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Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? Soledad Bravi et Dorothée Werner

Quand cette bande dessinée de Soledad Bravi et Dorothée Werner m’a été proposé par Rue de Sèvre, j’étais intéressé surtout par une lecture croisée. Je voulais l’aborder sous différents point de vues, le miens et celui de mes filles. Je trouvais intéressant de comparer le regard de 3 femmes à 3 âges différents : l’adulte, l’adolescent (même si c’est déjà une jeune adulte) et l’enfant (presque pré-ado). Trois femmes donc, mais une seule famille, résolument féministe. Il n’y avait donc personne à convaincre. Nous partions déjà en terrain conquis. Mais c’est précisément ce regard là qui m’intéressait de scruter puisque quoi qu’il arrive, c’est le genre de livre qui sera principalement lu par ceux qui sont déjà d’accord avec le propos. Je vois mal un misogyne acheter cette bande dessinée pour ses filles…

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La première à l’avoir lu c’est Yomu-chan. J’aurais aimé lui céder la première place pour qu’elle vous dises quelques mot sur ses impressions. Le problème c’est que ça fait 2 mois que je l’harcèle mais elle n’arrive pas à trouver le temps. Et plus le temps passe et plus le souvenir de ses impressions s’estompes. Je vais donc changer mon fusil d’épaule et publier cet article sans elle (et avec un peu de retard sur le programme initial ^^’).

Place à la petite sœur (heureusement la relève est là 😛 )

Ce que Mimiko en a pensé :

C’est avec beaucoup d’intérêt que Mimiko a lu (vraiment lu) cette bande dessiné. J’étais même étonnée de la voir si concentrée sur le propos, interrompant de temps à autre pour me poser quelques questions : « elle étaient toutes brûlée les femmes à cette époque !? », « tu sais qui c’est Hubertine Auclert, toi ? »…

Bref elle était concernée et a trouvé ce livre très intéressant, soulignant son caractère instructif. Elle y a appris beaucoup de choses et en a éprouvé une sincère satisfaction.

Ce que Bidib en a pensé :

Moi je suis moins enthousiaste que la petite Mimiko. Faut dire que je pinaille. Déjà, le titre commence par un gros POURQUOI écrit en majuscule. Je m’attends donc à un « parce que ». Bref, je veux une réponse à ce pourquoi et le livre n’en offre pas vraiment. On nous fait une fresque historique des droits de la femme et de sa condition sociale. C’est fort intéressant, mais cela ne répond pas à la question posé dès la couverture.

Parlons-en de cette couverture. On y voit un homme préhistorique traînant une femme par les cheveux. Le but, bien sûr, est de provoquer, peut-être aussi de traiter de primitif les hommes qui encore de nos  jours se sentent/se croient supérieur aux femmes. Mais cette image de l’homme des cavernes traînant la femelle par les cheveux est une image véhiculé par la société moderne misogyne et n’a rien à voir avec la supposé réalité des hommes préhistoriques. Et c’est un peu sous ce même regard (celui que l’interprétation misogyne du XIX/XX siècle fait de l’histoire ancienne) que l’on nous dépeint l’histoire de la femmes (en Europe…).

Pour résumer mon ressenti, j’ai eu l’impression qu’on donne un ton féministe à une histoire de discrimination, tout en continuant à véhiculer des à priori misogyne sur l’histoire, plutôt qu’à rétablir des vérités historiques montrant que la femme, même par le passé, a occupé une place importante, du moins plus importante que ce que l’on a longtemps prétendu. Je m’explique. On nous raconte par exemple qu’au Moyen Age les femmes étaient enfermé dans les donjons en attendant le retour du mari or, si cela existait c’était quand même l’exception et non la règle. La plupart des femmes de châtelain devaient s’occuper du château et de ses gens durant les absence des maris. Pour les sorcières  brûlée vives c’est la même chose. C’est effectivement un fait historique impressionnant (et épouvantable), mais qui était loin d’être une pratique courante durant le Moyen Age. D’ailleurs les femmes n’étaient pas les seules à être brûlées pour hérésie (mais si elle étaient plus nombreuses que les hommes). Sans parler du fait que les plus grosses chasses aux sorcières ont été pratiquées au XVI siècle, autrement à la Renaissance.

