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Goggles ~ Tetsuya Toyoda

Depuis le temps que j’avais envie de lire ce manga, la lecture commune partagé avec les membre de l’équipe de k.bd était le moment rêvé pour me lancer, enfin. Cette couverture simpliste m’avait intrigué. Il était temps d’en découvrir le contenu.

Ce one-shot regroupe 6 histoires courtes pré-publiées entre 2003 et 2012. 6 tranches de vies parfois drôles, parfois tristes, toujours touchantes.

L’album tire son titre d’une des nouvelles, écrite en 2003. Dans cette histoire, deux hommes qui partagent un appartement se retrouvent à s’occuper d’une petite fille abandonnée par le père et maltraité par la mère. Cette dernière, très sensibles, avait trouvé refuge auprès de son grand-père, quand celui-ci décède, un amis de son père en prends la charge en attendant une meilleure solution.

Cette nouvelle est très touchante. La petite Hiroko, renfermée dans son silence ne laisse rien paraître de son malheur. Quand aux deux hommes qui se retrouvent à s’occuper d’elle, il ne sont pas de sa famille, ils ne savent pas trop quoi faire et pourtant ils lui tendent la main. Une main salvatrice. C’est dans la simplicité que cette histoire est touchante. Pas de pathos, pas de larmes, juste des gens ordinaire qui font ce qu’ils peuvent.

Une autre nouvelle m’a beaucoup plu, la première du recueil : Slider. Cette-ci prend des accents plus surnaturel avec l’intervention de 2 kami. Je l’ai trouvé amusante, surtout pour son trio d’héros idiots.

Les 6 histoires ensemble font de cet album un moment agréable. Le dessin sobre de Tesuya Toyoda s’accorde parfaitement avec ces tranches de vie tout en retenue. Un belle album que je suis heureuse d’avoir dans ma collection. Pourtant les éloges faites par Taniguchi sur le bandeau qui ornait mon exemplaire me semblent bien exagérées. Je ne ressors pas de cette lecture particulièrement bouleversée.

→ à lire aussi les avis de Mo’, Choco et Seetmadonna

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Usu ! Gokusen entre dans la place

Gokusen, je connaissais déjà. J’ai vu le drama, l’anime… Il me me restait plus qu’à découvrir le manga. Et voilà qu’il débarque en septembre chez Kazé manga. Ni une ni deux, le lendemain de sa sortie je file à la librairie et dans la foulé je me régale des deux premier tomes sorti simultanément.

L’histoire je la connaissez déjà, mais qu’importe, le plaisir reste intacte et je suis pas déçue !

L’histoire je la connais déjà… mais vous peut-être pas ! Alors trêve d’introduction. Rentrons dans le vif du sujet.

L’histoire :

Kumiko Yamaguchi, héritière d’un clan de gokudo (de gangster) est devenue professeur de mathématique. Pour sa première année elle se voit affecté dans un lycée à la très mauvaise réputation, principale d’une classe de voyous. Ils s’essayent de l’intimider mais, ce n’est pas une bande de morveux qui va l’impressionner, elle  qui a grandi dans le milieu du crime organisé !

Professeur au grand cœur, elle veut être un bon prof pour tous ses élèves, pour les bons comme pour les mauvais. Le plus dur va être de leur faire comprendre qu’elle est de leur côté, tout en cachant ses origines familiales… Origines qu’elle cache, mais qu’elle ne rejette pas du tout puisque elle vit avec son grand-père, chef actuel du clan.

Humour et péripétie de gangster en milieu scolaire.

gokusen 1

Alors, ça donne quoi ?

Après deux tomes, j’adhère complètement. J’aime beaucoup le personnage de Yankumi (petit surnom que les élèves donnent à Kumiko Yamaguchi) qui oscille perpétuellement entre ces deux identités avec son lot de gaffes, sérieuse et légère, drôle et attachante, une prof comme on rêverais d’en avoir. Les élèves sont pas mal aussi, très caricaturaux, comme le veux l’histoire, mais attachant tant ils peuvent être balourds.

