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Parler Plusieurs langues – François Grosjean

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui ce ne sera ni bd ni album jeunesse, mais un essai sur le bilinguisme. J’ai emprunté, un peu comme ça, par curiosité, le Parler plusieurs langues, Le monde des bilingues de François Grosjean et je ne suis pas déçue.

Couverture Parler plusieurs langues : Le monde des bilingues

J’ai trouvé ce livre très intéressant. François Grosjean y démolit quelques-uns des préjugés que l’on se fait du bilinguisme et… en tant que bilingue imparfaite, ça me fait du bien !

J’ai trouvé très intéressant de pouvoir transposer la théorie des spécialistes à mon cas personnel tout au long de ce livre. C’était particulièrement stimulant de pouvoir intellectualiser un état de fait sur lequel je n’avais jamais vraiment réfléchi.

Dans ce livre aux dimensions très convenables (pas de gros pavé assommant à l’horizon, seulement 224 pour mieux comprendre le bilinguisme), François Grosjean commence par redéfinir ce qu’est le bilinguisme. La définition ayant évolué dans le temps et d’un auteur à l’autre. Pour lui, sont bilingues tous ceux qui sont amenés à utiliser plus d’une langue au quotidien, y compris tous les polyglottes qui ont qu’une connaissance imparfaite de leur seconde ou troisième langue. Il n’y a pas que les bilingues parfaits dans la vie !

Autre gros pavé dans la mare des idées reçu : l’accent !!

Il est important de souligner qu’il n’y a aucun lien entre la connaissance que l’on peut avoir d’une langue et l’accent. Certaines personnes, comme divers auteurs francophones d’origine étrangère, possèdent une connaissance exceptionnelle d’une langue, mais gardent un accent lorsqu’elles parlent, alors que d’autres ne connaissent pas très bien une langue, mais articulent sans accent pour l’avoir apprise dans leur enfance. Il est donc temps de faire disparaître le critère “accent” de la définition du bilinguisme !


Bidib’s story :

Ce qui est amusant dans mon cas, c’est que lors d’une première rencontre peu de personnes se rendent compte de mes origines étrangères. Ce n’est qu’à la deuxième ou troisième conversation qu’on commence à soupçonner que le français n’est pas ma langue d’origine, mais là encore, personne n’arrive à identifier mon accent. Ce n’est qu’une fois mes origines étrangères admises que tout le monde s’accorde à dire que, décidément, j’ai un accent. Je trouve ce processus très drôle. Et ça recommence à chaque nouvelle rencontre. Et comme chez de nombreux bilingues dans mon genre, l’intensité de l’accent augmente avec le degré de fatigue et/ou d’alcool dans le sang. XD En fin de soirée, mes origines deviennent bien transparentes.

Chose amusante, il n’y a plus aucune langue que je puisse parler sans accent étranger. Quand je parle ma langue maternelle, je le fais avec un très fort accent français. Mon accent est même plus évident que dans le cas inverse. Quand je suis en visite dans mon pays d’origine, on me prend pour une étrangère tellement mon accent est marqué.


Autre aspect intéressant abordé par François Grosjean : la complémentarité des langues utilisées par un bilingue. Sauf cas exceptionnels (traducteurs et interprètes), les bilingues ordinaires utilisent les langues dans des contextes différents, par exemple à l’intérieur et à l’extérieur du foyer, au travail ou dans le cadre des loisirs… Les deux (ou plusieurs) langues ne servent donc pas à exprimer les mêmes choses, ne sont pas employées dans les mêmes contextes et ne nécessitent donc pas le même niveau de langue, le même vocabulaire, les mêmes connaissances, etc.

Quel bilingue n’a pas eu du mal à parler d’un sujet qu’il connaît dans une autre langue, à expliquer quelque chose dans la “mauvaise langue”, ou à interpréter des phrases dans un domaine qu’il ne connaît que dans une seule langue ? Devant ses hésitations, la personne monolingue est souvent prompte à s’interroger : “ mais je croyais que vous étiez bilingue ?” Or ces situations montrent la force du principe de complémentarité : les bilingues apprennent et utilisent leurs langues dans des situations différentes, avec des personnes variées, pour des objectifs distincts. Les différentes facettes de la vie requièrent différentes langues.

