Archives de catégorie : Culture G

Hokusai et le manga (partie 1)

extrait de Hokusai Manga

Nombreux sont les auteurs qui attribuent l’invention du mot « manga » à Hokusai. Mais ce n’est pas tout à fait vrai ! Si Hokusai a bel et bien utilisé ce terme, ce n’est pas lui qui l’a inventé. Jean-Marie Bouissou nous apprend dans son livre Manga Histoire et univers de la bande dessinée japonaise que le mot manga avait déjà été utilisé pour désigner des esquisses ou des caricatures avant qu’il ne soit popularisé par Hokusai (en 1771 par Kankei Suzuki puis en 1798 par Kyôden Santô).

Si Hokusai n’est pas l’inventeur du terme, il a largement contribué à le populariser en publiant des carnets de dessins et esquisses sous le terme de Hokusai Manga (北斎漫画). Ce que l’on nomme communément LA manga de Hokusai. Pourquoi au féminin et au singulier ? Cela reste un mystère pour moi, néanmoins cela nous permet tout de suite de savoir si on parle des carnets de dessins de Hokusai ou d’un manga au sens moderne du terme, cet à dire une BD. Car oui, le terme manga dont la traduction littérale pourrait être « images dérisoires » désigne tout simplement la bande dessinée au Japon. Tintin est un manga. Mais chez nous en francophonie LE manga (cette fois au masculin et même qu’on peut le mettre au pluriel) désigne la bande dessinée venue du pays du soleil levant, et, dans de rares occasions, d’autres bandes dessinées qui bien que non nippone sont si fortement influencé par le manga qu’elles y sont assimilées (là je parle de ce qu’on appelle aussi global manga). Sous ce terme générique, les non-initiés mettent aussi la bande dessinée chinoise (manhua) et coréenne (manhwa).

Mais où est-ce que je veux en venir avec cette longue introduction ? Et bien, il y a quelque temps (il y a trèèèès longtemps) je vous avais proposé un article où il était question d’Hokusai et d’albums jeunesse, aujourd’hui je vous propose un deuxième article sur le grand maître de l’estampe japonaise à travers cette fois l’univers du manga.


LA manga d’Hokusai :

Comme on l’a vu plus haut, Hokusai a publié de son vivant de nombreux carnets de dessin auxquels il donna le nom de manga. Il semblerait que le maître poussé par un grand nombre de disciples désireux d’apprendre son style ait publié ces carnets comme autant de cours de dessin (j’ai lu ça quelque part et je n’irais pas vérifier). Quoi qu’il en soit ces carnets eurent un grand succès et sont toujours disponibles pour les amateurs dans une édition complète et commentée publié par les éditions Hazan (900 pages, 57€).

Dans ces carnets on retrouve de nombreux dessins mettant en scène le quotidien de l’époque, des personnages, des outils, mais aussi des fleurs et des animaux. Le surnaturel s’y invite également avec de nombreux mythes de fantômes dans les Japonais étaient déjà fervents amateurs à époque.

Hokusai manga 1

Les éditions de la BnF proposent également un ouvrage sur la manga d’Hokusai regroupant une soixantaine de planches sélectionné parmi les volumes de la manga conservé à la Bibliothèque nationale de France. Si vous ne pouvez pas y profiter de l’intégralité des dessins, l’ouvrage est plus accessible que le précédent (24.50€, 159 pages).

Le plus dur va être de choisir entre les deux ^^

J’ai aussi trouvé un livre proposé cette fois par Galimard (120 pages, 19 €), et un autre par les éditions La Martinière (696 pages, 42 €)

 

Enfin, si vous ne voulez pas dépenser un sou, vous pouvez visionner les carnets de croquis numérisé sur le site de l’INHA.

Vous avez là de quoi satisfaire votre curiosité !

Si vous voulez profiter des dessins d’Hokusai tout en lisant de la poésie j’ai un dernier ouvrage à vous conseiller : Haïkus des quatre saisons Estampes d’Hokusai (édition Seuil)

Rien d’autre aujourd’hui

que d’aller dans le printemps

rien de plus

BUSON

Celui-ci je l’ai dans ma bibliothèque, mais… les haikus faut aimer ! Moi la plupart du temps je reste là à essayer de comprendre pendant des heures. Enfin, c’est un peu près l’effet que me fait la poésie en général. 🙂

⇒ sur Amazon ou chez votre libraire préféré

Mais, je ne vous avais pas promis du manga, moi ? Celui au masculin, avec des vignettes dedans ! Pas de panique j’y viens 😉


Hokusai en manga :

Hokusai a publié des manga, il a popularisé ce terme et finalement il a fini par y entrer (dans les manga) puisque plusieurs mangaka contemporains lui ont rendu hommage en retranscrivant sa vie en manga. Loin de tous les connaitre, je vais vous en présenter 2.

 Hokusai ~ Ishinomori Shotaro

Ce manga traînait depuis des années sur mon étagère. Je l’avais acheté pour son sujet, mais graphiquement il n’était pas trop à mon goût et je l’ai finalement oublié là en attendant d’être assez motivée pour m’attaquer au gros pavé. Même en BD les gros pavés me font peur. Et ça tombe bien ! Ce manga s’inscrit pleinement dans le parcours de découvert du grand maître que j’ai entamé avec le précédent article  : Sous la grande vague d’Hokusai avec un regard d’enfant.

Il est vrai que le dessin d’Ishinomori ne me plait pas beaucoup, un peu trop caricatural et burlesque ici, mais beaucoup plus personnel et émancipé de l’influence de Tezuka que dans Kamen Rider (que je n’ai vraiment pas aimé).

Pourtant, une fois rentrée dans l’histoire, j’ai été happé par le récit et j’en ai oublié mes a priori sur le dessin. Le côté burlesque colle parfaitement au personnage d’Hokusai tel que nous le présente Ishinomori : un artiste de grand talent, un peu fou, qui sans cesse se remet en question et qui jamais ne se satisfait de son art. Mais aussi un homme du peuple qui aime le plaisir de la chair. Je ne sais pas à quel point Ishinomori a pris des libertés, mais il a su rendre son personnage très sympathique et vivant.

Quant à la structure du récit, elle est très particulière, car elle ne suit pas l’ordre chronologique de la vie du maître, mais elle la déconstruit. Chaque chapitre indique l’âge du maître au moment où il parle, mais à l’intérieur de chaque chapitre Hokusai se remémore des époques intérieures. Ce qui fait qu’on ne cesse d’aller et venir dans les différentes époques de sa vie, qui fut longue, surtout pour l’époque.

Graphiquement, une fois le dessin caricatural apprivoisé, il devient même agréable. Et le récit est parsemé de reproduction d’estampes du maître très plaisantes à voir.

Vous aurez même droit à plusieurs scènes de sexe (jamais choquant je vous rassure) ce qui ne surprendra pas ceux qui connaissent les Shunga du maître (vous pouvez voir dans l’extrait ci-contre la reproduction de son célébrissime rêve de la femme du pêcheur).

Ce manga de 1987 est disponible en France dans la collection Seinsei de Kana.

