Archives de catégorie : Culture G

La vie Nocturne des arbres

La vie nocturne des arbres n’est pas un simple album, c’est une oeuvre d’art. Les sérigraphies des 3 artistes gond (Bhajju Shyam, Durga Bai, Ram Singh Urveti) sont sublimes, d’une incroyable finesse, avec des couleurs magnifiques qui ressortent particulièrement bien sûr l’épais papier noir. Les textes sont assez mystiques et font référence aux légendes et croyances gond.

La vie nocturne des arbres

Plus qu’un album, c’est un livre objet d’art qui est plus beau à regarder qu’intéressant à lire. J’ai été subjuguée par les sérigraphies dont le style particulier ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais qui moi me touchent beaucoup. Je ne savais rien de l’art visuel gond, communauté de l’État du Madhraya Pradesh, au centre de l’Inde. Ce livre m’a donné envie d’aller plus loin et d’en apprendre d’avantage sur les Gond et leur culture.

 

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Coup de coeur album #albumjeunesse #gondart

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Une superbe découverte que je dois à la bibliothèque. Assurément un coup de coeur que je conseille encore plus au grand qu’aux petits.

 

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La vie nocturne des arbres @actessud #gondart #albumjeunesse

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Connaissiez-vous l’art gond ? avez-vous d’autres lectures à me conseiller ?

The Nigt Life of Tree a été publié pour la première fois en 2006. En 2013 Acte Sud jeunesse propose une première édition. L’édition que j’ai eu la chance de lire, et qui est vraiment très belle, date de 2015, il s’agit d’une édition limitée et numérotée.

sur le site d’Acte sud

⇒ sur Amazon

Le coin des curieux

Voici quelques vidéo qui intéresserons peut-être les plus curieux.


 chut les enfants lisent

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De la souillure : essai sur les notions de tabou et de pollution ~ by Yomu-chan

Hey !

Ouiiii je sais ça fait si longtemps que je n’ai pas écrit que l’on pourrait douter de mon existence.  Mais comprenez-moi, j’étudie et j’ai peu de temps pour lire (Arg fausse excuse).

Mais, je viens de commencer une nouvelle licence en anthropologie et ceci est synonyme de nouvelles lectures (obligatoires pour la plupart, mais passionnantes très souvent !).  Je vais donc pouvoir partager quelques mots avec vous. J’ai récemment dû exposer sur un ouvrage de Mary Douglas, De la Souillure, je me propose donc de vous livrer ma fiche de lecture ici. Celle-ci aura sûrement un aspect très scolaire et académique, mais c’était l’exercice demandé héhé. J’espère ne pas raconter de grosses bêtises et je serais enchantée d’échanger avec vous au sujet de cette lecture et des théories développées par M. Douglas !!  Place à l’exposé :

De la Souillure

Essai sur les notions de pollution et de tabou

Mary Douglas

Mary Douglas est une anthropologue britannique, née en 1921 et décédée en 2007.

Elle est considérée comme l’une des figures les plus importantes de l’anthropologie anglaise de la deuxième moitié du XX° siècle. Elle fut l’élève du célèbre Evans-Pritchard, dont les études ont beaucoup influencé son travail.

Mary Douglas a d’abord travaillé pour le British Colonial Office, jusqu’en 1947, avant de devenir professeur d’anthropologie à Londres, puis aux États-Unis.

Elle s’inscrit dans le courant africaniste, avec une profonde étude de la société matrilinéaire et polyandrique des Lélé du Kasai au Zaïre, dans l’ex-Congo Belge. Sa thèse de doctorat portera d’ailleurs sur cette société.

Durant sa carrière elle aura publié une quinzaine d’ouvrages, mais son œuvre reste assez peu connue en France, avec peu de traductions. Nous la connaissons surtout pour deux de ses livres : De la Souillure, dont nous parlerons plus longuement dans cet exposé, et Comment pensent les institutions.

Le travail de Mary Douglas se veut dans la lignée de l’anthropologie britannique, elle trouve sa place dans l’héritage fonctionnaliste. Mais elle se dénote et rompt avec les habitudes fonctionnalistes en revendiquant une filiation avec la théorie durkheimienne et en défendant le travail de Claude Lévi-Strauss. On lui trouve effectivement des affinités avec le structuralisme. Mary Douglas est considérée comme novatrice, car elle ouvre l’anthropologie fonctionnaliste aux études comparatives. C’est d’ailleurs avec son ouvrage De la Souillure qu’elle affirme sa méthode comparatiste. Dans ce texte elle s’appuie sur de nombreux exemples, notamment chez les Lélé, les Azandes et les Nuer en Afrique, mais elle cherche constamment à faire le lien avec les sociétés occidentales, britanniques et israélites, nous le verrons plus précisément.

L’œuvre de Mary Douglas porte sur de nombreux thèmes (les modèles matrilinéaires, la religion, le risque, la pollution environnementale, la consommation, etc.), mais on retrouve toujours la volonté de comprendre les effets des organisations sociales sur la manière de classer, catégoriser le monde, et de le percevoir. Elle interroge le sens des catégorisations mentales crées par les sociétés et analyse la façon dont les sociétés usent de ces divisions mentales pour rendre le monde compréhensible et accessible, cette idée est particulièrement développée dans De la Souillure.

