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Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil

au sud de la frontière à l'ouest du soleil

Titre original : (国境の南、太陽の西, Kokkyō no minami, taiyō no nishi)

Haruki Murakami (村上 春樹)

1992

2002 pour la traduction française de Corinne Atlan

10/18 domaine étranger

Résumé :

voici ce que dit la quatrième de couverture :

Hajime a connu pour la première fois l’amour en compagnie de la douce Shimamoto-san. Séparé par la vie, il n’a pourtant jamais oublié. aujourd’hui, à l’aube de la quarantaine, Hajime est devenu un homme ordinaire et s’est construit une vie agréable entre famille et un métier qui lui plaît. Ce fragile équilibre résistera-t-il à ses retrouvailles avec Shimamoto-san?

Heureusement que je ne ai pas lu ce résumé avant de commencer le roman, car il m’aurais ôté toute envie de le lire.

Pourtant c’est vrai. Le livre nous parle de Hajime et de toutes les femmes qui ont marqué sa vie amoureuse. Pas seulement son premier amour, mais les autres aussi. Comment les a-t-il rencontré. Qu’elle était sa relation avec chacune d’elle. Comment leur chemin se sont ensuite écarté. Une histoire de la vie d’un homme somme toute assez ordinaire.

Pourtant, une fois commencé ce roman, je l’ai terminé en très peu de temps. Non pas qu’il y est du suspens, qu’il s’y passe des choses extraordinaire… Mais c’est un de ces livres qui vous font rentrer dans une sorte d’excitation, de fébrilité qui fait qu’on ne veut plus le refermer. Un livre qui vous manque quand la vie vous oblige à le fermer pour vous adonner à d’autre activité.

Pourquoi ai-je aimé ce livre ? L’ai-je vraiment aimé ? Je ne saurais répondre clairement à cette question. Je l’ai dévoré. Il m’a laissé cette drôle de sensation au creux de l’estomac. Pourtant, je n’aime pas particulièrement les histoires d’amour, cela m’ennuie. Et puis, j’ai détesté les personnages. Oui, je n’aime pas ce genre de personnages, à la recherche d’un amour absolu. Je ne sais pas pourquoi je les déteste mais je n’éprouve aucune affection pour eux, aucune compassion.

Mais alors, si l’histoire ne m’intéresse pas particulièrement et que je n’ai aucune affection pour les personnages, pourquoi ai-je lu avec autant d’avidité ce roman ? Sans doute la façon dont Murakami écrit. La façon dont il nous fait pénétrer dans l’intimité de son personnage principal. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, on devient le témoin privilégié de son histoire et on ne peut que l’écouter nous raconter ses amour, ses joies, ses souffrances.

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Ce n’est pas le premier roman de Murakami que je lit. On réalité, on m’a prêté celui-ci alors que je terminais à peine le premier tome de 1Q84 qui m’avait laissé assez perplexe. En effet, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, mais j’ai eu beaucoup de mal à en venir à bout. Alors que l’histoire m’intéressait. J’ai trouvé qu’il était bien écrit. Mais, une fois refermé, je pouvais rester des jours, voire des semaines sans le rouvrir. Alors qu’il m’a fallu 3 mois pour le terminer. J’ai envie de lire la suite parce que l’intrigue m’intéresse. En somme tout le contraire de Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil.


Le coin des curieux : 

Comme à mon habitude, j’aime bien aller chercher des petit détails qui illustrent les romans (manga, animes…) J’aime savoir de quoi on me parle.

Alors voilà, Murakami insère dans ses histoires beaucoup de musique, si dans 1Q84 ce sont surtout les références à la musiques classique qui m’ont marqué, ici c’est le jazz qui est à l’honneur :

Duke Ellington avec Start-Crossed Lovers

Nat King Cole avec Pretend

Et bien sûr South of the Border, a qui le roman doit une partie de son titre. Si dans le roman cette chanson est chanté par Nat King Cole dans le même album que la précédente, moi j’en ai trouvé aucune version chanté par Nat King Cole. Je vous propose donc la version de Sinatra

Mouryou no hako

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Titre original : 魍魎の匣

Réalisateur: Nakamura Ryosuke

Studio : Madhouse

Année de production : 2008

Durée : 13 épisodes + 1 épisode spécial

site officiel

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Résumé :

Drôle d’histoire que celle qui nous est conté ici. Une jeune fille fini sous un train. Un officier de police qui passe par là se retrouve impliqué dans l’enquête. La jeune fille, entre la vie et la mort, est amenée dans une étrange clinique. Deux journalistes et un écrivain qui enquêtent sur une histoire de démembrement se retrouvent par hasard devant la dite clinique.

