Archives de catégorie : Rat de bibliothèque

Les trois vie de petite perle

S’inspirant du folklore taïwanais, Carl Norac et Anne-Catherine De Boel nous livrent un très joli conte. Une histoire d’amitié qui fait pousser des ailes, littéralement.

Trois vies de Petite Perle (Les)

Jason rencontre Petite Perle, une jeune fille Truku que tout le monde rejette par peur. Le peuple Truku a mauvaise réputation. Mais Jason n’a pas peur d’elle. Très vite ils deviennent amis, mais au bout d’une semaine Petite Perle doit s’absenter sans donner d’explication. Face à la déception de son ami, elle décide de finalement lui révéler son secret. Elle est fille une semaine, oiseau la semaine suivante et fleur la troisième semaine. Jason décide de la retrouver et la protéger sous toutes ses formes. Quand enfin il la retrouve, il décide de ne plus la quitter même si cela veut dire devenir à son tour oiseau.

Résultat de recherche d'images pour "TROIS VIES DE PETITE PERLE"

Un très bel album. J’adore les illustrations. C’est très beau et bien mis en valeur par un grand format. L’histoire est aussi très jolie et bien développée. On prends le temps de suivre nos héros à travers la ville de Taipei sans pour autant avoir un texte trop long.

Une belle histoire, du dépaysement et de la découverte, de jolies illustrations, que demander de plus ?

sur le site de l’école des loisirs

feuilleter l’album


chut les enfants lisent

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Nouveauté manga & BD – Mai 2019

Voici une petite liste de nouveautés qui ont attiré mon attention, le plus difficile sera de choisir.

Manga

Manga - Manhwa - Kamunabi - Mythes et récits au fémininKamunabi, Mythes et récits au féminin de Hoshino Yukinobu chez Black Box Editions

résumé : Kana IMIBE, jeune sœur du célèbre professeur Shôichiro IMIBE, est une scientifique de renom. Experte dans l’histoire du genre et l’étude des mythologies, la voilà embarquée dans une série d’enquêtes qui l’amèneront à dissiper les ombres du passé. L’humanité s’est construite autour de mythes et de légendes qui remontent aux origines de nos civilisations. Mais quand la réalité dépasse la fiction, mieux vaut savoir où l’on met les pieds… (source : Manga News)

pourquoi ? La couverture à tout de suite attiré mon œil. Et le thème m’intéresse beaucoup.

Manga - Manhwa - HumanitasHumanitas de Aki Yamamoto chez Glénat.

résumé : Ocelot, le chevalier aveugle dans l’Amérique avant l’invasion espagnole. Yuri, le joueur d’échecs russe en pleine guerre froide. Ena, la chasseuse de baleine du pôle nord. Trois destins bien distincts pour une seule question : qu’est-ce qui nous fait vivre ? Suivez le combat de chacun de ces trois personnages à travers le globe, hors de nos règles sociales, de la culture occidentale et de la morale judéo-chrétienne. Une belle réflexion sur l’humanité. (source : Manga News)

pourquoi ? Encore une fois c’est la couverture qui m’a attiré en premier lieu et le pitch à l’air intéressant.

Stand by me, Love letter de Riho Masuda auxx éditions Akata

résumé : Juste avant les vacances d’été, Hazuki reçoit une surprise de taille, sous la forme d’une lettre d’amour : un camarade de lycée qu’elle ne connaît même pas est tombé sous son charme. Mais la jeune fille n’a pas l’intention de sortir avec un garçon dont elle ignore jusqu’au nom. Malgré tout, touchée par sa sincérité, elle finit par accepter de le fréquenter, d’abord en tant qu’ami… (sources : manga news)

pourquoi ? Le style particulier du dessin m’a rendue curieuse et comme je ne lis jamais de shojo romantiques, c’est l’occasion de changer de mes lectures habituelles.

