Archives de catégorie : littérature

Quelques contes sur Audible

A l’occasion de ce nouveau mois des Contes et Légendes, j’ai eu envie d’explorer le catalogue audible. Ce n’est pas que les recueils de contes manquent dans mes étagères, mais, j’adore me faire raconter des histoires, alors pourquoi ne pas opter pour des livres audio ? J’ai déjà quelques livres CD que nous écoutions régulièrement avec mes filles, des contes sur l’appli audible me sont soudainement apparus comme une bonne idée non seulement pour mes trajets quotidiens dans les transports publics, mais aussi pour occuper Mimiko dans la voiture (bon là… je crois que je me fais des illusions, mais… je peux toujours proposer 😁).

Après avoir exploré le catalogue audible, j’ai jeté mon dévolu sur 4 premiers livres :

Couverture de Contes russes 1Couverture de Carte Postale du BrésilCouverture de Contes pour enfants pas sagesCouverture de Les Contes d'une Grand-mère

Contes russes, lu par Fabienne Prost (43 minutes). PurpleVelvet m’a donné envie de découvrir le folklore russe avec ses articles à l’occasion du mois des contes et légendes en mars dernier. Sur audible, il y a pas mal de propositions côté contes russes, j’ai choisi celui-là parce que j’aime beaucoup la couverture.

Carte postale du Brésil, lu par Muriel Blush (37 minutes). Contes et comptines, musique et paroles. Ce recueil semble promettre un beau voyage. Et comme ça, je fais d’une pierre deux coup (les mois des contes et des légendes + le challenge Amérique latine)

Contes pour enfants pas sages de Jacques Préver, lu par Dominique Pinon (27 minutes). Ma soeur et mon ainée aiment beaucoup Prévert. Mais moi la poésie… Du coup quand je suis tombé sur des contes écrits par Prévert j’étais très curieuse. Et comment résister à ce titre ?

Contes d’une grand-mère de Géorge Sand, lu par Anne Trémolières (2h15). La encore, c’est la curiosité de découvrir une auteur très connu et reconnu s’adonner à l’exercice de style qu’est le conte. D’autant plus que, de George Sand, je ne garde qu’un très vague souvenir des lectures obligatoires au collège. Je n’en ai jamais relu depuis.

J’espère avoir fait bonne pioche 🙂

Si vous aussi vous utilisez audible ou que vous avez l’habitude des livres audio, n’hésitez pas à nous laisser en commentaire vos conseils « lectures » contes et légendes.

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Pourquoi j’ai mis de côté Avec Elle [audible]

Je vous ai récemment parlé du roman Sans Elle d’Amélie Antoine que j’avais écouté en audio sur audible. J’avais alors expliqué que je n’éprouvais pas de réelle empathie pour les personnages, que je ne m’étais pas attaché à eux. En effet, je ne les aimais pas. Je n’aimais pas leur caractère, mais la situation à laquelle ils doivent faire face, la disparition d’un enfant, est si grave qu’on leur pardonne. Ou plutôt on accepte de subir leur caractère.

Malgré ces sentiments pour les personnages, j’avais poursuivi la « lecture » et avait trouvé des qualités indéniables au roman.

Comme je l’expliquais dans ma chronique, j’avais été attiré par le projet littéraire du roman, à savoir 2 romans, 2 destinées, une même famille, racontés par 2 auteurs. Aussitôt fini Sans Elle j’ai donc commencé Avec Elle. On y retrouve la même famille, mais la petite Jessica ne disparaît pas. Et c’est là que les traits de caractère des personnages deviennent plus intolérables. Avec la disparition de sa fille, je pouvais pardonner facilement à la mère son caractère franchement insupportable. Mais là, ses tourments amoureux me la rendent seulement antipathique. Elle a un caractère que je ne supporte pas et je ne lui trouve aucune excuse valable. J’ai donc beaucoup de mal à m’investir dans la lecture. Non pas à cause de la qualité du texte. Mais vraiment à cause de la personnalité des personnages, incompatible avec moi. Je n’en aime aucun. La mère est insupportable, j’ai envie de la baffer. Le père est indolent. Et les deux jumelles… j’ai envie d’en prendre une pour frapper l’autre. Jessica est égocentrique au possible et Colin culpabilise pour tout, n’extériorise rien. C’est trop frustrant pour moi.

