Archives mensuelles : juillet 2013

Le chant de mon père

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Le Chant de mon père

Keum Suk Gendry-kim

2012

éditions Sarbacane

Résumé :

Gusoon est la neuvième enfant d’un couple de paysans coréens. Elle est née dans un petit village du sud où son père, agriculteur, est connu pour ses connaissances des herbes médicinales et son talent pour le Pansari, chant traditionnel coréen où l’improvisation joue un grand rôle.

Mais voilà, lorsqu’elle a 6 ans, sa famille décide de quitter la campagne pour Séoul, où ils espèrent trouver une vie meilleure. Ce qu’il y trouveront, sera une vie bien plus difficile. Mais malgré les difficultés du quotidien, le manque d’argent et les embrouilles familiales, Gusoon réussira à réaliser son rêve : partir vivre en France.

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Mon avis :

Ce récit autobiographique est très touchant. On suit la petite Gusoon de ses premiers pas à son émancipation dans une Corée du Sud bien loin de l’image dorée que peuvent nous servir les média.
L’auteur y décrit la vie difficile des gens modeste avec talent. C’est émouvant sans pour autant tomber dans le mélodrame. Les moments douloureux sont contrebalancé par l’humour et le caractère bien trempé de la petite Gusoon.

Le tout est servi par un dessin à l’encre de Chine magnifique à la fois caricaturale, avec des visages à peine esquissé, et des paysages emprunt de poésie, rappelant la peinture traditionnelle. Keum Suk Gendry-kim a un coup de pinceau sublime qui rend cet album aussi agréable à regarder qu’à lire.

C’est un très beau cadeau que les éditions Sarbacane nous ont fait en publiant ce manhwa. Si le prix élévé peut décourager les lecteurs foché, je conseille cet ouvrage à toutes les médiathèques. Et j’en profite pour remercier notre médiathèque municipale à qui je dois d’avoir pu lire se magnifique album.

Féline – Bu Hui-ryeong

Après deux light-novel japonais (Le gardien de l’esprit sacréN°6) c’est au tour de la littérature jeunesse coréenne d’être à l’honneur sur Ma
petite Médiathèque.

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Féline

Bu Hui-ryeong

2006

traduit du coréen par Lim Yeong-hee et Françoise Nagel

Picquier jeunesse

2009 pour la traduction française

Lire un extrait

Ce roman c’est la vie d’un chat de gouttière qu’il nous raconte. Il est écrit  à la première personne. Le héros est un jeune chat que sa mère, l’estimant assez grand pour survivre par ses propres moyens, a abandonné. Apeuré et seul, il doit apprendre à sourvenir seul à ses besoins, chercher de la nouriture et se défendre des gros matous bien plus dangereux que les humains.

Alors qu’il est en quête de nourriture dans un parc, il y rencontre une jeune fille pas comme les autres. C’est le coup de foudre au premier regard ! Serait-elle ce que, dans le monde des chats, on appelle un homme-chat ?

La fille fouilla dans sa poche et en sorti quelques petits anchois séchés qu’elle me tendit. Pour la première fois de ma vie, je mangeai à même la main d’un humain. Elle était douce.

Tout en humectant les anchois de ma salive avant de les saisir entre mes canines, je pris une décision : J’allais l’apprivoiser.

Si Minet a le coup de foudre, Minyeong ne semble pas vouloir s’intéresser à lui. Réussira-t-il à la séduire et rester au près d’elle ?

Dans l’avant propos, l’auteur s’adresse à ses jeunes lecteurs dans ces termes :

Le souhait que je voudrais exprimer dans mon roman, c’est que vous appreniez à grandir pour devenir aussi autonomes que les chats. Même si ce n’est pas toujours facile !

C’est bien de cela qu’il est question dans ce court roman : le chemin vers l’émancipation que doit entreprendre tout adolescent. Tout comme Minet, à la fois personnage principal du roman et narrateur subjectif, la jeune Minyeong doit apprendre à laisser sa mère lui échapper et commencer à prendre soin d’elle-même. C’est ensemble que le jeune chat et l’adolescente vont parcourir la route qui mène à l’indépendance.

