Archives de catégorie : littérature

SF so british – quelques nouvelles

Contrebande sidérale – Kem Bennett

Résumé : poste de douane interplanétaire. L’officier Albert Pedigree sait que les deux Albéniens font passer des diamants en douce, mais il a rarement réussi à les coincer. Arrivera-t-il a découvrir où ont-il caché leur marchandise de contrebande ?

Qu’en ai-je pensé ? La nouvelle est assez courte et sans surprise. L’ambiance est plus celle d’un policier si ce n’est que les contrebandiers sont des sortes d’insectes géants venus d’une autre planète. Le mystère est… comme dire… pas très mystérieux. Je n’ai pas du tout été surprise par le dénuement, mais l’auteur arrive à bien retranscrire la tension ressentie par l’agent des douanes. Ce que j’ai trouvé amusant c’est le décalage entre le commerce intersidéral et les détails technologiques. Pedigree, par exemple, tape ses rapports à la machine à écrire, un instrument d’une autre époque, un détail qui m’a beaucoup fait rire parce que je le trouve très anachronique, tout comme le prix des diamants, dérisoire, pour un lecteur des années 2010.

Kem Bennett : né en Angleterre en 1919 et mort en 1986, cet auteur est peu traduit en français. En dehors de cette nouvelle, une seule autre est parue en français. J’ai trouvé très peu d’information sur lui, si ce n’est que cette nouvelle a été écrite en 1953 et traduite en français en 1963.

Étranges visiteurs (D')(collectif)Cette nouvelle est extraite du recueil D’étranges visiteurs – Histoires de science-fiction, collection classique, l’école des loisirs.

Le recueil regroupe 9 nouvelles d’auteurs différents et ayant en commun la thématique des extraterrestres. Le recueil a été publié une première fois en 1991, toujours à l’école des loisirs dans la collection Médium.

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La machine à désintégrer – Conan Doyle

Résumé : Malone, un jeune journaliste, vient rendre visite à son ami, le professeur Challenger, un brillant scientifique manquant cruellement de modestie (ça vous rappelle quelqu’un ?), pour l’inviter à aller rendre visite à un scientifique qui prétend avoir découvert la machine à désintégrer.

Qu’en ai-je pensé ? J’étais très surprise par la ressemblance du couple formé par Malon-Challenger avec Watson-Holmes. Le professeur ressemble beaucoup au fameux détective, non pas physiquement, mais à la fois par son incommensurable intelligence et son manque absolu de modestie. Un trait de caractère particulièrement agaçant. Je me demande si Doyle a écrit des histoires avec des personnages un peu moins intelligent et un peu plus humain ou si ses héros partagent tous ces traits de caractère tant Challenger et Holmes sont semblables. On retrouve aussi la même dynamique dans les échanges des brillants héros et de leur faire-valoir. Du coup pas tellement de surprises. Tout était étrangement familier. La chute encore une fois n’avait rien de surprenant. Je l’attendais et elle est arrivée.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsConan Doyle : J’ignorais que le père de Sherlock Holmes avait aussi écrit de la science-fiction ! Avec cette nouvelle, j’ai découvert une facette de l’auteur que je ne connaissais pas. Le professeur Challenger, au centre de l’intrigue, est d’ailleurs un personnage récurant, qu’il a fait vivre dans plusieurs nouvelles et romans.

Conan Doyle est né en Ecosse en 1859 et mort en Angleterre en 1930. Médecin de formation, il commence à écrire en attendant que des patients se présentent à son cabinet qu’il ouvre à Portmouth. En 1887 il publie Une étude en rouge qui débute les aventures du célébrissime Sherlock Holmes à qui il dédie 4 romans et 56 nouvelles.

Le professeur Challengeur, quant à lui, voit le jour en 1912.

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L’étoile – H.G. Wells

Résumé : un astre a traversé l’immensité de l’espace et se précipite inexorablement dans le soleil. La terre se trouve sur son passage.

Qu’en ai-je pensé ? J’aime le style de H.G. Wells. Très lyrique. J’ai beaucoup aimé cette nouvelle et sa morale. Ici, il n’y a pas de personnage principal, si ce n’est cette étoile qui chaque jour se rapproche un peu plus de la terre. On la regarde des divers continents. D’abord indifférent, puis étonné et enfin effrayé. Le fait qu’il n’y ait pas de personnages la rend plus froide, plus réaliste aussi. On nous relate des faits. Des constats. Il y a peu d’émotions, si ce n’est la description de quelques réactions suscitées par les événements ici et là. Ce regard froid et distant donne une ambiance assez dérangeante, troublante.

Des trois nouvelles citées ici. C’est celle que j’ai préférée.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsH.G. Wells : né en 1886 et mort en 1946, H.G. Wells est un écrivain britannique très célèbre pour ses romans de science-fiction. On le considère d’ailleurs comme l’un des pères de la science-fiction moderne.

Il a écrit de nombreux roman et nouvelle. L’étoile, que j’ai présentée ici, a été écrite en 1897.

Plusieurs de ses œuvres ont été adaptées au cinéma.

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Robots et chaosCes deux nouvelles sont tirées d’un autre recueil de nouvelles : Robots et Chaos, également publié par les éditions l’école des loisirs dans la collection Classiques (2018). Ce recueil regroupe 13 nouvelles auteurs différentes.

