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Souvenirs de Marnie

Sortez vos mouchoir ! Le films dont je vais vous parler aujourd’hui va vous arracher une petite larme ou deux. En tout cas moi j’en avais plein les yeux.

Souvenirs de Marnie (思い出のマーニー) est un film des studio Ghibli sorti en 2014 et réalisé par Hiromasa Yonebayashi. Le film s’inspire du roman jeunesse When Marnie Was There de Joan G. Robinson, l’un des 50 livres jeunesse recommandés par Miyazaki (lien).

Anna, une jeune fille adoptée à beaucoup de mal à s’intégrer aux autres et se referme de plus en plus sur elle-même. Sa mère adoptive, inquiète pour elle à cause de ses crises d’asthmes, décide de l’envoyer au bord de la mer chez un couple d’ami. Des gens simple et généreux qui accueillent Anna a bras ouvert. Sur le bord de la mer elle peut profiter du grand air et profiter de la solitude. Dans le paysage, un vieux manoir à l’abandon attire son attention. Là elle rencontre Marnie, une jeune fille de son âge, aux yeux bleu et aux cheveux blond. Leurs rencontres doivent rester secrètes. C’est ainsi que chaque jour elle se rencontrent pour passer de bon moments ensemble. A moins que… Marnie n’existe pas ! Amie imaginaire, fantôme ? Nous ne saurons pas le fin mot de l’histoire avant la fin du film.

J’ai beaucoup aimé ce film, surtout après l’avoir vu plusieurs fois. La première fois ne sachant pas de quoi il en retourne, j’étais moins émue, je cherchais à comprendre. Quand nous l’avons re-regardé, j’ai pu en apprécier tous les non- dit. Ce film me touche beaucoup, l’histoire est émouvante, mais au delà de l’histoire en elle même (« qui est donc Marnie ? ») c’est le portrait d’une préadolescente en plein conflit intérieur que nous livre Hiromasa Yonebayashi. Tiraillé entre ses sentiments envers sa mère adoptive et le doute, le manque de confiance en soi et la peur de l’abandon. Des sentiments qu’éprouvent tous les enfants à un certain âge. Anna se réfugie dans l’imaginaire et dans la solitude, pourtant c’est son imaginaire et sa relation avec cette jeune fille qui semble ne pas exister qui va lui permettre d’enfin s’ouvrir aux autres. Une histoire à la croisée des chemins entre introspection et récit de fantôme avec une chute pour le moins inattendue.

Une chouette histoire et un beau film, mais pas pour les tout petits, s’ils peuvent en apprécier l’esthétique, l’histoire est assez complexe à comprendre.

pour aller plus loin : un dossier très complet sur Buta connexion

En tout cas moi j’ai eu envie de lire le roman (je viens de le commander j’espère arriver à le glisser dans ma prochaines lectures assez rapidement).

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Et vous, avez-vous vu ce film ? Qu’en pensez-vous ?

La colline aux coquelicots

コクリコ坂から (Kokuriko-zaka kara) est le dernier film des Studios Ghibli. Produits par Toshio Suzuki et réalisé par Gorô Miyazaki en 2011. En France, il est sorti en salle le 11 janvier 2012.

    

 Ce film est adapté d’un manga éponyme de de Chizuru Takahashi (dessin) et Tetsurô Sayama (scénario), paru dans le magazine pour jeune fille Nakoyoshi, de Kodansha, en 1980. A l’époque le manga passe inaperçu et le magazine décide d’en interrompre la publication ce qui oblige ses auteurs à bâcler la conclusion. Mais le manga attire l’attention du jeune Gorô Miyazaki, qui le trouve plus intéressant et profond que la plupart des shôjo de l’époque. Le manga attire également l’attention de Hayao Miyazaki, qui déjà à l’époque réfléchi à la façon de l’adapter en film d’animation. Mais ce ne sera que 30 ans plus tard que le projet d’adaptation se concrétisera. Hayao Miyazaki écrit le scénario, assisté de Keiko Niwa (Les contes de Terremer). Puis il confie la réalisation du film à son fils : Gorô Miyazaki. La colline aux coquelicots est le deuxième film de Gorô, qui avait réalisé Les contes de Terremer en 2006. Le chara desing est de Katsuya Kondô (Kiki la petite sorcière) et la musique de Satoshi Takebe, le générique Sayonara no natsu est interprété par Aoi Teshima. Gorô Miyazaki avait déjà collaboré avec la chanteuse sur la BO de Les contes de Terremer.

