Petit panier de manga #24

14 avril 2021 18 Par Bidib

Coucou tout le monde. Aujourd’hui, c’est mercredi et le mercredi c’est BD, et comme avril c’est aussi le mois où l’on part au Japon avec le challenge un mois au Japon, je propose encore du manga. Et oui 🙂 Mais il en aura pour tous les goûts même pour ceux qui n’ont pas l’habitude d’en lire avec Jiro Taniguchi.

Les gardiens du Louvre

Couverture Les gardiens du Louvre

Jiro Taniguchi prête sa plume pour une histoire spécialement conçue pour une coopération entre les éditions Futuropolis et Louvre éditions (2014)

Un auteur japonais venu en Europe pour un festival décide de prolonger son séjour de quelques jours pour se rendre à Paris et y faire le tour des musées. Pris de fièvre, notre héros va errer entre rêve et réalité. C’est au Louvre que sa rêverie commence. Accompagné par les esprits des œuvres et plus particulièrement par l’esprit de la victoire de Samothrace. Dans cet état de semi-conscience il va remonter le temps et découvrir le musé à diverses époques, il va y rencontrer des artistes japonais venus découvrir le musée au début du XIX, il va découvrir comment le directeur du musée à mis à l’abri ses œuvres lors de la Deuxième Guerre mondiale…

Ce n’est pas une histoire remarquable, on est ici au service du musée et ça se ressent, mais l’album n’en est pas moins très beau à regarder. Les planches de Taniguchi sont très belles et invitent à la contemplation. J’ai aussi apprécié l’aspect historique de cet album. Ayant une très mauvaise culture d’histoire de l’art, j’ai fait beaucoup de découvertes dans cet album. La partie qui relate l’évacuation du musée dans les années 40 m’a beaucoup ému.

Pour ce qui est du récit en lui-même je trouve que cette histoire de rêve-voyage dans le temps est assez alambiquée et pas très claire, je trouve que l’auteur en voulant donner des explications ne fait que rendre les choses plus confuses encore. J’aurais trouvé cela plus fluide sans cette tentative d’explication. Un détail m’a également perturbé : l’esprit de la victoire de Samothrace, c’est une œuvre de la Grèce antique, alors pourquoi lui donner une allure de dame de la renaissance ?

Un livre intéressant que je vous conseille si l’occasion se présente. Pour tous les amateurs de BD et non seulement pour les lecteurs de manga. S’il garde un sens de lecture à la japonaise, le format est plus proche de la BD franco-belge avec un grand format et des planches en couleurs que du manga traditionnel.

Envie de découvrir d’autres manga de Taniguchi ? Faites un tour sur mon billet dédié à cet auteur. 😉

sur le site des éditions Futuropolis

→ sur Amazon, BD Fugue ou chez votre libraire préféré

→ à lire aussi l’avis de Tachan

C’est m’a proposition pour la BD de la semaine

rendez-vous chez Stephie pour retrouver toutes les participations

avec cette lecture je participe aussi au challenge Un mois au Japon, des histoires & des bulles (catégorie 1 : Jirô Taniguchi) et au challenge de l’imaginaire

Mujirushi ou Le signe des rêves

Couverture Mujirushi : Le signe des rêves, tome 1Couverture Mujirushi : Le signe des rêves, tome 2

Toujours dans la même collection, c’est Naoki Urasawa qui se plie cette fois à l’exercice avec une histoire en 2 tomes (2018).

Un homme d’affaires japonais peu avisé se fait arnaquer et devient complètement fauché. Sa femme est partie, il a des dettes, le fisc à ses trousses, il est prêt à en finir quand apparait sur sa route un corbeau, avec attaché à la patte un étrange signe. Poursuivant le signe, le père et sa fille se retrouvent chez un étrange personnage. Toujours aussi crédule, le père se laisse séduire par cet étrange dandy qui l’envoie en mission au Louvre ou il devra cacher la dentelière pour qu’on la croie volée. Une opération très hasardeuse qui risque de mal tourner, mais le destin en a décidé autrement et les choses ne vont pas aller si mal que ça pour le père et sa fille.

Encore une fois, on est ici clairement dans un récit écrit pour le musée et pas pour son histoire, néanmoins Urasawa tente de construire une histoire assez complexe avec de nombreux rebondissements pour seulement 2 tomes. Les personnages sont drôles et nous font découvrir un pan de la culture populaire japonaise sans qu’on s’en rende compte avant les explications en post face. En effet, avec ce titre, Naoki Urasawa rend hommage à un personnage de la bande dessinée japonaise classique et très populaire. C’est de ce personnage, que je ne connaissais pas, que s’inspire son dandy arnaqueur.

Une histoire courte, sympa qui commence au Japon avant de se poursuivre à Paris et au Musée du Louvre. J’ai beaucoup aimé le personnage de la petite fille qui a les pieds sur terre et semble beaucoup plus lucide que son père.