Le style de l’auteur est très plaisant. Elle nous offre un texte à la fois facile à lire et subtile. Bien qu’il s’adresse à des jeunes lecteurs j’ai pris un réel plaisir à lire ce roman. Les personnages sont très attachants, tout particulièrement le jeune chat qui jette sur les humains qui l’entourent un regard à la fois tendre et critique. Le fait de montrer les humain à travers les yeux de chat, permet de prendre un certains recul.

Quand on aime quelqu’un, c’est normal d’avoir envie de rester près de lui. J’étais sûr qu’elle avait de l’affection pour moi. Alors pourquoi avait-elle fait cela? Cela voulait-il dire que chez les humains le cœur et la tête ne fonctionnent pas en harmonie ? Pour quelle raison ?

Il arrive parfois que les humains se montrent plus sages que nous, mais pas toujours. Sur deux points, ils sont particulièrements bêtes. Tout d’abord, ils sont incapables d’oublier le passé. Ensuite, ils s’inquiètent à l’avance de l’avenir. Du coup, ils ratent le plus important : le présent. Ils ignorent la valeur de ce qu’ils possèdent. Ils désirent toujours ce qu’il ne peuvent pas
obtenir. Quelle bêtise !

La vie de chat nous est raconté avec beaucoup de détails : la chasse, la litière, la pluie… mais l’auteur sait comment captiver notre attention et ne jamais rendre le récit ennuyeux. Il s’agit du premier roman de l’auteur et je trouve qu’il est particulièrement réussi. J’espère que d’autres de ses romans seront traduit prochainement en français. Comme je l’ai dit plus haut, ce livre s’adresse aux jeunes lecteurs mais il plaira tout autant aux moins jeunes.

Tokyo électrique

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Tokyo électrique

Nouvelles traduites du japonais par Corinne Quentin

Picquier poche

2006

Ce livre regroupe cinq nouvelles d’écrivains tokyoïtes, toutes se déroulent dans la ville de Tokyo. Le recueil est paru en 2000 simultanément en France (pays pour lequel il a été conçu) aux éditions Autrement et au Japon aux éditions Kinokumiya. En 2006 les éditions Picquier proposent la version de poche (celle que j’ai lu).

Quatrième de couverture :

Cinq écrivains japonais de premier plan nous livrent leur vision de Tokyo. Des vison de l’intérieur, où chacun s’approprie le paysage d’une cité aux multiples visages, des dancing de Shinjuku à la douceur des quartiers gagnés sur la mer de la ville basse. La prostituée philippine, la ménagère au poste de police, la femme qui disparaît après avoir brillé dans le cœur des habitués d’un bar comme la brusque flamme d’une allumette, l’homme qui s’est installé une tente au sommet d’une tour et découvre soudain de là-haut les étoiles. Autant d’éclat d’histoires qui, de nuit comme de jour, illuminent la ville de Tokyo et en dessinent la géographie sentimentale.

Les nouvelles :

Yumeko de Muramatsu Tomomi :

Un groupe d’amis discute dans un bar dans le quartier de Fukugawa…

Les fruits de Shinjuku de Morito Ryûji :

Deux étudiants désœuvrés et drogués traînent dans le quartier de Shinjuku avec une prostitué.

Amants pour un an de Hayashi Mariko :

Une jeune femme propose à l’homme avec qui elle vient de passer la nuit d’être sa petite amie pour un an, jusqu’à retour de la fiancé de se dernier, partie étudier à l’étranger.

La tente jaune sur le toit de Shiina Makoto :

Fujii rentre du travail et découvre que son immeuble a pris feu. Après avoir récupérer quelques affaires, il cherche un logement de fortune. Ce sera le toit de l’immeuble où il travaille.

Une ménagère au poste de police de Fujino Chiya :

Natsumi, mère au foyer, se met à observer les poste de police de quartier après que sa fille lui ai demandé pourquoi il n’y a pas de femme dans les postes de police.

