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Semaine shôjo 2018 – Le shôjo qui m’a le plus émue

Comme chaque année au mois d’avril, le club shôjo organise la semaine shôjo. Comme chaque année la semaine shôjo est accompagnée d’un événement interblog. Cette année, nous sommes invités à répondre à la question suivante : quel est le shôjo qui nous a le plus émus.

⇒ Sur Club Shôjo

Par shôjo il faut ici entendre manga pour femmes au sens large : shôjo, josei, shonen-ai et yaoi.

J’avoue que la question n’était pas évidente. À premier abord, je n’ai eu aucune réponse qui me soit venue à l’esprit. Je suis donc allée fouiller ma bibliothèque, j’ai passé en revue les shôjo et les josei que j’ai lus, il y en a qui m’ont particulièrement marqué, certaines m’ont fait verser une petite larme (voir plusieurs), mais lequel m’a le plus ému ? J’ai pensé à L’infirmerie après les cours, mais « ému » n’est pas le terme qui me convient le mieux pour parler de ce titre. Et puis, tout à coup, LE titre que je cherchais c’est présenté à moi comme une évidence : Tango, un yaoi d’Est Em.

Manga - Tango

Tango regroupe de nombreuses nouvelles, plus ou moins courtes. Si j’ai aimé la totalité du manga, il y aune nouvelle qui m’a tout particulièrement émue : Des cigales le long d’une route d’été.

Un vieil homme revient à Kyoto 42 ans après avoir quitté la ville pour le festival d’été où il avait l’habitude de jouer de la flûte avec son ami étant jeune. Il s’attend à le revoir, mais c’est un tout jeune Sakaki qu’il y rencontre, le petit-fils de son ami.

La musique et la ville font resurgir en lui les souvenirs de leur dernier défilé. Mais Keiji est revenu trop tard. Son ami, celui qu’il avait quitté, car il n’était pas possible de vivre les sentiments qui l’animaient à l’époque, n’est plus de ce monde. Rien que de le raconter l’histoire, j’en suis toute émue. Je la trouve tellement triste. Ce qui me touche tout particulièrement ce n’est pas tant le fait que les deux jeunes se soient séparés, mais le fait que Keiji revienne trop tard pour revoir son ami. Chacun semble avoir fait sa vie, une vie heureuse, mais dans une petite place au fond du cœur est resté le souvenir de ce chaud après-midi d’été. Le fait que l’un des deux meure avant d’avoir pu se revoir me rend tellement triste, c’est comme si cette histoire ne pouvait jamais trouver de conclusion.

En seulement quelques pages, Est Em a su m’émouvoir dans cette nouvelle, encore plus que dans les autres. Elle arrive à capter l’émotion d’un instant. Une lèvre posée sur la flûte, un regard qui porte au loin… et mon cœur chavire.

Au-delà de l’histoire, de cette histoire, j’aime beaucoup le dessin d’Est Em. Je le trouve très beau, sensuel et poétique. Je suis toujours touché par ses dessins, même sur une seule planche.

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Tango ~ est em
Lever de Rideau, dans Tango – Est Em
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Tango ~ est em

Ayant parlé récemment de est em, et lui ayant décerné la couronne de reine du yaoi, j’ai eu envie de relire et chroniquer son seul manga paru à l’heure actuelle dans nos contrés : Tango, one-shot regroupant plusieurs histoires courtes. La version française de ce yaoi a été publié par les éditiond H en 2010.

La version japonaise est publié par les éditions Tôkyô Mangasha (2006) sous le titre ショーが跳ねたら逢いましょう (show ga hanetara aimashou). Si les américain ont traduit le titre par Seduce me after the show, on se demande où l’éditeur français a été chercher son titre. Car s’il est bien question de séduction après le show, point de Tango dans cette histoire ! Oh, le titre va à merveille avec cette sublime couverture rouge et noir, pleine de sex appeal. C’est d’ailleurs cette combinaison entre l’image et le titre (et les conseils de a-yin) qui m’on donné envie de lire ce manga. Mais force est de constater que… s’il y est bien question de dance, je cherche encore le rapport avec le tango…

Si ça ne parle pas de tango, de quoi nous parle ce manga ?

