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Voyageur malgré lui ~ by Yomu-chan

Bonjour ! Aujourd’hui je vais vous parler d’un livre qu’il m’a été donné à lire dans le cadre de mes cours de littérature, qui portent en ce moment sur « la quête et l’enquête ». Après avoir rendu ma fiche de lecture à mon professeur j’ai l’autorisation de vous la publier ici, ne soyez donc pas étonnée par la forme très scolaire de cet article 🙂

Je vais donc vous parler de Voyageur malgré lui, un roman de Minh Tran Huy, publié aux éditions Flammarion.

Résumé de l’œuvre :

Au détour d’une promenade new-yorkaise Line apprend l’existence d’Albert Dadas, le premier cas recensé de dromomanie. Il s’agit d’une pathologie qui pousse les malades à partir en voyage, abandonnant malgré eux famille et emploi. Line va alors se prendre de passion pour cet homme, et de cet intérêt va naître une réflexion sur le voyage en lui-même, sur le fait de laisser son chez-soi et de partir à la découverte d’un autre monde. Elle s’interroge sur les différentes raisons qui poussent les gens à partir de chez eux, et cette réflexion la mènera a étudier le parcours de différent individus, Albert Dadas d’abord, Samia Yusuf Omar ensuite, et puis de sa propre famille vietnamienne maltraitée par la guerre.

Biographie de l’auteur:

Minh Tran Huy est une auteur française d’origine vietnamienne . Elle est diplômée de lettres, elle fut journaliste, d’abord comme rédactrice en chef adjoint du Magazine Littéraire, puis comme chroniqueuse pour des émissions littéraires. Elle publie son premier roman en 2007 : La princesse et le Pêcheur, et son deuxième, La double d’Anna Song, en 2009, ce dernier fut récompensé par plusieurs prix dont le prix Pelléas, le prix des lecteurs du Salon Livres et Musiques de Deauville, et le prix Drouot. Elle abandonne finalement sa carrière de journaliste pour devenir directrice de collection pour les éditions Flammarion. Elle est aujourd’hui l’auteur de huit romans.

Voyageur malgré lui prend une place très importante dans l’œuvre et la vie de l’auteur puisqu’il pourrait presque s’agir de son autobiographie. Effectivement si le thème principal de cet ouvrage est le voyage, l’abandon de sa terre natale, Voyageur malgré lui se penche beaucoup sur l’Histoire du Vietnam et le déracinement de nombreuse familles issues de ce pays. Ainsi quand l’on connaît les origines de l’auteur, mises en évidence sur la quatrième de couverture avec une photographie la représentant et un commentaire de l’éditeur sur sa nationalité, on peut tout à fait entamer la lecture de ce roman comme étant les confidences personnelles de l’écrivaine.

Minh Tran Huy aime à mettre en scène le pays de ses parents dans ses écrits, on retrouve notamment cela dans La double vie d’Anna Song.

Bibliographie sélective de l’auteur :

La Princesse et le prêcheur, Actes Sud, 2007.

Le Lac né en une nuit et autres légendes du Vietnam, Actes Sud, 2008.

La double vie d’Anna Song, Actes Sud, 2009.

Comment la mer devient salée, Actes Sud junior, 2011.

Minh Tran Huy

Thèmes abordés :

Vous l’aurez compris le thème principal de ce roman c’est le voyage. Mais pas le voyage touristique, il s’agit plutôt de ceux qui n’ont pas eu le choix de voyager, ou qui ont dû s’appuyer sur le voyage pour construire leurs vies. Le titre est explicite. Ici l’auteur a voulu analyser cette forme de départ : un départ souvent forcé, incontrôlable qui a des répercussions non négligeables sur l’existence des individus. Ainsi Albert Dadas est malade et ses périples lui ont valu la perte d’une épouse, Samia placera tout ses espoirs de vie et de survie sur ses départs, et les oncles et tantes de Line auront beaucoup à perdre également…

Albert Dadas dessiné par son médecin

Cette notion de voyage se mue peu à peu en exil quand le personnage finit par ne s’intéresser qu’aux membres de sa famille vietnamienne tourmentée par les guerres et les départs. Minh Tran Huy se penche ainsi sur la nécessité salvatrice de l’ailleurs, mais la douleur de ceux qui restent trop longtemps loin de chez eux. Cette notion d’exil est un vaste sujet. Il a, en effet, fait couler beaucoup d’encre. L’expatriation engendre des sentiments paradoxaux ; le soulagement et la frustration, le renouveau et la nostalgie, le succès et la défaite. Ce sont ces émotions que l’auteur tente de coucher sur papier, des notions à la fois très personnelles et à la fois tristement universelles. Ainsi le travail de l’écrivain est de réussir à rendre tout cela vivant pour purger la peine de nombreux individus ; je pense que Minh Tran Huy y parvient plutôt bien, et qu’un lecteur ayant vécu cet exil saura se reconnaître dans les mots de Voyageur malgré lui.

Dans son questionnement sur le voyage l’auteur initie une réflexion sur les frontières. Elle s’interroge sur les évolutions de ces dernières, sur leur pertinence, leur justesse et l’impact parfois terrible et effrayant, tout puissant, qu’elles peuvent avoir sur la vie des gens. « Je dispose des moyens de transport modernes qui ont manqué à Albert et des libertés dont Hoai et Samia ont été privées. Bénéficie du droit d’aller et venir à ma guise simplement parce que je possède les papiers adéquats, obtenus sans rien faire d’autre que de naître au bon endroit, au bon moment […] Cette liberté que j’ai longtemps considérée comme allant de soi m’a été accordée de manière ni plus ni moins arbitraire qu’elle a été refusée à ces femmes : il n’y a guère qu’une feuille de papier qui nous sépare ».

Autre thème abordé par l’auteur : le lien entre espoir et désespoir. On l’a vu plus haut Minh Tran Huy pose son écriture sur une fine alternance entre sentiments opposés et paradoxaux. Ce qui ressort de ce jeu c’est le terrible balancement des individus entre l’espoir d’un avenir neuf et meilleurs, en sécurité, l’espoir d’un retour serein et réconfortant et le désespoir d’un non-retour déchirant, le désespoir d’un voyage qui n’arrive pas. Même dans les solutions on arrive à trouver des éléments de tristesse, et l’Homme doit composer avec cela.

Si il y a un mouvement qui anime le livre c’est bien la quête identitaire que mène le personnage à travers son père. Effectivement on ressent dès les prémices du roman un attachement particulier entre cette fille et son père, un lien un peu étrange puisqu’on nous décrit une relation très intime, presque fusionnelle, «[…] je pense que mon père et moi ne formons qu’une seule et même entité. […] Je crois que mon père ressent tout ce que je ressens, qu’il a vécu les mêmes choses, éprouvé les mêmes besoins, les mêmes désirs, les mêmes colères – je suis une extension de lui et lui de moi », mais à la fois une relation basée sur le silence et le non-dit, « Il ne fallait pas compter sur lui, en revanche, pour tenir une conversation. Il semblait tomber d’une autre planète à chaque fois que je lui parlais ». Ainsi cette relation apparaît parfois comme un peu trop idéalisée, et l’admiration envers le père peut peut-être même mettre mal à l’aise. Et pourtant c’est en cherchant à mieux connaître ce père avar de paroles, en cherchant à reconstituer le passé de sa famille, en cherchant à comprendre les traumatismes de celle-ci, que Line va construire son identité. Revendiquant son héritage elle comprend et prend enfin conscience, comme un soulagement, de l’impact que le passé a sur son présent, et comment le refus des mots et de l’évocation des souvenirs peut enfermer les gens. C’est ce travail de libération de la mémoire qui lui permet d’asseoir son identité. Ainsi le travail de Minh Tran Huy met en évidence comme il est important pour comprendre son présent de retracer ses origines, de donner vie à la mémoire.

