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Nulle part a Niort

quatrième de couverture :

Si la salle du conseil municipal de Niort avait été une église, le citoyen aurait pu y jouer de l’orgue. De son perchoir, il avait une vue panoramique sur l’ensemble de la nef… Une scénographie prémonitoire qui aurait comme anticipé l’irrémédiable déclin du politique… Une scénographie limpide comme toutes les mises en scène religieuses car chacun sait que les croyants ne sont pas là pour réfléchir. Les élus de la majorité étaient donc disposés en fer à cheval, le regard tourné vers l’autel. Ainsi, aucun ne pouvait échapper à la vigilance du mâle dominant. Le choix du fer à cheval avait aussi l’avantage de dégager une fosse centrale réservée à l’opposition… Avec un rapport de force qui ne laissait aucun doute sur l’issue de la célébration… Trois douzaines d’élus majoritaires encerclaient neuf élus d’opposition… Avec une telle disposition, chaque messe municipale s’achevait nécessairement par l’absolution…

C’était un soir d’hiver. Je rentrais à Niort par le train. Ma semaine de travail se terminait et je me souvenais de cette affiche aperçue sur la caisse de la librairie où j’ai mes habitudes. Elle annonçait une rencontre avec un écrivain niortais pour le vendredi en question. Je m’y rendai donc par pure curiosité n’ayant ni lu ce livre, ni aucun autre de l’auteur.

Une fois sur place j’ai acheté le livre et profité de la présence de l’auteur pour me le faire dédicacer. Tant qu’à rencontrer un auteur, autant lire son bouquin me disais-je. Mais secrètement je m’attendais à ne pas aimer. J’avais cru comprendre qu’il était question de politique et moi et la politique… j’avais peur de trouver cela fort ennuyeux.

Et ben non !! Dès le début je l’ai trouvé très sympa à lire. J’aime la façon dont le livre est écrit, avec beaucoup de dialogues qui le rendent très vivant. Le style est très plaisant, fluide. Je l’ai lu à une vitesse incroyable, moi qui suis d’ordinaire si lente ! C’était un vrai plaisir.

Quand à l’histoire, elle n’est finalement pas ennuyeuse du tout. Ecrit à la façon d’un roman policier, on se prend bien vite au jeu et on enchaîne les pages sans presque se rendre compte qu’il n’est pas question de crime, mais plutôt de nous montrer les rouages du pouvoir politique local.

Il y a un grand nombre de personnages, le Maire, les élus locaux, les journalistes… Nicolas Marjault réussi à tous les rendre vivants. Ce ne sont pas que des noms, mais des personnalités que l’on rencontre.

Vivant, vivant… je n’ai que ce mot à la bouche, mais c’est ce que j’ai retenu de ce livre. Les personnages parlent et évoluent de façon très cinématographique. On les voit vraiment. Et c’est exactement le genre de littérature que j’aime. Je veux voir l’histoire que je lis.

Bref une très bonne découverte et un agréable moment de lecture. Peut-être pas un livre qui me marquera dans le temps mais un très bon moment passé.

Mais ce livre parlera-t-il a ceux qui ne connaissent pas la ville de Niort ?

Si s’était amusant de retrouver des lieux qui me sont connu, je ne trouve pas que son aspect local et eu un grand impact sur ma lecture. Cela aurait très bien pu être ailleurs.

Découvrez le livre sur le site de l’éditeur


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Cassandra

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Que pensez-vous de cette couverture ? Franchement moi j’adore.

Bon, j’aime le rouge et ici je suis servie, surtout que c’est un beau rouge. Mais il se dégage quelques chose d’intrigant de cette couverture, une atmosphère pesante avec cette pointe de mystère qui donne envie de découvrir ce qui se cache derrière cette illustration.

Et ce qui se cache derrière la couverture c’est un polar dessiné par Marco Caselli et scénarisé par Leonardo Valenti. Le duo d’italien nous offre une adaptation d’une nouvelle éponyme de Giancarlo de Cataldo, un auteur de roman policier tout aussi italien. La version française nous est proposé par les éditions Asiatika.

Vous l’avez compris, ça sent l’Italie à plein né et pourtant son éditeur français classe cette bd dans son catalogue manga. Oui, oui. Pourquoi ? Ben au fait j’en sais rien, je suis assez surprise car en dehors d’un format poche et d’un dessin noir et blanc je ne vois pas trop le lien entre ce titre et le terme de manga. Les auteurs ont-il voulu faire du « manga italien » comme certains font du « manga français » ? Est-ce un choix purement commercial ? Je vous avoue ne pas avoir mené d’enquête sur la question. Pour ma part je ne retrouve rien du manga dans ce titre mais cela n’enlève en rien au plaisir que j’ai eu à le découvrir. Manga, bd, graphic novel... finalement peu importe l’étiquette tant que le plaisir de la lecture est là.