Meurtre, mutilation, disparitions, démons, religions et sectes étranges, superstitions et folklore, policiers, journalistes… Tous se mêle et s’entremêle à nous en faire perdre le fils. Puis, petit à petit les événements commences à s’éclaircir et le fil de l’histoire se démêle.

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Mon avis :

Je lisais il y a quelques jours dans une revue que les Japonais aiment lire des histoires où l’on se retrouve d’emblée dans un contexte que l’on ne connais pas. Alors que nous autres, lecteurs occidentaux, somme plutôt habitués aux introductions qui nous permettent de comprendre l’histoire. Je ne connais pas assez la culture japonaise pour me prononcer sur le sujet, et ce n’est pas le propos ici. Mais, si je cite cet article, qui parle d’un manga qui n’a rien à voir avec Mouryou no hako tant au niveau du style que du contenu (mis à part le côté fantastique), c’est que j’ai ressenti exactement la même chose en visionnant cet anime. Les scènes se succèdent, on rencontre différents personnages, dont certains semblent se connaître, mais on nous dit rien de plus. Les faits les plus étranges arrivent parfois comme des chevaux sur la soupe. On ne sait pas pourquoi on parle de ça. D’ailleurs on met un certains temps à comprendre qui est qui et quelles sont les relations entre les différents personnages. Et pour en rajouter un couche sur ce chaos ambiant, à chaque épisode on nous annonces des dates, mais les épisodes ne suivent pas l’ordre chronologique des événements ! Au début j’essayais de classer, de comprendre… Puis j’y ai renoncé et je me suis laissé porter. J’avais le sentiment d’avoir commencé une série par la deuxième saison, où quelque chose comme ça.

C’est finalement avec l’apparition de Kyôdokodô que les faits commencent petit à petit à être expliqué et reconnecté entre eux. Enfin… entre deux explications sur des choses lié à la religion shinto, du moins je crois. Parce que franchement, j’ai eu beaucoup de mal à suivre. Il y est question de démons ou esprits, les mouryou, justement. Et de la différence entre tel et tel type de mouryou. Pour le reste … c’est un peu trop pointu pour moi. Il y est même question étymologie. Autant vous dire que c’était du chinois pour moi. Bon ok, c’est un mauvais jeu de mots, mais c’était plus fort que moi ^^

Malgré cet aspect confus, il y quelque chose d’agréable dans cet anime. Une atmosphère à la fois pesante et envoûtante, des personnages intrigants et intéressants, ce qui fait qu’on regarde jusqu’au bout. Et, puisque ça ne fait que 13 épisodes (+1 un spécial dont je n’ai pas vraiment vu l’intérêt) c’est pas dur de tout regarder 😉

Pas désagréable, mais assez déroutant. Est-ce là une forme d’expression typique de la littérature japonaise? Il m’est arrivé de me sentir un peu perdue, de la même façon, en lisant certains romans ou manga, mais mes connaissances en littérature japonaise sont insuffisantes pour me faire une idée sur le sujet.

 -_-_-_-

Le coin des curieux :

plus d’infos ; )

Mouryou no hako est à l’origine une nouvelle fantastique écrite en 1995 par Kyogoku Natsuhiko (京極 夏彦). Il s’agit du deuxième récit de la série Kyogokudo (京極堂). Cette série est composé de 13 roman et porte le nom d’un des personnages : Kyôgokudô, un bouquiniste aux connaissance époustouflantes, notamment pour tout ce qui est de la mythologie et de l’occulte. C’est ce personnage qui amène les explications qui permettent aux autres personnages de voir sous un nouveaux jours les événements sur lesquels ils enquêtent.  J’en déduit qu’il en est donc le personnage clé, mais je n’ai trouvé aucune information sur cette série de roman. Apparemment, aucun de ses roman n’est traduit en français.

le-coffre-aux-esprits-1-soleil.jpgAvant d’être adapté en anime, la nouvelle a été adapté en manga. Les dessins sont de Aki Shimizu (志水 アキ) et le scènario Kyogoku Natsuhiko lui même. Le manga est publié entre 2007-2010.