Mon avis :

Tokyo électrique… Ce recueil aurait plutôt du s’intituler Tokyo soporifique ! C’est du moins ce que j’ai pensé à la lecture de la première nouvelle, Yumeko. Ce n’est pas qu’elle soit désagréable à lire, mais il n’y s’y passe absolument rien. Des hommes, menant une vie plus paisible les uns que les autres, pimentant leur quotidien en projetant des fantasmes sur une belle femme apparue dans le quartier, et repartie sans laisser de traces. Les digressions sont nombreuses et à plusieurs reprises je me demandait où l’auteur voulait en venir. Soporifique l’est encore plus la nouvelle de Fujino Chiya – une ménagère au poste de police – qui conclue se recueil de façon assez déplaisante. Je n’ai pas du tout aimé cette dernière nouvelles, qui d’ailleurs est aussi la plus longue et la moins intéressante. les personnages y sont attachants mais l’intrigue ne va nulle part et c’est beaucoup trop long.

Electrique aurait pu être Les fruits de Shinjuku, mais, là encore, si l’ambiance du quartier est agitée, les personnages eux sont complémentent shootés. Ils se traînent plus encore que les autres. Dans la poste face, Corinne Quentin nous explique que le but de ce recueil est de montrer le Tokyo vu par les écrivains tokyoïtes, vision qui viendrait se confronter à celle que véhiculent les nombreux écrivains immigrés ou de passage. Et bien, après lecture, j’ai le sentiment que le titre du livre véhicule justement l’idée que nous transmettent ces voyageurs et pas tellement celle que l’on ressent à la lecture des nouvelles. En lisant ces nouvelles on ne découvre pas une Tokyo surpeuplée et survolté. Ce sont plutôt des vies de quartiers tranquilles. Un peu comme si de nombreux villages étaient collé les uns aux autres, avec chacun sa spécificité. On ne ressent pas de frénésie dans ces récit.

Si la première est la dernière nouvelles sont plutôt ennuyeuses, j’ai beaucoup aimé le texte de Shiina Makoto : La tente jaune sur le toit. L’histoire est amusant et le style vivant et agréable. le style de Hayashi Mariko aussi n’est pas mal. Mais j’ai moins aimé son histoire qui donne une image assez négative des femmes tokyoïtes.

D’ailleurs, de ce recueil, plus qu’une photographie de la ville de Tokyo, ce que j’ai retenu c’est l’image de la femme que projettent plusieurs nouvelles. J’ai du mal à trouver les mots pour exprimer avec exactitude ce que j’ai ressenti en lisant ses nouvelles, mais j’ai eu le sentiment d’une société rétrograde où les femmes, bien qu’émancipée financièrement, occupent une position sociale que je ne leur envie pas du tout. Position dans laquelle, d’ailleurs, elle se mettent elle-même, à l’instar de l’héroïne de Amants pour un an qui accorde plus d’importance au statut social de son amant qu’à sa moralité douteuse. Globalement, je trouve que ses nouvelle donnent une image assez négative de la femme japonaise.

J’ai été un peu déçue en lisant ce livre. Ce n’est pas que je m’attendais à quelque chose d’autre, mais, mise à part la nouvelle de Shiina Makoto, dont j’aimerais lire d’autres textes, je me suis plutôt ennuyée.

Fragments d’amour

Kiriko Nananan, encore une auteure de manga pour femme dont j’ai beaucoup entendu parler et que je n’avais pas encore eu l’occasion de lire. Et voilà que, le jour même où j’en parle avec une bibliothécaire, je découvre, un étage plus haut, au rayon jeunesse, un de ses manga. Je trouve qu’il aurait plus été à sa place chez les adultes, mais bon…

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Aux éditions Sakka, collection Auteurs

Ce one-shot regroupe plusieurs histoires courtes parues entre 1997 et 2003 dans divers magashiToutes mettent en scène des jeunes femmes ou jeunes hommes amoureux…