Et bien, ma fois, de jeu de séduction, d’hommes tourmenté, d’amour et d’art aussi. C’est un yaoi, alors, évidemment, il y est question de romance entre homme, mais ne cherchez pas ici des aventures complexes, des scénario rocambolesque, des histoires d’amour qui n’en finissent pas de se mettre en place, ni de sexe à profusion. Ce sont des histoires brèves, des instants dans la vie de ces hommes qui se rencontrent et puis se perdent et parfois se retrouvent. Il n’y a pas toujours un sens, il n’y a pas de fin heureuse ou d’amour triomphant, il y a d’ailleurs pas vraiment de fin. Il y a la vie et il y a l’art. Car oui, l’art est omniprésent dans ce one-shot, que se soit avec le danseur, l’acteur ou encore les musiciens ou le peintre.

Lever de rideau et Une fois le spectacle terminé…, les deux premiers récit, mettent en scène le couple de la couverture : Théo, un jeune danseur blesse, et Darren un célèbre acteur américain. Les deux hommes se rencontrent lors d’un tournage et échangent un premier baiser, comme une plaisanterie. Mais le cœur tourmenté du jeune danseur aura raison du tombeur. La plaisanterie prendra une tournure plus sérieuse. Mais Théo est de ces oiseaux là qu’on enferme pas, Darren le sait bien. Et c’est en le laissant s’échapper qu’il en devient plus beau.

La relation entre Théo et Darren n’a rien de particulièrement intéressant, l’histoire est, néanmoins,  bien mené. Mais ce qui m’a le plus marqué dans cette histoire c’est Théo et sa dance, qui n’est pas du Tango mais de la danse classique car Théo vient du Bolchoï, célèbre ballet russe, qu’il a quitté pour aller danser en Espagne, pays qui n’est pas vraiment connue pour le tango, mais pour le flamenco… dont le costume de scène de Théo s’inspire. Bref, Théo est devenu célèbre pour son interprétation très personnelle de Carmen ou il joue à la fois les rôles de José et Carmen. Toute l’histoire entre Darren et Théo se passe et moi je ne me disais qu’une chose : « je veux voir Théo danser ! »

tango

La nouvelle qui suit, Café et cigarette est moins troublante, plus classique. Un jeune peintre devenu garçon de café rencontre un bel homme qui tient une gallérie. Grâce à l’influence de cet homme, le jeune homme va se remettre à la peinture qu’il avait fini par abandonner. Si les personnages sont moins charismatiques que dans les deux premières nouvelles, ils n’en sont pas moins touchant.

Rokin’in my head c’est la rencontre entre un jeune rockeur et son idole. Si la rencontre est drôle et le vieux rockeur blasé touchant, la chute est un peu too much et l’ensemble de l’histoire un peu trop classique. Cela reste agréable à lire et à regarder.

Suivent deux très courtes histoires assez étranges : Nero et Monochrome. Ces deux histoires bien que pas particulièrement porté sur le sexe et le boys-love sont tout à fait « yaoi » tant la définition « pas de climax, pas de chute, pas de sens » leur colle à merveille. Ces récits, mettent en scène deux hommes en costume noir, au comportement vraiment étrange. A la première lecture j’ai pas vraiment compris d’ailleurs. Mais finalement, je trouve que c’est pas mal trouvé du tout. Si j’en dis pas plus c’est pour vous donner envie de découvrir par vous même 😉 (si ce n’est pas déjà fait)