Sans être un livre historique Voyageur malgré lui donne son importance aux traumatismes de l’Histoire, d’abord il lève le tabou des guerres coloniales. En montrant comme il est difficile pour les individus d’en parler, de raconter, Minh Ttran Huy traduit les attentes de toute une génération héritière de ce conflit d’Indochine et qui pourtant n’a jamais vraiment pu comprendre ce qu’il s’y été passé. L’école encore aujourd’hui en parle très peu et les victimes encore moins. Dans son texte l’auteur commence a libérer la parole. Elle ne cherche pas a retracer les événements historiques mais s’intéressent aux gens et a leur ressenti. Il en va de même pour le récit de la vie de Samia Yusuf Omar, en décidant de raconter ce parcours tragique Minh Tran Huy tente de mettre un visage sur l’horreur qui se déroule en Somalie.

Samia Yusuf Omar

Tonalité de l’œuvre :

La tonalité de l’œuvre est assez déroutante. D’abord parce qu’on la prendrait presque pour une autobiographie. Rédigée comme un journal de bord elle nous emmène dans l’intimité des pensées de Line que l’on croirait réelle tant ses problématiques et ses réflexions sont ancrées dans la réalité. Il faut faire un effort pour prendre conscience qu’il s’agit d’une fiction. De plus l’auteur, ancienne journaliste, donne un aspect particulier à son travail, on la sent très bien documentée ; la façon même d’écrire s’apparente parfois a un reportage, si bien que tout paraît très «vrai ». Cet aspect de véracité pousse le lecteur a réfléchir sur le monde qui l’entour, puisque c’est son environnement qui est décrit dans ce livre. C’est par la force des choses très émouvant, comme peut l’être un témoignage.

C’est effectivement un texte qui fait réfléchir, qui pousse a s’indigner sur l’injustice et la cruauté du monde. Mais qui finalement, même s’il inquiète, montre comment l’on peut et comment l’on doit chercher a composer avec ce monde.

Avis personnel :

Si l’œuvre commence sur un sujet intriguant, la dromomanie, j’ai tout de même trouvé qu’elle mettait du temps a « commencer ». L’auteur tarde a amener son propos. Mais une fois que la réflexion est lancée la lecture est très plaisante, on apprend beaucoup de choses, ce qui est formidable. En revanche je n’ai pas réussi a m’attacher aux personnages, joue sûrement le fait que mon parcours personnel et familial ne rejoint pas du tout le leur ; pourtant les réflexions proposées sont universelles… L’écriture de Minh Tran Huy, même si elle a beaucoup de qualités, dont un rythme agréable, une certaine poésie et une sensibilité certaine, n’a pas su me rapprocher de Line et de son père. J’ai même parfois trouvé le personnage de Line (et presque l’auteur) un peu prétentieuse de vouloir mettre des mots si « intimes » sur des histoires qui ne sont pas les siennes…

Mais je dirais quand même que la lecture de Voyageur malgré lui fut un agréable moment et j’en ressort instruite, la tête pleine de questions et de curiosité.

Daytripper, au jour le jour ~ by Yomu-chan

Bonjour !

Aujourd’hui je vous écrit un petit billet à l’occasion du mois Brazil du challenge Amérique Latine. Je vais vous parler de Daytripper, une Bande-dessinée que j’ai trouver un peu par hasard en demandant conseil à ma libraire pour le thème du carnaval le mois dernier, en pensant au Brésil elle m’a proposé cette BD dans la quelle il n’est pas du tout question du fameux carnaval mais qui a bien été écrite par deux brésilien et qui se joue dans leur pays 🙂

Il s’agit donc d’une oeuvre des frères Fabio Moon et Gabriel Ba ! Je l’ai donc dit deux auteurs brésiliens. Ils mettent ici en scène Bràs un journaliste des rubriques mortuaires à Sao Paulo. On suit les pas de cet homme, l’accompagnant dans diverses tranches de vie, et… il meurt. Ce n’est pas un spoil ne me frappez pas ! Car c’est la particularité même de cette bande-dessinée, à chaque chapitre on retrouve Bràs à un âge différent et à chaque fin de chapitre il meurt d’une manière différente.

Cela peut apparaître un peu troublant mais je trouve que ça relève d’un grand travail narratif. Malgré son âge changeant, et son parcours de vie différent à chaque fois (puisqu’il meurt le bougre) on reconnaît notre héro. On retrouve plusieurs personnages qui font le lien entre les chapitres, les auteurs ont placé quelques phrases, quelques pensées qui reviennent et nous rappellent l’aspect un peu surnaturel d’une vie qui perdure même quand elle n’est plus là ou pas encore là. Tout ça pour dire que le choix narratif n’impose pas un recueil déstructurer, il y a un vrai fil conducteur qui relie toutes ces nouvelles.

Mais on apprécie tout de même ce découpage puisque le recueil est assez conséquent, environ 245 pages, et 10 chapitres, et on peut ainsi les lires séparément, s’arrêter et reprendre au chapitre suivant.  En plus chaque début de chapitre et accompagné d’une illustration sur une page entière qui résume un peu la nouvelle et son ambiance, se sont de très beaux dessins !

Parlons justement des illustrations, puisqu’il s’agit d’une bande-dessinée et que c’est important ! J’ai globalement beaucoup aimé le style. N’étant pas trop adepte de la couleur, j’ai pourtant apprécié la douceur de celles proposées par Gabriel Ba. Les pages sont toutes en couleurs (sauf quelques croquis à la fin du livre)  mais se ne sont pas des couleurs vives qui agressent les yeux, au contraire elles servent à élaborer cette ambiance si particulière qui règne dans la bande-dessinée. Une sensation de calme, un peu nostalgique, dans des tons un peu pastels.  Pour ce qui est du dessin en lui même: Gabriel Ba  a un trait de crayon assez réaliste, avec des visages assez détaillés, assez marqué. Mais les dessins ne sont pas trop chargés et restes très expressifs.

En clair c’est une très chouette découverte et je vous conseil vivement la lecture de Daytripper ! L’histoire soulève la question de la vie et de la mort qui peut arriver n’importe où, n’importe quand. Le seul petit bémol que je pourrais apporté à ma critique c’est que les auteurs ont parfois trop cherché à dramatiser la mort. Autant dans certaines nouvelles elle intervient de façon inattendue et « réelle », mais des fois c’est un peu trop « gros ». Mais je n’en dis pas plus et je vous laisse découvrir par vous même et me dire ce que vous en avez pensé.

Castro ~by Yomu-chan

Bonjour ! Aujourd’hui, dans le cadre du mois consacré à Cuba dans le challenge Amérique Latine, je vais vous parler de Castro une bande-dessinée signée Reinhard Kleist.  Et oui comme je voulais approfondir mes maigres connaissances sur l’histoire de Cuba et le mythe qui est né de Fidel Castro je me suis dirigée vers un ouvrage explicatif et un peu historique, mais comme tout ça à l’air bien dense et bien compliqué j’ai préféré une BD qui apparaît toujours plus accessible. Voilà donc comment je me suis retrouvée avec Castro dans les mains.