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Folles Passions ~ Kazuo Kamimura

 Je connais Kamimura surtout pour La Plaine du Kantô. Au moment où j’ai commencé à faire des recherches pour cet article on ma conseillé Folles Passion dont le titre ne laisse pas deviner le lien avec le grand maître de l’estampe. Pourtant c’est bien autour du personnage de Hokusai que s’articule cette série.

résumé de l’éditeur : Époque d’Edo, un jeune dessinateur, Sutehachi, arrive chez Katsuhika Hokusai, le génie de l’estampe et sa fille O-ei. Si la passion du garçon pour le dessin ne le cède en rien à celle du maître, hanté tout comme lui par la passion de l’estampe, il est aussi très attiré par le monde des plaisirs.

La série publié chez Kana dans la collection Seinsei fait trois tomes. N’en ayant lu qu’un seul, je vous reparlerais plus en détail de ce titre quand je l’aurai fini.

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Connaissez-vous d’autres manga où il est question d’Hokusai ?

Je me suis entre temps acheté Hokusai  X Manga. Je n’ai pas encore eu le temps de m’y plonger. Mais il était temps que je publie cet article qui attendais depuis… une éternité dans mes brouillons que je veuille bien le publier. Une partie 2 devrait voir le jour, je n’ose pas dire bientôt, où je vous présenterais quelques livres que je me suis acheté depuis.


Concours Sama Awards

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Le grand méchant loup

Le loup est l’animal préféré de ma cadette, enfant c’était aussi un animal qui me fascinait, faut dire qu’il y a de la louve en moi.

Mimiko se révolte souvent contre l’image de méchant loup que l’on retrouve souvent. A son « pourquoi? » je n’ai pas eu de réponse à apporter. Kiona m’a aidé à y voir plus claire en partageant avec le groupe du Challenge contes et légende ce podcast de France culture.

Je le partage ici à mon tour.

lien vers l’émission

⇒ Michel Pastoureau

Michel Pastoureau est l’auteur de plusieurs essais sur le loup, et il se trouve que celui publié en 2018 me faisait déjà de l’œil avant que je ne découvre cette émission.

Il est aussi l’auteur d’Histoire du méchant loup : 3000 attaques sur l’homme en France, XVe-XXe siècle (2007) et L’homme contre le loup : une guerre de deux mille ans (2013)

Avez-vous lu l’un de ces livres ? Qu’en pensez-vous ?


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De la souillure : essai sur les notions de tabou et de pollution ~ by Yomu-chan

Hey !

Ouiiii je sais ça fait si longtemps que je n’ai pas écrit que l’on pourrait douter de mon existence.  Mais comprenez-moi, j’étudie et j’ai peu de temps pour lire (Arg fausse excuse).

Mais, je viens de commencer une nouvelle licence en anthropologie et ceci est synonyme de nouvelles lectures (obligatoires pour la plupart, mais passionnantes très souvent !).  Je vais donc pouvoir partager quelques mots avec vous. J’ai récemment dû exposer sur un ouvrage de Mary Douglas, De la Souillure, je me propose donc de vous livrer ma fiche de lecture ici. Celle-ci aura sûrement un aspect très scolaire et académique, mais c’était l’exercice demandé héhé. J’espère ne pas raconter de grosses bêtises et je serais enchantée d’échanger avec vous au sujet de cette lecture et des théories développées par M. Douglas !!  Place à l’exposé :

De la Souillure

Essai sur les notions de pollution et de tabou

Mary Douglas

Mary Douglas est une anthropologue britannique, née en 1921 et décédée en 2007.

Elle est considérée comme l’une des figures les plus importantes de l’anthropologie anglaise de la deuxième moitié du XX° siècle. Elle fut l’élève du célèbre Evans-Pritchard, dont les études ont beaucoup influencé son travail.

Mary Douglas a d’abord travaillé pour le British Colonial Office, jusqu’en 1947, avant de devenir professeur d’anthropologie à Londres, puis aux États-Unis.

Elle s’inscrit dans le courant africaniste, avec une profonde étude de la société matrilinéaire et polyandrique des Lélé du Kasai au Zaïre, dans l’ex-Congo Belge. Sa thèse de doctorat portera d’ailleurs sur cette société.

Durant sa carrière elle aura publié une quinzaine d’ouvrages, mais son œuvre reste assez peu connue en France, avec peu de traductions. Nous la connaissons surtout pour deux de ses livres : De la Souillure, dont nous parlerons plus longuement dans cet exposé, et Comment pensent les institutions.

Le travail de Mary Douglas se veut dans la lignée de l’anthropologie britannique, elle trouve sa place dans l’héritage fonctionnaliste. Mais elle se dénote et rompt avec les habitudes fonctionnalistes en revendiquant une filiation avec la théorie durkheimienne et en défendant le travail de Claude Lévi-Strauss. On lui trouve effectivement des affinités avec le structuralisme. Mary Douglas est considérée comme novatrice, car elle ouvre l’anthropologie fonctionnaliste aux études comparatives. C’est d’ailleurs avec son ouvrage De la Souillure qu’elle affirme sa méthode comparatiste. Dans ce texte elle s’appuie sur de nombreux exemples, notamment chez les Lélé, les Azandes et les Nuer en Afrique, mais elle cherche constamment à faire le lien avec les sociétés occidentales, britanniques et israélites, nous le verrons plus précisément.

L’œuvre de Mary Douglas porte sur de nombreux thèmes (les modèles matrilinéaires, la religion, le risque, la pollution environnementale, la consommation, etc.), mais on retrouve toujours la volonté de comprendre les effets des organisations sociales sur la manière de classer, catégoriser le monde, et de le percevoir. Elle interroge le sens des catégorisations mentales crées par les sociétés et analyse la façon dont les sociétés usent de ces divisions mentales pour rendre le monde compréhensible et accessible, cette idée est particulièrement développée dans De la Souillure.

De la souillure

De la souillure est publié pour la première fois au Royaume-Uni en 1967, il faudra attendre 1971 pour qu’il soit traduit en français. Lors de son étude de terrain chez les Lélé, Mary Douglas remarque des similitudes dans les prohibitions alimentaires de ce peuple et celles évoquées dans le Lévitique. Ainsi elle se penche sur le tabou, la souillure et les interdits rituels, elle les utilise comme porte d’entrée sur une étude comparée des religions. Dans la thèse développée dans cet ouvrage la saleté et la pollution semble être indispensables pour comprendre et analyser le rapport des sociétés au sacré.

Souillure rituelle :

Mary Douglas commence par décrire ce qu’est la saleté, la souillure.

La saleté se révèle être une offense contre l’ordre, c’est ce qui n’est pas à sa place, voici la définition que lui donne l’auteure. Elle ouvre son texte en disant que « la réflexion sur la saleté implique la réflexion sur le rapport de l’ordre au désordre, de l’être au non-être, de la forme au manque de forme, de la vie à la mort ». Elle va donc étudier les comportements de différents groupes sociaux face à la saleté, et cette étude ne peut se faire qu’en faisant des relations entre les différentes catégories, puisqu’il n’existe du sale que s’il existe du propre.

Elle insiste sur l’importance de contextualiser la saleté, car ce qui est sale par rapport à quelque chose peut être propre par rapport à autre chose.

Dès ce premier chapitre elle renie plusieurs théories vieillissantes et elle s’en prend notamment à James Frazer (Le Rameau d’Or). Ce qui apparemment est une tradition chez les anthropologues britanniques.

Souillure séculière :

Mary Douglas établit l’importance qu’il y a à se confronter à la « contagion sacré et séculier (profane) » dans nos propres sociétés pour comprendre celle qui opère dans les sociétés primitives. C’est ainsi qu’elle pose les bases de son anthropologie comparative.

