littérature jeunesse

Filles de la Walïlü [roman jeunesse]

Couverture Filles de la WalïlüCela va faire presque un mois que j’ai terminé ce livre et si j’ai mis tant de temps à rédiger ma chronique ce n’est pas seulement parce que le temps me manque. Filles de la Walïlu de Cécile Roumiguière, roman jeunesse publié par l’école des loisirs, est un roman très particulier et je voulais me laisser un peu de temps pour assimiler cette lecture et voir ce qu’il m’en resterait une fois digéré.

Entre un océan glacé et la forêt immense, sur la presqu’île de Iurföll, les hommes partent pêcher dès qu’ils en ont l’âge. À terre, les femmes gouvernent, elles exercent tous les métiers, et sont libres de vivre toutes les amours qu’elles désirent. C’est dans cette société sereine et joyeuse qu’Albaan Blosseüm grandit. Sereine, peut-être pas tant que cela. Les rêves qui assaillent Albaan sont porteurs de noirs présages. Une malédiction planerait-elle sur elle ? Qui est cette femme au visage brûlé qui lui veut du mal et semble prête à lever tout le village contre elle ? Au nom de quelle vengeance ? Pendant ce temps, dans la forêt, rôde la Walïlü, fascinante créature des contes horrifiques de son enfance… (source : l’école des loisirs)

La vérité c’est que je ne sais pas trop quoi penser de ce roman, il y a des aspects très intéressants et pourtant j’ai n’ai pas réussi à m’investir dans cette lecture, je suis restée très distante de ce que je lisais.

Nous suivons une jeune fille, de sa naissance à ses 16 ans, dans un pays imaginaire du Grand Nord européen, dans une petite enclave, coupée du monde où vit une communauté matriarcale. Coupée, mais pas totalement. Il y a internet, et les bateaux qui relient la péninsule au reste du continent, il a les touristes l’été, mais cette société perpétue ses traditions et vit à son rythme, sans trop se soucier du reste du monde. L’héroïne grandit avec une angoisse, un pressentiment de menace qui pèse sur sa famille, un pressentiment presque surnaturel et on attend la survenue du fantastique. On l’attend, mais il ne vient pas. Et c’est un peu ce sentiment de frustration qui a marqué ma lecture, j’attendais quelque chose, un tournant, dans le récit. Une attente veine. Est-ce moi qui ai mal interprété les signes, est-ce l’auteur qui veut nous faire douter de la nature du récit, nous laissant croire que nous aurons du magique, là où nous n’avons que de l’humain ? Est-ce pour nous montrer que le magique est dans l’intention humaine ? Je ne serais pas le dire. Mais cette ambiguïté m’a donné l’impression d’être assise entre deux chaises tout du long et je n’ai pas trouvé cette position confortable.

Malgré ce sentiment brouillon et indécis que j’ai ressenti, il y a des aspects très intéressants dans ce récit. Notamment la société matriarcale dans laquelle l’on voit évoluer l’héroïne et qui donne une autre vision possible de ce que pourraient être les liens sociaux et familiaux.

C’est intéressant aussi de suivre l’héroïne de sa plus tendre enfance jusqu’à son entrée dans le monde adulte. On la voit évoluer, grandir, changer.  De ce point de vue là, je trouve que l’auteur fait un remarquable travail, surtout en si peu de pages (267). Son personnage est très bien construit, plausible et intéressant. J’hésite à dire attachant, car oui elle a des aspects touchants, mais il y a un quelques chose dans l’écriture qui m’a maintenu à distance, je ne me suis pas sentie proche de l’héroïne, je l’ai observé de loin, un peu comment on observe des poissons dans un aquarium.

Si je ne sais pas quoi penser de ce roman c’est aussi parce que je n’ai pas perçu où l’auteur voulait nous amener, quel est le sens qui se cache dernière cette aventure, quelle leçon de vie nous donne-t-elle ? Car, finalement, le chemin est intéressant, mais le dénuement d’une accablante banalité.

Je ressors de cette lecture assez démunie et un peu perdue, avec le sentiment d’avoir raté quelque chose.

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