La traduction française nous est proposé par les éditions Soleil sous le nom  Le coffre aux esprits. Le manga fait 5 tomes.

C’est également en 2007 que Masato Harada (原田 眞人) adapte la nouvelle en film live (titre anglais : The Shadow Spirit). Dans les rôles principaux on retrouve Shinichi Tsutsumi, Keppei Shiina, Hitomi Kuroki, Rena Tanaka et Hiroshi Abe (♥)

Bande-annonce du film :

Et les mouryou (魍魎) alors, c’est quoi au juste ?

Et ben justement, j’aimerais bien le savoir. Dans l’anime, Kyôgokudô nous l’explique en long, en large et même en travers : les origines chinoise, les différentes calligraphies, autres noms… Sauf que c’est si compliqué que je n’arrivais pas à suivre. Et mettre en pause tous les deux mots… ben c’est une peu pénible. Du coup j’ai voulu en savoir plus et j’ai fait quelques recherches sur mon amis google. Mais je n’ai rien trouvé, ni en français, ni en anglais. Seulement en japonais. Or je suis incapable de lire le japonais. Mais si, parmi vous il y a des amateurs de mythologie lisant le japonais, voici le lien vers une petit article sur wikipedia : link (N’hésitez pas à partager avec nous en laissant un petit com ; )
En attendant, pour les autres, voici une image :
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Kids on the slope

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Titre original : 坂道のアポロン (Sakamichi no Apollon)

Auteur du manga (josei) : Yuri Kodama

Réalisateur : Shinichi Watanabe (渡辺 信一郎)  (Cowboy bebop, Samourai Champloo…)

Bande originale : Yoko Kanno (Coboy bebop…)

Chara design : Nobuteru Yuki

Studio : MAPPA/ Tezuka productions

Année : 2012

Durée : 12 épisodes de 25 minutes

Site officiel en anglais : link

Site officiel en japonais : link

C’est Dybex qui possède la licence en France, visionnage gratuit et légal sur Dailymotion : 

 

 

 

 

 

 

 

Merci Dybex !!!  (^_^)

 

Résumé :

Kaoru Nishimi est un garçon studieux et très timide. A cause du travail de son père, il doit déménager à Yokosuka chez son oncle. Il n’a jamais réussi à se lier d’amitié avec ses camarades de classe, et quand on lui adresse la parole il est prix d’angoisse. Jusqu’à ce qu’il rencontre Sentarô Kawabuchi, un jeune élève bagarreur.

Peu à peu Kaoru s’ouvre, en compagnie de Sentaro et Ritsuko, il découvrira l’amitié et l’amour. Sen va lui faire découvrir le jazz, ils construiront leur amitié autour de la musique, se retrouvant chaque soir dans la cave du magasin de disques du père de Ritsuko pour un bœuf.

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Personnages :

Kids-on-the-slope---kaoru.jpgKaoru Nishida (西見薫) : très bon élève, il déménage souvent à cause du travail de son père et sa grande timidité l’empêche de se lier d’amitié avec les gens de son âge. Bon pianiste, il a étudié la musique classique et va découvrir le jazz grâce à Sentarô. Au côté de  Sen et Ritsuko, il va changer, s’ouvrir aux autres.

kids on the slope - sentarôSentarô Kawabuchi (川渕 千太郎) : jeune homme turbulent , bagarreur et mauvais élève, il n’a qu’une passion : la batterie et le jazz. Contre toutes attente, il va s’attacher à Kaoru et l’entraîner avec lui dans l’univers de la musique jazz.

kids-on-the-slope---Ritsuko.jpgRitsuko Mukae : Amie d’enfance de Sentarô, dont elle est depuis toujours secrètement amoureuse. Heureuse de voir Sentarô se lier avec quelqu’un, elle va se rapprocher de Kaoru qui tombera amoureux d’elle. Élève sérieuse et déléguée de classe, elle ne sera pas insensible au charme de Kaoru, se qui sèmera le trouble dans son esprit.

kids-on-the-slope---junichi.jpgJunichi Katsuragi (桂木淳一) : Bon trompettiste, et ami de Sentarô. Se dernier le considère comme un grand frère, un modèle. Il part étudier à Tokyo où il s’embarquera dans un mouvement politique d’extrême gauche qui va bouleverser sa vie.