De la souillure

De la souillure est publié pour la première fois au Royaume-Uni en 1967, il faudra attendre 1971 pour qu’il soit traduit en français. Lors de son étude de terrain chez les Lélé, Mary Douglas remarque des similitudes dans les prohibitions alimentaires de ce peuple et celles évoquées dans le Lévitique. Ainsi elle se penche sur le tabou, la souillure et les interdits rituels, elle les utilise comme porte d’entrée sur une étude comparée des religions. Dans la thèse développée dans cet ouvrage la saleté et la pollution semble être indispensables pour comprendre et analyser le rapport des sociétés au sacré.

Souillure rituelle :

Mary Douglas commence par décrire ce qu’est la saleté, la souillure.

La saleté se révèle être une offense contre l’ordre, c’est ce qui n’est pas à sa place, voici la définition que lui donne l’auteure. Elle ouvre son texte en disant que « la réflexion sur la saleté implique la réflexion sur le rapport de l’ordre au désordre, de l’être au non-être, de la forme au manque de forme, de la vie à la mort ». Elle va donc étudier les comportements de différents groupes sociaux face à la saleté, et cette étude ne peut se faire qu’en faisant des relations entre les différentes catégories, puisqu’il n’existe du sale que s’il existe du propre.

Elle insiste sur l’importance de contextualiser la saleté, car ce qui est sale par rapport à quelque chose peut être propre par rapport à autre chose.

Dès ce premier chapitre elle renie plusieurs théories vieillissantes et elle s’en prend notamment à James Frazer (Le Rameau d’Or). Ce qui apparemment est une tradition chez les anthropologues britanniques.

Souillure séculière :

Mary Douglas établit l’importance qu’il y a à se confronter à la « contagion sacré et séculier (profane) » dans nos propres sociétés pour comprendre celle qui opère dans les sociétés primitives. C’est ainsi qu’elle pose les bases de son anthropologie comparative.

L’auteure remarque que l’on trouve des coïncidences entre les rituels religieux liés à la purification et l’évitement de maladies contagieuses (comme les juifs qui se lavent avant de manger et la façon dont ils ont été épargné par la peste). L’ethnologue note un matérialisme médical de la part de ses collègues, qui vont expliquer une pratique religieuse par un phénomène médical, et de la part des primitifs, qui vont justifier une expérience rituelle par les douleurs qu’ils ressentiraient s’ils n’accomplissaient pas le rite.

Mary Douglas remarque qu’il existe une véritable ressemblance entre les rites purificateurs symboliques et notre hygiène quotidienne. La purification symbolique vise à séparer le profane du sacré, et notre hygiène quotidienne vise à enlever ce qui n’a pas à être là. Nous l’avons vu, la saleté est quelque chose qui n’est pas à sa place. Ainsi quand je me lave avant de prier, j’enlève ce qui appartient au monde empirique pour m’élever vers le monde sensible, de même, quand je « fais la poussière » dans ma maison j’enlève ce qui appartient à l’extérieur pour conserver l’intégrité de mon foyer. Mary Douglas constate donc que « là où il y a saleté, il y a système ». La saleté est symbolique, le sale n’est pas sale en lui même, il est sale dans un certain contexte.

Abominations du Lévitique :

« La souillure n’est jamais un phénomène isolé, elle n’existe que par rapport à l’ordonnance systématique des idées ». C’est parce que nous classons nos idées que ce qui s’échappe de cette classification est sale.

Mary Douglas fait donc le parallèle avec la notion de sainteté. Si la sainteté est associée à un état de plénitude et de contentement, la racine du mot est bien « état de séparation ». Selon l’auteure, être saint c’est « être capable de discrimination et d’ordre », c’est séparer ce qui doit être séparé, donc être capable d’écarter le sale du propre, l’impur du pur. La sainteté se définie donc par rapport à la souillure, est saint celui qui a su reconnaître et écarter la pollution. Si des auteurs comme Hertz opposent de façon catégorique le sacré de la souillure, Mary Douglas nous explique que l’un n’existe qu’à travers l’autre. Sacré et impureté sont complémentaires, et entretiennent d’étroites relations.

Dans ce chapitre l’auteure revient également sur l’idée de classification et du fait que ce qui sort de ces classifications est impur. Elle appuie sa thèse sur l’exemple du Lévitique, texte judaïque dans lequel sont répertoriés les prohibitions alimentaires, certains animaux y sont désignés comme « abominables » et sont strictement interdits à la consommation. Mary Douglas analyse cela et remarque que sont considérés comme impurs les animaux qui ne correspondent pas aux critères du bétail (le bétail étant un symbole de l’ordre), et ceux qui ne correspondent pas à leur classe (les poissons sans écailles, les êtres ailés à 4 pattes, etc). Il s’agit donc de tous les animaux représentant un défi de classification. Les êtres hybrides sont donc considérés comme impurs, car ne pouvant rentrer dans aucune classification ordonnée définie par le groupe. L’anthropologue fait ici un rapprochement avec le culte du pangolin chez les Lélé.

Magie et miracles :

Mary Douglas présente l’être humain comme un « animal rituel », si bien que, si l’on supprime un rite, celui-ci réapparaîtra sous une autre forme. Les rites sont décrits par l’auteure comme des « actes symboliques », pour nous comme pour les primitifs. Ici Mary Douglas cherche à montrer que les primitifs ne sont pas naïfs, et qu’ils ne croient pas bêtement qu’un rite équivaut à un « résultat immédiat magique et miraculeux » (elle prend l’exemple de l’appel de la pluie). Selon elle, le rite permet de « concentrer l’attention », il enrichit une expérience qui aurait de toute façon eu lieu (comme pleuvoir). Il permet de donner un cadre et de contrôler cette expérience. Mary Douglas va jusqu’à dire que le « rite est le signe extérieurs d’états intérieurs », il est donc purement symbolique et permet de donner forme à de réelles préoccupations sociales et politiques.

