Archives mensuelles : avril 2015

La vie d’un idiot de Akutagawa

Décidément ce mois-ci je n’ai pas de chance. Je ne tombe que sur des livres qui ne me parlent pas (je pense au dernier roman chroniqué).

Si je suis extrêmement sensible, facilement émue jusqu’au larmes, en lisant des histoires de guerre, fictives ou réelles, de lutte pour la survie, de lutte contre l’oppression… Je reste absolument hermétique, froide comme le marbre face aux délires d’un dépressif suicidaire. En lisant Engrenage, la première nouvelle de ce mini recueil posthume, de Ryûnosuke Akutagawa, je n’ai éprouvé aucune empathie pour l’auteur, tout au plus de l’agacement.

Non seulement j’étais agacé par ce qu’il avait à dire, c’est à dire rien, mais je n’ai pas trouvé ça particulièrement beau. Je n’apprécie guerre les esthètes qui misent tout sur la beauté de leur phrases et non sur le contenu de leur histoire mais disons qu’il y a au moins la beauté des mots… Dans Engrenage j’ai rien trouvé. Tout au plus une ou deux tournures remarquables.

C’est tout à fait le genre de livre qui me font sentir idiote. J’ai passé tout la première nouvelle à me dire que, décidément, je suis vraiment pas une intélo et que là je comprends pas. Non pas que je ne comprenne pas les mots, je ne comprends pas quel est l’intérêt d’écrire (et de lire) de telle chose. J’ai le sentiment d’être complètement à côté de la plaque. J’ai du franchement me forcer.

Avec La vie d’un idiot, je n’ai pas eu le même ressenti. Les chapitres très courts sont plus percutant et directe. Il rendent l’ensemble, fluide et facile à lire. Je veux dire pas là que je ne me suis pas ennuyé, contrairement à la lecture d’Engrenage. Cependant je ne ai pas trouvé cet nouvelle spécialement intéressante. Il y a une esthétique dans ce deuxième récit à laquelle je n’ai pas été complètement insensible.

Dans la vie d’un idiot on peu lire :

Il savait pertinemment que chacun n’était pas ému de la même façon par une oeuvre artistique. Ceux que ses œuvres touchaient ne pouvaient qu’être des gens qui lui ressemblaient et qui avaient vécu une vie semblable à la sienne.

C’est sans doute pour cela que je ne suis pas émue. A moins que ce ne soit le contraire. C’est parce que je me sent capable de sombrer que je me refuse à éprouver la moindre empathie pour ceux qui coulent. Je n’éprouve que de la rage.

Voilà, je dit tout cela et je n’ai même pas présenté le livre. C’est vous dire dans l’état que cette lecture m’a mise ! Ces deux nouvelles ont été publié posthume. Dans Engrenage, on suit l’auteur, qui parle de lui même à la première personne, qui chemine vers la folie dans un quotidien morne et plein de souffrance. Avec la vie d’un idiot Akutagawa fait une brève autobiographie en quelques instantanés, dès scènes éparses et sans suite, des réflexions sur ce qu’il est et ce qu’il est devenu. Il l’écrit avec l’intention d’une publication posthume (ce qui rend le récit d’autant plus macabre). C’est son testament littéraire pourrait-on dire.

Je ne pourrais guerre en dire plus car en réalité je ne connais pas cet auteur et commencer par la fin n’était peut-être pas une bonne idée.

Connaissez-vous Akutagawa ? Que pensez-vous de cet auteur ? Lequel de ses livres conseillerez-vous ?

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A table ! aujourd’hui c’est menu manga

J’avais envie de participer aux Sama awards 2015. J’y ai participé il y a deux ans et j’ai trouvé ça très amusant. Alors pourquoi ne pas retenter l’expérience. Pour l’occasion j’avais envie de proposer quelque chose de particulier, de sortir de mes habitudes. Et c’est là que l’idée m’est venue de vous préparer un petit menu. Depuis le temps que je songe à faire un billet sur les manga culinaires… ce n’est pas vraiment ce à quoi j’avais initialement songé mais… là, j’ai faim ! 😀

Le menu du jour :

Amuse-bouche : Kimbaps sur le pouce

Je vous propose de commencer le repas avec des petits kimbaps coréens minute. Cette recette est tirée du magnifique manhwa culinaire Kitchen de Jo Joo Hee (édition Clair de Lune).

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Il vous faut :

  • des feuilles de kim, algue séchée connu en France sous son nom japonais nori
  • des œufs de poissons volant. J’en ai trouvé sur internet à environ 11€ les 80g… moi je vous propose une version cheep : on remplace ça par des œufs de lompe (moins de 2€) ou des œufs de saumon qu’on trouve dans tous les supermarchés
  • jeunes pousses… la recette donné par JoJoo Hee ne précisant pas de quelle jeunes pousses on parle, je propose de tenter le coup avec de l’alfalfa ou du radis ou pourquoi pas un mélange des différentes espèces. Il faut quelques jours (la durée varie selon l’espèce) pour faire germer vos graines, alors pensez-y à l’avance ! Les épiceries bio proposent un large choix de graines à germer, faite vos expériences
  • sauce soja

comment procède-t-on :

Disposé les différents ingrédients sur la table et la sauce soja dans de petites coupelles. Chaque convive prends un morceau de nori y dispose un peu d’œufs de poisson, une touffe de jeune pousse. roule le tout et assaisonne en plongeant le kimbap dans la sauce soja.

silence ça pousse ! graines de radis rose pour vous servir
silence ça pousse ! graines de radis rose pour vous servir

Entrée : Salade de concombres 

On poursuit notre repas avec une petite entrée pensée par Sanpei dans le manga de Fumiyo Kouno, Pour Sanpei (éditions Kana, collection Made in).

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Il vous faut :

  • shirasu-boshi (aussi appelé chirimen-jako dans le Kansai). Où trouver ces petits poissons séché en France ? Je n’en ai aucune idée ! Essayez les épiceries japonaises ou coréennes. Près de chez moi il n’y en a aucune, je vous propose de remplacer ça des petites crevettes. Ou alors on se fait une variante 100% végétarienne et on oublie le poisson…
  • du concombre
  • vinaigre de riz, sauce soja, sucre
  • algues séchées

Comment procède-t-on ?

Verser de l’eau chaude sur les shirasu-boshi, les faire mariner dans 2 cuillères de vinaigre de riz, une cuillère de sauce soja et une cuillère de sucre.

Faire tremper les algues séchées dans l’eau et les couper ensuite en petits morceaux.

Couper le concombre en lamelles et le faire tremper dans de l’eau légèrement salée.

On ajoute le concombre et les algues égouttées à la sauce et aux shirasu. On mélange le tout et c’est prêt !

le wakame n’était pas une bonne option, le côté gluant de l’algue passe très bien en soupe mais pas terrible en salade

Plat : faut rôti de porc et sa purée de chou

Ingénieux et pas cher. C’est une recette proposé par Sôma, dans le premier tome de Food Wars !, un shônen culinaire de Yuto Tsukuda et Shun Saeki (éditions Tonkam). Cette recette m’a tout de suite donné envie.

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Il vous faut : 

  • de l’ail et du thym (c’est ce que j’arrive à déduire du dessin)
  • des pomme de terre
  • des champignons (aucune précision à ce sujet, je choisirais les champignon de paris, pas chers et faciles à trouver)
  • du bacon en tranche

comment procède-t-on ?

Ici le manga ne donne pas la méthode précise alors on interprète un peu.

Faire bouillir les pomme de terre, les égoutter et les réserver.

Hacher ail et thym, le faire revenir dans un peu d’huile (là on voit Sôma utiliser une bouteille de vin rouge, mais franchement je comprends pas ce qu’il fait avec. Il arrose le sauté d’ail ? je trouve ça bizarre).