Kids-on-the-slope---Yurika.jpgYurika Fukahori (深堀百合香) : jeune lycéenne d’une grande beauté, elle séduira Sentarô, avant de tomber éperdument amoureuse de Junichi.

Tsutomu Mikae (迎 勉) : père de Ritsuko et propriétaire du magasin de musique où Sen et Kaoru se rendent chaque jour pour jouer. Contrebassiste amateur, il jouera souvent avec les deux lycéens.

Mon avis :

Superbe !! Une des meilleurs animes de l’année. Franchement, j’ai adoré cette série. Une très bonne ambiance, un graphisme agréable et original, des personnages attachant et réalistes et de la bonne musique.

Amateur d’action, de cris, pouvoirs et grosse poitrines s’abstenir. L’ambiance de Kids on the slope est très réaliste. On suit les trois héros dans leur quotidien au lycée, et le soir dans la cave du magasin de musique. On écoute leur bœufs, on vit leur interrogations, leur problèmes de famille, leurs premiers amours…

le chara design est très bon, la personnalité des personnages très bien construite. Il sont tous très attachant, mêmes les personnages secondaires. En arrière fond, des fait de société de la fin des années 60 tel que l’activisme d’extrême gauche dans le milieu étudiant, rajoutent une touche de sérieux et de profondeur à l’anime.

Une histoire d’amitié et d’amour sur fond de jazz, un anime sur adolescence intelligent. Un vrai régal. Je conseille cette série à tous ceux qui, de temps à autres, veulent un anime réaliste, mature. Si vous avez aimé La colline aux coquelicots , vous devriez aimer cette série. Le style graphique et le scénario sont très différents mais on y retrouve la même époque et le même réalisme dans les relations d’amour et amitié entre les personnages.

Maintenant, j’aimerais découvrir le manga, qui a remporté le prix Shôgakukan en 2011. Malheureusement, il n’est pas encore licencié en France. En attendant une version française, je me contenterais d’un scan trad en anglais (^_^)

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Le coin des curieux :

Le manga :

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Shôjo ou josei? La catégorie de ce manga change selon les sources. A en juger par la maturité des personnages et du traitement de leurs relation dans l’anime, je dirais qu’il s’agit plutôt d’un josei, bien que l’histoire soit ambianté dans un lycée, sujet typique du shôjo.

Quoi qu’il en soit, le manga de Yuri Kodama Sacamichi no Apollon n’est, malheureusement, pas encore licencié en France.

Edit : le manga est maintenant licencié chez Kazé

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Opening et ending :

L’opening, « Sakamichi no melody » est interprété par Yuki :

 

L’ending, « Altair » est de Motohiro Hata :

 

Personnellement je n’aime pas trop ces deux morceau et je trouve dommage qu’il n’aient pas fait un opening un peu plus jazz pour coller à l’ambiance de l’anime. Mais bon, on peut pas tout avoir. l’anime est bon, l’opening pas terrible.

 

Du jazz :

Mais du jazz il y en a, à chaque épisode. D’ailleurs, chaque épisode porte le nom d’un morceau de jazz. Pour les amateurs (et la culture G), voici un peu de musique  (^_^)

(le choix des versions n’a rien à voir avec l’anime et est due un peu au hasard)

 

1 – Moanin

 

2 – Summertime

 

3 – Someday my prince will come

 

4 – But not for me

 

5 – Lullaby of Birdland

 

6 – You Don’t Know What Love Is

 

7 – Now’s The Time

 

8 – These Foolish Things

 

9 – Love Me or Leave Me

 

10 – In A Sentimental Mood

 

11 – Left Alone

 

12 –  All Blues

 

Larmes de princesse – Minako Oba

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Roman de Oba Minako (大庭 みな子)

Titre original : Ôjo no namida (王女の涙)

Publié à Tokyo en 1988

Publié en France aux Éditions du Seuil en 2006

Traduit du japonais par Corinne Atlan.

