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le coin écolo #3 ~ La grande muraille verte

Lutter contre la désertification en Afrique en plantant des arbres ce n’est pas une nouveauté. D’autres ont essayé. Certains ont obtenu des résultats alors que d’autres ont échoué.

Fort des ces premières expériences l’initiative africaine de la Grande Muraille Verte (IAGMV) à vu le jour en 2005. Le projet consiste en la création d’une bande verte de 15 km de large sur plus de 7000 km de long, allant du Sénégal à l’Éthiopie. 11 pays sont ainsi impliqués dans ce projet. Cette bande verte inclurait de la forêt mais aussi des cultures. Il s’agit un projet complet visant à lutter contre la désertification tout en luttant contre l’exode rural de la zone sub-saharienne. Il s’agit de d’assurer la sécurité alimentaire de la population et de d’améliorer les conditions de vie des agriculteurs.

Certaines expérience avaient vu le jours avant, notamment en Algérie où l’état avait tenté de lutter contre la désertification en procédant à une plantation massive de pins d’Alep : le Barrage vert algérien. Malheureusement ce projet n’a pas eu les effets escomptés. Le principal défaut de celui-ci était qu’il se basait sur la monoculture rendant les plantations particulièrement fragiles aux attaques de parasites. Tirant profit de cet échec, le projet de la Grande Muraille Verte se base sur la plantation conjointe de plusieurs espèces : l’acacia gommer, le dattier du désert et le jujubier. Ces espèces n’ont pas été choisies uniquement pour leur adaptation au milieu mais aussi pour leur utilité pour l’homme.


L’acacia gommer (Acacia senegal) :

Cet acacia produit une gomme utilisé à la fois dans l’industrie alimentaire, cosmétique, pharmaceutique et textile, c’est ce qu’on appelle la gomme arabique.

Cette plante résiste très bien à la sécheresse. Il pousse aussi bien au bord de la mer qu’à 2000 m d’altitude et peut supporter des températures diurnes très élevées. Un acacia de 2 m plonge ses racines à 4 m de profondeur. L’eau ainsi remontée par l’arbre passera dans l’atmosphère et créera un microclimat. L’arbre peut faire de 2 à 12 m de haut.

⇒ en savoir plus sur l’acacia senegal ICI

aire de distribution de l'acacia senegal
aire de distribution de l’acacia senegal

Le dattier du désert (Balanites aegyptiaca)

Les feuilles et l’écorce du dattier du désert (à ne pas confondre avec le palmier dattier) sont utilisés pour leur vertu pharmacologique et les fruits dans l’alimentation, on en fait également une huile utilisé en cosmétique.

Cet arbre est également très adapté aux zones arides. Il capte l’eau par un système racinaire complexe allant jusqu’à 7 m de profondeur et 20 m de diamètre pour ses racines superficielles. Celle-ci absorbent l’eau dès qu’il y a des précipitations. L’arbre adulte fait entre 8 et 9 m de haut. Le dattier du désert ne donne de fruit qu’au bout de 8 ans mais une fois adulte il peut donner jusqu’à 125 kg de fruit par arbre.

⇒ en savoir plus sur le dattier du désert ICI

aire de distribution du dattier du désert
aire de distribution du dattier du désert

Le jujubier (Ziziphus mauritiana)

Le jujubier produit des fruits comestibles. On utilise également son bois dans l’artisanat et l’écorce pour ses vertus pharmaceutique. Les feuilles sont également utilisées comme fourrage pour l’élevage.

Petit arbre épineux et buissonnant de 4/5 m, il peut aussi donner des arbres de 10 m de haut, rarement plus.

⇒ en savoir plus sur le jujubier ICI


La plantation des arbres ne résume pas à elle seule le projet de la IAGMV. Celui-ci inclue un plan de développement complet agro-forestier associant des cultures vivrières à la plantation des arbres et autres activités économiques liées à l’exploitation de cette nouvelle forêt.

Le projet, en s’appuyant sur les Pôles ruraux de développement, chercher par exemple à développer des techniques agricoles permettant de lutter contre la désertification et l’érosion du sol tel que le zaï ou l’application de mulch.