L’auteure remarque que l’on trouve des coïncidences entre les rituels religieux liés à la purification et l’évitement de maladies contagieuses (comme les juifs qui se lavent avant de manger et la façon dont ils ont été épargné par la peste). L’ethnologue note un matérialisme médical de la part de ses collègues, qui vont expliquer une pratique religieuse par un phénomène médical, et de la part des primitifs, qui vont justifier une expérience rituelle par les douleurs qu’ils ressentiraient s’ils n’accomplissaient pas le rite.

Mary Douglas remarque qu’il existe une véritable ressemblance entre les rites purificateurs symboliques et notre hygiène quotidienne. La purification symbolique vise à séparer le profane du sacré, et notre hygiène quotidienne vise à enlever ce qui n’a pas à être là. Nous l’avons vu, la saleté est quelque chose qui n’est pas à sa place. Ainsi quand je me lave avant de prier, j’enlève ce qui appartient au monde empirique pour m’élever vers le monde sensible, de même, quand je « fais la poussière » dans ma maison j’enlève ce qui appartient à l’extérieur pour conserver l’intégrité de mon foyer. Mary Douglas constate donc que « là où il y a saleté, il y a système ». La saleté est symbolique, le sale n’est pas sale en lui même, il est sale dans un certain contexte.

Abominations du Lévitique :

« La souillure n’est jamais un phénomène isolé, elle n’existe que par rapport à l’ordonnance systématique des idées ». C’est parce que nous classons nos idées que ce qui s’échappe de cette classification est sale.

Mary Douglas fait donc le parallèle avec la notion de sainteté. Si la sainteté est associée à un état de plénitude et de contentement, la racine du mot est bien « état de séparation ». Selon l’auteure, être saint c’est « être capable de discrimination et d’ordre », c’est séparer ce qui doit être séparé, donc être capable d’écarter le sale du propre, l’impur du pur. La sainteté se définie donc par rapport à la souillure, est saint celui qui a su reconnaître et écarter la pollution. Si des auteurs comme Hertz opposent de façon catégorique le sacré de la souillure, Mary Douglas nous explique que l’un n’existe qu’à travers l’autre. Sacré et impureté sont complémentaires, et entretiennent d’étroites relations.

Dans ce chapitre l’auteure revient également sur l’idée de classification et du fait que ce qui sort de ces classifications est impur. Elle appuie sa thèse sur l’exemple du Lévitique, texte judaïque dans lequel sont répertoriés les prohibitions alimentaires, certains animaux y sont désignés comme « abominables » et sont strictement interdits à la consommation. Mary Douglas analyse cela et remarque que sont considérés comme impurs les animaux qui ne correspondent pas aux critères du bétail (le bétail étant un symbole de l’ordre), et ceux qui ne correspondent pas à leur classe (les poissons sans écailles, les êtres ailés à 4 pattes, etc). Il s’agit donc de tous les animaux représentant un défi de classification. Les êtres hybrides sont donc considérés comme impurs, car ne pouvant rentrer dans aucune classification ordonnée définie par le groupe. L’anthropologue fait ici un rapprochement avec le culte du pangolin chez les Lélé.

Magie et miracles :

Mary Douglas présente l’être humain comme un « animal rituel », si bien que, si l’on supprime un rite, celui-ci réapparaîtra sous une autre forme. Les rites sont décrits par l’auteure comme des « actes symboliques », pour nous comme pour les primitifs. Ici Mary Douglas cherche à montrer que les primitifs ne sont pas naïfs, et qu’ils ne croient pas bêtement qu’un rite équivaut à un « résultat immédiat magique et miraculeux » (elle prend l’exemple de l’appel de la pluie). Selon elle, le rite permet de « concentrer l’attention », il enrichit une expérience qui aurait de toute façon eu lieu (comme pleuvoir). Il permet de donner un cadre et de contrôler cette expérience. Mary Douglas va jusqu’à dire que le « rite est le signe extérieurs d’états intérieurs », il est donc purement symbolique et permet de donner forme à de réelles préoccupations sociales et politiques.

Elle fait également une comparaison avec nos propres expériences rituelles. Nos rites sont tout aussi symboliques que les leurs, nos habitudes de nettoyage n’ont pas réellement pour but d’éviter la maladie, elles servent plutôt à « rendre visible les décisions que nous avons prise sur ce que doit être notre foyer ».

Le rite créé de l’ordre, il définit les limites de l’univers et donne ainsi leurs places aux individus. Les interdits, comme la saleté ou la pollution, ne font que « tracer les contours du cosmos et de l’ordre social idéal ».

Mondes primitifs :

Mary Douglas, dans sa démarche comparative, ne rejette pas l’idée d’étudier les différences entre les cultures, car elle en pointe certaines du doigt, mais elle revendique l’importance d’établir ces comparaisons en gardant en tête « l’unité de l’expérience humaine ».

Elle défend une constante dans toutes les sociétés : les Hommes ont le besoin de créer de l’ordre dans la complexité brumeuse du réel. Mais elle reconnaît que les primitifs peuvent se représenter le monde de manière différente de la notre. Ils verraient la puissance de l’univers comme quelque chose d’intimement lié à la vie individuelle. Même si Mary Douglas admet que les membres de ces sociétés peuvent se représenter la cosmologie de façon très diverse, tout comme c’est le cas dans nos sociétés, tout le monde est rarement d’accord au sein d’un même groupe.

Encore une fois Mary Douglas rejette l’idée d’Hommes primitifs naïfs, elle appuie qu’ils se posent des questions qui traduisent de véritables préoccupations d’ordre sociales, qu’ils s’interrogent, eux aussi, sur le « comment s’organiser en société ».

Elle profite de cette réflexion pour s’interroger sur l’utilisation du terme « primitif ». Elle annonce en défendre l’usage, mais pas avec une vision péjorative et infantilisante.

Pouvoirs et Périls :

La thèse de Mary Douglas repose en grande partie sur sa volonté à affirmer que le désordre, et donc la saleté et la pollution, représente à la fois le danger et le pouvoir.

« S’il est admis que le désordre détruit l’agencement des éléments, il n’en demeure pas moins qu’il lui fournit ses matériaux. Qui dit ordre dit restriction, sélection des matériaux disponibles, utilisation d’un ensemble limité […]. Inversement, le désordre est, par implication, illimité ; il n’exprime aucun agencement, mais il est capable d’en créer à l’infini. C’est pourquoi tout en aspirant à créer l’ordre, nous ne condamnons pas purement et simplement le désordre. Nous admettons que celui-ci détruit les agencements existants ; mais qu’il est doué aussi de potentialités. Le désordre est donc symbole tout à la fois de danger et de pouvoir ».

Ainsi le rite, qui peut faire appel à cette pollution, correspond à un renoncement de l’ordre de soi et/ou de l’ordre de la société. Celui qui « revient » d’un rite utilisant des aspects de souillure obtient un pouvoir que ceux qui sont restés sous le contrôle de l’ordre social n’ont pas développé.

