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Sous la grande vague d’Hokusai avec un regard d’enfant

Aujourd’hui je vous propose une sélection d’album jeunesse autour du grand maître de l’estampe japonaise : Hokusai.

Comment parler Hokusai sans passer par sa très fameuse Grande Vague ? Un pari que n’auront pas relevé les deux albums que je viens de découvrir .

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Hokusai et le cadeau de la mer

Beatrice Alemagna (texte) – Olivier Charpentier (illustrations)

éditions de la Réunion des musées nationaux – Grand Palais

trouvez le ICI

Dans ce livre on voit Hokusai assis sur une plage, il observe la mer, il attend. Il attend « cette vague gigantesque que personne n’a vue ». Il attend depuis toujours. Et voilà qu’un jour le vent se lève et, alors qu’Hokusai, devenu vieux, cour derrière ses feuilles éparpillées par le vent, elle arrive. Elle est là la grande vague que personne n’a vue. Mais le vieux Hokusai à le dos tourné. Quand enfin il regarde la mer, le calme est revenu. Il reviendra demain, attendre la vague. Mais voilà qu’au moment de partir il découvre le bleu que la mer à laissé dans son bol. Le voici le cadeau de la mer, la couleur bleu.

Ce bleu, c’est le bleu de Prusse, qu’il fut le premier à utiliser en Extrême-Orient. ça on l’apprends dans la petite page explicative que l’on retrouve à la fin du livre avec un brève bio de Hokusai, quelques info sur la fameuse grande vague et la reproduction de l’estampe.

Le texte, composé de phrases très courtes voire de simples mots,  est accompagné de très jolies illustrations imitant le style des estampes japonaises. Hokusai est toujours sépia, seul le paysage, composé d’une mer et du mont Fuji, ainsi que les personnages secondaires apportent de la couleur. Ainsi la mer ressort comme étant le personnage principal, son bleu profond attirant toujours l’œil. Hokusai n’est que l’humble spectateur attendant l’instant à immortaliser.

Un très très bel album, joliment illustré faisant découvrir cet étrange personnage que fut Hokusai. On capte un peu de son esprit et on découvre (à la fin) la fameuse estampe. L’enfant s’amusera à faire le parallèle entre l’illustration de l’album et l’estampe originale. Le texte est très court mais parfaitement dosé. L’ensemble est frai, agréable et même drôle.

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Sous la Grande Vague

Katsushika Hokusai / Hélène Kérillis

Léon art & stories

la fiche éditeur c’est ICI (livre également dispo en anglais)

Mimiko a refusé de le lire, je ne sais pas du tout pourquoi, elle était pas d’humeur sans doute. Mais moi j’ai adoré cet album. Faut dire que j’adore les estampes d’Hokusai ! Et ici l’auteur ne se contente pas de s’inspirer des estampes du maître (comme dans l’ouvrage précédent) mais elle s’en sert pour illustrer l’histoire. Le décor ainsi planté par les estampes originales est complété par le dessin de Hélène Kérillis. On ne nous parle pas d’Hokusai, on nous le montre. Et ses estampes servent de décor à l’aventure d’un petit garçon, fils de pêcheur, qui a perdu la mémoire lors d’une terrible tempête qui a emporté son père au loin. Il part donc à la recherche de réponses sur le Mont Fuji, le mont sacré. Tout est bien qui fini bien, le père et l’enfant se retrouvent.

Le texte est écrit sous forme de petits poèmes semblables à des haïku. Faut dire que je n’ai pas été très sensible à cette subtilité que je n’ai compris qu’en lisant les petites explication à la fin du livre. Je me disais bien que le texte était bizarrement formulé, mais je n’en avait point saisie la subtilité poétique. Heureusement les explication sont là ! ^_^

Une fois l’aventure finie, on retrouve toutes les estampes ayant servi de décor, presque toutes sont issue des Trente-six vue du Mont Fuji (1830-1832).

Un très beau livre qui, s’il n’a pas trouvé grâce aux yeux de Mimiko, a gagné toute ma sympathie. Je suis triste de devoir le rendre à la bibliothèque, je crois bien que je vais me l’offrir et le laisser traîner sur la table, jusqu’à ce que Mimiko cède à la tentation ^^

8 et 9 /20

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Pour aller plus loin :

Un pont

Je vous ai déjà parlé de ce très joli album jeunesse où Hokusai et ses estampes rencontrent Monet et ses toiles impressionnistes. Très poétique, il mêle (tout comme Sous la Grande Vague) les illustrations de l’auteur avec les originaux d’Hokusai (et une estampes d’Hiroshige qui s’y est glissé on ne sais pas trop pourquoi).

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Le vieux fou de dessin

Un petit roman que j’ai présenté ici il y a déjà un petit moment. Dans ce roman, l’auteur imagine un jeune garçon qui serait devenu l’apprenti du grand maître.

Le roman est très court et il se lit facilement. La présence du jeune garçon rend le récit vivant et attirant pour le jeune public tout en permettant de présenter Hokusai et son travail.

Les illustrations rappelant la manga d’Hokusai complètent agréablement le récit.

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A la rencontre d’Hokusai, des mangas, et de l’art des estampes

Un article très riche à lire chez Blandine

tout ça en un seul article !

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BnF – L’estampe japonaise

Faite un tour sur le site de la BnF dédié aux estampes japonaises. Vous y trouverez des info sur l’ukiyo-e, sur Hokusai mais aussi Horishige. Vous pourrez feuilleter les 36 vues du Mont Fuji et aussi la manga.

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Hokusai, autoportraits :

 

 

autoportrait 1845

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Vous aimez Hokusai et ses estampes ? Restez connecté, bientôt un autre volet où il sera question d’Hokusai et de manga !