Voilà pourquoi, après plus de trois heures d’écoute (sur un total de 9) j’ai décidé de mettre de côté cette lecture et de ne pas aller plus loin. Peut-être y reviendrais-je plus tard. Peut-être que cette lecture est simplement incompatible avec mon humeur du moment. Ou peut-être est-ce simplement une lecture incompatible avec mon caractère et mes goûts. Quoi qu’il en soit, je n’y prends pas plaisir et je ne vais pas me forcer.

L’avez-vous lu ? Avez-vous lu les deux tomes de la série ? Je serais curieuse de connaitre votre ressenti.

sur Amazon

la série sur Audible

Couverture de Avec elle

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La Combe aux Loups – Lauren Wolk

Il m’aura fallu du temps pour venir à bout de ce roman jeunesse !

Couverture La combe aux loups

La Combe aux Loups de Lauren Wolk est sorti au printemps dernier aux éditions l’école des loisirs. C’est la couverture et le titre qui ont attiré mon attention. Le résumé me semblait prometteur et me voilà embarqué dans la lecture de ce roman jeunesse venu des USA.

La première page m’avait beaucoup plu et j’avais hâte de trouver le temps de m’y mettre cet été. Finalement, passé la première page mon enthousiasme est un peu retombé. Non pas que l’histoire soit inintéressante, ou que ce soit mal écrit. Loin de là. Mais, je ne sais pas, j’ai eu un peu de mal à m’attacher aux personnages. J’ai trouvé le récit un peu trop manichéen, ça sent un peu trop la bonne morale chrétienne à mon goût. J’ai toujours du mal avec ce genre de morales, quand elles sont trop ostentatoires. Encore une fois, ce n’est pas parce que je ne partage pas le message, au contraire, mais c’est la façon de le faire passer qui manque, à mon goût, de subtilité. Laissez-moi vous expliquer pourquoi j’ai eu ce ressenti, qui m’a beaucoup ralenti dans ma lecture.

L’histoire se déroule dans la campagne américaine en 1943. La Deuxième Guerre mondiale bat son plein, et si nous sommes loin des champs de bataille, la guerre est quand même très présente dans l’esprit des gens. Annabelle va sur ses douze ans. Elle est une gentille fille, obéissante, éduquée,bien sur tout rapport, elle n’a même jamais menti. Mais l’arrivée d’une méchante fille dans son école va changer la donne. La garce s’en prend à elle et en fait son souffre-douleur. Betty est aussi méchante qu’Annabelle est bonne, violente, égoïste, prête aux coups les plus bas. Face à Betty Annabelle ne sait pas comment elle doit agir, aller voir les parents et tout leur dire ou essayer de se débrouiller seule et garder pour elle ses tourments. Mais peut-elle se taire quand sa meilleure amie est gravement blessée et que Betty accuse le pauvre Toby, un soldat de la Grande Guerre devenu vagabond ?

L’opposition Annabelle-Betty m’a, dans un premier temps, beaucoup irrité, l’une est trop bonne, l’autre trop méchante. Cet antagonisme manque de subtilité. Annabelle a 12 ans et elle n’aurait jamais menti ? Tous les enfants mentent de temps à autre ! Son côté petit fille modèle m’a vraiment beaucoup agacé dans la première partie du roman. L’auteur en fait des tonnes sur son bon caractère et loin de me la rendre agréable cette insistance a fini par la rendre exaspérante. Je n’aime pas les petites filles modèles. Heureusement, cela ne dure pas, dans la seconde partie du roman, là où l’histoire démarre vraiment, Annabelle se relève plus intéressante que ce que nous font percevoir d’elle les premiers chapitres. Certes, elle est très (trop?) bonne, mais elle est aussi intelligente et réfléchie. L’ingéniosité et l’acharnement qu’elle met à vouloir disculper Toby la rendent attachante (enfin !).