A cette complémentarité s’ajoute la notion de besoin. Comment se développe le bilinguisme chez l’enfant : il a besoin de la seconde langue pour communiquer. Et une fois la langue apprise, la connaissance doit être entretenue par un besoin, autrement la langue disparaît. L’état du bilinguisme (niveau de connaissance dans les diverses langues) n’est pas fixe, il évolue tout au long de la vie en fonction des besoins qu’on a pour de communiquer en telle ou telle langue. C’est particulièrement frappant dans le cas des langues apprises dans la petite enfance. Si l’enfant a besoin de parler une seconde langue pour communiquer, il va l’apprendre très vite, mais il l’oubliera aussitôt celle-ci devenue inutile.

Quels sont les facteurs qui font qu’une langue est acquise jusqu’à aboutir à un bilinguisme simultané ou, plus fréquemment, successif ? Le premier facteur, et le plus important, est tout simplement le besoin que l’on a de communiquer, écouter, participer à des activités, etc. dans une langue donnée. S’il est présent, l’enfant acquerra la langue ; s’il disparaît, il aura tendance à l’oublier. La nécessité de connaître et utiliser une langue est la base du bi- et du plurilinguisme, mais elle est trop souvent ignorée par ceux qui souhaitent développer le bilinguisme chez l’enfant.

Concernant le bilinguisme des enfants, Grosjean revient sur un point que j’ai aussi pu observer : la langue minoritaire n’est pas traitée de la même façon selon la langue. Un peu comme les Occidentaux qui partent travailler à l’étranger deviennent des expatriés tandis que les travailleurs venus travailler en occident et originaires des pays du sud sont des immigrés. Le bilinguisme des enfants est encouragé quand il s’agit de parler anglais ou une autre langue prestigieuse, mais devient subitement un « danger » quand il s’agit d’une des très nombreuses langues africaines, l’arabe, le turque ou toute autre langue n’ayant pas une aura prestigieuse. Je n’arrive pas à comprendre la logique de cette situation. Dans une même école on peut avoir d’un côté une classe européenne ayant l’ambition de créer des petits bilingues français-anglais ou français-allemand, et dans la classe d’à côté un professeur qui explique à des parents étrangers qu’il devraient parler français à leurs enfants pour qu’ils s’intègrent plus vite. Cherchez l’erreur.

Les représentations négatives du bilinguisme et la mise en avant de prétendus « dangers » d’être bilingue nuiront au développement à long terme des langues chez l’enfant. Un des dangers hypothétiques – l’enfant ne développera jamais correctement la langue de l’école s’il continue à utiliser une langue différente à la maison – a fait des dégâts considérables au niveau de l’acquisition naturelle, et du maintien des langues minoritaires en famille.

Je trouve cela vraiment dommage. Surtout que ces croyances sont infondées et que l’enfant pourrait parfaitement s’intégrer sans subir l’ablation d’une partie de son identité culturelle.

Les idées reçues doivent être connues : le bilinguisme serait rare, être bilingue signifierait une maîtrise parfaite et équilibrée de deux langues, en plus parlées sans accent, le bilingue acquerrait ses langues dans sa jeune enfance, le bilinguisme affecterait négativement le développement cognitif des enfants. Encore une fois, tout cela est faux. Les chercheuses canadiennes Johanne Paradis, Martha Crago et Carole Bélanger s’insurgent contre des opinions erronées encore trop souvent rependues dans la société, et même chez certains enseignants et orthophonistes, à savoir que l’apprentissage simultané de deux langues crée une confusion chez l’enfant et retarde son développement langagier, ou que le bilinguisme constitue une charge trop lourde pour ceux atteints d’un trouble du langage (ce qui a pour conséquence que l’on conseille trop fréquemment aux parents d’élever ces enfants dans un contexte monolingue) : « il n’existe aucune preuve systématique et empirique pour appuyer ces idées reçues ». Certes, certains enfants bilingues souffrent de troubles du langage, mais proportionnellement ils ne sont pas plus nombreux que les enfants monolingues.

Bref, tous les enseignants devraient lire ce livre. Les fausses idées sur le bilinguisme font bien du mal chez les enfants issus de l’immigration.