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Individu-s et démocratie au Japon

Mais qu’est-ce qui m’a pris ?! C’est la question que je me suis posée à la réception de ce livre. Pourtant j’étais volontaire. Faut croire que je suis un peu maso. Oui. Je savais que cette lecture allait me faire souffrir. Pourquoi ? Je vais vous le dire.

Pourquoi prendre des somnifères quand on peut prendre un livre universitaire ?

Je ne sais pas pourquoi l’universitaire se fait un devoir d’être soporifique. Un intello doit-il être chiant ? Je ne sais pas moi, on peut dire des choses intéressantes simplement, avec un bon rythme, du panache et même un peu d’humour, non ? NON ! C’est du sérieux. Le lecteur doit sentir le poids du savoir lui écraser les épaules. L’étudiant doit souffrir, s’enfiles des litres et des litres de café pour mériter son diplôme.

Malheureusement Individu-s et démocratie au Japon ne fait pas exception à cette étrange tradition. C’est lourd, mais alors vraiment lourd. A des degrés variables selon les auteurs, mais toujours soporifique. Moi qui me suis lancé dans cette lecture par pure curiosité (je n’ai aucun diplôme à passer justifiant une telle autoflagellation), j’ai trouvé ça dur à encaisser. Non pas que ce ne soit pas intéressant, mais le style en est tellement indigeste qu’il ma fallu scotcher mes paupières pour qu’elles restent ouvertes. Si seulement j’avais eu des insomnies, j’aurais eu là un excellent remède.

Le problème que je rencontre avec ce genre d’ouvrage (je veux dire par là ceux adoptant un ton docte et ennuyeux) c’est que je n’arrive pas à retenir les informations, je suis trop occupée à essayer de rester concentrée pour me concentrer vraiment.

Ce livre a-t-il un intérêt ?

Oui, bien sûr. On y apprend des choses intéressantes pour peu qu’on arrive à ne pas s’endormir.

A l’heure où j’écris ces lignes je n’ai pas encore fini l’ouvrage. Je n’ai pas réussi. Trop, vraiment trop, ennuyeux. Et comme je l’ai dit plus haut cet ennui fait que je n’ai pas retenu grand chose. Néanmoins j’ai trouvé quelques chapitres intéressants notamment le premier : “Il n’y a pas d’individu au Japon” : critique et archéologie d’un stéréotype qui montre la genèse de ce cliché. Une petite anthologie de citation est même proposé en annexe.

Un autre chapitre a attiré mon attention pour son axe de traitement du thème : Individu et processus d’individualisation dans l’imaginaire mythique du Japon – à travers l’étude de trois figures au destin propre. Mais la lecture de cet article m’a déçue, je n’y ai pas trouvé un réel intérêt.

Finalement, à ma grande surprise, l’article que j’ai le plus apprécié c’est celui qui aborde l’individu du point de vue du droit : L’individu en droit japonais : l’égalité par la différence ? J’ai trouvé ce chapitre très intéressant et instructif et, bizarrement, moins soporifique que les autres. Je dis bizarrement car habituellement je ne m’intéresse pas au droit (alors que j’aime la mythologie par exemple). Avec cet article j’ai enfin eu  le sentiment d’apprendre quelque chose.

Un autres chapitre m’a plu bien que je n’ai pas vraiment compris en quoi il s’intègre à la réflexion sur l’individu au Japon : Les stratégie des démuni(e)s – autour de la question scolaire des enfants de l’immigration au Japon. Cela m’a donné envie d’approfondir la question.

En guise de conclusion

Si vous êtes un simple amateur du Japon je ne vous conseille pas ce livre. A moins que vous ne souffriez d’insomnies, au quel cas il vous sera très utile.

En revanche c’est un livre à avoir en bibliothèque car il contient des informations intéressantes qu’il serait bon de pouvoir venir piocher pour compléter d’autres lectures.

Je remercie les éditions Tempus et Babelio de m’avoir permis de découvrir ce livre dans le cadre des masses critiques.

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Sous le sapin

Ah ! les fêtes de fin d’année… j’adore ça ! Il y a toujours des bouquins sous le sapin pour moi 😀

Cette année encore j’ai été gâtée :

Hana-bôro :

J’ai déjà lu ce manga que j’avais emprunté à la médiathèque. J’avais beaucoup aimé et je suis ravie de pouvoir l’ajouter à ma mangathèque et le relire. Ce manga se déguste comme des petits gâteaux à l’heure du thé 😀

Hana-bôro c’est un one-shot de Hisae Iwaoka regroupant des petites histoires, tranche-de-vie, tendre et nostalgiques. Le dessins tout en rondeur est très doux. Lire et relire ce manga est très apaisant.

J’ai déjà chroniqué ce manga, vous pouvez retrouver mon avis ici.

Un grand merci au Père Noël qui a déniché ça pour moi sans même que je lui en souffle un mot (enfin… je lui ai tout de même demandé de m’apporter des manga 😀 ).

A vos papilles :

Un manhwa culinaire ! Génial ! En plus je n’en avais aucun. Et moi j’adore les manga qui parlent de bouffe 😀

Avec A vos papilles je vais pouvoir explorer un peu l’univers gastronomique coréen, une cuisine que je ne connais pas du tout. J’espère pouvoir y puiser quelques idées à appliquer chez moi.