Cassandra commence dans les bas fonds d’une Rome qui n’a rien de la terre promise que Feisal était venu chercher.

Le pays est l’Italie, mais ce n’est pas l’Italie. La ville est Rome, mais ce n’est pas Rome…

C’est sur cette phrase énigmatique que s’ouvre le récit. Feisal n’aura guère le temps de s’attarder sur ses réflexions. Il sera victime d’un meurtre particulièrement violent. Un meurtre et un bar louche. Un jeune homme qui fait toujours le même rêve ou sa propre tête roule à ses pieds. Une femme sublime qui cache quelques chose…

Voici les images par lesquelles commence ce récit. Je ne veux pas trop en dire pour ne pas gâcher la surprise. En 154 pages on découvrira qui a tué Feisal, ce que cache cette femme et pourquoi le jeune homme fait toujours ce rêve mais finalement ce que l’on découvre n’est pas ce qu’il y a de plus important. Le véritable personnage de cette histoire c’est peut-être Rome et cette ambiance pesante, pleine de haine et de contradictions qui nous suit tout au long du récit.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce titre sans trop savoir vous dire pourquoi. En décortiquant chaque élément j’ai trouvé plusieurs défauts mais l’ensemble dégage un quelques chose qui m’a tenu en haleine qui m’a plongé dans le récit.

J’ai aimé les 2 personnages principaux que l’on voit sur la couverture. Je les trouve attachant bien que la rapidité du récit ne permette pas d’entrer assez dans leur intimité.

Quand au dessin il est étrangement inégal d’une planche à l’autre mais à l’instar du récit il a réussi à me captiver et me charmer faisant oublier ses défauts. J’aime le style (qui d’ailleurs me fait plus penser à des influences américaines que japonaises). La mise en page est dynamique et fonctionne très bien.

J’ai bien aimé ce jeu de puzzle par lequel commence l’histoire. Le récit prend peu à peu forme et devient finalement limpide. Si l’enquête n’a en elle même rien de palpitant, elle m’a paru surtout être un prétexte pour amener ces personnages à se rencontrer. Des personnages à la dérive qui se cherchent sans vraiment parvenir a s’accrocher l’un à l’autre.

Que dire de plus ? Une chouette découverte qui me fait à la fois découvrir l’éditeur et les auteurs. Un polar noir plutôt réussi.

Merci aux édition Asiatika pour cette découverte

Aucun texte alternatif disponible.

Cassandra
Leonardo Valenti – Marco Caselli
éditions Asiatika
prix : 8€
sorti en septembre 2015
Dimensions : 21 x 14,8
Nombre de pages 156
ISBN 9791095224044


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A Mortal Curiosity, une enquête de Lizzie Martin

J’ai découvert les romans d’Ann Granger très récemment avec le premier tome des aventures de Lizzie. J’avais été séduite par l’ambiance, les personnages et le décor : Londres du XIX siècle. J’ai voulu continuer l’expérience avec le deuxième tome, que cette fois j’ai lu en version originale.

Dans ce deuxième tome, Lizzie quitte Londres pour la campagne et le bord de mer où elle a été emboucher par Mr Roche comme dame de compagnie pour sa nièce, Lucy Craven, qui vient de perdre son enfant.

Lizzie attirant les problèmes et les histoires macabres, elle est à peine arrivée qu’un meurtre vient assombrir le tableau déjà bien glauque dans cette maison dirigé par la Christine Roche, une femme qui n’a que la bonne réputation de sa famille à la bouche. Lizzie ayant un allié dans la place, fait en sorte que ce soit l’inspecteur Ross qui vienne enquêter. Les voilà réuni dans une nouvelle enquête bien plus complexe qu’on aimerait leur faire croire.

Ann Granger

Tout comme dans le premier tome, j’ai aimé la background de l’histoire. Ann Granger s’applique à très bien décrire la vie de l’époque (l’histoire se déroule en 1864) et a distiller de petites doses d’information historiques sans jamais devenir ennuyeuse. J’aime beaucoup ça, j’ai l’impression d’apprendre des choses tout en m’amusant.