L’histoire est légère. On sourit, on se prend pas la tête. Et au même temps, si on a envie de creuser un peu, le sujet est tout de même intéressant puisque il s’interroge sur le rôle du professeur et du système éducatif en général face à une jeunesse à la dérive. Le sujet n’a rien de nouveau et d’autre s’y sont essayé sur le chemin de l’humour. Je pense notamment au cultissime GTO. Mais là où l’humour de GTO est très en dessous de la ceinture, ici c’est plutôt le comique de situation qui joue. Personnellement je trouve cela beaucoup moins lourd.

Côté dessin on a quelque chose de très simple, très caricatural. Ce style très épuré colle bien à l’histoire et aux personnages, on se prend pas au sérieux. Même les beaux gosses ne brillent pas, ils apparaissent plutôt comme des garçons ordinaires.

Bref, c’est bon et ça fait plaisir. Dommage que la traduction ne rende pas suffisamment la différence de langage entre yakuza et gens normaux. Si l’effet est renforcé par une calligraphie différente, au niveau des mots, c’est pas flagrant. Et petit point négatif qui n’a pas vraiment d’importance sauf pour les sniffeur de livre comme moi : le papier pue :'( A part ça un vrai bonheur 🙂

Gokusen

Morimoto Kozueko

1999

josei

Kazé manga

2/15 (série terminée)

Lire un extrait

 

Deuxième pioche dans les sorties de la rentrée, deuxième coup de cœur ! Ah dis donc ! Je suis plutôt de bonne humeur ces dernier temps 🙂 

 

2 livres – 0.33%

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Hors-service ~ Solja Krapu

Pour la deuxième étape de mon tours d’Europe, je m’arrête, le temps d’un roman, en Suède. Et ce voyage je le fait en compagnie de Solja Krapu.

L’histoire :

Eva-Lena est professeur d’anglais et de suédois au collège. Mariée, 3 enfants, un jolis pavillon en banlieue… Elle a tout pour être heureuse. Mais l’est-elle réellement ?

Un vendredi soir, elle se rend au collège pour faire des photocopies, histoire de s’avancer pour lundi… Sauf que la porte du cagibi ne s’ouvre plus ! On est vendredi soir, le collège est désert. Il n’y aura personne avant lundi matin ! Quelqu’un va venir la sauver, Eva-Lena en est convaincu, du moins au début. Mais le temps passe et personne ne vient. Ce huis clos forcé avec elle-même va être l’occasion de faire le point sur sa vie.

L’auteur :

Suédoise d’origine finlandaise, née en 1960, Solja Krapu est auteur de livres pour enfants et poétesse, un des pilier du mouvement de poésie slam en Suède.

édition Gaïa

Alors, ça donne quoi ?

Je ne connaissez absolument pas cette auteure, il faut dire que moi la littératures scandinave, je ne m’y intéresse pas vraiment. C’est en cherchant (avec l’aide de Yomu-chan) des titres pour le challenge l’Union Européenne en 28 livres que je suis tombée sur ce titre. Le pitch semblait amusant, alors pourquoi pas ?

Et bien, autant vous le dire tout de suite : j’ai adoré ! Rien que pour avoir découvert ce livre je suis heureuse de m’être inscrite à ce challenge (j’en profite au passage pour remercier l’équipe de Have a break, have a book à l’origine du challenge). C’est pour découvrir des livres que sans ça je n’aurais jamais lu que j’ai eu envie d’y participer. Et là je suis pleinement satisfaite. Non seulement j’ai décuvent un auteur que je ne connaissez absolument pas, mais en plus je suis tombée sous son charme. Dommage qu’il y ai pas d’autres livres d’elle disponibles en français… (ça c’est un petit message subliminal pour son éditeur français, les éditions Gaïa, deuxième livre que je découvre chez eux, deuxième bonne surprise !)