Ce titre vient rejoindre ma collection manga culinaires. J’ai bien envie de vous proposer une thématique cuisine en janvier ^^

A vos papilles est le spin-off de Geonbae, autre titre de Kim Young-bin et Hong Dong-kee consacré à l’alcool traditionnel coréen. Un autre titre que j’ai bien envie de découvrir 🙂

Je vous en dirais plus sur ce titre dès que je l’aurai fini. Pour le moment je le trouve très agréable. Merci Père Noël 🙂

Nouvelles histoire du Japon :

Mon précieux ! Depuis le temps que je rêvais d’avoir un bon livre sur l’histoire du Japon dans la bibliothèque personnelle, me voilà exaucée. Pour écrire ma lettre au Père Noël, j’ai pris conseil auprès de ma complice Tenger. Si je ne devait en posséder qu’un seul, lequel choisir ? C’est sans hésiter qu’elle ma conseillé Nouvelle histoire du Japon de Souyri. Et le Père Noël a eu la gentillesse de me l’offrir, merci 🙂

Maintenant je n’ai plus qu’à le lire ! J’ai déjà commencé le premier chapitre sur les Premiers Peuplements. C’est un livre qui va me prendre un certains temps. Mais comme cette fois je n’aurais pas à le rendre, je vais pouvoir en profiter à mon rythme 🙂 Et y retourner au besoin.

Hmmm. Je sens qu’il va y avoir des articles sur l’histoire du Japon en 2015 😀

http://mangapournous.centerblog.net

Et vous, est-ce que vous avez trouvé des bouquins sous votre sapin ?

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Ishiwara, l’homme qui déclencha la guerre

Il y a déjà longtemps j’avais publié une chronique sur Senkou no night raid, un anime très intéressant ambianté dans la Chine des années 30, mettant en scène des agents des services secret nippon doté de pouvoirs particuliers. Au delà de l’aspect fantastique, cette série est très intéressante pour son aspect historique. Intéressante oui, mais obscure pour celui qui ne connais rien à l’histoire de l’Extrême-Orient du début du XX siècle. Ce qui justement était mon cas. Soucieuse de mieux appréhender les événements historiques cités dans la série et de distinguer le vrai du faux, je me lançais dans quelques recherches. Malheureusement les livres d’histoire japonaise contemporaine que j’avais à ma disposition ne donnaient que très peu d’informations sur l’expansionnisme japonais en Chine. J’étais obligé de me contenter des informations collecté sur Wikipedia (formidable outil, pour débuter une recherche mais…. limité).

Dans la première version de cet article je faisais part de l’implication supposé de Ishiwara, un jeune officier de l’armée impériale japonaise en poste en Mandchourie, dans un attentat perpétré à Moukden en 1931. Attentat qui fut utilisé par l’armée japonaise comme prétexte pour occuper la Mandchourie. Mes sources indiquaient qu’une discorde subsistait quand à l’implication d’Ishiwara dans cet indicent.

Quelques temps après avoir publié ma chronique, je recevais un mail de Bruno Birolli qui m’expliquait que l’implication d’Ishiwara dans l’attentat de Moukden avait été démontré et que justement lui-même avait écrit un livre à ce sujet : Ishiwara l’homme qui déclencha la guerre. J’aurais aimé voir ce mail accompagné d’une copie du livre…. mais peu importe. Je me promettais de le lire un jour, dès que l’occasion se présenterait. Et voilà que l’occasion s’est présentée 2 ans plus tard, alors que je n’y pensais plus !

L’homme qui déclencha la guerre :

Afin de mieux comprendre ce qui poussa Ishiwara à orchestrer l’attentat de Moukden le 18 septembre 1931 et à forcer la marche du Japon vers la guerre, Birolli revient sur la vie de cet homme, symptomatique de son époque.

Issu d’une famille de samouraï, déchue de tous ses privilèges lors de la Restauration Meiji, le jeune Ishiwara est envoyé, bien malgré lui, dès l’âge de 12 ans dans une académie militaires où échouent tous les fils d’anciens samouraï désargenté. Dans cette académie à l’enseignement sommaire, il est endoctriné et formé pour devenir un futur officier. Avide de spiritualité, le jeune Ishiwara sera séduit tout d’abord par le nouveau culte de l’empereur, puis ensuite par le Nichirénisme de Chigaku, une secte bouddhiste intégriste prônant la violence, populaire chez les militaires du début du XX siècle.

Partisan du panasiatisme, Ishiwara voit l’intervention militaire du Japon en Chine comme une mission salvatrice pour la purifier de l’oppression des occidentaux. Fort des ses influences spirituelles et nationalistes, il prêche en faveur de la guerre. Mais cette guerre il ne la souhaite pas que pour le “bien” de la Chine, il la souhaite surtout pour le bien du Japon, qui, selon lui, en occupant la Mandchourie se doterait d’une position stratégique en Asie, ainsi que de terres riches en matières premières faisant défaut dans l’archipel  nippon.

Sauver la Chine, qui n’a pas connu la paix, est la mission du Japon, une mission qui, dans le même temps, est le seul moyen de sauver le Japon lui-même. (p.118)

Si la fugue de la jeunesse et son empressement à faire la guerre le poussent à orchestrer l’attentat de Moukden, puis à envahir la Mandchourie contre les ordres donnés de maintenir la paix. Avec l’âge il devient plus posé, plus réfléchi et s’essaye aux manipulations politiques dans le but d’imposer une dictature militaire sur un modèle nazi. Mais son inspiration ne lui vient pas que du nazisme ou du fascisme, il étudie également avec beaucoup d’intérêt la planification quinquennale de l’URSS.

Seulement Ishiwara n’est pas a l’aise en politique. L’exemple d’indiscipline qu’il a donné en Mandchourie inspire de nombreux jeunes officiers qui à leur tour se révoltent. Par ailleurs l’armées est divisées, des conflits internes parfois très violents opposent différentes factions. Si tous désirent engager le Japon dans une guerre totale, les chemins que chacun suit pour mener à la guerre divergent. Des luttes de pouvoir et d’influence opposent les généraux désireux de se retrouver à la tête d’une nouvelle organisation sociale : la dictature militaire.