On écrase les pomme de terre, on mélange avec l’ail et le thym, sel, poivre. On hache des champignons et on mélange à la pomme de terre. Avec le mélange obtenu on fait un gros boudin qu’on recouvre de tranche de bacon (choisissez des tranches assez épaisses ! ), puis on ficelle le tout comme un rôti et hop au four. Combien de temps ? Pas de précision à ce sujet, je pense qu’une vingtaine de minutes avec un four assez fort devraient suffire pour faire griller le bacon.

Ma première tentative était un peu ratée, pas assez de bacon et des tranches trop fines mais le goût était sympa. Je ferais mieux la prochaine fois ^^

Pour l’accompagnement j’ai piquée l’idée à un camarade de dortoir de Sôma dans le deuxième tome de Food wars ! Au départ cette purée de chou simple et rapide accompagnait un morceau de maquereau, mais je trouvais que ce rôti manquait cruellement d’accompagnement ! J’en était à me dire que je me contenterais d’ajouter une petite salade verte quand je suis tombé sur la purée de chou. Ni une ni deux mon cerveau était en ébullition : pomme de terre et bacon ? Quoi de mieux que le chou pour accompagner ça. Une potée au chou complètement revisitée 😀

Ce qu’il vous faut (pour 4 personne) :

  • 400 g de chou (la recette n’indiquant pas quel type de chou utiliser, j’opterais pour du chou blanc ou un chou vert)
  • 4 cuillères à soupe d’eau
  • 2 cuillère de beurre
  • 4 cuillères de crème fraîche
  • 1/1 de consommé en poudre (connais pas le consommé en poudre, je connais les fond de veau en poudre ou alors le bouillon cube, on a qu’à choisir cette dernière option, à base de volaille pour que ce ne soit pas trop fort, 1/2 de cube devrait suffire, sinon, on peut aussi remplacer l’au par du vrai bouillon maison 😉 )

Comment procède-t-on ?

On coupe le chou en petites lamelles et on met dans un plat avec l’eau. On couvre avec un film plastique et hop au micro-onde, 4 minutes à 600 watts. Quand ça fait ding on baque le chou, le beurre, la crème et le consommé dans le mixeur. Bzzzzz. On sale, on poivre et c’est prêt.

Bon, moi j’ai pas de mixeur… mais j’ai un vieux moulin à légume de grand-mère. C’est moins fun mais ça fera l’affaire 😉

Satoshi le beau gosse toujours à poil, cherchez pas il fait de la bonne purée
Satoshi le beau gosse toujours à poil, cherchez pas. Il fait de la bonne purée de chou…

Dessert : tarte au chocolat

Les japonais aiment aussi la cuisine occidentale, pour le dessert je vous propose de faire une escapade du côté de la BD franco-belge avec une tarte au chocolat puisée dans Les Secret du Chocolat – voyage gourmand dans l’atelier de Jacques Genin, une bd-reportage de Franckie Alarcon qui nous fait découvrir l’atelier du maître chocolatier tout on nous donnant quelques recette pour jouer les apprenti chez nous.

Il vous faut : 

pour la pâte:

  • 155 g de farine
  • 30 g de poudre d’amande
  • 63 g de sucre glace
  • 93 g de beurre doux
  • 1 gousse de vanille
  • 1 œuf
  • 1 pincé de sel

Pour la ganache :

  • 200 g de chocolat noir
  • 240 g de crème fleurette

comment procède-t-on ?

Dans un saladier on travaille le beurre coupé en petit morceaux, le sucre glace et la poudre d’amande. Puis on ajoute l’œuf et le graine de vanilles (extraite de la gousse à l’aide d’un couteau pointu). Puis on ajoute la farine et le sel, on forme une boule et on la travaille sur le plan de travail fariné avec la paume de la main (j’adore pétrir la pâte, mais au début sa colle).

Quand la boule est bien homogène on l’épale sur un papier sulfurisé à l’aide d’un rouleau à pâtisserie (pour les étudiants aux cuisines spartiates : vous pouvez utiliser une bouteille en verre, moi c’est comme ça que je faisais 😉 ). On la filme et on la laisse reposer au frigo 1h30.

Pre-chauffer le four à 170°.

A la sortie du frigo on farine le plan de travail, on fait fondre un peu de beurre et on beurre le cercle à tarte avec le beurre fondu (ça en revanche j’y avais jamais pensé !). On le pose sur le plan de travail et on pose la pâte par dessus. On ajoute contre les parois et on coupe l’excédent à l’aide du rouleau à pâtisserie (là je vous met une image parce que bon… mes explication sont pas super claire).

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On fait cuire pendant 20 minutes.

On hache finement le chocolat et on le met dans un saladier. On fait bouillir la crème et on la verse sur le chocolat et on laisse fondre 5 minutes. On pose le saladier dans une casserole au bain-marie et on mélange doucement avec le fouet. Il ne faut pas mettre d’air dans la ganache ! (conseil du chef, attention!)

On pose le fond de tarte sur une grille, on rempli de ganache. On laisse refroidir à température ambiante

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Qu’est-ce qu’on bois ?

Apéritif : Bloody Mary

Pour l’apéritif je vous propose de nous tourner encore une fois vers la bd franco-belge avec le Bloody Mary à la Fausto, idée puisée dans le premier tome du Viandier de Polpette (Neel Julien et Olivier Milhaud, éditions Gallimard).

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un peu de vin :

J’ai voulu demander conseil à Joe Satake avec le premier tome de Sommelier (Araki Joh, Shinobu Kaitani et Ken-ichi Hori, éditions Glénat), mais il ne propose rien dans mes cordes ! Le vin le moins cher qu’il présente, on peut s’en procurer pour environ 28€ la bouteille, un brauneberger Juffer Sonnenuhr Fritz Haay, rien que le nom c’est tout un poème ! un vin allemand que, ma fois, j’aimerais bien goûter. Mais pour notre petit menu du jour je cherchait à vrais dire quelque chose de plus abordable.

Sommelier
Sommelier

Je me suis donc tourné vers Shizuku (Les Gouttes de Dieu, Tadashi Agi et Shu Okimoto, Glénat). Mais là encore, ce n’est pas du vin pour monsieur tout le monde ! Si le premier tome de la série m’a bien donné envie de goûter le Château Mont-Pérat 2001, ce vin, que l’on peut se procurer pour environ 16€, reste très au dessus de mon budget habituel :'(

Les gouttes de Dieu - Château Mont-Pérat
Les gouttes de Dieu – Château Mont-Pérat

Au même temps je suis pas étonnée, les auteurs japonais ne vont pas faire un manga sur le vin pas cher, le petit vin pour les jours ordinaires… Va falloir que je me débrouille autrement pour arroser à moindre frais mon repas ! Le problème c’est que moi en boisson j’y connais pas grand chose ! Et pour marier ça avec les plat proposés… ça va être dur 🙁

En désespoir de cause je suis allé voir un professionnel du vin et voici ce qu’il me propose :

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Un Tarani blanc pour l’hors d’oeuvre et l’entrée. Un Malbec Démon noir pour le plat de résistance et enfin un Goupil moelleux pour la tarte au chocolat. Et on s’en sort pour un budget de environ 5€ par bouteille. J’aurais aimé avoir le temps de déguster tout ça pour vous dire si oui ou non cet accord est heureux, mais il faut que je rende ma copie ! Alors la dégustation ce sera pour plus tard 🙂

Passons aux en-cas pour les jours où on est trop pressé.


Et si on est pressé ?

ramen instantané

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Si vous n’avez pas le temps de mettre les petits plats dans les grands, ou que vous rentrez épuisé, il reste toujours le ramen instantané. Un grand classique, simple et rapide. Le manhwa A vos papilles ! de Kim Young-bin et Hong Dong-kee nous propose de l’arranger avec  du kimchi (sorte de mélange de piment et légumes lacto-fermentés, je suppose qu’on en trouve dans les épiceries coréennes, autrement dit introuvable chez moi), de l’œuf, de l’ail ou du poireau. De temps en temps, je dis pas non !

ramen arrangé œuf et poireaux

Nurungji

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Ou comment recycler un vieux reste de riz.

