Archives du mot-clé édition Philippe Picquier

Ikebukuro west gate park II

Il y a des livres dont vous tombez amoureux, sans trop savoir pourquoi. C’est ce qui m’est arrivé avec le deuxième tome de Ikebukuro west gate park. Le coup de foudre dès les premières pages. Pourtant, j’ai pas lu le premier tome, j’aurais pu m’arrêter page 5, attendre de m’être acheté le premier volume et recommencer. Impossible ! Je ne pouvais pas m’arrêter et attendre. J’étais plongé dans l’ambiance de ce Tokyo populaire, j’étais embarquée avec Makoto dans une embrouille, il fallait que j’aille jusqu’au bout. Ce que j’ai fait en quelques jours. En refermant la dernière page cette sensation de vide et de solitude que nous laissent ces livres qu’on a aimé. En en veut encore. Et ça tombe bien j’ai encore deux tomes à découvrir !

Le fait d’avoir commence par le deuxième volume n’a pas été un problème, les histoires sont indépendantes les unes des autres et si les personnages réapparaissent de l’une à l’autre, on se familiarise assez vite avec eux. Il y a dans leur description une certaines redondance qui permet d’être plongé immédiatement dans l’ambiance même si on ouvre le livre en son milieu. Pourtant je n’ai éprouvé aucune lassitude à relire mainte fois les caractéristique de tel ou tel personnage tant les descriptions sont brèves et habillement amené. Ce n’est pas comme une répétition mais plutôt comme un trait de caractère que le narrateur (Makoto, le personnage principal) aime à souligner.

Makoto est un jeune homme d’une vingtaine d’année. Sans le sous il travaille dans la boutique de fruits et légumes de sa mère, tout en écrivant à l’occasion des chronique dans une revue de mode. Qui est Makoto ? Un loser comme tant d’autre dans les bas quartiers de Tokyo ? Pas du tout ! Makoto a un talent bien particulier, celui de se retrouver toujours mêlé aux embrouilles du quartier : un gamin qui disparaît, une pute qui se fait harceler pas des yakuza… Il y a toujours quelqu’un pour lui demander son aide. Payé ou pas quand il s’agit de venir en aide aux habitant de Ikebukuro, Makoto est toujours près à enquêter et à démêler les sacs de nœuds dans lequel il se trouve fourré. Plus que les enquêtes c’est l’ambiance de ce livre qui est excellente. On vit au rythme des réflexions de Makoto, on respire avec lui, on en arrive même à entendre les bruit de sa ville, sentir les odeurs de fruit dans la boutique de sa mère. On l’accompagne comme on suit un ami. C’est d’ailleurs un grand vide que j’ai ressenti en refermant le livre comme quand on quitte un ami proche sans savoir quand sera notre prochaine rencontre. Heureusement pour moi deux autres tomes sont disponibles et je vais pouvoir revoir Makoto bientôt, et avec lui arpenter les rue d’Ikebukuro.

5/5 ! Yatta !!
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Petites coupures à Shioguni

C’est au Festival d’Angoulême que j’ai découvert pour la première fois cette BD, le dessin de Florent Chavouet (que je connaissais déjà pour son Tokyo Sanpo) ainsi que la mise en scène et le découpage des pages m’avaient tout de suite plus. Mais je n’en avait fait qu’une lecture en diagonale et n’avais pas tout suivi de l’intrigue. Un lecture commune avec l’équipe k.bd était l’occasion rêvé pour revenir sur cette BD (et une excellente excuse pour me l’offrir !). C’est donc en toute hâte que je me suis rendue hier matin à la librairie et que j’en suis revenue avec le précieux trésor et intersession de faire un petite chronique dans la foulée (je suis déjà à la bourre!!)

N’ayant que préalablement survolé le livre, j’ai pris un réel plaisir à le (re)découvrir.

Après avoir publié deux carnet de voyage (Tokyo Sanpo et Manabé Shima) Florent Chavouet se lance dans une nouvelle aventure, celle de la bande dessinée, avec Petites Coupure à Shioguni. Pour une première, elle est drôlement réussie !

Petites Coupures à Shioguni  est un drôle de roman policier où tout ce que l’on croyait avoir compris n’était en fait qu’une fausse piste. Un jeu de piste fait de petites coupures de journaux, de témoignages récolté par un journaliste, de notes écrites sur son carnet…

Tout commence dans un petit restaurent de Shioguni (ville fictive), trois yakuza entrent dans le resto pour réclamer à Kenji, le jeune cuisinier, l’argent qu’il leur a emprunté. Du moins c’est ce que raconte la fille au sweat rose. Mais que faisait là cette fille ? Simple témoin ? Où est-elle passé ?

De témoignage en témoignage on remonte le fils de l’histoire, une histoire qui finalement ne se relève pas si simple que ça. Une histoire ? Y-a-t il au moins une histoire ?