La vie devant toi de Hideki Arai (d’après le roman de Yamada Taichi) chez Akata

résumé : Sôsuke, aide-soignant dans la vingtaine, vient de démissionner de l’EHPAD au sein duquel il travaillait. Mais grâce à Mlle Shigemitsu, aide à domicile quadragénaire, le jeune homme retrouve très vite un travail : c’est désormais sous le toit d’un vieillard connu pour sa mauvaise humeur, monsieur Yoshizaki, que Sôsuke exercera son métier… L’aide-soignant, encore écrasé par le poids d’une culpabilité inavouée, pourra-t-il assumer ce nouveau quotidien ?
Avec ce manga adapté d’un roman, Hideki Arai revient sur le devant de la scène ! Décrivant le quotidien de trois délaissés de la société, il livre du même coup son œuvre la plus lumineuse ! (source : Manga News)

pourquoi ? J’ai beaucoup entendu parler de Hideki Arai et l’histoire me semble intéressante, l’occasion pour moi de découvrir cet auteur.

Marmaid Prince de Kaori Ozaku chez Delcourt/Tonkam.

résumé : Mermaid Prince : Après le mariage de sa sœur, Mugi a déménagé à Okinawa, et connaît quelques difficultés à s’intégrer. Il va rencontrer une fille dans la même situation que lui. C’est là qu’il entend l’histoire de la sirène qui exauce tous les désirs. Les hauts de Pluie et Lune raconte les sentiments compliqués que doit gérer une jeune fille qui a peur des garçons. Tout dérape quand sa meilleure amie se trouve un copain. Avec Jour de neige, on suit un étrange père et son fils qui viennent se réfugier dans une médiathèque.

pourquoi ? Trois courtes nouvelles pour découvrir une auteur qui me fait envie par son style graphique

Le Livre des démons de Konkichi chez Komikku

résumé : Shotaro Mononobe est le jeune gérant d’un magasin de livres d’occasion. Très calme et peu amical, c’est un passionné de lecture. Il est assisté par le jeune Shiro qui s’occupe de diverses tâches comme le ménage. Personne ne connaît la nature de leur relation, mais il semble que quelque chose de mystérieux les relie.
Shotaro est en fait à la recherche d’un livre spécial qui transformerait ses lecteurs en démons. Mis au courant du meurtre mystérieux de deux jeunes filles, il se rend sur les lieux pour mener son enquête. Il semble qu’un démon soit l’auteur du crime. Le danger se rapproche de Shotaro et Shiro, mais ces derniers ne sont pas comme les autres…

pourquoi ? des démons et des livres, comment résister 😀

BD, comics etc…

Enferme-moi si tu peux Enferme-moi si tu peux de Pandolfo et Risbjerg chez Casterman

résumé : Entre la fin du XIXe et le milieu du XXe siècle, femmes, pauvres, malades et fous n’ont aucun droit. Parmi eux, Augustin Lesage, Madge Gill, le Facteur Cheval, Aloïse, Marjan Gruzewski et Judith Scott sont enfermés dans une société qui les exclut. Ils vont pourtant transformer leur vie en destin fabuleux. Un jour, du fond de leur gouffre, une inspiration irrépressible leur ouvre une porte. Sans culture, sans formation artistique, ils entrent comme par magie dans un monde de créativité virtuose. Touchés par la grâce ou par un « super-pouvoir de l’esprit », ils nous ont laissé des œuvres qui nous plongent dans un mystère infini. (source : Sanctuary)

pourquoi ? Des destins hors du commun à découvrir, une très belle couverture, que demander de plus ?

Le loup (Rochette) Le loup de Rochette chez Casterman

résumé : Comme dans son précédent album, l’action se déroule au cœur du Massif des Écrins, dans la vallée du Vénéon. Un grand loup blanc et un berger vont s’affronter passionnément, jusqu’à leurs
dernières limites, avant de pactiser et de trouver le moyen de cohabiter.
Rochette célèbre une nouvelle fois la haute montagne, sa beauté, sa violence ; l’engagement et l’humilité qu’il faut pour y survivre.
Il tente aussi, par la fiction, de trouver une porte de sortie au conflit irréductible de deux points de vues, justes l’un et l’autre : les bergers qui veulent protéger la vie de leurs bêtes, les parcs qui tentent de sauver des espèces en voie d’extinction.

pourquoi ? Tout est dans le titre ! Les loups à la maison on aime ça alors, dès que je trouve une lecture qui à l’air intéressant sur le sujet, je note.