Castro prend la forme d’un témoignage, on suit le récit de Karl Mertens un vieux journaliste  allemand qui a suivit la révolution et qui est resté à Cuba une fois celle-ci accomplie. Ainsi on observe comment l’engagement optimiste de Fidel Castro et des nombreux jeunes révolutionnaire se transforme petit à petit en régime autoritaire et en désillusion pour beaucoup. A travers ce récit on voit se dresser le portrait de cet homme presque mythique qu’est devenue Fidel Castro.

Il s’agit d’une bande-dessinée assez longue d’environ 300 pages, qui prend le temps de faire le tour du problème. Elle est fournie en informations historiques ne lésinant pas sur les dates et les événements marquant.  On le ressent tout de suite, Reinhard Kleist a tenté de nous donner un ouvrage réaliste. On le voit dans le dessin, en noir et blanc mais composé de traits durs et crus, Reinhard nous donnes à voir des visages marqués sur les quels ont voit la vie  et ses épreuves. Mais on perçoit également le réalisme dans sa façon de traiter les personnages et les intrigues, jamais il ne cherche à romancer ou dramatiser les faits, et c’est finalement assez agréable, ça nous permet d’appréhender l’histoire au plus près de la vérité (ou du moins c’est l’impression que ça donne, et puis l’auteur semble être relativement bien documenté !)

Ce qui m’a particulièrement plu dans cette bande dessinée c’est le parti pris de l’auteur consistant à raconter l’histoire dans la bouche de ce journaliste Karl Mertens. Cet homme est tombé amoureux de la révolution (à tel point qu’il adopte Cuba et abandonne son pays natal) et malgré tout ses amis et amours qui finissent par tourner le dos face aux choix de gouvernance de Fidel Castro, il a beaucoup de mal à admettre qu’elle est un échec. C’est très judicieux de nous faire voir les faits à travers ses yeux plein d’espoirs et de passion car ainsi on comprend mieux comment on en est arrivé là, comment on a laissé faire.  C’est toujours en s’immergeant dans la psychologie des individus ordinaire que l’on devrait cherchant à comprendre l’Histoire, car on aurait tous pu être cet homme.

Pour conclure je dirais que c’est une bonne bande dessinée si l’on cherche à s’informer, en revanche je ne dirais pas qu’elle est le livre idéal si on cherche un moment de divertissement. Moi je l’ai lu avec un oeil « d’élève ». Elle aurait tout à fait sa place dans un CDI ou une bibliothèque.

Sur une des premières page, un peu noyée entre les remerciement et les infos d’impression on trouve la citation suivante :

« En s’emparant du pouvoir, le révolutionnaire s’empare aussi de l’injustice du pouvoir. »

Octavio Paz.

Gomorra ~by Yomu-chan

Bonjouuuur ! Aujourd’hui je vais vous parler d’un roman d’un genre bien particulier : la narrative non-fiction. Objet d’étude de mes cours de littérature, je me suis passionnée pour ce type de lecture. Je vous en donne un premier aperçu avec cette modeste analyse de Gomorra. J’espère avec le temps de vous livrer d’autres chroniques sur cette narrative non-fiction (il faudra peut-être que je fasse un petit billet pour expliquer ce que c’est ^^’)

Info livre :

Gomorra est une oeuvre de Roberto Saviano, auteur italien.  Le livre fut édité pour la première fois en Italie par les éditions Mandadori, puis en France en 2007 par Gallimard (le traducteur est Vincent Raynaud). Le livre, suite à son grand succès a été traduit dans plus de 40 langues.

Je voulais vous dire un mot sur ce titre « Gomorra », qui a priori ne veut rien dire mais qui est en fait lourd de sens. Il s’agit effectivement d’un judicieux mélange de « Camorra » (organisation mafieuse napolitaine) et de « Gomorrhe » (dans la bible : ville détruite par les feux sacrés à cause de ses mauvaises mœurs).  Titre qui prend tout son sens quand on lit l’ouvrage, vous le comprendrait plus bas 😉

Résumé de l’œuvre :

Gomorra est un long reportage sur la camorra, organisation mafieuse napolitaine. En fait sur environ 450 pages l’auteur décrit le système du crime organisé en Italie. Il en dépeint la hiérarchie, et explique explicitement où et comment elle exerce son influence. C’est quelque chose de nouveau, car si on sait tous que la mafia existe et qu’elle représente le crime (la drogue et le meurtre) on n’a pas forcément conscience de l’emprise qu’elle peut avoir sur un pays et les conséquences que cela a sur une population. Ainsi Roberto Saviano entreprend de démêler les fils complexes d’une telle organisation. Il structure son livre en 11 chapitres, chacun axé sur un domaine relatif à la mafia, et c’est comme ça qu’il fait un panorama assez exhaustif de toutes les activités de la camorra.

Il explique logiques et mécanismes, met en évidence les lieux clés des activités criminelles, donne des noms, raconte des anecdotes, et met en lumière la vie infernale des habitants de Naples et ses environs qui subissent ça depuis des décennies.

thèmes abordés :

Ce qui est intéressant avec Gomorra c’est que l’auteur s’attaque à une entité déjà bien connue : La mafia (surtout italienne). Le crime organisé a en effet donné lieu à plein de mythes, tant à travers diverses personnalités (des parrains charismatiques), qu’à travers des récits d’aventures, d’amours, etc… Pourtant ici Roberto Saviano s’acharne à montrer ce qu’il y a derrière cette image médiatique de la mafia (sans la démentir tout autant, car cela reste une part de la vérité). Mais il met surtout en avant les vraies problématiques du milieux. En mettant des coups dans l’image aventureuse et l’idée un peu embellie de la mafia, il montre que leur seule axe c’est le profit, le profit, toujours le profit. Et cela ne passe pas toujours par des domaines très glamour (comme le sont les cartels de la drogues et les complot d’assassinat, qui existe bel et bien mais ne sont pas tout) : par exemple une grande partie des capitaux de la camorra passe à travers les constructions immobilières, ou le traitement des déchets.

A côté de ça, comme je l’ai déjà dit, Saviano met un point d’honneur à traiter les conséquences de la présence d’une telle organisation. Car si les guerres de clans donnent lieu à des assassinats de mafieux par des mafieux, ces derniers ne sont pas les seules victimes. On relève beaucoup d’autres morts, parmi les civils, directement liés à la camorra. Et sans que cela aille toujours jusqu’à la mort, les gens évoluant dans un climat empoisonné par la mafia, vivent un véritable enfer, économique et social.

Genre littéraire :

Indéniablement Gomorra appartient à la narrative non fiction. On parlera souvent de “roman documentaire” pour désigner l’œuvre. Et si l’auteur lui-même s’identifie à Truman Capote initiateur de ce mouvement, il y a quelques point dans ses choix d’auteurs qu’il faut étudier pour comprendre quelle définition Roberto Saviano donne à ce genre de littérature.

Effectivement, Truman Capote fait l’apologie d’un journalisme où l’auteur doit-être invisible. Et pourtant Saviano veut son livre comme un vrai témoignage. Mêlant anecdotes informatives et intimité.

C’est certes un ouvrage d’information, mais auquel il donne plus de profondeur en y ajoutant le vivant et donc les sentiments, les siens surtout puisqu’il en est l’auteur et le narrateur.