 

L’auteur : Minako Oba est né en 1930 à Tokyo. Elle étudie la littérature anglaise. Présente sur la scène littéraire japonaise dès 1968, elle représente un certain féminisme japonais et une grande ouverture au monde.

Deux autres de ces romans ont été traduits en français : L’île sans enfants (1995) et La Fleur de l’oubli (2002), également publié aux Éditions du Seuil.

 

Résumé : A la mort de son mari, Keiko revient au Japon, après avoir vécu plus de 20 ans à l’étranger. Revenue pour déposer les cendres de son mari au temple, elle décide de passer quelques mois à Tokyo. Elle choisira de se loger dans une maison traditionnelle au cœur de la ville afin de se sentir vraiment au Japon. Cette maison, accueil une bien étrange communauté, qu’elle observe avec curiosité : la propriétaire, jeune femme célibataire qui vit dans la maison principale avec son vieux père, veuf, ainsi qu’un professeur chinois, un professeur américain et le jeune fils d’une de ses amies d’enfance qui, comme elle, louent des chambres dans les dépendances, et Akira, un jeune adolescent qui traîne toujours dans les parages, fils d’une ancienne résidente. Keiko tentera de comprendre les liens complexes qui unissent toutes ses personnes. Au delà de la trame du roman, ce récit est l’occasion de réflexions sur la complexité de compréhension entre cultures différentes, sur la complexité des relations humaines et des sentiments destructeurs dont ils sont capables.

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce roman, qui se lit très vite. Une fois plongé dans la lecture, on a du mal à s’en extraire. On enchaîne les chapitres sans jamais s’ennuyer, intrigué par l’histoire, riche en personnages très différents les uns des autres, tous vu à travers le regard de l’héroïne, Keiko. Ce qui m’a le plus plu dans ce roman ce sont les réflexions auxquels se livre l’héroïne tout au long du récit. Tout en observant les complexes relations qui relient les différents locataires de la maisons, elle réfléchit aux comportements des êtres humains, mais aussi aux différences culturelles et les difficulté de compréhension. Ayant vécu longtemps à l’étranger, l’héroïne a un pied dans la culture japonaise, dont la récente évolution semble lui échapper, et l’autre dans la culture occidentale, notamment dans la culture américaine, où elle a vécu de longues années. Ce double ancrage culturel lui permet d’avoir du recul et de porter un regard intéressant sur les différences culturelles. L’auteur accorde une attention particulière au langage, à la communication. Les remarques de Keiko, l’héroïne, sur la façon de s’exprimer des japonais sont très intéressantes, surtout quand, comme moi, on tente d’apprendre les rudiments de cette belle langue. A plusieurs reprises elle revient sur la difficulté de communiquer entre japonais, notamment page 72-73 :

Sans qu’elle sût elle-même pourquoi, chaque fois qu’elle avait une conversation avec le professeur Qiû , Keiko parlait d’un ton neutre, comme si elle traduisait, au lieu d’employer ce ton féminin principalement destiné à exprimer des émotions surannées, qu’elle prenait avec Utako par exemple. Et puis, elle avait beau parler japonais avec le professeur chinois, elle ressentait une sorte de facilité, de légèreté à discuter avec lui, qui la faisait penser aux conservations qu’elle pouvait avoir avec les Américains. Peut-être était-ce parce que, partant du principe que chacun ignorait tout de la culture de l’autre, la conversation pouvait se dérouler sans prendre la peine d’échafauder diverses suppositions, comme entre Japonais.

Keiko n’aurais su dire exactement pourquoi, mais ses compatriotes la fatiguaient. Cette obligation toute japonaise de réfléchir en permanence à ce que pensait réellement l’interlocuteur, jointe à l’impossibilité de l’interroger pour avoir des éclaircissements, l’impatientait au plus haut point.