Le zaï :

Cette technique traditionnelle consiste à creuser des mini cuvettes d’un mètre de diamètre au fond desquelles on plante les graines. Cette technique peut être améliorée en la complétant par d’autres techniques comme l’utilisation de compost dont on remplirait les cuvettes. Cette technique, très simple, permet de garder l’eau et lui permettre de pénétrer plus en profondeur.

A ce sujet j’ai vu un reportage très intéressant : Yacouba Sawadoga the man who stop the desert.

Son travail pour lutter contre la désertification de sa région au Burkina Faso à donné de très bon résultats. Je pense que son expérience à du nourrir le projet de la Grande Muraille Verte.

⇒ Pour en savoir plus sur Yacouba Sawadogo et son projet cliquer ICI

Le mulch :

Le mulch est une technique consistant à recouvrir le sol avec divers matériaux. On recouvre le sol avec de la matière organique ou minérale de façon a réguler la température et l’humidité de la terre, voire à la fertiliser par l’apport de matière organique. Il existe différentes sortes de mulch.

Pour en savoir un peu plus sur cette technique je vous invite à regarder cette vidéo sur l’application du mulch dans la permaculture :


Sont également développées des techniques de cultures permettant une plus grande productivité et une plus rapide croissance des plan. Parmi ces techniques on peut citer l’utilisation de termitières mortes broyées et mélangées à la terre pour un apport en matière organique ou encore l’utilisation de racines riches en champignon mycorhiziens.

Le résultat obtenu sur la production de plan mycorhizié est assez spectaculaire.

Effet de Pisolithus albus souche IR100 sur la croissance de Acacia holosericea après 2 années de plantation. Photo R. Duponnois

Champignons mycorhiziens :

Les champignons mycorhiziens jouent un rôle très important dans le cycle biogéochimique. Il vivent en symbiose avec les racines de certaines plantes et permettent une bonne absorption des phosphates, azote et carbones grâces auxquels  la plante obtient une meilleure croissance. Cette symbiose ne profite pas uniquement à la plante et à son symbiote. Il a était récemment prouvé le qualité du substrat est amélioré grâce au liquide excrété par les racines porteuse de champignons mycorhiziens qui augmente l’activité microbienne. S’y développent notamment des bactéries qui favorisent la fixation d’azote.

Bref, c’est hyper cool comme champignons !


On étudiés également la lutte via des biopesticides pour combattre certains fléaux tel que la Striga hermonthica, une plante parasite qui détruit en moyenne 40% de la production de céréales. La lutte traditionnelle (arrachage des plants) est inefficace contre cette plante puisque ces graines peuvent rester dans le sol des dizaines d’années avant de germer. En revanche la germination des graine en cas d’absence de hôte conduit le plant à la mort. Les chercheurs ont donc mis au point des techniques menant à une germination suicidaire de la Striga. Et il se trouve justement que certaines bactéries naturellement présente dans le sol ont cet effet. Il s’agit donc de favoriser leur présence dans le substrat afin d’éviter au maximum l’invasion de cette plante.

Striga hermonthica

Ce projet, très complet me parait très intéressant. Reste à espérer que les différents pays réussissent à le mettre en place. La difficulté étant que les arbres plantées aujourd’hui ne donnerons de résultat que dans quelques années. En attendant les population locales devront protéger les plans et favoriser l’application du projet.

⇒ découvrir ICI une gallérie photo du projet


Sources :

  • Dossier pour la science n°89, La Grande Muraille verte, René Billy et Robin Duponnois, novembre 2015

Pour en savoir plus :

Et pour terminer un petit reportage réalisé au Sénégal par l’association Ekow :

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Contes, légendes et récits, la collection Castor poche

Cela fait un petits moment que j’avais envie de vous parler de cette collection que j’affectionne particulièrement. Mimiko l’aime également et en compte plusieurs dans sa bibliothèque. J’aurais voulu vous présentes tous ceux que nous avons… malheureusement je suis en perpétuel déménagement depuis un an et certains sont encore enfermé dans les cartons. Les deux qui restent encore à porté de main vont bientôt allé rejoindre leur camarade pour la dernière ligne droite du déménagement (le mois prochain nous devrions être dans notre nouvelle maison et cette fois on va y rester un petit moment, suffisamment pour sortir tous les livre de leur cartons). Dans ce premier volet je ne vais donc vous présenter que deux recueils de contes : 20 contes du Niger et 15 contes d’Amérique latine.