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Je vous reparlerais plus en détail de ces deux recueils. Aujourd’hui je n’ai choisi que les nouvelles d’auteurs anglais pour le rendez-vous sf du Mois Anglais.


 je (re)lis des classiques

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Mange, prie, aime d’Elizabeth Gilbert [Audiolivre]

Les voies du seigneur sont impénétrables. Et impénétrables sont les voies qui m’ont amené à lire ce livre. Car je dois vous avouer, je n’avais jamais entendu parler de ce titre, écrit par Elizabeth Gilbert en 2006 (et traduite en français en 2008) et adapté depuis au cinéma. Non, jamais. Pas avant ce mail qui me proposait de découvrir la version audio lue par Catherine Creux et disponible chez Audible.

Couverture de Mange, prie, aime : Changer de vie, on en a tous rêvé... Elle a osé

Quand, la première fois, j’ai lu le mail je n’y ai pas prêté grand attention. Pas un livre pour moi, ai-je pensé. Le titre suffisait à m’en persuader, et ce malgré un sous-titre alléchant : Changer de vie, on en a tous rêvé… Elle a osé. (Je ne sais pas vous, mais rêver de changer de vie est ma seconde nature et ce quelques soit ma vie en question). Puis, j’ai fini par le rouvrir.

Allez, ça coûte rien d’essayer. N’as-tu pas envie de retenter l’expérience de l’audiolivre ? Tester audible avec autre chose qu’un roman ça peut être intéressant, tu ne crois pas ? J’ai fini par me convaincre moi-même et, non sans appréhension, j’ai répondu à ce mail.

Me voilà donc embarqué dans cette expérience de vie, celle de Liz (Elizabeth Gilbert), une auteur dont je ne savais rien si ce n’est qu’elle est américaine. Avec ce livre, elle nous invite à partager un an de sa vie, dans les détails les plus intimes de sa réflexion personnelle. Un an pendant lequel elle va partir en quête d’elle-même dans une sorte de voyage initiatique post-moderne en trois étapes qui la conduira tout d’abord à Rome, puis dans un ashram yoguique en Inde et enfin auprès d’un sorcier balinais.

Je me réjouissais de commencer ce voyage par l’Italie et les plaisirs de sa cuisine. Mais je n’étais pas au bout de mes surprises ! Alors que je partais en terrain conquis, que la familiarité que m’inspirent l’Italie, ses plats de pâtes et ses pizzas me rassurait, de cette première étape du voyage je n’ai retenu qu’un agacement inexplicable. Tout m’a agacé. Tout ! J’étais tellement agacée que je m’en prenais même à la lectrice dont le ton m’exaspérait. J’étais tellement agacée que j’ai fini par me demander pourquoi ce récit me mettait dans un tel état. Il n’y avait, objectivement, pas de quoi être si énervée. Cette colère je la connais, je ne la connais que trop bien. C’est là que j’ai commencé à me dire que ce n’était peut-être pas un hasard que je me retrouve avec ce livre entre les mains. À chaque révolte, je me suis interrogée sur mes propres sentiments et, clopin-clopant, je suis venue à bout de la première étape du voyage.

Je m’attendais à détester la seconde étape du voyage. Mais, là encore, j’allais être surprise. Après cette première étape assez douloureuse (au sens où j’ai du me force à continuer l’écoute), j’ai traversé la seconde partie dans un tout autre état d’esprit. Après seulement un chapitre ou deux, je me suis rendue compte que même la voix de la conteuse, qui n’a pas changé, ne m’agaçait plus du tout. Je me suis même amusée d’avoir éprouvé de tels sentiments. Et étrangement, j’éprouvais de la joie à écouter les récits des prières dans l’ashram indien. Bon, ça ne me donne pas du tout envie d’aller en Inde pour me lever à 3 heures du matin et méditer toute la journée, mais au-delà du yoga et de la forme que prend la recherche de spiritualité chez Liz, j’ai aimé sa réflexion sur elle-même et sur son besoin de trouver Dieu. Une réflexion dans laquelle finalement je me retrouve et qui peut parler à beaucoup de gens d’horizons et de croyances divers. Cela m’a beaucoup fait réfléchir et j’ai trouvé cette deuxième étape très apaisante. Le voyage en Inde m’a mis de bonne humeur, dans de bonnes dispositions.

Qu’en est-il de la dernière étape du voyage et du livre ? Bali. Cette dernière partie du récit m’a peut-être moins fait réfléchir que la seconde, mais je l’ai trouvée agréable et amusante. Je l’ai plus vécu comme s’il s’agissait d’un roman, d’une aventure et non pas d’une étape initiatique réelle. Cette dernière partie m’a semblé plus romancée, peut-être moins introspective. C’est l’étape de l’ouverture aux autres, de l’amour retrouvé et ça fait peut-être un peu roman à l’eau de rose, mais, finalement, je trouve qu’Elizabeth Gilbert écrit bien et on a envie de savoir comment tout cela va se terminer pour elle.

Je ne regrette pas d’avoir découvert ce livre, loin de là ! Il a même eu sur moi un effet auquel je ne m’attendais pas du tout et qui, je pense, va se ressentir sur la durée. Cela ne va peut-être pas changer ma vie, mais ça a fait bouger des choses en moi, ouvert des portes. Je suis vraiment heureuse de l’avoir découvert et je m’excuse d’avoir tant pesté contre Catherine Creux  durant la première partie du livre, cela ne tient pas du tout à sa performance que j’ai trouvé très bonne, finalement.