C’est encore une recette qui nous vient de Corée, piochée dans le deuxième tome de Kitchen, manhwa précédemment cité.

ce qu’il vous faut :

  • un reste de riz cuit

Comment procède-t-on ?

Rien de plus simple : on étale le riz au fond d’une poêle et on fait griller en appuyant fort.

Voilà, c’est fait ! Facile non ?

Facile, facile… pas tant que ça ! Ma première tentative était un peu raté.

Le riz collait à la spatule et non à la poêle :'(

Peut-être que mon riz n’était pas assez gluant. Mais finalement Mimiko a adoré, elle a assaisonné ça d’un peu de sauce soja et saupoudré de  paillettes de nori.

La deuxième tentative était plus croustillante et mieux réussi.

Riz blanc à l’œuf :

Voici une autre idée minutes que j’ai vu pour la première fois dans un titre dont je n’arrive pas à me souvenir. Je revois parfaitement l’image d’un vieil homme se préparant son bol de riz à l’œuf, mais où était-ce ?

Qu’à cela ne tienne ! J’ai retrouve cette recette simplissime dans le premier tome de Mes petits Plats faciles by Hana ( Masayuki Kusumi et Etsuko Mizusawa, éditions Komikku).

il vous faut :

  • un bol de riz cuit et bien chaud
  • un œuf
  • de la sauce soja

Comment procède-t-on ?

Attention, attention ! ça va être compliqué : remplir le bol de riz bien chaud, creuser un trou et y casser un œuf cru dedans. Percer le jaune et y verser de la sauce soja. Mélanger le riz bien chaud avec l’œuf.

C’est prêt !

avec quelques paillettes de nori c'est encore meilleur !
avec quelques paillettes de nori c’est encore meilleur !

Hana accompagne son bol de riz à l’œuf de shibazuke, légumes confit dans le sel et le shiso (pérille de Nankin, une plante aromatique). Comme je ne sais pas où me procurer de shibazuke je vous propose de les remplacer par des concombre confit au vinaigre et au sésame (ma recette arrangé à moi)

ce qu’il vous faut :

  • 1 kg de concombre
  • 80 g de sucre
  • 30 g de sel
  • 1 cuillère à soupe d’huile de sésame
  • 1 cuillère à soupe de vinaigre de cidre (la recette originale c’est avec du vinaigre de riz)
  • 2 cuillères à soupe de sésame broyé

Comment procède-t-on ?

On coupe le concombre en gros morceau en éliminant les pépins, mais on garde la peau. Dans un pot hermétique on met tous les autres ingrédients de la marinade, on ajoute le concombre. On ferme, on secoue. On met au frigo et on laisse macérer une demi journée. Après il se garde plusieurs jours au frigo. En été c’est un régal ! Avec le bol de riz ça ajoutera une touche de fraîcheur et de croquant.


Pour les écolos :

Assaisonner son riz

Pour les adeptes du recyclages, les ennemis du gaspillage je recommande une sacrée mamie, un seinen de Yoshichi Shimada et Saburo Ishikawa, mettant en scène une mamie fauchée mais pleine de ressources. Une bonne leçon de vie qui nous apprend à faire beaucoup avec peu.

Au premier tome de la série je pique cette idée d’assaisonnement pour le riz blanc qui ravira les adeptes du recyclage.

Faire sécher les feuilles de thé infusées et les arrêtes de poisson puis les broyer en fine poudre. Riche en éléments nutritifs cette composition pourra agrémenter un bol de riz ou parfumer des onigiri.

L’idée ne me déplaît pas, mais je vais pas avoir la patience de faire sécher mes restes ! Vous avez envie d’essayer ?

extrait une sacrée mamie


Bentô box :

Comment parler de manga et de cuisine sans faire un détour par le bentô, c’est petites boites repas qu’on amène à l’école ou au travail. Si je ne devait citer qu’un titre ce serait Un amour de bentô de Nao Kodako, avec les recettes de Shiori. Si le côté romance pré-pubère du titre m’a laissé de marbre, j’adore le fait que chaque chapitre permette de préparer un nouveau bentô. Parfois les recettes sont très détaillées avec même petites fiches explicatives, parfois on nous donne que les grandes lignes. Si vous avez déjà cuisiné vous n’aurez aucun mal à interpréter les recettes les plus vagues et pour les novices… ben on nous explique même comment faire un sandwich ! XD

Pour vous j’ai sélectionné 2 bentô piochés respectivement dans le premier et le deuxième tome de la série. 

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Bentô n° 1 : crevettes panées, onigiri, omelette japonaise et petits légumes

ce qu’il vous faut :

  • des crevettes
  • farine
  • œuf
  • chapelure grosse (et pour les chanceux qui habitent près d’une épicerie japonaise vous pouvez même vous procurer de la chapelure japonaise pour plus d’authenticité)
  • sel, poivre
  • riz japonais
  • furikake rose et jaune, c’est un assaisonnement à base de différents produits qu’on saupoudre sur le riz blanc, vous en trouverez dans les épiceries japonaises
  • 1 œuf
  • ½ cuillère à soupe de sucre (moi j’en met un peu moins, j’aime pas quand c’est trop sucré),
  • chirimenjako, l’autre nom du shirasu-boshi déjà utilisé pour la salade au concombre. Bon, à mon avis ça va pas être facile d’en trouver,  je vais faire sans
  • brocolis, tomates cerises
  • poudre d’agar agar, fuit au sirop, sucre

Comment procède-t-on ?

Préparer les crevettes pannées :

On décortique la crevette en lui laissant la queue, qu’on découpe pour éviter qu’elle ne retienne de l’eau (cool le petit conseil de pro au passage ! J’y aurais pas songé), on enlève le boyau à l’aide d’un cure dent. On sale et poivre. Puis on plonge la crevette successivement dans la farine, œuf battu et la chapelure. On les plonge dans de l’huile à friture chaude (on teste la température en faisant tomber dans l’eau un peu de pâte de panure, si elle remonte l’huile est à bonne température). Un fois frites les crevettes, on les réserve sur une grille ou un papier absorbant pour éviter les excès d’huile. 

Pour préparer les onigiri :

On fait cuire du riz japonais à l’étouffé (1 volume de riz pour 1 volume d’eau un peu près, moi j’ai investi dans un cuiseur de riz, c’est le bonheur !!), on le laisse refroidir dans un saladier (sinon ça brûle… j’ai déjà essayé T_T) puis on y ajoute du furikake rose pour préparer un onigiri rose et jaune pour l’onigiri jaune. A défaut de furikake si vous voulez un bel onigiri rose fuchsia, je vous donne mon astuce à moi : de la betterave ! Haché finement et mélangé au riz, c’est super joli 🙂 Pour façonner les onigiri je vous conseille d’avoir à porté de main un bol d’eau salé, vous humidifié vous main avant chaque boule de riz pour éviter qu’il ne colle au main, moi je me saupoudre aussi les mains de sel, pour relever un peu le goût du riz. On presse la boule de riz entre ses paumes de main, on peu après choisir pour une forme en boule (plus facile) ou en pyramide (traditionnel).

Pour l’omelette japonaise :

L’idéal serait d’avoir une poêle rectangulaire ou carrée, moi j’en ai pas alors je galère avec mes poêles rondes… Battre l’œuf avec le sucre et le sel pour remplacer le shirasu-boshi on peut être rajouter un peu de dashi en poudre. Moi pour faire mes omelettes japonaise je met un peu de sucre et un peu de sauce soja légère seulement.

Une fois l’œuf battu, on verse sur la poêle chaude et on enroule. On réserve et on laisse refroidir avant de la couper en rondelles.

