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[Semaine shôjo] quel est le shôjo qui a eu le plus d’impact dans ta vie et pourquoi ?

C’est avec un très grand plaisir que je remets le couvert pour une nouvelle semaine shôjo organisé par le Club Shôjo.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore la semaine shôjo, je vous renvoie à mon article de présentation.

Cette année la question qui nous est imposée est :

quel est le shôjo qui a eu le plus d’impact dans ta vie et pourquoi ?

La question est assez difficile parce que la première réponse qui me vient à l’esprit c’est  : aucun ! Je n’ai pas lu beaucoup de shôjo, josei ou yaoi et aucun ne m’a laisse une impression assez forte pour avoir un impact dans ma vie. Certain m’ont amusé, d’autres mon marqué par la force de leur récit, d’autres m’ont fait pleurer… Mais tout cela n’a eu aucun impact sur le cour de ma vie.

Couverture L'infirmerie après les cours, tome 01J’ai pensé alors présenter un titre qui, sans avoir changé ma vie, est entré en résonance avec mes émotions de façon étonnante et inattendue de ma part. Je pense à L’infirmerie après les cours.

La première fois que j’ai entendu ce titre j’ai pensé à un truc chelou (vous voyez ce que je veux dire ?). Puis j’ai lu quelques manga de Setona Mizushiro, je n’étais pas complètement convaincue. Mais le titre l’infirmerie après les cours m’était fortement conseillé. Alors, le jour où je suis tombé sur les premiers tomes d’occasion j’en ai profité pour voir de me propres yeux. Et j’ai pas été déçue ! J’ai d’ailleurs cherché la suite et lu la série dans son intégralité (et j’ai adoré la fin !). C’est sans doute le meilleur manga de l’auteur qui m’ai été donné de lire. Du moins celui qui parle le plus.

Le thème de l’identité sexuelle, avec des personnages qui changent de sexe, n’est pas nouveau. Il existe plusieurs autres titres et j’en avais lu quelques uns. C’est un sujet qui me touche particulièrement, depuis toujours. Je me souviens encore de mon premier voyage en France, j’avais 12 ans et je découvrais le club Dorothée. J’avais beau rien comprendre (mon français était très approximatif), j’avais été fasciné par Ramna 1/2. Je voulais être comme lui/elle. Pouvoir changer de sexe d’un simple jet d’eau. Ce sentiment ne m’a jamais quitté, même en grandissant, je gardais en moi cette idée, comme une sorte d’idéal inatteignable. Il y en a qui rêvent d’immortalité moi je rêvais d’hermaphrodisme. Je voulais devenir un escargot, quoi 😀

J’avais beau avoir plus de 30 ans quand j’ai découvert L’infirmerie après les cours, sa thématique très centrée sur les problèmes existentiels de l’adolescence (l’identité sexuelle mais pas seulement) est tout de suite entré en résonance avec mon enfant intérieur. C’est ça ! C’est exactement ça, me suis-je dit en le lisant.

Je ne peux pourtant pas dire que la bd a eu un impact sur ma vie, il arrivait 20 ans trop tard pour cela. Mais, je pense que si je l’avais lu à l’époque cela m’aurait mis une sacrée claque et que son impact sur moi aurait pu être plus important. Enfin, c’est difficile de dire ça maintenant. Mais c’est vrai que les questions soulevées par ce manga me torturaient pas mal l’esprit quand j’étais ado et je ne me souviens pas avoir lu quoi que ce soit à l’époque qui en parlait. Du coup je ne trouvais aucune réponse nulle part et je me disais que j’étais vraiment bizarre. Finalement ce manga aura quand même eu un effet : celui de me conforter dans l’idée (beaucoup trop tard) que je ne suis pas si bizarre que ça et que de nombreux autres ados se sont posés les mêmes questions que moi.

Kuma to interi - Basso: Après avoir longuement réfléchi à la question que le club shôjo nous pose, une autre réponse c’est finalement offerte à moi. Ce n’est pas UN manga en particulier qui a eu un impact sur moi, mais un genre : le yaoi.

Bon, c’est un peu difficile d’en parler ouvertement ici, c’est quand même très intime. Il m’a fallu un an pour faire mon coming-out et oser dire ouvertement que je lisais du yaoi. Je me sentais mal. Sans doute ma bonne éducation catholique. J’avais l’impression de cacher un honteux secret et comme je suis incapable de mentir, même par omission, j’étais vraiment mal à l’aise, surtout vis à vis de Chéri. Je ne tenais plus. Un jour j’ai décidé de tout lui avouer. « Faut que je te parle ». Je vous assure que j’avais vraiment la trouille, quand je parle de coming-out, je n’exagère pas. J’étais très nerveuse mais j’ai tout déballé. Là, Chéri me regarde avec de gros yeux ronds et puis il explose de rire. J’en était sûr, qu’il me dit… Mon visage s’est aussitôt embrasé ! J’avais l’air bien bête avec mon gros stress de sainte ni touche… Ah ! Je vous jure. Une vraie gamine.

