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Snow Illusion [manga]

Couverture Snow Illusion

C’est un jour de neige hors saison que le jeune homme fait la rencontre avec Yuki, belle et douce. Yuki a tout de la femme parfaite. Ils se marient et elle est l’épouse parfaite, mais le doute le ronge. Elle est trop parfaite. Il doute et c’est la fin. Elle disparait par un jour de neige hors saison.

On retrouve Yuki, ailleurs, toujours aussi douce et dévouée, elle a rencontré un autre homme, encore elle n’aspire qu’à être aimée jusqu’à sa mort. Encore, elle devient une épouse parfaite, mais encore l’homme doute, cède et trahir. Yuki va partir.

Ce qui vient mettre le doute dans le cœur de ses hommes c’est la présente d’un autre qui l’espionne. Qui est-il et pourquoi la cherche-t-il ?

Yuki, cette femme parfaite qui cherche l’amour sans jamais y parvenir est une Yuki-onna. Une femme de neige. Elle est froide, si froide qu’elle pourrait tuer les hommes qui l’ont trahie. Seul un amour réciproque peut la réchauffer. Mais dès que le doute s’immisce dans le couple elle redevient mortellement froide.

Planche supplémentaire © 2014 Icori Ando
© 2014 Icori Ando

Le titre japonais du manga ne laisse aucun doute quant à l’inspiration de l’auteur : Yukionna gensô – michiyuki-hen (雪女幻想 みちゆき篇). Le lecteur français non connaisseur de contes et légendes japonaises découvrira, quant à lui, le lien entre cette histoire fantastique et la légende de Yuki-onna qu’à la toute fin de l’ouvrage, puisque celui-ci se termine par un petit mot de l’auteur qui nous explique sa source d’inspiration. D’ailleurs je dis “la” légende, mais je devrais plutôt dire “les légendes”, comme le fait remarquer Icori Ando dans sa postface. En effet il n’existe pas une seule histoire traditionnelle avec ce personnage, mais plusieurs variantes. Ici l’auteur reprend ce principe en nous laissant croiser une autre Yuki-onna dans le dernier chapitre.

S’inspirant des légendes traditionnelles, Icori Ando nous offre une romance fantastique moderne. Yuki cherche une sorte de perfection dans l’amour qu’il lui est impossible d’atteindre. Elle est l’épouse parfaite, trop parfaite : douce, dévouée, soumise, obéissante… Jamais elle n’exprime ses émotions si ce n’est pour dire “ce que je veux c’est être aimé jusqu’à ma mort”. Le désir d’être aimé et finalement la seule chose qui l’anime, bien plus que l’amour qu’elle ressent pour ses partenaires. Il y a en effet quelque chose qui sonne faut dans ses relations. Yuki vit dans le fantasme de l’amour qu’elle veut parfait et inconditionnel. Elle est dans l’illusion, elle est une illusion. Épouse trop parfaite pour être vraie. Mais les idylles qu’elle vit sont-elles aussi parfaites que ça, avant même que le doute s’immisce ? De mon point de vue dès le départ les relations qu’elle vit m’ont paru malsaines, mais je me suis demandé si l’auteur partage mon point de vue. Yuki semble vivre ses histoires comme des idylles jusqu’à la trahison finale. Or moi je trouve que ses couples sont déséquilibrés dès le départ puisqu’elle est trop dévouée. Le premier mari qu’on rencontre, par exemple, c’est un con. En le voyant dire : “Bah, une épouse, c’est normal qu’elle travaille…” je ne peux qu’avoir envie de lui foutre son saké tiède la où je pense alors que Yuki pense “Susumu est gentil, je peux compter sur lui”. Est-ce que l’auteur cherche à nous montrer que Yuki vit dans l’illusion ou est-ce qu’un con pareil est vraiment considéré comme un bon mari ?

Image supplémentaire © 2014 Icori Ando
© 2014 Icori Ando

Cet aspect du récit m’a laissé perplexe, je ne suis pas sûre de comprendre les intentions de l’auteur, mais en dehors de cela j’ai aimé ce manga autant pour son graphisme et pour sa narration. Je trouve que l’histoire est bien menée. Je ne partage pas les aspirations de Yuki, mais je l’ai trouvé touchante et attachante. Et j’ai trouvé intéressant ce cycle sans fin dans lequel elle s’emprisonne elle-même. Elle se présente comme victime des hommes qui la tarissent, mais finalement elle crée cette situation en étant trop extrême dans ses attentes, trop parfaite dans son comportement et trop secrète quant à son passé. Elle attend l’amour éternel, mais elle manque elle-même de sincérité dans ses sentiments. Elle confond amour et dévouement. C’est du moins ainsi que je l’ai interprété.

J’ai trouvé la fin un peu décevante, car elle apporte des réponses un peu trop faciles et surtout pas vraiment de remise en question pour Yuki.

La lecture est agréable et servie par un beau dessin au trait fin, bien plus beau que ne le laisse supposer la couverture que je n’apprécie pas vraiment.

C’est un one-shot, alors si vous voulez vous lancer dans la découverte du manga c’est un titre à essayer. Une histoire adulte, un beau dessin et un seul volume, vous ne prendrez pas trop de risques 😉


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avec cette lecture je participe au challenge Contes & Légendes et son thème d’avril : Voyage en Extrême Orient

Je participe également aux challenges :

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Commentaires

15 avril 2020 à 08:54

Une romance fantastique moderne ? Je prends !