Il pense son livre comme le fruit de son combat personnel contre la camorra. Et ce point est intéressant car c’est ce qui donne à l’ouvrage son aspect romanesque. Sans quoi Gomorra ne serait qu’une longue liste de nom, et de structure, et il nous serait difficile de comprendre l’impact réel que cela a dans la vie des gens. Selon moi le choix que fait Saviano de s’intégrer au récit, s’inscrit dans une véritable démarche engagée. Roberto Saviano a une définition du journalisme, en tout cas du roman narrative non fiction, qui diverge un peu de celle de Capote, puisqu’il affirme à plusieurs reprise dans son livre qu’il ne peut faire ce qu’il fait en étant étranger au système qu’il décrit. Il fait la promotion d’un journalisme de terrain et de présence (dans le texte).

Dans un article du Monde on peut lire ces mots de Roberto Saviano : « Je ne voulais pas écrire un essai classique ni une simple fiction,  je me suis donc inspiré du genre « nonfiction novel » de Truman Capote. J’ai utilisé la liberté et l’indiscipline du roman, en les croisant avec la rigueur des statistiques, des archives, des analyses sociologiques. Sous cet angle, la littérature cesse d’être une fuite de la réalité, comme elle l’a souvent été pour beaucoup d’écrivains du sud de l’Italie, et devient l’instrument le plus à même de raconter un univers qui est devant les yeux de tous, tout en restant apparemment insaisissable. »

l’écriture, le style :

Gomorra n’est pas un livre facile à lire. Bien qu’il aborde des thèmes très intéressants, qui touchent à la fois notre émotivité et notre conscience de citoyen. Il reste un ouvrage très dense pas très digeste, de mon point de vue.

Bien que Roberto Saviano y intègre des anecdotes intrigantes ou émouvantes, la plus grosse partie du livre est constituée d’informations. On peut avoir des pages entière de noms, de définition d’un système hiérarchique, de l’état économique de tel ou tel domaine ou autres choses pas toujours facile à comprendre du premier coup. L’auteur utilise aussi beaucoup de termes techniques, ou ne cesse de citer des sources. Heureusement des notes sont souvent ajoutées en bas de pages (d’ailleurs des fois ces notes font la moitié de la page). Le texte est aussi bourré de références littéraires et cinématographiques. Pas toujours facile de suivre.

Place et intérêt de l’œuvre dans la production de l’auteur :

Il faut parler et de la place que prend Gomorra pendant son processus d’écriture et après sa publication.

D’abord Roberto Saviano s’implique énormément dans l’écriture de ce livre. Il dédie plusieurs années de sa vie à son enquête. Et s’introduit profondément dans l’univers qu’il cherche à décrire. D’abord il est né au cœur du territoire de la camorra et l’a vu à l’oeuvre durant toute sa jeunesse, et quand sa colère envers l’organisation devient trop forte il décide dans une démarche volontaire d’aller traquer les informations pour en comprendre le fonctionnement et ainsi nous le décrire dans son livre. C’est pourquoi il va travailler sur les chantiers de la camorra, il va travailler sur le port, il va être serveur lors de leurs mariages, etc. Et quand la guerre des clans éclate, il va jusqu’à se munir d’une radio connectée à celles de la police et se rend sur les lieux des meurtres pour voir les victimes de ses yeux.

Parlons ensuite de l’impact qu’à eu le livre une fois publié. Il a été un succès national et international. Suite à ça l’auteur est beaucoup sollicité pour des discours, des rencontres publiques, pour animer des émissions TV, etc… Puis en 2008 Gomorra est adapté au cinéma dans un film qui va représenter l’Italie aux Oscar. Et enfin le livre et son auteur donnent naissance à une série TV, en plusieurs saison (en France diffusées par canal+ ).

Gomorra, en plus d’être un best-seller international (ce qui veut dire qu’il a un véritable impact social), prend aussi une place énorme dans la vie de son propre auteur. Puisque celui-ci est depuis sa parution placé sous protection policière. Ce livre, souvent qualifié de “livre coup de poing” se place comme une provocation faite à la mafia et à son immense pouvoir, faisant ainsi de Roberto Saviano une cible, souvent menacée de mort. L’auteur est donc devenu un symbole de la lutte contre la camorra, et devient une vraie personnalité publique. Depuis la publication de Gomorra, Roberto Saviano doit repenser l’organisation de sa vie qu’il ne maîtrise plus vraiment. Effectivement la protection policière impose un rythme de vie particulier et secret, privant l’individu d’une vie sociale “normale”. Depuis maintenant 10 ans, Roberto Saviano a cessé d’être seulement lui, il est maintenant obligé d’exister en tant que “l’auteur de Gomorra” et doit donc supporter toute les responsabilités que cela implique : si ça signifie qu’il est un auteur mondialement connu, et qu’il a symbolisé une avancée dans la lutte anti-mafia, ça fait aussi de lui un homme traqué dont l’existence et les choix ont forcément un impact publique. Il est souvent discrédité; par des hommes qu’on peut facilement soupçonné d’être en lien avec la mafia, notamment Berlusconi. Il a d’ailleurs aussi été accusé de plagiat, ayant réutilisé des articles de journalistes dans son livre.

Roberto Saviano lui-même avoue dans plusieurs interview et dans certains articles qu’il regrette avoir écrit Gomorra, pas pour ce qu’il représente mais pour l’impact qu’il a eu sur sa vie et celle de ses proches.

Si l’auteur parle de regrets, il semble tout de même apprécier travailler son image médiatique. Je dis ça en pensant aux innombrables photos de lieu où il adopte presque toujours une pose d’individu torturés et mystérieux. XD

 

Mais toute l’ampleur que prend le phénomène Gomorra dans la vie de son auteur nous fait nous poser une question intéressante sur la narrative non fiction : ce ne sont pas seulement des livres, mais aussi le fruits de recherches, et d’existence de véritable individus. Et quels place leur donne-t-on, à la fois dans leur livre et dans la réalité après la publication de ce dernier ?

avis perso :

Comme dis plus haut j’ai eu du mal à le lire, sombrant souvent en crise aiguë de sieste après une dizaine de page. Mais cela ne veut pas dire que je me suis ennuyée. Au contraire j’ai aimé aborder ces sujets importants.  Si il est un peu long à décoller, le livre sait manier un certain équilibre entre info pure et dure et sensibilisation. Ce n’est pas un véritable récit (dans le sens où ça ne suit pas une chronologie particulière, pas de développement autour de personnages principaux, pas de suspens) mais un bon outils de compréhension du système, qui arrive tout de même à utiliser certains code du roman pour le rendre accessible et agréable parfois.

Madame Pamplemousse, et ses fabuleux délices ~ by Yomu-chan

Bonjouuur !

Bien que le mois de novembre soit bien entamé je vous propose quand même mon article pour le challenge « livre en cuisine », cette années, lasse des mangas de cuisine, et pas le temps d’explorer un livre de recettes, j’ai décidé de me tourner vers un autre style : le roman jeunesse ! Je vais donc vous parler un peu de du premier tome de Madame Pamplemousse, écrit par Rupert Kingfisher (traduit de l’anglais par Valérie Le Plouhinec) et publié en France par les éditions Albin Michel jeunesse dans la collection Witty qui s’adresse aux 8-12 ans avec des textes dans l’esprit de Roald Dahl.  C’est effectivement à ça que ma fait penser la couverture de Madame Pamplemousse, joliment illustrée dans un style proche de l’univers de Quentin Blake.

Mais avant tout, voici un petit résumé :

Madeleine, comme tout les ans, se voit forcée de passer ses vacances d’été dans l’immonde restaurant de son immonde oncle. Elle y sert de bonniche et passe ses journées à faire la vaisselle alors qu’elle rêverait de pouvoir exprimer son talent pour la cuisine ! Mais tout va bientôt changer quand Madeleine va par « hasard » se retrouver dans la boutique de Madame Pamplemousse, une étrange (et un peu effrayante) dame qui semble cuisiner des plats aussi délicieux que magique !  Le vilain oncle va alors essayer de lui voler ses secrets ! Et voilà que Madeleine de retrouve embarquée dans une drôle d’histoire.

