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Aléas : jeu-concours anniversaire – le deuxième tirage au sort

Hola ! Lors des concours anniversaire une marée de participants a déferlé sur Ma petite Médiathèque. Mais je suis toujours sans nouvelle de certains participants ayant gagné un tome d’Aléas. Après plusieurs relance j’ai donc décidé de faire un deuxième tirage au sort.

Voici les heureux gagnants :

  • Ajay Luxor
  • Annie
  • Julien
  • Pak

Si vous avez la chance d’être l’un de ces élus, envoyez moi vite un mail (bidib.mapetitemediatheque [@] gmail.com) avec vos coordonnées pour recevoir le livre 😉

Pour en savoir plus sur le livre c’est par ici

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5 ans ça se fête #concours 4

C’est avec grand plaisir que je vous annonce qu’il n’y aura pas 3 mais 4 concours !

Le quatrième c’est avec Franck Mercier, auteur du recueil de nouvelles Aléas que j’avais présenté sur le blog il y a quelques temps, que je m’associe.

Nous vous proposons de remporter un exemplaire d’Aléas et découvrir ainsi ça plume

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Découvrez ICI ma chronique et ICI celle de Yomu-chan

comment participer ?

Rien de plus simple, laissé un commentaire en répondant à la question suivante : que vous évoque le mot « aléas » ?

Vous avez juqu’au 5 janvier 2017 minuit pour participer. Le nom du gagnant tiré au sort sera affiché sur le blog le 6 janvier.

Pour avoir une chance supplémentaire aimé la page facebook de Ma petite Médiathèque (merci d’indiquer votre pseudo en commentaire, même si vous aimez la page depuis longtemps)

/!\ j’ai été bombardé de spam.

Il se peut que certaines participations aient été supprimée avec les spam, si c’est le cas de la votre je m’en excuse.

Tous les messages n’ayant pas fait préuve d’un minimum de politesse ont été supprimé

Seul les message auxquels j’ai répondu « participation validé » sont prix en compte. 

Merci de votre compréhension

⇒ les résultats

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Aléas ~by Yomu-chan

Salutations !

Aujourd’hui je vous propose un article un peu spécial puisqu’il a été le fruit d’un exercice scolaire. En effet j’arrive pour objectif de chroniquer « à la façon d’une revue littéraire » un recueil de nouvelles. Pour ça j’ai choisi de lire Aléas (que bidib avait déjà chroniqué ici). Voici donc cette critique au ton un peu particulier 🙂 J’espère que ça vous plaira !

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 Et quel est le véritable but de cette vie ? « Écrire » me dis-je dans un souffle, presque surpris .

Touchant message que nous envoie l’auteur d’Aléas, Franck Mercier. C’est avec cet amour de l’écriture qu’il emprisonne sur son papier 4 tranches de vie simples et pourtant si profondes, qu’il se plaît à développer, je dirais même décortiquer. L’auteur qualifie lui-même ces 4 nouvelles de « Situations imprévues soumises à une évolution incertaine ». Il me semble que ce sont les mots juste pour présenter ce recueil inattendu.

Je dis inattendu parce que Franck Mercier s’impose dans le monde de la littérature avec une audace particulière : Aléas est en effet le fruit de l’auto-édition. Démarche périlleuse, car la visibilité du livre s’en trouve réduite. C’est alors tout un défis pour l’auteur de faire découvrir son premier livre au grand public.

Et pourtant Aléas en a des choses à dire. Sur un ton ambiguë Franck Mercier nous raconte la vie. Dans toute sa simplicité et toute sa profondeur. Il questionne à travers la poésie, usant d’un langage parfois très métaphorique, imagé et allégorique, pour décrire la beauté et la sensibilité du monde. Il se plaît à jouer avec les personnifications et à bouleverser nos sens avec des tableaux presque romantiques.

 […] Cette communion divine de mon être et de la cité. A ces instants précis, elle est bien vivante cette vielle fille encrassée, son souffle s’infiltre en moi pour m’annoncer le perceptible et prochain réveil de l’humanité .

Il dénonce à travers les mots, usant un langage parfois très familier et cru, mettant ainsi en avant le quotidien et souvent son manque d’esthétisme. Et c’est cette combinaison si particulière qui donne son charme à l’écriture de Franck Mercier. Une écriture ancrée dans la réalité, embrassant l’ordinaire, et pourtant jamais dénuée d’un certain lyrisme adorablement poétique.