Aweto de Nie Jun chez Gallimard

résumé : Sur la Route de la soie, au temps de la dynastie Tang. Mystérieusement guidés par une nuée d’insectes, Xie-yue, son frère Qi-liu et leur mère traquent les awetos, ces précieuses plantes très convoitées, pour les vendre sur le marché. Mais tout comme les seigneurs du pays, les chasseurs espèrent surtout mettre la main sur l’aweto céleste, gage d’immortalité… (source : Manga Sanctuary)

pourquoi ? de dessin à l’air très beau


Voilà, ma wishlist est prête, il ne me reste plus qu’à choisir 🙂

Quels sont les titre prévu en mai qui vous font le plus envie ?

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Gulliver voyage à Liliput [classique abrégé]

J’avoue, ma première expérience avec le voyage de Gulliver de Jonathan Swift fut assez douloureuse. Lors d’un échange universitaire, je me retrouvais à le lire en anglais dans le texte et… déjà que je suis nulle en anglais, un texte du XVIII c’est même pas la peine. J’étais complètement perdue. Mais je n’aime pas rester sur un échec, alors, quand les éditions l’école des loisirs ont sorti cette nouvelle version abrégée du voyage à Lilliput, je me suis dit que c’était l’occasion rêvée pour me réconcilier avec Jonathan Swift.

Gulliver - Voyage à Lilliput

Je dois admettre que j’ai abordé cette lecture avec un peu d’appréhension. J’aime la littérature d’action, les phrases courtes, le rythme soutenu, et surtout des descriptions concises. Autant dire tout le contraire de ce que propose habituellement la littérature du XVIII-XIX siècle. Et, de ce côté-là, on ne peut pas dire que voyage à Lilliput déroge à la règle, même en version abrégée. D’ailleurs, Mimiko m’a lâché dès le premier chapitre. C’est donc seule que j’ai continué ma lecture et, à ma grande surprise, je ne me suis pas ennuyée. Je m’attendais à trouver ça long et rébarbatif, finalement, j’ai trouvé cette version agréable à lire.

Il y a bien plus de description que d’action. Celle-ci se trouve parfois limitée aux détails les plus triviaux, comme de savoir comment Gulliver va pouvoir se soulager. Nous avons même droit à force de détails sur le nombre de lilliputiens qu’il faut pour évacuer ses excréments… Et on continue avec la nourriture, les vêtements et tout un tas de préoccupations très terre à terre. Jusqu’à ce que la politique s’en mêle !

Et là j’ai été surprise de constater à quel point les mots de Swift sont d’actualité. Avec beaucoup d’humour, il tourne en dérision les conflits et guerres religieuses. C’est consternant de voir que 300 ans plus tar, rien n’a vraiment changé.

[…]les deux grands empires de Lilliput et de Blefuscu. Ces deux formidables puissances ont été engagées pendant trente-six lunes dans une guerre très opiniâtre dont voici le sujet :

« Tout le monde convient que la manière primitive de casser les oeufs avant de les manger est de casser le gros bout ; mais l’aïeul de Sa Majesté régnante, pendant qu’il était enfant, voulant casse un oeuf à l’ancienne manière, eut le malheur de se faire une entaille au doigt ; sur quoi l’empereur son père ordonna à tous ses sujets, sous de graves peines, de casser leurs œufs par le petit bout. Le peuple fut tellement irrité de cette loi, qu’il y eut six révoltes, dans lesquelles un empereur perdit la vie et un autre la couronne. Ces dissensions furent toujours fomentées par les souverains de Blefuscu, et quand les soulèvements étaient réprimés, les coupables se réfugiaient dans cet empire. On estime que onze mille hommes ont, à différentes époques, subi la mort plutôt que de se soumettre à la loi de casser leurs oeufs par le petit bout.