Bref j’ai eu l’impression qu’on mettait surtout l’accent sur les cas extrêmes de misogynie on en faisant la règle (aussi parce que en effet c’est ce que disaient les règles officielles) mais qui ne correspond pas forcement à la réalité historique de la vie quotidienne des gens. Et on ressort du jeu que quelques épingles, des femmes particulièrement connues pour leur engagement.

Or je suis plutôt adepte d’une relecture éclairé de l’histoire. J’entends éclairé par une regard dépourvu de à priori sexistes sur le passé. Par exemple j’ai lu récemment que des recherches ont été menées sur plusieurs tombes de guerriers démontrant que les femmes guerrières existait dès l’antiquité contrairement à ce que l’on avait longtemps supposé. Finalement si on a longtemps cru le contraire c’est simplement que les tombes de « guerrier » avaient été découvertes par des chercheurs à une époque où il était inenvisageable pour le chercheur de croire que le guerrier était en fait une guerrière. J’ai aussi lu des articles mettant l’accent sur le fait que hommes et femmes avaient la même corpulence (et force physique) durant la préhistoire. Ce qui vient contredire cette satanée image de l’homme des caverne traînant une femme par la chevelure. Ce ne sont là que deux exemple mais ce que je tenais à montrer ici c’est que les recherches actuelle tendent « redorer le blason » de la place de la femmes dans l’histoire, si je peux m’exprimer ainsi. Or ces points de vue là on ne les retrouve pas dans cet ouvrage et j’ai trouvé cela un peu dommage.

Ceci-dit, j’ai trouvé tout de même cette bande dessinée intéressante. Déjà parce qu’elle donne une frise historique assez complète, qu’elle donne un aperçu de ce qu’étaient en effet les droits officiels des femmes à telle ou telle époque, qu’on peut ainsi en observer l’évolution, se rendre compte que des choses aussi banale que porter un pantalon ou voter ne nous sont finalement accessible que depuis très peu de temps et que ce n’est toujours pas accessible partout dans le monde. Que même en Europe l’avortement n’est pas autorisé partout, etc. C’est une petite piqûre de rappel qui nous dit qu’il faut rester vigilant, que l’évolution du droit des femmes ne s’est pas toujours faite dans le sens de l’amélioration et qu’on est pas à l’abris d’un recul. On y apprends aussi des petites choses par ci par là. Si la plupart des périodes et des fait évoqué ne me sont pas inconnu j’avoue ne pas connaitre Hubertine Auclert.

C’est, comme l’indique le Stickers collé sur la couverture, une bonne base sur laquelle on peut s’appuyer pour après aller chercher plus loin.

C’est aussi un support ludique et accessible pour les plus jeunes, pour les sensibiliser à la question du droit de la femme, un livre à proposer dans toutes les bibliothèques (rayon jeunesse) et tous les CDI. Un support qui peut aussi permettre d’aborder la question en classe.

Il se lit bien, il ne manque pas d’humour, et les dessins sont agréables. C’est très stylisé, peut-être un peu trop à mon goût, mais cela reste une bonne base sur laquelle rebondir et travailler.

sur le site Rue de Sèvre

petite vidéo de présentation

⇒Soledad Bravi (son blog, sa page facebook)

ses bd chez Rue de Sèvres


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l’égalité filles/garçon expliquée aux enfants

Pour le mois de mars, Hérisson nous à proposé comme thème commun l’égalité fille/garçon. Un sujet qui me tient à cœur mais qui est complètement absent de la bibliothèque de Mimiko. Du coup je suis allée voir ce que la bibliothèque avait à me proposer. Je suis revenue avec 3 livres dont un album : On n’est pas des poupées – mon premier manifeste féministe de Delphine Beauvois et Claire Cantais (éditions la ville brûle).