Mange, prie, aime lu par Catherine Creux


challenge petit BAC 2018 Challenge Il Viaggio : on repart?!!!

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Chère Ijeawele, ou le manifeste pour une éducation féministe

Je flânais au rayon socio de la bibliothèque, quand je suis tombée sur ce tout petit livre : Chère Ijeawere ou un manifeste pour une éducation féministe de Chimamanda Ngozi Adichie, publié chez Galimard. J’avoue ne pas connaitre l’auteur, mais le sujet du féminisme m’intéresse et le rayon ne contenait, sur le sujet, que peu de livres avenants. J’ai donc décidé de l’emprunter, histoire de.

Couverture Chère Ijeawele, : Un manifeste pour une éducation féministe

Je l’avais presque oublié quand ce matin en préparant ma prochaine visite à la bibliothèque je l’ai vu et ai commencé à lire la première page. Je ne l’ai quitté qu’en refermant la dernière page (ce qui, vu la taille du livre, ne m’a pas pris trop longtemps).

Ce que nous dit Chimamanda Ngozi Adichie ici, est une évidence, mais des ces évidences qu’on a besoin d’entendre tout haut. Chiamamanda Ngozi Adichie est nigériane et s’adresse, dans ce manifeste, à l’une de ses amies nigériane, qui vient de mettre au monde une petite fille. Bien qu’attaché à sa culture et à son contexte, ce texte n’en reste pas moins très universel.

J’ai trouvé ce court manifeste très intéressant et facile à lire. J’ai tout particulièrement été sensible à la question des projections que la société fait en fonction du genre de l’enfant et que nous faisons tous, plus ou moins, malgré tout parce que nous avons été éduqués comme ça et que c’est devenu presque un réflexe. Sortir de ces projections demande un vrai travail actif sur ces réflexes. Adichie met aussi l’accent sur l’importance des mots. Il faut faire attention aux mots qu’on utilise, car, au-delà du sens propre, ils sont chargés de connotations culturelles, comme le sentiment de honte qui, par exemple, accompagne presque immanquablement le sujet de la sexualité féminine. Pourquoi parle-t-on toujours à voix basse des menstruations ?

Un texte court et salutaire que je conseille à tous les parents soucieux de donner une éducation féministe à leur enfant (mais aussi aux enseignants et à tous les autres, qu’il soit éducateur ou non). Et par féministe j’entends ce que le mot veut dire et non pas toutes les connotations négatives qui l’accompagnent (malheureusement encore aujourd’hui).

Féminisme nom masculin (du latin femina → femme ; mot créé par Fourier)
■ Doctrine qui préconise l’égalité entre l’homme et la femme, et l’extension du rôle de la femme dans la société.
(source : Le Robert illustré)

Chiamamanda Ngozi Adichie est une écrivaine nigériane, née en 1977. Un nom que je vais tâcher de retenir !

bibliographie de Chiamamanda Ngozi Adichie chez Galimard

Pour terminer, je vous propose une petite vidéo :

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2 aventures à travers les Etats Unis [roman jeunesse]

Aujourd’hui, je vous amène en voyage. Nous partons aux États-Unis avec non une, mais deux traversées extraordinaires du pays. D’Est en Ouest, du Sud au Nord. De la fin XIX au début XX, ces deux romans jeunesse nous font voyager.

Le Célèbre Catalogue Walker & Dawn – Davide Morosinotto

Du bayou de la Louisiane aux immeubles de Chicago, dans ce roman nous suivons les incroyables aventures d’une bande de 4 enfants.

Tout commence dans le Sud, dans une petite ville dans le bayou en Louisiane. Nous sommes au début des années 1900 et là-bas on parle encore le français. 4 enfants aussi différents qu’inséparables profitent du bayou pour jouer et échapper à la vigilance de leurs parents. Il y a P’tit Trois, le troisième d’une famille de garçons élevés par une mère seule qui rêve d’aventure. Eddie, le fils du docteur, le plus grand, mais aussi le plus anxieux qui s’en remet volontiers à l’autorité de son camarade.  Puis il y a Joju, la belle Julie et son petit frère Min. Elle est blanche, il est noir. Leur mère vit dans une extrême pauvreté et Julie ne rêve que de partir et laisser derrière elle cette vie dure et d’amener son petit frère loin d’ici. Min est le petit dernier, plus jeune que les autres, il suit sa sœur partout. Il est étrange, différent. Il ne parle jamais, ce n’est pas parce qu’il ne sait pas parler, mais il n’éprouve pas le besoin de parler. Ce qu’il aime, c’est compter. Et rester près de sa sœur qui est toujours là pour le protéger et prendre soin de lui.

Un jour, alors qu’ils pêchent dans les marais, les enfants tombent sur trois pièces. Plus d’argent qu’ils n’auraient pu en rêver. Après de longues négociations, ils décident enfin de commander un objet dans le célèbre catalogue Walker & Dawn. Et c’est là que leur vie va prendre une toute nouvelle direction. En recevant le mauvais colis, ils décident de partir au siège du célèbre catalogue pour empocher une petite somme d’argent. En partant sur leur pirogue, ils sont loin de se douter ce que leur réservera cette longue traversée des États-Unis. Partis un peu comme ça sur un coup de tête, plus effrayé par ce qui les attend à la maison que par l’aventure. Ils découvriront les grandes villes, les bateaux à vapeur, tomberont sur des voyous, seront aidés par des vagabonds, des journalistes, croiseront des gens bien, des gens peu recommandables, de vils tortionnaires, mais jamais ils ne baisseront les bras. Ils se feront avoir, ils se feront aider. Leur amitié deviendra de plus en plus forte.

