Archives du mot-clé roman graphique

Cassandra

Aucun texte alternatif disponible.

Que pensez-vous de cette couverture ? Franchement moi j’adore.

Bon, j’aime le rouge et ici je suis servie, surtout que c’est un beau rouge. Mais il se dégage quelques chose d’intrigant de cette couverture, une atmosphère pesante avec cette pointe de mystère qui donne envie de découvrir ce qui se cache derrière cette illustration.

Et ce qui se cache derrière la couverture c’est un polar dessiné par Marco Caselli et scénarisé par Leonardo Valenti. Le duo d’italien nous offre une adaptation d’une nouvelle éponyme de Giancarlo de Cataldo, un auteur de roman policier tout aussi italien. La version française nous est proposé par les éditions Asiatika.

Vous l’avez compris, ça sent l’Italie à plein né et pourtant son éditeur français classe cette bd dans son catalogue manga. Oui, oui. Pourquoi ? Ben au fait j’en sais rien, je suis assez surprise car en dehors d’un format poche et d’un dessin noir et blanc je ne vois pas trop le lien entre ce titre et le terme de manga. Les auteurs ont-il voulu faire du « manga italien » comme certains font du « manga français » ? Est-ce un choix purement commercial ? Je vous avoue ne pas avoir mené d’enquête sur la question. Pour ma part je ne retrouve rien du manga dans ce titre mais cela n’enlève en rien au plaisir que j’ai eu à le découvrir. Manga, bd, graphic novel... finalement peu importe l’étiquette tant que le plaisir de la lecture est là.

Cassandra commence dans les bas fonds d’une Rome qui n’a rien de la terre promise que Feisal était venu chercher.

Le pays est l’Italie, mais ce n’est pas l’Italie. La ville est Rome, mais ce n’est pas Rome…

C’est sur cette phrase énigmatique que s’ouvre le récit. Feisal n’aura guère le temps de s’attarder sur ses réflexions. Il sera victime d’un meurtre particulièrement violent. Un meurtre et un bar louche. Un jeune homme qui fait toujours le même rêve ou sa propre tête roule à ses pieds. Une femme sublime qui cache quelques chose…

Voici les images par lesquelles commence ce récit. Je ne veux pas trop en dire pour ne pas gâcher la surprise. En 154 pages on découvrira qui a tué Feisal, ce que cache cette femme et pourquoi le jeune homme fait toujours ce rêve mais finalement ce que l’on découvre n’est pas ce qu’il y a de plus important. Le véritable personnage de cette histoire c’est peut-être Rome et cette ambiance pesante, pleine de haine et de contradictions qui nous suit tout au long du récit.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce titre sans trop savoir vous dire pourquoi. En décortiquant chaque élément j’ai trouvé plusieurs défauts mais l’ensemble dégage un quelques chose qui m’a tenu en haleine qui m’a plongé dans le récit.

J’ai aimé les 2 personnages principaux que l’on voit sur la couverture. Je les trouve attachant bien que la rapidité du récit ne permette pas d’entrer assez dans leur intimité.

Quand au dessin il est étrangement inégal d’une planche à l’autre mais à l’instar du récit il a réussi à me captiver et me charmer faisant oublier ses défauts. J’aime le style (qui d’ailleurs me fait plus penser à des influences américaines que japonaises). La mise en page est dynamique et fonctionne très bien.

J’ai bien aimé ce jeu de puzzle par lequel commence l’histoire. Le récit prend peu à peu forme et devient finalement limpide. Si l’enquête n’a en elle même rien de palpitant, elle m’a paru surtout être un prétexte pour amener ces personnages à se rencontrer. Des personnages à la dérive qui se cherchent sans vraiment parvenir a s’accrocher l’un à l’autre.

Que dire de plus ? Une chouette découverte qui me fait à la fois découvrir l’éditeur et les auteurs. Un polar noir plutôt réussi.

Merci aux édition Asiatika pour cette découverte

Aucun texte alternatif disponible.

Cassandra
Leonardo Valenti – Marco Caselli
éditions Asiatika
prix : 8€
sorti en septembre 2015
Dimensions : 21 x 14,8
Nombre de pages 156
ISBN 9791095224044


bd
bd
Share

Le Sauvage

Il y a parfois des livres qui vous appellent. Le sauvage est l’un ce ceux là. Il était enfuis dans la pile des retour que les bibliothécaires n’avaient pas encore eu le temps de ranger. Moi j’étais en train d’enregistrer les emprunts de la semaine quand je l’ai vu. Du coin bleu-vert de sa couverture qui dépassait de la pile il m’a appelé. « Regarde-moi ! » J’ai donc demandé si je pouvais y jeter un œil et la bibliothécaires me l’a tenu tout en me disant le grand bien qu’elle en pensait. Puis, jetant un regard vers Mimiko qui se tenait à mes côté, elle a ajouter “ce n’est pas pour les jeunes enfants”. Bon, ben tant pis, je l’emprunterais pour moi toute seule, alors. Je ne pouvais pas résister aux couleurs de la couverture.