Les personnages sont toujours aussi intéressant et attachant. Lizzie est en avance sur son temps. Femme libre d’esprit elle doit toujours faire attention à ne pas heurter les sensibilités de ses contemporains mais elle a du mal à accepter sa position de femme et à se taire. Mais il y a toujours des hommes pour aimer ça. L’inspecteurs Ross a-t-il de quoi s’inquiéter ? Leur relation va-t-elle évoluer ? Lizzie n’est pas le genre de fleurs bleu à se laisser séduire par la romance, il y a des choses bien plus importantes, comme ce meurtre à résoudre par exemple !

Qu’en est-il de l’enquête ? Si elle ne manque pas de piment avec ses histoires de familles compliquées, je trouve que Ann Granger donne de trop gros indices sur la trame de l’histoire des les premiers chapitres. Cela pouvait passer dans le premier tome puisque on ne s’y attend pas, on ne fait pas forcement le lien, mais avec se deuxième tome, c’est trop évident et cela gâche le suspens d’une partie de l’intrigue. Ceci dit cela n’a pas gaché mon plaisir de lecture car plus que savoir ce qui est arrivé, j’étais curieuse de savoir quand et comment Lizzie allait comprendre.

Bref, un roman très agréable, assez facile à suivre en version originale (même si j’ai eu un peu de mal à suivre les description vestimentaires).


Le coin de curieux

Comme je disais plus haut, Ann Granger aime disseminer quelques informations sur l’époque dans ses romans. Dans le premier tome on apprenais quelques détails sur Scotland Yard et son origine, ici c’est dans un hôpital qu’on fait un mini cours d’histoire. L’inspecteur Ross et son adjoint s’étonnent de la présence d’infirmières dans l’hôpital militaire qu’il visitent (Netley Hospital, fondé en 1856). Le docteur qui les reçoit leur explique que la présence d’infirmière est due à l’influence de Florence Nightingale. Qui ça ? Moi je n’en avais jamais entendu parler, je suis donc allé chercher quelques info pour mourir un peu moins bête ^^

 Florence Nightingale est née en 1820. Née dans une famille riche anglaise, Florence a reçu une très bonne éducation : français, latin, grec et j’en passe. C’est avec l’épidémie de grippe qui frappe le sud de l’Angleterre en 1837 que Florence commence à jouer le rôle d’infirmière auprès des malades avant de reprendre des études avec un percepteur en 1839.

C’est en 1852 qu’elle optient enfin l’autorisation de ses parent pour suivre une formation de soignante qu’elle fait à Paris. En 1854 elle part en Crimée avec 38 autres infirmières volontaires. Là-bas elles sont confrontées à des très mauvaise conditions sanitaires ce qui fait que de très nombreux soldats meurent de maladie et non suite à leur blessures de guerre. Cette expérience va la marque et à son retour en Angleterre elle va étudier la question de la gestion sanitaire dans les hôpitaux. En 1860 elle fondé une école d’infirmières  (on y fait allusion dans le roman). Cette école existe toujours.

Ce n’est que les grandes lignes piochées sur Wikipedia,  mais c’est assez pour se rendre compte que c’était une sacrée femme.

Florence Nightingale (« La dame à la lampe ») durant la guerre de Crimée (par Henrietta Rae)

 

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Lizzie Martin, meurtre et tasses de thé

Je viens de lire le premier volet des aventures de Lizzie Martin de Ann Granger: Un intérêt particulier pour les mort et je suis conquise.

Je ne m’attarderais pas longtemps sur le pitch qui est somme tout assez simple : Lizzie, fille de médecin provinciale restée sans le sous à la mort de son père, gagne Londres pour y travailler comme dame de compagnie. Nous sommes en 1864 et la révolutions industrielle bat son plein transformant la ville et toute la société à grande vitesse. A peine arrivée à Londres Lizzie se trouve mêlée à une histoire de meurtre.

construction du métro de Londres en 1867

Le meurtre est ici plus un prétexte pour suivre Lizzie dans cette société londonienne en pleine mutation qu’une enquête palpitante, bien que je me soie prise au jeu et aie tenté de deviner qui pouvait être le meurtrier. Ce que j’ai aimé avant tout c’est le contexte dans lequel évolue l’héroïne et son décalage par rapport au comportement qu’on attends d’elle en tant que jeune femme de bonne famille.

parodie de la robe à crinoline des années 1860

Le récit, bien que léger et fluide, est richement saupoudré de détails soulignant les avancées scientifiques de l’époque (on cite Pasteur ou encore Darwin), les conditions de travail, la vie de Londres dans divers quartiers… Sans jamais devenir rébarbatifs, tous ces détails rendent le contexte très réaliste et vivant. On a vraiment l’impression d’y être et c’est très agréable. Cela donne aussi un ton un peu plus intelligent. Tout en se distrayant on apprends des choses sur le Londres du XIX siècle.