Les prises de tête amoureuses c’est pas trop mon truc, alors, sur le fond, ce manga ne m’a pas vraiment touché. En revanche, sa forme m’a beaucoup marqué. Le dessin de Nananan est très particulier. Très vide. Il n’y a presque pas de décors, quand il y en a il est très sobre, superpositions de taches et d’ombres. La pluspart du temps on a des gros plan sur des personnages dans des cases complétement blanche. L’ambscence casi totale de trame de fond en est presque trublante. Le dessin lui-même est très minimaliste, les visages sont esquissé en quelques traits. Si je les ai trouvé très beaux, il sont si peu détaillés, que j’ai parfois du mal à distinguer les hommes des femmes. Le cadrage à également attiré mon attention. Ce ne sont pas toujours les visages qui
sont mis en scène, mais les mains ou autres parties du corps. La gestuelle devient alors très expressive, presque plus que les traits du visage.

Quant au texte, là encore, il est exploité de façon originale. Aux dialogues dans les bulles, Nananan privilégie le texte posé à même la case, retranscrivant les pensée intimes du personnages ainsi mis à nu. L’auteure nous plonge, l’espace de quelques pages, dans la plus grande intimité de ses personnages, qu’elle sait rendre très touchant.

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Quelques mots sur le fond, tout de même. Toutes les histoires montrent des jeunes gens aux prises avec l’amour. Des filles volages, des amours à sens unique, des jeunes qui se cherchent, qui tâtonnent… Des histoires pas toujours faciles, parfois douloureuses, rarement heureuses, mais qui sont toujours traité avec beaucoup de tendresse. Si certaines auteures de shôjo prennent plaisir à torturer à outrance leurs personnages, j’ai eu l’impression que Nananan les aime. Chaque histoire se termine sur l’espoir d’un avenir meilleur.

J’ai été vraiment séduite par le travail de Nananan et la beauté de ses dessins épurés. J’aimerais maintenant la découvrir dans un manga plus long. Blue me tente depuis un moment déjà.

N°6 ~ le light-novel

N°6 T1

Et bien, j’ai mis un an pour passer de l’intention de lire du light-novel à l’action. Et là, paf ! en l’espace d’un mois, 2 ligh- novel chroniqué ! J’en mets du temps pour démarrer, mais une fois lancée on ne m’arrête plus Hahaha!

Avec N°6 on est toujours dans la catégorie light-novel mais on change de registre. Si Le gardien de l’esprit sacré est un roman fantastique à ambiance vieil empire japonisant, ici nous somme dans du SF.

 Résumé :

Aster fait partie de l’élite de la cité N°6, son QI exceptionnel lui vaut cette place dans la haute société de la cité. Un soir, alors que la tempête fait rage, un inconnu entre dans la chambre d’Aster. Le jeune garçon est blessé et Aster décide de le soigner et de le cacher alors qu’il s’agit d’un criminel en fuite. Cet acte lui coutera sa place dans la haute société. C’est ainsi que la vie de Aster sera bouleversé le jour de ses 12 ans. Le temps passe et Aster ne cesse de penser au garçon qu’il a sauvé.

Quelques années plus tard, Aster est devenu gardien de parc, son chemin croisera à nouveau celui du Rat, le jeune fugitif. Alors qu’Aster se retrouve impliqué dans une histoire de morts suspectes, le Rat vient payer sa dette. La vie du jeune homme changera à un point qu’il n’aurais jamais pu l’imaginer.

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N°6 est une série en 9 tomes écrite par Atsuko Asano entre 2003 et 2011 et illustré (couvertures) par Toru Kageyama. Les éditions du Rocher ont publié entre 2008 et 2009 les 5 premiers tomes dans la collection Jeunesse. La traduction est de Momori Machida et Jean-Charles Vidal. Aurons nous droit à la suite ? Le dernier tome paru en français datant de 2009, j’ai bien peur que la suite ne voit jamais le jour dans nos contrés.