Voilà un roman comme je les aime ! De l’aventure, du voyage, des personnages savoureux et attachants, un texte simple, mais pas simpliste, de la vie, beaucoup de vie. Davide Morosinotto s’amuse à faire vivre ses personnages, ce n’est pas un roman prise de tête, il n’a rien à nous apprendre, on est là pour s’évader, pour prendre du plaisir à lire, à rêver et c’est réussi. Franchement réussi. C’est très agréable à lire, les pages s’enchaînent sans qu’on s’en aperçoive, on est pris dans l’histoire, on veut savoir ce qui va se passer, comment nos héros se sortiront de telle ou telle situation…

Ce que j’ai beaucoup aimé, outre le côté aventure très ludique du livre, c’est sa mise en page, il y a beaucoup d’illustrations dans style gravure d’époque rappelant les vieux romans d’aventure, mais aussi des fausses coupures de presse , des pages du fameux catalogue qui donne un aspect vraisemblable et réaliste à l’histoire. On plonge dans ce livre comme dans un film et on voit les images défiler devant nos yeux. Le style est aussi très vivant, rythmé, agréable et pas prise de tête. Avec une particularité qui m’a beaucoup plus. Le livre est divisé en plusieurs parties, différentes étapes du voyage, et chaque étape est racontée à la première personne par l’un des héros qui nous donne sa vision subjective de ce qu’il observe, de la façon dont lui vit cette aventure. J’ai trouvé ce jeu de narration très sympa, il contribue à rendre les personnages encore plus attachants, car on les découvre tour à tour à travers leur propre regard, mais aussi celui de leurs camarades.

C’est vraiment une très belle lecture, un coup de cœur

On est dans la lecture ludique et ça fait du bien. On s’amuse, c’est bien fait, c’est bien écrit, c’est superbement mis en page. Une belle aventure. Pour un premier roman, c’est très prometteur.

⇒ à lire aussi l’ avis de Mo’

sur le site l’école des loisirs

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Couverture La longue marche des dindesAvec La longue marche des dindes de Kathleen Kaar, on est vraiment dans l’Amérique, non seulement dans le décor, le sujet et l’écriture ont quelque chose de typiquement américain. Je ne serais pas trop expliquer pourquoi, mais c’est vraiment ce que j’ai ressenti dans cette lecture. Simon est un jeune homme de 15 ans un peu lent. Il est gentil et honnête, mais l’école ce n’est pas son fort. Sa maîtresse finit par lui donner son diplôme, non pas parce qu’il le mérite, mais parce qu’à 15 ans on ne peut plus rester à l’école primaire.

Lent peut-être, mais courageux, volontaire et imaginatif. Simon décide de prendre son envol et de créer son entreprise : acheter mille dindes et les amener à Denver où elles se vendront bien plus cher que dans son Missouri natal. Pour cela, il embauchera un muletier alcoolique, puis chemin faisant il trouvera de nouveaux associés.

Le cœur bon triomphe toujours de la méchanceté et malgré sa « cervelle de paon », Simon saura mener à bien son entreprise et se faire des amis, des vrais.

C’est sans doute en cela que j’ai trouvé ce roman profondément américain. Cet éloge de la bonté plus que de l’intelligence est une thématique que j’ai souvent retrouvée dans les romans et les films américains. Chez nous, dans le vieux continent, on accorde peut-être plus d’importance à l’intelligence qu’à la bonté. C’est d’ailleurs assez frappant en lisant ces deux romans d’aventures au contexte similaire (Les États-Unis de la fin XIX début XX) l’un après l’autre. Dans le premier roman que j’ai présenté, écrit par un Italien, les héros sont espiègles et pas toujours très honnêtes et c’est aussi grâce à leur malice qu’ils s’en sortent. Alors qu’avec La Longue marche des dindes, écrit par une Américaine, c’est la gentillesse et la bonté du héros, on ne peut plus honnête, qui lui permettent de triompher. Deux aventures, deux épopées à travers l’Amérique, mais pas vraiment la même morale.

Si j’ai plutôt un penchant pour l’espièglerie des 4 enfants du Célèbre Catalogue Walker & Dawn, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire La longue marche des dindes. Un roman plus classique, mais bien écrit. C’est vivant, c’est rythmé, les personnages sont attachants. Et si le roman manque d’originalité dans sa substance ou dans sa morale, il n’en reste pas moins plaisant. Quand à l’aventure que vivent les personnages, elle, elle n’est pas ordinaire !

sur le site de l’école des loisirs

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Le mot de la fin : deux bons romans pour s’évader sans prise de tête.

Dépaysement garanti.


chut les enfants lisent

 

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Mon père est parti à la guerre

C’est un petit roman jeunesse qui raconte la vie de Alfi, un enfant londonien, pendant la première guerre mondiale. Tout le monde pense que la guerre sera finie avant Noël. Alfi vient d’avoir 5 ans.

Les Noëls passent et la guerre ne fini toujours pas. Alfi a 9 ans, sa mère cumule les boulots pour arriver à s’en sortir. Lui-même décide de sécher l’école pour travailler comme cireur de chaussres à la gare pour aider sa mère.