Dans cette insistance à montrer les vertus de l’une et les vices de l’autre, j’y ai vu une moralisation digne d’un cours de religion et ça, ça me hérisse les poils. Peut-être que j’exagère, mais c’est vraiment le sentiment que j’ai eu en lisant ce livre, j’ai l’impression qu’on me fait la leçon et je n’aime pas ça. D’ailleurs j’en suis venue à me demander si ce n’était pas un livre d’une autre époque, mais non, la version originale date de 2016.

Mais il y a quand même des aspects que j’ai beaucoup aimés dans le roman. Le personnage de la mère m’a beaucoup plus, une femme de son époque, qui ne se pose pas vraiment de questions sur son rôle dans la famille, mais qui a une très forte personnalité et un très bon cœur. Elle fait preuve d’une grande charité et d’une grande modestie dans ses actes. Elle a toujours une part de tard pour le pauvre Toby, mais elle ne ressent jamais de fierté mal placée pour ses comportements altruistes. J’ai aimé ce personnage même si, à l’instar de sa fille Annabelle, elle est un peu trop vertueuse.

La morale en elle-même est très bonne aussi, Annabelle se bat contre les préjugés et son combat est louable.

Malgré tout il y a des longueurs et la première moitié du roman ne m’a vraiment pas convaincue, je l’aurais abandonné si je ne m’étais pas engagé à en faire une critique. Je ne regrette pas pour autant d’avoir persévéré parce que j’ai beaucoup aimé le dernier tiers du livre que j’ai lu avec plaisir.

Un bilan mi-figue mi-raisin de mon côté. L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

sur le site de l’école des loisirs

⇒ sur amazon ou Decitre


challenge petit BAC 2018

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Sans Elle – Amélie Antoine [audible]

Le 14 juillet Patricia amène Jessica voir le feu d’artifice. Sa jumelle, Coline, est restée à la maison avec son père, elle a été punie pour une histoire de bouteille de parfum. Les deux fillettes ont 6 ans. Jessica aura 6 ans pour toujours. Ce soir-là, sa mère la perd de vue quelques instants et tout bascule. La vie de cette famille ordinaire ne sera plus jamais la même.

Couverture Sans elle

Sans Elle est l’une des faces d’un projet littéraire à quatre mains. À partir un même point de départ, 2 auteurs vont livrer deux histoires dont le pivot est Jessica. Avec ou sans elle. Solène Bakowski livre une première histoire : Avec Elle, tandis que Amélie Antoine nous livre le volet Sans Elle. C’est par ce dernier volet que j’ai commencé.

Je ne peux pas dire que j’ai pris plaisir à écouter cette histoire, car elle est bien trop tragique pour que je puisse utiliser le mot « plaisir ». Mais j’ai été saisie, tout au long du récit, par l’art de Amélie Antoine  de rendre les événements et les personnages vivants et étonnamment réels. L’interprétation du texte, lu par Ludmila Ruoso, renforçant cet effet. L’histoire était aussi tangible que si je l’avais vu à travers un écran. Je trouve d’ailleurs que l’histoire, telle qu’elle est écrite, ferait un très bon scénario de série.

Au centre du récit, on trouve Coline et ses parents, mais il y a une multitude de personnages secondaires qui me font penser aux personnages des séries policières. Ce n’est pourtant pas autour de l’enquête sur la disparition de Jessica que ce centre le récit. Mais sur la famille et la façon dont chaque membre tente de survivre à ce drame.

Malgré la tragédie qui les frappe, je n’ai pas éprouvé de réelle sympathie pour Patricia, la mère, ni pour Coline, la jumelle qui reste. Mais j’ai aimé la façon dont les personnages sont construits.

La fin m’a beaucoup surpris, et c’est assez rare pour être souligné !