15 avril 2020 à 09:29

Le trait me plait. Et tu arrives toujours à dénicher des titres qui pourraient me tenter si je lisais plus ce genre.



    15 avril 2020 à 10:50

    j’y arriverais un jour! J’y arriverais 😀 blagues à part, en écrivant ma chronique je me suis dis que c’était justement le genre de manga à lire si on veut s’y essayer sans prendre de risques. Mais faut tout de même s’adapter à la lecture à l’envers



15 avril 2020 à 11:11

Un one-shot effectivement ça se tente, j’aime bien le graphisme tout doux aussi. C’est lisible par des collégiens ?



    15 avril 2020 à 13:31

    il n’y a ni violence ni sexe (enfin si mais c’est pas obscène) donc c’est lisible par tout le monde, mais je ne suis pas sûre que le contenu intéresse des collégiens, en tout cas pas les plus jeunes. Les personnages sont tous adultes et c’est des histoire de mariage, fidélité…



15 avril 2020 à 12:23

Effectivement, le fait que ce soit un one-shot est tentant…



    15 avril 2020 à 13:35

    quand on a pas l’habitude de lire des manga, je trouve ça bien de commencer avec des one-shot. J’ai d’ailleurs envie de proposer une petite liste un de ces 4 mais je sais pas quand je trouverais le temps 🙂



rachel
15 avril 2020 à 13:56

Oh oui de bien jolis dessins et toute une legende…dommage pour la fin…zut flute…car il n’y avait que du bon…zut flute…



15 avril 2020 à 14:23

J’ai un peu de mal avec les mangas mais celui-ci me tente.



15 avril 2020 à 14:59

Je n’aime plus trop lire de mangas depuis quelques temps, quand j’y reviendrai ce sera parce que l’histoire me fait très très envie, et ce n’est pas le cas avec ce titre.



15 avril 2020 à 15:40

Je ne suis pas manga mais là je suis fan du graphisme !



16 avril 2020 à 06:55

Les “ingrédients” me plaisent beaucoup, malgré tes bémols sur la fin…



16 avril 2020 à 10:30

Lu il y a plusieurs années, ma lecture m’avait laissé plus enthousiaste que toi.



    17 avril 2020 à 13:16

    ce qui m’a gêné c’est de ne pas savoir comment interpréter les intention de l’auteur dans les rapport homme-femme que l’ont voit dans la manga, notamment dans le premier chapitre ou à aucun moment l’héroïne ne remet en cause l’attitude irrespectueuse et autoritaire de son mari. La seule chose qu’elle remet en compte ce sont ses sentiment. Or l’attitude du mari m’a choqué moi pour d’autres raison.



16 avril 2020 à 16:08

Les planches que tu présentes sont très belles, cela donne envie.



18 avril 2020 à 11:13

Pas fan de manga mais les extraits que tu as mis sont très beaux



18 avril 2020 à 11:40

J’aimerais bien découvrir. C’est vrai qu’un one shot c’est tentant! Dommage que les intentions de l’auteur ne soient pas très claires.



19 avril 2020 à 21:26

Tu me fais hésiter du coup ! Je trouve la couverture magnifique et j’ai déjà hésité à l’acheter. Je regarderai plutôt sil est à la bibliothèque.
La question de la femme dans les mangas évolue vraiment très doucement.



    20 avril 2020 à 10:44

    avec un one-shot tu ne prends pas beaucoup de risques même en l’achetant. Mais c’est vrai que il y a des passages qui m’ont interpellé. Si tu le lis je serait intéressé par ton avis sur la question. Il se peut que j’interprète de travers les propos aussi ^^



20 avril 2020 à 08:11

J’aime beaucoup les illustrations mais je ne suis pas vraiment manga ….. 😀



24 avril 2020 à 09:42

Je ne connaissais pas ces légendes japonaises… 😉 Ce n’est pas pour moi mais le genre d’histoires que je regarderais par contre en version animée.



25 avril 2020 à 09:30

Pourquoi pas… histoire de m’initier un peu au genre. Avec un one-shot, tu as raison, je ne prends pas grand risque 🙂



    25 avril 2020 à 10:12

    oui, je trouve que c’est la meilleur façon de ce lancer, en tout cas pour des lecteurs comme nous. J’en parlais avec ma fille aînée lors de la rédaction de mon billet sur les sh^jo pour débutant et elle me disais que c’était le contraire, tous ceux qui lisent du manga ont commencé avec des séries, mais elle a commencé à 12 ans c’est pas pareil. Pour les plus jeunes lecteurs je conseillerais des séries classiques, mais pour des bédéphiles les one-shot me semblent le meilleur moyen de se familiariser avec les codes et le sens de lecture manga, sans que cela ne demande trop d’investissement. si ça t’intéresse il y a quelques autres one-shot à découvrir sur mon billet de vendredi 🙂



28 avril 2020 à 15:27

Pas fan de mangas mais je trouve toujours ici des tentations 😉 je ne suis pas très “romance” mais le trait me plaît. Un jour peut-être ?



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