Pour accompagner ce bentô on ajoute quelques tomates cerises et de brocoli cuit. Comme assaisonnement pour les brocoli je vous conseille (le manga ne dit rien à ce sujet) un filet d’huile d’olive extra vierge, un peu de sauce soja et du gomasio. On met les legumes dans des petits moules à cupecake et on les glisse à coté de l’omelette 

Pour les gourmands Shiori (la grande sœur de Yûki) nous propose un petit dessert ultra sucré et simple : on fait fondre la poudre d’agar agar dans un peu d’eau, on ajoute des fruits au sirop et du sucre. On enveloppe les fruits dans du film transparent en aumônière et on laisse solidifier au frigo. Avec ça vous êtes sur de vomir des arc-en-ciel en sucre. Perso je me passerais du dessert ou j’ajouterais quelques fruits de saison bien frais 😉 

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Bento n°2 : nori-ben

Ce premier bentô n’était pas des plus simples ! Il demande pas mal de travail c’est pourquoi j’en ai choisi un deuxième plus simple et plus rapide à préparer : le nori-ben soit un bentô de riz décoré avec une feuille de nori. Pour ce bentô le manga donne la recette détaillé (le deuxième tome est beaucoup plus détaillé que le premier, et les recettes sont plus simples).

Ce qu’il vous faut :

pour le nori-ben :

  • ½ feuille de nori. Maintenant on peut en trouver dans un peu près tous les supermarché, au rayon cuisine du monde. Il faut en avoir toujours un paquet dans son placard !
  • ½ sachet de bonite séchée. ça en revanche c’est un peu plus compliqué à trouver, va falloir vous rendre dans une épicerie japonaise.
  • ½ cuillère à soupe de sauce soja
  • 1 à 2 cuillères de miettes de saumon
  • 1 bol de riz cuit

pour  les haricot verts au sésame :

  • 3 haricots verts
  • 1 cuillère à soupe de sésame pilé
  • ½ cuillère à café de sucre
  • 1 cuillère à café de mentsuyu (sauce japonaise trouvable dans les épiceries japonaises)

pour l’omelette :

  • voir bento 1 sans les chirimenjako

pour la soupe miso :

  • 1 sachet de miso instantané et puis voilà ! enfin ça c’est la version cheep, mais pratique 😀 , moi j’en trouve au supermarché rayon cuisine du monde. Ou alors 1 cuillère à soupe de miso en poudre (j’en ai trouvé dans un magasin bio), du bouillon japonais (merci, mais c’est quoi au juste le bouillon japonais ? non parce qu’il doit y en avoir des centaines ! Bon ben comme je n’ai aucune idée de ce qu’entend pas la l’auteur, je dirais de mettre un peu de bouillon de dashi en poudre (on en trouve en épicerie japonaise), des morceaux d’algues séchées (aussi en magasin bio), de la ciboulettes cisaillée (ça vous pouvez en faire pousser à votre fenêtre 😉 )
  • un thermos d’eau chaude

et pour le dessert ?

  • une pomme (et si vous avez envie de changer de fruit, on ne vous dira rien !)

Comment procède-t-on :

pour le nori-ben :

On commence par remplir la moitié de la boite avec du riz, on recouvre les bords du riz avec des copeau de bonite séchée trompé dans la sauce soja. On découpe une feuille de nori à la taille de la portion de riz et on fait une forme à l’intérieur en pliant délicatement la feuille de nori en 2 (attention c’est cassant !). On dépose la feuille de nori sur le riz et on remplie la forme (ici un cœur) avec les miettes de saumon.

Pour l’omelette on fait comme pour le premier bento.

Pour les haricots :

On coupe les haricots en 3, on les place dans une assiette et on chauffe au micro-onde 20 seconde à 600 watts. Dans un bol on mélange les haricots avec le sucre, le mentsuyu et le sésame pilé.

Il nous reste à préparer la soupe miso et à mettre un peu de fruit dans ce bentô.

Pour la pomme, déposé le morceau coupé 5 minutes dans un bol d’eau salé, cela évitera qu’il ne s’oxyde.

Pour la soupe miso, soit on opte pour le sachet tout prêt, soit on se prépare un sachet maison : dans un bol on dispose du film transparent puis on y met une ½ cuillère à soupe de miso en poudre, ¼ de cuillère à café de dashi en poudre, ½ cuillère à café d’algues et ½ cuillère à café de ciboulette. On ferme notre petit paquet et au moment de manger on verse son contenu dans une tasse et on ajoute environ 180 ml d’eau chaude.

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Voilà pour ce qui est des bentô. Et j’en profite pour mettre le lien vers une vielle chronique de Yomu-chan qui présente un chouette petit livre de cuisine, spécial bentô 😉


Et voilà ! C’est fini ! J’espère que cet article vous a plu et que vous y aurais trouvé des idée gourmandes pour votre cuisine et votre bibliothèque 🙂

N’hésitez pas laisser vos suggestions culinaires et littéraires pour compléter ce menu.

Et si vous testez les recettes, dite moi comment ça c’est passé 😉

itadakimasu !

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semaine shôjo : Le meilleur personnage feminin

Voilà une question bien difficile que nous pose le staff du Club Shôjo pour la semaine shôjo de 2015 (elles posent toujours des questions difficiles !). Quel est le meilleur personnage féminin du shôjo ? Généralement je trouve les personnages de shôjo caricaturaux, pétris de cliché et englués dans une vision archaïque et traditionaliste du monde : la femme aux fourneaux, jeunes filles fragiles qu’il faut sauver, jeunes femmes soumises au bon vouloir de l’homme qu’elle aiment… Par très en phase avec la femme du XXIème siècle, ou du moins pas du tout en phase avec ma vision de la femme. Combien de personnage de shôjo m’ont irrité pour ça !

Là, comme ça, sans réfléchir aucun personnage de shôjo fort s’impose à moi. Ne défilent sous mes yeux que des pleurnichardes. Il faut que je me replonge dans ma bibliothèque shôjo et que je gratte un peu sous cette première impression.

les enfants de la mer, Daisuke Igarashi (rien à voir avec les shôjo ! c’est juste pour illustrer ma plongée dans la mer shôjo)

Toru Honda, mon cliché préféré :

Je commence par vous dire que les héroïnes de manga cliché et rétrogrades m’agacent et voilà qu’en première place du meilleur personnage féminin shôjo je vous cité Toru Honda de Fruit Basket (Takaya Natsuki, série en 23 volumes, Delcourt) l’héroïne cliché par excellence !

Toru est douce et fragile, orpheline malmenée par la vie, abandonnée de tous, affrontant le destin avec courage, elle sera secourue par la famille Soma qui lui fera payer cher. Toru se retrouve aussi tôt derrière les fourneaux et devient la bonniche de ces messieurs pour qui même éplucher une patate est insurmontable. Toru va leur faire la popote, vider leur poubelles, laver leur linge, faire les courses… une vraie fée du logis ! Et tout ça avec le sourire bien sûr, parce qu’en parfaite jeune fille à marier Toru aime cuisiner et faire le ménage. Vous en connaissez beaucoup des lycéennes qui aiment faire le ménage ?! O_o

Bien sûr Toru ne se limite pas à jouer les petites épouses modèle, elle est aussi une mère pour tous ces Soma qui ont mal à l’âme. Elle les aime, les console, les rassure, les soutiens… une vraie sainte.

Toru a toute les qualité de la parfaite épouse soumise à l’autorité masculine que je devrait détester, et pourtant je l’aime (comme la plupart des personnages de Fruit Basket, d’ailleurs). Ce n’est pas tant son courage et sa persévérance (une bonne héroïne de shôjo se doit d’être d’un courage discret et d’une persévérance à tout épreuve) qui me la rendent sympathique, mais sa capacité à aimer tout le monde. Toru est un bisounours aboulant dispensant amour et gentillesses à tous ceux qui croisent son chemin. Et là est son originalité et sa force. Les héroïne prêtes à tous pour le beau gosse qu’elle aiment il y en a à la pelle, Toru elle, elle aime tout le monde ! Hommes, femmes, enfants, Toru éprouve une sincère affection pour tous ceux qu’elle rencontre et est capable d’une incroyable empathie, perçant par sa douceur et sa naïveté (car une bonne héroïne se doit d’être naïve, autre cliché que je pige pas) toutes les carapaces.