Ce qui m’a attiré dans ce livre, plus que le sujet, c’est le projet littéraire. 2 destinées, une famille, écrite par deux auteurs différents commençant par un même point de départ. Amélie Antoine nous livre la vie de la famille Simoëns sans Jessica. Quelle aurait été la vie des la famille si ce fameux soir du 14 juillet Jessica n’avait pas disparu ? C’est ce qu’il me reste à découvrir avec Avec Elle de Solène Bukowski.

sur Audible

le site d’Amélie Antoine

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Les nouvelles aventures de Yaya et Tuduo – tome 1

Connaissez-vous Yaya et Tuduo ? C’est les personnages principaux de la Ballade de Yaya, bd franco-chinoise écrite par Patrick Marty et dessinée par Golo Zhao, publié par les éditions Fei. Dans cette BD les deux enfants doivent faire face à la guerre qui éclate à Shanghai dans les années 30.

Couverture Les nouvelles aventures de Yaya et Tuduo, tome 1 : Le fantôme de l'orphelinatIci, on retrouve les deux enfants qui ont grandi. Nous sommes toujours à Shanghai, en 1938. Les enfants sont dans l’ancienne maison de Yaya, dans la concession française. La maison a été transformée en orphelinat et Tuduo y vit avec son petit frère et d’autres enfants.

Mais la tranquillité retrouvée ne va pas durer. Tuduo se retrouve accusé à tort de vol et est renvoyé de l’orphelinat. De nouvelles difficultés vont mettre l’amitié des deux enfants à rude épreuve.

Le duo de la Balade de Yaya, Patrick Marty et Golo Zhao, se retrouve pour cette nouvelle série, non pas pour une bd, mais pour un roman destiné aux jeunes lecteurs. Le livre est court et richement illustré. Le style des illustrations de Golo Zaho a un peu évolué depuis le premier tome de la balade de Yaya, il est plus épuré, mais garde toute sa tendresse. (Même si je vous avoue avoir une préférence pour le côté brouillon des premiers tomes de Yaya)

Résultat de recherche d'images pour "La balade de Yaya, tome 1"

Les chapitres, agrémentés de belles illustrations couleur, sont assez courts. La police est grande, facilitant ainsi la lecture des jeunes lecteurs. J’ai trouvé la typographie particulièrement agréable, les lettres sont bien espacées et je pense que le roman, ainsi mis en page, peut convenir aux jeunes dyslexiques. À tester.

Quant au style, il est fluide et vivant, il y a beaucoup de dialogues. J’ai trouvé ce petit roman agréable à lire. J’ai aimé la manière dont l’auteur introduit des mots moins habituels tout  en expliquant dans le contexte sans en avoir l’air. C’est très naturel et ça marche  bien.

-C’est ça, godille mon garçon ! Ton geste est bon, continue, hihihi !

-Godille ? C’est quoi, grand-père ? demande Tutuo sans cesser ses mouvements.

-C’est ce que tu fais mon garçon. Tu godilles. Tu nous fais avances avec la barre, et ça s’appelle  godiller. Ton geste ressemble à celui que fait le corps du poisson pour avances dans l’eau. Il s’appuie sur l’eau pour se déplacer, tu vois ?

On y découvre aussi quelques mots relatifs à la culture chinoise, qui eux sont expliqués par une petite note en bas de page.

L’histoire propose de nombreux rebondissements. La fin donne envie de lire la suite. Il m’a d’ailleurs donné envie de le replonger dans la Balade de Yaya.

sur le site des éditions Fei

⇒ sur Amazon ou Decitre

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Calpurnia : Apprentie vétérinaire – tome 2

J’avais beaucoup aimé le premier tome de l’adaptation en bande dessinée de Calpurnia. C’est donc avec curiosité que j’ai découvert le tome 2 de la série Calpurnia apprentie vétérinaire de Jacqueline Kelly. Une série de court roman jeunesse illustré par Daphné Collignon à qui l’on doit également l’adaptation en BD.

Cette série reprend les personnages du roman Calpurnia et se focalise, comme l’indique le titre sur l’intérêt que la jeune fille porte aux animaux et au métier de vétérinaire.

Je n’ai pas lu le tome 1 (Attention, mouffette!) mais ce n’est pas nécessaire pour la compréhension de l’intrigue. Comme dans la bande dessinée, nous sommes dans le « tranche de vie » et il n’y a pas de véritable aventure. Ce sont des petites aventures, des événements marquants dans le quotidien de la jeune fille. Dans ce tome Calpurnia va tenter de sauver un papillon qui s’est cassé une aile puis elle va devoir aider une brebis à mettre bas.