Mon avis sur les 5 premiers tomes :

Tout comme pour Le gardien de l’esprit sacré, je connais ce titre par son adaptation en série animée. La série, m’avais beaucoup plu et j’ai tout de suite eu envie de lire le roman. Mais, quand j’ai vu que la traduction s’arrêtait au tome 5 j’y avais renoncé. Pourtant, quand je suis tombé sur le tome 1 pour une bouchée de pain, j’ai pas pu résister, je me suis procuré les 5 volumes disponibles d’occaz.

Tout d’abord quelques mot sur le style et l’écriture. Le texte est très simple, facile à comprendre et à suivre. Beaucoup de dialogues, des phrases courtes et des scènes très visuelles. Le premier tome m’a même paru un peu trop simplet dans la façon d’écrire. Je trouvait qu’il manquait un peu de sophistication. Mais l’intérêt du scénario nous donne envie de poursuivre la lecture. Et je dois dire que j’ai trouvé les tomes suivant plus agréables du point vu littéraires, même si on reste dans une écriture simple.

No.6L’intérêt du livre, vous l’aurais compris, ne réside pas dans la qualité du texte, mais plutôt dans son scénario, complexe et intéressant. Nous somme dans une société futuriste où nombreux des défauts de nos sociétés actuelles ont été poussét à l’extrême. Les personnages sont attachants et donnent envie de les suivre dans leurs péripéties. Aster, le naïf, va devoir se durcir s’il veut pouvoir survivre à Bloc Ouest. Au même temps, sa présence va adoucir le terrible Rat, qui, sous ses allures impitoyables, caches un cœur tendre. On est curieux de voir comment chacun d’entre eux va se transformer, comment va évoluer leur relation entre amour et amitié. Les personnages secondaires sont également attachant, notamment Loueur-de-chien, jeune dresseur des chiens qui a été élevé par une chienne dans une meute de chiens errants. J’aime beaucoup ce personnage qui, malgré la dureté dûe à cette vie de misère, garde un côté enfantin qu’il cherche à réprimer.

Par delà les aventures des personnages, cette série offre également une intéressante critique de notre société. Dans les travers de la cité n°6, on peut y voir l’exagération des travers de nos propres sociétés. N°6 vit dans dans le luxe grâce à l’exploitation des zones périphériques où les gens vivent dans la plus grande précarité. Comment ne pas y voir un parallèle avec les grand états riches tel que le japon, les Etats-Unis mais aussi la France qui s’enrichissent en exploitant les matières premières et la mains d’oeuvre pas chère de nombreux pays sous-développé où règne la misère.

Si l’auteur à tendance parfois à en faire un peu trop, elle nous permet, tout en nous divertissant avec une belle aventure, de réfléchir à notre propre société et ses dérives. La cité n°6, par son système hyper surveillé et sécurisé m’a notamment fait penser à 1984 de George Orwell. Si nous ne somme pas ici dans un livre la même qualité, le regard que Asano porte sur la société n’est pas sans intérêt. Le problème, je l’ai dit, c’est qu’elle en fait trop. En voulant donner à son récit une allure de plus en plus dramatique elle en perd en vraisemblance. Le tome 5 nous offre des scènes d’une grande violence mais le récit en perd  en réalisme et en logique. En cela, la série est fidèle au roman. En la visionnant j’ai éprouvé le même sentiment. Au lieux d’être touché ou troublé par cette envolée de violence et de tragique, je me suis dit que c’était du n’importe quoi et que cela ne tenais plus la route. L’auteure se contredit elle-même. Difficile de vous expliquer pourquoi sans révéler des éléments clé du récit. Faudra me croire sur parole ou lire le roman pour comprendre ce que je veux dire.

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Malheureusement, la traduction française a été stoppé au tome 5 et je ne saurais donc jamais comment l’auteur arrive à se sortir des contradictions qu’elle crée dans ce tome. J’espérais pouvoir lire la suite en anglais, mais pour le moment seuls les 4 premiers tomes ont été traduits dans cette langue. Bien que le texte soit plutôt simple, je suis loin d’avoir le niveau nécessaire pour pouvoir le lire en version originale ! Et je dois avouer que malgré ses défaut, l’histoire est assez prenante pour que j’ai envie de connaître la suite.