Mais revenons à nos moutons ! Je ne veux pas trop m’emballer, en dire trop de bien, de peur qu’après vous soyez déçu. Chaque livre est un dialogue personnel et peut-être ne parlera-t-il pas à tout le monde comme il m’a parlé.

En dehors de intrigue, qui est concasse faut l’admettre, ce que j’ai beaucoup aimé c’est le style. Très vivant, très dynamique. Pas un instant on ne s’ennuie, alors même qu’on ne nous raconte rien de bien passionnant. Ici tout est dans l’art de raconter. Au début j’était un peu déstabilisée car on change régulièrement de point de vue. Eva-Lena nous parle à la première personne (ou plutôt elle se parle) puis c’est au tour d’un narrateur subjectif de nos raconter tel ou tel événement vu par tel ou tel autre personnage (même si Eva-Lena reste le pivot principal du récit). Si l’auteure joue avec les points de vues, elle joue aussi avec le temps. Le récit ne suis pas un ordre chronologique, il fait des bonds en avant et en arrière sans toujours nous indiquer à quel moment la scène se déroule. C’est à nous de e déduire en fonction de ce qui est dit. C’est ces allés-retours, ces changements qui rendent le récit dynamique et intéressant.

Prise au piège dans le local de la photocopieuse, Eva-Lena est en quelques sorte forcé à l’introspection. Mais son dialogue avec elle-même est entrecoupé de différentes scène qui nous amènent à comprendre petit à petit comment elle en est arrivé là (dans ce cagibi, mais surtout dans cet état d’esprit).

Eva-Lena est un personnage attachant, un peu pathétique, mais attachant. Par certains aspect je me suis identifié à elle et j’éprouvé de l’affection pour cette femme si intransigeante avec elle-même. Son amie Aurora est envoûtante, sympathique, dynamique et joviale, une amie comme on aimerait en avoir. Les hommes sont plus effacé, présent surtout par ceux qu’ils inspirent aux femmes.

Les élèves du collège occupent également une place important dans ce récit qui nous parle beaucoup du métier d’enseignant. Une réflexion intéressante sur leur rôle, mais aussi sur leur façon de vivre ce rôle se cache derrière les mésaventures d’Eva-Lena.

Que dire de plus. Un très bon roman, comme je les aime. Avec une langue vivante qui ne s’embarrasse pas du superflu, un bon rythme, des personnages sympa… Bref j’ai fait un super voyage et je suis prête à remettre ça !

Bonne route à tous et à bientôt pour une nouvelle étape

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La première étape du voyage : République Tchéque avec Lettre au père de Kafka

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Suède
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Une histoire d’homme

Si j’ai eu envie de lire cette BD c’est par pure et simple curiosité. Je n’ai même pas lu le pitch. Je connaissais le nom de Zep (qui ne connais pas Zep ?) à travers Titeuf. Et, autant vous le dire de suite, je ne suis pas particulièrement fan de Titeuf. J’en ai d’ailleurs jamais lu. Je me suis contentée d’y jeter un œil discret à l’époque où ma fille aimait bien. Rien de plus. Ma curiosité était attisée par le fait que l’auteur, spécialisé dans la BD jeune publique, sorte avec ce titre un album qui s’adresse aux adultes et qui soit sérieux (il suffit de regarder les tronches que tirent les mecs sur la couverture pour s’en rendre compte). On est là dans un univers très différents de celui de Titeuf et j’étais intéressée par cette démarche. Allait-il réussir avec autant de talent qu’il a eu pour séduire les têtes blondes ? C’est ce que nous allons voir.

L’histoire :

Trois vieux amis se vont ensemble en Angleterre pour rendre visite au quatrième membre de leur ancien groupe de rock. Des 4, celui-ci est le seul à avoir continué dans la musique. Il est même devenu une rock-star. Si deux membres du groupe ont refait leur vie loin de la musique et qu’il n’en sont pas malheureux, Yvan a passé les 20 dernières années à vivre dans la rancœur et le regret, n’étant plus que l’ombre de ce qu’il avait été.