L’auteure fait ensuite une sorte d’inventaire des pouvoirs spirituels engendrés par la pollution. Ceux-ci sont en rapport avec le danger. Il y aurait des pouvoirs contrôlés et des pouvoirs incontrôlés, les deux n’étant pas attribués aux mêmes personnes sociales et ne représentant pas le même niveau de dangerosité. Elle distingue les pouvoirs qui ont une forme : « expression d’un symbolisme extérieur qui soutient les structures sociales explicite » (rois, etc.) ; et les pouvoirs caractérisés par leur absence de forme : qui seraient des « pouvoirs psychiques intérieurs qui menacent les structures sociales par leur aspect non structuré ». Il y aurait donc une corrélation entre structure sociale et type de pouvoir mystique : «  l’exercice du pouvoir conscient est réservé aux détenteurs des postes clés de la structure, tandis qu’un autre type de danger émane de ses régions obscures ». Ainsi donc on attribue les pouvoirs dangereux aux marginaux (comme ce fut le cas avec les juifs en Europe par exemple).

Frontières extérieures :

Mary Douglas invoque des références psychanalytiques pour mieux s’en défaire. Elle se penche notamment sur le rapport au corps, très présent dans le domaine de la souillure. Selon elle, les psychanalystes « isolent le corps humain de sa dimension symbolique vis à vis de société ». L’ethnologue voit le corps comme un symbole de la société, il représente le système fini qu’incarne la société. Elle infirme la thèse freudienne selon laquelle les cultures primitives seraient comparables à la sexualité infantile du stade anal.

Elle affirme que « l’expérience corporelle et émotionnelle de l’individu ne l’emporte pas sur son expérience culturelle et sociale […] et que les rites agissent sur le corps politique par le moyen symbolique du corps physique ». Ceci explique pourquoi les déchets corporels représentent tant de danger et de pouvoir à la fois.

Lignes internes :

Mary Douglas affirme que la pollution touche de très près à la morale. Ce qui est mauvais, en même temps pollue. L’auteure analyse la façon dont conscience morale individuelle et conscience morale publique s’influencent, décrivant ainsi une relation entre la conscience et la structure sociale. Selon Mary Douglas, pour comprendre la pollution il faut comprendre les contradictions qui animent le comportement qu’un individu approuve pour lui même et celui qu’il approuve pour les autres membres de la communauté. La pollution pourrait venir servir de soutien à la morale, elle suscite la désapprobation quand la morale fait défaut.

Le système en guerre contre lui même :

A travers de nombreux exemples, Mary Douglas montre que les rites sexuels lié à la pollution créent des contradictions qui fragilisent le système social. Elle développe notamment le cas de la société Lélé :

« J’attribue l’anxiété des Lélé – celle qui concerne les dangers rituels de la sexualité – au rôle véritablement destructeur du sexe dans leur système social. Les hommes créèrent une échelle de prestige, dont ils gravissaient les échelons à mesure qu’ils venaient à dominer un nombre toujours croissant de femmes. Mais en livrant leur système à la compétition, ils permirent aux femmes de jouer un double rôle : celui de pions passifs et celui d’intrigantes actives. Pris individuellement, les hommes avaient raison de craindre que les femmes, prises individuellement, contrecarrent leurs projets ; et leurs craintes des dangers sexuels ne faisaient que refléter très exactement leur rôle dans leur structure sociale. »

Éclatement et renouveau du système :

La saleté est une création de l’esprit, c’est un « sous-produit » de la création de l’ordre. La souillure incarne les limites de la pureté : elle est le paradoxe intrinsèque à la création d’un ordre délimité, il existe des marges quand l’on crée un espace fini. Mais ce qui se trouve dans ces marges fait aussi partie du monde et peut être source de pouvoir. Mary Douglas développe une « métaphore du jardin » qui résume merveilleusement sa thèse sur la relation sacré-souillure :

« Un jardin n’est pas une tapisserie ; en enlevant toutes les mauvaises herbes, on appauvrit le sol. Pour lui conserver sa fertilité, le jardinier doit, d’une certaine façon, remettre ce qu’il a enlevé : transformer les mauvaises herbes et le gazon tondu en terreau. Ce traitement est comparable à celui que certaines religions réservent aux anomalies et aux abominations en les transformant en pouvoirs au service du bien .»

Sources

DOUGLAS Mary, 2001, De la Souillure. Essai sur les notions de pollution et de tabou, Paris, La Découverte.

Éric SORIANO, « DOUGLAS MARY – (1921-2007) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 2 octobre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mary-douglas/

Sandrine TEIXIDO, « Mary Douglas anthropologie de l’impur », Sciences Humaines [en ligne], consulté le 2 octobre 2018. URL : https://www.scienceshumaines.com/mary-douglas-anthropologie-de-l-impur_fr_4587.html

«  De la souillure », Éditions La Découverte [en ligne], consulté le 2 octobre 2018. URL : http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-De_la_souillure-9782707148117.html

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Parler Plusieurs langues – François Grosjean

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui ce ne sera ni bd ni album jeunesse, mais un essai sur le bilinguisme. J’ai emprunté, un peu comme ça, par curiosité, le Parler plusieurs langues, Le monde des bilingues de François Grosjean et je ne suis pas déçue.

Couverture Parler plusieurs langues : Le monde des bilingues

J’ai trouvé ce livre très intéressant. François Grosjean y démolit quelques-uns des préjugés que l’on se fait du bilinguisme et… en tant que bilingue imparfaite, ça me fait du bien !

J’ai trouvé très intéressant de pouvoir transposer la théorie des spécialistes à mon cas personnel tout au long de ce livre. C’était particulièrement stimulant de pouvoir intellectualiser un état de fait sur lequel je n’avais jamais vraiment réfléchi.

Dans ce livre aux dimensions très convenables (pas de gros pavé assommant à l’horizon, seulement 224 pour mieux comprendre le bilinguisme), François Grosjean commence par redéfinir ce qu’est le bilinguisme. La définition ayant évolué dans le temps et d’un auteur à l’autre. Pour lui, sont bilingues tous ceux qui sont amenés à utiliser plus d’une langue au quotidien, y compris tous les polyglottes qui ont qu’une connaissance imparfaite de leur seconde ou troisième langue. Il n’y a pas que les bilingues parfaits dans la vie !

Autre gros pavé dans la mare des idées reçu : l’accent !!

Il est important de souligner qu’il n’y a aucun lien entre la connaissance que l’on peut avoir d’une langue et l’accent. Certaines personnes, comme divers auteurs francophones d’origine étrangère, possèdent une connaissance exceptionnelle d’une langue, mais gardent un accent lorsqu’elles parlent, alors que d’autres ne connaissent pas très bien une langue, mais articulent sans accent pour l’avoir apprise dans leur enfance. Il est donc temps de faire disparaître le critère “accent” de la définition du bilinguisme !


Bidib’s story :

Ce qui est amusant dans mon cas, c’est que lors d’une première rencontre peu de personnes se rendent compte de mes origines étrangères. Ce n’est qu’à la deuxième ou troisième conversation qu’on commence à soupçonner que le français n’est pas ma langue d’origine, mais là encore, personne n’arrive à identifier mon accent. Ce n’est qu’une fois mes origines étrangères admises que tout le monde s’accorde à dire que, décidément, j’ai un accent. Je trouve ce processus très drôle. Et ça recommence à chaque nouvelle rencontre. Et comme chez de nombreux bilingues dans mon genre, l’intensité de l’accent augmente avec le degré de fatigue et/ou d’alcool dans le sang. XD En fin de soirée, mes origines deviennent bien transparentes.

