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Hiroshima et le manga

Le thème d’aujourd’hui du challenge Un mois au Japon est Hiroshima, J’ai choisi d’en parler à travers le manga.

Dès que l’on pense à Hiroshima c’est la bombe atomique qui nous vient tout de suite à l’esprit. J’aurais pu aborder un tout autre aspect de la ville, parler de ses artistes, de la ville aujourd’hui, etc. Mais j’ai opté pour la vision historique et la tragédie à laquelle on associe cette ville.

Parmi les manga qui parlent de Hiroshima, le premier qui me vient à l’esprit c’est Le pays des cerises de Fumiyo Kouno publié chez Kana.

Ce manga ne met pas en scène le moment où la ville est frappé par la bombe mais, plusieurs années après que la guerre soit finie. La bombe a laissé des traces, des cicatrices et même des blessures ouverte dans les esprit et dans le corps des habitant qui doivent apprendre à vivre avec ce lourd fardeau. Le tome regroupe plusieurs histoires qui peuvent être lu indépendamment les unes des autres mais qui se trouvent relié par des liens familiaux qui unissent les personnages d’une histoire à l’autre.

C’est avec beaucoup de subtilité et de douceurs que Kouno aborde des sujets difficiles : la blessure de ceux qui ont connu l’horreur mais aussi le rejet de ceux-ci par les autres, ceux qui ont été épargné. Ce manga m’avait beaucoup fait penser à un film que j’avais vu à l’époque : Pluie Noire de Shôhei Imamura. Un film qui aurait mérité que je le présente ici, mais j’étais tellement bouleversée que je n’ai pas su trouver les mots.

Gen d'Hiroshima, Tome 2 : Le deuxième titre qui me vient tout de suite à l’esprit c’est Gen d’Hiroshima, un shônen mettant un scène un enfant espiègle qui vit le drame de plein fouet. Épargné par le souffle de la bombe il perd les membre de sa famille les un après les autres. Très courageux et volontaire il se bat pour survivre et aider à survivre ceux qui l’accompagnent. C’est certes un shônen mais surement pas un manga à mettre entre les mains des plus jeunes ou des plus sensibles ! Il y a des scènes très explicites où l’on voit les effet de la bombe que ce soit ses effets immédiats où la maladie qui en découle, il y a des images très chocantes. L’histoire est elle même terrible. Je n’ai lu que les premiers tomes et malgré mon âge (ou peut-être à cause de mon âge) ça ma vraiment remué, j’en étais malade tellement ça prends au tripes.

La série, crée en 1973 par Keiji Nakazawa, compte 10 tomes. La version française a été publié par Vertige Graphic. L’auteur s’inspire de sa propre expérience pour nous décrire la vie de cette famille de 1945 a 1953. En effet Nakazawa a perdu son père sa sœur et son frère dans le bombardement.

Dans ce manga il montre l’horreur de la bombe et des conséquences des radiation pendant les années qui suivent le bombardement, mais il fait aussi une âpre critique de a société japonaise. Tout d’abord une critique de la politique militaire et impérialiste de la période de guerre. Puis il critique la façon dont la société japonaise gère cet événement, le rejet que doivent subir les victimes, déjà fortement traumatisé par la bombe. Il est également question de ce rejet dans le manga de Konou Fimiyo.

J’étais persuadé de pouvoir trouver d’autres manga sur ce sujet, finalement j’ai manqué de temps et je n’ai donc que ces deux titres à vous proposer. Si vous avez quelques références à me conseiller, laissez moi un commentaire je les ajouterais ici.


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Le pays de cerisiers ~ Fumiyo Kouno

1955

Dix ans se sont écoulés depuis le jour où l’éclair incandescent a fendu le ciel. Dans la ville d’Hiroshima, l’espit d’une jeune femme est intensément bouleversé. Pour les plus faibles, qu’ont représenté la guerre et la bombe ?

L’oeuvre polémique d’un auteur engagé !