Dans ces conflits Ishiwara penche pour un processus d’industrialisation militaire de masse pour permettre au Japon de se doter d’un armement suffisant pour écraser ses ennemis. Alors que d’autres veulent attaquer immédiatement et si un ennemi est trop fort (URSS) alors il suffit de se tourner vers un ennemis plus faible (envahir les îles du Pacifique et le sud-est asiatique).

A cause de ses idées et de son caractère peu apte au compromis, Ishiwara, après avoir été l’un des principaux instigateur de ma montée du militarisme au Japon, est peu à peu écarté du pouvoir militaire. Lors du procès de Tokyo en 1949, il sera entendu comme témoins par les forces d’occupation mais ne sera pas jugé. Il finira sa vie dans une sorte de communauté religieuse qu’il dirigera jusqu’à sa mort.

Le livre :

Je ne fait ici que résumer les grandes lignes, le sujet étant suffisamment complexe pour mériter un livre tout entier. Mais, pour ceux qui ne connaîtrais pas cet homme je tenais à donner quelques détails sur lui et son parcours. Pour en savoir plus je vous invite à lire le livre de Birolli que, franchement, j’ai trouvé très agréable à lire.

Le problème avec les livres d’histoire, quand ils sont écrit pas des historiens, c’est qu’il sont souvent indigestes. Et ce n’est qu’à coup de migraines qu’on arrive à en venir à bout. Or Birolli, s’il maîtrise son sujet, est reporter de son état, ce qui lui confère une capacité à intéresser le lecteur. Son écriture est fluide, jolie même et il traite ses personnages historiques comme des personnages de roman. Non pas qu’il embellisse la réalité par des faits non historiques, mais parce qu’il raconte l’Histoire (celle qui à un grand H) comme on raconterait une histoire… Chaque personnage est présenté avec une description digne d’un roman, on a des jolies descriptions de paysages et il s’efforce de deviner et retranscrire l’état d’esprit d’Ishiwara tout au long de sa vie (et ce grâce aux nombreux documents laissé par ce dernier qui écrivait notamment un journal). Bref, on est captivé par cet homme et par l’histoire du pays, on veut savoir ce qui va se passer et comment le Japon va glisser peu à peu vers la guerre et la dictature militaire.

Un très bon livre sur l’histoire contemporaine du Japon qui, à travers le personnages d’Ishiwara, nous fait mieux appréhender le Japon du début du XX siècle. J’ai pourtant un petit reproche à faire à ce livre, j’aurais aimé le voir agrémenté de plus de documents. On a une photo d’Ishiwara en couverture et une carte de la Mandchourie en introduction, c’est tout. Alors qu’on nous donne des descriptions très détaillés sur de nombreux personnages et différentes informations géopolitiques, j’aurais aimé un petit carnet annexe de photos et de cartes illustrant les propos du livre et m’évitant ainsi de devoir me lancer dans de nombreuses recherches complémentaires. Comme je l’ai dit plus haut, je ne connais pas grand chose à l’histoire de l’Extrême-Orient, je ne sais donc pas qui sont toutes les personnes cités, où se situent les différentes villes, etc. Autre petit reproche, survoler les définitions de certains concepts comme le panasiatisme ou le nichirenisme. Si on connait l’histoire de Japon du début du XX siècle on sait sans doute déjà de quoi il s’agit. Mais si comme moi on est un parfait ignorant de la chose, un petit encart explicatifs aurait été le bienvenu.

Pour contrecarrer les critiques que je viens de faire, sachez que le livre est accompagné d’un documentaire Arte. Je n’ai pas encore eu la chance de voir ce documentaire mais je ne doute pas y trouver les réponses à toutes les questions que je me suis posé (et voir les têtes de tous ces messieurs !). Il est disponible en VOD ici.

Alors si vous vous intéressez à l’histoire contemporaine du Japon et de l’Asie, je vous conseille Ishiwara l’homme qui déclencha la guerre, il ne suffira pas à lui seul a étancher votre soif de savoir mais ils vous apportera des informations très intéressantes, le tout écrit dans un style agréable et fluide. Finalement j’ai tellement aimé ce livre, qu’après l’avoir emprunté à la bibliothèque, j’ai envie de me l’acheter pour l’étudier plus en détail (j’adore prendre des notes sur mes livres) 🙂


Tout ça m’a donné envie de me replonger dans Senkou no Night raid ! Je suis sûre que maintenant je comprendrais bien mieux 😀

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Naufrages

Souvent on me demande quel est mon type de littérature préféré. A chaque fois je suis bien enbêté car en vérité je lis de tout, et l’impacte qu’aura un livre sur moi dépend plus de mon état d’âme au moment de le lire que de son genre, voire même de sa qualité. Et le livre dont je vais vous parler aujourd’hui en est le parfait exemple. C’est Tenger qui me l’a prêté, cela doit faire maintenant plusieurs années. Je l’avais presque aussi tôt commencé et… je ne dépassais jamais la page 10. Impossible d’entrer dans l’histoire, je trouvais le style pesant et ça me donnais mal à la tête rien que de me dire qu’il fallait que je termine ce livre. Tenger aurais pu me dire “puisque tu ne le lis pas, rends le moi”, mais patiente elle continuait de me demander “as-tu fini Naufrages ?” à chacune de ses visites, et à chaque fois, honteuse je bredouillais que je n’avais pas eu le temps… “pends ton temps” me disait-elle à chaque fois. Et moi je me jurais de le lire avant sa prochaine visite. La dernière fut la bonne. Cette fois je glissais le roman dans mon sac avec la ferme intension de mettre un terme à ce manège. Soit j’arrive à le lire soit je lui rendrais quand même. Et j’ai recommencé ma lecture à la page 1.