Elle fait également une comparaison avec nos propres expériences rituelles. Nos rites sont tout aussi symboliques que les leurs, nos habitudes de nettoyage n’ont pas réellement pour but d’éviter la maladie, elles servent plutôt à « rendre visible les décisions que nous avons prise sur ce que doit être notre foyer ».

Le rite créé de l’ordre, il définit les limites de l’univers et donne ainsi leurs places aux individus. Les interdits, comme la saleté ou la pollution, ne font que « tracer les contours du cosmos et de l’ordre social idéal ».

Mondes primitifs :

Mary Douglas, dans sa démarche comparative, ne rejette pas l’idée d’étudier les différences entre les cultures, car elle en pointe certaines du doigt, mais elle revendique l’importance d’établir ces comparaisons en gardant en tête « l’unité de l’expérience humaine ».

Elle défend une constante dans toutes les sociétés : les Hommes ont le besoin de créer de l’ordre dans la complexité brumeuse du réel. Mais elle reconnaît que les primitifs peuvent se représenter le monde de manière différente de la notre. Ils verraient la puissance de l’univers comme quelque chose d’intimement lié à la vie individuelle. Même si Mary Douglas admet que les membres de ces sociétés peuvent se représenter la cosmologie de façon très diverse, tout comme c’est le cas dans nos sociétés, tout le monde est rarement d’accord au sein d’un même groupe.

Encore une fois Mary Douglas rejette l’idée d’Hommes primitifs naïfs, elle appuie qu’ils se posent des questions qui traduisent de véritables préoccupations d’ordre sociales, qu’ils s’interrogent, eux aussi, sur le « comment s’organiser en société ».

Elle profite de cette réflexion pour s’interroger sur l’utilisation du terme « primitif ». Elle annonce en défendre l’usage, mais pas avec une vision péjorative et infantilisante.

Pouvoirs et Périls :

La thèse de Mary Douglas repose en grande partie sur sa volonté à affirmer que le désordre, et donc la saleté et la pollution, représente à la fois le danger et le pouvoir.

« S’il est admis que le désordre détruit l’agencement des éléments, il n’en demeure pas moins qu’il lui fournit ses matériaux. Qui dit ordre dit restriction, sélection des matériaux disponibles, utilisation d’un ensemble limité […]. Inversement, le désordre est, par implication, illimité ; il n’exprime aucun agencement, mais il est capable d’en créer à l’infini. C’est pourquoi tout en aspirant à créer l’ordre, nous ne condamnons pas purement et simplement le désordre. Nous admettons que celui-ci détruit les agencements existants ; mais qu’il est doué aussi de potentialités. Le désordre est donc symbole tout à la fois de danger et de pouvoir ».

Ainsi le rite, qui peut faire appel à cette pollution, correspond à un renoncement de l’ordre de soi et/ou de l’ordre de la société. Celui qui « revient » d’un rite utilisant des aspects de souillure obtient un pouvoir que ceux qui sont restés sous le contrôle de l’ordre social n’ont pas développé.

L’auteure fait ensuite une sorte d’inventaire des pouvoirs spirituels engendrés par la pollution. Ceux-ci sont en rapport avec le danger. Il y aurait des pouvoirs contrôlés et des pouvoirs incontrôlés, les deux n’étant pas attribués aux mêmes personnes sociales et ne représentant pas le même niveau de dangerosité. Elle distingue les pouvoirs qui ont une forme : « expression d’un symbolisme extérieur qui soutient les structures sociales explicite » (rois, etc.) ; et les pouvoirs caractérisés par leur absence de forme : qui seraient des « pouvoirs psychiques intérieurs qui menacent les structures sociales par leur aspect non structuré ». Il y aurait donc une corrélation entre structure sociale et type de pouvoir mystique : «  l’exercice du pouvoir conscient est réservé aux détenteurs des postes clés de la structure, tandis qu’un autre type de danger émane de ses régions obscures ». Ainsi donc on attribue les pouvoirs dangereux aux marginaux (comme ce fut le cas avec les juifs en Europe par exemple).

Frontières extérieures :

Mary Douglas invoque des références psychanalytiques pour mieux s’en défaire. Elle se penche notamment sur le rapport au corps, très présent dans le domaine de la souillure. Selon elle, les psychanalystes « isolent le corps humain de sa dimension symbolique vis à vis de société ». L’ethnologue voit le corps comme un symbole de la société, il représente le système fini qu’incarne la société. Elle infirme la thèse freudienne selon laquelle les cultures primitives seraient comparables à la sexualité infantile du stade anal.

Elle affirme que « l’expérience corporelle et émotionnelle de l’individu ne l’emporte pas sur son expérience culturelle et sociale […] et que les rites agissent sur le corps politique par le moyen symbolique du corps physique ». Ceci explique pourquoi les déchets corporels représentent tant de danger et de pouvoir à la fois.