Mais pourquoi l’ancien leader du groupe à décidé de les réunir tous les trois en cette date si particulière : l’anniversaire de la mort de son fils ?

Mon avis :

Franchement, j’ai trouvé la lecture agréable mais je n’ai pas été emballé. Au niveau du dessin, j’ai pas trouvé ça super, il y a même quelques raté, notamment le visage de Béa dans les premières planches. Je me demandais si elle était entrain de faire la grimasse ou si il y avait un problème dans la symétrie du dessin, j’y suis revenue plusieurs fois pour essayer de trancher, et j’ai pas la réponse…

La coloration n’est pas très gaie non plus, mais bon, l’histoire non plus, alors on peut dire que cela s’accorde plutôt bien avec le reste.

Le scénario est plutôt bien construit, mais sans surprises. Et… sans grand intérêt. Je n’ai éprouvé aucune empathie pour les personnages et leur histoire est passé sur moi comme une brise légère par un jour chaud d’été : agréable mais vite oublié.

site officiel (vous pouvez y lire un extrait)

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L’homme qui marche

Dans ce manga, on accompagne un homme ordinaire lors de ses promenades, dans son quartier, avec son chien, sur le chemin de la bibliothèque… Taniguchi croque des scène du quotidien banal avec beaucoup de tendresse. Cette homme, d’âge mur, est attachant par son côté un peu enfantin : il grimpe aux arbres, saute sur un mur ou s’amuse à se faufiler dans une ruelle trop étroite. Le voir ainsi s’amuser d’un rien, nous rappelle que le bonheur tient à peu de chose et que c’est à nous de savoir le cueillir, tout les jour, même sur le chemin qui mène à la poste.

Dans le promeneur, on a plus de nostalgie, on s’attarde également plus longtemps sur les découverte que fait le promeneur. Ici le récit est plus décousu, un peu comme une succession de photo dans un album. L’accent est mis surtout sur le plaisir de l’instant, pas sur ce que la promenade nous évoque. Dans ce sens on peut dire qu’il a quelque chose de très zen : être dans l’instant présent, sans se perdre dans nos pensées.

Cependant le côté un peu trop décousu du manga fait qu’il est peut-être moins touchant que le promeneur ou encore Furari.

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Blue ~ Kiriko Nananan

Je retrouve Kiriko Nananan qui m’avait beaucoup impressionnée par l’originalité de son style avec Fragments d’amour. Contrairement à ce dernier, dans Blue on n’a pas une succession d’histoires courte mais une seule et unique histoire mettant en scène deux lycéennes qui tombent amoureuses l’une de l’autre lors de leur année de terminale.

Leur romance a quelque chose de plutôt banal si ce n’est que ce sont deux filles, et qu’une telle attirance engendre un flot d’interrogations supplémentaires. L’histoire en elle-même ne m’a pas particulièrement touché. Bidib au cœur de pierre, toujours aussi insensible face aux histoires d’amour…

Tout comme dans Fragment d’amour, c’est la mise en scène, le cadrage, le dessin de Nananan qui me touchent. “La prise de vue” originale qu’elle impose donne à une histoire, somme toute très banale, un éclairage nouveau. C’est en s’attardant sur les détails d’une main sur laquelle glisse une mèche de cheveux, une bouche entrouverte qu’on est ému. Le sens du détail et le dessin épuré de l’auteur nous entraînent dans l’intimité de ses personnages nous faisant ressentir leurs émotions.

Je ne suis pas déçue par cette lecture où j’ai retrouvé le style qui m’avait tant marqué de l’auteur. Mais je ne peux pas dire non plus que j’ai été subjugué par cette histoire, assez quelconque.