Petit format, beaucoup d’illustrations, grande typographie, ce livre s’adapte très bien aux plus jeunes lecteurs. Du haut de mon grand âge, je l’ai trouvé très agréable à lire, le style est fluide, les personnages sont touchants. Une lecture plaisir pour les enfants amoureux de la nature.

sur le site de l’école des loisir

⇒ achetez sur Amazon ou Decitre

Couverture Calpurnia : Apprentie vétérinaire, tome 2 : A saute-mouton

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La forme de l’eau [audiolivre]

La forme de l’eau est avant tout un film réalisé par Guillermo del Toro en 2017. Mais ce n’est pas du film que je vais parler aujourd’hui. C’est de sa novellisation ou, autrement dit, du roman qui en est tiré. Le roman reprend exactement la même histoire que le film et est coécrit par Daniel Kraus et Guillermo del Toro. Et c’est sa forme audio que j’ai eu le plaisir de découvrir sur Audible, l’apli audiolivre d’amazon. Le texte en français est lu par Manon Jomain.

Couverture de La forme de l'eau

Si vous avez déjà vu le film vous pouvez faire l’impasse sur le paragraphe qui va suivre. Pour ceux qui ne connaissent pas encore l’histoire, voici en quelques mots le synopsis :

Nous sommes en pleine guerre froide. Les années soixante, en Amérique du Nord, à Baltimore. Elisa, une femme de ménage muette et solitaire, travaille dans un laboratoire gouvernemental. C’est dans se même laboratoire que doit travailler Strickland, un militaire violent et quelque peu traumatisé par sa carrière. Il est ici pour surveiller la créature qu’il a été capturer en Amérique du Sud. Capture des plus éprouvantes qui l’a rendu encore plus violent. Elisa fait la rencontre de l’étrange créature, et bravant tous les interdits du centre, se lie d’amitié avec elle. Mais Strickland veut en finir avec cette créature, il veut la voir morte ! Finalité que le docteur Hoffstetler veut à tout pris éviter. Le scientifique en charge de l’étude de la créature est touché par celle-ci et veut à tout pris lui sauver la vie. Voici les grandes lignes de l’histoire auxquelles s’ajoutent d’autres personnages : la femme de Strickland, le voisin et ami d’Elisa, sa collègue et amie Zelda.

Il y a deux choses qui font d’un livre un bon livre : l’histoire et le style. Avec les audiolivres, un troisième paramètre entre en jeu : la performance du narrateur. Et là ça se complique, car la qualité de cette performance va influer sur ce que l’on perçoit du style de l’oeuvre. Et j’avoue ne pas du tout avoir aimé la performance de Manon Jomain sur ce livre. J’ai trouvé sa diction beaucoup trop saccadée. Si cela donnait un aspect intéressant à certains passages du livre, il n’était pas toujours justifié ou trop exagéré. C’est difficile de juger s’il s’agit de son interprétation de l’oeuvre, ou si le texte est écrit avec une ponctuation trop saccadée. Dans un cas comme l’autre, j’ai trouvé que cela manquait de fluidité. Et ça m’a un peu tapé sur les nerfs. J’ai pensé que j’allais m’habituer. Il faut toujours un moment d’adaptation quand on découvre un nouveau narrateur. Mais non, ça m’a agacé jusqu’à la dernière minute. Du coup, difficile, pour moi, de dire si j’ai aimé le style ou pas, puisque la narration et le style se confondent dans un rythme qui me perturbe.

Mais il y a l’histoire. Une belle histoire avec de très nombreux personnages, des rebondissements, du suspens… Ce que j’ai particulièrement aimé c’est la polyphonie que créent les nombreux personnages que l’on prend vraiment le temps de découvrir, non seulement dans les interactions qu’ils ont les uns avec les autres, mais aussi avec leur propre histoire, leurs sentiments, leurs états d’âme, leurs préoccupations. Cela donne un récit très riche et réaliste. On y croit parce qu’on a des personnages vraiment bien construit.

