Megumi et le fantôme

Megumi et le fantôme

30 octobre 2021 4 Par Bidib

Couverture Megumi et le fantôme

roman jeunesse (à partir de 9 ans) d’Eric Senabe, écrit en 2017. La version poche vient tout juste de sortir chez Le livre de Poche.

Megumi, une jeune fille japonaise vient de débarquer en Irlande pour quelques jours de vacances avec ses parents. Là, elle découvre qu’elle est la descendante d’un Irlandais qui a vécu au Japon au XIX siècle et qui est devenu un célèbre écrivain. La maison où il est né est juste à côté de leur B&B. On dit la maison hantée, Megumi curieuse décide d’y pénétrer en cachette. C’est là qu’elle rencontre le fantôme d’Horatio Hearn, son arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père (j’ai peut-être oublié un arrière). Horatio est le pè.re du fameux écrivain, malheureusement il a peu connu son fils puisqu’il est mort assassiné quand celui-ci n’était qu’un enfant. Attaché à la maison par une malédiction il ne connaît rien au monde d’aujourd’hui. La petite Megumi, passés les premiers effrois et la surprise, s’accommode très vite de cet étrange aïeul et décide de trouver un moyen de l’amener avec elle au Japon. Voici le fantôme d’Horatio Hearn dans le Tokyo des années 80.

L’histoire est mignonne avec fantômes et yokaï, avec un clin d’œil aux jeux vidéo (le père de Megumi a l’idée d’inventer un jeu avec un mini plombier qui se baladerait dans les tuyaux), et une ambiance tranche de vie très paisible.

C’est mignon, mais… il m’a manqué quelque chose. Au début, je me disais que c’était peut-être trop jeunesse pour moi. Mais en réalité, j’ai l’habitude de lire beaucoup de roman jeunesse. Ce n’était pas un problème de registre de langage, mais alors quoi ? Et bien, il m’a fallu arriver à deux tiers du roman pour comprendre ce que je n’aimais pas. Ce n’est pas tant le registre de langage (très simple) que le style qui m’a dérangé. Le texte est écrit pour être abordable aux plus jeunes lecteurs, il y a beaucoup de dialogues , les phrases courtes, un vocabulaire accessible. Jusque là, ça me va, mais finalement ce qui me chiffonnait c’est le fait que l’auteur donne des détails qui pour moi vont de soi et n’ont donc pas besoin d’être écrits ou encore les répétitions comme quand l’ont d’un échange avec sa mère Megumi répétée “Mama” à a chaque phrase. Cela donne quelque chose de peu naturel, on sait qu’elle s’adresse à sa mère, inutile de le répéter. Bref, ce qui m’a dérangé dans ce roman c’est l’accumulation de toutes petites choses de rien du tout – un “mama” de trop ici, un détail inutile par là, une incohérence par ici… – cumulé, tout cela a fini par m’agacer.

Vient se rajouter à cet agacement le fait qu’il ne se passe pas grand-chose. Et moi je me suis ennuyée. En même temps, le roman s’adresse à des enfants de 9 ans, le ressenti ne sera pas le même, évidemment. Mimiko, en me voyant lire ce livre a eu envie de le découvrir. Je pense qu’elle est peut-être déjà un peu trop grande (13 ans), mais je suis très curieuse de connaitre son ressenti. Peut-être que contrairement à moi elle sera très sensible à l’aspect tranche de vie du récit avec des petits détails sur la vie au Japon, tels que le petit-déjeuner ou quelques mots de vocabulaires glissés ici et là.

Les jeunes lecteurs qui aiment le Japon et les histoires de gentils fantômes, et surtout qui aiment les lectures très accès vie quotidienne, seront sans doute plus séduits que moi.

Pour ma part j’ai trouvé l’histoire mignonne, mais il me manquait quelque chose, un rythme plus soutenu dans la narration. Il manque ce petit quelque chose qui donne envie de savoir ce qui va se passer par la suite.

sur le site Le Livre de Poche jeunesse

→ sur Amazon ou chez votre libraire préféré

Avec cette lecture je participe aux challenge Halloween, au Pumpkin Automne Challenge.

petit clin d’oeil à Des livres (et des écrans) en cuisine

-Voulez-vous m’aider à préparer mon petit-déjeuner ? demanda Megumi avec les yeux pétillants.

-Que dois-je faire ?

Elle ouvrit le couvercle du cuiseur, dont s’échappa une douce odeur de riz qui imprégna toute la cuisine. Elle en remplit un bol, puis alla chercher un oeuf dans le réfrigérateur.

-Pourriez-vous mélanger l’oeuf au riz, Haration-san ? D’habitude, on utilise des baguettes. Mais je suis sûre que vous ferez aussi bien sans.

-Je peux le faire, mais tu vas manger ça pour le petit-déjeuner ? Oh ! après tout, les Anglais font peut-être encore pire, parfois. C’est d’accord.

Et pendant que Megumi disposait sur un plateau une petite portion de légumes marinés, le bol contenant le riz et l’oeuf se mit à s’agiter tout seul. Megumi applaudit en constatant le prodige, puis alla réchauffer une tranche de saumon grillé qui trainait encore dans la poêle. Tout était prêt : elle s’installa à table et commença à manger avec appétit. (p.85-86)

Elles passèrent devant un marchant de dorayaki – ces pâtisseries composées de deux pancakes prenant en sandwich une pâte de haricots rouges – et sans se concerter, elles firent un “huuuum” sonore et plein de gourmandise. (p. 184)

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