Bidib’s story :

Pour ma part, je suis née dans une famille bilingue. Mes deux parents ne partageaient pas la même langue maternelle. Ils communiquaient entre eux et avec moi chacun dans les deux langues, un peu selon la circonstance. Ce n’était, chez nous, ni une langue dans la maison, une à l’extérieur, ni une langue par parents. Non, chez nous c’était tout, tout le monde, un joyeux bordel linguistique. Il parait que dans ce contexte j’ai commencé à gazouiller comme un bébé francophone. Mais tout cela n’a pas duré, puisque mes parents se sont séparés. Le français a peu à peu disparu de ma vie. Je ne le parais pas du tout. Pourtant, quand je suis entrée au collège et que j’ai commencé à apprendre le français comme langue étrangère, cette langue était pour moi très familière. Je comprenais tout sans avoir à faire des efforts (pour lire et écrire en revanche…).

Plus tard, nous avons émigré en France. Le français est donc devenu ma langue principale. Ma mère voulait absolument éviter de nous faire redoubler une classe, elle s’est donc donné comme mission de faire en sorte qu’à la rentrée de septembre nous sachions suffisamment bien parler français pour suivre les cours avec la même aisance que les petits francophones. La mission n’était pas bien difficile pour elle puisqu’elle parle parfaitement français. Mais pour arriver à ses fins, elle a prix la décision, discutable, de ne plus nous parler qu’en français (et de nous corriger à chaque erreur de langue T_T). D’un côté, cela s’est avéré très efficace. Deux mois plus tard, nous pouvions suivre les cours sans aucune difficulté. Inversement, notre langue maternelle est devenue si peu importante que nous en avons perdu un peu l’usage. Si je sais toujours la parler, je fais maintenant bien plus de fautes de langues qu’en arrivant en France. Mon vocabulaire ne s’est pas enrichi, voir même s’est appauvri.

Et je ne vous parle pas là de l’effet psychologique. Déjà qu’on change de maison, de ville, de pays même. Il faut tout recommencer à zéro, même apprendre une nouvelle langue, avoir dans sa famille un bout de son ancien chez-soi, de ses racines peut être très réconfortant.

Je me souviens que, des années plus tard, alors que j’étais en fac de langue et que je me trouvais au Portugal, j’avais éprouvé un grand réconfort chez ma logeuse qui parlait parfaitement français. Toute la journée, je passais d’une langue à l’autre : portugais, anglais et espagnol. Fallait tout le temps changer de langue selon l’interlocuteur, parfois suivre simultanément une conversation dans 2 ou 3 langues différentes… Quand le soir je rentrais chez moi, j’étais très heureuse de pouvoir reposer mon cerveau et parler français avec ma logeuse.


Après avoir longuement disserté sur ce que signifie être bilingue et sur comment le devenir, Grosjean aborde un autre aspect lié au bilinguisme : le biculturalisme. Cette partie est également très intéressante et apporte une réflexion intéressante, notamment pour les enseignants, sur comment aborder le biculturalisme. Malheureusement, très souvent, les monolingues/monoculturels se sentent en devoir de demander aux autres de choisir. Il faut choisir à quelle culture l’on souhaite appartenir et s’y tenir. C’est une vision bien obtuse de la réalité. Il n’y a pas à choisir. Je suis toutes les facettes qui composent ma personne, avec mes diverses langues et mes diverses cultures. Avec ses réflexions Grosjean appelle à plus d’ouverture d’esprit, invite à accepter la diversité, à l’accueillir même, à la chérir.

Parler plusieurs langues est un très bon livre d’introduction au vaste sujet qu’est le bilinguisme. Il est très facile à lire, aborde plusieurs aspects très intéressants et surtout, tout le long du livre, il partage une philosophie très ouverte, prônant la diversité et l’acceptation de l’autre dans sa différence. Je suis très heureuse de l’avoir lu, j’ai le sentiment d’être ressortie de cette lecture enrichie. J’ai maintenant envie d’aller plus loin et de m’intéresser à l’apprentissage des langues, notamment auprès du jeune public.

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filastrocche – uno, due, tre…

Pour ce troisième mercoledì filastrocche je ne vais pas évoquer un souvenir d’enfance, mais partager une comptine sur laquelle je suis tombée en faisant mes recherches. Je l’aime beaucoup et ses illustrations vintage ont un charme qui me touche beaucoup.

