Archives par mot-clé : littérature jeunesse

Mon panda

Ce livre c’est un coup de cœur ! J’adore les dessins qui sont à la fois très simple et vraiment jolis.

« Mon Panda est parti.

Mon Panda a disparu.

Mon Panda n’est plus là. Qui sait quoi de mon Panda ?

Qui a vu mon Panda ?

Qui a pris mon Panda ? Il est où mon Panda ? »

Au fil des pages, on cherche le Panda en émettant des hypothèses parfois très farfelue

« Est-ce qu’il est allé voir de l’autre côté de la lune ? »

Chaque hypothèse est illustré par un très jolis dessin noir et blanc dont seul quelques élément sont coloré, et très coloré, avec des motifs rappelant de beaux tissus. Les dessins sont très stylisé, mais expressifs et très tendres. Un panda vraiment très mignon ! (J’adore les panda !)

Quant au texte il est simple et poétique. Le côté répétitifs plait au plus jeunes. Mimiko l’avait quasiment après par cœur. Et le fait de chercher le panda lui a beaucoup plus. Chaque hypothèse étant formulé sous forme de question elle me donnait une réponse selon qu’elle estimait l’hypothèse bonne ou pas. Un livre avec lequel elle a beaucoup interagit et qui l’a beaucoup amusé. Un livre qu’elle se plait également à lire toute seule.

Bref un très joli livre qui nous a ravis toutes les deux. J’ai bien envie d’aller voir les autres livres de Chiaki Miyamoto (autant que j’en ai vu un autre avec des Panda, chez Nobi Nobi !).

Mon Panda

Ramona Badescu et Chiaki Miyamoto

Belem éditions

2006

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Au cochon porte-bonheur

cochon porte bonheur

Au cochon porte-bonheur

Kim Jong-ryeol

illustrations de Kim Suk-kyeong

2006

traduction de Lim Yeong-hee et Françoise Nagel

Picquier jeunesse – 2013

Un étrange magasin s’est installé dans la ville d’Azalée. Une publicité dans les boites aux lettres annonce :

« Azaléens ! La chance vous attend au Cochon porte-bonheur. Venez nombreux et emportez l’article de votre choix sans débourser un sou. Parole de Cochon porte-bonheur ! »

On a beau râler et dénoncer la probable supercherie, personne ne résiste à la tentation de gagner quelque chose. La convoitise attire bientôt tous les habitants de la ville, mais d’étranges phénomènes semble accompagner l’arrivé du mystérieux Cochon porte-bonheur.

/!\ avis avec spoiler /!\

« Chacun souhaite que la chance lui sourie. Mais la plupart des êtres humains ne savent pas se satisfaire du peu qu’ils ont. Et comme ils en réclament toujours plus, ils la font fuir. »

Voilà ce que Kim Jong-ryeol dennonce dans cet étrange conte surréaliste où les gens, poussé par leur avidité se transforment peu à peu en cochons. Cette métamorphone n’est pas sans me rappeler la scène où les parents de Chihiro se transforment en porc dans le film de Miyazaki Le voyage de Chihiro. Je me souviens qu’à l’époque la scène aviat fortement impressioné ma fille. Ici  aussi l’enfant assiste impuissant à la transformation de ses parents.

La fin du récit reste ouverte et aucun happy end ne vient rassurer le jeune lecteur. Ce conte sonne comme un avertissement : il ne tient qu’à nous de prendre en main notre vie et éviter de ceder à la tentation et à la convoitise, à nous de préserver ce qui est vraiment important.

Un petit livre qui se lit en une heure, pour les jeunes lecteurs peut-être, mais qui plaira sans doute aux grands.

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Féline – Bu Hui-ryeong

Après deux light-novel japonais (Le gardien de l’esprit sacréN°6) c’est au tour de la littérature jeunesse coréenne d’être à l’honneur sur Ma
petite Médiathèque.

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Féline

Bu Hui-ryeong

2006

traduit du coréen par Lim Yeong-hee et Françoise Nagel

Picquier jeunesse

2009 pour la traduction française

Lire un extrait

Ce roman c’est la vie d’un chat de gouttière qu’il nous raconte. Il est écrit  à la première personne. Le héros est un jeune chat que sa mère, l’estimant assez grand pour survivre par ses propres moyens, a abandonné. Apeuré et seul, il doit apprendre à sourvenir seul à ses besoins, chercher de la nouriture et se défendre des gros matous bien plus dangereux que les humains.