Chaque tome se termine par une lettre de Atsuko Asano. Procédé que l’on retrouve régulièrement dans la littérature japonaise, notamment dans les manga et que je n’ai jamais vu dans un livre français. C’est intéressant, on fait connaissance avec l’auteure, on découvre comment l’oeuvre à vue le jour, quels étaient ses motivations,  ses difficultés. J’aime bien se côté intimiste qui se crée entre l’auteure et ses lecteurs.

N°6 est la seule série de Asano Atsuko traduite en français. Cette série est actuellement adapté en manga par Hinoki Kino, 7 tomes sont déjà paru au Japon. Le manga n’est pas licencié en France.

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Vous avez lu cette série ? Laissez-nous vos impressions.


Edit :

 Jade à partagé, en commentaire, le lien d’une pétition pour réclamer la suite du roman.

L’idée est amusante, même si le ton de la pétition est un tantinet agressif, j’ai signé avec plaisir puisque, après tout, si la suite été publié je la lirais à coup sûr !

Si vous aussi vous avez aimé le roman et voulez voir sortir la fin et/ou le manga signez aussi : c’est par ici

Qui sait, si on est assez nombreux cela pourrait bien marcher 🙂

Petit panier de manga # 5

Nouveau panier de manga. Et cette foi il y a même un shônen !

Basara – T1 :

 Résumé:

Dans un futur improbable, ou le Japon est devenu un désert, Sasara est la sœur jumelle de Tatara, l’élu qui devrait délivrer son peuple du jonc du rois rouge. Oui, mais tout ne se passe pas comme prévu. Tatara meurt et sa sœur prendra sa place pour le bien de son peuple, mais surtout pour accomplir sa vengeance et tuer celui qui a ordonné l’assassinat de son frère et de son père. La voici engagée à la tête d’une révolte sanglante.

Mon avis :

J’en ai tellement entendu parler, que j’ai eu envie de voir par moi même!

Alors, ça donne quoi ?

Ben, je ne suis pas déçue. L’intrigue est très classique, digne d’une belle tragédie. Ce premier tome ne recèle aucune surprise, on s’attend à tout ce qui arrive, mort tragiques, rencontres fortuites… rien ne m’a surpris. Mais faut bien planter le décor. Ici Tamura Yumi introduit son univers, ses personnages. Et si l’intrigue n’est pas particulièrement originale, elle est néanmoins suffisamment intéressante pour donner envie au lecteur de continuer (ce qui m’arrange pas, vu que la série compte 27 tomes et qu’en plus la commercialisation en a été stoppé !).

Si l’intrigue est très classique, l’auteur crée un univers original et intéressant où le Japon se retrouve recouvert par le désert et dominé par une dynastie de rois tyranniques. Sasara, l’héroïne, n’est pas encore très touchante mais on sent son potentiel et on a envie de voir son évolution.

Un bémol pourtant, trop de tragédie, tue la tragédie. Les morts tombent comme s’il en pleuvait, mais pas un instant je n’ai senti de larmes pointer. Tamura ne nous laisse pas le temps de nous attacher aux personnages avant de leur faire connaître une mort tragique ce qui m’a rendu totalement insensible à leur sort, et même au sort de Sasara, que j’ai regardé chialer tout le long du tome sans éprouver la moindre empathie.