 

C’est ainsi que l’éditeur présente ce manga de Fumiyo Kouno qui revient sur l’impacte que la bombe à laissé sur la ville d’Hiroshima et ses habitants bien des années après que la guerre soit finie. A vrai dire je ne vois pas vraiment ce que cette oeuvre à de polémique, ni de vraiment engagé. Oui, on peut dire qu’il s’agit d’une oeuvre contre la bombe, on voit même à un moment donné des pancartes pour une collecte de fond d’une campagne anti bombe A et H (page 8), mais l’héroïne passe devant sans même y prêter attention. Les personnages de ce manga, tout comme le manga lui-même n’est pas particulièrement “engagé” c’est plutôt un constat, un prise de conscience de ce que la bombe à laissé derrière elle.

Contrairement à d’autres œuvres traitant du sujet, les récit de Fumiyo Kouno sont particulièrement tendres. Le récit commence 10 après explosion et si Minami, l’héroïne de la première histoire, se remémore les horreurs vues le jours de l’explosion, nous, lecteurs ne somme pas confronté aux atrocités que l’explosions à produite comme nous le somme dans le manga de Nakazawa Keiji : Gen d’Hiroshima ou encore dans le film de Shôhei Imamura Pluie noire, qui met également en scène une jeune femme en âge de se marier ayant survécu à l’explosion.

La ville du Yûnagi, premier récit de ce recueil, m’a beaucoup fait penser à Pluie noire. Dans les deux histoires, les jeunes femmes, à la fois traumatisées par ce qu’elle ont vu et effrayée par ce qui peut leur arriver, se refusent au bonheur et fuient l’amour. Pourtant, l’une comme l’autre trouveront un homme qui sait les écouter, qui n’est pas effrayé par la bombe et ce qu’elle a laissé derrière elle. Et toutes les deux n’auront pas le temps de goûter à ce bonheur enfin trouvé et accepté. Deux histoires terribles et extrêmement touchantes. Fumiyou Kouno sait trouver les mots pour nous toucher sans tomber dans le mélodramatique. La douceur de son dessin contraste avec le dureté de certains propos. Ce contraste rend le récit d’autant plus touchant car il met en évidence la normalité de cette jeune femme qui, malgré son vécu, aspire comme toute jeune femme au bonheur et à l’amour.

Par la voix de Minami, Fumiyo fait aussi parler les petites gens de Hiroshima, toutes ses habitants innocent qui ont perdu la vie dans une guerre qui les dépassé complètement.

Personne n’en parle. On ne sait toujours pas pourquoi c’est arrivé. Tout ce qu’on sait c’est que quelqu’un s’est dit que notre mort importait peu. Malgré cela , on a survécu.

Mais le plus effrayant, c’est que depuis, nous soyons devenu des êtres qui acceptent que d’autres aient pensé ainsi, et qui s’y résignent.

Les deux récit suivants : Le pays des cerisiers I et II sont moins directement lié à la bombe. On n’y fait pas vraiment allusion. Les récits se passent plus tard encore. Pourtant on sent planer les séquelles que la bombe à laissé derrière elle comme un ombre pesant sur la vies des héros. Le pays des cerisiers I met en scène une petite fille dont le petit frère est hospitalisé. On ne sait pas si son hospitalisation est ou non une conséquence directe de la bombe, mais le doute est là. En revanche, dans le pays des cerisiers II, où l’on retrouve la petite fille devenue une jeune femme active et son frère guéri, la bombe revient. Elle revient à travers les souvenir du père qui n’est autres que le jeune frère de Minami, l’héroïne du premier récit. Elle revient aussi, plus indirectement, par le refus des parents de Tôko, une amie d’enfance, qui ne souhaitent pas qu’elle fréquente Nagio, le jeune homme qui enfants était hospitalisé car ils redoutent que cette hospitalisation soit lié à la bombe. Si le sujet est abordé ici très discrètement, il met en évidence une difficulté supplémentaire à laquelle furent confronté les survivants de la bombe et leur famille, le rejet par le reste de la société. Nakazawa Keiji dans Gen d’Hiroshima en parle de façon beaucoup plus violente. Le sujet est également abordé dans le film que je citais plus haut : Pluie noire. Plus récemment, on en a reparlé lorsque les évacué de Fukushima se sont retrouvé dans une situation similaire, du moins à en croire les média.