Alors qu’il est en quête de nourriture dans un parc, il y rencontre une jeune fille pas comme les autres. C’est le coup de foudre au premier regard ! Serait-elle ce que, dans le monde des chats, on appelle un homme-chat ?

La fille fouilla dans sa poche et en sorti quelques petits anchois séchés qu’elle me tendit. Pour la première fois de ma vie, je mangeai à même la main d’un humain. Elle était douce.

Tout en humectant les anchois de ma salive avant de les saisir entre mes canines, je pris une décision : J’allais l’apprivoiser.

Si Minet a le coup de foudre, Minyeong ne semble pas vouloir s’intéresser à lui. Réussira-t-il à la séduire et rester au près d’elle ?

Dans l’avant propos, l’auteur s’adresse à ses jeunes lecteurs dans ces termes :

Le souhait que je voudrais exprimer dans mon roman, c’est que vous appreniez à grandir pour devenir aussi autonomes que les chats. Même si ce n’est pas toujours facile !

C’est bien de cela qu’il est question dans ce court roman : le chemin vers l’émancipation que doit entreprendre tout adolescent. Tout comme Minet, à la fois personnage principal du roman et narrateur subjectif, la jeune Minyeong doit apprendre à laisser sa mère lui échapper et commencer à prendre soin d’elle-même. C’est ensemble que le jeune chat et l’adolescente vont parcourir la route qui mène à l’indépendance.

Le style de l’auteur est très plaisant. Elle nous offre un texte à la fois facile à lire et subtile. Bien qu’il s’adresse à des jeunes lecteurs j’ai pris un réel plaisir à lire ce roman. Les personnages sont très attachants, tout particulièrement le jeune chat qui jette sur les humains qui l’entourent un regard à la fois tendre et critique. Le fait de montrer les humain à travers les yeux de chat, permet de prendre un certains recul.

Quand on aime quelqu’un, c’est normal d’avoir envie de rester près de lui. J’étais sûr qu’elle avait de l’affection pour moi. Alors pourquoi avait-elle fait cela? Cela voulait-il dire que chez les humains le cœur et la tête ne fonctionnent pas en harmonie ? Pour quelle raison ?

Il arrive parfois que les humains se montrent plus sages que nous, mais pas toujours. Sur deux points, ils sont particulièrements bêtes. Tout d’abord, ils sont incapables d’oublier le passé. Ensuite, ils s’inquiètent à l’avance de l’avenir. Du coup, ils ratent le plus important : le présent. Ils ignorent la valeur de ce qu’ils possèdent. Ils désirent toujours ce qu’il ne peuvent pas
obtenir. Quelle bêtise !

La vie de chat nous est raconté avec beaucoup de détails : la chasse, la litière, la pluie… mais l’auteur sait comment captiver notre attention et ne jamais rendre le récit ennuyeux. Il s’agit du premier roman de l’auteur et je trouve qu’il est particulièrement réussi. J’espère que d’autres de ses romans seront traduit prochainement en français. Comme je l’ai dit plus haut, ce livre s’adresse aux jeunes lecteurs mais il plaira tout autant aux moins jeunes.

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Le gardien de l’esprit sacré

le gardien de l'esprit sacré

 couverture française illustré par Thomas Ehretsmann

Pratiquement un an après avoir écrit Light novel (en France) je vais enfin publier une première chroniques sur l’un des rares light-novel publié en France. Il s’ajit de Le gardien de l’esprit sacré écrit par Nahoko Uehashi (上橋 菜穂子). Évidemment la version française n’est pas présenté comme un light-novel, mais tout simplement comme roman jeunesse, publié aux éditions Milan en 2011.

Le texte original s’intitule 精霊の守り人 (Seirei no Moribito) et est sorti en 1996. Il est le premier tome de la série 守り人シリーズ  (Moribito shirîzu), Guardian series en anglais, série de 12 romans auquel on peut ajouter un guide et un livre de recettes. Seule le premier, Serei no Moribito, a déjà été traduit en français. On trouve une traduction anglaise des deux premiers romans sous les titres Moribito : Guardian of the Spirit et Moribito II : Guardian of Darkness.