    coquelicot[1]

Synopsis :

Umi, jeune lycéenne, vit avec sa petite soeur et son petit frère dans la pension tenue par leur grand-mère. Leur mère est à l’étranger pour son travail et leur père à disparu en mer durant la Guerre de Corée. Chaque jour Umi aide sa grand-mère à la pension. Au lycée elle va faire la rencontre de Shun, président du club de journalisme, et Shirô, président du comité des élèves. Avec eux elle découvrira le Quartier latin, vieille bâtisse de style occidental qui abrite le comité des élèves et de nombreux club.

quartier latin

Shun et Shirô se battent pour empêcher la destruction du vieux bâtiment décidé par la direction de l’école. C’est alors que Umi leur propose de faire le grand ménage et de rénover ce vieux bâtiment. Les trois amis, aidé de nombreux élèves, vont tout faire pour sauver le Quartier latin.

Pendant ce temps les sentiments de Umi et Shun évoluent, mais des éléments troublant du passé de Shun pourrait bien séparer les jeunes amoureux.

Bande-annonce :

La BA est accompagné du le générique Sayonara no natsu.

Mon avis :

Je l’ai attendu longtemps, ce film. Il faut dire qu’il y a les sorties nationales et les cinéma de campagne. Habitant une de ces petites villes de campagne je désespérer de voir enfin le film sortir chez nous. Je commençait sérieusement à douter. Mauvaise langue que j’étais ! Le film est arrivé jusqu’à nous, avec un mois et demi de retard sur la sortie nationale. (-_-)’

Je l’avais tellement attendu, ce film, que je commençait à craindre d’être déçue. Mais il n’en a rien été.

J’ai trouvé se film magnifique. La réalisation est superbe, notamment celle des décors qui sont si beaux que les personnages semblent  caricaturisé. Dès les premières minutes j’étais subjuguée par la beauté des paysages. La vue de la colline ou encore le Quartier latin sont particulièrement réussi. Dans chaque scène le décor est très travaillé, riche en détails, se qui renforce le réalisme de l’histoire. Avec Hayao Miyazaki nous étions habitués à un monde très féerique où l’on côtoie les esprits de la forêt et autres yôkai. Ici nous somme dans une histoire ancrée dans la réalité.

Les personnages sont très attachants et l’animation est excellente. Bien meilleure que celle de Arietty le petit monde des chapardeurs.

Côté scénario, tout est très bien orchestré. Souvent j’ai eu la larme à l’oeil, cependant le film ne tombe jamais dans le mélodrame. Les moments drôles et les scènes émouvantes s’entremêlent harmonieusement. Le contexte historique qui sert de cadre à cette adaptation est également très intéressant. Dans une interview, Gorô Miyazaki déclarait être surpris par la sortie du film en France, persuadé que le publique français ne pourrait pleinement apprécier le film car il ne comprendrait pas le contexte historique. Personnellement je ne me suis aucunement sentie perdue. J’ai certes quelques connaissance de l’histoire du Japon, mais mes connaissances sont très sommaires. Je suis sans doute passé à côté de certaines subtilités. Cependant, sans connaître les détails de la Guerre de Corée, on est sensible aux cicatrices qu’elle à laissé. La guerre est, malheureusement, universelle. L’histoire pourrait très bien se passer ailleurs, elle garderais tout son intérêt, du moins à mes yeux. Par ailleurs cela permet aussi au public français de découvrir des facettes moins connues de l’histoire du Japon.

Les scènes de débat au seins du comité des élèves sont aussi très riches. C’est un des moments que j’ai préféré. Cela donne au film une note bien plus engagé qu’aux précédents films du Studio Ghibli.

Pour conclure, je dirais qu’avec ce deuxième long-métrage, Gorô Miyazaki s’affirme comme réalisateur. La relève au sein des Studio Ghibli est assuré. J’ai hâte de découvrir ses prochains films.