Darwin en 1860

Après le décors, les héros. Tous les personnages sont bien construit. si certains sont vraiment caricaturaux, leur présence apporte une touche d’humour et rendent le récit plus léger sans pour autant tomber dans le ridicule. Le cliché est très bien exploité et Lizzie est mise en valeur par ces personnages secondaires un peu grotesques (tout en étant très vraisemblables ! après tout les gens grotesques aux idées étroites il y en a plein les rues et la pauvre Lizzie à bien du mal à refréner son envie de leur clouer le bec).

Lizzie est une jeune femme intelligente et libre et qui a bien du mal à ce plier aux exigences de la société qui attends d’elle qu’elle se taise. Pas question pour elle de se faire humilier par des odieux patriarches hypocrites ! Ayant reçu une éducation particulière par un père humaniste et progressiste, elle est en avance sur son temps, se soucie des petites gens et ne fait que peu de cas de la bienséance bourgeoise. Son esprit vif et rebelle, son sens de la répartie la rendent particulièrement sympathique.

robes de 1864

Quant au style, je n’ai aucunement les compétences requises pour en faire la critique. Je dirais seulement que l’écriture est très fluide, c’est plaisant à lire. L’alternance entre le point de vue de l’héroïne et celui du commissaire en charge de l’enquête donne un bon rythme à l’ensemble.

Bref un petit livre très sympa à lire, parfait pour se détendre sans se prendre la tête sans pour autant tomber dans la niaiserie. A déguster avec une bonne tasse de thé, of course !

Garrick Club King St Covent Garden Illustrated London News 1864

Un intérêt particulier pour les mort est le premier volet d’une série de 5 tomas ayant comme personnage principal Lizzie Martin. Pour en savoir plus sur cette série, visitez le site de l’éditeur : 10/18, collection Grands détectives, sur les 5 tomes 4 sont disponibles en français. A découvrir aussi (en anglais) site de l’auteur.

⇒ Lire un extrait


Le coin de curieux :

Sir Robert Peel

Pour la petite histoire, l’enquête est menée par un jeune commissaire de Scotland Yard, police métropolitaine de Londres. Celle-ci a été fondé en 1829 par Sir Robert Peel. Dans le roman on fait grand cas du nouveau casque bombé qui les policiers viennent d’adopter.

Les images de mode viennent d’un intéressant article sur la mode victorienne que vous trouverez ICI.

Pour voir d’autres photo de Londres au XIX, faite un tours par LA.

Pour tout savoir sur l’histoire de Scotland Yard allez sur le site de Metropolitan Police

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Petites coupures à Shioguni

C’est au Festival d’Angoulême que j’ai découvert pour la première fois cette BD, le dessin de Florent Chavouet (que je connaissais déjà pour son Tokyo Sanpo) ainsi que la mise en scène et le découpage des pages m’avaient tout de suite plus. Mais je n’en avait fait qu’une lecture en diagonale et n’avais pas tout suivi de l’intrigue. Un lecture commune avec l’équipe k.bd était l’occasion rêvé pour revenir sur cette BD (et une excellente excuse pour me l’offrir !). C’est donc en toute hâte que je me suis rendue hier matin à la librairie et que j’en suis revenue avec le précieux trésor et intersession de faire un petite chronique dans la foulée (je suis déjà à la bourre!!)

N’ayant que préalablement survolé le livre, j’ai pris un réel plaisir à le (re)découvrir.

Après avoir publié deux carnet de voyage (Tokyo Sanpo et Manabé Shima) Florent Chavouet se lance dans une nouvelle aventure, celle de la bande dessinée, avec Petites Coupure à Shioguni. Pour une première, elle est drôlement réussie !

Petites Coupures à Shioguni  est un drôle de roman policier où tout ce que l’on croyait avoir compris n’était en fait qu’une fausse piste. Un jeu de piste fait de petites coupures de journaux, de témoignages récolté par un journaliste, de notes écrites sur son carnet…

Tout commence dans un petit restaurent de Shioguni (ville fictive), trois yakuza entrent dans le resto pour réclamer à Kenji, le jeune cuisinier, l’argent qu’il leur a emprunté. Du moins c’est ce que raconte la fille au sweat rose. Mais que faisait là cette fille ? Simple témoin ? Où est-elle passé ?