Après ça, je me suis sentie bien mieux. Je n’avais plus honte, j’ai timidement été regarder des forums et je me suis rendue compte qu’il y avais beaucoup de filles comme moi. Je n’étais pas tordue, ni spécialement perverse, enfin pas plus que tout un tas d’autres fan de yaoi XD  Là oui, ma vie à changé ! Pas tellement dans les faits, mais dans ma tête. Je me suis sentie plus sereine, plus normale. Plus détendue.

Dans le yaoi, comme dans le titre précédemment cité, je trouvais aussi un écho à mes interrogations concernant l’identité sexuelle. Ce n’est pas seulement l’aspect érotique du manga qui me plait, mais celui de pouvoir m’identifier à un personnage masculin (ou faussement masculin devrais-je dire), une projection qui donne plus de liberté. Je ne peux pas m’identifier aux héroïnes fleur bleu des shôjo romantique, ce qu’elle renvoient est une position de la femme à laquelle je n’adhère pas, mais si l’héroïne romantique est un garçon alors ça change tout, je peux laisser libre cours à mon romantisme sans pour autant avoir l’impression de trahir un idéal féministe. Enfin, je sais pas si je m’explique bien, mais vous avez compris l’idée.

Finalement aujourd’hui je lis très peu de yaoi. Pas le temps, pas forcement l’envie non plus, trop de titre qui se ressemblent aussi peut-être. Et puis surtout j’ai grandi, j’ai vieilli, je suis passé à autre chose. Mais je sais que le yoai en général et quelques auteurs en particuliers (Basso et Est Em pour n’en citer que deux) ont eu un grand impact sur une période précise de ma vie et que ces lectures ont sans doute contribué à ce que je suis maintenant. Pas tant par ce qu’elles racontent mais par ce qu’elles ne racontent pas, par ce qu’elles représentent. Une certaine forme de liberté et aussi de libération.

Bon maintenant je vais me cacher dans un trou parce que je me sens un peu embarassée de vous avoir raconté tout ça !

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Le mot de Yomu-chan 

Alors, moi aussi je me sens un peu désemparée face à cette question : Quel est le shojo qui a eu le plus d’impact sur ma vie ? Ce genre de question me pose toujours problème parce que je lis beaucoup, et beaucoup de choses différentes. Et si évidemment par mes lectures j’apprend des choses sur la vie et que je me fabrique en partie avec ces choses, je ne suis pas forcément capable de me rappeler où et quand j’ai lu ça. Je confond mes lectures, associe deux histoires, deux personnages, et finalement je me réapproprie tout ça et suis assez incapable de vous dire qui, quoi, où, quand et comment.  En plus je suis très nulle pour me souvenir des titres et c’est d’autant plus vrai quand ces titres sont en japonais (ce qui est ici le cas parce que beaucoup des shojos que j’ai lu étaient des scans).

Mais commençons d’abord par dire que le shojo en lui-même (sans citer de titre en particulier) a eu un vrai impact sur ma vie. D’abord parce que j’ai fais mes premiers pas dans l’univers du manga avec Naruto et que j’ai continué sur ma lancer avec des shonen plus BOUYASHACA BASTON SUPER LASER DE LA MOOOOOORT BLLLAAAA BOOOUM PAAAF et que je partageais ces lectures (et visionnages surtout) avec mon tonton, avec un de mes copain et… c’était tout ! Du coup je me construisait sur un modèle plutôt masculin (et ma maman en pleine quête identitaire ne m’était pas ici d’un grand secours). La découverte du shojo (d’abord pas du tout assumée parce que LOL MDR LES FILLES C’EST DES TAPETTE JE SUIS PAS COMME CA BERK) m’a finalement permis de m’identifier à un autre modèle, à vivre des histoires cul cul la praline et à me rendre compte que j’aimais bien ça. C’est donc avec la lecture de shojo (ah c’est marrant, si le shonen j’ai plus l’habitude de les regarder en dessin animé, les shojo je préfère les lire) pris conscience d’une autre facette de ma personnalité. En fait, quand j’y pense ma découverte des mangas avec les shonen c’est faite dans l’enfance vers mes 8/9 ans, celle des shojo correspond plus à mon adolescence (je devais être au collège). Et finalement, même si je n’ai jamais vraiment délaissé le shonen (d’ailleurs je lis beaucoup plus de shojo mais mes mangas préférés sont des shonen : FMA EN FORCE), en grandissant encore un peu je me suis lassée des shojo. Parce que, comme Bidib l’a dit, la représentation des femmes véhiculée dans la majorité de ces mangas ne correspond pas à ma vision des choses. Donc si le shojo m’a en partie appris à être une fille, il m’a aussi poussé au questionnement sur ma condition de femme.