J’avais pas eu le temps d’ouvrir la bouche que ce sombre énergumène, aux fringues impeccables, fiché tel un christ grassouillet au travers de son portail, défenseur enragé de son petit monde m’avait expédié, que dis-je balayé comme une grosse merde.

C’est cette poésie de l’ordinaire qui peut parfois donner au texte un aspect un peu tiré, un peu flou et pessimiste ; car en effet on ne voit pas toujours où veut en venir l’auteur, et pourtant on adore le mouvement de ces jours, de ces mots qui se suivent parfois sans grande vitalité mais dans les quels on fini toujours par trouver le reflet d’une certaine beauté. On pardonne vite le rythme un peu brumeux qui convient bien à des textes courts.

On retrouve au travers de toutes les nouvelles du recueil un véritable respect pour l’écrivain, et plus encore pour l’écriture. Sans que cela occupe une place centrale dans chacun des récits, ces derniers s’articulent autour de personnages touchés et attirés par la grâce de l’écrit, de l’acte d’écrire, et de mettre le monde sur papier. Sans que cela soit réellement un fil conducteur, cet amour de l’écrit créer un lien particulier entre chaque texte, et interroge sur le rôle d’une telle action, écrire…

Interroger, c’est que fait Franck Mercier tout au long de son ouvrage. Il questionne beaucoup l’humain ; son sens, son rôle, son Moi et surtout son rapport aux autres. D’une façon très subtile l’auteur construit des récits très intimistes qui ne manquent jamais de s’inscrire dans une réflexion sur la place de l’individu paris le groupe. Pointant du doigt les mécanisme de la société il nous amène à nous interroger avec lui, poussant à la remise en question dans un processus d’identification très réussi.

L’envie, ouais, l’envie de voir de l’humain ; parler, pleurer et rire, l’envie toute bête de chaleur humaine, de frivolité, de tout ce qui caractérise notre espèce, les bonnes et les mauvaises aussi .

Et finalement à travers les rapports tendu qu’entretiennent ses personnages face au Hommes, Franck Mercier écrit une véritable ode à l’humanité. Montrant le beau, le lien et le simple là où il est le plus caché, là où il est le plus évident. Les personnages de Franck Mercier c’est cet homme si rien, si bancal, qui est pourtant vivant. Il nous écrit l’apocalypse du rien du tout. Il nous dit comment rien n’est jamais vraiment cassé.

Dans cette volonté de montrer le Beau, Franck Mercier donne une place particulière à la Nature dans ses textes. Presque omniprésente elle occupe un rôle à la fois fondateur pour l’Homme, qui va puiser en elle pour se créer, et un rôle transcendant, qui reste sublime et grande malgré les égarements des Hommes. On voit comme l’auteur pose sur cette Nature un regard aimant et respectueux. Je pense tout particulièrement à l’océan, qui semble être l’objet d’une fascination personnelle de l’auteur.

Deux jours déjà que l’océan se livre à mon regard tout neuf, deux jours que nul autre paysage de s’offre à moi, que le corps exulte, l’âme transpire, le rêve foisonne nourrissant ma nécessiteuse carcasse en émotions .

Finalement l’auteur arrive dans avec une composition harmonieuse à nous faire partager son intimité tout en imposant la réflexion sérieuse du nous et des autres. Sans être prétentieux c’est beau.

 L’envol sauvage sans direction prédéfinie.

Le grand plongeon dans l’inconnu et les limbes mystérieuse du soi avec soi.

Une aventure sans cesse renouvelée.

Un plaisir rare aux effluves sucrées amères. 

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Aléas – Franck Mercier

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J’ai reçu ce livre des mains de l’auteur lui-même. J’étais curieuses mais je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Faut dire que c’est son premier livre et qu’il est sorti en autoédition. Autant dire que c’est la surprise totale.

C’est donc sans apriori aucun que j’ai ouvert le livre et y est découvert un recueil de nouvelles. Ce fut une jolie surprise. J’ai adoré la première (un peu moins la seconde). Et j’y ai trouvé un style d’écriture vraiment sympa auquel je ne suis pas habituée.

Mais avant de vous en dire plus sur mon ressenti prenons le temps de présenter le livre.