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Couverture japonaise

Résumé :

Balsa, une femme guerrière, spécialiste de la lance courte, travaille comme garde du corps. Un jour, de passage dans la capitale du Nouveau Royaume de Yogo, elle sauve la vie du deuxième prince. Cet acte désintéressé va bouleverser sa vie. Le soir même, la deuxième reine va lui confier la vie du jeune prince qui est possédé par un esprit. Balsa va devoir protéger le prince des assassins du Mikado, mais une autre créature menace la vie du prince…

Mon avis :

Il y a quelques années j’ai vu l’anime adapté de ce roman. Lire un livre dont on connais déjà l’intrigue peut se révéler ennuyeux. Et pourtant, je me suis facilement laisser entraîner dans l’univers du Gardien de l’esprit sacré, recréant dans mon esprit des images bien différentes de celles que propose l’anime. Nahoko Uehashi sait très bien construire son univers, alternant action et contextualisation de façon a ne jamais ennuyer le lecteur, tout on offrant une vision claire et construite du monde dans lequel évoluent les personnages.

L’aventure mêle fantastique et combat, le tout dans un univers directement inspiré de la Chine et du Japon ancien. Les personnages sont intéressants et attachants.

En introduction je disais que le roman s’intègre dans une série, cependant, l’histoire a un début et une fin, il peut donc se suffire à lui-même. Ceci dit, j’ai aimé Balsa, le personnage principal, la femme guerrière, et j’aimerais la retrouver dans de nouvelles aventures, en apprendre plus sur elle. Je crois bien que je me laisserais prochainement tenter par l’édition anglaise du deuxième tome.

Quant à la qualité du livre, il est écrit de façon simple et fluide. Il se lit très facilement. Quant à la traduction, une seule maladresse m’a vraiment fait tiquer :

– … et enfin, un point vital très important pour toi, spécifique aux hommes de sexe masculin. […] p.86

Heu… les hommes de sexe féminin, moi je connais pas !

Le Gardian de l’esprit sacré est un light-novel, le propre de ce genre littéraire est de proposer des textes écrit dans un style simple, privilégiant les phrases courtes et les dialogues, critères que l’on retrouve dans notre roman jeunesse. Ceci dit, les édition Milan le classent dans leur roman pour les 7-11 ans. Si moi j’ai trouvé la lecture très rapide et facile, j’ai bien peur qu’un enfant de 7 ans n’y comprenne pas grand chose. J’aurais plutôt dis à partir de 10 ans.

Que l’on soit jeune ou pas, ce livre fera passer un bon moment à tous ceux qui aiment les histoires fantastiques et les ambiances extrême-orient. Pour moi, il a été un excellant compagnon de voyage donnant de jolies couleurs aux trajets « maison-travail ».

      site officiel

Le royaume de Shin-Yogo :

Le royaume de Shin-Yogo s’inspire de la Chine et du Japon anciens. A sa tête se trouve le Mikado : l’empereur, considéré comme une divinité sur terre. Tel était le cas de l’empereur japonais (aussi appelé Mikado), mais aussi de l’empereur chinois.

Les mikado du royaume de Shin-Yogo étaient considérés comme étant d’ascendance divine et avaient trois épouses. La première à donner un héritier mâle au Mikado devenait ipso facto la première épouse. La suivante à mettre au monde un garçon était la deuxième épouse et la dernière la troisième épouse. p.14

A côté de l’empereur, on trouve le Seidôshi, « Grand Maître de la Voie des Astres » qui est celui qui tire véritablement les ficelles et dirige la politique du royaume. Il dirige le palais des étoile où les « liseurs d’étoiles » sont capables de prédire l’avenir. Son influence sur le Mikado est très grande.

Seidôshi, « Grand Maître de la Voie des Astres », était le titre officiel du supérieur des liseurs d’étoiles. Il n’y en avait qu’un et aucune autre personne dans tout le royaume n’inspirait autant de respect, hormis le Mikado et son entourage immédiat, bien entendu. Et encore. Celui qui portait ce titre était considéré comme le plus sage parmi les sages du pays, et jouissait d’un tel pouvoir qu’il pouvait influencer jusqu’aux volontés du souverain. p 36

Si les « liseurs d’étoiles » ont pu me faire penser aux maîtres du Yin et Yang (onmyôji) du Japon antique, j’ignore si leur influence sur la politique était comparable à celle du Seidôshi du Nouveau Royaume de Yogo.