Si c’est cliché au possible, Toru possède une fraîcheur qui fait du bien.  Si Toru est un bisounours l’histoire de Fruit Basket en revanche y va de sa dose de psychodrames ! un contraste parfaitement réussi.

Je précise tout de même que je n’ai lu que la moitié de la série, je ne sais donc pas comment évolue le personnages dans la seconde moitié. (note pour plus tard : finir Fruit Basket !)

Toru Honda - Fruit Basket

Une femme à poigne : Yankumi

Bon Toru Honda c’est bien, c’est la parfaite caricature du personnage shôjo à laquelle on s’attache malgré tout. Mais y-a-t-il dans l’univers du manga féminin un personnage qui corresponde à ma vision de la femme moderne ? Je désespérais de trouver quand tout à coup cela m’est apparu comme une évidence : Yankumi, l’héroïne de Gokusen (Kozueko Morimoto, série en 15 tomes, version française toujours en cours chez Kazé Manga).

Pourquoi n’ai-je pas de suite pensée à elle ? Précisément parce que Gokusen ne correspond pas du tout au cliché du manga féminin. Il n’y a pas de romance, pas de jolie cœur, pas de jeunes filles en détresse, pas de larme, pas de mélodrame… Gokusen c’est l’histoire d’une prof pas comme les autres, héritière d’une petite famille de yakuza, qui se retrouve professeur principal d’une classe de bad boys. Un peu le Onizuka féminin (donc beaucoup moins vulgaire). Le manga est d’ailleurs publié en France dans une collection seinen.

Qu’est-ce que j’aime chez Yankumi ? Son caractère bien trompé, elle n’a pas froid aux yeux, c’est une championne des arts martiaux et n’hésite pas à se battre s’il le faut, mais sans aucune hystérie (contrairement à beaucoup de championnes en la matière sorties des shônen). Elle sais garder son sang froid, agir en fonction des circonstances. Assurer l’avenir de famille quand celle-ci à besoin d’elle tout en prenant ces distances et en vivant son rêve : devenir professeur. Elle sait choisir sa voie, sans renier les siens. Elle est drôle, pas spécialement belle et encore moins sexy, son côté femme ordinaire la rend d’autant plus attachante. Elle est déterminée, attentive aux autres et pleine de bonne volonté, ce qui pour un prof est indispensable, surtout quand on commence avec une classe pareil.

Yankumi est une femme moderne, elle sait s’affirmer, poursuivre son chemin, prendre soin des sien tout en gardant un petit cœur d’artichaut qui fait boum boum pour le bel avocat à qui elle ne sais pas faire sa déclaration.

Là encore je n’ai lu que les 3 premiers tomes de la série et je ne sais pas encore ce que la suite nous réserve. J’espère que Yankumi ne perdra rien de ce qui fait sa force.

Une mère comme je les aime :

Bon, je vous ai parlé de Toru, la championne des héroïnes shôjo cliché mais attachante, de Yankumi l’héroïne josei aux allures seinen, pour compléter le tour du manga féminin je pourrais citer un bon personnages féminin tiré d’un yuri et d’un yaoi. De Yuri je n’en ai lu que deux, impossible pour moi de parler du meilleur personnage. En revanche il y a un personnage féminin de yaoi que j’adore.

Les personnages féminins dans le yaoi sont très rares, voir quasiment inexistants, pourtant le peu de femmes qu’on peut y croiser sont souvent moins cliché et plus modernes que celle des shôjo ou josei (du moins c’est ce que en ressort de mes lectures personnelles).

Le personnage auquel je pense c’est la mère de Nao dans Otona no Mondai de Ima Ichiko.

Elle incarne parfaitement la femme moderne à mes yeux. Capable d’élever son enfant seule sans en faire un drame, parfaitement à l’aise avec son statut de femme divorcée, elle est dynamique, belle, forte et ouverte d’esprit. Je la trouve drôle et attachante. Une femme avec qui je pourrait être amie. Trop exubérante pour que je m’identifie à elle, j’ai trouvé sa présence dans le manga toujours agréable et m’identifierais facilement à l’une de ses amie (invisibles dans le manga). La façon dont elle titille sont Tangui de fils unique me fait beaucoup rire. Une chouette femme pour un chouette manga (que nous n’aurons jamais la chance de voir publié en France, je le crains).


C’est avec elle que je conclue mon tours des meilleurs personnages féminin du manga féminin. Et vous, quel est votre personnage féminin préféré ?

Pour découvrir les réponses proposées par les autres partenaires de la semaine shôjo, suivez les liens (les articles serons mis à jour au fur et à mesure de leur publication) :

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Nouveautés manga #4 – sorties d’avril 2015

 Voici ma nouvelle petite sélection côté sortie manga du mois :

Nouveauté :

Au pays du cerf blanc :

Le premier avril dernier sortait ce titre proposé par les éditions de La Cerise. Au pays du cerf blanc est une adaptation du roman de Chen Zhongshi, illustré par  Li Zhiwu. Nous vous avons déjà parlé de ses magnifiques illustrations que nous avions pu découvrir dans une expo au FIBD cette année. J’avais eu envie de craquer pour le livre, qui y était disponible en avant -première mais le prix m’en a dissuadé. Néanmoins je le met sur ma liste de cadeau (bon ok Noël c’est pas pour tout de suite…)

La bataille de Sahngai 1937 :

Je le site car il est sorti le 10 avril, mais à vrai dire je l’ai déjà puisque j’ai profité de la présence de l’auteur au FIBD pour l’acheter et me le faire dédicacer. Je voulais le lire et vous le présenter avant sa date de sortie officielle mais j’ai pas eu le temps. J’essaye de faire ça avant la fin du mois.

Pour la petite présentation il s’agit d’un manhua de Bo Lu sorti chez un nouveau label spécialisé dans la BD chinoise : Urban China.

C’est chez ce même label que vient de sortir La princesse vagabonde de XIA Da dont Yomu-chan vous à parlé très récemment.

Côté nouvelles séries manga il n’y a rien d’autre qui ai tiré mon attention en ce mois d’avril (cool je vais pouvoir me rattraper sur les sélection précédentes !) si ce n’est 2 guides dont l’un devrait arriver bientôt dans ma boite au lettre puisque j’avais participé au financement du projet : Histoire(s) du manga moderne et Hong Kong Comics une histoire du manhua

 

du côté des séries en cours :

Noragami tome 3 : le premier tome m’a moyennement convaincu, si je trouve l’idée originale et les personnages très amusant. L’ensemble était trop convenue, trop lisse et la chute du premier tome pas très bien gérée. Néanmoins l’intrigue mêlant le Japon moderne au son folklore via un dieu de bas étage rêvant de vénération et proposant son aide à tous ceux qui sont prêt à lui faire une offrande est vraiment marrante. J’avais aimé l’anime, je continuerais volontiers cette série sur quelques tomes pour voir.

Gokusen : le tome 9 est sorti le 1er avril. Je n’ai pas encore rattrapé mon retard mais cette série fait partie de celle que je compte bien poursuivre. J’adore la prof/yakuza !

Food wars ! : le tome 4 est sorti le 8 avril. Moi j’ai eu un coup de cœur pour le tome 1 mais depuis j’en suis restée là… Allé on se bouste et on se prépare des petits plats 🙂

Rudolf Turkey : le tome 3 sort le 23 avril. Le premier tome m’a beaucoup fait rire, avec son anti-héros, ses poulettes sexy et les 2 secrétaires à double tranchant. Bref une ambiance disjoncté servie par un très jolis dessin, idéal pour se détendre sans réfléchir.