 Shirô

Pour en savoir plus :
  • Interview de Gorô Miyazaki dans Animeland n°177
  • Japan Lifestyle HS3
  • Dossier La colline aux coquelicots de Buta connexion : link

Porco Rosso – Hayao Miyazaki

  

Long métrage de Hayao Miyazaki, produit par les studios Ghibli en 1992

Titre original : 紅の豚 (kurenai no buta)

En France le film est présenté pour la première fois au Festival d’animation d’Annecy en 1993 où Il remporte le prix de meilleur long métrage. Canal + en rachète les droits et le fait doubler. La sortie en salle se fera en 1995. Mais le film ne remporte pas le succès escompté. Néanmoins il sortira en vidéo en 1999, puis en 2006.

 porco rosso 1

Synopsis :

Dans l’Italie de la fin des années 20, mer Adriatique, Marco, ancien officier de l’armée de l’air transformé en cochon, est devenu un chasseur de prime. Ses ennemis l’ont surnommé Porco Rosso. Alors qu’il est paisiblement installé sur son île déserte, Marco reçoit un coup de fil. Le gang de pirates de l’air des « Mamma aiuto » a attaqué un navire et pris en otage un groupe d’écolières. Porco Rosso va les rattraper et, après avoir gravement endommagé leur avion, il leur proposer un arrangement : il récupère les otages et en échange il laisse filer les pirates avec la moitié du butin.
Le soir venu tout le monde se retrouve à l’hôtel Adriano, géré par la belle Gina, amie d’enfance de Marco. L’hôtel est un terrain neutre où chacun doit oublier ses différents. Les pirates, las de toujours voir Porco Rosso leur mettre des bâtons dans les roues, décident de s’associer à Donald Curtis, un as du pilotage américain. Pourchassé par Curtis, Marco doit rejoindre Milan pour faire réparer son avion par l’entreprise Piccolo, tenue par son vieil ami Paolo. Tous les fils de Paolo ont du partir chercher du travail ailleurs, ce sera donc sa petite fille de 17 ans, Fio, qui prendra en charge le chantier. D’abord réticent Marco, finira par céder face à l’enthousiasme de la jeune fille. Menacé par les services secrets fasciste Marco devra quitter Milan précipitamment, en compagnie de Fio. De retour sur son île, Curtis l’attend pour déterminer qui est le meilleur avec un dernier duel. L’annonce de ce duel fera venir nombre de spectateurs.

Bande annonce :

Critique :

La première fois que j’ai entendu parler de ce film je n’étais pas vraiment séduite.  Mais bon, comme c’est un Miyazaki, je me le suis procuré. Puis j’ai l’ai laissé prendre la poussière, en attendant de me laisser convaincre…  Un jour ma fille, la petite dernière, une inconditionnelle des films d’animation et grande fan de Hayao Miyazaki, lasse de revoir encore et encore les mêmes films opte pour Porco Rosso qu’elle n’avait encore jamais vu. Étant une grande admiratrice de Miyazaki moi-même, je décide de m’installer devant l’écran avec elle et … la révélation !! Non seulement c’est un très beau film. Mais j’irais jusqu’à dire que c’est un des films de Miyazaki que je préfère.
Je dois avouer que quand j’ai su qu’il s’agissait de l’histoire d’un cochon, j’ai eu peur de tomber sur un de ces animes dont j’avais l’habitude étant enfant et où les personnages sont des animaux, quelque chose dans le genre de Sherlock Holmes (Meitantei  Holmes, série TV réalisé par Miyazaki en 1882). Je garde un très bon souvenir de cette série, mais ce n’est pas ce que j’ai envie de voir maintenant. Je n’avais rien compris !! J’étais même aux antipodes de la réalité.
Certes, le personnage principal est un cochon, mais il est le seul personnage à avoir une forme animale. De tout les films de Miyazaki que j’ai vu, celui-ci est sans doute le plus réaliste. On n’est pas ici dans un conte fantastique, mais dans la vie, dans l’Italie de l’entre-deux-guerres où les fascistes viennent de prendre le pouvoir.
Très vite on oublie que le héros a une tête de cochon pour s’intéresser à son caractère, on veut comprendre ce qui le pousse à choisir la clandestinité plutôt que la gloire du héros de guerre. Entre un gag et une bataille aérienne, on s’attarde sur le contexte historique et la personnalité du héros. Il y a des scènes qui, au prime abord, semblent assez anodines et qui finalement nous racontent beaucoup de choses. Je pense par exemple à la scène où les femmes de la famille de Paolo Piccolo arrivent à l’entreprise pour réparer l’avion de Marco. La scène est amusante, une ribambelle de femmes défile devant Marco pour le saluer avant de rejoindre l’atelier, il y a des enfants et même les « ancêtres », trois vieilles mamies toutes ridées. Mais derrière cette scène qui fait rire les petits (et les grands) Miyazaki nous raconte la dureté de la vie de cette époque où les hommes italiens ont du partir laissant femmes et enfants au pays pour tenter leur chance ailleurs. C’est une scène qui m’a beaucoup touché.
Une autre scène intéressante se déroule dans l’armurerie clandestine où Marco vient s’approvisionner en munition, moment de  réflexion sur la guerre et sur l’instabilité politique qui fragilise le pays. C’est dans ces détails, dans ces scènes d’apparence anodine qu’est la richesse de ce film. Miyazaki a su mixer avec brio les scènes d’action et d’humour avec un arrière plan beaucoup plus sérieux, et plaire ainsi aux plus grands et aux plus petits. Ma petite dernière, qui a tout juste 4 ans, a adoré ce film. Elle a beaucoup ri, adoré les avions et les batailles aériennes. Elle a demandé à le revoir et revoir encore. Quand à moi, je l’ai regardé avec autant de plaisir à chaque fois.
porco rosso 2

