ? Et encore vous n’avez pas vu ce qu’ils ont fait du pauvre Enkidou. L’homme sauvage et fort ? Non, je ne vous montre pas ça fait trop mal au cœur.

Et oh ! La fujoshi ! On est là pour parler de littérature jeunesse ! Tu nous fais quoi là !

Oups, pardon. Mais je vous jure, s’est écrit de telle façon que je ne pouvais pas m’empêcher de penser au joli yaoi que cela pourrait faire. Les passages mettant l’accent sur la très forte amitié qu’unit les deux hommes sont très explicites.

Alors, il recouvrit d’un voile le visage aimé, comme on le fait pour une fiancée.

Mais pour l’exercice, je veux bien occulter cet aspect et oublier que je suis une yaoinomane et revenir sur l’épopée et son adaptation pour la jeunesse. Et là mon avis est plutôt mitigé. Comme je ne connaissais pas du tout cette histoire, j’étais vraiment ravie de la découvrir. C’est une belle épopée, avec des héros, des dieux, et même un déluge. Le déluge avant la bible ce n’est pas rien quand même ! Le petit carnet de lecture est intéressant aussi, on y apprend des choses sur l’écriture sumérienne, sur la naissance de ce récit, etc. Une lecture intéressante donc, mais j’avoue un peu ennuyeuse. Je pensais lire ce petit livre très vite, et finalement j’ai traîné assez longtemps. L’adaptation n’est pas très rythmée, l’auteur garde la redondance du récit initial, mais ce n’est pas tellement cette redondance qui m’a ennuyé, c’est plutôt le rythme de l’histoire. Il se passe beaucoup de choses en peu de pages et pourtant j’ai trouvé ça long. En même temps, adapter une épopée de l’époque dont le texte n’a, par ailleurs, pas entièrement été retrouvé, ce n’est pas évident. L’auteur s’en sort plutôt bien, mais je ne peux pas dire que j’ai trouvé ça beau. En revanche j’ai beaucoup aimé les illustrations.

l’épopée de Gilgamesh sur le site des éditions Gallimard

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Le coin de curieux 

C’est dans l’ancienne ville d’Ourouk qu’ont été retrouvées les plus anciennes traces d’écritures. Leur apparition remonte à 3300 av JC. Ourouk était une des villes les plus importantes de la Mésopotamie.

Gilgamesh en est le roi légendaire. Il serait le cinquième roi de la première dynastie d’Ourouk est aurait régné durant 126 ans vers 2700 av JC. Devenus héros légendaire, de longs poèmes épiques racontent ses exploits.

Gilgamesh qui maîtrise un lion, musée du Louvre.

Héros maîtrisant un lion. Bas-relief de la façade du palais de Sargon II à Khorsabad (Dur-Sharrukin), 713-706 av. J.-C.

Je ne pouvais pas proposer un Gilgamesh de l’époque sans chercher aussi Enkidou :

Possible depiction of Enkidu as a bull-man, fighting a lion, Akkadian Empire seal, circa 2200 BC

En faisant mes recherches sur un yaoi sur Gilgamesh et Enkidou, je suis tombée sur des illustrations que j’aime beaucoup, faite par Wael Tarabieh. Je partage ici le combat que se livrent Gilgamesh et Enkidou lors de leur première rencontre.

illustration de Wael Tarabieh

En poursuivant mes recherches, j’ai découvert que Marvel avait aussi mauvais goût que Fate Zero. L’un de leurs héros s’inspire de Gilgamesh et en livre une version qui ne fait pas vraiment envie : The Forgetten One apparu pour la première fois en 1977 dans The Eternals. Matez-moi ce costume ringard. On devine de suite ses origines sumériennes, vous ne trouvez pas ?

Eternals5.jpg

Je me retourne à nouveau vers le manga et découvre que Shôtarô Ishimori a écrit un manga Gilgamesh, mais ici Gilgamesh n’est pas le héros légendaire, mais un groupe de combattant au service d’Enkidou, une organisation terroriste (enfin, si j’ai bien compris). Je passe mon chemin, rien à voir avec la légende.

Mais je suis déterminée à trouver l’épopée de Gilgamesh en bande dessinée ! C’est vers la bande dessinée à l’européenne que je me tourne et cette fois je trouve quelques titres qui me font envie :

Couverture Gilgamesh

Gilgamesh de Jens Harder, paru chez Actes sud.

Couverture gilgamesh ; intégrale

Gilgamesh de Gwen de Bonneval et Frantz Duchazeau publié chez Dargaud

Connaissez-vous une de ces BD ? Me les conseilleriez-vous ?

Et le hasard faisant parfois bien les choses, je découvre que dans quelques jours sortira le treizième tome de la série Mythologie en BD (Casteman) qui justement mettra à l’honneur Gilgamesh.

 


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