Blood the last vampire ~ la nuit des prédateurs

Préambule :

Une fois n’est pas coutume, je vais me permettre un petit préambule avant de me lancer dans le vif du sujet. Un petit coup de gueule suite à une récente mésaventure.

Aujourd’hui je vais récidiver et parler light-novel. Mais attention, je vous préviens : cet article ne s’adresse en aucun cas aux fans hystériques du genre. Pour eux il existe tout un tas de sites très bien fait où ils trouveront ce qu’ils cherchent. Non, moi je suis pas une fan et encore moins une lectrice hystérique. J’aime lire un peu de tout et ma curiosité incurable fait que je me suis intéressé au phénomène du light-novel. Loin de me prétendre une exporte en la matière, je lis ça avec mon bagage culturel et ma façon de voir les choses. J’aime en discuter et j’accepte de bon cœur qu’on ne soit pas d’accord avec moi. Si j’écris dans un blog c’est avant tout que j’aime écrire (même si je n’écris pas très bien) et aussi pour le plaisir d’échanger autour de lecture communes. Mais où est-ce que je veux en venir avec ce préambule ? Je veux juste dire que si vous trouvez mon blog à chier et ma façon de parler du light-novel inadapté, ben vous n’avez qu’à pas lire mes articles, le monde de la blogosphère est assez vaste pour qu’il y est un espace pour chacun. De plus je demanderais aux plus hystériques des fans de s’abstenir de m’insulter à travers les filtres de la toile. Ce n’est pas parce que nous sommes chacun dernière un ordinateur que les mots en sont moins vexant.

Pourquoi je dit tout ça ? Tout simplement parce que mon dernier article sur le light-novel m’a valu quelques remarques désobligeante, voir instantes (sur facebook bien sûr, ces charmantes personnes n’ayant pas pris la peine de m’exposer leur point de vu directement) alors que j’ai juste écris sur 2 bouquins que j’ai lu et que j’ai donné mon humble avis sur la question. Mon avis n’est pas plus stupide qu’un autre, c’est le mien, c’est tout. Que vous le partagiez ou pas, je vous invite à laisser de gentils commentaires expliquant votre point de vue.

Voilà c’est dit, il fallait que ça sorte ! Pour ceux qui sont encore là, bonne lecture 😉

Un light-novel et des vampires :

Il y a fort longtemps j’avais regardé un anime pas mal du tout : Blood + où une jeune lycéenne nommée Saya se bat contre des créatures vampiriques. Je ne pourrais pas vous en dire d’avantage sur cette série, je ne me souviens pas de grand chose si ce n’est que j’avais bien aimé. Quand je suis tombée sur le roman Blood the last vampire de Mamoru Oshii j’ai cru, à tort, qu’il s’agissait du light-novel à l’origine de la série. J’ai été bien surprise de ne retrouver que Saya, la jeune lycéenne au sabre, de ce que je gardait en mémoire de l’anime. J’ai donc fait quelques recherches et l’historique de la saga Blood the last vampire est bien différent de ce que je croyais.

A l’origine (si j’ai bien compris) de la saga il y a un film : Blood : The Last Vampire, réalisé par Hiroyuki Kitakubo (studios Production I.G.) en 2000.

Le concept aurait ensuite été décliné en light-novel (3 romans écrits par 3 auteurs différents dont La Nuit des prédateurs écrit en 2000 par Mamoru Oshii et publié en France par Panini Books), un manga dessiné par Tamaoki Benkyo (disponible en français chez Panini manga), plusieurs séries TV dont Blood +, mais aussi Blood-C, OVA, film live et même jeux vidéo. Bref, le concept de Blood The Last Vempire a été cuisiné à toutes les sauces !

Moi ce dont je vais parler aujourd’hui c’est du light-novel de Mamoru Oshii, auteurs aux multiples casquettes : écrivain, scénariste, réalisateur, producteur…