Les nouvelles de son père se font de plus en plus rares jusqu’à ce qu’il n’en donne plus du tout. Alfi veut savoir, mais sa mère s’obstine à lui dire qu’il est en mission secrète. Alfi sent qu’elle ment et est bien décidé à découvrir la vérité, aussi terrible soit-elle.

Le roman n’est pas très long (246 pages) pourtant il m’aura fallu plus de 3 semaines pour en venir à bout. En vérité je me suis ennuyée. Je l’ai trouvé très intéressant parce qu’il montre très bien ce qu’était le quotidien des civiles pendant la guerre et plus largement au début du XX siècle, mais justement il y a beaucoup de descriptions, des détails qui peuvent étonner un enfants mais qui moi ne m’apportent pas grand chose. Je pense par exemple à une scène assez longue ou on suit Alfi au toilette. Cela peut être amusant pour un enfant de découvrir que les toilette à l’époque étaient dehors, mais moi je me serait bien passé de la scène.

En dehors de cet aspect un peu trop descriptif à mon goût (et aussi assez répétitif) j’ai trouvé les personnages attachant et réalistes. Il y a de nombreux personnages secondaires qui rendent le récit vivant.

J’ai souris, j’ai eu les larmes aux yeux et j’i même grimacé mais j’avais hâte d’en venir à bout. C’est un livre que je conseillerais plus comme support de cours que comme lecture plaisir. Un livre qui pourrait être très intéressant pour ceux qui font l’école à la maison.

Une lecture que je partage avec Blandine  dans le cadre du challenge Première Guerre mondiale.

lire la chronique de Blandine

sur le site de l’éditeur

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challenge WWIchallenge petit BAC 2018

voisins voisines 2018
Irlande

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On se revoit quand ?

Nous avons lu On se revoit quand ? à deux, comme lecture du soir, chacune un chapitre. Ce roman, parfaitement adapté aux jeunes lecteurs autant par sa forme (illustrations, typographie) que par son contenu (texte facile à lire et à comprendre, personnages principaux allant à l’école primaire…) se prête bien à cet exercice. Mimiko pouvait lise ses chapitres avec autant d’aisance que moi les miens.

Sorti récemment aux éditions l’école des loisir, le roman est écrit par Rose Lagercrantz et illustré par Eva Eriksson, traduit du suédois par Nils C. Ahl.

Dunne, le personnage principal, part en visite dans un parc avec sa classe. Des camarades pas très sympa se moquent d’ele et elle décide de s’éloigner du groupe. C’est là qu’elle tombe sur Ella-Frida qui est aussi en visite avec sa classe. Les deux filles sont folle de joie. Faut dire qu’Ella Frida, la meilleure amie de Dunne, a récemment déménagé loin et que les deux enfants ne se voient plus. Mais leur amitié est intacte. Elles profitent de cette occasion unique pour jouer ensemble, loin de leur classes respectives, au grand dam des maîtresses.

Le moment de se séparer arrive. Dunne est malheureuse. Son amie lui manque terriblement mais son père ne comprends pas. Pire, il se fâche. Ella-Frida, Ella-Frida… sa fille n’a que ce mot à la bouche et ça l’exaspère.

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J’avoue ne pas vraiment m’être attachée aux personnages et avoir lu cette histoire assez distraitement. Ce sont vraiment des préoccupations enfantine qui sont au cœur de cette histoire et je ne me suis pas sentie concernée. En revanche l’histoire a beaucoup plus à Mimiko qui se sentais très proche des héroïnes. Je pouvais sentir à sa façon de lire son implication affective. Ce sont des enfants comme elle, avec les même préoccupations qu’elle, ça lui parle. Et même si le livre s’adresse à des enfants un poil plus jeunes qu’elle, Mimiko a pris plaisir à lire ce roman.

Une jolie lecture, facile pour le soir. Agréable à lire à haute voix. Pour ceux qui ne me connaîtraient pas encore, j’ai des difficultés à lire à voix haute alors je suis ravie quand je rencontre une livre que je peux raconter facilement. Je parle souvent de cet aspect sur les livres que je lis avec Mimiko. Cela n’a rien à voir avec longueur du texte mais avec sa musicalité. En tant que dyslexique, j’ai été confronté à des albums aux textes très court qu’il m’était presque impossible de prononcer à voix haute. Ici la lecture était agréable. Le texte est simple et les phrases sont assez courtes, il est à la portée d’un enfant pour une lecture en autonomie, mais aussi facile à déclamer à haute voix.

Bref, un livre que j’ai trouvé mignon mais que j’ai vraiment lu avec détachement mais qui a plu à Mimiko parce que proche de son univers : l’école, les difficultés avec les camarades de classe, les parents qui ne comprennent pas ce qui tracasse vraiment l’enfant…

Il existe d’autre roman avec Dune et Frida-Ella. Je les proposerais peut-être à Mimiko pour les lire seule (je préfère me garder les romans plus difficiles, nécessitant mon aide pour la compréhension).

sur le site de l’école des loisir

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chut les enfants lisent

Suède
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La patience du Baobab

Couverture La patience du Baobab« L’amour, c’est pas plus facile que le reste de la vie. C’est vérifiable à vingt ans ou plus, sous les tropiques comme  autour du cercle arctique. Pas parce que c’est chaud ici et froid là-bas. C’est à cause des bâtons dans les roues, sous toutes les latitudes. Trop gros ou trop maigre, ça peut être une cause de bâton dans les roues, comme trop intelligent, trop blanc, trop noir, trop zyeux bridés ou cheveux roux, blonds, crépus ; si en plus on compte les bâtons courbés ou à genoux dans l’ombre d’une religion, l’amour, c’est vraiment le parcours du combattant. »

La jeune et jolie Aïssatou nous raconte son histoire. Celle d’une Centrafricaine amoureuse d’un Français. Il s’agit donc maintenant de quitter Bangui pour la Bourgogne…

La Patience du Baobab est une roman de Adrienne Yabouza, sorti en janvier aux éditions de l’aube.