Basara

Titre VO : バサラ

Auteur :   Tamura Yumi

1991

Type : shôjo

Genre : aventure, romance

Éditeur VF : Kana, collection shôjo

Éditeur VO : Shôgakukan

Nombre de volumes : 27 (terminé, commercialisation stoppé)


Spice&Wolf – T1 :

Résumé:

Jolie créature mi-femme mi-louve, Holo se retrouve délaissée par les paysans de son village, pour qui les vieilles légendes ne servent plus qu’à effrayer les enfants. Oubliée des hommes, Holo ne se laisse pas abattre pour autant ! Au contraire, elle s’en va découvrir le monde à bord de la carriole d’un marchand itinérant, l’énigmatique Lawrence Kraft…

Une étrange relation s’installe vite entre Holo et cet homme aux gestes doux, tandis qu’ils troquent leurs cargaisons de ville en ville. Mais méfiance : les faux-semblants, les arnaques et les dangers bordent le chemin… Le talent divin de Holo pour comprendre la nature humaine sera bien utile pour éviter les mauvais pas et les deal douteux !

Prêts à suivre cette charmante jeune déesse dans un voyage initiatique parsemé de plaisirs simples, de rencontres heureuses mais aussi de pièges en tous genres ?

Découvrez Spice & Wolf, un seinen pour tout public qui fait rimer aventure et émotion avec… sens des affaires !

Source : Manga News

Mon avis :

C’est un des premiers manga que j’ai acheté au Salon du Livre de Paris. Je le connaissez par son adaptation en série animé et la discussion entre deux hommes au stand Ototo/Taïfu (là photo est ici) m’a convaincu de tenter la version papier, qui est, parait-il tellement meilleur que son adaptation. Faut dire, que sans ces deux hommes, je ne l’aurais pas acheté, la couverture ne me donnant guère envie. Alors, qu’en est-il ?

C’est qui ces deux mecs sur la photos ?! Qu’on les dénonce ! Non, parce que là, je suis vraiment pas convaincue !

Bon, n’exagérons rien. Pas au point de leur en vouloir. Mais j’avoue que ce premier tome ne m’a pas plus emballé que ça. Comme je disais plus haut, les couvertures ne m’ont pas attiré et, à la lecture, j’ai eu confirmation de mon premier sentiment : je n’aime pas le dessin de Keito Koume. Ce n’est pas qu’il soit mal fait, mais il lui manque quelque chose, je le trouve trop « académique ». De plus, je n’aime pas du tout l’apparence de Holo et l’excès de fan-service qui va avec. Holo est une louve centenaire, appelée « Holo la louve sage », ça rime à quoi de lui donner l’apparence d’une gamine ? Peut-être pour créer un décalage humoristique entre son apparence de « petite jeunette » et sa « sagesse » ? M’oué… moi j’ai pas trouvé ça particulièrement drôle. J’aurais préféré une Holo aux traits plus mûrs, plus sexy peut-être aussi, mais du charme de la femme qui a vécu, pas celui de la jouvencelle aux petits seins pointu. Petits seins qu’on nous montre  plus que de raison. Enfin, je dirais plutôt de façon pas très pertinente. La rencontre entre Holo et Lawrence m’a fait sourire tant je l’ai trouvé ridicule et surfaite : Holo y enchaînes les poses langoureuses, servies sur de jolies pages couleurs, le tout saupoudré d’un dialogue des plus fades.

Pourtant ce manga est intéressant par d’autres aspects, notamment son univers inspiré de l’Europe Médiévale, avec ses commerçants. L’originalité du scénario qui s’axe autour du commerce et de son organisation ne manque pas d’intérêt, mais la forme n’est pas à la hauteur du fond.

Cela reste un manga agréable à lire, que je continuerais avec plaisir si je l’avait à ma disposition. Mais de là à l’acheter, je passe mon chemin.

Spice & wolf

Titre VO : 狼と香辛料

Scénario : Hasekura Isuna

Dessin :   Kôme Keito

2008

Type : seinen

Genre : aventure, fantastique

Éditeur VF : Ototo, collection seinen

Éditeur VO : ASCII

Nombre de volumes : 6/8 (toujours en cours au Japon)


Les enfants de la mer – T2 :

Résumé :

Pourquoi Jim, océanographe de renom, veut- il à tout prix protéger Umi et Sora, les deux fascinants « enfants de la mer », élevés par les dugongs et accoutumés à vivre entre terre et eau?