Lignes internes :

Mary Douglas affirme que la pollution touche de très près à la morale. Ce qui est mauvais, en même temps pollue. L’auteure analyse la façon dont conscience morale individuelle et conscience morale publique s’influencent, décrivant ainsi une relation entre la conscience et la structure sociale. Selon Mary Douglas, pour comprendre la pollution il faut comprendre les contradictions qui animent le comportement qu’un individu approuve pour lui même et celui qu’il approuve pour les autres membres de la communauté. La pollution pourrait venir servir de soutien à la morale, elle suscite la désapprobation quand la morale fait défaut.

Le système en guerre contre lui même :

A travers de nombreux exemples, Mary Douglas montre que les rites sexuels lié à la pollution créent des contradictions qui fragilisent le système social. Elle développe notamment le cas de la société Lélé :

« J’attribue l’anxiété des Lélé – celle qui concerne les dangers rituels de la sexualité – au rôle véritablement destructeur du sexe dans leur système social. Les hommes créèrent une échelle de prestige, dont ils gravissaient les échelons à mesure qu’ils venaient à dominer un nombre toujours croissant de femmes. Mais en livrant leur système à la compétition, ils permirent aux femmes de jouer un double rôle : celui de pions passifs et celui d’intrigantes actives. Pris individuellement, les hommes avaient raison de craindre que les femmes, prises individuellement, contrecarrent leurs projets ; et leurs craintes des dangers sexuels ne faisaient que refléter très exactement leur rôle dans leur structure sociale. »

Éclatement et renouveau du système :

La saleté est une création de l’esprit, c’est un « sous-produit » de la création de l’ordre. La souillure incarne les limites de la pureté : elle est le paradoxe intrinsèque à la création d’un ordre délimité, il existe des marges quand l’on crée un espace fini. Mais ce qui se trouve dans ces marges fait aussi partie du monde et peut être source de pouvoir. Mary Douglas développe une « métaphore du jardin » qui résume merveilleusement sa thèse sur la relation sacré-souillure :

« Un jardin n’est pas une tapisserie ; en enlevant toutes les mauvaises herbes, on appauvrit le sol. Pour lui conserver sa fertilité, le jardinier doit, d’une certaine façon, remettre ce qu’il a enlevé : transformer les mauvaises herbes et le gazon tondu en terreau. Ce traitement est comparable à celui que certaines religions réservent aux anomalies et aux abominations en les transformant en pouvoirs au service du bien .»

Sources

DOUGLAS Mary, 2001, De la Souillure. Essai sur les notions de pollution et de tabou, Paris, La Découverte.

Éric SORIANO, « DOUGLAS MARY – (1921-2007) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 2 octobre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mary-douglas/

Sandrine TEIXIDO, « Mary Douglas anthropologie de l’impur », Sciences Humaines [en ligne], consulté le 2 octobre 2018. URL : https://www.scienceshumaines.com/mary-douglas-anthropologie-de-l-impur_fr_4587.html

«  De la souillure », Éditions La Découverte [en ligne], consulté le 2 octobre 2018. URL : http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-De_la_souillure-9782707148117.html

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Botticelli, La renaissance de la beauté [L’Art & la matière]

C’est un peu par hasard, au grès des flâneries, que je suis tombé sur cet album de la collection L’Art & la matière des éditions Palette. Une collection de monographies destinées aux jeunes lecteurs. Comme moi-même j’adore Botticelli, et ce depuis mon enfance, je n’ai pas résisté à la tentation de l’offrir à Mimiko, ma cadette.

Ce que j’aime dans cette collection c’est qu’une grande place est donnée aux tableaux eux-mêmes. Les explications sont courtes et claires. Écrites en gros caractères et n’occupent pas trop de place. Ce trouve cette approche intéressante parce que trop d’explications rebouteraient les plus jeune ou feignant lecteurs. Cet album permet de se familiariser avec l’art de Botticelli et son contexte, mais surtout d’admirer ses peintures.

Mimiko n’a d’ailleurs prêté aucune attention au texte et c’est contenté des images. Je n’ai pour ma part pas insisté pour le lire avec elle. Cela fait partie des albums et livres que j’aime laisser traîner à la maison en attendant que la curiosité fasse son chemin. Et je l’ai vue feuilleter cet album plusieurs fois.

⇒ sur Amazon ou Decitre

D’autres artistes et mouvements artistiques sont disponibles dans la collection. J’aimerais m’en procurer d’autres. Malheureusement, cette collection ne semble plus commercialisée (le site de l’éditeur n’en parle même pas), il ne reste plus qu’à les dénicher d’occasion.

éditions Palette


 challenge petit BAC 2018 Challenge Il Viaggio : on repart?!!!

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Parler Plusieurs langues – François Grosjean

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui ce ne sera ni bd ni album jeunesse, mais un essai sur le bilinguisme. J’ai emprunté, un peu comme ça, par curiosité, le Parler plusieurs langues, Le monde des bilingues de François Grosjean et je ne suis pas déçue.

Couverture Parler plusieurs langues : Le monde des bilingues

J’ai trouvé ce livre très intéressant. François Grosjean y démolit quelques-uns des préjugés que l’on se fait du bilinguisme et… en tant que bilingue imparfaite, ça me fait du bien !

J’ai trouvé très intéressant de pouvoir transposer la théorie des spécialistes à mon cas personnel tout au long de ce livre. C’était particulièrement stimulant de pouvoir intellectualiser un état de fait sur lequel je n’avais jamais vraiment réfléchi.