Nananan est une mangaka qui me fascine et m’ennuie à la fois. Elle me fascine par son talent et l’originalité de son dessin, plus particulièrement par son cadrage et son sens du détails du geste. Mais elle m’ennuie par ses histoires romantiques peu originales. Et peut-être aussi par un excès de mélodrame, qui pourtant colle bien à la peau de ses personnages.

Blue

ブルー

Kiriko Nananan

Casterman – Sakka

seinen

Japon – 1996

→ à lire aussi : les avis de Mackie et David

→ à lire aussi la synthèse sur K.DB

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Des filles qui s’aiment

Ironie du sort, en peu de temps j’ai lu deux manga mettant en scène une romance entre lycéennes. Le précédent était Candy de Yuzuki Yufuko. Si les deux histoires ont le même cadre et le même sujet (le lycée et les amours entre filles) les deux auteurs ont deux style complètements différents. Le classicisme de Yuzuki Yufuko face à l’originalité du dessin épuré de Kiriko Nananan, la comédie romantique face au drame. Si leur style est si différent, ce n’est pas seulement parce que les auteurs ont une façon de travailler différente. Il s’agit également de deux type de manga différents. si Candy est un yuri, sous genre de shôjo qui s’adresse principalement au jeune adolescentes, Blue est un seinen et vise un public adulte. Le ton des deux histoires y est très différent. Les relations entre jeunes femmes sont le sujet même du yuri alors que l’histoire que nous raconte Nananan dépasse ce simple cadre, elle nous parle de la jeunesse et de la difficulté d’être jeune femme au Japon.

 

filles qui s'aiment - seinen vs yuri
filles qui s’aiment – seinen vs yuri

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Cours, Bong-gu

Les manhwa renferment quelques trésors que je suis toujours heureuse de découvrir au hasard de mes visites en bibliothèque (ah! que ferais-je sans bibliothèque !). Cours, Bong-gu de Byun Byung Jun fait partie de ces belles découvertes. Choisi par pur hasard, je ne connaissez pas du tout ce manhwaga. Je suis tout de suite tombée sous le charme de son graphisme très original.

Cours , Bong-gu nous raconte une petite histoire banale, d’une femme et son enfant, venus à Séoul à la recherche du père du petit Bong-gu. Le père est venu à Séoul dans l’espoir de gagner de l’argent mais a disparu sans laisser de trace. Arrivés à Séoul, Bong-gu et sa mère sont confronté à la froideur de la société urbaine. Le hasard voudra qu’il coisent un vieux mendiant et sa petite fille. Grâce à leur aide il retrouvent le père de Bong-gu et tout se fini bien. L’histoire n’a rien de particulièrement dramatique ou extraordinaire, elle n’est pas drôle ni particulièrement émouvante. Mais c’est par sa simplicité que justement elle nous touche. Elle met en lumière les oubliés de la société sans tomber dans le mélodramatique. Elle nous montre des gens ordinaires et se fini bien, nous donnant ainsi envie de croire que rien n’est une fatalité. Que face à la dureté de la vie, il y a toujours de l’espoire.

Son histoire simple et touchante m’a plus. Mais ce qui m’a le plus charmé dans ce manhwa, c’est le dessin de Byun Byung Jun. Les planches couleur et noir et blanc se mélangent harmonieusement tout au long du manhwa. Les couleurs sont douce, apportant une touche de poésie au récit. Les personnages sont très simples, voire grottesque (les visages des enfant avec leur lévres retrousée sont assez spéciaux). Alors que les paysanges urbain sont de toute bauté. J’ai aussi beaucoup aimé la façon dont est représenté la foule en mouvement, avec des silhouettes toutes hachurées.

– Parfois, les oiseaux se prennent les pattes dans des ficelles. Ensuite, quand il se perchent sur les fils électriques ou dans les arbres, ils ne peuvent plus s’envoler, à cause des fils qui sont restés accrochés… Et en se débattant, il se blessent les pattes…

En ville, la vie est difficile pour tout le monde, pour les hommes comme pour les oiseaux… Les hommes aussi ont souvent des fils qui les retiennent, qui les empêchent de vivre… les blessures s’enveniment sans qu’en s’en aperçoive…

– Tu dis toujours des choses bizarres, grand-père !