Cette page est extraite, semble-t-il, du livre Il libro della seconda classe d’Ornella Quercia Tanzarella, illustré par Mario Pompei publié par Libreria dello Stato en 1931.

La couverture du livre, que j’ai glané sur le net, est tout à coup moins charmante ! Et c’est là que je me suis souvenue qu’un certain Mussolini était à l’époque président du conseil en Italie. On comprend mieux la couverture. Ceci dit, la filastrocca n’a rien de fasciste et les illustrations de Marco Pompei me plaisent beaucoup.

On se retrouve mercredi prochain pour la dernière filastocca du mois.


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Je me remets au portugais

Il y a peu, j’ai découvert sur Facebook le Marathon des langues (ici le site). Comme j’aime les langues vivantes, je me suis mise à suivre la page sans buts précis. Merci, Lydia, de m’avoir fait découvrir 😉

Puis, hier, je suis tombé sur ce défi :

Une phrase par jour, ça ne va pas me prendre trop de temps. C’est l’occasion d’enfin sauter le pas et de me remettre en douceur au portugais. L’année dernière, j’avais fait une tentative en commençant direct par un roman. Et ça s’est soldé par un échec cuisant. Faut dire que si, en théorie, j’ai le niveau pour lire ledit roman, ça fait tellement longtemps que je n’ai pas pratiqué cette langue que je sais même plus comment me présenter correctement. Il faut que je réactive mes connaissances, que je demande à mon cerveau de réactiver la zone portugais.

J’ai donc décidé de me lancer, en douceur avec ce défi. Une phrase par jour, pendant 7 jours. Pour cette première semaine, je ne vais pas me mettre la pression, je vais tenter de faire des phrases simples avec le vocabulaire que j’arrive retrouver toute seule. Histoire d’envoyer à mon cerveau le message : je veux que tu rallumes la lumière dans l’aile portugais.

J’accompagne ces phrases d’un peu de fado, afin de rafraîchir aussi les oreilles et de retrouver les sonorités de la langue.

Mon objectif : lire un roman en portugais d’ici la fin de l’année (et y prendre plaisir !!)

Hier j’ai pris la résolution et je me suis rendue compte que… je ne sais pas dire « défi » en portugais !!! Ça commence bien. Qu’à cela ne tienne, je vais chercher dans le dico. Et là panique, impossible de retrouver mes dicos. Mes dicos !!! Mais qu’ai-je fait ! Je n’ai pas osé me débarrasser de mes précieux dicos achetés avec ma prime erasmus dans cette belle librairie de Braga ? J’étais sur le point de verser une petite larme de dépits quand je les ai retrouvés. Ouf ! Défi = desafio. Bien. Mais j’ai consumé toute mon énergie linguistique dans cette quête du dico perdu. On verra demain ( ah ! procrastination, quand tu nous tiens !).

Aujourd’hui je me suis lancé et ai couché sur le papier les 2 premières phrases. Douloureusement et maladroitement. C’est fou comme on oublie vite dès qu’une langue ne nous est plus utile !

Mais j’ai confiance ! Je vais prendre le temps de rallumer les lumières, dépoussiérer les étagères.

Et si, pour me motiver, je me programmais un petit voyage au Portugal pour 2020 ?

Et maintenant, musique !

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filastrocca – Ambarabà ciccì coccò

Nous revoici pour un nouveau mercoledi filastocca. Mercredi dernier je vous ai parlé de mano mano piazza, une petite comptine qu’on met en scène sur une main.

Aujourd’hui, je reviens au basique, à l’une des premières comptines que l’on apprend dans la cour d’école maternelle (l’asilo) : ambarabà ciccì coccò. Cette comptine sert à designer quelqu’un. Qui sera le loup ?

Ambarabà ciccì coccò
tre galline sul comò
che facevano l’amore
con la figlia del dottore;
il dottore si ammalò
ambarabà ciccì coccò!

La encore, il existe différentes versions. Si dans mon enfance c’était des poules (galline), dans la version la plus répandue ce sont des chouettes (civette).

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Le texte, comme dans très nombreuses comptine, est, comment dire, pas très innocent ! Ici, nous avons 3 poules (ou chouettes) qui font l’amour avec la fille du docteur. Évidemment, ce dernier en tombe malade. Mais pour être tout à fait sincère, la nature licencieuse du texte ne m’a jamais choqué.