C’est grâce à la masse critique de Babelio que j’ai découvert ce roman. Je profite toujours de la masse critique pour sortir de mes lecture habituelle et de ce point de vue là je ne suis pas déçue. Je n’ai pratiquement jamais lu de littérature africaine, en dehors de quelques poèmes. C’est donc tout un univers qui m’est inconnu, tant du point de vue littéraire que culturel. Je ne suis jamais allée en Afrique et je ne sais de ce continent que ce que l’ont peut en voir à travers les média.

Du coup, je ne sais pas trop quoi penser de ce roman. Il y a certains aspects que j’ai beaucoup aimé, d’autres qui m’ont perturbé et l’histoire elle même ne me parle pas vraiment.

J’ai beaucoup aimé  certains passages qui offrent un regard à la fois critique et plein d’humour sur la société. Aïssatou, nous parle à la première personne, elle nous parle de sa vie, de ses amour, mais aussi de la société qui ne tourne pas rond. Du décalage entre les Blanc et les Africains, notamment dans le démarches administratives et j’ai trouvé cet aspect du livre agréable, intéressant et très plaisant à lire. Pour avoir un aprçu de son style je vous invite à lire les premières lignes du roman.

Ce qui m’a perturbé c’est la syntaxe. Écrit dans français aux influences Centre-Afrique, le texte est parfaitement compréhensible mais la structure des phrases est parfois différente de celle du français de France. Et la structure des phrases me donnait une impression d’un ton enfantin que je ne pense voulu, mais simplement du à une différence dans la langue. Du coup ça me mettais mal à l’aise car j’avais le sentiment de mal interpréter ou de louper quelques chose dans le texte.

Mais finalement ce qui m’a vraiment dérangé dans ce livre c’est l’histoire d’amour autour duquel se construit tout le roman. Je n’y ai pas crus un instant. L’héroïne a beau répéter qu’elle aime Rémi d’amour, moi je vois pas comment on peut tomber amoureux et décider de se marier pour la vie en seulement 3 jours. Enfin si, je vois, mais j’appelle pas ça de l’amour… L’amour, tel qu’on en parle ici c’est quelque chose qui me dépasse complètement. Leur histoire d’amour  ne m’a absolument pas ému, ni touché. Je suis resté de marbre, voire même j’étais agacé par leur amour qui pour moi n’était pas réaliste.

Une lecture en demi-teinte. Intéressant et agréable à lire mais qui ne m’a pas pris aux tripes.

sur le site de l’éditeur

⇒ sur Babelio

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Outlander T1 : Le Chardon et le Tartan (Audible)

Couverture de Le Chardon et le Tartan (Outlander 1)

C’est une première pour moi. Si j’aime beaucoup les album-cd pour enfants, j’avoue ne jamais m’être posé la question du livre audio. Pour moi c’était un outil pour aveugles et je n’ai à aucun moment envisagé d’écouter un livre plutôt que de le lire. Puis un jour j’ai été contacté par Audible qui m’a proposé de tester leur appli avec un titre fantastique : le premier tome de Outlander, Le Chardon et le Tartan. Le pitch du livre avait l’air tentant et je me suis dit que c’était l’occasion de tester les audiolivres. A ma grande surprise j’ai adoré le principe, même s’il m’a fallu un petit moment d’adaptation. Mais commeçons par le commencement : le livre.

Outlander

Série en plusieurs tomes, écrite par Diana GabaldonLe Chardon et Le Tartan en est le premier volet et date de 1991.

C’est la fin de la deuxième Guerre Mondiale, Claire et son mari, Franck Randall, sont en Ecosse pour un repos bien mérité. Franck profite de ses vacances pour remonter son arbre généalogique, car de lointains parents avaient habité dans la région. Claire, pour chasser l’ennui, se prends de passion pour la botanique. Alors qu’elle visite un menhir, l’impossible se produit. Elle se retrouve projetée 200 ans en arrière. La voici perdue dans les Highlands du XVIII siècle. Faite prisonnière par des écossais qui la sauvent des griffes d’un officier anglais qui n’est autre que l’ancêtre de son mari, elle se retrouve mêlé à des conflits d’un autre temps. Comment rentrer chez elle ? Comment retrouver Franck ? Que lui réserve cette étrange destin ?

Bon, le bouquin fait plus de 800 pages, ce qui fait plus de 26 heures d’écoute ! Autant dire que c’est beaucoup !