– hum hum ! Tu crois ?

Dans ce manhwa comme dans ceux de Kim Dong Hwa, on retrouve une certaine nostalgie de la vie rurale que l’on oppose à la froideur des société urbaine. Ce sentiment je l’ai retrouvé également dans de nombreux manga.

Quoi qu’il en soit, je vous conseille vivement Cours, Bong-gu, publié par Kana dans sa collection Made in (très belle collection, soit dit en passant).

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Le pays de cerisiers ~ Fumiyo Kouno

1955

Dix ans se sont écoulés depuis le jour où l’éclair incandescent a fendu le ciel. Dans la ville d’Hiroshima, l’espit d’une jeune femme est intensément bouleversé. Pour les plus faibles, qu’ont représenté la guerre et la bombe ?

L’oeuvre polémique d’un auteur engagé !

 

C’est ainsi que l’éditeur présente ce manga de Fumiyo Kouno qui revient sur l’impacte que la bombe à laissé sur la ville d’Hiroshima et ses habitants bien des années après que la guerre soit finie. A vrai dire je ne vois pas vraiment ce que cette oeuvre à de polémique, ni de vraiment engagé. Oui, on peut dire qu’il s’agit d’une oeuvre contre la bombe, on voit même à un moment donné des pancartes pour une collecte de fond d’une campagne anti bombe A et H (page 8), mais l’héroïne passe devant sans même y prêter attention. Les personnages de ce manga, tout comme le manga lui-même n’est pas particulièrement “engagé” c’est plutôt un constat, un prise de conscience de ce que la bombe à laissé derrière elle.

Contrairement à d’autres œuvres traitant du sujet, les récit de Fumiyo Kouno sont particulièrement tendres. Le récit commence 10 après explosion et si Minami, l’héroïne de la première histoire, se remémore les horreurs vues le jours de l’explosion, nous, lecteurs ne somme pas confronté aux atrocités que l’explosions à produite comme nous le somme dans le manga de Nakazawa Keiji : Gen d’Hiroshima ou encore dans le film de Shôhei Imamura Pluie noire, qui met également en scène une jeune femme en âge de se marier ayant survécu à l’explosion.

La ville du Yûnagi, premier récit de ce recueil, m’a beaucoup fait penser à Pluie noire. Dans les deux histoires, les jeunes femmes, à la fois traumatisées par ce qu’elle ont vu et effrayée par ce qui peut leur arriver, se refusent au bonheur et fuient l’amour. Pourtant, l’une comme l’autre trouveront un homme qui sait les écouter, qui n’est pas effrayé par la bombe et ce qu’elle a laissé derrière elle. Et toutes les deux n’auront pas le temps de goûter à ce bonheur enfin trouvé et accepté. Deux histoires terribles et extrêmement touchantes. Fumiyou Kouno sait trouver les mots pour nous toucher sans tomber dans le mélodramatique. La douceur de son dessin contraste avec le dureté de certains propos. Ce contraste rend le récit d’autant plus touchant car il met en évidence la normalité de cette jeune femme qui, malgré son vécu, aspire comme toute jeune femme au bonheur et à l’amour.

Par la voix de Minami, Fumiyo fait aussi parler les petites gens de Hiroshima, toutes ses habitants innocent qui ont perdu la vie dans une guerre qui les dépassé complètement.

Personne n’en parle. On ne sait toujours pas pourquoi c’est arrivé. Tout ce qu’on sait c’est que quelqu’un s’est dit que notre mort importait peu. Malgré cela , on a survécu.

Mais le plus effrayant, c’est que depuis, nous soyons devenu des êtres qui acceptent que d’autres aient pensé ainsi, et qui s’y résignent.