[…]Les empereurs de Blefuscu nous accusent de faire un crime en violant un précepte fondamental de notre grand prophète Lustrogg, dans le cinquante-quatrième chapitre de Blundecral (c’est le nom de leur Coran). Cependant, il s’agit simplement d’une interprétation différente du texte dont voici les mots : Tous les fidèles casseront les œufs par le bout le plus commode. […]

Si le fond reste très actuel, le style lui a bien sûr vieilli, mais je m’attendais à pire. J’ai trouvé le texte, malgré toutes ses descriptions, agréable à lire. Je ne l’ai pas dévoré, loin de là. Le livre est court, mais j’ai pris mon temps, un chapitre par-ci un chapitre par là entre mes autres lectures.

Un classique intéressant, une édition agréable agrémentée des illustrations de Grandville (1803-1847).

À la question : ce livre peut-il fonctionner avec de jeunes lecteurs ? J’aurais, en revanche une réponse nuancée. La critique sous-jacente que Swistf fait de la société étant toujours d’actualité intéressera autant les jeunes que les moins jeunes, mais le style date ne sera pas au goût de tous les jeunes lecteurs. Je pense que ce livre est surtout intéressant pour une lecture accompagnée, que ce soit à l’école ou à la maison.

premières lignes

sur le site de l’éditeur

⇒ sur Amazon ou chez votre libraire préféré


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Gâteau de lune [album jeunesse]

Dans le joli album, Chen Jiang Hong s’inspire des traditions chinoises de la fête de la lune, fête des récoltes pendant laquelle on consomme les fameux gâteaux de lune. De nombreux contes et légende gravitent autour de cette fête et de ce gâteau. Chang Jian Hong nous en raconte une très jolie.

Gâteau de Lune

La princesse Xian-Zi, fille de l’empereur de Jades’ennui dans le Palais du Ciel. Elle descend sur terre et y trouve l’amour. De cette union nait un enfant et la famille vit heureuse. Mais l’empereur de Jade désapprouve cet amour. Il envoie ses garder chercher sa fille pour la ramener dans le Palais du Ciel. Tian-Zi grandi et arrivé « à l’âge où les enfants posent des questions », il décide de partir à la recherche de sa mère. Après un long périple, il arrive enfin au Palais du Ciel. Sa mère pour fêter leurs retrouvailles lui confectionne des gâteaux. Mais une fois encore, l’empereur de Jade s’y oppose et renvoie son petit fils sur terre. Cette fois la douleur de la séparation est trop forte et la princesse tombe malade. L’empereur de Jade, qui aime sa fille, décide de lui accorder une visite. Pour l’occasion il prépare lui-même des gâteaux que sa fille amène à son fils. Chaque année, à la même période, la princesse descend avec des gâteaux de lune. Depuis, chaque année les familles se retrouvent pour déguster ensemble ces gâteaux.

J’aime beaucoup le travail de Chen Jiang Hong. Ce sont toujours de belles histoires. J’aime aussi ses illustrations. L’ambiance générale de l’album est superbe, même si la qualité des planches n’est pas constante. Les visages, par exemple, sont différents d’une planche à l’autre et c’est un peu perturbant.

Un joli conte à découvrir aux éditions l’école des loisirs.

sur le site de l’école des loisirs

⇒ trouvez-le sur Amazon ou chez votre libraire préféré


challenge album 2019

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C’est lundi que lisez-vous #117

Rendez-vous initié par Mallou qui s’est inspirée de It’s Monday, What are you reading? par One Person’s Journey Through a World of Book et repris par Galleane. et maintenant pas I Belive in Pixies Dust.

En quoi consiste ce rendez-vous ? C’est très simple il suffit de répondre à 3 questions :

  1. Qu’avez-vous lu la semaine passée ?
  2. Qu’êtes-vous en train de lire ?
  3. Qu’allez-vous  lire ensuite ?


Les lectures de Bidib

J’ai lu

Couverture Non, non et non!

J’ai découvert ce petit album  l’occasion de la sortie de la version lue en LSF ⇒ en savoir plus ici

Je lis

cette semaine j’ai repris la lecture de La fille sans nom et ai continué tranquillement l’écoute du charme discret de l’intestin.

