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John Chatteron, quand les contes deviennent des enquêtes

Quand cet album m’a été présenté par l’école des loisir, j’avoue que je ne connaissais pas du tout, ni le chat et ses albums, ni l’auteur (Yvan Pommaux). J’ai peut-être déjà l’un des ses albums mais je n’avais pas retenu le nom. C’est la curiosité et le fait que cela fasse un clin d’œil aux film noir avec ce chat détective qui m’ont donné envie de le découvrir. En effet j’adore les séries policières en tout genre, tant et si bien que Mimiko se moque gentiment de moi « encore tes enquêtes ! ». J’ai pensé que cet album pouvait être une façon amusant de la faire entre dans cet univers.

Et la lecture fut une très belle surprise. Tout d’abord parce que sans le savoir j’avais là un album qui cadre pile poile avec le thème du mois de mars : le mois des contes et légendes. Si la couverture ne laissais aucun doute quand à l’étroit lien entre John Chatterton et le polar, il ne disait rien du lien très intime qu’il entretient avec les contes, une autre de mes marotte.

Mimiko a vraiment accroché, c’est elle qui l’a lu la première, seule. Et à peine fini le livre elle me l’a vivement conseillé parce qu’il lui a beaucoup plus et qu’elle était sûre que ça me plairait aussi. Le mélange enquête/détective privé et contes de fée connu l’a beaucoup amusé.

Quelques jours plus tard je l’ai lu aussi et elle ne s’était pas trompé, j’ai beaucoup aimé. C’est drôle et bien fait. Le décor et le personnage principal me font vraiment penser aux vieux film/séries de détectives privé. John a une allure à la Colombo avec son imperméable, les immeubles rappellent la ville de New York… On est tout à fait dans l’ambiance à suspens des film noir.

Les enquêtes ont d’étranges ressemblances avec des fameux crimes anciens : l’histoire d’un certain Chaperon rouge, une belle endormie ou une certaine Blanche-Neige a qui sont arrivées des mésaventures proche de celle où se trouve impliqué John Chatterton. Proche mais pas identique. Ici la petit fille en rouge se fait enlever par un loup collectionneur d’art, le prince n’est qu’un ado du quartier tout ce qu’il y a de plus ordinaire ou un garagiste et les nains ne sont que des statuette. Mais les références sont là avec suffisamment de force pour que l’enfant les retrouve de suite.

Une approche très amusant, un détournement vraiment réussi, deux univers qui font ici un très beau mariage.

Cette édition tout fraîche (il sort aujourd’hui en librairie !) regroupe trois enquêtes déjà parues séparément : John Chatterton, détective (1993), Lilas (1995), Le grand Sommeil (1998). J’aime l’idée de se gros volume, les histoires sont trop courtes et le goût de reviens-y est ici satisfait 🙂

Graphiquement j’ai été assez surprise, le dessin m’a d’abord paru très, trop figé. Et le mélange entre des personnages anthropomorphes et de véritables humain est assez étrange, faut-il y avoir une signification caché ? Tel ou tel animal est-il là pour une raison ou est-ce au hasard que tel personnage aura une allure humaine ou pas ? J’avoue ne pas avoir vraiment saisi la subtilité de cet aspect. Par exemple les belles à sauver ont toutes allure humaine, alors que leur parents pas forcement. Cette aspect me laisse toujours assez dubitative. En revanche le côté très figé qui m’avait surpris dans les premières page à fini par ne plus me déranger du tout tant il contribue à donner ce petit air désuet rappelant les vieux film de détectives des années 50 que l’on retrouve aussi dans les tenues des personnages. J’ai également apprécié le format à l’italienne qui change du format habituel des albums jeunesse et lui confère une allure particulière, peut-être un ton plus adulte allant de paire avec l’ambiance polar.

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⇒ à lire aussi l’avis de Nathalie sur John Chatterton Detective

l’album sur le site de l’école des loisir

Yvan Pommaux sur le site de l’école des loisir

⇒ à lire aussi Mon écrivain préféré « Yavn Pommaux » (j’ai bien ris tout en découvrant les différentes oeuvres de l’auteur, un joli exercice de style)

John Chatterton – ses célèbres enquêtes sur Amazon, Decitre


  chut les enfants lisent

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Shelock en bulles

Pour le rendez-vous BD du mois British Mysteries j’vais envie de présenter quelques adaptation du célébrissime Sherlock Holms en bande dessiné.

On commence avec une bd franco-belge Baker Street, tome 1 : Sherlock Holmes n’a peur de rien.

Nicolas Barral et Pierre Veys nous proposent une version humoristique et parodié du célèbre  détective et son acolite. Plusieurs petites intrigues sont présentées dans ce tome et Sherlock cherche toujours une solution un peu trop compliquée ! Très susceptible Sherlock n’hésite pas a se venger sur le pauvre Watson incapable accepter la moindre humiliation.