La dernière nouvelle est celle que j’ai trouvé la plus émouvante, surtout à ma deuxième lecture. Des cigales le long d’une route d’été nous montre un vieille homme qui revient dans sa Kyôtô natale à l’occasion d’un festival, il espère y retrouver un ami de jeunesse, et c’est, troublé, qu’il rencontre le petits fils de cet amis, désormais disparu. Cette histoire m’a touché par sa simplicité et aussi, peut-être par sa vraisemblance. Deux jeunes hommes, amis, découvrent que peut-être quelques chose de plus que l’amitié les uni, mais préfèrent ne rien se dire pour que la séparation soit plus simple. Ils se promettent de se revoir mais la vie reprends ses droits et chacun mènera sa vie. Devenu vieux, celui qui est parti veux revenir vers son premier amour. Mais celui-ci est déjà mort. Il rencontre alors son petits fils. A travers les mots de ce dernier on croie comprendre qu’il a vécu une vie heureuse, qu’il a eu enfant et petite-enfant… Mais au moment du festival, toute sa vie durant, il scrutera la foule en souvenir de cette promesse fait des années plus tôt, à l’homme qu’il aimait peut-être mais à qui il n’a pas voulu le dire, cette homme qui l’aimait, mais qui n’est jamais revenu. Je trouvé ça très triste. Mais ce qui rend ce récit particulièrement touchant c’est la façon tout en délicatesse et en discrétion, sans pathos qu’on évoque cet amour avorté dans l’œuf. Il y a de la nostalgie, un peu de tristesse, mais aussi de la tendresse dans le regard du vieil homme. Tendresse à l’égard de ses souvenirs.

C’est peut-être cet absence de pathos et de drame, trop souvent présente dans les boys-love qui m’a plu dans ce recueil. Même l’histoires de Théo n’est pas plongée dans le drame. Certes le danseur à vécu un drame et il en a été marqué, mais on en fait pas des tonnes. Pas de larmes à profusion, pas de discours intérieur à rallonge, de masturbation mentale et tous le mélodrame qu’on nous sert si souvent dans le yaoi, parce qu’il faut souffrir pour être un bon héros de boys-love ! Ici il y a des hommes troublé, des hommes tourmenté, mais des hommes qui sonnent plutôt vrai. Des hommes adultes, aussi, qui donc passent moins de temps à explorer leur nombril que les ados, parce que ce soit dans le boys-love, ou dans le shôjo s’il y a bien une chose qui à tendance à m’agacer c’est quand le héros se pose des tas de questions sur « oh mon dieu qu’est-ce qui m’arrive » durant plusieurs chapitres, questions certes légitimes mais qui à la longue lassent.

Ce qui fait la force de ce manga, ce n’est pas que la façon dont est em nous raconte ses histoires, c’est aussi son dessin. Un trait particulier  et immédiatement reconnaissable, beau et expressif où les vieux beaux ont autant de charme que les beaux gosses.

C’est beau, c’est touchant et c’est pas que pour les fan de yaoi.

A quand un nouveau manga de est em en français ? En attendant vous pouvez toujours vous consoler avec les éditions étrangères 😉

lire un extrait

♣ à lire aussi : Spotlight (801 Special): Est Em (anglais) et An interview with Est Em (anglais)

album

Tango sur le forum Club Shôjo

Et, pour conclure, une image bonus 🙂

Carmen par Mats Ek – le costume rappelle fortement celui de Théo

anime manga aggregator sama Sama It!

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Homosexualité et manga : le yaoi, manga 10 000 images

Ce n’est pas du yaoi en tant que genre de manga que je vais vous parler (ça va venir, un de ces jour j’y consacrerais sans doute un billet). Mais aujourd’hui c’est sur numéro 1 de la revue Manga 10 000 images que je vais me pencher. Et il se trouve que ce premier numéro est consacré au yaoi, type de manga en pleine expansion ces derniers temps.

La première publication de se numéro date de 2008. A l’époque le genre était encore très peu connu du publique français en dehors des cercles fermé de fan et la revue se proposait de nous le faire découvrir. Depuis, le boys-love à connu une très grande croissance de son marché avec des nouveaux éditeurs et de plus en plus de titres proposée. La revue à été récemment réédité et mise à jour pour mieux coller aux nouvelles données du marché francophone. Oui, mais voilà ! Moi j’ai appris la réédition de ce numéro une semaine après avoir commandé mon exemplaire (T_T) C’est donc de la première version que je parlerais dans les paragraphes qui suivent.

Alors, que nous propose cette revue ?