Je ne sais pas combien de temps s’est écoulé exactement depuis ma première tentative, ni pourquoi je n’avais pas aimé. Avant que j’ai eu le temps de me reposer des questions j’avais bien avancé dans le roman et à chaque fois que le train arrivait en gare, je regrettais que le voyage ne dure pas plus longtemps pour rester plongé dans ce Japon rural et terrible que nous décrit Akira Yoshimura.

Trêve de bavardage, passons au livre !

naufrage couverture japonaise

L’histoire :

Naufrage nous raconte la vie dans un village japonais, accroché au flan d’une montagne, les pieds dans la mer, au climat hostile et la vie plus que dure. Les villageois ne vivent pas, il survivent.

Derrière le village se dressait la paroi dénudée de la montagne où des rochers pointaient par endroits. Les dix-sept petites maisons semblaient desespérement accrochées à l’étroite bande de litoral pour ne pas tomber dans la mer. Leurs murs de planches, sans cesse battus par le vent du large, étaient poudrés de blanc. Les grosses pierres posées sur les toits de chaume pour les consolider étaient blanches elle aussi. Aoutour des maisons, la terre en pente douce était couverte de cultures en terasses. Malgré l’engrais, la terre mêlée de gravier n’était pas très fertile et ne donnait que de maigres recoltes. Il n’y poussait pour toute céréales que du panic ou du millet. (p.9)

Isaku, jeune garçon de neuf ans devien l’homme de la maison quand son père se vends pour trois ans, afin d’assurer la survie des siens. “Ne laissez pas mourir les enfants de faim”, voici la recomandation que le père fait à Isaku et sa mère avant de les quiter. Dès lors, Isaku doit subvenir aux besoins de sa famille tout en obéissant à sa terrible mère dont l’autorité et la froideur donnent des frissons.

Mon avis :

Plongé dans le quotidien de Isaku et des villageois, on suit leur vie au rythme des saisons qui passent et qui se succèdent. On découvre au fils des pages les différentes activités que chaque saison amène. Je n’ai pas su déterminer à quelle période ce récit se déroule, l’histoire est en fait assez intemporelle et on a le sentiment que le village vit ainsi depuis une éternité, et pour longtemps encore. Je dirais, comme ça que nous somme durant la période Edo, mais c’est mon sentiments personnel, aucune indication claire n’est donné.

Ce que j’ai aimé, c’est le rythme donné par les saisons, l’auteur nous donne de nombreux détail sur le mode de vie, les méthodes de pèche, les signes annonciateur… Avec Isaku on guette les montagnes pour voir si à leur cimes les arbres ont déjà commencé à rougeoyer, avec lui on attends la fin de l’hiver, le début de l’été… Yoshimura sait rendre ce village particulièrement vivant, les descriptions précises mais jamais trop longues nous aident à nous projeter et on lit ce livre comme on regarderait un film. Toute la scène se déroule sous nos yeux, palpable, réelle. Le réalisme est, je dirais, la meilleur qualité de ce roman.

C’est à partir de ce sommet que les feuilles rouges, comme les autres années, faisaient leur apparition avant de s’étendre progressivement aux autres le long de crêtes et déferler soudain, avec la rapidité d’une avalanche, sur les pentes qui se coloraient de vermillon. Et la vague franchissait ensuite les profondes valées pour recouvrir les collines et arriver enfin à la montagne dérière le village. A ce moment là, d’habitude, les feuilles mortes avaient déjà fait leur apparition sur les sommets dans le lointain. (p.15)

Mais si je l’ai finalement rapidement dévoré, je lui ai trouvé un défaut majeur : le misérabilisme. Les habitant de ce villages sont misérable. Il auraient pu être simplement pauvres, mais non ! Yoshimura en fait des tonnes et les rends tellement misérables qu’il finissent par en perdre en réalisme (oui je sais, je me contredit). Ce n’est pas parce qu’on est pauvre, qu’on est forcement triste. Ce n’est pas parce qu’on ne mange pas tous les jours à sa faim qu’on ne peut pas rire. Ici les villagois font peur tellement ils sont glauques. Isaku n’a presque jamais vu sa mère sourrir. N’est-ce pas exagéré ? D’accord quand on ne sais pas si on aura assez pour nourrir ses enfants, on doit être très préoccupé, mais faire la gueule en plus ne remplis pas l’estomac. A défaut de leur donner à manger elle pourrait, cette mère, leur donner de la tendresse. Mais non, ici, ce n’est pas que le climat qui est hostile, c’est la vie tout entière. D’ailleurs parler de vie y est exagéré. Les personnages ne semblent pas vivres mais seulement survivre. Et comme la misère n’est jamais suffisant, l’auteur leur rends la vie toujours plus dure.

Si vous aimez les happy end et les lectures légère, surtout ne lisez pas Naufrages. Car si le rytme et le style sont agréable et la lecture facile, le contenu lui est accablant et démoralisant. A moins qu’on ne se réjuisse de ne pas être né là-bas et que l’on fasse tout son possible pour ne pas s’identifier au jeune Isaku, on risque de ressortir de cette lecture un peu secoué. âmes sensibles s’abstenir.

A ceux qui ont les nerfs solide, je conseille cette lecture qui, non seulement m’a fait découvrir un auteur au style intéressant, très photographique et poétique à la fois, mais permet aussi de découvrir une autre facette du Japon, moins glamour, moins stéréotypé aussi peut-être, bien que, selon moi, un peu exagérée.