Dans ce livre aux dimensions très convenables (pas de gros pavé assommant à l’horizon, seulement 224 pour mieux comprendre le bilinguisme), François Grosjean commence par redéfinir ce qu’est le bilinguisme. La définition ayant évolué dans le temps et d’un auteur à l’autre. Pour lui, sont bilingues tous ceux qui sont amenés à utiliser plus d’une langue au quotidien, y compris tous les polyglottes qui ont qu’une connaissance imparfaite de leur seconde ou troisième langue. Il n’y a pas que les bilingues parfaits dans la vie !

Autre gros pavé dans la mare des idées reçu : l’accent !!

Il est important de souligner qu’il n’y a aucun lien entre la connaissance que l’on peut avoir d’une langue et l’accent. Certaines personnes, comme divers auteurs francophones d’origine étrangère, possèdent une connaissance exceptionnelle d’une langue, mais gardent un accent lorsqu’elles parlent, alors que d’autres ne connaissent pas très bien une langue, mais articulent sans accent pour l’avoir apprise dans leur enfance. Il est donc temps de faire disparaître le critère “accent” de la définition du bilinguisme !


Bidib’s story :

Ce qui est amusant dans mon cas, c’est que lors d’une première rencontre peu de personnes se rendent compte de mes origines étrangères. Ce n’est qu’à la deuxième ou troisième conversation qu’on commence à soupçonner que le français n’est pas ma langue d’origine, mais là encore, personne n’arrive à identifier mon accent. Ce n’est qu’une fois mes origines étrangères admises que tout le monde s’accorde à dire que, décidément, j’ai un accent. Je trouve ce processus très drôle. Et ça recommence à chaque nouvelle rencontre. Et comme chez de nombreux bilingues dans mon genre, l’intensité de l’accent augmente avec le degré de fatigue et/ou d’alcool dans le sang. XD En fin de soirée, mes origines deviennent bien transparentes.

Chose amusante, il n’y a plus aucune langue que je puisse parler sans accent étranger. Quand je parle ma langue maternelle, je le fais avec un très fort accent français. Mon accent est même plus évident que dans le cas inverse. Quand je suis en visite dans mon pays d’origine, on me prend pour une étrangère tellement mon accent est marqué.


Autre aspect intéressant abordé par François Grosjean : la complémentarité des langues utilisées par un bilingue. Sauf cas exceptionnels (traducteurs et interprètes), les bilingues ordinaires utilisent les langues dans des contextes différents, par exemple à l’intérieur et à l’extérieur du foyer, au travail ou dans le cadre des loisirs… Les deux (ou plusieurs) langues ne servent donc pas à exprimer les mêmes choses, ne sont pas employées dans les mêmes contextes et ne nécessitent donc pas le même niveau de langue, le même vocabulaire, les mêmes connaissances, etc.

Quel bilingue n’a pas eu du mal à parler d’un sujet qu’il connaît dans une autre langue, à expliquer quelque chose dans la “mauvaise langue”, ou à interpréter des phrases dans un domaine qu’il ne connaît que dans une seule langue ? Devant ses hésitations, la personne monolingue est souvent prompte à s’interroger : “ mais je croyais que vous étiez bilingue ?” Or ces situations montrent la force du principe de complémentarité : les bilingues apprennent et utilisent leurs langues dans des situations différentes, avec des personnes variées, pour des objectifs distincts. Les différentes facettes de la vie requièrent différentes langues.

A cette complémentarité s’ajoute la notion de besoin. Comment se développe le bilinguisme chez l’enfant : il a besoin de la seconde langue pour communiquer. Et une fois la langue apprise, la connaissance doit être entretenue par un besoin, autrement la langue disparaît. L’état du bilinguisme (niveau de connaissance dans les diverses langues) n’est pas fixe, il évolue tout au long de la vie en fonction des besoins qu’on a pour de communiquer en telle ou telle langue. C’est particulièrement frappant dans le cas des langues apprises dans la petite enfance. Si l’enfant a besoin de parler une seconde langue pour communiquer, il va l’apprendre très vite, mais il l’oubliera aussitôt celle-ci devenue inutile.

Quels sont les facteurs qui font qu’une langue est acquise jusqu’à aboutir à un bilinguisme simultané ou, plus fréquemment, successif ? Le premier facteur, et le plus important, est tout simplement le besoin que l’on a de communiquer, écouter, participer à des activités, etc. dans une langue donnée. S’il est présent, l’enfant acquerra la langue ; s’il disparaît, il aura tendance à l’oublier. La nécessité de connaître et utiliser une langue est la base du bi- et du plurilinguisme, mais elle est trop souvent ignorée par ceux qui souhaitent développer le bilinguisme chez l’enfant.

Concernant le bilinguisme des enfants, Grosjean revient sur un point que j’ai aussi pu observer : la langue minoritaire n’est pas traitée de la même façon selon la langue. Un peu comme les Occidentaux qui partent travailler à l’étranger deviennent des expatriés tandis que les travailleurs venus travailler en occident et originaires des pays du sud sont des immigrés. Le bilinguisme des enfants est encouragé quand il s’agit de parler anglais ou une autre langue prestigieuse, mais devient subitement un « danger » quand il s’agit d’une des très nombreuses langues africaines, l’arabe, le turque ou toute autre langue n’ayant pas une aura prestigieuse. Je n’arrive pas à comprendre la logique de cette situation. Dans une même école on peut avoir d’un côté une classe européenne ayant l’ambition de créer des petits bilingues français-anglais ou français-allemand, et dans la classe d’à côté un professeur qui explique à des parents étrangers qu’il devraient parler français à leurs enfants pour qu’ils s’intègrent plus vite. Cherchez l’erreur.