Voici la table de matière :

Une petite histoire du yaoi

Les éditeurs de boys love

Entretien avec Hisako Miyoshi

Le yaoi en francophonie

Les produits dérivés

Fiches des auteurs

Pourquoi les filles aiment-elle le yoai ?

Le coin des chroniques

Ces manga qui se servent du yaoi pour doper leur ventes

Le yaoi est-il gay ?

Entretien avec Benita

Manga : Une fleur sauvage

Et c’est intéressant ?

Et bien, dans son ensemble j’ai trouvé que les différents auteurs de ces articles ont fait du bon travail. C’est bien écrit, bien documenté, plutôt approfondi… ça nous change de certaines revues aux articles bâcle… Bon, faut dire qu’on n’est pas du tout dans le même genre de produit que les revues auxquels je lance un petit clin d’œil perfide. Le travail n’est pas le même et la cible non plus, d’ailleurs. On n’a pas ici une revue de news et de divertissement mais plutôt dans une revue sérieuse qui veut faire des articles de fond sur le manga, comme nous l’annonce Hervé Brient sans son éditorial :

Manga 10 000 images est donc une collection à thème, en quelque sorte une revue d’étude sur la bande dessinée japonaise.

Et ça tombe bien, c’est justement ce que je recherchait !

Revenons un peu plus en détails sur le contenu. Si l’ensemble du travail est fait avec sérieux, je n’ai pas lu tous les articles avec le même intérêt.

L’introduction historique n’est pas mal du tout, on y découvre comment sont né les premier shônen-aï dans les revues de shôjo, puis l’apparition du yaoi dans le milieu du dôjin avant que celui-ci ne se mute en Boys love après avoir été récupéré par la presse officielle, ces deux milieux coexistant plus ou moins pacifiquement selon les époques.

Le deuxième article, qui fait un tour d’horizon des principaux mangashi  spécialisé dans le Boys love, je l’ai trouvé moins passionnant. Disons que cela peut-être intéressant pour un spécialiste, mais moi qui ne m’intéresse pas plus que ça au marché éditorial nippon, j’ai trouvé cette partie assez rébarbative.

Sans intérêt, en revanche, c’est ainsi que je qualifierais l’entretien avec Hisako Miyoshi, vice-rédactrice en chef de la section manga chez Libre Pushing, qui n’apporte aucune information intéressante. A la décharge de Hisako Miyoshi et de Hadrien de Bats qui a réalisé cet entretien, j’éprouve exactement le même sentiment d’absolue inutilité en lisant la grande majorité d’interviews réalisé sur des personnalité japonaise. J’ai l’impression que pour celle-ci l’exercice de l’interview se résume à dire quelques futilité en public. Bref, la seule chose que j’ai retenu de cet entretien, c’est que Mme Hisako Miyoshi ne s’est jamais intéressée au Boys love avant de commencer ce travail… pour moi ça veut tout dire.

J’ai retrouvé mon enthousiasme en lisant « Le yoai en francophonie ». L’article est intéressant, mais c’est surtout ici que j’ai regretté de ne pas avoir la dernière réédition ! Car depuis 2008 le marché francophone du yaoi a énormément changé. Si en 2008 très peu d’éditeurs francophone publient du BL, aujourd’hui nous avons des éditeurs entièrement spécialisé dans cette branche. Alors qu’en 2008 on pouvait conter les titres yaoi sur les doigt de la main, maintenant de nouveaux titres sortent chaque mois chez plusieurs éditeurs. S’il est intéressant de voir comment le Boys Love est arrivé en France et quels sont les éditeurs à en avoir initié le mouvement. Cet article est malheureusement trop daté pour donner une idée de ce que peut-être le marché actuel du yaoi en francophonie.

L’article suivant, « Les produits dérivé », je ne l’ai pas trouvé très passionnant. Et surtout peu inscrit dans la thématique puisque s’il existe des produits dérivé du Boys love, ce phénomène touche le manga en général, du coup, j’ai pas tellement pigé ce que cela venait faire ici.