Tout d’abord 2 mots sur la collection : ces recueils sont petit et les histoires, courtes, se lisent rapidement. C’est ce qu’aime Mimiko. Son attention reste capté jusqu’à la fin de l’histoire et le langage y est simple (sans être pour autant simpliste) ce qui lui permet de comprendre sans trop d’explication annexes, contrairement à d’autre recueil de contes plus vieux que j’ai glané au puces. Si les histoires y sont intéressantes, le langage y est souvent trop chiadé, à tel point que j’ai parfois du mal à lire. Avec la collection Castor poche je n’ai jamais rencontré ce problème. Les histoires sont courtes, les phrases brèves et le vocabulaire à la porté des enfants. Parfois des notes explicatives aident pour les termes spécifiques tel que la nourriture, un type d’habitat particulier, etc. Bref c’est idéal pour les histoires du soir ! Et ça ouvre au monde et aux autres cultures.


20 contes du Niger

2014-09-29 22.01.39J’ai été très surprise en lisant ce recueil de voir à quel point certain de ces contes me rappellent les histoires qu’on me racontait dans mon enfance. Plus que l’histoire tout entière, on retrouve des détails dont la ressemblance est vraiment frappante, tel par exemple les fourmis qui aident le héros du conte les animaux reconnaissants à trier les grain de mil des grain de sable. Je n’arrive pas à me souvenir où j’ai vu cette scène mais je suis sûre de l’avoir déjà trouvé dans un autre conte. Cela m’amuse toujours de constater ces ressemblance entre les contes venu de pays bien différents.

En dehors de ces ressemblances, il y a des contes qui m’ont vraiment plus dans ce recueil. D’autant plus que l’auteur à su garder un aspect authentique, dépourvu de mièvrerie, défaut qu’on retrouve dans nombreux recueil de contes récents dont les versions ont été trop édulcorée pour ne pas choquer les âmes sensibles. Je n’aime pas cela. Le conte est la pour apprendre à l’enfant à s’en sortir dans la vie, même face à l’adversité. Ici on retrouve le ton du conte qu’on raconte au quoi du feu et j’aime ça.

Une particularité amusante de plusieurs contes de ce recueil est de présenter plusieurs personnages partageant le même défaut : Les menteuses, les poltrons, les sots. Après nous avoir montré à quel point les personnages sont sots, menteur ou peureux on nous intéroge : “lesquel des trois est le plus sot ?” C’est amusant, d’autant plus que les personnages sont pire les uns que les autres.

Bref j’ai beaucoup apprécié ce recueil que je vous conseille vivement. Je vous conterais bientôt une histoire qui en est tiré. Repassez dans le coin, un soir, alors que le soleil se couche et que les enfants se réunissent près du feu…


15 contes d’Amérique latine

Ce recueil est aussi très joli. Il a de belles histoires. Bien que j’ai préféré la langue de Jean Muzi, plus fluide, plus spontanée à celle de Osvaldo Torres (ou plutôt de sa traductrice Anna Buresi), cela ce lit facilement, même à haute voix (exercice compliqué pour la maman dyslexique que je suis…). Il y a de nombreux termes propres aux langues amérindiennes mais un petit lexique à la fin est la pour nous aider. Moi j’aurais préféré des notes en bas de page, ça évite les allés-retours. Si je devait vraiment faire un reproche à ce recueil, c’est concernant la morale que j’ai trouvé bien souvent trop ostentatoire. J’aime quand la morale des contes se cache derrière les mots et ne laisse rien paraître. Je n’aime pas qu’on me dise clairement ce que je dois penser. Nombreux contes exposé ici sont trop directes, il ne nous laissent pas comprendre ce qui est bien ou ce qui est mal, ils nous le dise. Et bien distinctement, trop !