Voilà une intrigue bien prometteuse ! Mais je dois avouer que j’ai été un peu déçue. Je m’attendais à trouver un récit qui me ferez plus voyager. J’attendais plus de magie, plus de plats mirobolant ! Et finalement Rupert Kingfisher (ou peut-être est-ce dû à la traduction) se contente de rester en superficie et n’exploite pas assez (à mon goût) les pistes qu’il a initié. L’intrigue est certes assez simple de base mais en plus de ça elle se déroule très facilement et rejette tout les obstacles qui auraient pu lui apporter un peu d’épaisseur. On a finalement très peu de suspens. Et on peine à s’attacher aux personnages. C’est surtout ça, je pense, qui m’a frustré. Que ce soit Madeleine ou Madame Pamplemousse, aucune des deux n’est vraiment détaillée. On n’a quasiment aucune prise sur leur intériorité et on nous donne pas l’occasion de leur trouver un petit quelque chose de sympa. Madame Pamplemousse avait pourtant un sacré potentiel ! Cette femme mystérieuse un peu sorcière et pourtant si gentille, on voudrait qu’elle s’exprime d’avantage, qu’elle nous apprenne des choses sur la vie puisqu’elle parait si sage, et surtout on aimerait qu’elle noue un lien avec Madeleine qui est censée être une héroïne un peu spécial (mais qu’on voit peu en fait). C’est comme si l’auteur avait amorcé plein d’idée sympa mais qu’il avait tout lissé pour que ce soit plus « simple », plus « abordable » pour des enfants. M’enfin tout de même un enfant à besoin et envie que ça bouge, qu’il se passe des trucs de fou, des aventures extraordinaires ! Il a envie de s’identifier aux personnages pour pouvoir vivre leurs aventures. Mais là ça me parait bien compliqué… Bon après ce sont là les exigences d’une « grande » et j’ai bien conscience que ce livre ne m’est pas adressé, mais j’imagine que le fait d’être un livre jeunesse de justifie pas une trop grande simplicité. Vous en pensez quoi ?

Un petit mot rapide sur les illustrations, que je n’ait pas trouvé assez présente, ou bien pas judicieusement disposées. Un poil trop figées peut-être. Et je ne suis pourtant pas une adepte des illustrations en couleur mais là je trouve que ça ne ferait pas de mal, ça redonnerait un peu de peps au tout.

Sinon, pour ce concentrer un peu plus sur l’aspect culinaire,  j’ai beaucoup aimé l’idée d’en faire le sujet d’un bouquin un peu fantastique ! C’est une approche originale qui fonctionne bien. Mais encore une fois, pas assez exploitée à mon goût.

J’ai l’air d’avoir détesté ce livre mais en réalité ce n’est pas le cas. J’ai quand même passé un bon moment en lisant ce petit roman, mais j’aurais aimé y passer plus e temps et en apprendre davantage sur l’univers. Je pense que pour cette raison, à l’occase je jetterai un œil aux autres tomes, histoire de voir si ça se développe un peu plus 🙂

Aléas ~by Yomu-chan

Salutations !

Aujourd’hui je vous propose un article un peu spécial puisqu’il a été le fruit d’un exercice scolaire. En effet j’arrive pour objectif de chroniquer « à la façon d’une revue littéraire » un recueil de nouvelles. Pour ça j’ai choisi de lire Aléas (que bidib avait déjà chroniqué ici). Voici donc cette critique au ton un peu particulier 🙂 J’espère que ça vous plaira !

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 Et quel est le véritable but de cette vie ? « Écrire » me dis-je dans un souffle, presque surpris .

Touchant message que nous envoie l’auteur d’Aléas, Franck Mercier. C’est avec cet amour de l’écriture qu’il emprisonne sur son papier 4 tranches de vie simples et pourtant si profondes, qu’il se plaît à développer, je dirais même décortiquer. L’auteur qualifie lui-même ces 4 nouvelles de « Situations imprévues soumises à une évolution incertaine ». Il me semble que ce sont les mots juste pour présenter ce recueil inattendu.

Je dis inattendu parce que Franck Mercier s’impose dans le monde de la littérature avec une audace particulière : Aléas est en effet le fruit de l’auto-édition. Démarche périlleuse, car la visibilité du livre s’en trouve réduite. C’est alors tout un défis pour l’auteur de faire découvrir son premier livre au grand public.

Et pourtant Aléas en a des choses à dire. Sur un ton ambiguë Franck Mercier nous raconte la vie. Dans toute sa simplicité et toute sa profondeur. Il questionne à travers la poésie, usant d’un langage parfois très métaphorique, imagé et allégorique, pour décrire la beauté et la sensibilité du monde. Il se plaît à jouer avec les personnifications et à bouleverser nos sens avec des tableaux presque romantiques.

 […] Cette communion divine de mon être et de la cité. A ces instants précis, elle est bien vivante cette vielle fille encrassée, son souffle s’infiltre en moi pour m’annoncer le perceptible et prochain réveil de l’humanité .

Il dénonce à travers les mots, usant un langage parfois très familier et cru, mettant ainsi en avant le quotidien et souvent son manque d’esthétisme. Et c’est cette combinaison si particulière qui donne son charme à l’écriture de Franck Mercier. Une écriture ancrée dans la réalité, embrassant l’ordinaire, et pourtant jamais dénuée d’un certain lyrisme adorablement poétique.

J’avais pas eu le temps d’ouvrir la bouche que ce sombre énergumène, aux fringues impeccables, fiché tel un christ grassouillet au travers de son portail, défenseur enragé de son petit monde m’avait expédié, que dis-je balayé comme une grosse merde.

C’est cette poésie de l’ordinaire qui peut parfois donner au texte un aspect un peu tiré, un peu flou et pessimiste ; car en effet on ne voit pas toujours où veut en venir l’auteur, et pourtant on adore le mouvement de ces jours, de ces mots qui se suivent parfois sans grande vitalité mais dans les quels on fini toujours par trouver le reflet d’une certaine beauté. On pardonne vite le rythme un peu brumeux qui convient bien à des textes courts.

On retrouve au travers de toutes les nouvelles du recueil un véritable respect pour l’écrivain, et plus encore pour l’écriture. Sans que cela occupe une place centrale dans chacun des récits, ces derniers s’articulent autour de personnages touchés et attirés par la grâce de l’écrit, de l’acte d’écrire, et de mettre le monde sur papier. Sans que cela soit réellement un fil conducteur, cet amour de l’écrit créer un lien particulier entre chaque texte, et interroge sur le rôle d’une telle action, écrire…

Interroger, c’est que fait Franck Mercier tout au long de son ouvrage. Il questionne beaucoup l’humain ; son sens, son rôle, son Moi et surtout son rapport aux autres. D’une façon très subtile l’auteur construit des récits très intimistes qui ne manquent jamais de s’inscrire dans une réflexion sur la place de l’individu paris le groupe. Pointant du doigt les mécanisme de la société il nous amène à nous interroger avec lui, poussant à la remise en question dans un processus d’identification très réussi.

L’envie, ouais, l’envie de voir de l’humain ; parler, pleurer et rire, l’envie toute bête de chaleur humaine, de frivolité, de tout ce qui caractérise notre espèce, les bonnes et les mauvaises aussi .