S’en suivent quelques « Fiches auteurs » qui elle ont ravivé ma curiosité. Si je connaissais certaines d’entre elles, surtout de nom, cela est toujours intéressant d’en apprendre un peu plus sur les auteurs et d’avoir leur bibliographie. Là encore je regrette la vieille éditions car depuis certaines œuvres citées ont connu une traduction en français, mais je ne les ai pas toutes en mémoire.

On a Moto Hagio qui a récemment été publié en français avec Le cœur de Thomas (shônen-aï qu’on nous présente ici des l’introduction sur l’histoire du yaoi) et une Anthologie.

Suit You Higuri, également publié en France. Je ne suis pas sûre d’avoir déjà lu un de ses manga, mais j’ai bien envie de tenter son Ludwig II.

On nous parle ensuite de Setona Mizushiro dont j’ai lu Le Jeu du chat et de la souris, manga qui m’a franchement laissé indifférente. Cliché, classique,bref, rien de très extraordinaire dans ce titre. Et pourtant il a l’air d’avoir fait son petit effet sur un public non yaoiphile. Mystère… En revanche le petit encart qui est fait sur son shôjo L’infirmerie après les cours, me donne envie de l’essayer.

On nous parle ensuite de Yuki Shimizu (Ze, Love Mode), Yôka Nitta connue entre autre pour sa série Haru no daite ita, Kaoru Uchida, Hyôta Fujiyama et Shushushu Sakurai, que je ne connais pas encore (du moins j’ai pas retenu leur nom). Et pour finir Shiho Sugiura et Ayano Yamane que je connais surtout à travers l’adaptation anime de certains de leurs manga : Koori no mamono no monogatari Gaiden pour Sugiura et Viewfinder pour Yamane.

Après cet apparté du côté des auteurs, l’article que j’ai le plus aimé : « Pourquoi les filles aiment-elle le yaoi ? ». J’ai trouvé cet article très bien fait et très pertinent. D’ailleurs, j’y ai trouvé des réponse à la question que je me posait moi-même depuis très longtemps (depuis que j’ai commencé à lire du yaoi en fait) : pourquoi est-ce que j’aime ça ? La question a été déjà posé ici et là, et sans m »être attardé trop longtemps sur les réponses, j’en trouvait aucune qui me convienne. Namtrac apporte ici quelques réponses qui me semblent intéressante tant d’un point de vue sociologique que psychologique et je trouve cela bien plus convaincant que les quelques « c’est pour la beauté du dessin » ou « la complexité du scénario » que j’ai pu voir ici et là.

Ainsi, qu’elles suivent le récit en spectatrices ou qu’elle s’identifient aux héros (parce que les émotions n’ont pas de sexe et sont universelles), les lectrices peuvent laisser libre cours à leur désirs sans se soucier du réel, des problèmes de grossesse, de contraception, voire de ne « plus être bonne à marier » pour les lectrices japonaises. Pour elles, l’amour entre deux hommes signifie pas de mariage, pas d’enfants, pas de contraintes physiques, morales ou sociales, que du sexe pour le sexe, l’amour pour l’amour, en somme la liberté.

L’auteur s’attarde aussi sur les différents type de yaoi et la perception différente que peuvent avoir les lectrices japonaises où occidentales puisque dans nos deux cultures le sexe est perçu différemment.

Ce qui m’a plus à la lecture de cet articles, c’est de mieux comprendre mes propres penchants, de pouvoir mettre des mots sur ce que je ressentais sans savoir comment l’exprimer.

Si les lectrices de yaoi ont un problème, notamment les plus âgées, c’est bien plutôt avec l’image qu’on leur renvoie d’elles dans le shôjo, avec les rôles qu’on veut leur faire endosser (ou qu’elles croient qu’on veut leur faire endosse, interprétant les actions et les comportements des héroïnes à l’aune de leur propre insécurité et de leur propre obsession). Passives, obnubilées par l’amour du héros, ne se préoccupant pas de carrière professionnelle, incapable de prendre une décision seule… ces héroïnes de shôjo provoquent un rejet viscéral de la part de certaines lectrices, par trop forte empathie peut-être.