Mimiko l’a trouvé “bien mais bizarre” à cause du dessin. Moi-même je ne suis vraiment pas fan de ce type de graphisme, les petites filles avec des bouches et yeux collé ont, je trouve, des têtes vraiment chelou, limite à faire peur. Du coup cet album me laisse assez mitigé, si j’adhère au propos je le trouve visuellement très moche et peut-être un tantinet simpliste. Le texte est très court et ça parle plus aux mamans engagées qu’au petites filles. Par exemple la page où une petite fille dit « beurk » à propos du rose… c’est quoi cette manie anti-rose ? C’est pas parce que le rose est une coleur plus ou moins imposée aux fille par la loi du marqueting qu’on est obligé de ne pas aimer le rose ! Même chose pour les poupée, ce n’est pas parce que c’est un jeu prédestiné aux filles que les filles doivent rejetter les poupée. Il y a des petites filles qui adorent le rose et les poupées et il y a pas de mal à ça. Elle ne sont pas pour autant moins modernes ou moins bonne que les autres. Je trouve cette opposition simpliste. Il ne faut pas rejeter le rose ou les poupée, il faut juste avoir le choix. Ma première fille adorait jouer à la poupée, elle emmenait son poupon partout, ça ne l’empêche pas d’être devenue une féministe engagée. Quant à sa sœur, elle adorait les petites voitures bébé, ça ne l’empêche pas d’aimer les robes à paillettes.

Après il y a des pages aux quelles j’adhère complètement 🙂

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Mais je préfère, et de loin, des albums comme Drôle de princesse, qui sans être ouvertement un manifeste féministe montrent une autre vision de la femme et le tout avec beaucoup d’humour. On peut être une princesse et terrasser des dragons ! Je trouve le message plus sympa que “d’abord le rose c’est la couleur des saucisses !”

Bref, ce n’est pas un album que je conseillerais.

A la bibliothèque on m’a également conseillé Les garçons et les filles de la colection Les goûters philo (éditions Milan) rédigé par Brigitte Labbé et Michel Puech.

Ai-je eu plus de chance avec ce mini essai ?

Moi j’ai trouvé ça pas mal. Le texte est simple mais pas simpliste. On y aborde la différence entre les femmes et les hommes, la façon dont les femmes ont été traité (et sont toujours dans certains pays) comme de sous-humain, l’amour et l’attirance, la sexualité et la reproduction en passant par les animaux (avec l’évocation d’animaux hermaphrodites tel que l’escargot, ou encore le clonage des bactéries), on passe un long moment sur le fait que chaque humain soit différent (par opposition au clonage), puis on passe à des histoires de grand-parents pour monter que par le passé les rôles homme femme étaient très défini dans la société, le passé, le passé… pas tant que ça, finalement de nos jours on a encore des idées bien arrêté sur le rôle de chacun et pour illustrer ce propos on nous parle d’un garçon qui aime faire des collier de perles. Et les garçon manqué ? Et les femmelettes ? ça s’arrange mais les rôles qu’on a attribué aux deux sexes ont la vie dure et certains adultes ont du mal à penser autrement, beaucoup s’étonnerons de voir un père s’arrêter de travailler pour s’occuper d’un enfant alors que si c’est la mère tout le monde trouve ça normal. On aborde ensuite les métiers. Et pour finir, on revient à l’amour.

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J’ai trouvé ce petit livre vraiment pas mal, ça aborde plein de sujet et pas uniquement la différence garçon/fille, mais aussi l’amour et la reproduction. Moi j’ai trouvé ça bien fait mais Mimiko elle en a eu marre avant la fin, je l’ai fini toute seule. Ce genre de livre plus qu’à lire au coucher peut servir de support en classe pour aborder ces notions à l’école primaire.


8/20
8/20 – thème de mars : égalité filles/garçon
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