Les deux récit suivants : Le pays des cerisiers I et II sont moins directement lié à la bombe. On n’y fait pas vraiment allusion. Les récits se passent plus tard encore. Pourtant on sent planer les séquelles que la bombe à laissé derrière elle comme un ombre pesant sur la vies des héros. Le pays des cerisiers I met en scène une petite fille dont le petit frère est hospitalisé. On ne sait pas si son hospitalisation est ou non une conséquence directe de la bombe, mais le doute est là. En revanche, dans le pays des cerisiers II, où l’on retrouve la petite fille devenue une jeune femme active et son frère guéri, la bombe revient. Elle revient à travers les souvenir du père qui n’est autres que le jeune frère de Minami, l’héroïne du premier récit. Elle revient aussi, plus indirectement, par le refus des parents de Tôko, une amie d’enfance, qui ne souhaitent pas qu’elle fréquente Nagio, le jeune homme qui enfants était hospitalisé car ils redoutent que cette hospitalisation soit lié à la bombe. Si le sujet est abordé ici très discrètement, il met en évidence une difficulté supplémentaire à laquelle furent confronté les survivants de la bombe et leur famille, le rejet par le reste de la société. Nakazawa Keiji dans Gen d’Hiroshima en parle de façon beaucoup plus violente. Le sujet est également abordé dans le film que je citais plus haut : Pluie noire. Plus récemment, on en a reparlé lorsque les évacué de Fukushima se sont retrouvé dans une situation similaire, du moins à en croire les média.

J’ai beaucoup aimé ce manga, il aborde un sujet difficile avec beaucoup de douceur et de subtilité, par des récits très court qui disent beaucoup en peu de mots. Le dessins particulièrement doux de l’auteur rend ce manga d’autant plus touchant. J’ai aimé également le lien familiale qui uni les différents personnages d’un récit à l’autre. Chaque histoire peut être lue indépendamment l’une des autres, mais un fil rouge les relie les unes aux autres leur donnant plus de profondeur. Un très beau manga, à lire absolument.


Japan Expo Awards – Prix du Jury catégorie Moriawase (2007) Prix Culturel Osamu Tezuka – Prix de la nouveauté (2005)

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Pour Sanpei ~ Fumiyo Kouno

Sur le rabat de la couverture on peut lire que l’une des phrases préférées de l’auteure est une citation d’André Gide : “Je ne me suis senti grand goût pour portraire les triomphants et les glorieux de ce monde, mais ceux dont le plus vraie gloire est cachée”. Cette phrase colle bien au travail de Fumiyo Kouno qui, dans ses manga, met en scène des gens ordinaires, des héros de la vie de tout les jours.

Ici, comme dans les autres manga de l’auteure que j’ai lu, le héros est homme ordinaire, un homme du peuple si j’ose dire. Sanpei est un retraité comme tant d’autres ayant mené une vie bien ordinaire. Après la mort de sa femme, il part vivre chez son fils unique. Il va partager le quotidien de cette famille ordinaire : sa belle-fille est femme au foyer, sa petite fille va à l’école primaire et de son fil est employé de bureau.

C’est avec beaucoup de tendresse et d’humour que Fumiyo nous raconte la vie de cette famille à travers des petites scène anodines et qui pourtant en disent long sur la personnalité de ses personnages et aussi sur la société dans laquelle ils évoluent. Par exemple, dans un chapitre on voit le fils de Sanpei se disputer avec sa femme. Celle-ci a envie de reprendre le travail qu’elle a quitté après le mariage. Ce manga a été écris entre 2004 et 2005. Il est encore courant au Japon qu’une femme quitte son travail après s’être marié ou après le premier enfant. Le modèle traditionaliste de la société japonaise veut qu’un mari subvienne aux besoins financiers de la famille alors que la femme doit s’occuper de son foyer. Bien que de plus en plus de femmes continuent de travailler après le mariage cette vision semble être encore rependue dans la société japonaise et on la retrouve dans de nombreuses fiction, que ce soit dans les roman, les manga ou les films. Ici le fils de Sanpei semble adopter cette vision traditionaliste de la famille et ne veut pas que sa femme travaille car il n’ont pas besoin d’argent. Sa femme d’ailleurs, n’arrive pas à défendre son point de vue : elle a tout simplement envie de travailler car elle aime le travaille de fleuriste et que ça lui manque. Ce sera finalement le père, le vieux, qui se montrera plus moderne que son fils et proposera de jouer les “grand-pères au foyer” pour que sa belle-fille puisse reprendre le travail. Je ne sais pas si l’auteure a voulu clairement dénoncer une société traditionaliste et machiste ou juste la dépeindre tel qu’elle est. Mais cette anecdote, qui fait sourire, fait aussi réfléchir ses lecteurs sur cet état de fait. Pourquoi l’épouse devrait-elle forcement être femme au foyer ? La famille traditionnelle ne pourrait-elle pas prendre de nouvelles formes ?