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui. On se retrouve mercredi prochain pour une nouvelle filastrocca


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Filatrocca – mano mano piazza

Pour moi, le mois italien c’est un peu comme une madeleine de Proust. L’Italie c’est le pays de mon enfance, alors, à chaque fois que je songe à ce que je pourrais présenter sur le blog pour le mois italien, j’ai plein de vieux souvenirs qui reviennent.

En mars, pour le mois des contes et légendes (une nouvelle session aura lieu en septembre, n’hésitez pas à vous manifester si vous souhaitez y participer) j’avais présenté l’un des contes italiens que nous racontait ma mère (qui la tenait elle-même de ses parents et ainsi de suite) : Prezzemolina.

De fil en aiguille, du conte je suis arrivée à la comptine, ces petits poèmes pour enfant, fait le plus souvent d’énumération. J’avais envie de vous en proposer quelques-uns en italien. Et puisque mercredi c’est le jour des enfants, ce sera mercoledì filatrocca.

La première filastrocca que j’avais envie de partager c’est Mano mano piazza, que l’on fait avec les mains et qui m’amusait beaucoup.

Il en existe de très nombreuses versions. Celle que je chantonnais enfant, est celle-ci :

Mano mano pazza,
qui ci passò una lepre pazza:
questo la vide,
questo l’ammazzò,
questo la spellò,
questo la mangiò.
E il povero mignolino?
Nemmeno un ossicino:
lecca lecca il tegamino!

Avec l’index on dessine un cercle sur la paume en récitant « mano mano piazza, di qui passò una lepre pazza« . Puis, en commençant par le pouce, on énumérer chaque action. Le pouce et celui qui l’a vu (le lièvre fou), l’index l’a tué, le médium l’a dépecé, l’annulaire l’a mangé et le pauvre auriculaire n’a plus eu qu’à lécher la casserole. Dans cette version on ne donne pas le nom des doigts, mais il en existe d’autres versions ou chaque doigt est nommé, permettant ainsi d’apprendre leur nom.

deux autres versions ici

Enfin, on retrouve la même comptine qui commence par « piazza, mia bella piazza« , en voici une version en vidéo

J’espère que cette première filastrocca vous aura amusé, on se retrouve mercredi prochain pour une nouvelle comptine.


C'est parti pour notre Mois italien

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Le chat, toute une histoire

Le chat domestique

La domestication du chat remonterait au néolithique. Avec la sédentarisation et l’essor de l’agriculture, l’Homme doit faire face au problème de stockage des céréales et aux attaques de rongeurs. Le chat est le prédateur idéal pour souris, rat et autres mulots.

Mais peut-on vraiment parler de domestication ? Le chien, par exemple, est domestiqué très tôt et sa physiologie en est changée. Il acquière la capacité de digérer des bouillies à base de céréales préparées par ses maîtres, chose que ne peut pas faire le loup. Très tôt les chiens sont sélectionné et modifiés en fonction du travail qu’il ont à faire. Il sont élevé, dressé, sélectionné.

Le chat suit un autre chemin. Dans un premiers temps on ne fait pas un élevage de chat. Les chats se rapprochent d’eux mêmes de l’habitat humain pour y chasser les souris et… on se contente de les laisser faire. On cohabite avec lui, on le domestique pas. De nos jours encore il y a très peu de différence génétiques entre un chat sauvage et un chat domestique. Mais nous en sommes pas encore aux chats modernes !

Revenons donc au néolithique. Les premières traces de cohabitation entre chat et humain ont été trouvé dans le croissant fertile. C’est le felis silvestris lybica, l’ancêtre de nos chat domestiques.

Felis silvestris lybica
Felis silvestris lybica

C’est en suivant les migration des agriculteurs que les chats se dissémine vers l’Europe, le bassin méditerranéen et l’orient.

On a longtemps cru que c’était en Egypte que le chat avait été domestiqué pour la première fois. Sauf que l’on a trouvé des traces de chats dans des sépultures du néolithiques beaucoup plus ancienne dans le croissant fertile. C’est sans doute de là qu’est arrivé le chat domestique en Egypte, puis, beaucoup plus tard, le chat Égyptien est parti a l’assaut du monde par de nouvelles vagues de migrations en empruntant les navires marchand ou de guerre.