D’ailleurs je trouve qu’il y a quelques longueurs. La première partie en 1945 est assez ennuyeuse et je me demandais quand l’auteur se déciderait à vraiment commencer son histoire. Une fois le voyage dans le temps accompli les choses deviennent plus intéressantes. Mais là encore, il y a quelques longueurs. De longs chapitres sur le quotidiens dans les Highlands dont je me serait bien passée. Si cela permets de biens ressentir l’ambiance, c’est pas d’un très grand intérêt surtout quand il y en a plusieurs.

Mais au delà de ses longueurs j’ai trouvé ce premier tome pas mal. L’histoire est intrigante et les personnages sont attachants. J’aime beaucoup Claire, qui est une jeune femme moderne et indépendante et qui doit ruser pour arriver à s’en sortir dans un monde où la femme n’a pas vraiment droit à la parole. Elle fait preuve de courage, de ténacité et ne se laisse pas facilement abattre malgré la situation qui a de quoi faire franchement paniquer.

Son mari Franck nous parait comme quelqu’un de plutôt ennuyeux. Tandis que le XVIII siècle offre des personnages plus pittoresque et intéressant. Il y a cependant peu de surprises, ce que l’on redoute arrive. Difficile de vous dire pourquoi je pense cela sans dévoiler l’intrigue mais disons que je n’ai jamais été étonnées par les différents rebondissements de l’histoire. Malgré tout j’ai envie de savoir comment les personnages vos se sortir de leur difficultés (et elle ne manquent pas tout au long de l’histoire ! à peine ont-ils posé leur barda quelques part qu’une nouvelle mésaventure leur tombe dessus).

Autre reproche que je ferait à ce premier tome, outre les longueurs, c’est qu’il nous propose un personnage féminin fort mais elle se fait toujours sauvé (in extremis de préférence) par le beau gosse de l’histoire. Une fois, deux fois… bon de temps en temps on aimerait qu’elle s’en sorte autrement que pas son intervention. Même si elle lui rend la pareille, ça fait un peu trop prince charmant sur son beau destrier, j’ai trouvé ça dommage. C’est trop attendu et un peu caricatural du genre, mais bon… Elle a aussi l’occasion de prouver son courage elle aussi.

Une belle aventure, donc, mais sans surprise, avec quelques longueurs mais qui, malgré tout me laisse avec l’envie de savoir ce qui attends Claire dans les prochaines aventures.

Audible et les audiolivres

Comme je l’ai dis plus haut, c’était ma premier expérience. Je n’avais jamais écouté d’audiolivre avant et j’ai découvert l’application Audible à cette occasion.

J’ai mis un petit moment pour m’y retrouver, comprendre le principe (enfin… prendre le temps de me donner la peine de comprendre devrais-je dire !) mais je ressort de cette expérience très enthousiaste.

Le téléchargement de l’appli, est plutôt simple et une fois créer son compte, elle se synchronise automatiquement sur les différents appareils pour peu qu’on ai une connexion internet.

Je l’ai d’abord installé sur ma tablette. J’ai du prendre quelques minutes pour télécharger le livre afin de pouvoir l’écouter hors réseau et me voila partie pour écouter au lieu de lire lors de mes voyages quotidiens en train. J’avoue qu’au début j’avais un peu de mal, je ne savais pas quoi faire de mes mains, la sensation était très différente de celle que me procure un livre que je suis obligé de tenir. J’avais le sentiment de devoir faire autre chose au même temps et ce n’était pas très confortable. Et puis avec une heure et demi de train par jour seulement, difficile de venir à bout de 26 h d’écoute !

Finalement j’ai installé l’appli sur mon téléphone et tout à changé. Je me suis subitement rendu compte que, contrairement au livre papier qui me demande justement de ne rien pouvoir faire d’autre, je pouvais écouter en tout occasion. En marchant dans la rue, en classant mes dossiers, en faisant la vaisselle, etc. Fini ce drôle de sentiment qui me faisait sentir pataude avec mes mains inoccupées ! J’ai enchaîné les longues heures d’écoute profitant de chaque moment où une moitié de cerveau seulement m’était nécessaire pour dédier l’autre moitié à l’écoute du livre. Et j’ai trouvé ça très agréable. Au lieu d’écouter de la musique, ou la radio, j’écoutais les aventures de Claire. Et les longueurs du récit sont devenue beaucoup moins fastidieuses. Je marchait dans la rue, en compagnie de Claire et de ses compagnons de route, c’était très amusant.

Si un temps d’adaptation m’a été nécessaire pour découvrir cette autre façon de « lire », j’ai finalement beaucoup apprécié l’expérience.

Un mot aussi sur l’enregistrement. La version audio d’Audible est lue par Marie Bouvier. J’ai beaucoup aimé sa voix et la façon dont elle donne vie au récit. C’était très agréable à écouter.

Le Chardon et le Tartan (Outlander 1) sur Audible

⇒ à lire aussi les avis de Soukee

 


 challenge petit BAC 2018

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Vipère au poing

Aimer, c’est s’abdiquer. Haïr, c’est s’affirmer. Je suis, je vis, j’attaque, je détruit. Je pense, donc je contredis.

Je me souviens maintenant pourquoi j’avais tant aimé ce livre quand j’avais 15 ans. L’état d’esprit de Jean était alors le mien. Et si mon dictateur n’avais ni la cruauté ni la constance du sien, j’étais une révoltée. Et la résistance, qui depuis longtemps n’était plus passive, était mon mode de vie. En Jean Rezeau je reconnaissait un maître à penser. Dans ce livre je trouvais des beaux mots pour dire ces sentiments.