Acid Town : un yaoi avec une histoire, c’est suffisamment rare pour être noté ! le 4 tomes d’Acid Town sort le 26 avril. Je n’ai pas encore dépassé le tome 2 et si en effet le titre propose une intrigue et une ambiance post apocalyptique, les personnages sont à mon goût un peu trop classiques. Et le héros, un peu trop entouré de drames…

Coté série en stand-by, le tome 8 de Adekan sort le 10 avril, alors que le tome 6 de Mon histoire est prévu pour le 17 avril.

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La gigantesque barbe du mal

C’est à l’équipe k.bd que je dois cette nouvelle lecture commune. J’aimais beaucoup la couverture et j’ai eu envie d’en savoir plus. J’avoue avoir eu un peu peur la première fois que j’ai tenu la BD entre mes main, mais finalement je ne regrette pas.

 

J’ai trouvé cette BD très drôle. Avec beaucoup d’humour et par une histoire complètement surréaliste Stephen Collins dépeint ces banlieues aseptisées où pas un brin d’herbe ne dépasse. Tout y est propre et ordonné. Cette hantise du chaos ne cacherait-elle pas une grande peur ?

Dave, un employé de bureau glabre qui fait son travail sans se poser de questions et sans comprendre vraiment ce qu’il fait, voit ça vie chamboulée le jour ou son unique poil se met à pousser, pousser jusqu’à devenir une énorme barbe envahissant tout Ici : c’est la gigantesque barbe du mal.

 

Le thème des banlieues aseptisées, du trop grand ordre qui s’y trouve, de la peur que cela engendre n’est pas une nouveauté. On a pu voir de nombreuses fictions se construire autour de ce point de départ. En bande-dessinée je pense notamment au manga Soil de Atsuki Kaneko qui part également de d’une banlieue trop parfaite pour être vraie pour créer un triller au allures entrecroisée de roman noir et récit sf. Si le surréalisme est toujours là, la façon dont Kaneko et Collins s’approprient un thème commun est très différente. Le seul point commun entre les deux BD est le décor de départ : rues aux haie parfaitement coupée, parterres fleuri impeccables, petites maison toutes identiques… 

Avec la gigantesque barbe du mal on a une histoire surréaliste très paisible. Il arrive quelque chose d’incroyable à Dave, mais il encaisse le coup dans le plus grand calme. Tout comme le récit qui dans un dessin très clair, tout en nuances de gris montre la ville d’Ici qui petit à petit, d’abord par de petit détails que personne ne remarque, se métamorphose sous l’emprise de la gigantesque barbe. Une métamorphose veine. L’ordre fini toujours par réabsorber le chaos et le récit se conclue d’une façon assez étrange me laissant un peu sur ma faim, un peu déçue que tout cela ne mène finalement nulle part. Un récit somme toute très fataliste, ne nous laissant pas beaucoup d’espoir quant à notre avenir, celui de notre espèce je m’entends.

Malgré tout j’ai beaucoup aimé cette bd qui m’a fait sourire, un peu réfléchir et qui malgré sa fin plutôt pessimiste à su me porter de la quiétude à travers son dessin et ses couleurs (ou plutôt devrais-je dire ses non-couleurs!).

La gigantesque barbe du mal

Stephen Collins

2014

Cambourakis

à lire aussi les avis de Kiba-chan et Mo’

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Et il me parla de cerisiers, de poussières et d’une montagne…

J’ai acheté ce bouquin comme ça, sur un coup de tête, la couverture et le titre avec ces felurs de cerisiers ont attiré mon attention et le pitch avait l’air sympa…

Que dire de ce livre ? Il est mal écrit. Voilà c’est dit. J’ai trouvé l’idée de l’histoire sympa, je partage complètement le message mais cela ne suffit pas à en faire un bon livre, loin de là. J’ai trouvé ça ennuyeux et j’avais la très désagréable impression que l’auteur prends ses lecteurs pour des idiots. Quand on a un message à faire passer on se débrouille pour raconter l’histoire en laissant le soin au lecteur de comprendre la morale entre les lignes. Ici la morale on nous la martèle du début à la fin avec lourde insistance comme si on était trop stupide pour comprendre.

Que nous dit ce livre ? Que nous somme tous englué dans de fausses peurs qui nous pourrissent la vie et que pour apprendre à vivre debout il faut les reconnaître et puis s’en défaire. Très bien, je suis 100% d’accord. L’histoire du protagoniste, ses rencontres, son parcours étaient amplement suffisant pour nous faire comprendre ce message. Quel besoin y avait-il de nous l’expliciter encore et encore. La première fois c’est lourd, à la fin ça devient carrément agaçant. Je n’ai d’ailleurs pas pu lire les dernières pages tant l’ensemble est redondant. Le livre ne fait pourtant que 140 pages ! Grosse déception.

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La Violence dans le Manga / Dissertation ~by Yomu-chan

L’article que je vais vous proposer aujourd’hui est un peu saugrenue et plutôt différent de tout les précédents. Permettez moi de vous remettre dans le contexte qui m’a poussé à écrire ce qui suit. Il y a quelques mois, alors j’ai été vilaine et que j’ai fais une bêtise mon chaaarmant proviseur m’a gentiment exclu pendant plusieurs jours. Youhouuu des vacances de 4 jours, le pied !! Eh bha non. Maman Dragon ne l’entend pas de la même manière. Quelques jours auparavant je venais d’essuyer une note plutôt décevante sur une disserte qui traitait de la violence dans le genre théâtrale et patati patata, du coup ma môman Otaku à trouvé vachement drôle de m’imposer une dissertation officieuse + un commentaire littéraire sur une nouvelle en Anglais + faire la liste de toute les formations qu’il est possible de faire quand on veut faire le métier que je veux faire ( faire faire faire), tout ça pour m’occuper pendant mon exclusion.

Et vous l’aurez compris, si vous avez lu le titre de cet article, le sujet de ma dissertation officieuse était la violence dans les mangas (et les animes) ! La problématique étant, si je me souviens bien, quelque chose dans le genre «  Comment expliquer que les gens soit subjugué par la violence présente dans les mangas et les animes ? « 

Et aujourd’hui je vous propose ma tentative de réponse. J’avais pour projet de la retravailler un minimum parce que mon aimante correctrice ne m’avait mis que 12/20, mais le souvenir de ces heures travail est tellement douloureux que j’ai préféré m’abstenir :3  Flemme quand tu nous tient ! Enfin cessons les palabres et voici ma dissertation sur la violence dans les mangas (soyez indulgent please ! )

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         Le manga est un média qui aujourd’hui c’est totalement intégré à la société, Japonaise ou même européenne, il prend de plus en plus de place et a de plus en plus de succès ; cependant il ne fait pas encore l’unanimité, certain parents condamnent la trop grande violence des mangas ou des dessins animés japonais et l’influence qu’elle peut avoir sur leurs enfants. En effet la violence peut provoquer une certaine fascination chez le lecteur et le spectateur, on montrera que les mangas et les animes peuvent être le reflet d’une telle fascination mais aussi que ces arts mineurs peuvent utiliser la violence à des fins plus profondes. La violence peut être physique ou verbale, tragique ou comique, elle recèle de l’amour, de la colère, du désir de domination ou de la vengeance… Être fasciné c’est être subjugué, c’est tout oublier, cela peut aller jusqu’à la vénération. Pour parler du manga et de l’anime il faut d’abord les définir ; le manga c’est la bande dessiné japonaise, au même titre que la BD franco-belge chez nous (quoique qu’avec ses propres codes), c’est un art mimétique qui montre le monde mais c’est aussi un prétexte à la fiction et l’imagination, de nombreux univers naissent du manga. Ce qu’on appel « anime » c’est souvent l’adaptation en dessins-animés de mangas à succès, on ajoute alors une bande sonore, des couleurs, et des fois un nouveau graphisme. Afin de comprendre cette subjugation et comment le manga utilise la violence pour des objectifs moins superficiels nous nous demanderons pourquoi le lecteur/spectateur est fasciné puis nous développerons les desseins plus profonds de la violence dans la BD japonaise et son adaptation animée.

full metal alchemist

On peut considérer que le manga est un des reflets de la fascination. En effet, c’est un moyen d’expression qui laisse une grande liberté à ses auteurs quant à son contenu, il permet de faire passer toute sortes de messages et de raconter toutes les histoires que l’on veut, ainsi n’importe qui peut trouver sa part de fascination. On peut cependant se demander pourquoi la violence est un des aspect qui plaît, qui est recherché par les lecteurs, pourquoi sont-ils fasciné par cette brutalité que l’on peut trouver dans les animes et les mangas.