Aléas regroupe 4 nouvelles. Chacune d’entre-elle est racontée à la première personne par un héro narrateur un peu loser, écrivain raté, dérivant un peu en marge de la société, écumant les bars, cherchant sa place, ou une place tout court. La similitude de trait de chaque personnage principal est telle qu’il pourrait bien s’agir du même à différentes étapes de sa vie. Certains textes se font d’ailleurs écho.

L’écriture joue un rôle très important dans la vie de tous ces hommes (cet homme ?). Une écriture amie, exutoire nécessaire. Ecriture ennemie, inspiration qui ne vient pas, incapacité à se faire publier…

S’essayer à l’écriture, faire comme les vrais, y croire et s’y accrocher à tout jamais. Pour le plaisir et l’envie de partager. Pour soi tout d’abord et puis ensuite l’envol du récit qui vous échappe, presque plus à soi. Comme un artisan posant l’un après l’autre les mots-parpaings afin d’obtenir une structure durable, solide, aux formes harmonieuses

La lecture de la première nouvelle a été un délice. J’ai trouvé ça excellent. L’ambiance dans laquelle évolue le personnage m’était familière. C’est très vivant et simple, une tranche de vie qui pourrait être la notre, et là tout à coup, après quelques verres de trop dans le bistrot du quartier un simple retour au bercail sous une pluie battante devient une aventure épique. Ce décalage entre la situation des plus banales et la façon dont le personnage vit ces quelques mètres de marche sous la pluie m’ont vraiment beaucoup amusé. Sans parler du fait que je découvrais la plume de Franck Mercier et que le style à la fois très familier et poétique m’a conquise. Le texte est court et la chute très jolie. Bref, une excellente entrée en la matière. J’étais ravie.

Ma lenteur m’amusait presque, je regardais mes pieds pour pouvoir garder les yeux ouverts.ça bastonnais sec. Le vrai déluge, et je tentais avec ardeur de parvenir jusqu’à mon arche. Noé égaré et ridicule. Totalement. Au bout d’un quart d’heure, j’avais bien fait la moitié du terrain, et plutôt fier de moi. J’avais encore pris du poids et devait friser gentiment les cent kilos. Mes fringues étaient des choses pendantes, les lambeaux dégoulinants d’un zombie tout droit sorti d’une mauvaise série fantastique.

[…]

Penser au final est une chose, mais j’étais encore en pleine course ; j’accrochais péniblement le coin de la rue et mon obésité accidentelle m’épuisait plus vite qu’espéré. La fin du parcours s’avérait plus ardue que rêvée. Peu de distance à parcourir, mais un fol effort encore à fournir. Une épreuve pour sportif aguerri. Là, je doutais de me capacités, craignant de faillir à si faible distance de la ligne d’arrivée. J’angoissais un peu du coup, la perspective de pas tenir le choc, de finir la nuit je ne sais comment, dehors si prêt du but, me coupait le souffle plus encore. Et la pluie persistait dans son labeur acharné.

Ma vue me semblait-il se faisait de plus en plus floue, mes pieds ressemblaient à des choses énormes, hideuses. Je commençait à dérailler.

J’ai un peu déchanté avec la deuxième nouvelle. On y retrouve le même type de personnage, toujours l’écriture en arrière plan. Le style y est le même et c’est agréable, il y a de très joli passage, certains m’ont ému, d’autres m’ont fait rire. Mais j’ai eu du mal à accrocher à ce texte. Je pense que son principal défaut est sa longueur. Beaucoup plus longue que les autres cette nouvelle, elle souffre de quelques redondance, puis on perd le fil. A un moment donné je me suis même demandé s’il était toujours question du même personnage, soit j’ai pas bien compris soit il y a carrément une petite incohérence qui s’est glissé dans le texte et qui m’a perturbé. Quoi qu’il en soit je trouve que le texte aurait gagné à subir quelques coupes ou alors à être divisé e plusieurs nouvelles. L’ensemble suit une logique et déroule le fil des conséquences d’une décision malheureuse, mais j’ai eu du mal à rester concentrée. Puis je n’ai pas pu m’attacher au personnage, peut-être trop plaintif à mon goût.