Chose amusante, il n’y a plus aucune langue que je puisse parler sans accent étranger. Quand je parle ma langue maternelle, je le fais avec un très fort accent français. Mon accent est même plus évident que dans le cas inverse. Quand je suis en visite dans mon pays d’origine, on me prend pour une étrangère tellement mon accent est marqué.


Autre aspect intéressant abordé par François Grosjean : la complémentarité des langues utilisées par un bilingue. Sauf cas exceptionnels (traducteurs et interprètes), les bilingues ordinaires utilisent les langues dans des contextes différents, par exemple à l’intérieur et à l’extérieur du foyer, au travail ou dans le cadre des loisirs… Les deux (ou plusieurs) langues ne servent donc pas à exprimer les mêmes choses, ne sont pas employées dans les mêmes contextes et ne nécessitent donc pas le même niveau de langue, le même vocabulaire, les mêmes connaissances, etc.

Quel bilingue n’a pas eu du mal à parler d’un sujet qu’il connaît dans une autre langue, à expliquer quelque chose dans la “mauvaise langue”, ou à interpréter des phrases dans un domaine qu’il ne connaît que dans une seule langue ? Devant ses hésitations, la personne monolingue est souvent prompte à s’interroger : “ mais je croyais que vous étiez bilingue ?” Or ces situations montrent la force du principe de complémentarité : les bilingues apprennent et utilisent leurs langues dans des situations différentes, avec des personnes variées, pour des objectifs distincts. Les différentes facettes de la vie requièrent différentes langues.

A cette complémentarité s’ajoute la notion de besoin. Comment se développe le bilinguisme chez l’enfant : il a besoin de la seconde langue pour communiquer. Et une fois la langue apprise, la connaissance doit être entretenue par un besoin, autrement la langue disparaît. L’état du bilinguisme (niveau de connaissance dans les diverses langues) n’est pas fixe, il évolue tout au long de la vie en fonction des besoins qu’on a pour de communiquer en telle ou telle langue. C’est particulièrement frappant dans le cas des langues apprises dans la petite enfance. Si l’enfant a besoin de parler une seconde langue pour communiquer, il va l’apprendre très vite, mais il l’oubliera aussitôt celle-ci devenue inutile.

Quels sont les facteurs qui font qu’une langue est acquise jusqu’à aboutir à un bilinguisme simultané ou, plus fréquemment, successif ? Le premier facteur, et le plus important, est tout simplement le besoin que l’on a de communiquer, écouter, participer à des activités, etc. dans une langue donnée. S’il est présent, l’enfant acquerra la langue ; s’il disparaît, il aura tendance à l’oublier. La nécessité de connaître et utiliser une langue est la base du bi- et du plurilinguisme, mais elle est trop souvent ignorée par ceux qui souhaitent développer le bilinguisme chez l’enfant.

Concernant le bilinguisme des enfants, Grosjean revient sur un point que j’ai aussi pu observer : la langue minoritaire n’est pas traitée de la même façon selon la langue. Un peu comme les Occidentaux qui partent travailler à l’étranger deviennent des expatriés tandis que les travailleurs venus travailler en occident et originaires des pays du sud sont des immigrés. Le bilinguisme des enfants est encouragé quand il s’agit de parler anglais ou une autre langue prestigieuse, mais devient subitement un « danger » quand il s’agit d’une des très nombreuses langues africaines, l’arabe, le turque ou toute autre langue n’ayant pas une aura prestigieuse. Je n’arrive pas à comprendre la logique de cette situation. Dans une même école on peut avoir d’un côté une classe européenne ayant l’ambition de créer des petits bilingues français-anglais ou français-allemand, et dans la classe d’à côté un professeur qui explique à des parents étrangers qu’il devraient parler français à leurs enfants pour qu’ils s’intègrent plus vite. Cherchez l’erreur.

Les représentations négatives du bilinguisme et la mise en avant de prétendus « dangers » d’être bilingue nuiront au développement à long terme des langues chez l’enfant. Un des dangers hypothétiques – l’enfant ne développera jamais correctement la langue de l’école s’il continue à utiliser une langue différente à la maison – a fait des dégâts considérables au niveau de l’acquisition naturelle, et du maintien des langues minoritaires en famille.

Je trouve cela vraiment dommage. Surtout que ces croyances sont infondées et que l’enfant pourrait parfaitement s’intégrer sans subir l’ablation d’une partie de son identité culturelle.

Les idées reçues doivent être connues : le bilinguisme serait rare, être bilingue signifierait une maîtrise parfaite et équilibrée de deux langues, en plus parlées sans accent, le bilingue acquerrait ses langues dans sa jeune enfance, le bilinguisme affecterait négativement le développement cognitif des enfants. Encore une fois, tout cela est faux. Les chercheuses canadiennes Johanne Paradis, Martha Crago et Carole Bélanger s’insurgent contre des opinions erronées encore trop souvent rependues dans la société, et même chez certains enseignants et orthophonistes, à savoir que l’apprentissage simultané de deux langues crée une confusion chez l’enfant et retarde son développement langagier, ou que le bilinguisme constitue une charge trop lourde pour ceux atteints d’un trouble du langage (ce qui a pour conséquence que l’on conseille trop fréquemment aux parents d’élever ces enfants dans un contexte monolingue) : « il n’existe aucune preuve systématique et empirique pour appuyer ces idées reçues ». Certes, certains enfants bilingues souffrent de troubles du langage, mais proportionnellement ils ne sont pas plus nombreux que les enfants monolingues.

Bref, tous les enseignants devraient lire ce livre. Les fausses idées sur le bilinguisme font bien du mal chez les enfants issus de l’immigration.


Bidib’s story :

Pour ma part, je suis née dans une famille bilingue. Mes deux parents ne partageaient pas la même langue maternelle. Ils communiquaient entre eux et avec moi chacun dans les deux langues, un peu selon la circonstance. Ce n’était, chez nous, ni une langue dans la maison, une à l’extérieur, ni une langue par parents. Non, chez nous c’était tout, tout le monde, un joyeux bordel linguistique. Il parait que dans ce contexte j’ai commencé à gazouiller comme un bébé francophone. Mais tout cela n’a pas duré, puisque mes parents se sont séparés. Le français a peu à peu disparu de ma vie. Je ne le parais pas du tout. Pourtant, quand je suis entrée au collège et que j’ai commencé à apprendre le français comme langue étrangère, cette langue était pour moi très familière. Je comprenais tout sans avoir à faire des efforts (pour lire et écrire en revanche…).

Plus tard, nous avons émigré en France. Le français est donc devenu ma langue principale. Ma mère voulait absolument éviter de nous faire redoubler une classe, elle s’est donc donné comme mission de faire en sorte qu’à la rentrée de septembre nous sachions suffisamment bien parler français pour suivre les cours avec la même aisance que les petits francophones. La mission n’était pas bien difficile pour elle puisqu’elle parle parfaitement français. Mais pour arriver à ses fins, elle a prix la décision, discutable, de ne plus nous parler qu’en français (et de nous corriger à chaque erreur de langue T_T). D’un côté, cela s’est avéré très efficace. Deux mois plus tard, nous pouvions suivre les cours sans aucune difficulté. Inversement, notre langue maternelle est devenue si peu importante que nous en avons perdu un peu l’usage. Si je sais toujours la parler, je fais maintenant bien plus de fautes de langues qu’en arrivant en France. Mon vocabulaire ne s’est pas enrichi, voir même s’est appauvri.