Grand format, ce manga pourra séduire un public peu habitué au format manga, malgré son sens de lecture à la japonaise.

sur le site des éditions Futuropolis 

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→ à lire aussi l’avis de Tachan

Avec cette lecture je participe au challenge Un mois au Japon, des histoires et des bulles (catégorie 26 : une série)

Clin d’œil au challenge des livres (et des écrans) en cuisine avec le petit déjeuner à la française : bol de café au lait croissant est mis à l’honneur plusieurs fois

Our Colorful Days, tome 2 et 3

Couverture Our Colorful Days, tome 2Couverture Our Colorful Days, tome 3

manga de Gengoroh Tagame publié aux éditions Akata (2020)

→ mon avis sur le tome 1

Tome 2 : Sora est amoureux, mais il cache ses sentiments parce qu’il a peu de la réaction de ses camarades. Naho, son amie d’enfant est maintenant dans la confidence. Grâce à cela leurs liens d’amitié se renforcent, mais la jeune fille va tout de même devoir mettre de l’ordre dans ses sentiments, car pour elle les choses avaient évolué différemment. Pendant ce temps-là Sora peut enfin parler d’homosexualité avec quelqu’un, le patron va lui parler de la façon dont il a vécu lui-même son homosexualité, mais il passe sous silence un aspect de sa vie qui fa refaire surface de façon un peu brutale, se qui va choquer et mettre mal à l’aise Sora qui va se sentir trahi et qui de nouveau se referme sur lui même.

Tome 3 : Sora choqué par les révélations sur le passé du patron du café appris dans le tome 2, s’éloigne aussi bien du café et de son patron que de son amie d’enfance Naho qui s’inquiète pour lui. Mais quand les choses avancent dans la vie de jeune Sora, la première personne a qui il a envie d’en parler c’est le patron du café. Car il doit bien le reconnaitre, cette rencontre a changé sa vie, lui a offert un bol d’air, un espace où être lui-même et enfin un chemin pour arriver à en parler autour de lui.

Sora est un jeune lycéen homosexuel qui fait beaucoup d’effort pour cacher son homosexualité à son entourage, tous ces efforts ont fini par l’enfermer dans une carapace qui l’étouffe et de laquelle il ne sait pas comment sortir. Sa rencontre avec un homme qui assume ouvertement son homosexualité (tome 1) va lui offrir un espace de liberté (le café) ou il se sent libre d’être lui-même et où il a enfin un interlocuteur avec qui parler de l’homosexualité et de ce qu’il ressent.

Ce troisième tome vient conclure cette nouvelle courte série qui aborde l’homosexualité avec pédagogie. Le but de ce manga n’étant pas tellement de nous raconter une histoire, mais plutôt de nous faire passer un message de tolérance donnant une visibilité à l’homosexualité dans des manga non romantiques, dans le même esprit que Le mari de mon frère, manga familial qui traite aussi de la tolérance et de la visibilité de l’homosexualité au Japon.

Si l’homosexualité me semble être un sujet moins tabou en France qu’au Japon, je trouve l’intension de ces deux séries très belle et à la portée de tous les lecteurs, notamment les plus jeunes, surtout le mari de mon frère que j’ai proposé des le CM1 à Mimiko qui a beaucoup aimé la série. Our Colorful Days prenant lui le point de vue d’un jeune lycéen s’adresse à un public un peu plus âgé, à partir du collège je dirais.

Le premier tome de Our Colorful Days m’a beaucoup plus, car à l’homosexualité, sujet central du manga, s’ajoutait un autre thème : l’art. Le jeune Sora faisant partie du club d’art plastique. Je suis un peu déçu que cet aspect du manga soit estompé dans les deux tomes suivants. Cela donnait un peu plus de profondeur au manga, dans le premier tome Sora exprime par le dessin ce qu’il n’arrive pas à exprimer par les mots, j’aurais aimé voir évoluer son rapport au dessin en même temps que son rapport à son homosexualité et au regard des autres.

Un point intéressant de cette série, pour moi, c’est le personnage de Naho, l’amie d’enfance. Elle est la première à qui Sora va se confier et elle s’interroge beaucoup sur l’attitude qu’elle doit adopter, a-t-elle le droit ou pas d’en parler ? En se confiant à elle, Sora la fait complice de son secret, mais ce n’est pas évident à gérer pour la jeune fille.

Un autre aspect que je trouve intéressant : le coming out. Il est ici très simple, sans tension, et moi je trouve ça très bien, parce que ça n’a pas besoin d’être dramatique et que ça peut se passer en toute sérénité.

Une jolie série a avoir dans toutes les bibliothèques et tous les CDI, mais si vous ne voulez en lire qu’une, je vous conseille le mari de mon frère.

sur le site des éditions Akata

→ sur Amazon, BD Fugue ou chez votre libraire préféré

→ à lire aussi les avis de Tachan et L’Apprenti Otaku

Avec cette lecture je participe au challenge Un mois au Japon, Des histoires & des Bulles (catégorie 24 : autour du thème LGBTQ+) et au challenge petit Bac (catégorie couleur)


petit bac 2021  

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