De témoignage en témoignage on remonte le fils de l’histoire, une histoire qui finalement ne se relève pas si simple que ça. Une histoire ? Y-a-t il au moins une histoire ?

Un scénario très original servi par une mise en page très hétérogène, ou s’entremêlent prises de notes, passages narratifs, flashback, interviews… Un cahos qu’on retrouve également dans les illustrations de Chavouet, très riches en détails et en couleur. Le découpage de l’action, avec des allées et venues dans la chronologie des évennement à quelque chose de très cinématographique, tout comme l’ambiance de vieux polar qui s’en dégage. Une histoire construite en puzzle qui se révèle très drôle, tout en gardant un rythme et une tension propre au récit à suspens.

Visuellement c’est aussi agréable qu’inattendu. Inattendu par sa mise en page particulière ne laissant aucune place au vide. Il n’y a pratiquement aucune case, tout comme il n’y a aucune page blanche, ni au début ni à la fin de l’ouvrage. Quant au dessin de l’auteur, s’il a évolué par rapport Tokyo Sanpo, il garde cette patte particulière et ce trait de crayon et de couleur que j’avais aimé dans son carnet de voyage.

Bref un très beau livre. Seul bémon, vous allez rire, l’odeur. Oui, l’odeur ! Je n’aime pas l’odeur de papier que décage le livre. J’espère qu’elle va s’estomper. Je fait partie de ces gens bizarres qui aiment sniffer les livres alors pour moi c’est important.

2015-06-24 18.32.18

à lire aussi les avis de Jérôme, Mo’,  ChocoYvan et Kiba-chan

découvrez le site ce Florent Chavouet

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Le Juge Bao & le phoenix de jade

J’ai acheté ce premier tome il y a 2 ans au salon du livre. Puis je l’ai posé là et je l’ai oublié… C’est au moment de préparer nos lectures communes avec l’équipe de K.BD que le titre est remonté à la surface de mon interminable PAL. Je m’étais dit que je pourrais lire quelques autres tomes avant de me lancer dans la rédaction de ce petit billet, mais finalement non ! Non pas que je ne souhaite pas lire la suite mais… mon billet risque de ne pas voir le jour avant 2 ans.

Trêve de bavardage, entrons dans le vif du sujet ! Qu’ai-je pensé de ce “global manhua” franco-chinois ?

 

Le juge Bao est un personnage mythique ayant réellement existé au XI siècle. Sa réputation d’homme de lois à la vertu irréprochable fit de lui un mythe inspirant de nombreuses adaptations. Patrick Marty (scénario) et Chongrui Nie (dessin) nous livrent ici là leur sous forme de manhua au graphisme et au format traditionnel, parue aux Editions Fei.

 

Dans la Chine du XI siècle, sous le règne de la des Song du Nord (960-1126), le juge Bao arpente les différentes provinces de l’empire pour lutter contre la corruption des notables. Son impartialité en fait un juge impitoyable. Les coupables, riches ou pauvres, influents ou non, seront châtiés avec la même sévérité.

Le juge Bao est aidé dans sa tache par son escorte : Zhan Zhao, son garde du corps, Bao Xing, son page, Gongsun Ce son assistant et une petite troupe d’une vingtaine de soldats. Une belle brochette de personnages avec lesquels on commence à faire connaissance dans ce premier tome. La personnalité très forte du juge, sa droiture le rendent intéressant sans pour autant effacer les personnages secondaires qui sont savamment mis en valeur par un scénario bien équilibré où la stratégie et la ruse laissent aussi un peu de place à l’action notamment par l’intermédiaire de Zhan Zhao, le garde du corps au grand cœur. Le juge lui-même n’hésite pas à se mettre dans des situations difficiles pour découvrir la vérité.

Un scénario digne d’un bon roman policier, qui tiens la route, avec pas beaucoup de suspens mais une intrigue relativement complexe.