Les représentations négatives du bilinguisme et la mise en avant de prétendus « dangers » d’être bilingue nuiront au développement à long terme des langues chez l’enfant. Un des dangers hypothétiques – l’enfant ne développera jamais correctement la langue de l’école s’il continue à utiliser une langue différente à la maison – a fait des dégâts considérables au niveau de l’acquisition naturelle, et du maintien des langues minoritaires en famille.

Je trouve cela vraiment dommage. Surtout que ces croyances sont infondées et que l’enfant pourrait parfaitement s’intégrer sans subir l’ablation d’une partie de son identité culturelle.

Les idées reçues doivent être connues : le bilinguisme serait rare, être bilingue signifierait une maîtrise parfaite et équilibrée de deux langues, en plus parlées sans accent, le bilingue acquerrait ses langues dans sa jeune enfance, le bilinguisme affecterait négativement le développement cognitif des enfants. Encore une fois, tout cela est faux. Les chercheuses canadiennes Johanne Paradis, Martha Crago et Carole Bélanger s’insurgent contre des opinions erronées encore trop souvent rependues dans la société, et même chez certains enseignants et orthophonistes, à savoir que l’apprentissage simultané de deux langues crée une confusion chez l’enfant et retarde son développement langagier, ou que le bilinguisme constitue une charge trop lourde pour ceux atteints d’un trouble du langage (ce qui a pour conséquence que l’on conseille trop fréquemment aux parents d’élever ces enfants dans un contexte monolingue) : « il n’existe aucune preuve systématique et empirique pour appuyer ces idées reçues ». Certes, certains enfants bilingues souffrent de troubles du langage, mais proportionnellement ils ne sont pas plus nombreux que les enfants monolingues.

Bref, tous les enseignants devraient lire ce livre. Les fausses idées sur le bilinguisme font bien du mal chez les enfants issus de l’immigration.


Bidib’s story :

Pour ma part, je suis née dans une famille bilingue. Mes deux parents ne partageaient pas la même langue maternelle. Ils communiquaient entre eux et avec moi chacun dans les deux langues, un peu selon la circonstance. Ce n’était, chez nous, ni une langue dans la maison, une à l’extérieur, ni une langue par parents. Non, chez nous c’était tout, tout le monde, un joyeux bordel linguistique. Il parait que dans ce contexte j’ai commencé à gazouiller comme un bébé francophone. Mais tout cela n’a pas duré, puisque mes parents se sont séparés. Le français a peu à peu disparu de ma vie. Je ne le parais pas du tout. Pourtant, quand je suis entrée au collège et que j’ai commencé à apprendre le français comme langue étrangère, cette langue était pour moi très familière. Je comprenais tout sans avoir à faire des efforts (pour lire et écrire en revanche…).

Plus tard, nous avons émigré en France. Le français est donc devenu ma langue principale. Ma mère voulait absolument éviter de nous faire redoubler une classe, elle s’est donc donné comme mission de faire en sorte qu’à la rentrée de septembre nous sachions suffisamment bien parler français pour suivre les cours avec la même aisance que les petits francophones. La mission n’était pas bien difficile pour elle puisqu’elle parle parfaitement français. Mais pour arriver à ses fins, elle a prix la décision, discutable, de ne plus nous parler qu’en français (et de nous corriger à chaque erreur de langue T_T). D’un côté, cela s’est avéré très efficace. Deux mois plus tard, nous pouvions suivre les cours sans aucune difficulté. Inversement, notre langue maternelle est devenue si peu importante que nous en avons perdu un peu l’usage. Si je sais toujours la parler, je fais maintenant bien plus de fautes de langues qu’en arrivant en France. Mon vocabulaire ne s’est pas enrichi, voir même s’est appauvri.

Et je ne vous parle pas là de l’effet psychologique. Déjà qu’on change de maison, de ville, de pays même. Il faut tout recommencer à zéro, même apprendre une nouvelle langue, avoir dans sa famille un bout de son ancien chez-soi, de ses racines peut être très réconfortant.

Je me souviens que, des années plus tard, alors que j’étais en fac de langue et que je me trouvais au Portugal, j’avais éprouvé un grand réconfort chez ma logeuse qui parlait parfaitement français. Toute la journée, je passais d’une langue à l’autre : portugais, anglais et espagnol. Fallait tout le temps changer de langue selon l’interlocuteur, parfois suivre simultanément une conversation dans 2 ou 3 langues différentes… Quand le soir je rentrais chez moi, j’étais très heureuse de pouvoir reposer mon cerveau et parler français avec ma logeuse.


Après avoir longuement disserté sur ce que signifie être bilingue et sur comment le devenir, Grosjean aborde un autre aspect lié au bilinguisme : le biculturalisme. Cette partie est également très intéressante et apporte une réflexion intéressante, notamment pour les enseignants, sur comment aborder le biculturalisme. Malheureusement, très souvent, les monolingues/monoculturels se sentent en devoir de demander aux autres de choisir. Il faut choisir à quelle culture l’on souhaite appartenir et s’y tenir. C’est une vision bien obtuse de la réalité. Il n’y a pas à choisir. Je suis toutes les facettes qui composent ma personne, avec mes diverses langues et mes diverses cultures. Avec ses réflexions Grosjean appelle à plus d’ouverture d’esprit, invite à accepter la diversité, à l’accueillir même, à la chérir.

