littérature

Les Chroniques du don du loup, tome 1 : Le Don du Loup [fantastique]

C’est au moment de préparer mon billet sur la thématique des loups-garous en août dernier que j’ai découvert qu’Anne Rice avait écrit une saga sur le sujet. Je connaissais cet auteur pour sa saga Chroniques de vampires, dont j’avais aimé plusieurs tomes dans ma jeunesse (Entretien avec un vampire, Lestat le vampire) avant de me lasser (je crois que je n’ai jamais réussi à finir la reine des damnés). J’avais donc acheté le premier tome des chroniques du don du loup.

Reuben, un beau jeune homme fortuné et journaliste débutant, se rend dans le nord de la Californie pour visiter une belle demeure que la propriétaire désire mettre en vente. Sa mission est simple : faire un bel article sur cette somptueuse propriété historique pour en faciliter la vente. Mais en découvrant la maison, il a un coup de foudre, coup de foudre pour la maison et coup de coeur pour sa propriétaire. Il veut cette maison pour lui et il ne dirait pas non à une nuit avec la belle Marchent. Mais il est loin de se douter que c’est justement entre les murs de cette maison que son destin va basculer. Après avoir cédé à l’élan du coeur (ou du corps…), alors qu’il dort paisiblement, un événement terrible se prépare. Marchent est attaquée et, se précipitant à son secours, Reuben est gravement blessé. Il a été attaqué par une bête, il n’a rien vu, mais se souviens de ses sensations, les crocs prêts à lui broyer la tête. Si l’attaque est terrible, ce n’est que le commencement d’une nouvelle vie pour le jeune homme qui se voit remis de ses blessures à une rapidité étonnante avant de voir son corps évoluer et la première mutation arriver. Rueben est devenu un homme-loup à l’instinct meurtrier, mais ses victimes ne sont pas d’innocentes jeunes femmes, non ! Cet homme-loup-là est capable de flairer l’odeur du mal, des hommes et femmes cruels, et quand ceux-ci croisent son chemin il est sans pitié.

J’ai trouvé ce roman agréable à lire quoiqu’un peu long. Il me tardait de venir à bout de ce gros volume de plus de 400 pages. On pourrait se dire que l’auteur prend le temps de faire évoluer son personnage, pourtant tout va assez vite. Si les pages s’accumulent, le temps lui ne passe pas et très peu de moins séparent le début de la fin de ce volume. Ce qui est assez étrange, parce qu’à la fois je commençais à trouver cela un peu long et pourtant je trouvais que l’auteur allait trop vite en besogne. Notamment pour ce qui est de l’amour. Sans vouloir trop dévoiler de l’intrigue, il y a une histoire d’amour qui va prendre une grande importance dans le récit et qui arrive très vite avec un caractère absolu qu’il me semble difficile à concevoir en si peu de temps. Je ne sais pas si je me fais comprendre, un coup de foudre je veux bien, mais, il faut du temps pour l’amour inconditionnel, non ? Je n’ai pas trouvé cet aspect de l’histoire très réaliste, et comme le reste de l’histoire ne l’est pas, par définition, cela rend l’histoire absolument pas vraisemblable. Ça fait un peu roman à l’eau de rose, c’est beau et on n’y croit pas du tout. En tout cas, c’est l’effet que ça m’a fait. Cet effet est renforcé par le côté caricatural des personnages, surtout de Reuben : il est très beau, très riche, intelligent, bon… bref n’a aucun défaut. On le croirait sorti d’un catalogue d’hommes parfaits. Pour avoir l’air vrai, un personnage doit avoir quelques imperfections. Tout le monde il est beau, tout le monde il est riche, c’est un peu pauvre comme base. Et c’est ce qui caractérise ce roman, à mes yeux agréables mis assez superficiel, très caricatural.

Mais il y a, tout des mêmes, des choses que j’ai trouvé intéressantes, notamment la façon dont l’auteur s’approprie le mythe du loup-garou, tentant de lui donner une histoire originale (faudra attendre la fin du roman pour savoir d’où viennent les loups-garous). J’ai trouvé amusant aussi la façon dont l’auteur décrit la mutation, je n’ai pas une grande expérience en récit de loups-garous, mais dans pratiquement tout ce que j’ai vu/lu le moment de transformation est décrit comme quelque chose de particulièrement douloureux. Ici Anne Rice prend cette tradition à contre-pieds donnant un caractère jouissif à la transformation du corps.

“Seules comptaient les vagues d’extase qui, l’une après l’autre, le traversaient.

Elles balayaient chaque particule de son corps, la peau qui recouvrait son visage, sa tête, ses mains, les muscles de ses bras et de ses jambes. Il respirait à travers chacun des atomes qui le constituaient ; il respirait comme il n’avait jamais respiré de sa vie, et tout son être croissait, durcissait, forcissait à vue d’œil.

Les ongles de ses mains et de ses pieds le picotaient. Il palpa la peu de son visage et s’aperçut qu’elle était couverte d’un duvet soyeux, que des poils doux et épais sortaient par tous ses pores, tapissait son nez, ses joues, sa lèvre supérieure ! Sas doigts – ou étaient-ce des griffes ? – touchèrent ses dents : c’était des crocs ! Il les sentait descendre, sentait sa douche s’allonger !

[…]

De son cuir chevelu avait jailli une toison qui lui tombait aux épaules. Son torse était entièrement recouvert de poils, et les muscles de ses cuisses et de ses mollets vibraient d’une vigueur infinie.

Elle finirait bien par culminer, cette frénésie orgasmique, mais le moment n’était pas encore venu. Elle bouillonnait de plus belle. “

J’ai passé un bon moment, mais pas au point d’avoir envie de lire le tome suivant. D’ailleurs Le Don du loup propose une vraie conclusion et ce tome se suffit à lui même.

Dans la catégorie loups-garous, j’ai une autre saga d’urban fantasy en cours (Marcy Thompson), après j’ai l’intention de lire Hugues le loup auquel Anne Rice fait référence. Avez-vous d’autres titres à me conseiller sur ce thème ?


avec cette lecture je participe aux challenges

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