破船 (hasen)

Naufrages

Akira Yoshimura (吉村 昭)

1982 (1999 Acte Sud pour la version française)

traduit par Rose-Marie Makino-Fayolle

Acte Sud collection Babel

à lire aussi l’avis de Choco

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Wisteria Maiden

Comme chaque année, quand la saison des glycines arrive, mon cœur s’émeut. J’aime la glycine, ses grappes mauves et son parfum délicat… Et, à chaque fois que je la contemples, je pense à cette dance kabuki qui porte leur nom.

Chaque année, au printemps, je repense à Tamasaburo Bando et sa performance dans Fuji Musume (藤娘), traduit en anglais par Wisteria Maiden. Cette année j’ai décidé de partager avec vous cette danse kabuki que j’affectionne particulièrement.

 Fuji Musume fait partie d’un Gohenge Buyo (pièce composé de 5 différentes danses interprété par le même acteur) nommé Kaesu Gaesu Onagori Otsue. Elle fut interprété pour la première fois en 1826.

Seki Sanjûrô II interpretant Fuji Musume – estampe de Utagawa Kunisada I (1826)

Dans la vidéo ci-dessus, Fuji Musume est interprété par Tamasaburo Bando, un célèbre onnagata, né en 1950, qui en 2012 reçoit le titre de « trésor national vivant« .

Les onnagata ou oyama (女形) sont des acteurs masculin spécialisé dans les rôle de femmes. Au XVII siècle une loi interdit au femme de monter sur scène. Mesure qui avait été prise pour combattre la prostitution qui gravitait autour du théâtre. Afin de contourner cette interdiction, certains acteurs ses spécialisèrent alors dans les rôles féminins : les onnagata. Les problèmes de prostitution ne furent guère réglé mais ainsi naquit l’art de sublimer la femme. Fréquent dans le théâtre kabuki, les onnagata existent également dans le théâtre Nô ou Kyôgen.

source : « Fuji Musume » or « Wisteria Maiden » shown in flight

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Rin’ entre tradition et pop

Aujourd’hui on parle musique ! ça nous changera un peu des manga ^^

On reste pourtant au Japon, avec un groupe que j’aime beaucoup mais qui, malheureusement est désormais dissout. Pourquoi parler d’elle (c’est groupe exclusivement féminin) alors ? Ben… l’actualité ça n’a jamais été mon truc. Et vous l’aurais sans doute remarqué, si vous traînez souvent vos savates par ici, je parle souvent de vieux bouquin… aujourd’hui je vous parle d’un pas trop vieux groupe qui ne sortira peut-être pas de nouveaux albums, ça va pas nous empêcher de profiter de ceux qui existent déjà !

Le groupe dont j’ai envie de parler se nomme Rin’. Il était composé de 3 musiciennes, toutes trois sorties de la Tokyo National University of Fine Arts and Music en 2003. Dès la fin de leur études, elle montent ce groupe et remportent un respectable succès, autant au Japon qu’à l’étranger où elle font plusieurs tournées. Leur premier single, Sakitama, sort en 2004 sous le label avex trax.

Discographie

Singles :

  • Sakitama (Sakitama~幸魂~) (7 April 2004)
  • Yachiyo no Kaze (八千代ノ風) (30 June 2004)
  • Sakura Sakura (サクラ サクラ) (20 April 2005)
  • Yume hanabi (夢花火 Dream Fireworks) (31 August 2005)

Albums :

  • Jikū (時空 Space-time) (12 May 2004)
  • Asuka (飛鳥) (29 September 2004)
  • Rin’ Christmas Cover Songs: Seiya (~Rin’ Christmas Cover Songs~聖夜) (14 November 2004)
  • Utage uta/Sakura Sakura (宴歌(うたげうた)/さくら さくら Party Song /Cherry Blossom) (Live album, 30 March 2005)
  • Inland Sea (released in U.S./Europe on 25 April 2006, in Japan on 30 August 2006)
  • Genji Nostalgie (源氏ノスタルジー Genji Nosutarujī) (5 December 2007)

Leur musique est souvent utilisé dans les bande son de film et animes, le plus connus est sans doute le générique de fin de l’anime Samourai 7

Ce que j’aime dans ce groupe c’est le mélange entre modernité et tradition, entre instrument traditionnels tel que le koto, le shakuhachi, shamisen et biwa et des rythmes pop/rock ou carrément electro. Les deux univers se mêlent harmonieusement, nous offrant une musique à la fois relaxante et pêchue, douce et rythmé. De plus, les trois chanteuses ont de très belles voix.

C’est ce même mélange que j’ai aimé chez d’autres artistes nippon tel que les Yoshida Brothers ou Hiromitsu Agatsuma.

collaboration avec le groupe AAA :

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Membres

 

 Mana Yoshinaga (吉永 真奈)

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Les instruments

shamisen

J’ai déjà évoqué le shamisen à plusieurs reprises notamment dans un article dédié a un style particulier de shamisen : le tsugaru shamisen. C’est ce genre de shamisen que jouent les Yoshida Brothers ou encore Agatsuma, précédemment cités. Mais j’avoue être totalement ignorante du style utilisé ici par Mana Yoshinaga et Chie Arai.

Quoi qu’il en soit, je peux déjà vous dire ce qu’est un shamisen 🙂

Le shamisen (三味線) est un instrument traditionnel japonais à trois cordes pincées. L’instrument mesure entre 110 et 140 cm. La caisse de resonance carrée est en bois, recouverte d’une peau. Le manche est fin et long. Les cordes sont pincées à l’aide d’un plectre. Il en existe de plusieurs tailles, avec le manche plus ou moins large.

Le shamisen était souvent joué par les geisha

Jeune femme jouant du Shamisen (détail) Kitagawa Utamaro – 1805

Pour les mangaphiles, il existe un manga sur le shamisen : Mashiro no oto, mais il n’est pas licencié en France.