Et finalement à travers les rapports tendu qu’entretiennent ses personnages face au Hommes, Franck Mercier écrit une véritable ode à l’humanité. Montrant le beau, le lien et le simple là où il est le plus caché, là où il est le plus évident. Les personnages de Franck Mercier c’est cet homme si rien, si bancal, qui est pourtant vivant. Il nous écrit l’apocalypse du rien du tout. Il nous dit comment rien n’est jamais vraiment cassé.

Dans cette volonté de montrer le Beau, Franck Mercier donne une place particulière à la Nature dans ses textes. Presque omniprésente elle occupe un rôle à la fois fondateur pour l’Homme, qui va puiser en elle pour se créer, et un rôle transcendant, qui reste sublime et grande malgré les égarements des Hommes. On voit comme l’auteur pose sur cette Nature un regard aimant et respectueux. Je pense tout particulièrement à l’océan, qui semble être l’objet d’une fascination personnelle de l’auteur.

Deux jours déjà que l’océan se livre à mon regard tout neuf, deux jours que nul autre paysage de s’offre à moi, que le corps exulte, l’âme transpire, le rêve foisonne nourrissant ma nécessiteuse carcasse en émotions .

Finalement l’auteur arrive dans avec une composition harmonieuse à nous faire partager son intimité tout en imposant la réflexion sérieuse du nous et des autres. Sans être prétentieux c’est beau.

 L’envol sauvage sans direction prédéfinie.

Le grand plongeon dans l’inconnu et les limbes mystérieuse du soi avec soi.

Une aventure sans cesse renouvelée.

Un plaisir rare aux effluves sucrées amères. 

1900 ~by Yomu-chan

Bonjour bonjour,

aujourd’hui je vais vous parler de mon coup de foudre pour un album jeunesse. Il s’agit de 1900, un livre que l’on doit à Pog (pour le scénario) et à Paul Echegoyen (pour les illustrations).

C’est en faisant un tour dans la section jeunesse de l’immense librairie mollat que je suis tombée sur cet album. Je suis tout de suite tombée amoureuse de sa magnifique couverture. Puis en ouvrant le livre pour le feuilleter j’ai été happée par la beauté de ses images. Aussitôt je jette un œil à la quatrième de couverture :

Joseph a sept ans en 1900, et c’est émerveillé qu’il traverse les différents palais de l’Exposition universelle où science et magie se croisent et s’entremêlent.

Lorsque son père disparaît dans un éboulement, Joseph est prêt à remuer ciel et terre pour le retrouver…

Il n’en fallait pas plus pour me charmer. Et j’ai décidé de faire un écart à mon budget pour m’offrir ce magnifique livre. En plus il sent trop bon !  (s’il vous plait dites moi que vous aussi vous reniflez les livres…)

Je me suis retenue un bon moment avant d’ouvrir l’album, je voulais le lire en prenant mon temps pour en apprécier toute la beauté, et malheureusement les albums se lisent toujours trop vite ! C’est le seul reproche que j’aurais à faire à cet ouvrage. Il est trop rapide. Les événements s’enchaînent tous trop vite, sans prendre le temps de se développer comme on l’aurait voulu. Normal me direz vous c’est un album, qui s’adresse à de jeunes enfants, il faut donc que le récit soit concis. Mais bon ça reste frustrant. Surtout que la quatrième de couverture nous laisse miroiter une histoire assez épique et finalement tout cela va très vite et se dépêtre assez facilement. C’est bien dommage, on voudrait au moins le double de pages pour pouvoir apprécier pleinement le splendide univers imaginé par Pog et illustré à merveille par Paul Echegoyen.

Effectivement les deux auteurs de 1900 arrive à créer un espace-temps envoûtant, à la fois magique et historique, en tout cas passionnant et stimulant. Se met en place une poésie absolument charmante qui circule tant à travers les mots qu’à travers les images; les uns s’appuient sur les autres. Ils se complètent. Selon moi l’univers proposé par Pog prend toute son épaisseur grâce au  trait très doux et aux couleurs très lumineuses de Paul Echegoyen. Et de même les dessins gagnent en puissance grâce à la construction du récit . On suit en effet deux temps narratifs différents (qui finissent par se rejoindre, mais je n’en dit pas plus), et cet effet littéraire permet un jeu de couleur assez exquis. On observe tantôt des couleurs très chaudes, comme si tout Paris était baigné d’une lueur de soleil couchant; et tantôt des couleurs très bleu qui présentent un monde beaucoup plus secret et mystérieux.  Et malgré un récit très court je trouve le procédé littéraire très bien maîtrisé, et il m’apparaît  tout à fait pertinent de proposer une structure narrative un peu originale aux enfants.

De plus l’album est très bien fait. A la fin on trouve une jolie page qui nous présentent 4 personnalités ayant vécues en 1900. On trouve également quelques croquis, et une présentation des deux auteurs. J’aime beaucoup l’idée de présenter un plus aux enfants qui découvrirons l’album comme un vrai objet complet : une histoire, des jolis dessins, et une idée de ce que pouvait être l’année 1900.

Vraiment je ne taris pas d’éloge à l’égard de cet album qui as déjà pris une place très importante dans ma bibliothèque ! D’ailleurs on nous promet un deuxième tome(1902) en 2017, et je peux d’or et déjà vous dire que je me l’offrirai dès sa sortie 😉 Je conclu ce billet en vous laissant admirer ma planche préférée (qui m’a envoûtée si bien par sa magnifiiiiique illustration que par la délicate poésie de ses mots).

Test/Tag de la rentrée ~ by Yomu-chan

Bonnnn puisque la patronne m’a taguée, je suis bien obligée de vous présenter ma petite liste à moi. Ca a été très dur de la remplir sans nommer les mêmes livres que bidib vu que nous piochons dans le même stock, je crois que nous n’en avons qu’un en commun (et encore je ne l’utilise par pour la même catégorie).

1 Un livre qui se passe dans une école :

Harry Potter

Ce n’est que très récemment que j’ai commencer à lire Harry Potter. Quand j’étais petite j’étais fan de l’univers des films et je rêvais de recevoir ma lettre de convocation pour étudier à Poudlard. Cette année j’ai décider de retourner dans cette école fantastique en découvrant les romans.

2 Un livre qui met en scène un prof que vous aimez :

Gokusen 

Alors là ya pas à dire Yankumi est une de mes prof préféré ! Elle est drôle, touchante et intelligente ! Si tout les profs du monde pouvez penser comme elle 😀

3 Un livre où le héro rentre dans la vie active :

Le dernier apprenti sorcier-les rivières de Londres

J’en ai déjà parlé ici . J’adore le personnage principal, Peter, qui commence à travailler dans la police.

Un livre où certaines scènes se passent dans une bibliothèque/librairie :

Instinct 

C’est l’été dernier que j’ai découvert cette super trilogie. Une approche étonne de la lycanthropie. La petite société créer par les protagoniste a mis en place une bibliothèque dans laquelle ils ont regrouper tout les ouvrages nécessaire pour comprendre ce qu’il leur arrive. Elle prend un rôle plutôt important à un moment donné. Et c’est le lieu de refuge de mon personnage préféré : Sharrif.

Un livre avec au moins un livre sur la couverture :

L’historienne et Dracula

J’aurais aussi pu citer ce titre pour les bibliothèques. Composé de deux tomes cette série retrace l’histoire d’un étudiant, son prof et sa fille, qui se retrouve mêlé à Dracula à cause d’un étrange livre.