Je lirais (peut-être)

Je l’avais commençais il y a un moment puis je l’ai mis de côté pour avancer dans d’autres lectures et… depuis il prends la poussière, j’aimerais bien m’y remettre

Les lectures de Mimiko

Je lis

Couverture La légende des quatre, tome 1 : Le clan des loups

Les lectures de Yomu-chan

J’ai lu

Je lis

Je lirais (peut-être)


C’est lundi on fait le point

La semaine dernière sur le blog

 

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Challenge je lis aussi des albums 2019

On ne l’attendait plus et le revoilà ! Le challenge je lis aussi des albums est de retour, avec de nouvelles dates. Le challenge se déroulera d’ors en avant du 1er mai au 30 avril. Un an pour lire des albums et encore beaucoup d’albums. Partager et découvrir plein de nouvelles idées de lectures.

Plusieurs paliers de lecture pour se mettre aux défis :

Orange : lire 2 albums
Bleu : lire 10 albums
Vert : lire 20 albums
Rose : lire 40 albums
Jaune : lire 60 albums
Arcenciel : 100 albums

Chaque année je me lançais pour la catégorie verte. Cette année je me lance un challenge supplémentaire avec 40 albums à chroniquer avant le 30 avril 2020 !

Comme chaque année on se retrouve autour de thèmes mensuels non obligatoires :

    • Mai : Chine
    • Juin : Benjamin Lacombe + Rdv avec le Mois anglais – avec Lou et Cryssilda
    • Juillet & Aôut : Vacances
    • Septembre : Anne Crausaz, à découvrir ici 
    • Octobre : François Roca + Challenge Halloween de Hilde et Lou
    • Novembre : Livre numérique
    • Décembre : Noël
    • Janvier : Étoiles, planètes…
    • Février : Ungerer(Anniversaire de sa mort)
    • Mars : Nature
    • Avril : Kimiko + Mois Japon

Envie de vous inscrire ? Filez vite sur Delivrer des livres, les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 15 juillet.


Toutes mes lectures

(cliquez sur les images pour accéder au chroniques)

Requins Non, non et non ! Gâteau de Lune

Les thématiques 

Mai : La Chine

La thématique de se premier moi m’inspire, surtout que j’ai quelques albums dans ma pal. On commence avec Gâteau de lune de Chen Jiang Hong, un auteur que je connais bien. Puis on continue avec un album français qui nous amène à Taïwan : Les trois vie de Petite Perle. Avec ces deux albums je fais un coup double en participant également au challenge Contes & Légendes, ce qui me donne une idée de thèmes pour l’année prochaine.

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TBTL 2019 #9 – La maltraittance

Le Throback Thursbay Livresque est un rendez-vous initié par Betty Rose Books et repris par Carole de My BooksLe principe du rendez-vous est simple, remettre en lumière un livre lu il y a quelque temps et qui illustre les thèmes de la semaine. Thème qui nous est donné par Carole.

Thème de la semaine : la maltraitance

Thème difficile, qui amène des lectures difficiles. J’avais tout d’abord pensé à un roman jeunesse lu l’année dernière par Mimiko, mais j’en ai parlé lors du dernier rendez-vous premières lignes.

J’ai finalement choisi un livre qui m’a bouleversé : Rescapé du camp 14, de l’enfer nord-coréen à la liberté écrit par Blain Harden.

Rescapé du camp 14 : De l'enfer nord-coréen à la liberté par Harden

Il est ici question de bien plus que de la maltraitance ! Des enfants incarcérés depuis leurs naissances dans des camps de travaux forcés aux règles absurdes et tortionnaires. Torture physique et psychique, dérives inhumaines d’un  gouvernement totalitaire… Rescapé du camp 14 retrace la vie de Shin Dong-hyuk, un jeune nord-coréen qui prétend être né, avoir grandi et s’être enfui du camp 14, l’un des camps de prisonnier politique sous haute surveillance en Corée du Nord.