Parler plusieurs langues est un très bon livre d’introduction au vaste sujet qu’est le bilinguisme. Il est très facile à lire, aborde plusieurs aspects très intéressants et surtout, tout le long du livre, il partage une philosophie très ouverte, prônant la diversité et l’acceptation de l’autre dans sa différence. Je suis très heureuse de l’avoir lu, j’ai le sentiment d’être ressortie de cette lecture enrichie. J’ai maintenant envie d’aller plus loin et de m’intéresser à l’apprentissage des langues, notamment auprès du jeune public.

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filastrocche – uno, due, tre…

Pour ce troisième mercoledì filastrocche je ne vais pas évoquer un souvenir d’enfance, mais partager une comptine sur laquelle je suis tombée en faisant mes recherches. Je l’aime beaucoup et ses illustrations vintage ont un charme qui me touche beaucoup.

Cette page est extraite, semble-t-il, du livre Il libro della seconda classe d’Ornella Quercia Tanzarella, illustré par Mario Pompei publié par Libreria dello Stato en 1931.

La couverture du livre, que j’ai glané sur le net, est tout à coup moins charmante ! Et c’est là que je me suis souvenue qu’un certain Mussolini était à l’époque président du conseil en Italie. On comprend mieux la couverture. Ceci dit, la filastrocca n’a rien de fasciste et les illustrations de Marco Pompei me plaisent beaucoup.

On se retrouve mercredi prochain pour la dernière filastocca du mois.


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Je me remets au portugais

Il y a peu, j’ai découvert sur Facebook le Marathon des langues (ici le site). Comme j’aime les langues vivantes, je me suis mise à suivre la page sans buts précis. Merci, Lydia, de m’avoir fait découvrir 😉

Puis, hier, je suis tombé sur ce défi :

Une phrase par jour, ça ne va pas me prendre trop de temps. C’est l’occasion d’enfin sauter le pas et de me remettre en douceur au portugais. L’année dernière, j’avais fait une tentative en commençant direct par un roman. Et ça s’est soldé par un échec cuisant. Faut dire que si, en théorie, j’ai le niveau pour lire ledit roman, ça fait tellement longtemps que je n’ai pas pratiqué cette langue que je sais même plus comment me présenter correctement. Il faut que je réactive mes connaissances, que je demande à mon cerveau de réactiver la zone portugais.

J’ai donc décidé de me lancer, en douceur avec ce défi. Une phrase par jour, pendant 7 jours. Pour cette première semaine, je ne vais pas me mettre la pression, je vais tenter de faire des phrases simples avec le vocabulaire que j’arrive retrouver toute seule. Histoire d’envoyer à mon cerveau le message : je veux que tu rallumes la lumière dans l’aile portugais.

J’accompagne ces phrases d’un peu de fado, afin de rafraîchir aussi les oreilles et de retrouver les sonorités de la langue.

Mon objectif : lire un roman en portugais d’ici la fin de l’année (et y prendre plaisir !!)

Hier j’ai pris la résolution et je me suis rendue compte que… je ne sais pas dire « défi » en portugais !!! Ça commence bien. Qu’à cela ne tienne, je vais chercher dans le dico. Et là panique, impossible de retrouver mes dicos. Mes dicos !!! Mais qu’ai-je fait ! Je n’ai pas osé me débarrasser de mes précieux dicos achetés avec ma prime erasmus dans cette belle librairie de Braga ? J’étais sur le point de verser une petite larme de dépits quand je les ai retrouvés. Ouf ! Défi = desafio. Bien. Mais j’ai consumé toute mon énergie linguistique dans cette quête du dico perdu. On verra demain ( ah ! procrastination, quand tu nous tiens !).

Aujourd’hui je me suis lancé et ai couché sur le papier les 2 premières phrases. Douloureusement et maladroitement. C’est fou comme on oublie vite dès qu’une langue ne nous est plus utile !

Mais j’ai confiance ! Je vais prendre le temps de rallumer les lumières, dépoussiérer les étagères.

Et si, pour me motiver, je me programmais un petit voyage au Portugal pour 2020 ?

Et maintenant, musique !

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filastrocca – Ambarabà ciccì coccò

Nous revoici pour un nouveau mercoledi filastocca. Mercredi dernier je vous ai parlé de mano mano piazza, une petite comptine qu’on met en scène sur une main.

Aujourd’hui, je reviens au basique, à l’une des premières comptines que l’on apprend dans la cour d’école maternelle (l’asilo) : ambarabà ciccì coccò. Cette comptine sert à designer quelqu’un. Qui sera le loup ?

Ambarabà ciccì coccò
tre galline sul comò
che facevano l’amore
con la figlia del dottore;
il dottore si ammalò
ambarabà ciccì coccò!

La encore, il existe différentes versions. Si dans mon enfance c’était des poules (galline), dans la version la plus répandue ce sont des chouettes (civette).

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Le texte, comme dans très nombreuses comptine, est, comment dire, pas très innocent ! Ici, nous avons 3 poules (ou chouettes) qui font l’amour avec la fille du docteur. Évidemment, ce dernier en tombe malade. Mais pour être tout à fait sincère, la nature licencieuse du texte ne m’a jamais choqué.

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui. On se retrouve mercredi prochain pour une nouvelle filastrocca


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Filatrocca – mano mano piazza

Pour moi, le mois italien c’est un peu comme une madeleine de Proust. L’Italie c’est le pays de mon enfance, alors, à chaque fois que je songe à ce que je pourrais présenter sur le blog pour le mois italien, j’ai plein de vieux souvenirs qui reviennent.