J’ai beaucoup aimé ce passage du début de la nouvelle :

Et c’est sans parler de mes pompes ! Car elle sont usée mes pompes, pas à dire. Mais peu m’importe, je les aimes. Elle tiennent dans leur vétusté l’histoire de mes cinq dernières années, quelques-uns de mes sales moments, pas mal de chouettes aussi, arcs-en-ciel volés à la monotonie, au train-train aliénant. Pourries elle le sont, ces sympathiques rangers, que l’armée dans son extrême bonté a eu la négligence de me laisser piquer. Témoins privilégié de mon existence militaire, de chauds souvenirs parfois réconfortants. Et elles me traînent inlassablement depuis, malgré quelques signes d’usure bien compréhensibles. Elle me restent fidèles.

Les nouvelles suivantes retrouvent un rythme plus rapide, les textes sont plus court et le plaisir de lecture ne s’en trouve que renforcé. Dans la nouvelle L’envol on retrouve ce décalage entre une situation banale et l’envolée lyrique de l’esprit du personnage et c’est un régal. J’ai beaucoup aimé ce texte où tandis qu’une tempête qui se livre au dehors, le héro, enfermé à la maison attendant que les éléments se calment, se remet en cause. Ça se déchaîne aussi dans son esprit. C’est joli, c’est poétique et touchant.

Le feu crépite dans la cheminée, bousculé par instant de vicieuses rafales, s’engouffrant conquérantes, volontaires, des envies de tueuses – mettant en péril mon feu adoré, le centre névralgique de mon antre – dans une panique orangée, chaotique. Les flammes hésitent quant à la direction à prendre, luttant corps et âme pour leur survie.

J’écoute et j’observe : le ballet des flammes aux lentes et longues ondulations, secouées parfois d’accélérations subites, comme guidées par un orchestre fou, la fumée hésitante à prendre de la hauteur, à se trouver mêlée à la guerre qui l’attend au dehors.

J’écoute et j’observe, hypnotisé par la lutte qui s’engage. Je me fait vent, je me fait tempête, je suis le feu, le danseur discipliné et obéissant au desiderata du musicien, son esclave servile. Je suis la fumée acre et brûlante engouffrée dans le conduit sombre, luttant pas à pas pour sortir de l’obscurité, s’élever et prendre le large, dans l’air frais et humide de cette féroce tempête d’hiver. Sortir du tunnel, waouh, sacré challenge.

La dernière nouvelle, Aymar, flore bon l’été. Le héro part chercher un travail dans le sud et se retrouve bloqué au milieux de nulle part, le capot de la voiture fumant. Le hasard (parfois heureux) de la vie lui fera faire une belle rencontre qui lui donnera un nouveau départ. Il y a dans cette dernière nouvelle une touche d’idéalisme. Mais pourquoi pas. Parfois une rencontre suffit à vous faire reprendre vos esprit et retrouver votre chemin. Les personnages sont attachant. Et le texte est très agréable.

On avance lentement, colline après colline, côtes, descentes à n’en plus finir. La beauté du paysage de plus en plus sauvage, presque désertique, m’est masqué par ma flippe exponentielle. Je redoute la catastrophe, j’en implore la grâce divine, je pourrai je crois prier tout dieu à cet instant ; le hocquetement final de la machine m’obsède. On fait équipe malgré tout, elle et moi, équipe des plus bancales certes, mais solidaire dans l’effort. Je souffre autant qu’elle, elle transpire autant que moi. Nous sommes un, courbatus, attendant avec une hâte fantasmée la ligne d’arrivée, le soulagement du guerrier après la bataille, la belle et douce euphorie de l’après-peur. On va y arriver

En conclusion je dirais que ce premier livre est vraiment prometteur. S’il y a encore du travail, notamment sur la deuxième nouvelle dont la longueur n’est pas très bien maîtrisé, j’y ai découvert une belle écriture au style vivant et poétique, mettant l’accent sur la poésie ordinaire, celle des jours qui se suivent, pas toujours heureux, mais qui recèlent un part de beauté pour celui qui sait regarder. J’ai adoré le mélange de l’ordinaire, du langage familier à l’envolée lyrique faisant d’un événement banal une véritable aventure. Je ne marcherais plus sous la pluie de la même façon 😉

Un bon début qui ne peux que nous faire espérer de joli textes à venir.

Si vous êtes curieux et que l’univers du poète ordinaire de Franck Mercier vous intéresse vous pouvez trouver son livre ICI, ICI et ICI.

Vous pouvez également le suivre sur facebook. Blogueurs et blogueuses curieux(se) n’hésitez pas à contacter l’auteur pour découvrir son livre.

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