Tout ce qui est décrit dans ce livre est écœurant. Je n’arrive même pas à comprendre comment un être humain peut traiter un autre être humain de telle façon, comment on peut en arriver à battre à mort un enfant de 6 ans pour quelques grains de riz et trouver ça normal. Outre le témoignage bouleversant, ce livre m’a frappé justement parce que tout du long  de sa lecture je m’interrogeais sur les mécanismes qui permettent de forger les bourreaux. Comment un gouvernement peut-il endoctriner à ce point sa population ? Je m’interrogeais également sur les conséquences de ce traitement sur les prisonniers, comment sont-ils également conditionnés. Tous ces mécanismes sous-jacents au témoignage lui-même et qui m’interpellent à chacune de ce type de lectures.

Je vous ai déjà parlé de Larmes interdites qui avaient provoqué les mêmes questionnements. Nous ne sommes ni dans le même pays ni à la même époque, mais les deux témoignages nous parlent de la dérive totalitaire d’un pouvoir extrémiste et du traitement qu’il réserve à ses « opposants ». Opposants avec des guillemets, car des enfants sont également considérés comme tels, à un âge où il ne savant même pas ce que ce mot veut dire.

En lisant Rescapé du camps 14, j’ai été bouleversée par le récit de Shin Dong-hyuk. Ce qu’il nous raconte de sa vie est terrible. Des conditions de vie très difficiles, la maltraitance dès le plus jeune âge et surtout aucun refuge, pas même auprès de sa famille. Les règles du camp détruisent tout lien de solidarité, même entre membres d’une même famille. La violence y est omniprésente. On ne peut que s’insurger face à un tel témoignage.

Une lecture-choc qui fait appel à notre empathie. Mais n’oublions pas de rester critiques. En lisant ce livre, j’ai été bien sûr bouleversée, mais en même temps je suis restée assez circonspecte. J’ai parfois eu le sentiment que dans le récit que Shin Dong-hyuk fait de sa vie il y a une part de ce qu’il croit devoir dire pour justement attirer la compassion de ses interlocuteurs. Ce genre de témoignage mobilise tout un tas de mécanismes psychologiques complexe : ce que la victime dit pour faire « plaisir » à l’interlocuteur, attirer son empathie, ce que la victime préfère cacher par honte, ce que la victime a fantasmé… Nous nous racontons tous notre propre histoire, à nous même, mais aussi à nos interlocuteurs et souvent on raconte ce que l’on pense que l’autre veut entendre, sans en être forcement conscient. Dans le cas de réfugiés, le mécanisme est exacerbé, car il y a la peur d’être renvoyé qui rentre en jeu. Shin Dong-hyuk est pris en charge par une association américaine qui l’aide à s’installer aux États-Unis justement parce qu’il s’est enfui de ce camp et qu’il fait ce témoignage. Il aurait été un nord coréen lambda, il n’aurait pas reçu cette aide. Une aide amplement justifiée au vu de ce qu’il a subi, mais on ne peut pas prétendre que cela n’a aucune influence sur le témoignage qu’il livre. Le journaliste le réinterroge d’ailleurs plusieurs fois pour tenter d’obtenir une version la plus proche de la réalité possible. Il est cependant  difficile de faire la part du vrai et du faux.

Par ailleurs il est impossible de vérifier les informations que livrent les témoins ayant réussi à fuir ces camps puisque le gouvernement nord-coréen interdit toute enquête sur ces camps. On peut néanmoins saluer le sérieux avec lequel l’auteur chercher à compléter le témoignage de Shin Dong-hyuk à travers d’autres informations recueillies soit par d’autres témoignages, soit par des associations de défense des droits de l’homme ou encore par enquête journalistique. Le livre est très bien documenté et j’y ai appris beaucoup de choses sur la situation géopolitique de la Corée du Nord, au-delà du témoignage poignant qu’il livre.

Que certains détails de sa vie aient été déformés par le jeune coréen ne change en rien la réalité qu’il décrit : des camps où sont emprisonnés des opposants politiques dans des conditions inhumaines, où la torture et la maltraitance sont monnaie courante, où on enlève toute dignité humaine aux prisonniers. Et ça ne se passe pas dans les livres d’histoire, mais aujourd’hui.