 Le chat, dans l’antiquité

En Egypte le chat est associé au dieu du soleil, Rê. Le chat rentre même au panthéon des dieux égyptien avec Bastet la déesse à tête de chat qui est considéré comme fille de du soleil (comme les déesses à tête de lionne).

statuettes de Bastet du Louvre

Bastet est la déesse de la joie, de la fécondité, protectrice des foyer. Elle protège les femmes enceintes et les naissances. Bastet devient une divinité très populaire et son culte coïncide avec le culte des animaux sacré. Les momies de chat deviennent alors très populaires. Les temples élèvent des chat pour en faire des momies, mais la demande est telle qu’apparaissent des fauts. On a retrouvé des momies de chat vides ou remplies d’os épars. Étrange culte que celui de célébrer la déesse chat en momifiant de pauvres jeunes chat violemment assassiné pour l’occasion. Mais le chat n’en est pas à son premier déboire. Attendez de voir ce que lui réservent les chrétiens du Moyen-Âge !

momies de chat

Alors qu’en Egypte le chat est vénéré, les grecs et les romains lui préfèrent les chien. On tolère sa présence car il est bien utile pour chasser les rongeurs mais on ne l’affectionne pas vraiment. Pourtant les chats prolifèrent dans tout le bassin méditerranéenne, en Gaule et même chez les viking.

Si le chat et l’homme cohabitent dans un premiers temps c’est parce qu’il est un bon chasseur protégeant les récoltes des rongeurs. C’est ces même qualité de chasseur qui en feront un voyageur privilégié pour les navires pour qui les rats représentante un grand danger.

Plus haut je disais que c’est du moyen orient qui viennent nos chat domestiques. Si une premières vague de migration féline provient du croissant fertile. Les chercheurs ont identifié des traces de chat égyptien un peu partout en Europe. Pourtant les Égyptien protégeaient jalousement leur félin. Il était interdit d’en exporter. C’est sans doute aux marchants phénicien qu’on doit leur première introduction en Europe. Les Égyptiens les appelaient « les voleurs de chat ». Pour protéger leur navires ils hésitent pas à voler de beaux chat égyptien qui, une fois à terre, ne tarderons pas à peupler de nouvelles contrées.

Les grecs et les romans tolèrent leur présence, voir même l’incitent parce qu’il faut bien avouer qu’ils sont utiles, mais ne semblent pas leur vouer un grand amour. Dans les écritures, on y fait surtout référence comme à un redoutable chasseur d’oiseaux. Et la préférence va aux pauvres oiseaux victimes de ses griffes.

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mosaïque de Pompei

Bien que les romains lui préfèrent le chien, le chat s’impose petite à petit comme animal domestique et suit les armées romaines disséminant ainsi le long de leurs conquêtes. Les Gallo-romain semblent particulièrement l’apprécier.

Mais le chat égyptien n’est pas le seul à voyager par mer, le chat indien revient vers l’Egypte par voie maritime en passant par la mer rouge.

Ce serait également au grès des commerces que le chat gagne la Chine puis le Japon.

Le chat dans le Moyen-Age européen

Au début du Moyen-Age, le chat garde l’image positive laissé par la mythologie égyptienne. Mais le clergé voit d’un mauvais œil son goût pour la sieste et sa fécondité (qui s’accompagne d’un comportement sexuel vraiment pas catholique !). Il est dès lors associé aux péchés de paraisse, gourmandise et luxure et se voit peu à peu associé au diable. Il devient l’animal de compagnie des sorcières, surtout le chat noir. Et les inquisiteurs l’associent au sabbat. On nous parle même de ailouranthropie, spécialité féminine. Il n’y a que les femmes qui peuvent prendre la forme d’un chat, les hommes eux deviennent de loup ou même des lièvres.

Comment soigner l’ailouranthropie ? Par le feu pardi ! Au bûcher les sorcières ! Et les chats. Les chats domestiques des prétendues sorcières sont lynché comme leur maîtresse mais le bûcher n’est pas réservé aux chat ayant appartenu aux sorcières. On brûle aussi des chat à la Saint Jean pour se protéger du malin.