Qu’en est-il du dessin ? Le dessin est la première chose qui m’aie attiré vers de titre. Les grands kakemono qui décoraient le stand de l’éditeurs m’avaient attiré de loin. Le style rappelant les vieilles gravures s’accorde très bien avec l’ambiance médiévale du récit. Cependant il y a quelque chose qui m’a beaucoup gêné à la lecture : le dessin est très figé, il ne rends pas du tout le mouvement. Les personnages sont comme cueillis le geste resté en suspend, bloqué dans l’immobilité de la planche. Si en regardant planche par planche la chose ne m’avait pas sauté aux yeux, en lisant l’histoire j’ai éprouvé une étrange sensation, comme un décalage entre l’image et le dialogue. Je ne sais pas si j’arrive à bien explique mon ressenti. Un dessin, par définition est toujours figé. Mais certains illustrateurs arrivent à donner une impression de mouvement à leurs dessins. Ici c’est tout le contraire, le personnages sont comme photographié les bras en l’air et leur geste est arrêté net. Cela donne une drôle d’impression. Cela casse le rythme de la lecture.

En dehors de cet aspect figé, je trouve le dessin très beau. On dirait que la matière est enlevée comme quand on sculpte un bois pour la gravure, plutôt que la feuille blanche noircie par le pinceau. C’est très original.

 

En conclusion ce premier tome m’a plu par son intrigue et ses personnages. J’ai été impressionnée par le dessin beau et original, même s’il manque de fluidité. La série fait 6 tomes, je me laisserais tenter à l’occasion par la suite.

A lire aussi les avis de Mo’ et Yvan

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La conspiration des miroirs

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La conspiration des miroirs

Giulio Leoni

traduit par Nathalie Bauer

éditions 10-18

Collection Grand détective

2008

Quatrième de couverture :

Août 1300. Dans un marais proche de Florence, un bateau de guerre est échoué sur la rive de l’Arno. À son bord, les marins semblent pétrifiés, saisis par la mort. Dans la cabine du capitaine, trois Sarrasins, à l’évidence empoisonnés. À leurs pieds, un engin mécanique en morceaux, et un parchemin indéchiffrable… En qualité de prieur de la ville, Dante est mandaté sur les lieux de cette scène étrange. Les indices s’accumulent, les pistes se multiplient, plongeant le poète dans des abîmes de perplexité. Que signifie ce motif octogonal qui revient sans cesse, tracé sur des parchemins ? Quelle est cette énigmatique machine qui semble obséder tout ce que l’Italie de la Renaissance compte de savants ? Et pourquoi le nom de l’empereur Frédéric II, dont la rumeur dit qu’il aurait été empoisonné, est-il mêlé à cette affaire ? Ce que Dante ignore, c’est qu’il vient de mettre le doigt dans un engrenage fatal, un complot impliquant les plus grandes figures du pouvoir florentin…

Mon avis :

L’intérêt de ce livre réside avant tout dans son ambiantation : Dante et la Florence du Moyen-Age. L’intrigue est, quant à elle, trop complexe, trop mystérieuse, trop métaphysique. Bref, j’y ai pas compris grand chose et elle n’a pas vraiment stimulé ma curiosité.

Le style a également la lourdeur de l’intrigue. C’est beau, c’est poétique mais c’est un peu trop pesant parfois. Si ce n’avait pas été Dante ou Florence, je n’aurais sans doute pas poussé la lecture jusqu’à la dernière page ! Cela ne m’a pas empêché d’apprécier quelques tournures remarquables dont Leoni fleuri son texte.

On aurait dit qu’ils s’étaient donné rendez-vous dans l’attente d’un dernier pèlerin. Or c’était la Mort, la plus indésirable des hôtes, qui les avait rejoint. À moins qu’elle ne les eût précédés, sa face macabre dissimulé sous le visage de l’un d’entre eux, s’apprêtant à prendre la barre de leur vies dans cette tour délabrée comme elle l’avait fait un peu plus tôt sur le navire des trépassés.

Fouiller dans les livres d’autrui n’équivalait-il pas à fouiller dans son âme?

Mon incompréhension de l’intrigue vient sans doute de mon ignorance. Je n’ai que quelques vagues souvenir datant du collège sur l’histoire de l’Italie moyenâgeuse. Si ce livre m’a donné envie d’en savoir plus, je regrette qu’il n’ai pas su se mettre à la porté de tous par quelques notes en bas de page ou un petit lexique.


Le coin des curieux :

J’ai du me constituer un petit lexique pour mieux comprendre. Afin de vous éviter cette peine je partage donc le fruit de mon labeur.

Prieur

Dans le roman, on découvre que Dante est prieur de la ville de Florence. Je connaissais ce mot que j’associait à la hiérarchie des ordres religieux catholiques. Mais qu’est-ce que tout cela avait à voir avec Dante ? Et pourquoi « les prieurs de Florence » ?

