littérature jeunesse

Nos identités, celles qu’on nous impose et celles qu’on cache

Coucou, on se retrouve aujourd’hui pour une petite chronique lecture. J’ai beaucoup lu ce printemps, mais j’ai pris énormément de retard sur les chroniques. Je travaille d’arrache-pied pour rattraper mon retard et vous parler de toutes mes chouettes lectures de ces deux derniers mois.

Aujourd’hui ce sont des nouvelles qui sont à l’honneur avec nos identités celles qu’on nous impose celles qu’on cache, un recueil de 6 textes d’autrices différentes avec comme thème l’identité. Ce recueil est le fruit d’une collaboration entre l’association Diveka et les éditions Rageot. Le but est de mettre en lumière le manque de représentativité dans les fictions. J’avais n’avoir personnellement jamais vraiment réfléchis à la question. Mais c’est justement parce que j’avais très peu travaillé sur cette thématique que je trouvais particulièrement intéressant de lire ce recueil.

Couverture Nos identités, celles qu'on nous impose et celles qu'on cache

Le recueil regroupe 6 textes très différents les uns des autres. Certains m’ont ému aux larmes alors que d’autres m’ont laissée assez indifférente. Voici quelques mots sur chaque nouvelle :

La poésie du bubble tea de Grace Ly

Une jeune fille d’origine asiatique introvertie et plutôt enfermée sur elle-même porte un prénom peu commun et le déteste. Ce rejet d’elle-même va se cristalliser et finir en dispute avec ses amies. Mais ce prénom a une histoire, et quand la jeune fille va apprendre l’histoire de ce prénom qu’elle tient de sa grand-mère, sa vision va changer et peut-être qu’elle va aussi changer, s’ouvrir un peu et faire un pas vers ses amies.

Si le personnage principal de cette nouvelle m’a agacé (je la trouvais assez puérile) j’ai trouvé cette nouvelle très touchante, j’ai aussi aimé voir l’héroïne évoluer à partir du moment où elle connaît l’histoire de sa famille, comme si les non-dits pesaient sur elle et qu’elle en était enfin libérée, et libre aussi de faire cette histoire sienne.

Hors du terrier de Nocturne

Touche fantasy du recueil, hors du terrier nous raconte l’aventure d’une jeune vampire noire qui quitte la première fois son terrier, un village dans la campagne française où vampire et humains cohabitent loin du monde. Malgré la peur que lui inspire le monde extérieur elle est bien décidée à rejoindre Paris pour rendre visite à sa petite amie qui lui manque beaucoup. Elle va rencontrer les ami.e.s de celle-ci avec qui elle participera à une manifestation LGBTQ+, mais elle sera aussi confronté à l’homophobie et au racisme.

J’ai aimé le côté fantastique de la nouvelle avec des vampires originaux que j’avais envie de mieux connaitre. Encore une fois, l’héroïne m’a paru un peu superficielle, mais l’univers et les questionnements étaient intéressants. Une nouvelle qui mériterait a être développé dans un texte plus long pour mieux exploiter les différents aspects du texte.

L’initiation d’Aya Cissoko

Une mère et sa fille, une jute verbale, à la façon d’une scène de théâtre.

Je ne peux pas dire grand-chose de plus sur ce texte. Je n’ai pas du tout aimé. La mère se plaint, d’une façon assez agaçante et pas vraiment constructive, tandis que la fille se contente de répéter “j’ai compris”. Je me suis ennuyé de bout en bout, je n’ai rien trouvé de constructif à cet échange. Je crois que je n’ai pas compris de quoi ça parle vraiment.

Voyage entre les mondes de Sarah Saysouk

On va suivre un jeune garçon qui a du mal à s’intégrer, à se concentrer. Il est dans son monde et à l’école il se sent exclu. On se moque de lui, il n’ose pas prendre la parole. C’est dans un jeu vidéo inspiré d4alice au pays des merveilles qu’il se sent enfin lui-même. Dans le jeu il a une vraie place. Il y a des amis. Lors d’une sortie de classe en forêt il se perd avec une camarade et cette situation effrayante va lier les deux enfants. Le petit garçon va découvrir à travers cet échange qu’il y a une place pour lui aussi dans le vrai monde, que son handicap ne fait pas tout de lui, il n’est simplement un garçon asperger, il est lui-même avec ses faiblesses, mais aussi ses forces et il vient de se faire une amie dans sa classe.

J’ai beaucoup aimé ce texte, je l’ai trouvé très touchant. Et je me suis senti proche du protagoniste dans sa façon d’être à côté de la plaque à l’école. En lisant cette nouvelle, je me revoyais à l’école avec le sentiment d’être un extra-terrestre incapable de communiquer avec les terriens.

Un latte, s’il vous plait de Jennifer Padjemi

Dans cette nouvelle nous faisons connaissance avec une jeune étudiante. Elle vit en banlieue parisienne avec sa mère. Elle a toujours rêvé de quitter ce quartier pourtant le jour où sa meilleure amie lui propose de prendre une colloc sur Paris c’est le choc. Elle va avoir une double prise de conscience, d’abord va lui sauter aux yeux le monde qui la sépare de sa meilleure amie, petite bourgeoise parisienne qui n’a aucune idée de ce que la précarité signifie. D’autre part elle va prendre conscience qu’elle est attachée à son quartier populaire.

J’ai trouvé ce texte touchant et intéressant. L’héroïne a une réflexion intéressante et est beaucoup mature que les héroïnes des nouvelles précédentes.

La photo de classe de Hawa N’Dongo

C’est la photo de classe, pour les parents de notre héroïne cela est un évènement très important. Pour l’occasion ils ont fait venir du Sénégal une magnifique robe traditionnelle. Mais la jeune fille ne veut pas porter la robe, elle l’adore, mais elle a trop peur du regard de ses camarades. Trop peur qu’ils se moquent d’elle, trop peur de se faire remarquer. Alors elle ne dit rien à ses parents, se cache pour retirer sa parure et enfiler un simple jean. Mais juste avant que la photo soir pris, elle rencontre une de ses camarades qui pour l’occasion a aussi sorti une magnifique ténue traditionnelle de son pays d’origine, il n’en fallait pas plus pour qu’elle trouve le courage d’aussi exhiber avec fierté ses couleurs. Les deux jeunes filles vont faire sensation.

Je ne serais pas dire pourquoi, mais cette nouvelle m’a profondément ému. J’en avais les larmes aux yeux tant j’étais prise dans l’émotion de la fierté de ses jeunes filles dans leurs magnifiques tenues. Sans doute le texte qui m’a le plus touché de tous le recueil.

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Commentaires

16 juin 2022 à 21:32

Ça me rend bien curieuse ça, c’est très original comme sujet 🙂 Je note (encore !)



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