Shin-Yogo, une péninsule au nord de Yogo.

Le Nouveau Royaume de Yogo a pour territoire la vaste péninsule de Nayolo, prolongée au nord par la chaîne des Monts des Brumes bleues, et entourée au sud, à l’est et à l’ouest par l’Océan. p.36

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source : site officiel

Il y a deux cent ans, le puissant royaume de Yogo était en proie à une « lutte sanglante » entre les princes héritiers. Le troisième prince, Yogo Togugaru, abdiqua de son titre de prince et se retira. Kaïnan Nanaï, liseur d’étoile, se présenta à lui affirmant qu’une prophétie lui avait révélé que le destin du prince était de fonder un nouveau royaume dans une péninsule au nord. (pp.36-42)

La péninsule de Nayolo m’a fait penser à la Corée. Tout d’abord parce que c’est une péninsule et qu’elle est protégé au nord par une chaîne montagneuse, puis parce que, de longue date, le Japon a cherché (et parfois réussi) à soumettre la Corée. Cependant la Corée est situé à l’est du Japon et non au nord.

Par ailleurs le peuple autochtone, les Yakoo, me fait penser aux Aïnous qui peuplent le nord du Japon et notamment l’île d’Hokkaidô.

Avant la fondation du Nouveau Royaume de Yogo, cette terre était habitée par un peuple nommé Yakoo, au menton carré et à la peau sombre. Les Yakoo vivaient dans de petits hameaux disséminés dans les plaines aux climat doux de la péninsule. Ils étaient des cultivateurs et des chasseurs. (pp.36-37)

Ceci dit, le climat doux de Nayolo ne correspond pas vraiment avec celui d’Hokkaidô, réputée pour ses hivers rigoureux.

Pourtant les nombreuses réflexions à propos des Yakoo, me font penser à la situation du peuple Aïnou au Japon. Tanda, aprenti chaman et ami de Balsa, se questionne à de nombreuses reprise au sujet de l’intégration des Yakoo dans la société Yogo dominante (et colonisatrice).

Et puis tu dis « un autre Yakoo », mais de nos jours, les Yakoo, comme les autres peuples, sont très largement métissés, comme moi. (p.115)

Le village de Yoshiro où Tanda allait bientôt arriver était un petit bourg en amont de la rivière de l’Arc bleu. […] Les habitants étaient dans leur majorité des métis de Yakoo et de Yogo, et vivaient dans des huttes de boue séchée en forme de bol renversés, l’architecture traditionnelle des Yakoo. En revanche, ils avaient depuis longtemps adopté les vêtements des paysans yogo […]Ils parlaient exclusivement yogo[…]. (p 142)

Son visage n’avait rien d’une Yakoo. Si elle partait vivre en ville un jour, personne ne pourrait deviner qu’elle avait du sang yakoo.

« Voilà comment les choses évoluent, pensa Tanda. Les Yakoo vont-ils totalement disparaître de la surface de la Terre? » (p.144)

Décidément, les Yakoo étaient en train de perdre les savoirs que leurs anciens s’étaient transmis durant des siècles. Pour Tanda ce n’était pas une découverte, mais en avoir la confirmation de façon si franche le rendait triste. (p.147)

Ces réflexions sur la disparition des tradition du peuple aborigène, ne peut que faire penser à l’acculturation, voir l’assimilation du peuple Aïnou au Japon. Au fils des métissages avec le peuple nippon, les Aïnou ont vu leur culture s’effacer et ce n’est que très récemment que les autorité japonaises ont pris à cœur de protéger la culture et les tradition de ce peuple autochtone. Je me demande si les réflexion que Nahoko Uehashi prête à Tanda sur l’acculturation des Yakoo ne sont pas là pour faire réfléchir les lecteurs nippons sur le sort des minorité culturelles de leur propre pays. Et d’une façon générale de nous faire tous réfléchir sur les processus d’acculturation et de sauvegarde des différences culturelles au sain d’un pays.

Quand aux traditions Yakoo, je serait bien incapable de dire si elles ont, de près ou de loin, quelque chose à voir avec les croyances Aïnou.

De même, si la civilisation Yogo rappelle énormément le Japon de Heian, l’auteur crée un univers à part. Le royaume de Shin-Yogo a sa propre histoire, ses croyances, sa culture… Nahoko Uehashi a su créer un univers convaincant dans lequel s’intègre parfaitement cette aventure de « Balsa à la courte lance ».