En mars, pour le mois des contes et légendes (une nouvelle session aura lieu en septembre, n’hésitez pas à vous manifester si vous souhaitez y participer) j’avais présenté l’un des contes italiens que nous racontait ma mère (qui la tenait elle-même de ses parents et ainsi de suite) : Prezzemolina.

De fil en aiguille, du conte je suis arrivée à la comptine, ces petits poèmes pour enfant, fait le plus souvent d’énumération. J’avais envie de vous en proposer quelques-uns en italien. Et puisque mercredi c’est le jour des enfants, ce sera mercoledì filatrocca.

La première filastrocca que j’avais envie de partager c’est Mano mano piazza, que l’on fait avec les mains et qui m’amusait beaucoup.

Il en existe de très nombreuses versions. Celle que je chantonnais enfant, est celle-ci :

Mano mano pazza,
qui ci passò una lepre pazza:
questo la vide,
questo l’ammazzò,
questo la spellò,
questo la mangiò.
E il povero mignolino?
Nemmeno un ossicino:
lecca lecca il tegamino!

Avec l’index on dessine un cercle sur la paume en récitant « mano mano piazza, di qui passò una lepre pazza« . Puis, en commençant par le pouce, on énumérer chaque action. Le pouce et celui qui l’a vu (le lièvre fou), l’index l’a tué, le médium l’a dépecé, l’annulaire l’a mangé et le pauvre auriculaire n’a plus eu qu’à lécher la casserole. Dans cette version on ne donne pas le nom des doigts, mais il en existe d’autres versions ou chaque doigt est nommé, permettant ainsi d’apprendre leur nom.

deux autres versions ici

Enfin, on retrouve la même comptine qui commence par « piazza, mia bella piazza« , en voici une version en vidéo

J’espère que cette première filastrocca vous aura amusé, on se retrouve mercredi prochain pour une nouvelle comptine.


C'est parti pour notre Mois italien

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Aaron Douglas

C’est en feuilletant ce livre que j’ai découvert l’artiste afro-américain Aaron Douglas. Pourquoi je précise AFRO-américain ? Parce que c’est le African American Month Challenge et qu’avant que le mois ne s’achève je voulais en dire plus sur cet artiste dans j’ai déjà partagé une peinture ici.

Aaron Douglas est né en 1899 et mort en 1979. Il est une des figures majeures de la Renaissance de Harlem, mouvement de renouveau de la culture afro-américaine de l’antre deux guerre.

L’un de ses travaux le plus important ce sont une série de peintures murales réalisé en 1934-35 pour une bilbliothèque publique de New York. Cette séries s’intitule Aspects of Negro Life. Son travail est centré sur les Afro-américain et la question raciale.

Aaron Douglas, From Slavery through Reconstruction, 1934 Aaron Douglas, The Negro in an African Setting, 1934

Aaron Douglas, An Idyll of the Deep South, 1934 Aaron Douglas, Song of the Towers, 1934

C’est par cette série que je l’ai découvert. Elle était citée dans le livre Jazz and Art dont j’ai parlé précédaient. J’aime beaucoup cette série, il émane d’elle une belle énergie, une puissance même qui touche l’inculte en matière de peinture que je suis.

N’y connaissant rien je n’ai que peu d’info a vous donner mais j’ai glané quelques autres des ses œuvres sur le net :

Aaron Douglas, "The Negro Speks of Rivers" (for Langston Hughes), 1941
Aaron Douglas, « The Negro Speks of Rivers » (for Langston Hughes), 1941

Cover art by Aaron Douglas

Aaron Douglas, The Founding of Chicago, circa 1933
Aaron Douglas, The Founding of Chicago, 1933
"The Prodigal Son", Aaron Douglas, 1927
« The Prodigal Son », Aaron Douglas, 1927
pour aller plus loin

⇒ Aaron Douglas, Member of Harlem Renaissance by Michael Faris

Aaron Douglas sur wikipedia (anglais)


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Two Steps ahead of the century : Jazz and Art

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Je venais tout juste de m’inscrire au African American History Month Challenge quand on nous a offert ce livre. Or l’histoire du jazz et celle des Afro-américains est très lié, j’ai eu envie de vous le présenter à cette occasion.

L’ouvrage est en anglais et allemand et j’avoue ne pas avoir tout lu, mais simplement pris plaisir à le feuilleter prenant quelques info ça et là, tout en écoutant les trois cd qui accompagnent le livre.

Le livre fait un parallèle entre la musique Jazz et l’art pictural (vous vous en doutiez, vu le titre). Il se divise en 4 périodes historique :

  • The origins of Modernity 1860-1900
  • Ragtime and Popular Enertainment 1900-1917
  • The Jazz age in Europe and America 1920 – 1930
  • Post-war anrt and Jazz 1940-1990
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Henry Ossawa Tanner, Banjo Player -1893

Dans se livre on rencontre de très nombreux artistes aux styles très divers, et tous ne sont pas afro-américain, loin s’en faut. J’ai choisi ici 2 peintures que j’ai particulièrement aimé et qui sont de peintres afro-américains en hommage au African American History Month.

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Aaron Douglas, Aspects of Negro Life 1934-35

Un ouvrage intéressant qu’il faudra que j’étudie plus en profondeur.


 challenge petit BAC 2018

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