En dehors de cet aspect moralisateur, j’ai apprécié les histoires très varié qu’y sont conté. Beaucoup d’histoires d’animaux, mais pas seulement. S’il y a des hommes, des femmes et même de la magie, point de princesses ! J’ai d’ailleurs été amusée de constates que les contes d’Afrique lu dans le précédent recueil sont beaucoup plus proches des contes de mon enfance que ceux venu d’Amérique latine.

Plus que des contes, nombreux récits appartiennent au monde des légendes. Des légendes qui nous racontent l’apparition de tel au tel animal, ou d’une coutume. Mon préféré c’est Aquehuahuen ou comment sont apparu les pingouins. Une belle histoire d’amour…. Je ne vous en dit pas plus ! (en tout cas pas aujourd’hui).

Connaissez-vous cette collection ?

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Un vent d’Afrique souffle sur les albums jeunesse

Pour cette chronique livres jeunesse, j’ai mis Mimi-chan à contribution. Je lui ai demandé de me choisir dans sa bibliothèque un livre parmi ses préférés. Elle a choisit deux titres : Homme de couleur ! de Jérôme Ruillier et Mon lion de Mandana Sadat. Est-ce une pur hasard, une simple coïncidence ? Je ne sais pas, mais le fait est que je trouve ça amusant que les deux livres aient comme un parfum d’Afrique, c’est pourquoi j’ai décidé d’en parler dans un seul et même article.

Mon lion est une histoire sans parole où l’on voit un petit enfant rencontrer un lion sur des dunes. L’enfant et le lion rouges se lient d’amitié et font un voyage, vivent une aventure. A la fin de la journée, le lion dépose l’enfant près de sa citée. Chacun des deux amis retournant dans son univers. Pourtant, la nuit venue, il se rendrons visite en rêve. Les illustration sont stylisées, avec une prédominance de couleur chaudes : jaunes, rouges et orangés, l’ensemble à un côté épique et fantastique qui plaît beaucoup à Mimi-chan.

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Homme de couleur ! s’inspire d’un compte africain et commence ainsi :

Moi, homme noir, quand je né, j’étais noir

Toi, homme blanc, quand tu es né, tu était rose

C’est sur ce même modèle de phrase qu’on voit l’homme blanc changer de couleur au fil des pages : bleu de froid, vert de peur, rouge au soleil… Alors que l’homme noir est toujours noir.

Ce petit livre se conclu par

Et tu m’appelles homme de couleur !

ou un petit bonhomme à la bouille ronde et noir fait fasse à un bonhomme arlequin.

homme de couleur détail

Les illustrations sont simples, mignonnes, douces et rigolotes. Personnellement, j’en comprends (et partage) le message. Cependant j’ai trouvé cela assez difficile de lire à ma fille pour la simple et bonne raison que je n’ai jamais appelé un noir « un homme de couleur » ni d’ailleurs un blanc « un blanc ». Je ne fait jamais de distango de couleur en parlant des gens. Et si elle me demande pourquoi une personne à la peaux de telle ou telle couleur, je me contente de lui expliquer qu’il existe plusieurs pigmentation de peaux, tout comme plusieurs couleurs de cheveux. Elle ne peut pas, par conséquent, comprendre le message de cette histoire. Pourquoi est-ce que l’homme noir dit à l’autre « tu m’appelle homme de couleur » ? Comment lui expliquer ? D’autant plus que l’utilisation du « tu » pourrait lui faire songer que c’est à elle que l’homme noir s’adresse…

Et, en effet, elle aime ce livre, surtout pour ses illustration rigolotes, mais elle a toujours un air un peu perplexe à la fin. Aujourd’hui elle me demande, en montrant l’homme « blanc » de toutes les couleurs de la dernière page : « pourquoi il a pas de noir ? »


mon lion 

Mon lion

Mandana Sadat

2004

Éditions autrement

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Homme de couleur !

Jérôme Ruillier

1999

Éditions bilboquet

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