L’anime :

Le gardien de l’esprit sacré a été adapté en anime en 2007 par les studios Production I.G. Série télévisé de 26 épisodes de 25 minutes.

Réalisation : Kamiyama Kenji

Chara design : Asou Gatou

Musique : Kawai Kenji

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 site officiel

Je garde un très bon souvenir de cet anime qui m’avait séduit autant par son scénario que par la réalisation. Mais je l’ai vu il y a trop longtemps pour pouvoir en dire plus. Le livre m’a donné envie de la revoir. En attendant de pouvoir lire ici un avis construit sur la série, je vous invite à lire ce qu’en pense a-yin.

Le coin des curieux :

Hein ?! Encore des choses à dire ?! Ben oui, une fois que je suis lancée, on me retiens plus XD

Bon ,allez, je vais faire court.

Serei no moribito a aussi connu une adaptation en manga par Kamui Fujiwara en 2008, pré-publié dans Shounen Gangan. La série fait 3 volumes, elle n’est pas licencié en France.

Nahoko Uehashi est aussi l’auteur de La charmeuse de bêtes, autre light-novel publié en français par les éditions Milan.

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Le garçon qui voulait devenir un être humain

le-garcon-qui-voulait-devenir-un-etre-humain-T1.jpg le garçon qui voulait devenir un être humain T2 le garçon qui voulait devenir un être humain T3

Titre VO : Videre mod nord

Auteur : Jørn Riel

éditions Gaïa (2002 pour la traduction française)

Traduction de Susanne Juul et Bernard Saint Bonnet

1980

Livre 1 : Le Naufrage

Livre 2 : Leiv, Narua et Apuluk

Livre 3 : … et Solvi

 

Résumé :

Nous somme vers l’an mil et Leiv, un jeune viking islandais rêve de venger son père, tué par Thorstein. Afin d’assouvir sa vengeance, Leiv se glisse discrètement sur le bateau de Thorstein qui part s’installer au Groenland. Ce n’est qu’en pleine mer qu’il est découvert. Trop tard pour faire demi tour. Fatigué par le cycle sans fin des vengeances et attendri par le jeune âge du garçon, Thorstein lui propose une trêve. Leiv devra attendre d’avoir les bras aussi long que ceux de son adversaire avant de pouvoir le défier. En attendant ce jour, Thorstein prendra soin du garçon.

Mais avant que le bateau n’ai pu atteindre les côtes du Groenland et la nouvelle colonie, le convoi est pris dans une tempête et Leiv fait naufrage. C’est Apuluk et Narua, deux jeunes inuit, qui le retrouveront encore en vie échoué sur une plage. Les deux enfants décident de l’adopter et c’est ainsi que de nouvelles aventures commenceront pour le jeune Leiv, loin de sa terre natale. Aventures qui feront de lui un « être humain ».

Ce que j’en pense :

Riel nous entraîne dans un joli conte épique où Leiv et ses deux amis inuit, Narua et Apuluk, auront à vivre de nombreuses aventures et verrons plusieurs fois leur vie menacée. Ensemble ils affronterons les danger de la vie sur cette terre de neige et de glace, la chasse, les voyages, mais aussi les dangereux viking et les pirates anglais. Ensemble ils vont grandir, mûrir et devenir des adultes. Dans cette quête initiatique, Leiv devra choisir son chemin, et il prendra celui des « êtres humains ».

Alors que la bibliothèque mettait en avant la littérature nordique, mon regard est tombé sur ce roman au département jeunesse. Le titre m’a immédiatement fait penser au film l’enfant qui voulait être un ours dont je vous ai parlé récemment. Et je ne me suis pas trompée puisque, ici aussi, il est question de inuits. Mais, si le titre me rappelle le film, qui s’inspire des légendes inuits, l’histoire elle, n’a rien à voir.

Ce n’est pas seulement à cause de la ressemblance avec le film, que ce titre à attiré mon attention. Vouloir devenir un être humain est assez étrange, non ? Ne le somme-nous pas déjà ? Voilà une question qui, à elle seule, me donnait envie de lire ce roman. Peut-être savez-vous déjà ce que ce titre sous-entend. Si ce n’est pas le cas, je ne vous en dirais rien ! Histoire de vous donner envie de lire cette trilogie qui vaut bien le détour.