Toutes les anecdotes n’illustrent pas forcement la société dans son ensemble, la plupart se contentent de mettre en scène le quotidien banal d’une vie en famille et les difficultés que ce grand-père rencontre. Difficultés qu’il surmonte grâce au journal que sa femme lui a laissé. Dedans elle a noté toutes sortes de choses utiles à la vie de tout les jours : comment faire le ménage, comment cuisiner ou recoudre un bouton… ou encore quelques info sur les membres de la famille. Ce guide aide Sanpei à s’adapter à sa nouvelle vie, celle d’un veuf retraité qui, après avoir passé sa vie à travailler et à rentrer tard ne sait pas comment s’occuper d’une famille. Ce guide c’est un peu de sa femme qui le suit dans son quotidien et lui fait moins sentir sa solitude.

Car le manga nous parle également du deuil. Comment apprendre à vivre sans la personne qui à partagé votre vie de tout les jours durant de nombreuses années. En le lisant, j’ai beaucoup pensé à ma grand-mère qui, en partant, a laissé un grand vide dans ma vie. En voyant Sanpei recouvre un bouton, j’étais très émue parce que justement c’est ma grand-mère qui m’a appris à faire toutes ces petites choses : comment couvre un bouton, repasser une chemise… En lisant ce manga, j’ai regretté qu’elle ne m’ai pas laissé un carnet où, comme Sanpei, je puisse retrouver ses précieux conseils.

Un manga touchant et émouvant par la simplicité des petits rien qui remplissent notre vie. Plein d’amour et de tendresse qui peut aussi servir de guide pratique tant les explications y sont précises (c’est toujours utile de savoir comment recoudre un bouton).

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Hana-bôro

Aujourd’hui je vais vous parler d’un one-shot lu par hasard et qui m’a enchanté. Il s’agit de Hana-bôro de Iwaoka Hisae, un recueil de plusieurs histoires courtes toutes reliées entre elles avec beaucoup de subtilité.

Toutes les histoires tournent autour de l’école que ce soit du point de vue des élèves ou de celui des professeurs, on reste dans le milieu scolaire. Les visage très ronds et doux des personnages apportent au récit beaucoup de tendresse et une note de nostalgie.

Ce seinen ne raconte rien d’extraordinaire, ce sont de petits instants de vies insignifiant mais qui, pour ceux qui les vivent feront de bons souvenirs.

C’est par la tendresse qui se dégage du récit que ce manga m’a séduit. Il y a aussi beaucoup d’humour. Et le tout forme une oeuvre originale avec un dessin très particulier, très stylisé et expressif. Les personnages, avec leur grosses bouilles rondes font peser à de grosses peluches à qui on ferait bien un câlin.

Un très joli manga qui me fait entrer dans l’univers de cette mangaka que je ne connaissez pas encore. Si son manga la Cité Saturne m’avait interpellé, des critiques mitigées m’avait fait passer l’envie de le lire. Après avoir lu Hana-bôro, j’ai très envie de découvrir ses autres manga disponibles en France.

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