Il y a un point qui m’échappait : pourquoi Marco est-il devenu un cochon ? Dans le film on ne donne pas d’explication claire à ce sujet. On laisse le spectateur libre de l’interpréter comme il le souhaite. On peut trouver une explication dans le récit de son passé dans l’armée italienne qui Marco fait à Fio, le soir, sur son île. Dans ce récit très émouvant, Marco raconte comment il a vu mourir son ami d’enfance à la guerre. Cet épisode douloureux va mettre en pièce son idéalisme de jeune militaire et il se demandera si tuer et mourir pour sa patrie à vraiment un sens. Peut-être deviendra-t-il un cochon car il refuse d’accepter la perte de son ami et la réalité de la guerre.

Pourtant, Miyazaki a laissé entendre dans certaines interviews d’autres pistes d’interprétation. Marco était plein d’idéaux étant jeune, mais avec le temps, il se laisse compromettre par le système jusqu’à devenir un cochon. Tout comme Miyazaki lui-même qui était marxiste quand il était jeune. On voit bien ici que Porco Rosso est une oeuvre beaucoup plus personnelle et politique que les autres films de Miyazaki.

Par ailleurs, pour les bouddhistes, le cochon est l’animal qui possède tous les traits négatifs de l’homme, il est considéré comme un animal égoïste. De la même façon, Porco s’isole et se marginalise, non pas pour défendre un idéal mais pour préserver son indépendance et son confort.

Doublage :

Un plus, et pas des moindre : le doublage de la version française est super bien réussi. Faut dire que c’est Jean Reno qui double Marco, alors ça en jette ! En général les doublages des animes sont ratés, je préfère de loin les voir en VO sous-titré, mais ici, j’aime beaucoup la VF.
Porco Rosso Jean Reno
Fio Piccolo Adèle Carasso
Gina Sophie Deschaumes
Curtis Jean-Luc Reichman
Paolo Piccolo Gérard Hernandez
Feralin Eric Dufay
Mamma Aiuto Jean-Pierre Carasso
La BO :
La bonde originale est composé par Joe Hisaishi (久石譲), compositeur japonais connu pour sa collaboration avec Hayao Miyazaki et Takeshi Kitano.
C’est Joe Hisaishi qui à composé les bandes son de :
  • Laputa, Château dans le ciel (1986)
  • Mon voisin Totoro (1988)
  • Kiki la patite sorcière (1989)
  • Princesse Mononoke (1992)
  • Le voyage de Chihiro (2001)
  • Le Château ambulant (2004)
  • Ponyo sur la falaise (2008)
Pour plus d’info sur Joe Hisaishi, rendez-vous sur le site francophone de ses fans : link

Perdu entre les morceau originaux de Hisaishi, on peut entendre également l’hymne communard français Le Temps des cerises de Jean-Baptiste Clément, interprété dans la version japonaise  par la chanteuse Katô Tokiko.

Le générique de fin, 時には昔の話を (toki ni wa mukashi no hanashi wo/Pour une foi, parlons des jours anciens), est écrit et interprété par Katô Tokiko et arrangé par Joe Hisaishi :

Pour aller plus loin, je vous invite à visiter le site Buta Connection, tout un dossier y est dédié à Porco Rosso, avec analyses et info techniques. Très intéressant,. J’y ai puisé plein d’informations pour écrire mon article : link