Bien qu’à la bibliothèque le livre était présenté comme un roman jeunesse, il plaira aux jeunes et moins jeunes, pour peu qu’on aime les voyages initiatiques et la découverte d’autres cultures. Écrit dans le style de récit traditionnel des légendes du nord, l’histoire se divise en 3 livres, et chaque chapitre est introduit par un petit paragraphe qui nous annonce ce qui vas se passe.

La Tempête

… où Leiv fait preuve d’un certain manque d’expérience, mais se sort malgré tout d’un mauvais pas grâce à Narua…

 Il y a beaucoup d’aventure, mais ce que j’ai, peut-être, préféré c’est découvrir la vie chez les inuits. L’auteur en donne, une vision trop positive, quelque peu idéalisé, mais à l’entendre nous raconter, on aurait bien envie d’aller vivre avec eux.

Les enfants n’avaient aucune notion du temps. Ils dormaient quand ils étaient fatigués, jouaient souvent dehors en pleine nuit, mangeaient quand ils avaient faim, et travaillaient quand ils en avaient envie. C’était peut-être pour cette raison que les enfants inuit grandissaient et devenait des être humains joyeux et heureux de vivre.

[…]

« Chez nous on ne réveille jamais quelqu’un qui dort » […] « parce que […] quand nous dormons, nous mourrons un petit peu. Quand tu dors, ton âme part en voyage, et si on réveille ton corps au mauvais moment, il n’est pas sûr que ton âme puisse retrouver son chemin »

 Aller chez les inuit oui, sauf peut-être pour le froid… et la nourriture !

On les invita à manger autant qu’il le pouvait de nombreux mets délicieux qu’on leur avait préparé.

Et il y avait là de quoi remplir l’estomac ! Il y avait de la viande de renne séchée, de la viande de phoque dans de nombreuses préparations, fraîche, pourrie, bouillie ou séchée. Il y avait des petits poissons que l’on nomme capelans, des guillemots bouillis, du saumon, des mergules confit, des myrtilles marinées dans l’huile de poisson et le contenu d’un estomac de renne.

Un vrai repas de fête ! Vous reprendrez bien un peu de phoque pourri ?

Ok, les repas de fête ne font pas vraiment saliver, mais le bouquin, enfin, les 3, sont succulent et je vous les recommande chaudement.

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Quant d’heure nostalgie avec Pandi

Cette foi, la chronique livre jeunesse ne sera pas dédiée à un livre que je découvre, mais à une oeuvre qui me renvoie en enfance.

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j’ai emprunté un des albums de Pandi à la bibliothèque pour Mimi-chan. Depuis bientôt deux semaine elle me le réclame chaque soir. Et moi, qui généralement déteste le genre de livre enfant simpliste à l’instar de L’âne Trotro, T’chupi, Petit ours brun (alors lui vraiment j’ai jamais pu le piffrer!)… avec Pandi je suis ravie.

Tout d’abourd j’aime beaucoup le dessin, c’est « cro mi’non » comme dirait Mimi-chan. Et puis c’est ma madeleine à moi. Je me souviens avoir possédé plusieurs de ses albums quand j’étais toutes petite. Déjà à l’époque la bouille du petit panda m’avais fait craquer et depuis j’ai un faible pour ces petites bêtes.

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Et finalement, l’histoire n’est pas si simpliste que ça. Contrairement à T’choupi où l’on ne raconte le quotidien d’une journée ordinaire, Pandi fait appel à l’imagination. Et contrairement à Trotro qui ne fait que des bêtise, Pandi invente des jeux amusant et pas stupides, comme par exemple partir à l’aventure dans la maison un jour de pluie en jouant les explorateurs. Le vocabulaire y est aussi plus recherché, tout en ayant des phrases simples. Mimi-chan y a appris des tas de nouveau mots :

« maman, c’est quoi l’aventure? »

« maman, c’est quoi un explorateur? »

« maman, c’est quoi un oasis ? »

« maman, ça veut dire quoi ascension ? »

Cela implique que je passe du temps à essayer de trouver des explications qu’elle puisse comprendre. Comment expliquer ce qu’est l’aventure ? Mais c’est plus stimulant que « à la cantine il y a du poisson pané et des petits pois » ou « T’choupi enlève son manteau ».