Et je ne vous parle pas là de l’effet psychologique. Déjà qu’on change de maison, de ville, de pays même. Il faut tout recommencer à zéro, même apprendre une nouvelle langue, avoir dans sa famille un bout de son ancien chez-soi, de ses racines peut être très réconfortant.

Je me souviens que, des années plus tard, alors que j’étais en fac de langue et que je me trouvais au Portugal, j’avais éprouvé un grand réconfort chez ma logeuse qui parlait parfaitement français. Toute la journée, je passais d’une langue à l’autre : portugais, anglais et espagnol. Fallait tout le temps changer de langue selon l’interlocuteur, parfois suivre simultanément une conversation dans 2 ou 3 langues différentes… Quand le soir je rentrais chez moi, j’étais très heureuse de pouvoir reposer mon cerveau et parler français avec ma logeuse.


Après avoir longuement disserté sur ce que signifie être bilingue et sur comment le devenir, Grosjean aborde un autre aspect lié au bilinguisme : le biculturalisme. Cette partie est également très intéressante et apporte une réflexion intéressante, notamment pour les enseignants, sur comment aborder le biculturalisme. Malheureusement, très souvent, les monolingues/monoculturels se sentent en devoir de demander aux autres de choisir. Il faut choisir à quelle culture l’on souhaite appartenir et s’y tenir. C’est une vision bien obtuse de la réalité. Il n’y a pas à choisir. Je suis toutes les facettes qui composent ma personne, avec mes diverses langues et mes diverses cultures. Avec ses réflexions Grosjean appelle à plus d’ouverture d’esprit, invite à accepter la diversité, à l’accueillir même, à la chérir.

Parler plusieurs langues est un très bon livre d’introduction au vaste sujet qu’est le bilinguisme. Il est très facile à lire, aborde plusieurs aspects très intéressants et surtout, tout le long du livre, il partage une philosophie très ouverte, prônant la diversité et l’acceptation de l’autre dans sa différence. Je suis très heureuse de l’avoir lu, j’ai le sentiment d’être ressortie de cette lecture enrichie. J’ai maintenant envie d’aller plus loin et de m’intéresser à l’apprentissage des langues, notamment auprès du jeune public.

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filastrocche – uno, due, tre…

Pour ce troisième mercoledì filastrocche je ne vais pas évoquer un souvenir d’enfance, mais partager une comptine sur laquelle je suis tombée en faisant mes recherches. Je l’aime beaucoup et ses illustrations vintage ont un charme qui me touche beaucoup.

Cette page est extraite, semble-t-il, du livre Il libro della seconda classe d’Ornella Quercia Tanzarella, illustré par Mario Pompei publié par Libreria dello Stato en 1931.

La couverture du livre, que j’ai glané sur le net, est tout à coup moins charmante ! Et c’est là que je me suis souvenue qu’un certain Mussolini était à l’époque président du conseil en Italie. On comprend mieux la couverture. Ceci dit, la filastrocca n’a rien de fasciste et les illustrations de Marco Pompei me plaisent beaucoup.

On se retrouve mercredi prochain pour la dernière filastocca du mois.


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Je me remets au portugais

Il y a peu, j’ai découvert sur Facebook le Marathon des langues (ici le site). Comme j’aime les langues vivantes, je me suis mise à suivre la page sans buts précis. Merci, Lydia, de m’avoir fait découvrir 😉

Puis, hier, je suis tombé sur ce défi :

Une phrase par jour, ça ne va pas me prendre trop de temps. C’est l’occasion d’enfin sauter le pas et de me remettre en douceur au portugais. L’année dernière, j’avais fait une tentative en commençant direct par un roman. Et ça s’est soldé par un échec cuisant. Faut dire que si, en théorie, j’ai le niveau pour lire ledit roman, ça fait tellement longtemps que je n’ai pas pratiqué cette langue que je sais même plus comment me présenter correctement. Il faut que je réactive mes connaissances, que je demande à mon cerveau de réactiver la zone portugais.

J’ai donc décidé de me lancer, en douceur avec ce défi. Une phrase par jour, pendant 7 jours. Pour cette première semaine, je ne vais pas me mettre la pression, je vais tenter de faire des phrases simples avec le vocabulaire que j’arrive retrouver toute seule. Histoire d’envoyer à mon cerveau le message : je veux que tu rallumes la lumière dans l’aile portugais.

J’accompagne ces phrases d’un peu de fado, afin de rafraîchir aussi les oreilles et de retrouver les sonorités de la langue.

Mon objectif : lire un roman en portugais d’ici la fin de l’année (et y prendre plaisir !!)

Hier j’ai pris la résolution et je me suis rendue compte que… je ne sais pas dire « défi » en portugais !!! Ça commence bien. Qu’à cela ne tienne, je vais chercher dans le dico. Et là panique, impossible de retrouver mes dicos. Mes dicos !!! Mais qu’ai-je fait ! Je n’ai pas osé me débarrasser de mes précieux dicos achetés avec ma prime erasmus dans cette belle librairie de Braga ? J’étais sur le point de verser une petite larme de dépits quand je les ai retrouvés. Ouf ! Défi = desafio. Bien. Mais j’ai consumé toute mon énergie linguistique dans cette quête du dico perdu. On verra demain ( ah ! procrastination, quand tu nous tiens !).

Aujourd’hui je me suis lancé et ai couché sur le papier les 2 premières phrases. Douloureusement et maladroitement. C’est fou comme on oublie vite dès qu’une langue ne nous est plus utile !

Mais j’ai confiance ! Je vais prendre le temps de rallumer les lumières, dépoussiérer les étagères.

Et si, pour me motiver, je me programmais un petit voyage au Portugal pour 2020 ?

Et maintenant, musique !

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filastrocca – Ambarabà ciccì coccò

Nous revoici pour un nouveau mercoledi filastocca. Mercredi dernier je vous ai parlé de mano mano piazza, une petite comptine qu’on met en scène sur une main.

Aujourd’hui, je reviens au basique, à l’une des premières comptines que l’on apprend dans la cour d’école maternelle (l’asilo) : ambarabà ciccì coccò. Cette comptine sert à designer quelqu’un. Qui sera le loup ?

Ambarabà ciccì coccò
tre galline sul comò
che facevano l’amore
con la figlia del dottore;
il dottore si ammalò
ambarabà ciccì coccò!

La encore, il existe différentes versions. Si dans mon enfance c’était des poules (galline), dans la version la plus répandue ce sont des chouettes (civette).

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Le texte, comme dans très nombreuses comptine, est, comment dire, pas très innocent ! Ici, nous avons 3 poules (ou chouettes) qui font l’amour avec la fille du docteur. Évidemment, ce dernier en tombe malade. Mais pour être tout à fait sincère, la nature licencieuse du texte ne m’a jamais choqué.

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui. On se retrouve mercredi prochain pour une nouvelle filastrocca


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Filatrocca – mano mano piazza

Pour moi, le mois italien c’est un peu comme une madeleine de Proust. L’Italie c’est le pays de mon enfance, alors, à chaque fois que je songe à ce que je pourrais présenter sur le blog pour le mois italien, j’ai plein de vieux souvenirs qui reviennent.

En mars, pour le mois des contes et légendes (une nouvelle session aura lieu en septembre, n’hésitez pas à vous manifester si vous souhaitez y participer) j’avais présenté l’un des contes italiens que nous racontait ma mère (qui la tenait elle-même de ses parents et ainsi de suite) : Prezzemolina.