Oulah cette rétrospective sur ma lecture shojotesque s’avère bien plus pertinente que ce que je pensais.

Bon il s’agit maintenant de faire un effort et de chercher à vous donner des titres significatifs qui m’ont marqué dans la viiiiie. Alooooors j’actionne mes neurones….

Mmh ! Je suis obligée de vous parler de Fruits Basket. Alors en terme philosophique et sociologique je n’arrive pas à trouver grand chose d’intéressant à dire. Mais c’est un des premiers shojo que je me suis mise à suivre activement (j’ai toute la série sur mon étagère *-*) et puis sans savoir vraiment l’expliquer c’est un titre qui m’a marqué. Là je ne sais pas si ça illustre mes précédents propos sur mon identité féminine, je pense plus que ça relève d’un talent narratif, de mon attachement aux personnages et à l’univers proposé… Je suis désolé j’ai du mal à intellectualiser mon amour pour ce manga.

Par contre il y a deux autres titres que j’aimerais évoquer avec vous : il s’agit de Switch Girl et de No longer heroïne. Si j’aurais beaucoup de choses à reprocher à certains choix narratif, ces deux mangas m’ont tout de même marqué parce qu’ils sont, je pense, les représentant d’un nouveaux mouvement que je trouve louable. Ils ont le mérite de proposer des héroïnes très filles, avec des préoccupations (certes encore un peu stéréotypées) très féminines mais qui ne les empêche pas d’être… DES ÊTRES HUMAINS ! Elles pètent, elles rotent, elles s’épilent, etc. Et surtout elles conservent une forme de naïveté fleur bleu mais sont capables de mesquineries, de se mettre en colère, de faire de l’humour… Elles restent séduisantes (parce qu’elles trouvent toute les deux un petit ami) mais elles ne sont pas cloîtrées dans un usage limité de l’espace, elles ne sont pas contrainte de se cacher pour éternuer, elles font du bruits en public et enfin elles sont nous quoi. Bref vous avez compris, il y a à travers ces deux personnages une modernisation de la lycéenne et ça fait du bien. C’est encore un peu grotesque mais en même temps c’est léger et ça permet d’offrir à de jeunes lectrices une nouvelle représentation du monde (qui ne les empêche pas de vivre une histoire d’amour).


La semaine shôjo sur les blog partenaire :

Et enfin sur le Club Shôjo :

Événement interblog : Le shôjo qui a eu le plus d’impact dans ta vie


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Black Rose Alice, du vampire à l’harem

Aujourd’hui je vais vu parler d’un manga de Mizushiro Setona : Black Rose Alice, série en 6 tomes édité par Kazé manga.

J’ai découvert Mizushiro Setona grâce à la semaine shôjo organisé chaque année par le Club Shôjo. Sa série L’infirmerie après les cours, que je n’ai pas encore fini me plait beaucoup. Du coup quand j’ai appris que la commercialisation de Black Rose Alice allait être arrêté je me suis précipité sur la série pour avoir le loisir de la découvrir avant disparition… J’ai été déçue !

Une histoire de vampire :

Tout commence à Vienne. Dimitri, jeune bohémien adopté par une famille noble et talentueux chanteur, est amoureux d’Agnezka, une belle jeune femme noble qu’il connait depuis l’enfance. Mais voilà, Agniezka est fiancé à Théo, le fils de la noble famille qui a adopté Dimitri. Même si Théo le considère comme un frère, ce dernier sais bien qu’il n’appartient pas à leur monde. Il noie son chagrin et sa frustration dans les femmes.

Seulement un jour, fout de colère contre Théo, il quite la maison précipitament et est victime d’un affreux accident. Il est mort. Enfin il aurait du l’être. Des mort suspectes se multiplient autour de lui et un étrange personnage se présente à lui. Dimitri ne le sais pas encore mais il est devenu un vampire.

C’est ainsi que commence cette histoire. Le premier tome qui raconte comment Dimitri devient vampire est pas mal du tout. La façon d’être et de se reproduite des vampires est très originale. J’ai vraiment apprécié le premier tome. Il ya cette touche d’originalité sur ce qu’est un vampire et la mise en place de l’histoire n’est pas mal. Une bonne dose de mélodrame bien maîtrisé (pas de vampire sans mélodrame).

Puis on fait un bon d’un siècle en fin de volume pour découvrir celle qui deviendra le personnage principal de l’histoire, un nouveau personnage qui s’annonce prometteur.