La haine, beaucoup plus que l’amour ça occupe.

Et j’étais très occupée à haïr le monde.

Couverture Vipère au poing

Jean, dit Brasse-bouillon, est né dans la campagne craonnaise, dans une vieille famille de la haute bourgeoisie, qui de haut n’a plus que l’estime d’elle-même. Un père effacé, Jacques, une mère cruelle et tyrannique, surnommé par fils Folcoche, deux frère, un aîné, Chiffe, et un cadet, Cropette, des percepteurs qui ne cessent de se suivre et la cuisinière muette, Fine, forment le tableau de son enfance. Plus prompte à la révolte que ses frères, il en devient le chef de bande, celui qui n’a pas peur d’affronter la rage maternelle. C’est dans la vielle propriété familiale, à l’ombre de la gloire passé et étouffé par une fois chrétienne qui n’a gardé que le pire que Jean grandi brandissant l’étendard de la révolte et de la haine. Car sa mère le haie (qui ne haie-t-elle pas ?) et Jean le lui rend bien.

J’avais aimé Vipère au poing parce que j’étais Jean (en plus modeste). Je l’ai aimé à nouveau parce Hervé Bazin a les bons mots et l’art de raconter cette révolte, qu’il rend si vivante, si remarquable. Alors même qu’il ne se passe pas grand chose dans cette campagne, ses mots savent me tenir en haleine.

Si les sentiments qui habitent Jean à la fin du roman ne sont plus les miens, j’ai relu ce livre avec la même excitation étrange que lors de notre première rencontre. Vipère au poing a ravivé en moi le souvenir d’anciennes résistances, et c’est avec amusement et détachement que j’ai vu se superposer mes souvenirs et ceux de Jean, avec tout ce que ces deux histoires ont de différente et d’étrangement semblable. J’y ai reconnu le sentiment de révolte, mais aussi ce mélange de haute estime de soi-même, d’autocritique et de cynisme dont Jean fait preuve vis-à-vis de sa famille.

Le regard impitoyable et lucide que Jean jette sur sa famille et sur la vielle bourgeoisie qu’elle représente m’a beaucoup amusé, surtout qu’il avoue en avoir hérité des traits, et pas forcement les meilleurs.

Un coup de cœur à 15 ans. Un coup de cœur aujourd’hui. Un vrai classique qui, malgré le temps qui passe, garde toute son mordant.


challenge petit bac 

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Le Bonhomme de Neige – Jo Nesbo

Couverture Inspecteur Harry Hole, tome 07 : Le Bonhomme de neige

Je suis tombé sur ce roman par hasard. J’étais à la librairie à la recherche de cadeaux pour Noël et ce livre avait été mis en avant. J’ai pensé au Décembre nordique, je me suis dit que je n’avais pas lu de polar depuis un moment et j’ai craqué (alors que j’avais déjà du polar nordique dans ma PAL, mais passons).

Avec ces 584 pages, cela faisait un bien trop gros pavé pour moi et je n’ai pas réussi à le finir à temps pour le Décembre nordique, mais une fois lancé j’avais tout de même envie d’avoir le fin mot de l’histoire, challenge où pas !

Harry Hole, célèbre inspecteur d’Oslo, le seul flic norvégien a avoir déjà arrêté un tueur en série, ce retrouve sur l’enquête d’inquiétantes disparitions. Des femmes marié et mère de famille on disparu dans d’étrange mises en scène aux premières neiges d’automne. C’est flanqué de la nouvelle recrue, Katrine Bratt, qu’Harry se lance sur les trace de ce qui pourrait bien être un tueur en série.

Harry Hole est le héro d’une série, et si j’ai bien compris, Le Bonhomme de Neige en est le onzième tome. Si le bouquin fait référence aux précédentes enquêtes de Harry, c’est surtout pour nous donner envie de les lire. Moi je découvre l’inspecteur Hole et Jo Nesbø, son auteur, avec ce tome et cela ne m’a pas du tout gêné.

Le roman est assez conscéquent mais ce lis assez aisément. A un moment j’ai eu un manque de motivation mais c’est surtout que les fêtes de fin d’année étaient venue intérrompre ma lecture, j’ai eu un peu de mal à m’y remettre, j’avais envie de passer à autre chose. Mais, une heure à peine après avoir repris ma lecture j’étais encore plus motivée qu’avant les vancances.

J’ai aimé le personnage de l’inspecteur même s’il est éprouvé comme modèle : alcoolique, asocial, incompris et malheureux en amour, c’est le stéréotype même de l’inspecteur des roman policiers. Mais Jo Nesbø sait nous le rendre sympathique. La recette est même un peu trop huilée. Il y a tout ce qu’il faut pour en faire une série à succès, et j’en ai vu tellement de séries policières qu’il n’y a pas vraiment de surprises.

Et en effet je n’ai eu aucune surprise avec ce roman. Si j’ai pris un plaisir certain à le lire, j’ai été un peu déçue de ne pas avoir été surprise. Il y a tellement de suspect et de rebondissement dans l’intrigue que j’ai un moment espéré me faire avoir mais non. C’était bien le coupable que je tenais depuis plus de la moitié du livre. Du coup je ne suis pas sûre d’avoir envie de lire les autres tomes de la série. En revanche je regarderais peut-être l’adaptation au cinéma, qui a en juger par la bande-annonce ne semble pas très fidèle.

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