Le sauvage c’est l’histoire d’une enfants qui perd son père et qui, pour se décharger du trop plein d’émotions qui l’assaillent, se met à écrire. Il écrit l’histoire du “sauvage” un sauvageon qui vit dans une grotte, qui grogne, qui chasse, qui les épie…

Ce livre m’a appelé, pourtant ma première réaction a été le rejet. Comme toujours dans ce genre d’histoire. Mon rejet n’est pas du à la qualité du livre, mais à la trop grande résonance de son histoire avec la mienne. “Il a perdu son père, et alors ! Moi j’en ai perdu 2, est-ce qu’en fait tout une histoire !” avais-je envie de crier, tel un enfant encore en proie à sa rage. Mais ma conscience a pris le dessus, cesse de te lamenter, écoute l’histoire de Blue. Alors j’ai écouté ma conscience. Et j’ai écouté l’histoire de Blue. Et j’ai laissé le flot de souvenir, de vieilles émotions désormais digérée remonter à la surface. Oui, moi aussi j’en ai fait tout une histoire, j’en ai fait des histoires. Tout comme Blue j’ai écrit pour sortir ses histoires de moi. Je n’ai pas écrit Le sauvage. Mais j’ai été le sauvage !

Ce récit est touchant de vérité. Il nous raconte le chemin d’un enfant sur la route difficile du deuil. Il nous la raconte sans pathos, sans mélodrame, avec justesse. Les mots sont parfois durs et violents, mais comment faire le deuil de son père sans exprimer de la rage ?

Les dessins blue-vert accompagnent parfaitement ce récit, exprimant à la fois cette rage par les expression des visages et un je-ne-sais-quoi d’apaisante par sa couleur. Le bleu et le vert, la couleur du calme et de la paix retrouvé. Enfin, pour moi en tout cas.

Un très beau roman graphique pour adolescent mais aussi pour les grandes personnes qui ont encore un enfant intérieur à consoler. A moins que ce ne soit l’inverse. En lisant ce livre j’ai eu le sentiment que celui qui cherchait à me consoler c’était mon enfant intérieur. Un peu comme s’il me disait “tu voix, tu n’a pas besoin d’oublier”. Quant un livre vous appelle, il faut l’écouter.

Le sauvage (The savage)

texte de David Almond

illustrations de Davis McKean

traduction de Cécile Dutheil de la Rochère

Gallimard jeuensse

2010


à lire aussi les avis de Sarah et Mo’


logoalbums2014
14/20
Share

L’Attrape-livres

l-attrape-livres.jpg
Textes de François Rivière et dessins de Frédéric Rébéna
François Rivière est un journaliste, biographe et écrivain, mais aussi scénariste pour bandes-dessinées. Frédéric Rébéna est illustrateur pour la presse et l’édition. Ensemble ils ont écrit cet album dont la couverture à de suite attiré mon attention.
Grâce à ce « roman graphique », c’est en image qu’on découvre l’histoire de la maison d’édition Robert Laffont, depuis sa création en 1941 à Marseille par le jeune Laffont, alors âgé de 24 ans, jusqu’en 2011.
L’idée est originale et pas dépourvue d’intérêt. C’est une façon amusante d’en apprendre plus sur cette maison d’édition. Le livre ne faisant que 91 pages, on n’entre pas dans les détails. Mais les étapes clé et l’esprit de la maison d’édition y sont. À mon goût, les auteurs ont opté pour la bonne longueur, avec trop de détails, cela aurais pu vite devenir ennuyeux. Alors que là, j’ai tout lu avec plaisir.
J’ai été impressionnée par la couverture de ce livre, et c’est ce qui m’a poussé à m’y intéresser. Pourtant je ne suis pas très sensible au style de Rébéna. En lisant les premières pages j’ai d’ailleurs pensé « c’est mal dessiné… » Très vite je me suis rendue compte que son dessin n’avait que l’apparence d’un dessin peu réussi ou peu travaillé. Ce qui m’a le plus frappé c’est sa capacité à rendre d’un un dessin si simple la personnalité et la caractéristique de chaque personnage, tous étant, à l’exception du poète Arion, des personnes bien réelles.
Bien qu’étonnée par le talent de Rébéna, j’avoue avoir une préférence pour les dessins plus travaillés, plus précis. Mais ce n’est qu’une question de goût personnel. Dans son ensemble, je trouve l’oeuvre très intéressante. Je ne suis pas habituée à ce style d’ouvrage, je trouve qu’il vaut le détour.
Retrouvé L’attrape-livres sur le site de Robert Laffont : link
Share