J’ai beaucoup aimé ce manga, il aborde un sujet difficile avec beaucoup de douceur et de subtilité, par des récits très court qui disent beaucoup en peu de mots. Le dessins particulièrement doux de l’auteur rend ce manga d’autant plus touchant. J’ai aimé également le lien familiale qui uni les différents personnages d’un récit à l’autre. Chaque histoire peut être lue indépendamment l’une des autres, mais un fil rouge les relie les unes aux autres leur donnant plus de profondeur. Un très beau manga, à lire absolument.


Japan Expo Awards – Prix du Jury catégorie Moriawase (2007) Prix Culturel Osamu Tezuka – Prix de la nouveauté (2005)

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Pour Sanpei ~ Fumiyo Kouno

Sur le rabat de la couverture on peut lire que l’une des phrases préférées de l’auteure est une citation d’André Gide : “Je ne me suis senti grand goût pour portraire les triomphants et les glorieux de ce monde, mais ceux dont le plus vraie gloire est cachée”. Cette phrase colle bien au travail de Fumiyo Kouno qui, dans ses manga, met en scène des gens ordinaires, des héros de la vie de tout les jours.

Ici, comme dans les autres manga de l’auteure que j’ai lu, le héros est homme ordinaire, un homme du peuple si j’ose dire. Sanpei est un retraité comme tant d’autres ayant mené une vie bien ordinaire. Après la mort de sa femme, il part vivre chez son fils unique. Il va partager le quotidien de cette famille ordinaire : sa belle-fille est femme au foyer, sa petite fille va à l’école primaire et de son fil est employé de bureau.

C’est avec beaucoup de tendresse et d’humour que Fumiyo nous raconte la vie de cette famille à travers des petites scène anodines et qui pourtant en disent long sur la personnalité de ses personnages et aussi sur la société dans laquelle ils évoluent. Par exemple, dans un chapitre on voit le fils de Sanpei se disputer avec sa femme. Celle-ci a envie de reprendre le travail qu’elle a quitté après le mariage. Ce manga a été écris entre 2004 et 2005. Il est encore courant au Japon qu’une femme quitte son travail après s’être marié ou après le premier enfant. Le modèle traditionaliste de la société japonaise veut qu’un mari subvienne aux besoins financiers de la famille alors que la femme doit s’occuper de son foyer. Bien que de plus en plus de femmes continuent de travailler après le mariage cette vision semble être encore rependue dans la société japonaise et on la retrouve dans de nombreuses fiction, que ce soit dans les roman, les manga ou les films. Ici le fils de Sanpei semble adopter cette vision traditionaliste de la famille et ne veut pas que sa femme travaille car il n’ont pas besoin d’argent. Sa femme d’ailleurs, n’arrive pas à défendre son point de vue : elle a tout simplement envie de travailler car elle aime le travaille de fleuriste et que ça lui manque. Ce sera finalement le père, le vieux, qui se montrera plus moderne que son fils et proposera de jouer les “grand-pères au foyer” pour que sa belle-fille puisse reprendre le travail. Je ne sais pas si l’auteure a voulu clairement dénoncer une société traditionaliste et machiste ou juste la dépeindre tel qu’elle est. Mais cette anecdote, qui fait sourire, fait aussi réfléchir ses lecteurs sur cet état de fait. Pourquoi l’épouse devrait-elle forcement être femme au foyer ? La famille traditionnelle ne pourrait-elle pas prendre de nouvelles formes ?

Toutes les anecdotes n’illustrent pas forcement la société dans son ensemble, la plupart se contentent de mettre en scène le quotidien banal d’une vie en famille et les difficultés que ce grand-père rencontre. Difficultés qu’il surmonte grâce au journal que sa femme lui a laissé. Dedans elle a noté toutes sortes de choses utiles à la vie de tout les jours : comment faire le ménage, comment cuisiner ou recoudre un bouton… ou encore quelques info sur les membres de la famille. Ce guide aide Sanpei à s’adapter à sa nouvelle vie, celle d’un veuf retraité qui, après avoir passé sa vie à travailler et à rentrer tard ne sait pas comment s’occuper d’une famille. Ce guide c’est un peu de sa femme qui le suit dans son quotidien et lui fait moins sentir sa solitude.