Un livre intéressant, à effet secondaire : perte de confiance en l’humanité, attaques de larmes, découragement, rage…

⇒ Rescapé du camp 14 sur Amazon ou chez votre libraire

à lire aussi : Camp 14 : qui dit vrai ?


Le thème de la semaine prochaine : flash-back

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Des albums de l’école des loisirs adapté en langue des signes

Un petit billet  pour saluer la collaboration des éditions l’école des loisirs et des éditions Inclood qui proposent des livres lus en langue des signes.

Deux titres des éditions l’école des loisirs sont déjà disponibles : Non, non et non de Mireille d’Allancé et C’est moi le plus fort de Mario Ramos. Trois autres albums sont déjà prévus.

Inclood

Je trouve cette initiative très intéressant et j’ai eu envie de tester pour mieux vous en parler, même si je ne connais pas la langue des signes. Je l’ai étudiée pendant un an, mais j’ai tout oublié !

Alors, comment ça se passe ? Voici une petite démo en vidéo, avant de passer à ma lecture :

La première étape est de se procurer le livre papier. En ce qui me concerne, j’ai choisi Non, non et non !

Non, non et non !

Puis on télécharge l’appli inclood sur son téléphone ou tablette (disponible sur Google Play et Apple Store). On se crée un compte et on achète la version filmée du livre qui nous intéresse en allant chercher dans le catalogue, directement via l’appli (3.49€ pour cet album).

Le catalogue compte pour le moment 4 titres : les deux albums de l’école des loisirs et deux livres édités par Inclood.

Ensuite c’est très simple, dans une main on tient le livre, dans l’autre le téléphone. Sur la fiche du livre de l’appli, on clique sur ouvrir. La caméra s’ouvre et on scanne simplement les pages du livre avec. L’un de personnage de l’image s’anime sur l’écran, on clique dessus et une petite vidéo s’ouvre avec un lecteur qui interprète le texte avec en fond d’écran l’image de la page qu’on a scanné.

deux enfants en pleine lecture de Viggo, un titre original des éditions Inclood

La lecture de Non, non et non ! se fait à deux voix : tandis qu’une femme la raconte en langue des signes, un narrateur la lis à haute voix. J’ai aimé cette double lecture simultanée, car ainsi la vidéo parle à tous, ceux qui regardent et ceux qui écoutent. Par exemple, une fratrie dont tous ne sont pas mal entendant et qui veulent lire le livre ensemble pourront ainsi profiter de cette double lecture.

En regardant la vidéo, j’ai aussi pensé que cette double lecture pouvait être très intéressante pour ceux qui désirent apprendre la langue des signes sans être mal entendant. On assiste à la traduction simultanée de ce qu’on entend et ça peut être un très bon entrainement.

Comme je ne parle pas la langue des signes et que je n’ai pas d’enfants mal entendant autour de moi, difficile de vous donner un avis vraiment construit. Néanmoins j’ai trouvé l’idée très intéressante. Les vidéos qui accompagnent cet album sont très sympas. La lectrice transpire la bienveillance, est très expressive et on a envie de se faire raconter encore plein d’histoire par elle. La voix (masculine) est aussi très agréable à écouter. Et l’album est très mignon.

Non, non et non s’adresse à un public très jeune. Octave, un ourson va aller à l’école pour la première fois et il n’a vraiment pas envie. Il ne sait dire que non. Mais à la fin de la journée, il ne veut plus rentrer. Une histoire classique pour rassurer les enfants sur leur entrée en maternelle. Classique, mais efficace, c’est mignon, c’est drôle et c’est joliment dessiné.

l’album sur le site de l’école des loisirs

⇒ sur Amazon ou chez votre libraire préférée


challenge album 2019 chut les enfants lisent

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C’est lundi que lisez-vous ? #116

Rendez-vous initié par Mallou qui s’est inspirée de It’s Monday, What are you reading? par One Person’s Journey Through a World of Book et repris par Galleane. et maintenant pas I Belive in Pixies Dust.