La nuit des Prédateurs

Nous somme en avril 1969 et le Japon est secoué par les manifestations étudiantes. Rei un jeune lycéen engagé dans les mouvements de protestation se retrouve par un fâcheux hasard témoins d’une véritable scène d’horreur. Alors qu’il tente de fuir les forces de l’ordre qui répriment la manifestation à laquelle il a assisté, le jeune Rei se retrouve dans une ruelle sombre devant une jeune lycéenne armée d’un sabre et d’un regard de prédateur. derrière elle une mare de sang et un cadavre que l’on emballe. Assommé puis incarcéré comme témoin douteux avant d’être relâché et assigné à résidence par ses parents, Rei a du mal a oublier ce qu’il a vu, à croire ce qu’il a vu. Il tente en vain d’oublier quand un homme prétendant être un inspecteur de police menant secrètement une enquête sur la disparition récente de plusieurs lycéens appartenant tous au même groupuscule d’activistes se pointe chez lui. Habile manipulateur, l’inspecteur Gotoba, arrive à convaincre Rei et ses camarades activistes de collaborer avec lui pour enquêter sur ces disparitions et morts suspectes qui menaceraient un de leur camarades et qui impliqueraient une nouvelle étudiante de leur lycée répondant au nom de Saya qui n’est autre que la fille aperçue cette nuit là par Rei. Mais Rei n’a pas tout dit sur ce qu’il a vu. Qui est vraiment cette fille ? Quelle menace pèse sur leur camarade ? Quel est le mobile ? Voilà des questions auxquelles tentes de répondre les étudiant au tours de plusieurs bières plus en palabrant qu’en agissant.

illustration de couverture Katsuya Terada

Bon, quand on lit un roman sur les vampires, on s’attends à du sang, de l’action, voir du sexe. Bref e la chaire et de la passion ! On veut vibrer et avoir peur. On veux… STOP ! On arrête tout ! Pas de vampire super sexy si ce n’est un jeune femme au charme inquiétant qu’on entre-aperçoit à peine. Pas tellement de sang non plus et pour l’action… d’abord une bonne bière.

Et oui, si vous aimez que ça bouge, que ça saute et sa découpe de tout les côté. Si vous rêvé d’héros beaux et ténébreux, d’héroïnes sexy ou de je ne sais quel autre cliché que l’on peut associer aux vampires, ce roman n’est pas pour vous !

Comme quoi c’est pas parce qu’on écris du light-novel qu’on fait forcement dans le cliché et le fan service. Ici le héro est attachant mais pas particulièrement charismatique. Rei est un lycéen ordinaire avec des idées révolutionnaires, mais plutôt pacifiste. Il n’est ni particulièrement brillant, ni particulièrement beau, pas spécialement fort. Bref c’est un lycéen tout ce qu’il y a de plus normal. Et c’est justement ce qui le rend attachant. Il a conscience de ce qu’il est, mais il n’a de cesse de se battre contre lui-même pour tenter d’avoir un comportement à la hauteur de ses idées. Il fait preuve de beaucoup de courage même si cela ne sert pas à grand chose. Ces camarades sont comme lui, des lycéens lambda embarqués dans une drôle d’histoire. Quand à la belle et ténébreuse Saya, je l’ai dit, on la voit à peine et on ne l’entends jamais. Les scènes d’horreurs sont rares et brèves. Ce n’est pas pour elle qu’il faut lire ce roman au risque de s’ennuyer grave.

Mais alors s’il n’y a pas d’action, il y a quoi dans ce roman ? C’est quand même une histoire de vampires non ? Oui, il y a bien des vampires, enfin des créatures vampiriques qui s’apparentes à l’être humain et appartiennent à la famille des primates mais qui n’ont rien à voir avec la version romantique du vampire façon Dracula. Ici les « vampires » n’ont jamais été humain, il s’agit de deux espèces différentes qui cohabitent depuis la nuit des temps et tout ça on nous l’explique à grand coup de théories évolutionnistes. Et oui on nous cite Darwin mais aussi tout un tas d’autres naturalistes et philosophes, certains très connu d’autres… jamais entendu parler avant. Faut dire que je suis pas vraiment calé en la matière. Toutes ces longues discussions sur l’origine de l’homme (et par la même du vampire) mais aussi sur le carnivorisme de l’homme ou sa peur de la mort occupent bien 70% du livre. Faut lire ce bouquin comme on assisterais à une soirée philo ou la réalité et le fantastique seraient mêlé.

J’ai beaucoup aimé le début du livre qui décrit les mouvement étudiants du Japon de la fin des années 60. Un Japon que finalement j’ai vu assez peu que ce soit dans les manga ou dans les rares romans japonais que j’ai lu jusqu’à présent. Cette première partie est assez dynamique. On suit Rei dans la manif puis dans son face à face avec Saya et là on se dit que l’aventure va démarrer. Mais c’est bien le contraire qui se passe. Avec l’arrivé de Gotoba et le début de l’enquête dans laquelle il entraîne une bande de lycéens, on commence avec les discussions interminables. D’abord celle qui oppose Gotoba aux groupe e lycéens dans un resto autour d’une bière (enfin plusieurs bières). Au lieux de simplement énoncer les fait et déterminer une stratégie à adopter, le groupe se lance dans un débat sur le carnivorisme de l’humain et de ses conséquences morales, sur la mort et la peur qu’elle a toujours inspiré à l’homme, le tout en s’empiffrant de viande pas chère.