Le harem inversé, du déjà vu :

Malheureusement l’intrigue qui avait si bien commencé tombe dès le deuxième tome dans les cliché du genre. Alors que le premier tome avait su maîtriser le suspens et présenter des personnages intrigants. Le deuxième tome nous ramène au scénario de base d’histoires à à harem inversé. Alice, le personnage principale, se retrouve dans une somptueuse demeure qu’elle partage avec 4 beaux gosses. Elle a été élue pour devenir la compagne de l’un d’entre eux. A elle de choisir. Chacun d’entre eux fera son possible pour séduire la belle, qui se montrera capricieuse et hésitante. C’est que c’est tellement difficile de choisir… gnagnagna… Ouai… en attendant nous savons tous dès le début comment tout ça va se terminer. Tout ce foin autour du choix difficile qu’elle doit faire ce n’est que pour la forme. Il y a aucun suspens, aucune surprise.

Non seulement c’est (comme tous les manga harem) sans surprise, mais c’est surtout d’une incroyable banalité. Pourquoi Mizushiro qui avait si bien commencé sa série tombe dans un scénario aussi commun ?

Les personnages : peut mieux faire 

Si l’histoire s’ouvre sur Dimitri devenu vampire, ce n’est pas lui qui sera au centre de l’intrigue mais une femme. Cette femme on la découvre sur la fin du premier tome et elle s’annonce très intéressante. Jeune femme japonaise oscillant entre la vie et la mort après un grave accident, elle a eu une aventure avec l’un de ses élèves pour qui elle éprouve de fort sentiments mêlé de honte et de culpabilité due à leur différence d’âge. Un personnage complexe, à forte personnalité, d’une grande fragilité émotionnelle. C’est prometteur. Hélas, Mizushiro ne saura pas maîtriser la construction de son personnage et  (est-ce du à l’influence de l’éditeur, on peut se le demander tant le personnage se métamorphose) ce qui aurait pu être un personnage féminin charismatique se mue très vite en héroïne lambda de shôjo à la noie. Oui j’y vais un peu fort mais c’est vraiment ça. Quand nous rencontrons Azusa, elle a 28 ans et son cœur est prix dans une spirale infernal d’amour culpabilisant. Dimitri lui donnera une nouvelle vie, une nouvelle apparence (je ne veux pas trop vous en dire pour laisser le plaisir de la découverte, mais faut bien que j’explique en quoi le personnage est décevant). Elle devient Alice. Dans ce nouveau corps sa personnalité se métamorphose. On peut s’interroger sur l’influence du corps sur l’esprit. Pourquoi change-t-elle de personnalité ? On peut également s’interroger sur l’influence de l’entourage ou le deuil qu’elle doit faire de ce qu’était sa vie d’avant. Mais le problème n’est pas là. La métamorphose est légitime. Le problème réside dans ce qu’est Alice. Une gamine capricieuse et immature. Azusa était une femme intéressante, Dimitri l’as choisie pour sa force de caractère, Mizushiro en a fait une héroïne shôjo d’une banalité accablante maintes fois vue et revue. Sa force de caractère ? Envolée. Sa maturité ? Disparue.

Dimitri ne s’en sort pas mieux. On le voit changer son fusil d’épole sans que cela ne soit justifié. Ses sentiments changent mais nous ne comprenons pas pourquoi. C’est à cause de l’héroïne me direz-vous. Sauf que nous venons de voir que l’héroïne perd tout son charisme très rapidement, dans ces conditions le changement qu’elle induit sur les autres personnage est incohérent. L’ensemble manque de pertinence (ou de profondeur).

Et les autres beaux gosses ? Il y avait un peronnage qui aurait pu être très intéressant dans le premier tome. Hélas il n’en sera rien. disparu, il revient aussi insipide que la suite du manga. Et le mystère que l’auteur cherche à créer autour des personnages secondaires, notamment les jugeaux qui vivent avec Dimitri et Alice, ne fonctionne pas très bien. L’explication se fait trop attendre et tombe comme un cheveaux sur la soupe.

Bref les personnages ne sont pas maîtrisé et perdent tout leur potentiel au fur et à mesure qu’on avance dans l’histoire. Heureusement qu’il n’y a que 6 tomes.

que nous reste-il ?

Pas grand chose je le crain. La série se sauve par un bon rythme, il y a très peu de temps mort et on ne s’ennuie pas. L’esthétique de Mizushiro est agréable et malgré un scénario qui tombe lamentablement dans la banalité on enchaîne facilement les 6 tomes, que j’ai dévoré. Seulement voilà, le début était tellement prometteur qu’on reste sur sa fin, déçue, voir dégoûté de voir ainsi l’histoire tomber dans le piège de la facilité et de la trame mainte fois éprouvé. Je m’attendais à tellement mieux. C’est surtout après l’avoir fini qu’on est déçu. En le lisant j’ai passé un bon moment.

Vous pouvez lire aussi les avis de Mei-Amadis et Plumy qui se montrent beaucoup plus enthousiastes que moi 🙂

shôjo gothique
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