Un scénario très original servi par une mise en page très hétérogène, ou s’entremêlent prises de notes, passages narratifs, flashback, interviews… Un cahos qu’on retrouve également dans les illustrations de Chavouet, très riches en détails et en couleur. Le découpage de l’action, avec des allées et venues dans la chronologie des évennement à quelque chose de très cinématographique, tout comme l’ambiance de vieux polar qui s’en dégage. Une histoire construite en puzzle qui se révèle très drôle, tout en gardant un rythme et une tension propre au récit à suspens.

Visuellement c’est aussi agréable qu’inattendu. Inattendu par sa mise en page particulière ne laissant aucune place au vide. Il n’y a pratiquement aucune case, tout comme il n’y a aucune page blanche, ni au début ni à la fin de l’ouvrage. Quant au dessin de l’auteur, s’il a évolué par rapport Tokyo Sanpo, il garde cette patte particulière et ce trait de crayon et de couleur que j’avais aimé dans son carnet de voyage.

Bref un très beau livre. Seul bémon, vous allez rire, l’odeur. Oui, l’odeur ! Je n’aime pas l’odeur de papier que décage le livre. J’espère qu’elle va s’estomper. Je fait partie de ces gens bizarres qui aiment sniffer les livres alors pour moi c’est important.

2015-06-24 18.32.18

à lire aussi les avis de Jérôme, Mo’,  ChocoYvan et Kiba-chan

découvrez le site ce Florent Chavouet

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Qu’est devenu l’homme coincé dans l’ascenseur?

Qu’est devenu l’homme coincé dans l’ascenseur ?

엘리베이터에 낀 그 남자는 어떻게 되었나

Kim Young-ha

1999

traduit en français par Lim Yeong-hee et Françoise Nagel

Editions Philippe Picquier

2011 pour l’édition française

 

Voici bien longtemps que je ne parlais pas d’un vrais livre, un livre sans images 😉

J’avais envie de me remettre à des lectures plus sérieuses  mais la quantité de manga à lire était si grande que j’avais du mal à trouver le temps de lire autre chose ces derniers temps… Et voilà qu’enfin je trouve le temps de m’attaquer à ma PAL* roman et nouvelles.

J’ai choisi un peu au hasard dans la pile et c’est ce recueil de nouvelles de Kim Young-ha qui en est ressorti. Je ne connaissez pas encore Kim Young-ha et j’ai été conquise.

Le recueil regroupe 4 nouvelles :

Qu’est devenu l’homme coincé dans l’ascenseur ?

Un homme vit sa pire journée. Tout va de travers : son rasoir casse alors qu’il n’a que la moitié du visage rasé, l’ascenseur est en panne et doit dévaler les 14 étages de son immeuble à pieds alors qu’il est déjà en retard. La il découvre un homme coincé dans l’ascenseur entre deux étages, cours chercher le gardien qui n’est pas là, tente de se faire prêter un portable pour appeler les secours mais personne ne lui vient en aide, il a oublié son abonnement pour le bus et alors qu’il tente de négocier avec le chauffeur et… pour le découvrir, lisez la nouvelle !

Les événement s’enchaînent faisant de cette journée un véritable enfers sur terre. Le tout conté avec humour. C’est un vrai plaisir à lire, un plaisir peut-être un peu pervers…

Vampires

L’auteur nous dit avoir reçu un étrange courrier qu’il nous retranscrit. Dans celui-ci une femme lui raconte sa rencontre avec son mari.

Beaucoup moins drôle que la nouvelle précédente, celle-ci fait un portrait peu reluisant des hommes coréens. Le style y est toujours agréable et si je l’ai moins aimé que la précédente, je l’ai trouvé intéressante.

L’amour à haute tension

Un homme tombe amoureux et fini par disparaître, il devient complètement invisible.

Une histoire étrange et captivante, qui encore une fois dresse un portrait acerbe des coréens.

L’homme qui n’avait pas d’ombre

On retrouve le style de l’auteur qui est agréable à lire, mais cette nouvelle m’a moins touché car le récit est trop dispersé. ça part dans tout les sens, entre les détails insignifiants du quotidien du narrateur (auteur?), les digressions et les apartés, j’ai eu beaucoup de mal à comprendre où l’auteur voulait en venir. D’ailleurs, à la lecture de la chute, je n’avais toujours pas compris. Ceci dit il y a de bon passages. Et de bons personnages.

Si j’ai un faible pour la première nouvelle que je trouve juste excellente, le recueil dans son ensemble m’a charmé et m’a donné très envie d’en découvrir plus sur son auteur Kim Young-Ha dont plusieurs romans sont disponible en français :

L’empire des Lumières

La mort à demi-mots

Fleur noire

Quiz Show


*PAL : pile à lire. Je précise parce que moi, la première fois que j’ai vu ce sigle dans un article… j’ai rien compris ^^’

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