Non seulement l’histoire est un chouia plus complexe, plus imaginative, mais en plus on y trouve le deuxième degré : alors que Pandi prétend avoir trouvé un oasis, l’image montre le frigo. L’enfant doit alors comprendre ce qu’est une oasis et pourquoi Pandi prétend que le frigo en est une. Cela stimule son imagination et donne de bonne idée de jeux.

Et moi, je savoure ma madeleine sur le lit de mon enfant (^-^)

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Malheureusement les albums de Pandi ne sont plus commercialisé, mais on peut encore en trouver d’occaz.

Quant à l’auteur, Oda Taro, je n’ai pas trouvé beaucoup d’infos sur lui, si ce n’est qu’il est italien, de son vrai nom Antonio Lupatelli. Il a travaillé en France sous le pseudonyme Tony Wolf, puis en Italie sous le nom de Oda Taro comme illustrateur pour livres d’enfants.

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Ouanji

Magnifique album jeunesse de Adrien Chapuis publié par les éditions du Rocher dans la collection Lo Païs d’Enfance (2005).

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L’histoire :

Ouanji, un petit panda, vit seul dans une clairière abandonnée. Souffrant de solitude, il rêve de pouvoir voler comme les oiseaux qu’il voit passer. Un jour il décide de s’envoler. Mais, il a beau essayer, il tombe toujours avec fracas. La situation risque de devenir dangereuse. Brizcoli, le colibri, part d’avertir le Grand Conseil des Sages. Celui-ci décide d’envoyer Lonkou le héron voir ce qui se passe. Ouanji va alors jouer de la flute au héron qui, transporté par la musique, va comprendre les sentiments du panda et décider le lui faire connaître l’expérience du vol.

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J’ai complètement craqué pour ce petit panda !! Les dessins sont magnifiques. Différentes textures, trames et couleurs se mélanges harmonieusement pour nous offrir de superbes illustrations. Ce que je préfère ce sont les croquis du panda tellement kawaii ! ! (oups! pardon, tellement mignon ^-^)

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Plus d’image sur le site de l’auteur, ici : link

L’histoire, bien qu’elle ne soit pas particulièrement originale, est jolie et très agréable. Elle complète parfaitement les illustrations qui, à elles seules, valent le détour. Un superbe album à mettre entre les main de tout les petits, et leur aîné fan de panda, comme moi (^_^)

En tout cas, moi, je me régale à chaque fois. Je regrette même que Mimi ne le choisisse pas plus souvent.

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Le vieux fou de dessin

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François Place
aux éditions Folio Junior
Collection Drôle d’aventure
1997
Résumé :
Le jeune Tojiro est un petit vendeur ambulant qui distribue ses gâteaux de riz dans les rues d’Edo. Parmi ses clients il compte un vieux peintre qui lui achète toujours quelques gâteau. Un jour, celui-ci va proposer à Tojiro de le prendre comme commis. Chaque matin il travaillera dans son atelier. En échange, il lui apprendra à lire et écrire. Le vieux peintre n’est autre qu’Hokusaï, le grand maître d’estampes japonaises.
Tout au long de ce court roman pour enfant on découvre les secrets de la fabrication des estampes : on visite l’atelier du graveur, on découvre des anecdotes sur la vie et l’oeuvre du grand maître… et la vie dans les rue d’Edo à la fin du 19° siècle.
Mon avis :
Le langage est très simple, le roman s’adresse aux enfants à partir de 9 ans. Les chapitres sont très cour. Idéal pour les jeunes qui se passionnent pour le Japon et sa culture. Un façon amusante d’en apprendre plus sur Hokusaï et l’art de l’estampe japonaise. Les dessins de François Place, illustrent à la perfection ce récit, transmettant l’ambiance des estampes de l’époque. On y apprends un peu de vocabulaire, de technique, de l’histoire de l’art…
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Conseil dispensé par le vieux peintre à son disciple :
Apprends à regarder en silence, si tu ne veux pas que le bruit chasse devant tes yeux la beauté des choses fragiles…
Un bon conseil pour les petit et les grand !
Le livre à été réédite en 1999. Retrouvez-le sur le site de Gallimard Jeunesse, Folio Junior

Et pour admirer le travail du grand maître, rendez-vous sur le site Bnf – l’estampe japonaise :
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