Et bien voilà, si le terme désigne bien une distinction dans la hiérarchie religieuse, il est aussi utilisé au Moyen Age, dans de nombreuses communes italiennes, notamment à Florence, ville où se déroule l’intrigue. On nommait prieurs les membres du gouvernement de la ville. A Florence Palazzo Vecchio, qui se trouve sur la place de la Seigneurie, était avant nommé Palazzo dei priori.

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Palazzo Vecchio

Barigel

Dante se fait seconder dans ses enquêtes par le barigel et ses soldats. Mais qu’est-ce donc un barigel ? Je ne sais pas vous, mais moi je n’avais jamais entendu ce nom avant. Ce mot vient du latin médiéval et désigne l’officier préposé au service de police dans de nombreuses communes de l’Italie du Moyen Age. C’est le cas à Florence.

Gabelou

Ce mot désigne le douanier qui est chargé de la collecte de la gabelle, impôt sur le sel. Aujourd’hui on l’utilise comme synonyme de douanier.

Guelfes et Gibelins

Les guelfes et les gibelins sont deux faction politiques qui s’opposent dans l’Italie du treizième et quatorzième siècle. D’un côté les guelfes soutiennent le pape, de l’autre les gibelins appuient le pouvoir du Saint-Empire romain germanique.

Afin de mieux comprendre, il faudrait aussi en apprendre plus sur l’empereur Frédéric Ier (Barberousse) ou encore sur le pape Boniface, deux personnages historiques importants auxquels il est fait plusieurs fois allusion. Frédéric Ier se retrouve même au premier plan de l’intrigue, bien que l’histoire se déroule en 1300 et que l’empereur Frédéric soit mort en 1190. Mais là ça demande trop de travail et… j’ai pas envie :p

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Florence en 1300

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Rencontre avec Gunnar Staalesen

C’est en total dilettante que je me suis rendue à cette rencontre littéraire qui se tenait dans notre petite médiathèque communautaire de Parthenay.

Dans le cadre du Festival Passeurs de monde(s) qui se tenait en Poitou-Charentes du 17 au 26 octobre, la médiathèque  recevait le 24 octobre dernier l’écrivain norvégien Gunnar Staalesen et l’éditrice Susanne Juul des éditions Gaïa, en présence du traducteur Alex Fouillet et animé par Gérard Delteil du monde Diplomatique.

Je n’avais pas de motivations particulières pour assister à cette rencontre, si ce n’est la pure curiosité, puisque je ne connaisses absolument pas l’écrivain, et que je crois n’avoir jamais lu de roman norvégien de toute ma vie. Mais la curiosité étant déjà un très bon prétexte, je me suis rendue à la médiathèque et je ne l’ai pas regretté. La rencontre était très intéressante.

La salle, trop petite et trop chaude, donnait au même temps un sentiment d’intimité très agréable. Gunnar Staalesen, bien qu’accompagné de son traducteur, s’exprimait fort bien en français avec un accent très charmant. Il est d’ailleurs plutôt bel homme se qui rend cette rencontre d’autant plus agréable.

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Gérard Delteil commence la rencontre avec quelques questions, assez bateau, je trouve, sur la criminalité en Norvège, existence de détectives privés tel que Varg Veum, personnage principal d’une série de 17 romans policiers de Staalesen. S’il est toujours intéressant d’apprendre sur d’autres pays, sur d’autres cultures, j’ai trouvé les questions assez maladroites et pas très intéressantes.

Passé cette première phase d’entrée en matière, arrivent les questions relatives aux méthodes d’écriture employé par l’auteur. Si les questions me paraissaient tout aussi maladroites que les précédentes, les réponses devenaient de plus en plus intéressante. Même sans connaître l’oeuvre de l’auteur je trouve intéressant de savoir comment un écrivain s’y prend pour écrire, comment le traducteur travaille (la question de la traduction me touche beaucoup) et comment né une maison d’édition tel que Gaïa.

Parmi les différentes réponses données par Staalesen j’ai relevé quelques propos qui m’ont paru tout particulièrement intéressants. Selon Staalesen, le roman policier, qu’il soit écrit au Japon, au Brésil, en France ou en Norvège reste fondamentalement le même, c’est le décor qui change. Dans ses romans policiers on retrouve cette structure de base dans un décors exotique : celui du grand Nord avec ses longues nuits hivernales, et la clarté des « nuits » d’été. La plupart des romans de Varg Veum se déroulent dans la ville de Bergen, situé sur la côte ouest norvégienne. Cette ville, Staalesen la connais parfaitement, c’est là qu’il habite. Ses romans sont très populaires en Norvège et Varg Veum est à Bergen ce que Sherlock Holmes est à Londre.