De fil en aiguille, du conte je suis arrivée à la comptine, ces petits poèmes pour enfant, fait le plus souvent d’énumération. J’avais envie de vous en proposer quelques-uns en italien. Et puisque mercredi c’est le jour des enfants, ce sera mercoledì filatrocca.

La première filastrocca que j’avais envie de partager c’est Mano mano piazza, que l’on fait avec les mains et qui m’amusait beaucoup.

Il en existe de très nombreuses versions. Celle que je chantonnais enfant, est celle-ci :

Mano mano pazza,
qui ci passò una lepre pazza:
questo la vide,
questo l’ammazzò,
questo la spellò,
questo la mangiò.
E il povero mignolino?
Nemmeno un ossicino:
lecca lecca il tegamino!

Avec l’index on dessine un cercle sur la paume en récitant « mano mano piazza, di qui passò una lepre pazza« . Puis, en commençant par le pouce, on énumérer chaque action. Le pouce et celui qui l’a vu (le lièvre fou), l’index l’a tué, le médium l’a dépecé, l’annulaire l’a mangé et le pauvre auriculaire n’a plus eu qu’à lécher la casserole. Dans cette version on ne donne pas le nom des doigts, mais il en existe d’autres versions ou chaque doigt est nommé, permettant ainsi d’apprendre leur nom.

deux autres versions ici

Enfin, on retrouve la même comptine qui commence par « piazza, mia bella piazza« , en voici une version en vidéo

J’espère que cette première filastrocca vous aura amusé, on se retrouve mercredi prochain pour une nouvelle comptine.


C'est parti pour notre Mois italien

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Le chat, toute une histoire

Le chat domestique

La domestication du chat remonterait au néolithique. Avec la sédentarisation et l’essor de l’agriculture, l’Homme doit faire face au problème de stockage des céréales et aux attaques de rongeurs. Le chat est le prédateur idéal pour souris, rat et autres mulots.

Mais peut-on vraiment parler de domestication ? Le chien, par exemple, est domestiqué très tôt et sa physiologie en est changée. Il acquière la capacité de digérer des bouillies à base de céréales préparées par ses maîtres, chose que ne peut pas faire le loup. Très tôt les chiens sont sélectionné et modifiés en fonction du travail qu’il ont à faire. Il sont élevé, dressé, sélectionné.

Le chat suit un autre chemin. Dans un premiers temps on ne fait pas un élevage de chat. Les chats se rapprochent d’eux mêmes de l’habitat humain pour y chasser les souris et… on se contente de les laisser faire. On cohabite avec lui, on le domestique pas. De nos jours encore il y a très peu de différence génétiques entre un chat sauvage et un chat domestique. Mais nous en sommes pas encore aux chats modernes !

Revenons donc au néolithique. Les premières traces de cohabitation entre chat et humain ont été trouvé dans le croissant fertile. C’est le felis silvestris lybica, l’ancêtre de nos chat domestiques.

Felis silvestris lybica
Felis silvestris lybica

C’est en suivant les migration des agriculteurs que les chats se dissémine vers l’Europe, le bassin méditerranéen et l’orient.

On a longtemps cru que c’était en Egypte que le chat avait été domestiqué pour la première fois. Sauf que l’on a trouvé des traces de chats dans des sépultures du néolithiques beaucoup plus ancienne dans le croissant fertile. C’est sans doute de là qu’est arrivé le chat domestique en Egypte, puis, beaucoup plus tard, le chat Égyptien est parti a l’assaut du monde par de nouvelles vagues de migrations en empruntant les navires marchand ou de guerre.

 Le chat, dans l’antiquité

En Egypte le chat est associé au dieu du soleil, Rê. Le chat rentre même au panthéon des dieux égyptien avec Bastet la déesse à tête de chat qui est considéré comme fille de du soleil (comme les déesses à tête de lionne).

statuettes de Bastet du Louvre

Bastet est la déesse de la joie, de la fécondité, protectrice des foyer. Elle protège les femmes enceintes et les naissances. Bastet devient une divinité très populaire et son culte coïncide avec le culte des animaux sacré. Les momies de chat deviennent alors très populaires. Les temples élèvent des chat pour en faire des momies, mais la demande est telle qu’apparaissent des fauts. On a retrouvé des momies de chat vides ou remplies d’os épars. Étrange culte que celui de célébrer la déesse chat en momifiant de pauvres jeunes chat violemment assassiné pour l’occasion. Mais le chat n’en est pas à son premier déboire. Attendez de voir ce que lui réservent les chrétiens du Moyen-Âge !

momies de chat

Alors qu’en Egypte le chat est vénéré, les grecs et les romains lui préfèrent les chien. On tolère sa présence car il est bien utile pour chasser les rongeurs mais on ne l’affectionne pas vraiment. Pourtant les chats prolifèrent dans tout le bassin méditerranéenne, en Gaule et même chez les viking.

Si le chat et l’homme cohabitent dans un premiers temps c’est parce qu’il est un bon chasseur protégeant les récoltes des rongeurs. C’est ces même qualité de chasseur qui en feront un voyageur privilégié pour les navires pour qui les rats représentante un grand danger.

Plus haut je disais que c’est du moyen orient qui viennent nos chat domestiques. Si une premières vague de migration féline provient du croissant fertile. Les chercheurs ont identifié des traces de chat égyptien un peu partout en Europe. Pourtant les Égyptien protégeaient jalousement leur félin. Il était interdit d’en exporter. C’est sans doute aux marchants phénicien qu’on doit leur première introduction en Europe. Les Égyptiens les appelaient « les voleurs de chat ». Pour protéger leur navires ils hésitent pas à voler de beaux chat égyptien qui, une fois à terre, ne tarderons pas à peupler de nouvelles contrées.

Les grecs et les romans tolèrent leur présence, voir même l’incitent parce qu’il faut bien avouer qu’ils sont utiles, mais ne semblent pas leur vouer un grand amour. Dans les écritures, on y fait surtout référence comme à un redoutable chasseur d’oiseaux. Et la préférence va aux pauvres oiseaux victimes de ses griffes.

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mosaïque de Pompei

Bien que les romains lui préfèrent le chien, le chat s’impose petite à petit comme animal domestique et suit les armées romaines disséminant ainsi le long de leurs conquêtes. Les Gallo-romain semblent particulièrement l’apprécier.

Mais le chat égyptien n’est pas le seul à voyager par mer, le chat indien revient vers l’Egypte par voie maritime en passant par la mer rouge.

Ce serait également au grès des commerces que le chat gagne la Chine puis le Japon.

Le chat dans le Moyen-Age européen

Au début du Moyen-Age, le chat garde l’image positive laissé par la mythologie égyptienne. Mais le clergé voit d’un mauvais œil son goût pour la sieste et sa fécondité (qui s’accompagne d’un comportement sexuel vraiment pas catholique !). Il est dès lors associé aux péchés de paraisse, gourmandise et luxure et se voit peu à peu associé au diable. Il devient l’animal de compagnie des sorcières, surtout le chat noir. Et les inquisiteurs l’associent au sabbat. On nous parle même de ailouranthropie, spécialité féminine. Il n’y a que les femmes qui peuvent prendre la forme d’un chat, les hommes eux deviennent de loup ou même des lièvres.