En quoi consiste ce rendez-vous ? C’est très simple il suffit de répondre à 3 questions :

  1. Qu’avez-vous lu la semaine passée ?
  2. Qu’êtes-vous en train de lire ?
  3. Qu’allez-vous  lire ensuite ?


Les lectures de Bidib

J’ai lu

Couverture Le voyage à Lilliput Couverture Gâteau de LuneCouverture Les Trois vies de Petite Perle

J’ai fini Le voyage à Lilliput et je dois dire que j’ai trouvé ça pas mal du tout, j’en reparle très vite.

Deux très beaux album au programme également avec deux contes chinois.

Je lis

Couverture Le charme discret de l'intestin : Tout sur un organe mal aimé

Je lirais (peut-être)

Couverture Non, non et non!

Je vais lire et me faire raconter en langue des signer ce joli album, je vous en reparle très vite.

Les lectures de Mimiko

Je lis

Couverture La légende des quatre, tome 1 : Le clan des loups

Les lectures de Yomu-chan

J’ai lu

Je lis

Je lirais (peut-être)


C’est lundi on fait le point

La semaine dernière sur le blog

Les années passées nous parlions de

2018

images pour le plaisir des yeux #25 ~ Kubō oya de Utagawa Kuniyoshi et Utagawa Toyokuni

Éclat(s) d’âme

The End – Zep

image pour le plaisir des yeux #24 – Bake Bake Gakko

Premières lignes #4 – Ecrire une chronique de Christine Berrou

Chère Ijeawele, ou le manifeste pour une éducation féministe

2017

Mon petit frère est un monstre

L’édition généraliste dans la 1° partie du XX°siècle : Un siècle Gallimard ~ by Yomu-chan

#CoulissesDuBlog #18 help ! ch’uis perdue !

L’édition généraliste dans la 1° partie du XX° siècle : Bernard Grasset, grand concurrent de Gallimard ~by Yomu-chan

projet 52-2017 #semaine17 – Dehors

[Semaine shôjo] quel est le shôjo qui a eu le plus d’impact dans ta vie et pourquoi ?

image pour le plaisir des yeux #19 ~ Urashima Taro

La littérature de l’exil du Chili ~by Yomu-chan

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Mon premier coup de cœur livresque : Animali nelle favole

Le monde selon Franquin

Japan Expo Awards 2016

Utena, la fille révolutionnaire

2015

Le Monde des Dragons – un livre pop-up

Le Juge Bao & le phoenix de jade

Gintama en streaming légal et gratuits

La vie d’un idiot de Akutagawa

2014

Un secret

2013

Le garçon qui voulait devenir un être humain

Quand l’anime nous parle d’histoire # 1

Herakles

 

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Premières lignes #16 – Le petit prisonnier

Ma lecturothèque nous invite à partager les premières lignes de nos lectures.

Cette semaine, c’est dans la bibliothèque de Mimiko que je suis allé piocher un petit roman pour partager ses premières lignes : le petit prisonnier de Jean-Marc Pitte.

Elle a lu ce livre en CM1. J’avais été étonné par le choix du thème, franchement pas très gai. Finalement Mimiko a vraiment accroché à ce livre qui lui avait été offert par la maîtresse.

Dans ce livre il est question d’esclavage de nos jours. Le héros est un petit esclave qui réussit à s’enfuir et redevenir enfin livre. Un thème difficile, mais un livre très bien fait, agréable à lire, prenant, avec un héros attachant. Mimiko a beaucoup aimé.

Le petit Prisonnier

CHAPITRE 1

Je me suis réveillé encore plus tôt que d’habitude, ce matin. C’est à cause du chat. Il est de nouveau venu se servir dans les casseroles que je n’ai pas eu la force de laver hier soir. C’est un chat très laid, très vieux et très pelé. Dans les endroits où il lui reste encore des poils, sa couleur est indéfinissable, couleur poussière. D’ordinaire, ce chat a peur de tout. Il a pris beaucoup de coups. Alors il n’entre dans la cuisine que quand elle est vide… ou quand j’y suis seul. Il ne semble pas avoir peur de moi. Peut-être parce qu’il sait que j’ai pris beaucoup de coups aussi. Peut-être parce qu’il a compris, dans sa tête de chat galeux, que je ne suis personne.

sur le site de Lire c’est partir

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