Malgré ces superstitions et sa mauvaise réputations, le chat continue de partager le gite avec les hommes. Les souris sont toujours à craindre et leur utilité et bien plus importante que leur mauvaise réputation.

A la fin du Moyen-Âge et au début de Temps Modernes, le chat retrouve des air de noblesse en devenant la coqueluche des nobles qui qui le réhabilitent comme animal de compagnie. On fait venir des chats syrien et persans, considéré comme beau et nobles, que l’on préserve afin qu’il ne se mêlent pas aux vulgaire chat européen.  C’est le début de l’élevage de chat en Europe.

Le cardinal Richelieu et ses chats par Charles Edouard Delort

Le chat moderne

On peu se demander pourquoi il existe plus de races de chiens que de races de chat. Si la sélections des chiens commence dès sa domestication, le chat domestique est très longtemps resté très proche du chat sauvage.

Si l’élevage de chat comme animal de compagnie commence à le fin du Moyen-Âge, c’est au XIX siècle que commence réellement la création de races et leur standardisation, avec la création de club et fédération félines garantes de la standardisation.

Le site du LOOF reconnais actuellement 52 races (plus 2 récemment reconnue et n’ayant pas encore leur petites fiche).

De nos jours le chat a supplanté le chien comme animal de compagnie, plus petit et indépendant, il s’adapte sans doute plus facilement à la vie moderne, aux appartements en ville et à la solitude qu’impose souvent le travail de leur maître serviteur humain.

Héraclès, mon superbe chat de gouttière type européen

Pour aller plus loin :

Le numéro de décembre 2017 du magazine Historia propose un dossier dédié à l’histoire du chat : De la préhistoire à nos jours Le Chat Comment il a conquis le monde.

Un très chouette dossier du quel je me suis inspirée pour cet article.

Dommage que cela reste très cintré sur la bassin méditerranéen et qu’on ne nous dise pas plus sur la conquête de l’extrême orient par la gente féline.

Il se peut que j’aie commis des erreurs ou que j’ai fait de trop gros raccourci. Si le sujet vous intéresse je ne peux que vous conseiller la lecture de ce dossier. Et si vous avez des informations complémentaires n’hésitez pas à les laisser en commentaire 😉

 

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Spice Up Your English #2 – lire en anglais

Dans un précédent billet je vous ai présenté le MOOC Spice Up Your English et de la façon où j’avais envie d’appliquer le conseil d’écouter de l’anglais en suivant quelques booktubers anglophones. Je suis encore en train de chercher quelques chaînes à partager (si vous en connaissez, laissez moi les lien).

Aujourd’hui je vais vous parler d’une autre façon d’améliorer son niveau d’anglais : lire ! C’est une évidence même, mais ça mérite d’en parler, ne serait-ce que pour partager mon expérience et les erreurs à ne pas faire (et que j’ai évidemment fait !)

Moi j’ai toujours été nulle en anglais, j’ai commencé en 6ème et j’ai tout de suite détesté. Je sais pas pourquoi, mais j’avais le cours d’anglais en aversion. Alors qu’en français (que j’apprenais à l’époque comme une langue étrangère) j’étais très à l’aise, l’anglais me semblait très compliqué. Et depuis ça n’a pas vraiment changé. On a beau me dire que l’anglais c’est très simple, moi je trouve ça compliqué. Toutes les langues latines que j’ai étudié me semblent plus faciles parce que si leur grammaire est complexe, c’est un peu près la même d’une langue à l’autre. On a toujours les conjugaisons, les masculins/féminins, les accords de temps et que sais-je encore. La grammaire anglaise est moins complexe mais tellement différente que je n’arrive pas à la retenir. Et un autre point noir de l’anglais c’est son orthographe. Pour moi retenir l’orthographe d’un mot anglais est impossible. J’ai beau faire des efforts, je n’y arrive pas. Du coup les cours d’anglais étaient source de stress, de frustration et d’humiliation, pas vraiment de quoi faire aimer cette langue pourtant si pratique.