Le premier livre que vous avez lu/ aller lire à la rentrée:

En ce moment j’essaie de me plonger dans le Gai Savoir de Nietzsche.

Un one-shot de plus de 500 pages :

Le jardin des secrets

Alors c’était il y a très longtemps que j’ai lu ce bouquin, mais je me souviens qu’il m’avait beaucoup. On y retrace l’histoire de plusieurs femmes à partir d’un étrange héritage, une maison et tout ses souvenirs.

Un livre que vous avez lu pour l’école et que vous avez aimé :

Cyrano de Bergerac

J’ai été charmée par le panache de ce personnage haut en couleur !

Un livre avec une belle histoire d’amitié :

Orange

Encore un manga… L’histoire tourne d’abord autour de l’histoire d’amour des deux protagonistes principaux, mais, chose rare, l’auteur donne autant d’importance à l’histoire d’amitié de la petite bande. J’aime particulièrement le super ami que fait Suwa.

Un livre avec un perso intello :

Oh boy !

Le petit frère Siméon est un super intello très touchant. En plus sa matière préférée c’est la philo, comme moi !

Un livre qui est une réécriture d’un classique :

Ludwing revolution

Un manga de plus sur ma liste… Ludwing révolution retrace tout les contes des frères Grimm avec un regard super drôle et parfois lugubre en mettant ce prince loufoque qu’est Ludwing à la place du prince charmant.

Un livre qui se déroule au 19° siècle :

La mécanique du cœur

Un 19° siècle un peu particulier mais très charmant. Une courte lecture mais forte en émotions.

Un livre avec une carte :

Tara Duncan

La carte d’Autremonde ! J’adorais ce genre de livres fantastique avec les cartes pour se repérer dans l’univers , comme s’il existait pour de vrai *-* c’était magiiiiiique !!

Un livre avec un titre en anglais :

Fullmetal Alchemist

Bon je finis sur un manga, mais faut dire que c’est plus facile de trouver un titre en anglais dans cette catégorie. Fullmetal Alchemist est mon manga préféré. Dramatique à souhait !

Sentiment 26 ~by yomu-chan

Bonjour bonjour,

aujourd’hui nous allons parler dystopie. C’est en effet un genre que j’affectionne assez, c’est pourquoi, à la bibliothèque, mon regard a été attiré par Sentiment 26 de Gemma Malley et sa quatrième de couverture plutôt prometteuse. Je cherchais à ce moment là un livre  pas trop prise de tête mais qui saurait me faire voyager. Après lecture je confirme que ce n’était VRAIMENT pas prise de tête… m’enfin je vous expliquerai tout ça après, voici d’abord un petit synopsis.

Le récit prend racine dans un univers post-apocalyptique où, après les « horreurs », les quelques humains encore « sains » se sont regroupés dans une ville (entourée de murs et de grands portails bien bien fermés évidemment) aux codes bien particulier. D’abord chaque individu se voit jugé et attribué une étiquette (cela ne vous rappelle rien ? ). Ces étiquettes vont de A à E et elles déterminent en quelque sorte votre « pureté ». En effet suite aux « horreurs » durant les quelles les Hommes sont devenus fous et violents, il a été décidé par « le frère » et un autre grand gourou, dont j’ai oublié le patronyme,  que tout le monde se verra amputer d’une partie de son cerveau soi-disant à l’origine du mal dans l’esprit des gens. C’est dans ce contexte que l’on fait la connaissance d’Evie, 16 ans. La jeune fille est tourmentée car elle rêve. Et ça, le système l’interdit , le fait de rêver signifie que tu refoule des sentiments mauvais et que donc tu es mauvais. Malheureuse comme tout elle doit pourtant faire bonne figure pour conserver son rang dans cette société faite de castes; de plus elle va bientôt se marier avec Lucas, le garçon le plus vertueux de la ville, le parfait model du système. Mais oh damn ! En fait Evie est amoureuse depuis toujours de Raffy, le petit frère de Lucas, qui lui est tout le contraire de ce que revendique le grand gourou, c’est un déviant ! Vient le jour où celui-ci crois avoir découvert une faille dans le système et se voit alors rétrogradé au rang de E. Evie qui découvre les conséquences que cela implique décide de fuir avec son amoureux. Commence alors une épopée au cœur de ce monde à la dérive où les jeunes gens essaient de se battre contre ceux qui les ont manipulés toute leur vie.

Bonnnnn. A ce stade vous avez compris que sentiment 26 n’est pas un grand chef d’oeuvre de littérature et qu’il emprunte un chemin déjà bien tracé, avec une recette déjà réutilisée 300 fois. La ville fermée et divisée par des castes, l’héroïne différente et qui ne rentre pas dans les codes établie par la citée, qui cache un secret qui va bouleversée les fondements de celle-ci, et n’oublions surtout pas l’histoire d’amour tourmentée qui ne fait que rebondir entre « je t’aime » et « moi non plus » ! Je n’ai rien contre ces schémas narratifs un peu bateau que l’on retrouve souvent, j’avais beaucoup aimé divergente (les deux premiers tomes seulement , et je ne veux même pas entendre parlé de ces films au caca qui servent d’adaptation, j’ai regardé le premier et ça m’a suffit), je vous avais  aussi parlé de les 100, que j’ai lu cet été et qui savait nous maintenir dans son univers malgré un scénario peu originale, car la structure du récit et les personnages rendaient le tout sympa. Le problème avec sentiment 26 c’est qu’il allie une atmosphère déjà vue, avec des personnages vides aux quels on ne s’attache pas, et un dénouement privé de toute surprise.

Histoire de ne pas malmener ce livre sans arguments valables je vais approfondir chacun de ces points. D’abord son scénario, le squelette du récit. Comme je l’ai déjà dit l’essence d’une telle histoire n’a rien d’originale, elle suit un schéma type, sans surprise donc pour le lecteur. Et c’est dommage, car, comme souvent, l’idée de base aurait pu avoir un petit quelques chose de sympa, si elle avait été exploitée correctement. Effectivement cette histoire d’amygdale que l’on doit amputer de notre cerveau et qui permettrai de contrôler le mal chez les individus, ça a de la gueule ! Mais selon moi l’auteure n’a pas su faire mûrir son idée et au final elle ne fait que donner un nouveau déguisement à un système de caste. En avançant un peu dans l’histoire on voit bien qu’elle tente de donner un peu plus d’importance à ce phénomène mais sans arriver pour autant à décoller. De plus ce squelette narratif reste très pauvre de par sa forme. C’est à dire qu’il n’y a aucun procédé littéraire pour venir étayer le récit. Une structure des plus basique, avec une narration chronologique toute simple, durant laquelle on suit tout le temps les mêmes personnages. Ah non, je suis mauvaise langue ! Il y a deux passages durant lesquels on s’éloigne d’Evie pour retourner mettre notre nez dans cette ville, voire ce qu’il s’y passe. Mais on sent bien que l’auteur utilise cela uniquement pour rapporter un fait que l’on aurait eu du mal à raconter autrement, un pur arrangement pratique et non un véritable procédé stylistique. Je veux dire qu’il aurait été possible avec les éléments mis en place d’aller chercher une narration un peu moins linéaire afin de redonner un peu de peps à tout ça.