Par ailleurs, Staalesen considère le roman policier comme l’héritier contemporains des grand roman du XIX dont Hugo, Dumas, mais aussi Dickens sont des représentants. Des romanciers qui savaient raconter des histoires. Souvent, dans le roman moderne, selon Staalesen, on ne raconte plus d’histoire, c’est très introspectif. Alors que le roman policier perdure l’art de savoir raconter des histoires. Le but du roman policier n’est pas tant l’intrigue, mais raconter la société. Comme le précise, par ailleurs, Susanne Juul, le personnage du détective, par son enquête, est un personnage qui permet de visiter toutes les couches sociales.

Mais Staalesen n’écrit pas que des romans policiers, il est également l’auteur d’une saga de 2000 pages sur l’histoire de la ville de Bergen dont le contenu s’articule autour d’une famille que l’on suit sur 4 générations. L’intérêt de cette saga est , parait-il (je ne l’ai pas lu) que l’histoire locale qu’elle raconte devient histoire universelle. Ce qui m’a le plus frappé sur cette saga c’est les recherches que Staalesen a mené pour l’écrire. Chaque détail décrit dans le livre, noms des rues, événements et même la météo il les a puisé dans les vieux journaux et les microfilms à la bibliothèque où il se rendait 3 fois par semaine durant l’écriture de ce roman. Une telle recherche de vraisemblance dans le détail m’a impressionné. On retrouve cet état d’esprit également dans les Varg Veum, les différents lieux cités existent et leur description est conforme à leur réalité.

La question de la traduction était aussi intéressante. Ne connaissant pas du tout la langue norvégienne je ne peut donner ici aucun avis personnel, mais à en croire Alex Fouillet, traducteur des tous les livres de Staalesen publié aux éditions Gaïa, le passage du Norvégien au Français ne présente pas de grandes difficultés car les deux langues sont proches dans leur forme et que la traduction ne requiert pas de transformation du texte. Il existe néanmoins une difficulté particulière. Dans le Norvégien la répétition du même mot est récurrente. On peut trouver un même mot jusqu’à 10 fois sur une seule page, chose qui serait impensable en Français. (Je devrais peut-être me mettre au Norvégien, ça me vas bien comme langue) De même la où le français utilise cent verbes différent, en Novégien le dialogue est ponctué de ‘il dit », « il dit », « il dit »…

Par ailleurs (15ème « par ailleurs » de l’article, je vous le dit, le Norvégien est fait pour moi 😀 ) il était amusant de voir l’auteur mettre en avant le rôle des bibliothèques (plus que d’internet) dans son processus de recherche, alors que le traducteur louait le gain de temps que internet permet. Utile surtout pour la traduction de points de détail tel que le nom de plantes ou animaux rares.

Séduite par Staalesen, autant par se façon de s’exprimer que par ce qu’il dit de ses romans, j’ai décidé d’acheter à la fin de la rencontre le deuxième roman de la série de Varg Veum : Pour le meilleur et pour le pire (il n’y avait plus le premier). Il ne me reste plus qu’à le lire et à vous dire ce que j’en pense.

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Gunnar Staalesen chez Gaïa Éditions : link

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El Aura, un thriller argentin

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Un thriller Argentin, réalisé par Fabian Bielinsky en 2005. 2h12 de film avec, dans le rôle principal Ricardo Darin.

Synonpsis :

Esteban Espinosa est un honnête taxidermiste épileptique qui aime imaginer des vol et braquages, étudiant chaque détails autour de lui. Un jour, il va se retrouver mêlé à une affaire digne des ses rêves les plus fous. L’occasion est trop grande pour la laisser s’échapper. Mais dans la vraie vie tout n’est pas aussi simple et il se retrouvera dans une affaire qui le dépasse.

Bande annonce :

Mon avis :

J’ai aimé la mise en scène, la photographie et le jeu d’acteur. Tout fait très vrai. C’est très bien tourné, très bien interprété. Je retient surtout le nom de l’acteur principal : Ricardo Darin, excellent. Les seconds rôles sont également très bon.

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En revanche, côté scénario je suis moins emballée. Je n’ai pas très bien compris ou l’auteur voulait en venir, si tant est qu’il veut aller quelque part avec cette histoire assez invraisemblable. L’ensemble est plutôt étrange et, arrivé le générique de fin, je suis resté là, perplexe : « Heu… ouai… et donc ? » Il me manquait quelque chose.

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