Car le manga nous parle également du deuil. Comment apprendre à vivre sans la personne qui à partagé votre vie de tout les jours durant de nombreuses années. En le lisant, j’ai beaucoup pensé à ma grand-mère qui, en partant, a laissé un grand vide dans ma vie. En voyant Sanpei recouvre un bouton, j’étais très émue parce que justement c’est ma grand-mère qui m’a appris à faire toutes ces petites choses : comment couvre un bouton, repasser une chemise… En lisant ce manga, j’ai regretté qu’elle ne m’ai pas laissé un carnet où, comme Sanpei, je puisse retrouver ses précieux conseils.

Un manga touchant et émouvant par la simplicité des petits rien qui remplissent notre vie. Plein d’amour et de tendresse qui peut aussi servir de guide pratique tant les explications y sont précises (c’est toujours utile de savoir comment recoudre un bouton).

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Une longue route

une longue route

Connaissant ma passion pour les manga, ma mère m’a ramené, d’une de ses escapades bruxelloise, ce superbe one-shot (un seul volume) de Fumiyo Kouno. Je ne connaissais pas du tout cette mangaka et je dois remercier ma mère ainsi que le libraire qui l’a conseillé pour ce joli cadeau.

Côté technique : Une longue route est un seinen, dans le genre tranche de vie. La vesrion française est publié par Kana dans la collection « Made In ». Titre original :  長い道 (nagai michi).

Résumé :

Sôsuke et Michi forment un drôle de couple. Lui, il n’arrive pas à garder un job, court après les jolies filles et se retrouve toujours sans un rond. Elle, elle lui a été envoyé par son père. Ce dernier a gagné la main de Michi pour son fils un soir de beuverie. Michi n’a rien des jolie filles sexy qui plaisent à Sôsuke, mais les voilà mariés. Elle est gentille, il ne peut pas la mettre à la porte… C’est ainsi qu’il commencent leur vie commune. Petit à petit ils vont s’habituer l’un à l’autre.

Critique :

Un dessin sobre, tout en douceur qui nous séduit par sa simplicité. Des personnages atypiques, drôle et attachant. Une longue route est un de ces manga où il ne se passe rien mais qui nous font passer un très agréable moment.

 

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Quelques mots sur l’auteur :

Fumiyo Kouno est née en 1964 à Hiroshima. Après avoir arrêté ses études à l’université de Hiroshima elle part vivre à Tokyo ou elle commence à travailler comme assistante d’un de ses ami, devenu mangaka. C’est en 1995, avec Machikado Hana Dayori (non disponible en français) que sa carrière de mangaka décolle. elle continuera a travailler comme assistante tout en produisant ses propres manga.

Une longue route s’inspire d’un manga du même nom du mangaka Yu Takita, pionnier du genre manga autobiographique. Son manga Nagai michi (indisponible en VF) raconte le quotidien calme d’un couple. Ayant beaucoup apprécié ce manga, Fumiyo Kouno a voulu faire la même chose, mais au fil des page son manga a pris une tournure bien différente de celui de Yu Takita, notamment sur la personnalité de ses personnages principaux.

Deux autres des ses œuvres sont disponibles chez Kana : Pays des cerisiers (one-shot), récit bouleversant sur la tragédie d’Hiroshima, et Pour Sanpai (2 volumes) ou un sexagénaire veuf découvre le carnet où sa femme a noté tout ce qui pourrait lui être utile, des goût de sa petite fille, aux recettes de cuisine. Tous deux sont des seinen.

Un quatrième manga de Fumiyo Kouno est disponible en français, c’est un manga pour enfant (kodomo) publié chez Glénat : Koko, one-shot mettant en scène la vie d’une jeune collégienne qui adopte un coq.

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Fumiyo Kouno était à Paris le 4 mars 2012, dans le cadre de Planète Manga au Centre Pompidou. A cet occasion l’equipe de Manga News a pu la renconter, vous pourais lire l’interview sur leur site : link

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