Pour vous consoler vous pouvez regarder le très beau film d’animation Nitaboh qui lui est maintenant disponible en DVD en France.

koto

Le koto aussi a déjà fait une première apparition sur Ma petite Médiathèque dans un article qui lui était entièrement dédié : le koto. Et oui j’aime la musique traditionnelle japonaise ^^

Sorte de cithare à 13 cordes, le koto, originaire de Chine, est introduit au Japon à la période Nara (710-794). C’est planche en bois légèrement recourbée mesurant environ 1.80m. Les cordes sont posé sur des chevale en ivoire amovibles. Les cordées sont pincées avec les doigts ou des grattoirs. Il existe différents sortes de koto, allant de 13 à 32 cordes.

Je n’ai trouvé aucun manga et/ou anime tournant au tour du koto 🙁

biwa

Non, je n’ai encore jamais parlé du biwa (ni du shakuhachi d’ailleurs) !

Instrument traditionnel japonais, ce luth à manche droit est dérivé du pipa chinois. En forme de poire, l’instrument est fait d’une seule pièce de bois. Les cordes sont pincées à l’aide d’un plectre. Il existe différents sortes de biwa.

Amis mangaphiles, vous pensez peut-être vous aussi au luth possédé dans Onmyoji, non ?

Biwa et onmyoji semblent faire bon ménage, je suis tombée sur cette jolie image de Abe no Masahiro jouant du biwa (Shonen Onmyouji) :

shakuhachi

Flûte en bambou droite à l’embouchure libre. On souffles dans l’instrument comme dans l’embouchure d’une bouteille vide. Son nom vient de sa taille : shakuhachi signifie 1,8 pieds. Il est traditionnellement associé au shamisen et au koto (sankyoku).

Je n’ai trouvé aucun manga/anime sur le shakuhachi, je peux néanmoins vous proposer une image du film Nitaboh ou l’on voit apparaître un komuzô, moine mendiant de l’école Fuke du bouddhisme zen jouant du shakuhachi sous son chapeau de paille. Ces moines étaient très connu pour leur morceaux de shakuhachi.

moine shakuhachi

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Le prince Eclipse et le prince Eclat

Les joies de l’informatique… ce texte aurais du être publié hier soir, mais…. au moment de faire la synchronisation des mes documents : pouf! tout a disparu. Je me suis pas laissé abattre, je recommence. Pourvu que ça fonctionne !

Aujourd’hui je vais inaugurer une nouvelle rubrique dédié aux contes.

Enfant j’ai été bercée par les contes traditionnel. Ma mère, mon grand-père ou ma grand-mère, il y avais toujours qualqu’un pour nous en raconter. Le soir avant de se coucher, pour qu’on se tienne tranquilles en voiture ou pour rendre le travail des champs plus agréables, les occasions ne manquaient pas pour que notre mère nous raconte des histoires. Et nous, qui n’avions pas de télé, adorions ces moments là ! Tant et si bien que aujourd’hui encore j’adore les conte.

J’aimerais retranscrire les contes qui ont bercé mon enfance mais pour cela, j’attends de pouvoir me réunir avec ma mère autour d’un feu et lui demander de me raconter des histoires comme elle le faisait jadis, histoire de rafraîchir ma mémoire.

En attendant de retrouver les contes de mon enfance, je vais vous raconter les histoirse puisées ici et là qui m’ont plu. Aujourd’hui ce sera un conte du Japon (étonnant, non? ^w^)

Le Prince Eclipse et le prince Éclat :

Le prince Éclat avait une passion pour la pêche, et il était très chanceux, chaque jour il attrapait des paissons. Des grand, des petit, sa pêche était toujours fructueuse. Son jeune frère, le prince Eclipse, excellait à la chasse. Pas un jour il ne revenais sans avoir attrapé quelques gibiers. Un jour le prince Eclipse vint voir son frère et lui proposa d’échanger leur passions pour un jour. Le prince Éclat refusa mais, devant l’insistance de son frère cadet il fini par céder. Le Prince Éclat parti donc à la chasse, alors que le prince Eclipse alla à la pêche. Mais le prince Eclipse n’eu aucune fortune et n’attrapa aucun poisson, il perdit même l’hameçon de son frère. De retour, alors que le prince Éclat lui réclamait sa canne à pêche, le prince Eclipse s’excusa d’avoir perdu l’hameçon au fond de la mer. Devant la colère de son frère, le prince Eclipse sorti le sabre qu’il avait à la ceinture, le cassa et en fit forger 50 hameçon qu’il apporta à son frère le priant de le pardonner. Mais celui-ci refusa. Le prince Eclipse fit alors forger cent autre hameçons, mais le prince Éclat refusa. “Je veux que tu retrouve mon hameçon” dit-il avec colère.

Le prince Eclipse, désespéré, s’assit au bord de la mer et pleura. Quand un vieil homme de la mer le trouva ainsi, il s’en inquiéta. “Qu’est-ce qui vous chagrine ainsi, mon prince”. Le prince Eclipse lui raconta sa mésaventure et le hameçon perdu. Le vieil homme construisit un petit bateau, y fit monter le prince Eclipse et lui dit :

“Vous aller naviguer jusqu’à ce que vous trouviez le château du roi de la mer fait d’écailles. Là vous descendrez du bateau. Il y a, au dessus d’un puits un acacia. Vous vous hisserez en haut de l’arbre et suivrez mes instruction”

Il poussa le bateau à la mer. Et le prince Eclipse vogua jusqu’à apercevoir le château fait d’écailles. Il descendit, trouva l’arbre, s’y percha et attendu. Trois servantes vinrent pour puiser de l’eau avec des cruches en or. Alors qu’elle se penchaient pour puiser l’eau, une lumière descendue de l’arbre les attira, elle regardèrent et virent le beau prince perché dans l’acacia. Celui-ci leur demanda à boire. Elle lui tendirent une tasse en or remplie d’eau, mais, au lieu de boire, le prince pris un bijou, l’embrassa et le déposa au fond de la tasse. Elles eurent beau tirer sur le bijou, celui-ci ne se décolla pas du fond de la tasse. Tout de suite elle apportèrent le bol avec le bijou à la princesse et lui parlèrent du beau jeune homme perché dans l’arbre au dessus du puits. La princesse accouru et quand elle vit le prince elle le trouva très beau. Mais au lieu de lui parler. Elle couru appeler son père. Le roi de la mer, apercevant le prince dans l’arbre l’invita dans la maison et lui offrit un très bon accueil. Tout le monde était si gentil avec le prince que celui-ci décida  de rester au château et fini par épouser la princesse.