Plus loin elle revient sur cette idée page 164-165:

Cela la fatiguait d’être en compagnie de Japonais, et elle se demandait souvent si elle n’était pas devenue une étrangère elle aussi, à force de vivre ailleurs. En Amérique, elle rêvait avec nostalgie d’un tas de choses de son pays natal mais, à son retour, dès qu’elle avait commencé à y vivre de nouveau, elle s’était vite sentie épuisée.

La cause principale de cette lassitude était la foule qui grouillait partout autour d’elle, ceci ajouté au fait qu’il lui était impossible de savoir ce que ressentaient vraiment les gens avec qui elle était en contact.

La lassitude de Keiko ne vient pas seulement de la façon différente dont on communique au Japon et aux États-Unis mais aussi du fait que ses longues absences du Japon, rendent les évolutions de la société plus frappantes et elle se sent en décalage avec le Japon contemporain comme l’auteur nous le fait remarquer un peu plus loin :

à chacune de ses visites dans son pays natal, Keiko avait l’impression que les choses avaient changé à une vitesse effrayante, mais elle n’avait aucune idée du parcours que suivait cette évolution. Si elle avait été une étrangère – c’est-à-dire si tout lui avait paru intrinsèquement différent d’elle-même -, elle aurait sans doute éprouvé moins d’accablement, mais comme elle ne connaissait ce monde qu’à moitié, elle ne pouvait se débarrasser d’un sentiment de malaise.

Mais les réflexions de Keiko ne se bornent pas au langage et aux différences culturelle. Tout en observant ses voisins elle se remémore également son mari, récemment décédé, et leur vie commune. Elle remet en question la façon dont elle a vécu, s’interroge sur les relations homme-femme, mais aussi mère-enfant. Les observation de Keiko ne sont pas toujours tendre, comme par exemple l’image qu’elle donne des mères (p. 208) :

Il ne faut pas s’approcher d’un mère qui a un enfant en bas âge ; ce sont les plus dangereuses, les plus effrayantes, on ne sait pas de quoi elle sont capables. Une mère, c’est synonyme de stupidité. Si l’on veut voir ce qu’est la stupidité, il suffit de regarder une mère. Mais une fois que l’entourage a compris la vraie nature de cette stupidité, il n’a plus qu’une chose à faire : se retirer, tête baissé. Car la stupidité d’une mère est une chose effrayante. Elle est pareille à celle du corbeau qui s’attaque aux êtres humains, alors qu’il n’est qu’un oiseau.

Par ailleurs, bien qu’écrit en 1988, je trouve que ce roman n’a pas prix une ride. J’ai d’ailleurs été surprise d’apprendre qu’il datait de 1988, je l’aurais cru plus récent. Bien qu’en effet, elle parle de l’évolution rapide du Japon. J’imagine que la société japonaise à bien plus évolué entre les années 60 et les années 80 qu’entre les années 80 et maintenant. Mais pour le reste, le roman reste très actuel et ses réflexions sont toujours intéressantes. Je vous conseille vivement la lecture de ce roman.


Le coin de curieux :

Tout au long du récit les plantes sont énormément présente. Le titre d’ailleurs, « Larmes de princesse » est le nom d’une fleur qui relie Keiko a cette maison, mais aussi à son défunt mari. Par ailleurs le Katsura et l’olivier odorant du Japon reviennent souvent dans le récit. Comme je suis très curieuse je voulais savoir à quoi ressemblaient ces trois plantes dont l’auteur parle tout à long de ce roman.

Je vais partager avec vous mes recherches, je ne suis peut-être pas la seule incorrigible curieuse 

Trouver à quoi ressemble les larmes de princesse n’a pas été chose facile. Merci à MC pour son aide précieuse.

A partir du nom japonais et de la description faite de la plante dans le roman, je dirais que les larmes de princesses sont des Hoya. Probablement l’Hoya carnosa variegata. En français elle portent le nom de Fleur de porcelaine.

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Autres photos : link, link

Quant aux Oliviers odorants et aux katsura, je vous laisse aller voir les pages wikipédia qui leur correspondent :

   Olivier odorant : link

    Katsura : link