Mais c’est tout moi ça ! Comme j’ai pu bondir de rage en voyant dans certains shôjo (surtout dans le genre romance life-school) les héroïnes déclarer leur amour en… préparant de bon petit plat pour l’élu de leur cœur ! P*** au est au XXI siècle ! T’as faim ? T’as qu’à t’faire à bouffer ! Et tant que t’y est, cuisine aussi pour moi ! Non, mais…

Bon, ok, ma réaction excessive à des relents de féminisme démodé et tous les shôjo ne sont pas comme ça… Mais j’assume pleinement mon féminisme démodé et voire, dans une BD destiné aux futur générations, de jeunes collégiennes ne s’inquiéter que du bento qu’elle prépareront à leur amoureux me déprime carrément !

Au même temps, ça existe aussi dans certains BL où le uke est tellement féminisé qu’il n’est guère différent d’une femme (si se n’est pas son tour de poitrine) et y occupent la même niche sociale… ça me révolte aussi !

Au delà de cette réaction « viscéral » que provoque en moi certains stéréotype sur la féminité, le yaoi incarne surtout un fantasme :

Une âme féminine dans le corps masculin, un être idéal dans tous les sens du terme, fantasmé, parfait, sublimé. Un idéal auquel elles aspirent peut-être inconsciemment. Être femme dans un corps d’homme, retrouver une époque sans barrières, ce temps béni de l’enfance où la différence des sexes n’existe pas encore.

Bref, à chacun ses raison d’aimer ou pas le yaoi. Mais en ce qui me concerne, je trouve l’analyse de Namtrac très juste.

Après cet introspection, c’est au tours de quelques manga de faire la une, on nous présente 12 titres ayant connu une traduction française avant 2008. Depuis de nombreux yaoi ont été traduit. Ici on trouve Zetsuai 1989, New york New York, Fake, Kizuna, Ludwig II, Gravitation, Love Me Tender, Loveless, Princess Princess, Le Jeu du chat et de la souris, Color, Guaken Heaven.  Techniquement parlant, tous ces titres ne sont pas des Boys love mais tous s’en approchent par certains aspects.

Suit un article sur « Ces manga qui se servent du yaoi pour doper leur ventes ». La lecture de ce dernier m’a plutôt amusé car, faut le dire, je commençait sérieusement à me dire que j’avais un esprit bien tordu pour voir du BL partout. Finalement, après avoir lu cet article, je me dit que je suis loin d’être la seule et que bien souvent c’est voulu par l’éditeur lui-même.

L’article suivant tente d’expliquer en quoi le yaoi n’est pas un manga gay et nous parle de la critique faite au yaoi par des artistes gay. Un article intéressant qui reprends certains point déjà vu précédemment pour donner un nouveau éclairage sur ce phénomène. Dommage qu’on n’ai pas plus d’information sur le manga gay. La réédition remédie à cette lacune puisque un article y est dédié au bara, le manga gay.

Un petit glossaire et, pour finir en beauté, une nouvelle yaoi inéditte de Benita.

Finir en beauté… enfin… histoire de parler. Parce que moi cette nouvelle, je l’ai trouvé vraiment à ch***. Franchement ! Et ça gâche un peu tout le propos du magazine. On nous dit combien que le yaoi est riche et ceci et cela… et au final on nous sort une nouvelle où rien n’est digne d’intérêt. Pas d’histoire, pas de personnages, pas même un dessin qui vaille le coup. Une fleur sauvage n’a rien pour plaire.  Remarquez, elle colle parfaitement à la définition première du terme yaoi :

acronyme de « YamA nashi, Ochi nashi, Imi nashi », ce qui signifierait « pas de climax [dans la narration], pas de chute [au récit], pas de sens [à l’histoire] »

Si cette petite BD offerte en bonus ne m’a pas du tout plu, j’ai trouvé la lecture du magazine plaisante et très intéressante. Un investissement que je ne regrette pas.

Pour voir le sommaire de la nouvelle édition c’est ici => Le Yaoi

Malheureusement ils ont gardé la même nouvelles en bonus… mais des nouveaux articles viennent compléter le sommaire de la première édition.

Pour lire un extrait, cliquez ICI

Vous pouvez retrouver toutes les définitions des termes techniques dans le Lexique

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