J’ai trouvé cette bd plutôt amusante. J’en ai surtout apprécié le côté espiègle des personnages. Sherlock y est délicieusement insupportable (ne l’est-il pas toujours ?). Quand aux intrigues elle sont un peu trop légères. Il n’y a pas vraiment de mystère à résoudre dans cette bd, on est surtout là pour se moquer de nos deux héros. Sympathique donc, mais sans plus.

sur le site de l’éditeur

Poursuivons avec une autre série franco-belge du rayon jeunesse. Les Quatre de Baker Street de Olivier Legrand, Jean-Blaise Djian et David Etien. Cette série me faisait de l’œil depuis un moment. La série comte plusieurs tomes, j’ai lu les deux premier : L’affaire du Rideau bleu et Le dossier Raboukine.

Dans cette série, ce n’est pas tant le célèbre détective privé qui est à l’honneur, mais un petit groupe de mômes, ses franc-tireurs de Baker Street, ces gosses des rue que Holmes à l’habitue d’employer pour surveiller en tout discrétion ses cibles. Qui remarque des enfants des rues dans le Londres de cette fin XIX ? C’est parmi les mendiants, les prostitues et les ouvriers épris de boisson que ce faufilent les quatre de Baker Street, trois mômes et un chat. S’ils sont les petits yeux de Shelock, les gamins se retrouve à mener leur propres enquêtes. Dans le premier tome c’est la fiancé de Black Tom qui s’est fait enlever juste sous ses yeux. Hors de question de rester les bras croisé et comme Sherlock Holmes est absent faut bien mener l’enquête seuls. Dans le deuxième volet, les mômes de rues se retrouvent impliqué dans une histoire opposant la police secrète tsariste à des anarchistes venu chercher asile à Londres. Holmes étant sur le continent, les gamins vont devoir aider la belle Katia en attendant le retour du maître.

Le trio et leur chat sont très sympathiques. J’ai beaucoup aimé le dessin et les couleurs. Le trait est très expressif et l’ambiance du Londres de l’époque est bien rendue. Le trait n’est pas particulièrement original mais je le trouve très plaisant et ça colle parfaitement à l’ambiance du récit. Celui-ci est bien rythmé, entre enquête et camaraderie, on suit avec grand plaisir les aventures de la bande sur qui vient se poser le regard bienveillant du célèbre détective. Ce dernier, s’il est rare, est très bien rendu. On reconnais ça personnalité ainsi que celle de son fidèle Watson. Bref une très chouette bd que je suis ravie d’avoir découvert. Je lirais sans doute la suite.

sur le site de l’éditeur

⇒ à lire aussi l’avis de Lou (tome 1, tome 2), de Hilde (tome 1 et tome 2) et Yvan

 tome 1

 tome 2

Je poursuis mon enquête avec une autre bd, adulte cette fois : L’Ultime défi de Sherlock Holmes de  Olivier Cotte et Jules Stromboni, d’après le roman de Michael Dibdin.

Graphiquement c’est assez spécial, autant le style que la coloration rappellent le bande dessinée de la fin XIX, début XX. Imitant le piètre résultat du papier journal jauni. Autant le dire tout de suite, je suis pas vraiment fan du rendu. Au début ça m’a même perturbé. Finalement, une fois entrée dans l’histoire, je n’ai plus trop prêté attention au dessin mais là encore j’étais plutôt déçue. Je ne connais pas le roman de Michael Debdin et je ne sais donc pas si c’est l’histoire crée par ce dernier ou l’adaptation qui en est ici faite qui ne m’a pas plu, mais j’ai eu un peu de mal avec l’intrigue. La narration n’est pas fluide du tout. Et je serais tenté de croire que c’est du à l’adaptation. Il y a des passages qui manquent de développement et ça gâchent un peu l’ensemble.

Mais j’oublie de vous faire un bref résumé de l’histoire ! Difficile de ne pas trop en dire, disons que Sherlock se retrouve à enquêter sur Jack l’Éventreur et qu’il soupçonne Moriarty d’être se dernier. Mais qui est réellement Moriarty ? Une idée de départ intéressant mais que j’ai trouvé très mal développé dans cette bd et qui ne m’a pas vraiment donné envie de découvrir le roman.

⇒ à lire aussi l’avis de Champi

Il y a une autre BD jeunesse inspirée de l’univers de Sherlock Holmes que j’avais bien aimé il y a quelques temps : Sherlock Fox de Du Yu et JD Morvan. Depuis je désespère de voir un jour la suite publiée ! Et je crois que c’est en vain que j’espère parce que depuis 2014 il ne se passe rien. Je l’avais pourtant trouvé chouette, étrange que la suite ne soit pas publié. Peut-être que ce titre n’a pas trouvé son public.