Plus tard Gotoba et Rei se retrouvent dans une autre situation propice à la parlotte. Et là, les interminables discussions qui ont eu lieu au restaurant font office d’une légère mise en bouche. Installez-vous confortablement et prenez un peu de café si vous ne voulez pas décrocher. On revient sur l’évolution, l’origine de l’homme, la visions que les philosophes des divers époques ont eu de l’homme et de sa nature profonde. Les lumières, les romantiques… même l’église catholique y passe. ça papote et ça papote. On enchaîne cigarettes et verres de vins. Et pendant ce temps la les vampires vivent leur vie car il est même pas question de trouver une stratégie face à eux. Non, tout ce blabla c’est pour nous expliquer ce que sont réellement ces créatures (et peut-être nous faire réviser au passages les cours de philo).

En lisant ce roman j’ai beaucoup repensé aux critiques qui ont été faites aux light-novel récemment sorti chez Ofelbe : Spice & Wolf et Log Horizon. Moi-même j’ai trouvais qu’il y avait dans ces 2 romans de long intermèdes explicatifs, si je n’ai pas été trop génée par cette façon d’écrire, j’ai lu beaucoup de critiques négatives où justement on reprochait à ces deux romans d’expliquer trop au détriment de l’action. Dans la nuit des prédateurs on observe exactement le même processus, l’histoire semble plus servir de prétexte à l’envie de parler de certaines choses plutôt que d’être le but même du roman. Là ou La nuit des prédateur se sert de vampires pour nous faire réfléchir sur l’évolution de l’espèce humaine, Spice & Wolf profite d’un décor médiévale-fantastique pour nous parler commerce et Log Horizon utilise le jeux vidéo pour parler de sociologie. Les trois romans n’ont pas le même style ni la même profondeur dans leur argumentation (je ne sais pas si c’est le terme « profondeur » est le plus approprié) mais ils ont ce point commun. Et je me demande si ce n’est pas une caractéristique récurrente de ce genre de roman. Bien sûr toute histoire de science-fiction a pour but plus ou moins caché de critiquer la société, mais disons que dans le style américain il y a beaucoup d’action et qu’il faut lire la critique entre les lignes (certains n’y verrons que du feu et se contenteront du premier niveau de lecture) alors que dans La nuit des prédateurs et Spice & Wolf (moins dans Log Horizon) on nous explique plus qu’on ne montre. Cette approche peut étonner certains lecteurs habitués à moins de blabla et plus d’action. Nombreux sont ceux qui ont trouvé Spice & Wolf assez ennuyeux à cause de ses longues explications qui cassent le rythme du récit. Le roman de Mamoru Oshii est construit de la même façon et risque donc d’ennuyer un certains nombre de lecteurs. A la différences près que La nuit des prédateur est un one-shot de 252 pages seulement alors que Spice & Wolf est une longue série. Autre différences, Mamoru Oshii argument ses explications à grand coup de citations et semble maîtriser son sujet (je dis « semble » car moi je ne le maîtrise pas du tout et je ne peux donc pas en juger). Je ne veux pas dire par la que Isuna Hasekura, l’auteur de Spice & Wolf ne maîtrise pas le sien, mais il ne cite aucun économiste pour asseoir ses explications.

Ces longues pauses philosophiques donnent au roman un rythme assez particulier mais bien maîtrisé ce qui fait que même si parfois j’avais l’impression de décrocher, je ne me suis jamais ennuyée. J’ai été surprise car je m’attendais à autre chose, mais j’ai aimé le style de Mamoru Oshii.

Pour le coup j’ai trouvé que Isuna Hasekura maîtrise moins bien le rythme et que même si ces explications sont intéressant, je ressentais parfois un besoin d’accélérer le processus. Certains trouverons qu’il est incongru de comparer deux romans qui n’ont rien d’autre en commun que d’être des light-novel, mais j’ai trouve la similitude des procédés d’écriture était assez frappante. J’aurais tout aussi bien pu le comparer au Gardien de l’esprit sacré qui aussi incorpore à son récit de longs épisodes explicatifs. C’est quelques chose que je n’ai pas remarqué dans les romans jeunesse français ou américains que j’ai lu.

Avez-vous lu la Nuit des prédateurs ? Je serais curieuse de connaitre votre ressenti sur ce roman.

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