littérature jeunesse

Le cadeau des Rois Mages [album jeunesse]

Couverture Le cadeau des Rois Mages

J’ai acheté cet album en vue du challenge Christma Time. Je trouvais la couverture très belle et comme je n’avais, dans ma bibliothèque, pas beaucoup d’albums sur le thème de Noël, je me suis dit que se serait l’occasion d’enrichir ma collection et découvrir de nouveaux auteurs.

Cette édition grand format date de 2013 (Minedition), le texte est d’O. Henry (1862-1910) et les dessins de Sonja Danawski.

Cet album me laisse une drôle d’impression. Autant j’ai aimé les superbes illustrations de Sonja Danawski, saisissantes de réalisme, autant le texte m’a déplu. Aucune indication n’est donnée dans le livre concernant le texte, si ce n’est le nom de l’auteur et le titre original (The gift of the Magi). Ne connaissant absolument pas le nom de cet auteur, je me suis donc fié à la date de publication de l’album : 2013. J’ai commencé à lire et là je me suis dit que le style était plutôt vieillot, les tournures désuètes. Et je ne suis pas particulièrement friande de texte écrit à l’ancienne. Plusieurs passages m’ont fait tiquer, notamment dans la façon qu’a l’héroïne de l’histoire de se positionner dans sa relation avec son mari. Je me suis d’ailleurs demandé à quelle époque ce texte avait bien pu être écrit pour partager un tel message et en voyant la date de 2013, j’ai été choquée.

Maintenant que je suis allé voir qui était donc ce O. Henry et que je sais que c’est un auteur de la fin du XIX, début XX, je comprends mieux. Peut-être aurait-il été judicieux de noter la date à laquelle le texte original avait été écrit. Je l’aurais sans doute pris autrement si j’avais su. Ne sachant pas, je n’ai vraiment pas adhéré à l’ambiance générale qui se dégage de cette histoire. De l’obsession de cette femme à être à la hauteur pour son mari. Un autre aspect m’a déplu : le rapport à l’argent et la richesse. Les protagonistes sont pauvres, et, si je comprends bien la morale de l’histoire, ce qui est important ce n’est pas tant la valeur de ce qu’ils vont s’offrir mutuellement, mais les sacrifices qu’ils sont prêts à faire l’un et l’autre pour se faire des cadeaux. Mais le texte prend le temps de nous dire à quel point ils sont fiers de ces trésors et comment ils aiment les mettre en valeur pour que les autres en soient jaloux. Un trait de caractère certes très humain, mais pas franchement touchant.

Si la reine de Saba avait vécu dans l’appartement d’en face, Della aurait laissé ses cheveux pendre par la fenêtre, sous prétexte de les sécher, juste pour diminuer la valeur des bijoux et des cadeaux de Sa Majesté. Si le roi Saloman avait été le gardien de l’immeuble, avec tous ses trésors amoncelés dans la cave, Jim aurait sorti sa montre chaque fois qu’il passait, juste pour le voir s’arracher la barbe d’envie.


En conclusions, un très bel album, des illustrations magnifiques, mais un texte auquel je n’adhère pas. Je ne retiendrais que le nom de l’illustratrice Sonja Danowski.

Sonja Danowski (instagram)


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Commentaires

6 janvier 2020 à 09:11

Jolies illustrations également dans cette version! Mais il est vrai que comme toi, j’ai trouvé que le texte avait mal vieilli, l’auteur étant très misogyne. J’ai lu deux autres versions: celle de P.J. Lynch et de Lisbeth Zwerger (j’ai préféré la traduction et les illustrations de P.J Lynch). Après la lecture, il reste toutefois les illustrations et cette idée d’amour inconditionnel. Bon lundi!



    6 janvier 2020 à 18:56

    moi aussi j’ai trouvé ça misogyne avant de le replacer dans son contexte. Après coup je me suis dit qu’il était pas avant-gardiste mais dans la droite lignée de la pensée patriarcale de son époque. Misogyne me semble un terme un peu fort. Mais oui je me suis sentie offensée en le lisant et c’est pas un texte que j’ai envie de lire à une petite fille de nos jours. En revanche la morale est pas mauvaise, classique et vieille école, mais bon “l’amour c’est plus important que l’argent” reste toujours un bon message. Bien ici les personnages soient un peu trop attaché à la valeur des choses, pour que cela ai vraiment du sens. La femme par exemple fait le sacrifice de sa chevelure (notons au passage que le seul trésor de la femme est en lien avec son apparence physique) mais après-coup elle pleure. Si l’amour est inconditionnel elle devrait être heureuse du sacrifice et pas se lamenter pour un truc qui de toute façon repousse ! A oui, pardon… c’est une femme… suis-je bête… il n’y a rien de plus important pour la gente féminine que sa chevelure ou son apparence physique… Finalement tu as peut-être raison, c’est un brin misogyne.
    L’album m’a fait l’effet d’une bonne vieille morale puritaine pas franchement en phase avec ma vision du monde.



6 janvier 2020 à 18:08

Oh, un texte misogyne ! Bof, bof, du coup… Mais les illustrations semblent magnifiques ! C’est dommage !



    6 janvier 2020 à 18:46

    je sais pas si on peut vraiment le qualifier de misogyne. En tout cas c’est daté. L’image qu’il véhicule ne correspond pas vraiment aux valeurs actuelles. La femme est place dans une subtile place d’infériorité face à son mari. Ce qui, à l’époque était une réalité, mais qui de nos jour est très choquant. Un texte pas très moderne, que je ne conseille effectivement pas. En revanche les dessins sont magnifique.



6 janvier 2020 à 19:27

C’est dommage les illustrations sont vraiment belles mais avec un tel texte pas possible ^^!



5 janvier 2022 à 12:32

Je viens de découvrir cet album. Tu m’avais donné envie de le découvrir malgré ton avis mitigé. J’ai la version illustrée par PJ Lynch, qui est splendide. J’ai beaucoup aimé tant le fond que la forme. Oui le texte est daté, mais à prendre dans son époque… et je préfère en retenir le sacrifice de chacun pour l’autre.



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