Ici l’influence de Sherlock est très lointaine, mais on la retrouve tout de même dans le titre 😉 Disons que ce n’est pas lui qui mène l’enquête mais un inspecteur à qui l’on a donné le sobriquet de Sherlock Fox puisqu’il partage avec le célèbre détective un certain talent.

ma chronique

sur le site de l’éditeur


Challenge un max de BD en 2018 British mysteries 2016_2.jpg petit bac

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Forget-me-not, un manga à Venise

C’est dans ma PAL, que j’ai laissé livraddict piocher un livre au hasard à lire la semaine dernière. Parfois j’achète des livres puis je les oublie et de cette façon je voulais faire ressortir des bouquins auxquels je ne pensais plus. Et ça a très bien marché puisque le titre qui est ressorti est un manga que j’ai acheté il y a un bail, un jour où je suis tombé sur un lot de vieux titres sorti chez Sakka d’occasion. Puis je les ai rangés dans mes étagères et… vous connaissez la suite. Avant que la semaine ne s’achève j’ai prix le temps de découvrir Forget-me-not de Kenji Tsuruta. Et franchement, je me demande pourquoi je ne l’ai pas lu plutôt !

C’est sa jolie couverture bleu qui m’avait attiré à l’époque et je l’ai acheter sans savoir ce que ça raconte.

La jeune femme que l’on voit sur la couverture c’est Mariel Imari, une jeune détective tire au flan qui travaille à Venise. Forget-me-not est le titre d’un tableau qui a été dérobé à son grand-père 20 ans plus tôt et qu’elle a pour mission de retrouver. Son grand-père était un très grand détective mais n’a jamais réussi à retrouver le tableau de son vivant. A sa mort il lègue  toute sa fortune (et c’est un homme riche) à celui de ses descendants qui lui succédera comme détective. Et c’est sa petite fille Mariel qui s’y colle. Sauf que le grand-père impose une autre condition à cet héritage. La nouvelle génération de détective doit retrouver le tableau Forget-me-not avant de pouvoir jouir de l’héritage, en attendant Cornélius, le majordome du grand-père ayant la gérance des biens, doit aider la jeune Mariel dans sa quête pour retrouver le tableau.

La tableau a sans doute été volé par un voleur légendaire, Vecchio, ancien rival du grand-père qui depuis 40 ans nargue la polisse en volant des œuvres d’art après avoir averti les autorités ou le propriétaire. Mariel semble comprendre qui est Vecchio, faut-il encore arriver à le piéger.

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C’est avec nonchalance que l’on suit Mariel dans les petites rues de Venise. Si la jeune femme se révèle une détective assez rusée, nous n’avons pas ici un manga d’action. L’ambiance est plutôt celle d’un manga tranche de vie. On voit Mariel dormir plus que de raison, traîner et fuir le travail, se chamailler avec Cornélius, flirter avec le jeune apprenti d’un antiquaire douteux, attraper des chat, tomber dans le canal, sortir de sa douche… Se qui ne l’empêche pas de mener à bien quelques enquêtes et découvrir quelques mystères.

J’ai beaucoup aimé ce manga tout d’abord pour le trait de son auteur : Kenji Tsuruta. J’aime beaucoup son dessin au trait fin et simple. Les visages sont claires et expressifs, les jolies formes de Mariel sont mises en avant mais avec beaucoup de naturel. Loin du style manga kawaii/moe tellement en vogue ses dernières années. Le dessin de Tsuruta est mature, sans en faire des tonnes. Les vieux sont ridés, les filles jolies mais nous ne somme pas dans la caricature. Bref, je kiffe ce genre de dessin !

Au de-là du dessin, j’ai aimé l’ambiance du manga et le vagabondage à travers les ruelles de Venise qu’il propose. Loins du carnet touristique, on a l’impression d’être dans un Venise intime. L’auteur bien qu’il est choisit une ville mythique comme décor la montre avec une certaine pudeur, ce qui la rend encore plus belle.

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Quand aux personnages, je les ai trouvés très attachants et sympathiques. Ils sont classiques : le détective tire au flan, le majordome sévère et dévoué, le beau gosse mystérieux, le commissaire un peu grotesque. On reste dans un registre déjà vu mais ils sont bien fait, équilibrés et sympathiques. On ne tombe jamais dans l’excès. Les voir évoluer est toujours agréable et quand le tome se termine on regrette que ce ne soit qu’un one-shot. J’aurais bien aimé passer encore quelques temps avec Mariel et sa clique.

Un joli manga, plaisant et bien dessiné qui vaut vraiment la peine si avez l’occasion de le lire.


un manga se déroulant en Italie
un manga se déroulant en Italie

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