Le moment de violence peut avoir un aspect spectaculaire. Le manga et son scénario suivent un rythme dramatique particulier. Et les moment de férocité sont des moments intenses et capitaux pour l’histoire. Durant ces passages le personnage condense toutes ses énergies et toute sa réflexion préliminaire (préparation de vengeance, quête héroïque, concours, etc…) et tout ça explose dans ces moments d’agressivité. Se sont des scènes qui embarque le public de par leurs rythmes et le rôle qu’elles peuvent avoir dans le déroulement de l’intrigue, pour ne laisser plus que les « Va-t-il y arriver ?! », « Vas y ! Fait le !! » ou encore «  Non ne fait pas ça ! ». Dans Naruto ( de Masashi kishimoto) on retrouve souvent ce schéma, notre héros blond se fait taper dessus sans jamais abandonner et nous sert de long discours sur les valeurs des ninjas avant de remettre son adversaire sur le droit chemin par un ultime coup ; comme lors de sa première rencontre avec Gaara. On retrouve aussi ce type d’explosion d’émotions dans l’attaque des titans quand, juste après leur promotion, la brigade de jeunes est envoyée dans le district de Trost et que le Titan colossal apparaît, là Eren totalement résolu ( après de nombreux débat intérieur et d’auto-discours de résolution) réagit très vite et n’hésite pas un instant à se lancer dans le combat.

La violence nous renvoie à notre humanité comme un miroir. En effet, elle raconte les grande préoccupations humaines, comme l’amour avec la rivalité, la jalousie, le désir de possession, ou le pouvoir avec la domination et l’oppression. Alors, voir ces traits, qui appartiennent à tout les Hommes, sous forme de dessins (qui en plus dans les mangas sont souvent très expressifs) peut être intéressant, peut être fascinant. On opère, consciemment ou inconsciemment, une identification, soit avec nous même soit avec notre entourage, nos connaissances et nos expériences. Et l’humanité fascine tant par sa beauté que par son éxcessivité. On reste sans voix, on observe jusqu’où elle peut aller, jusqu’où elle peut pousser la violence, la barbarie et des fois le sadisme. On voit ce genre de violence psychologique dans Fruits Basket ( de Natsuki Takaya) quand Akito violente les autres personnages par manque d’amour et d’affection, elle noie sa solitude dans la violence aussi bien verbale que physique. Ou dans Battle Royale (Kôshun Takami) on se demande où va s’arrêter la folie destructrice de Kiriyama.

Mais la violence n’est pas seulement sujet de fascination, elle peut aussi avoir un but plus précis et mon superficiel.

battle royale

Quelles sont alors ces fins plus profondes pour les quelles les mangaka utilise la violence. Parlons déjà de la place du manga dans l’histoire du Japon. En effet cet art à une identité culturelle très forte. Les premiers mangas voient le jours sous les doigts d’Hokusai au XIX° siècle, puis la période où il explose c’est pendant et juste après la 2° Guerre Mondiale ; à cette époque le Japon n’est pas dans son état le plus glorieux, nous n’oublions pas les deux bombes atomiques qui l’acculent et l’occupation américaine qui s’en suit. Pendant cette période le peuple japonais est pauvre et désillusionné, le manga offre alors une possibilité de divertissement peu onéreux et accessible à tous. Ensuite le manga devient le support parfait pour traiter des fait historiques et politiques de façon humoristique (ou pas, d’ailleurs). Cela devient un devoir de mémoire. Ça explique les explosions d’agressivité de certains auteurs, les japonais ont souvent était sous pression, que se soit par l’occupation ou même aujourd’hui par leur propre système, c’est une population qui à un moment donner à besoin d’expulser. C’est un art populaire qui permet de comprendre le point de vue de la population,être mangaka n’est pas réservé à une quelconque élite sociale, il suffit de savoir dessiner un peu (et encore) et d’avoir des idées, des choses à dire ou a raconter. On retrouve ce devoir de mémoire dans Gen d’Hiroshima (Keiji Nakazawa) où on nous dépeint la violence de la guerre, par exemple quand on voit les corps fondre sous l’effet de la bombe nucléaire. Ou encore, plus récemment, dans de nombreux ouvrages qui ont vu le jour suite au terrible tsunami de 2011 comme Japon, 1 an après (recueil de 8 histoires avec pour trame les événements de ce mars 2011) où on découvre la violence des paysages et des maisons balayés ainsi que les Hommes dévastés.

gen d'hiroshima

Le manga a aussi une préoccupation sociale. En ciblant précisément les différentes catégories de lecteurs, par sexe ou par âge (shôjo pour les jeunes filles, shonen pour les adolescents masculin ou seinen, josei, etc…) le manga offre une exceptionnelle diversité et peut ainsi adresser toute sorte de messages sociaux, dénoncer les abus sociopolitiques, se révolter contre une société japonaise très exigeante, parler de la dégradation des valeurs familiales, de l’argent qui devient la valeur reine dans l’esprit des gens, ou tout les soucis de l’univers nippon, comme son fort taux de suicides, son état économique, le bizutage en masse, etc… C’est dans les années 60 que le manga prend une tournure adulte, sociétale et politisée. On montre la violence pour la dénoncer. Mais cette violence, dans les mangas, peut aussi prendre une forme comique, en effet dénoncer certaines choses de façon légère et provocatrice peut aussi être très efficace. On trouve cette implication sociale dans Lady Oscar de Riyoko Ikeda, qui est beaucoup plus engagé qu’on ne pourrait le croire, on nous propose tout de même une femme habillée en garçon et qui se bat mieux que certains hommes, c’est une idée assez moderne. Il y a aussi X day (Mizushiro Setona) qui nous montre le mal-être des jeunes, près à faire exploser leur lycée. On peut aussi parler de Suicide Island (Kôji Mori) qui relate du trop grand nombre de suicidés et de comment la société doit les gérer.

Il existe aussi un aspect non négligeable du manga et de l’anime, c’est la catharsis. Cet effet thérapeutique qui agit sous forme de purge. Cette philosophie nous viens du théâtre grec, bien que les japonais on dut s’inspirer d’autre chose, je doute de l’étendue de la culture nippone au niveau de ce patrimoine dramatique antique, en tout cas dans les mangas on trouve des trucs rigolos sur le sujet. Bref, le principe de la catharsis c’est de se libérer de la violence, du mal que l’on a en nous en les voyant de façon excessive sur scène, sur l’écran ou dans notre cas, sur papier. Si on prend en compte le faible taux de criminalité japonais on peut se demander si le trop plein de violence de certains genres de mangas et d’animes n’y est pas pour quelque chose. La bande dessinée japonaise agirait alors comme un défouloir, on s’expose à outrance à la brutalité et ainsi on évite de tuer quelqu’un pour de vrai. On s’enivre de pensées sadiques, vicieuses,et perverses pour éviter que ces pulsions n’explose dans la réalité. On peut reprendre l’exemple de battle royale mais cette fois en parlant du personnage de Mitsuko Sôma qui est du début à la fin démesurément « sexy », nue, sensuelle, cruelle et vicieuse. Doubt est aussi un exemple de cette violence sanguinolente excéssive, on y trouve un mixe de toutes les émotions abominables, celles que l’on enfouit au fond de nous. Dans un autre esprit on peut citer Death note (Takeshi Obata et Tsugumi Onba) dont le héros n’est pas un gentil malgré qu’il soit très attachant , c’est ce genre de personnage humain pour de vrai, ce n’est ni vraiment un méchant mais ce n’est clairement pas un modèle de vertu.