Ensuite les personnages. Même une histoire fade peut s’avérer alléchante pour peu qu’elle soit vécue par un personnage attachant ! Mais même là Sentiment 26 fait un flop.  Effectivement déjà handicapée par le fait de mettre en scène une héroïne type, Gemma Malley n’a pas su faire d’Evie un personnage sympa. Bien sûr cela ne reste que mon point de vue personnel, car l’identification aux personnages d’un roman est très subjective, mais je n’ai trouvé dans Evie aucune caractéristique attachante. C’est vrai quoi, ça commençait plutôt bien, cette jeune fille qui fait des rêves dans une citée où c’est interdit !  Moi qu’on m’interdise de faire des rêves ça me scandalise, je m’attendais à une héroïne forte et intelligente qui allait comprendre que les habitants étaient manipulés et qui essaierait de se battre contre ce système. Mais non. Evie ne fait que culpabiliser. Certes on lui a apprit depuis sa plus tendre enfance que rêver c’est mal alors bien sûr il lui faut du temps pour réagir mais bon dieu faites qu’elle réagisse à un moment donné ! Non elle pleurniche, culpabilise, pleurniche et ainsi de suite. Elle ne trouve aucune réponse par elle même, cela vient toujours des autres, elle ne fait que suivre un mouvement, et ne prend quasiment aucune décision. Elle m’énèèèèrve ! Enfin je veux dire, elle n’a pas l’étoffe d’un héro. Dans ce genre de livre le héro doit être précurseur d’un mouvement de rébellion, je sais pas moi, avoir un minimum de caractère.  S’ajoute à cet insipide personnage son insipide histoire d’amour. Premier défaut c’est nian-nian , mais ça à la limite c’est pas grave, on adooore les amours nian-nian pour peux que ce soit un peu profond et recherché. Là on ne comprend même pas pourquoi les personnages sont amoureux. On sait juste qu’ils s’aiment depuis l’enfance. Peut-être est-elle attirée par son côté rebelle, mais elle passe son temps à vouloir l’assagir. Peut-être est-il attiré par elle car il lui trouve quelque chose de spécial, mais j’aimerais bien savoir quoi, je pense que l’auteure elle-même n’a pas réfléchi aussi loin. En plus on apprend leur relation de façon assez bizarre. Personnellement j’ai trouvé que ça venait un peu comme un cheveux sur la soupe.  Enfin je veux dire, il ne suffit pas d’embrasser tout les soirs une personne que l’on trouve belle pour vivre une relation passionnelle. Quand on est amoureux ça se ressent dans les choix de vie que l’on fait.  Mais non là, on se contente de nous dire qu’ils s’aiment trop, et voilà. Et puis franchement le coup du brun mystérieux trop rebelle et impulsif VS le blond calme et intelligent, ça va quoi. L’héroïne on ne sait même pas à quoi elle ressemble, on sait juste qu’elle hésite entre un brun et un blond. C’EST UN PEU TROP FACILE ! Tout de même un personnage se doit d’être un peu travaillé !

Enfin bref  je vais m’arrêter là dans l’étude de ce livre qui, vous l’aurez compris, ne m’a pas plu. Je crois qu’il y a une suite, mais je ne prendrais pas la peine de la lire, d’abord parce que je n’apprécie pas le style d’écriture mais aussi parce que je croyais l’histoire terminée et que je me demande bien ce qu’il pourrait bien y avoir à raconter d’autre à propos de cette histoire.

  

Bien sûr il ne s’agit là que de mon avis personnel. Peut-être suis-je trop vielle pour lire ce genre de roman, qui s’adresse sans doute plus à des jeunes filles pré-ados. Mais je reste persuadée qu’on peut trouver de jolies pépites dans ce style de littérature, si vous en avez à me conseiller je suis toute ouïe !

Les rivières de Londres -Le dernier apprenti sorcier ~ by Yomu-chan

Je vais aujourd’hui vous parler d’un roman. Les rivières de Londres est le premier tome d’une série qui compte aujourd’hui 5 tomes : Le dernier apprenti sorcier. J’ai été totalement enchantée par l’univers développé dans ce livre et je tenais absolument à le partager avec vous !

Le dernier apprenti sorcier c ‘est Peter Grant, un jeune policier en tout début de carrière qui se retrouve, un soir, à devoir surveiller une scène de crime quand un étrange témoin lui confie avoir assisté au meurtre. Étrange pourquoi ? Car celui-ci prétend être un fantôme. Peter, pourtant pas du genre fantaisiste, choisi d’exploiter cette piste dans le but de prouver sa valeur de policier et espère ainsi dégoter un bon poste. C’est alors qu’en attendant son fantôme pour lui poser quelques questions il fait la rencontre d’un officier supérieur. Le lendemain celui-ci demande à ce que Peter intègre son escadron. Escadron un peu spécial, d’abord parce que l’Homme semble en être le seul membre, mais surtout parce qu’il ne s’occupe que des affaires reliées au surnaturel ! Commence alors pour Peter Grant une drôle d’aventure policière au cœur des légendes et des fantômes de Londres.

Le premier point fort de ce bouquin c’est qu’il sait allier avec brio deux univers pourtant très différents: le roman policier et le roman fantasy. En effet l’auteur, Ben Aaronovitch, créer une ambiance du tonnerre, mêlant magie, légende, enquête pointilleuse, dialectique, humour et sentimentalisme.  Si à certain moment on pourrait avoir peur que le côté apprenti magicien prenne le dessus sur le contexte policier, cela est vite rééquilibré pour que l’histoire suive son fil dans une cohérence appréciable tout en s’autorisant quelques écarts savoureux qui nous plongent dans un monde plus ou moins parallèle.

L’autre réussite de Ben Aaronovitch c’est d’avoir su créer des personnages attachant et intéressant. D’abord avec le personnage principal, Peter Grant, qui est aussi le narrateur; un jeune homme métisse à la langue bien pendue, qui nous fait rire par son sarcasme, mais qui nous fait réfléchir avec des observations sur la vie plutôt pertinentes. L’auteur arrive à bien nous transmettre son état d’esprit. Peter devient très vite un homme attachant, auquel on peut facilement s’identifier, qui nous transporte à travers ses états d’âme sans jamais trop en faire.  Vivant mais suffisamment bien maîtriser pour en faire un narrateur idéal qui nous guide à travers cette histoire un peu dingue.  Après il y a l’inspecteur Nightingale, le supérieur de Peter. Un homme très mystérieux mais aussi très attachant. Leur échanges sont toujours drôles et intelligents. Sans oublier Lesley, l’inévitable personnage féminin, qui apporte elle aussi une super touche d’humour et de tendresse au livre. Intelligente, drôle et spontanée , elle ne manque jamais de rabattre son caquet à Peter  tout en laissant planer quelques odeurs d’un romantisme bien ficelé. Et bien-sûr tout les acteurs de cette vie surnaturelle qu’abrite Londres, les fantômes au cœur de l’intrigue, les divinités de la Tamise hautes en couleurs, ou encore l’étrange Molly femme à tout faire de Nightingale.

De plus Les rivières de Londres offre un scénario solide. On suit bien-sûr l’enquête principale, celle qui est à l’origine du récit. Puis très vite vient s’y greffer l’histoire d’une branche secrète de la police menée par le mystérieux Nightingale, puis l’apprentissage de la magie, suivie de la découverte de l’univers surnaturel. Et quand celui-ci fait son apparition Peter se retrouve mêlé à d’autres conflits. Mais finalement tout s’emboîte, s’adapte,  se découvre, pour ne former qu’un seul et même livre, riche et qui nous embarque sans soucis.

J’ai eu un petit coup de cœur pour ce premier tome du dernier apprenti sorcier, et je me réjouis à l’idée d’en lire la suite !