Comment soigner l’ailouranthropie ? Par le feu pardi ! Au bûcher les sorcières ! Et les chats. Les chats domestiques des prétendues sorcières sont lynché comme leur maîtresse mais le bûcher n’est pas réservé aux chat ayant appartenu aux sorcières. On brûle aussi des chat à la Saint Jean pour se protéger du malin.

Malgré ces superstitions et sa mauvaise réputations, le chat continue de partager le gite avec les hommes. Les souris sont toujours à craindre et leur utilité et bien plus importante que leur mauvaise réputation.

A la fin du Moyen-Âge et au début de Temps Modernes, le chat retrouve des air de noblesse en devenant la coqueluche des nobles qui qui le réhabilitent comme animal de compagnie. On fait venir des chats syrien et persans, considéré comme beau et nobles, que l’on préserve afin qu’il ne se mêlent pas aux vulgaire chat européen.  C’est le début de l’élevage de chat en Europe.

Le cardinal Richelieu et ses chats par Charles Edouard Delort

Le chat moderne

On peu se demander pourquoi il existe plus de races de chiens que de races de chat. Si la sélections des chiens commence dès sa domestication, le chat domestique est très longtemps resté très proche du chat sauvage.

Si l’élevage de chat comme animal de compagnie commence à le fin du Moyen-Âge, c’est au XIX siècle que commence réellement la création de races et leur standardisation, avec la création de club et fédération félines garantes de la standardisation.

Le site du LOOF reconnais actuellement 52 races (plus 2 récemment reconnue et n’ayant pas encore leur petites fiche).

De nos jours le chat a supplanté le chien comme animal de compagnie, plus petit et indépendant, il s’adapte sans doute plus facilement à la vie moderne, aux appartements en ville et à la solitude qu’impose souvent le travail de leur maître serviteur humain.

Héraclès, mon superbe chat de gouttière type européen

Pour aller plus loin :

Le numéro de décembre 2017 du magazine Historia propose un dossier dédié à l’histoire du chat : De la préhistoire à nos jours Le Chat Comment il a conquis le monde.

Un très chouette dossier du quel je me suis inspirée pour cet article.

Dommage que cela reste très cintré sur la bassin méditerranéen et qu’on ne nous dise pas plus sur la conquête de l’extrême orient par la gente féline.

Il se peut que j’aie commis des erreurs ou que j’ai fait de trop gros raccourci. Si le sujet vous intéresse je ne peux que vous conseiller la lecture de ce dossier. Et si vous avez des informations complémentaires n’hésitez pas à les laisser en commentaire 😉

 

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Spice Up Your English #2 – lire en anglais

Dans un précédent billet je vous ai présenté le MOOC Spice Up Your English et de la façon où j’avais envie d’appliquer le conseil d’écouter de l’anglais en suivant quelques booktubers anglophones. Je suis encore en train de chercher quelques chaînes à partager (si vous en connaissez, laissez moi les lien).

Aujourd’hui je vais vous parler d’une autre façon d’améliorer son niveau d’anglais : lire ! C’est une évidence même, mais ça mérite d’en parler, ne serait-ce que pour partager mon expérience et les erreurs à ne pas faire (et que j’ai évidemment fait !)

Moi j’ai toujours été nulle en anglais, j’ai commencé en 6ème et j’ai tout de suite détesté. Je sais pas pourquoi, mais j’avais le cours d’anglais en aversion. Alors qu’en français (que j’apprenais à l’époque comme une langue étrangère) j’étais très à l’aise, l’anglais me semblait très compliqué. Et depuis ça n’a pas vraiment changé. On a beau me dire que l’anglais c’est très simple, moi je trouve ça compliqué. Toutes les langues latines que j’ai étudié me semblent plus faciles parce que si leur grammaire est complexe, c’est un peu près la même d’une langue à l’autre. On a toujours les conjugaisons, les masculins/féminins, les accords de temps et que sais-je encore. La grammaire anglaise est moins complexe mais tellement différente que je n’arrive pas à la retenir. Et un autre point noir de l’anglais c’est son orthographe. Pour moi retenir l’orthographe d’un mot anglais est impossible. J’ai beau faire des efforts, je n’y arrive pas. Du coup les cours d’anglais étaient source de stress, de frustration et d’humiliation, pas vraiment de quoi faire aimer cette langue pourtant si pratique.

Heureusement cela a un peu changé depuis que j’ai arrêté les études. Plus besoin de me stresser pour les mauvaises notes ! J’ai pris l’habitude de regarder des séries en VO et ça m’a beaucoup aidé à me réconcilier avec l’anglais et aussi à progresser. Et ça m’a donné envie de lire en anglais. Mais j’avais un peu peur, mes premières tentative à l’époque de la fac avaient été catastrophiques. Une sinécure ! Mon erreur : chercher dans le dictionnaire tous les mots que je ne connaissais pas ! Du coup j’ai passé plus de temps le nez dans le dico que dans le roman. J’avais choisi quelques chose de court : The Old Man and the Sea de Hemingway.

Couverture Le vieil homme et la mer

Où comment détester un classique…

Non seulement j’étais tout le temps fourrée dans le dico mais en plus c’est un livre où il ne se passe pas grand chose, du coup il y a peu de tension et… je m’ennuyait à mourir !

Si je dois tirer des leçons de mes premiers expériences ratées c’est les suivantes :

  1. choisir un livre qui vous intéresse vraiment (littérature jeunesse, young-adult, fantasy, comics… choisissez un style que vous avez l’habitude de lire et qui vous procure du plaisir, pour les « classiques » on verra plus tard)
  2. ne cherchez les mots dans le dictionnaire que si c’est vraiment essentiel à la compréhension de l’histoire. Si le mots que vous ne connaissez pas ne vous empêche pas de comprendre l’intrigue, ou le sens général du texte, n’interrompez surtout pas votre lecture. Cela va casser votre rythme de lecture et se sera d’autant plus difficile de rester concentré. Le contexte suffit dans le plupart des cas à nous faire comprendre de quoi il s’agit et si vraiment vous voulez une définition exacte, notez les mots qui vous intriguent dans un carnet et allez les chercher plus tard.
  3. Ne traduisez pas ! Eviter autant que faire se peu de traduire en français ce que vous lisez en anglais. Il faut mettre le cerveau en mode anglais. Le fait de traduire dans sa tête toutes les phrases, va rendre la lecture plus pénible, moins dynamique et surtout ce sera complètement inefficace si votre but est d’améliorer votre anglais.
  4. Soyez patient et indulgent avec vous-même. Si dans les premières pages vous avez l’impression de ne rien comprendre, ne vous affolez pas et continuez à lire sans vous formaliser sur les détails que vous n’avez pas compris. Peu à peu on se familiarise avec l’univers, les mots reviennent dans un autre contexte et leur signification nous parait de plus en plus claire et on se surprend à avoir drôlement bien compris la fin alors que on doutez vraiment d’être capable d’en venir à bout.

Voilà pour ce qui est de mes conseils personnels. J’ai mis en application en lisant des BD, romans fantasy et un policier et ça c’est plutôt bien passé. Les premiers chapitres sont toujours un peu plus difficiles parce que le cerveaux est en mode français, il faut lui laisser le temps de switcher et après ça va tout seul. On se met même à penser en anglais.

Et maintenant, histoire de s’entraîner un peu, voici quelques vidéo en anglais sur le sujet :

Lisez-vous en anglais ? Quel livres auriez-vous envie de découvrir dans leur version originale ?

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