Heureusement cela a un peu changé depuis que j’ai arrêté les études. Plus besoin de me stresser pour les mauvaises notes ! J’ai pris l’habitude de regarder des séries en VO et ça m’a beaucoup aidé à me réconcilier avec l’anglais et aussi à progresser. Et ça m’a donné envie de lire en anglais. Mais j’avais un peu peur, mes premières tentative à l’époque de la fac avaient été catastrophiques. Une sinécure ! Mon erreur : chercher dans le dictionnaire tous les mots que je ne connaissais pas ! Du coup j’ai passé plus de temps le nez dans le dico que dans le roman. J’avais choisi quelques chose de court : The Old Man and the Sea de Hemingway.

Couverture Le vieil homme et la mer

Où comment détester un classique…

Non seulement j’étais tout le temps fourrée dans le dico mais en plus c’est un livre où il ne se passe pas grand chose, du coup il y a peu de tension et… je m’ennuyait à mourir !

Si je dois tirer des leçons de mes premiers expériences ratées c’est les suivantes :

  1. choisir un livre qui vous intéresse vraiment (littérature jeunesse, young-adult, fantasy, comics… choisissez un style que vous avez l’habitude de lire et qui vous procure du plaisir, pour les « classiques » on verra plus tard)
  2. ne cherchez les mots dans le dictionnaire que si c’est vraiment essentiel à la compréhension de l’histoire. Si le mots que vous ne connaissez pas ne vous empêche pas de comprendre l’intrigue, ou le sens général du texte, n’interrompez surtout pas votre lecture. Cela va casser votre rythme de lecture et se sera d’autant plus difficile de rester concentré. Le contexte suffit dans le plupart des cas à nous faire comprendre de quoi il s’agit et si vraiment vous voulez une définition exacte, notez les mots qui vous intriguent dans un carnet et allez les chercher plus tard.
  3. Ne traduisez pas ! Eviter autant que faire se peu de traduire en français ce que vous lisez en anglais. Il faut mettre le cerveau en mode anglais. Le fait de traduire dans sa tête toutes les phrases, va rendre la lecture plus pénible, moins dynamique et surtout ce sera complètement inefficace si votre but est d’améliorer votre anglais.
  4. Soyez patient et indulgent avec vous-même. Si dans les premières pages vous avez l’impression de ne rien comprendre, ne vous affolez pas et continuez à lire sans vous formaliser sur les détails que vous n’avez pas compris. Peu à peu on se familiarise avec l’univers, les mots reviennent dans un autre contexte et leur signification nous parait de plus en plus claire et on se surprend à avoir drôlement bien compris la fin alors que on doutez vraiment d’être capable d’en venir à bout.

Voilà pour ce qui est de mes conseils personnels. J’ai mis en application en lisant des BD, romans fantasy et un policier et ça c’est plutôt bien passé. Les premiers chapitres sont toujours un peu plus difficiles parce que le cerveaux est en mode français, il faut lui laisser le temps de switcher et après ça va tout seul. On se met même à penser en anglais.

Et maintenant, histoire de s’entraîner un peu, voici quelques vidéo en anglais sur le sujet :

Lisez-vous en anglais ? Quel livres auriez-vous envie de découvrir dans leur version originale ?

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Horror Humanum Est

Aujourd’hui je vais vous parler d’une chaîne youtube que j’ai découvert très récemment : Horror Humanum Est. Et j’avais envie de le faire pendant le challenge Halloween, parce que si vous avez envie d’horreur, là vous serez servi. Mais pas de sorcières, le zombi ou autres créatures maléfique. Ici l’horreur est authentique. 100% made in être humain.

Voici un aperçu :

La chaîne youtube est complétée par un site où l’on trouve des info complémentaires pour enrichir chaque vidéo.

Si vous aimé le sang et les histoires glauques vous trouverez votre bonheur 😉

Merci à mon petit frère pour m’avoir fait découvrir.


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Sorcellerie, sorcières et youtubeurs

J’ai déjà partagé ici plusieurs vidéo de Nota Bene. J’aime beaucoup ce youtubeur et sa vidéo sur les sorcière colle si bien au thème du mois que je ne reste pas à la partager avec vous dans le cadre du challenge Halloween.

Et comme l’union fait la force, je complète cette petite vidéo par une petite séries de vidéo sur la sorcellerie proposé par La Prof, autre youtubeuse de vulgarisation historique que j’aime bien.

Voilà, j’espère que ça vous a plu et que vous en savez plus maintenant sur les sorcière et leur chasse 🙂


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