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Nous avons expliqué pourquoi le lecteur et le spectateur peuvent être subjuguer par la présence de violence dans les mangas et les animes ; en disant le rôle dramatique des moment où cette violence fait son apparition, et en explicitant comment la violence est une part de l’humain qui pousse à la fascination et à l’interrogation. Nous avons aussi vu quelles sont les fins plus profondes aux quelles sont destinées les représentation de la violence dans la BD nippone en replaçant le manga dans l’Histoire du pays, en montrant ses aspects sociétaux et en parlant du phénomène de la catharsis. On peut à présent se demander si, malgré tout les prétextes à la démonstration de violence que nous avons développés plus haut, cela n’a pas une influence néfaste sur les jeunes lecteurs et lectrices de mangas, et jusqu’où va cette influences, qu’elles en sont les limites.

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Angélique ~by Yomu-Chan & Bidib

By Yomu-chan

Les éditions Casterman ont contacté « le grand patron » de Ma petite Médiathèque pour nous proposer de lire en avant-première le premier tome de Angélique et d’en écrire une chronique.

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Angélique est une adaptation par Olivier Milhaud et Dara en global manga des romans (apparemment très connus , merde je ne les ai pas lu..) de Anne Golon. Auteur qui au moment d’écrire ses livres avait pour projet de créer un personnage féminin qui incarnerait à la fois la femme du XVII° siècle et la femme dite moderne. Voyons comment cela a été traduit en manga.

Mais avant tout un petit synopsis s’impose:

L’histoire commence en 1646 dans une pièce éclairé par le feu de cheminée où l’on fait connaissance avec Angélique, tous ses frères et  sœurs et sa nourrice . Cette dernière est en train de leur raconter la terrible histoire de Gilles de Retz. Puis on commence à suivre le quotidien de cette petite Angélique, fille de baron insouciante et pleine de courage.

Que dire de ce manga ? … Je viens juste d’en finir la lecture et je reste perplexe. Je ne saurais dire si j’ai aimé ou non. Le dessin est sympa, bien que un peu trop « rondouillard » des fois, en effet le graphisme des personnages est parfois en décalage avec la situation, mais cela reste agréable à regarder dans l’ensemble. J’aime beaucoup le design de Angélique lorsqu’elle est petite, cela la rend encore plus attachante.

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Je trouve que dans son ensemble le manga est trop « flou ». Que ce soit dû à la mise en page avec le découpage des cases ou aux dialogues, j’ai une vague sensation de « pas fini ». Ce que je veux dire c’est que l’on sent que l’histoire part d’un univers très riche mais qu’ici seulement une infime partie nous est montrée. Je me suis d’abord dit que c’est le passage roman/manga qui veut ça, seulement je n’ai pas lu les romans alors pourquoi aurais-je l’impression qu’il manque quelque chose ? Les personnages me paraissent trop superficiel ou alors ils sont trop « profonds » et on ne comprend plus ce que veulent dire leurs expressions et quel est le message que veulent nous faire passer les auteurs.

Et puis il me reste quand même ce sentiment dérangeant d’attente. C’est quelque chose que je déteste particulièrement quand je lis ou regarde un film : l’attente. L’attente du début de l’histoire, quand est-ce que l’action commence, quel est l’objectif du bouquin ?! Là, tout au long du livre j’ai attendu que « ça commence ». Les situations initiales c’est bien, oui il nous faut des scènes d’expositions mais bon… Je ne ferait pas plus de reproche parce que ce genre de défaut est un des « syndrome du tome 1 ». C’est vrai on peut avoir des séries avec des premiers tomes passionnants et pleins d’adrénaline mais dont la suite s’épuise très vite. Et à l’inverse des premiers tomes longs au démarrage mais dont la suite envoie du lourd. C’est pour cela que je reste indécise, j’attends de voir ce que nous réservent les prochains tomes avant de me prononcer .

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 Le mot du « grand patron » :

Quand j’ai été contactée pour lire ce « manga français » j’ai été bien évidemment flattée, mais je me suis tout d’abord demandée s’il correspondait à mes lectures, s’il était susceptible de me plaire. Angélique  je connaissais de nom, j’avoue n’avoir lu aucun des romans, ni vu aucune des nombreuses adaptations. L’idée que je m’en faisais était quelque chose de très romantique, trop pour me plaire peut-être. Finalement, après avoir lu la fiche de présentation de cet album, j’ai pensé qu’il pourrait plaire à Yomu-chan, friande de shôjo d’aventure fantastique et épique tel que La Fleur du Millénaire mettant en scène des héroïnes fortes (ou pas) dans un univers inspiré du moyen-âge. Alors pourquoi pas une héroïne française dans un décor renaissance ? Je lui ai donc proposé une lecture commune.

Et puis aussi ce qui m’a donné très envie de découvrir cet album, c’est le nom du scénariste, Olivier Milhaud, dont j’avais adoré Le Viandier de Polpette.

En commençant la lecture d’Angélique  je m’attendais donc à une aventure épique dont le héros serait une jeune femme. Finalement ce n’est pas du tout ce que j’ai lu. Ce premier tome me fait plus l’impression d’une tranche-de-vie au XVII siècle dans une famille noble désargentée. Il n’y a pas le côté aventure auquel je m’attendais. Si cela semble avoir frustré Yomu-chan qui durant tout le premier tome attendait de voir l’histoire démarrer, j’ai été moins gênée. Dans ce premier tome il ne se passe pas grand chose. On découvre Angélique et sa famille, son univers, son mode de vie. Ce qui m’a plu c’est le fait de côtoyer un personnage très français. De plus la scène se déroule dans ma région et c’est amusant de voir nommer des lieux que je connais bien, tout comme des faits historiques dont je ne garde que de vagues souvenirs des cours d’histoire du collège.

Comme Yomu-chan j’ai parfois trouvé que les personnages étaient traités trop à la légère, peut-être que les chapitres sont trop courts ou pas toujours en relations les uns avec les autres. On peut en effet se demander où les auteurs veulent en venir en regardant l’ensemble, certains personnages semblent important à leur apparition et disparaissent du récit aussi tôt (c’est le cas d’un peu près tout les garçons qui tournent autour de la petite Angélique). Mais j’ai plutôt lu chaque chapitre indépendamment des autres, comme des petits instantanés de l’enfance d’Angélique nous permettant de faire connaissance avec elle et son univers.

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Le dessin n’est pas désagréable, même si moi aussi je le trouve un peu trop rond. Il rend les personnages touchants et représente bien le côté « enfance » de ce premier tome. Ce qui m’a amusé c’est aussi ce contraste entre un design très manga et une histoire très française qui marche assez bien.

En conclusion j’ai trouvé ce premier tome agréable sans pour autant être emballé par l’histoire. Je me demande si la suite gardera cet aspect tranche-de-vie où s’il y aura plus d’action et plus d’unité entre les chapitres.

Un joli premier tome qui a eu le mérite de ma faire connaître Angélique. Il ne me reste plus qu’à découvrir le roman 🙂

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Angélique

d’après le roman de Anne Golon

Scénario Olivier Milhaud

Dessin Dara

Casterman

sortie prévue 8 avril 2015

Merci aux éditions Casterman pour cette lecture

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