L’historienne et Drakula, tome 1 [fantastique]

30 août 2020 9 Par Bidib

J’ai peu d’expérience littéraire des vampires. J’ai eu ma période Anne Rice quand j’avais 20 ans, mais après avoir enchaîné plusieurs romans je me suis lassée et je suis passée à autre chose (La Reine des damnés ne m’avait pas convaincue). Depuis, j’ai fait quelques incursions dans le roman de vampire, mais mon expérience du domaine vient plutôt des séries TV et films ( Buffy contre les vampires, True Blood, Underword, Blade… pour ne citer que quelques titres), ainsi que du manga et des animes (Devils line, Blood +, Vampire Knight, Black Rose Alice…). Quand l’idée du thème “loups-garous et vampires” a été choisie pour le challenge Contes & Légendes, c’est Yomu-chan, ma fille aînée, qui a choisi pour moi quelques titres. Amatrice de bit-lit et de fantasy, elle avait sélectionné une série de romans susceptibles de me plaire. Parmi ceux-ci se trouvait “l’historienne et Drakula” de Elisabeth Kostova dont j’avais acheté le premier tome il y a déjà un moment (j’avais même oublié). L’occasion rêvée de le sortir des méandres poussiéreux de ma PAL.

Couverture L'Historienne et Drakula, tome 1C’est ainsi que j’ai plongé dans cette aventure qui nous entraine sur les traces de Dracula à travers l’Europe par trois récits qui se chevauchent : les recherches du professeur Rossi dans les années 30, celle du père de l’héroïne dans les années 50 et celle de l’héroïne dans les années 70. Les histoires évoluent en même temps par un ingénieux procédé de récit dans le récit. La trame principale se déroule dans les années 70, l’héroïne à 16 ans. C’est elle qui raconte l’histoire, mais elle évoque ces souvenirs de jeunesse, au moment où elle écrit des années se sont écoulée. Elle sait donc comme tout cela va se finir, mais elle prendra son temps pour remonter le fil de l’histoire.

l’aventure commence à Amsterdam en 1972. L’héroïne qui a l’époque a 16 ans, et y vit avec son père diplomate. Un jour, elle tombe par hasard sur un étrange livre dans la bibliothèque de son père. Un très vieux livre aux pages entièrement blanches, exception faite de sa double page centrale  où trônent un lugubre dragon et l’inscription “Drakula”. Elle interroge son père qui, après un temps de résistance, finit par lui raconter toute l’histoire liée à ce livre. Ils vont partir tout deux dans différents voyages en Europe au cours desquels le père lui raconte son étrange aventure qui remonte à ses années de fac, quand il était étudiant de troisième cycle aux États-Unis et que le Professeur Rossi était son directeur de thèse.

Pour mieux comprendre l’histoire qui se cache derrière ce livre mystérieux, il faut qu’il raconte à sa fille ce que le Pr Rossi lui avait relaté à l’époque. C’est ainsi qu’on découvre à la fois le récit des aventures de Rossi dans l’Europe des années 30, puis celles de Paul, le père de l’héroïne qui commence aux États-Unis dans les années 50 et qui va le mener jusqu’en Turquie.

Vlad III l'Empaleur — Wikipédia

Portrait de Vlad Țepeș (XVe siècle)

L’intrigue tourne au tour du personnage historique de Vlad Tepes, surnommé l’Empaleur. Prince de la Valachie du XVe siècle. Ce figure historique réel a plus tard inspiré le personnage de Dracula, surnom qu’on lui attribua vraiment et qui signifie “fils du dragon”.  Tout comme Bram Stoker, que l’auteure cite ici à plusieurs reprises, “L’historienne et Drakula” part du principe que le tristement célèbre Vlat Tepes est toujours vivant et est un vampire. Paul et le professeur Rossi sont tous deux des historiens aimant les énigmes, face à la découverte de ces livres mystérieux qui leur tombent dessus par hasard, leur curiosité les pousse à entreprendre des recherches sur le personnage historique de Vlad Tepes, c’est ainsi qu’on apprend beaucoup de choses sur ce prince et l’extension de l’Empire ottoman dans l’Europe de l’Est au XVe siècle. Mais lors de leurs recherches, ils vont être confrontés à des situations très flippantes qui finissent par les convaincre que le mythe du vampire n’est peut-être pas un mythe.

Dracula étant un personnage très célèbre, l’auteur n’hésite pas à faire référence aux oeuvres qui l’ont précédé, on nous parle du roman de Bram Stoker bien sûr, mais aussi des adaptations cinématographiques et surtout de l’interprétation qu’en fit Bela Lugosi.

Bela Lugosi en Dracula (1931)

Je ne veux pas trop dévoiler de l’intrigue pour vous laisser le plaisir de la découverte. Ce qui m’a beaucoup plus dans ce premier tome c’est la structure du récit qui avance simultanément sur 3 temporalités différentes, l’imbrication des différentes aventures est très bien réussie. J’ai aussi aimé l’aspect historique du récit. On ne se contente pas d’invoquer le célébrissime Dracula, on tente de lui donner de l’authenticité en nous parlant de l’homme qui fut Vlad Tepes. Cela m’a donné envie de découvrir l’histoire de cette partie de l’Europe que je connais vraiment très peu. D’ailleurs, l’auteur nous fait beaucoup voyager dans ce livre, France, Angleterre, Grèce, Slovénie, Hongrie, Turquie… les étapes des voyages de nos protagonistes sont vraiment nombreuses. C’est très dépaysant.

Sainte-Sophie (Constantinople) — Wikipédia

Sainte-Sophie, Istanbul

Il arrive que la cuisine se trouve là où on ne l’attend pas. En ouvrant ce livre, je n’aurais jamais pensé le proposer pour le challenge Des livres en cuisine et pourtant il y a toute sa place. Si l’auteure nous fait voyager par de belles descriptions de paysages, on découvre aussi les saveurs des lieux visités. À chaque étape, les protagonistes prennent le temps de savourer de bons repas et avec eux on découvre les spécialités régionales. À chaque escale, ses spécialités. Le livre regorge de passages gourmands. Je ne les ai pas tous relevés, mais en voici un aperçu.

En escale à Istanbul :

“En fait de café, Tugut nous servit un véritable festin, […]. Il disposa devant nous des sauces, des salades, du melon, un ragoût de viande et de légumes, des brochettes de poulet, l’incontournable salade de concombre au yaourt, du café et une avalanche  de douceurs roulées dans du miel et des amandes. Nous mangeâmes avec appétit, et Turgut nous resservit jusqu’à ce que nous criions grâce.

-Je ne peux pas laisser ma femme penser que je vous ai laissés mourir de faim, déclara-t-il.

Pour finir, il nous apporta un verre d’eau fraîche et une soucoupe remplie d’une sorte de pâte blanche et onctueuse.

Attar de roses, analysa Helen après avoir goûté. C’est délicieux. Ils en ont aussi en Roumanie.

Elle fit tomber un peu de pâte dans son verre et le but […]”

café turc

Une lecture plaisante, agréable à lire qui nous fait voyager, pleine de parfums d’ailleurs et d’ombres du passé. La série se termine en deux tomes, je n’ai pas résisté à l’envie de découvrir la fin de cette histoire.

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