La réponse se trouve peut-être dans un souvenir de son enfance, il y a plus de quarante ans… Son inquiétude grandit avec la fuite soudaine de Sora, qui a rejoint Anglade, l’ancien élève de Jim – un jeune homme ambigu, aux desseins troubles.

De son côté, Ruka s’efforce de soutenir Umi, désespéré par la disparition de son « frère ». Ensemble, ils partent à la recherche de Sora et d’Anglade. Ruka est déterminée. C’est sa mission, elle le sait. Elle sera, en chemin, le témoin d’un phénomène bien étrange…

Source : Manga News

Mon avis :

Le premier tome m’avait enchanté. J’en attendais beaucoup de la suite. Et j’ai été franchement déçue par ce deuxième volet. Si le premier tome nous emmène dans l’univers étrange de Sora et Umi, nous envoûte par la magie et la poésie de son récit, le deuxième tome ne se montre pas à la hauteur. L’intrigue stagne. On n’est aussi pris par l’histoire étrange de ses enfants. Il y a de plus en plus de mystère, aucune réponses. Trop de mystère tue le mystère et j’ai fini par trouver ce tome un peu ennuyeux, moins captivant. J’espère que la suite réussira à me reconquérir.

 Les enfants de la mer

Titre VO : 海獣の子供

Auteur :  Igarashi Daisuke

2007

Type : seinen

Genre : fantastique

Editeur VF : Serbacane

Editeur VO : Shôgakukan

Nombre de volumes : 3/5 (terminé au Japon)


Hikaru no go – tome 1 :

 Résumé:

Un jour, Hikaru, 11 ans, trouve dans une remise une vieille table de go.

Soudain, de celle-ci surgit un fantôme qui y était enfermé : le fantôme de Saï Fujiwara, un génie du jeu de go à l’époque Heïan (VII° au XII° siècle) qui s’introduit dans l’esprit de Hikaru.

La passion de Saï pour ce jeu entraîne peu à peu Hikaru dans le monde du go …

Source : quatrième de couverture

Mon avis :

Il y a quelques années, j’avais vu quelques épisodes de l’adaptation animée, le sujet m’avait intéressé mais la série étant longue, je ne l’ai jamais terminée. Et voilà que je tome dessus à la bibliothèque ! Ni une, ni deux je leur réserve le tome 1. Je l’ai lu d’une traite, le temps d’un voyage en bus. Et j’ai maintenant très envie de lire la suite et… de jouer au jeu de go !

Enfin, ce n’est pas Hikaru qui m’a fait découvrir ce jeu. J’en avait fait la connaissance au FLIP il y a quelques années et tout de suite je décidé de m’acheter un goban. Problème, personne ne veut jouer avec moi. Du coup le goban prend la poussière. Lire se manga m’a donné envie de le dépoussiérer. Il ne me reste plus qu’à me trouver des partenaires de jeu.

Mais revenons au manga. ça parle de go, mais le scénario est suffisamment bien construit pour qu’on ai envie de suivre les premier pas de Hikaru dans le monde du go. L’avantage c’est que nous somme comme le héros, nous ne connaissons rien au go. Grâce à l’influence de Saï sur son hôte, nous allons avec lui en apprendre plus sur ce jeu millénaire. Hikaru est amusant, plein de vie et franchement sympa. Il y a, comme toujours, la jolie amie d’enfance amoureuse, incontournable et toujours aussi insupportable, mais faut pas oublier qu’il s’agit d’un shônen. Le manga s’adresse avant tout aux jeunes garçons.

Un shônen bien sympa que j’ai bien envie de poursuivre (un peu car à la bibliothèque ils n’ont que les premiers tomes, et la série est très longue).

 Hikaru no go

Titre VO : ヒカルの碁

Scénario :  Yumi Hotta

Dessin : Takeshi Obata

Supervision : Yukari Umezawa (professionnelle japonaise de go 5° dan)

1999

Type : shônen

Genre : fantastique, sport

Editeur VF : Tonkam

Editeur VO : shûeisha

Nombre de volumes : 23 (terminé)