Trois ans passèrent, le prince était heureux auprès de son épouse. Mais un jour, le prince Eclipse repensa à son frère et poussa un profond soupir. La princesse, qui ne l’avait jamais vu soupirer ainsi avant, alla trouver son père pour lui faire part de son inquiétude. Le roi fit appeler le prince et lui demanda ce qui le préoccupait. Le prince Eclipse raconta au rois l’histoire du hameçon qu’il avait perdu et la colère de son frère. Alors le roi fit appeler tous les poissons et leur demanda si aucun d’eux n’avait avalé l’hameçon du prince Éclat. Le poisson Tan avait au fond de la gorge quelque chose qui le gênait à chaque fois qu’il avalait. On regarda et on y trouva le hameçon que le prince Eclipse avait perdu.

Le roi fit alors venir un crocodile capable amener le prince Eclipse et revenir au château de la mer en un jour. Mais avant de laisser partir le prince, il lui remis deux bijoux et lui dit :

“Une fois chez toi, tu harcèlera ton frère de la sorte : quand il plantera du riz dans la vallée, tu le plantera sur la colline, quand il plantera du riz sur la colline, tu le plantera dans la vallée. Moi je commanderais à l’eau pour qu’elle te soit toujours favorable et désastreuse pour ton frère. Si ton frère dans sa colère s’en prend à toi et cherche à te tuer, tu sortira le bijou appelé marée montante, les flots monteront et le noieront. S’il éprouve des remords et implore ton pardon, tu sortira le bijou marée descendante. La mer se retirera alors, et ton frère aura la vie sauve.

Le prince Eclipse revint chez lui, restitua l’hameçon au prince Éclat et agit tel que le lui avait recommandé le roi de la mer. Le récoltes du prince Éclat étaient si mauvaise, que sa rancœur envers son frère fortunée grandi jusqu’au jour où il tenta de l’assassiner. Voyant que son frère voulait le tuer, le prince Eclipse sorti le bijou marée montante. La mer monta et manqua de noyer le prince Éclat qui implora le pardon de son jeune frère. Le prince Eclipse sorti alors le bijou marée descendante et la mer se retira laissant ainsi la vie sauve au prince Éclat. Reconnaissant, le prince Éclat promit à son frère de devenir son garde et de toujours le protéger. A la cours on se souvient encore du prince Éclat qui, depuis se jour, fit tout son possible pour ne jamais se noyer.

Sources :

J’ai lu ce conte dans un petit livre publié par les éditions Picquier en 1993 et intitulé tout simplement Contes du Japon 3 – Le Prince Éclat et le Prince Eclipse. Un très joli livre avec de belle illustrations dans le style peinture japonaise ancienne.

A chaque conteur sa version du conte. Ici je n’ai pas fait une retranscription du livre, mais l’ayant lu hier, j’en suis restée très proche. J’espère que ce conte vous aura plu. à bientôt pour d’autres histoires

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Hiromitsu Agatsuma

J’ai déjà longuement parlé sur le blog du Tsugaru Shamisen, notamment avec l’excellent film d’animation Nitaboh ou encore avec le groupe Yoshida Brothers que j’aime beaucoup. Aujourd’hui je vais remettre ça avec un artiste contemporain de renommée mondiale, qui, tout comme les Yoshida Brothers, allie le tsugaru shamisen à la musique pop rock. Aujourd’hui je vais vous parler du beau Hiromitsu Agatsuma !

Parce que oui, en plus d’être un bon musicien, c’est aussi un bel homme! (dit-elle les étoiles dans les yeux, et pleins des petit cœur tout autour de la tête)

Jugez plutôt :

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Mais revenons à l’artiste.

Agatsume est né dans la préfecture de Ibaraki en 1973. Dès l’âge de six ans il commence l’apprentissage du Tsugaru Sahmisen et gagne son premier prix à 14 ans.

En 2001 il sort son premier disque Agatsuma sous le Label EMI Music.

j’en remet une… il est trop beau !

Discographie :

  • 2001 — Agatsuma
  • 2002 — Beams (Agatsuma 2)
  • 2002 — New Asia
  • 2002 — KoKoRo-Dozen Hearts
  • 2003 — Classics (Agatsuma 3)
  • 2003 — New Asia II
  • 2004 — Beyond
  • 2005 — Eien no Uta- Eternal Songs
  • 2006 — En
  • 2007 — Soufuu
  • 2008 — Agatsuma Plays Standards
  • 2010 – « The Best of »
  • 2010 – « Jukki »
  • 2012 – « Kusabi »

site officiel

Facebook

YouTube 

C’est bien beau tout ça, mais je n’en avais pas déjà parlé dans l’article général dédié au Tsugaru Shamisen?

Heu… si! Mais c’est pas grave, c’était il y a longtemps et aujourd’hui j’avais envie de regarder quelques unes de ses vidéos sur YouTube, alors autant partager ça avec vous ^-^

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