J’ai beaucoup aimé la femme de Strickland, un personnage très intéressant, tiraillée entre son désire d’indépendance et son éducation de bonne femme au foyer comme il se doit. Zelda est aussi très touchante dans son désir d’amitié sincère. Finalement je me rends compte que les personnages qui m’ont le plus touché sont les personnages secondaires. Elisa ne m’a pas vraiment séduite, et Strickland est tout simplement odieux. Quant à la créature, on ne sait pas vraiment ce qui se passe dans sa tête.

Ce jeu narratif passant du vécu d’un personnage à l’autre est vraiment intéressant et agréable. On n’a pas le temps de se lasser d’un personnage et de son point de vue puisqu’on change sans cesse de point de vue.

Avez-vous lu/écouté le roman ? Avez-vous vu le film ? Laissez nous vos impressions sur La forme de l’eau.

la forme de l’eau sur Audible

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SF so british – quelques nouvelles

Contrebande sidérale – Kem Bennett

Résumé : poste de douane interplanétaire. L’officier Albert Pedigree sait que les deux Albéniens font passer des diamants en douce, mais il a rarement réussi à les coincer. Arrivera-t-il a découvrir où ont-il caché leur marchandise de contrebande ?

Qu’en ai-je pensé ? La nouvelle est assez courte et sans surprise. L’ambiance est plus celle d’un policier si ce n’est que les contrebandiers sont des sortes d’insectes géants venus d’une autre planète. Le mystère est… comme dire… pas très mystérieux. Je n’ai pas du tout été surprise par le dénuement, mais l’auteur arrive à bien retranscrire la tension ressentie par l’agent des douanes. Ce que j’ai trouvé amusant c’est le décalage entre le commerce intersidéral et les détails technologiques. Pedigree, par exemple, tape ses rapports à la machine à écrire, un instrument d’une autre époque, un détail qui m’a beaucoup fait rire parce que je le trouve très anachronique, tout comme le prix des diamants, dérisoire, pour un lecteur des années 2010.

Kem Bennett : né en Angleterre en 1919 et mort en 1986, cet auteur est peu traduit en français. En dehors de cette nouvelle, une seule autre est parue en français. J’ai trouvé très peu d’information sur lui, si ce n’est que cette nouvelle a été écrite en 1953 et traduite en français en 1963.

Étranges visiteurs (D')(collectif)Cette nouvelle est extraite du recueil D’étranges visiteurs – Histoires de science-fiction, collection classique, l’école des loisirs.

Le recueil regroupe 9 nouvelles d’auteurs différents et ayant en commun la thématique des extraterrestres. Le recueil a été publié une première fois en 1991, toujours à l’école des loisirs dans la collection Médium.

sur le site de l’éditeur

⇒ acheter sur Amazon ou Decitre

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La machine à désintégrer – Conan Doyle

Résumé : Malone, un jeune journaliste, vient rendre visite à son ami, le professeur Challenger, un brillant scientifique manquant cruellement de modestie (ça vous rappelle quelqu’un ?), pour l’inviter à aller rendre visite à un scientifique qui prétend avoir découvert la machine à désintégrer.

Qu’en ai-je pensé ? J’étais très surprise par la ressemblance du couple formé par Malon-Challenger avec Watson-Holmes. Le professeur ressemble beaucoup au fameux détective, non pas physiquement, mais à la fois par son incommensurable intelligence et son manque absolu de modestie. Un trait de caractère particulièrement agaçant. Je me demande si Doyle a écrit des histoires avec des personnages un peu moins intelligent et un peu plus humain ou si ses héros partagent tous ces traits de caractère tant Challenger et Holmes sont semblables. On retrouve aussi la même dynamique dans les échanges des brillants héros et de leur faire-valoir. Du coup pas tellement de surprises. Tout était étrangement familier. La chute encore une fois n’avait rien de surprenant. Je l’attendais et elle est arrivée.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsConan Doyle : J’ignorais que le père de Sherlock Holmes avait aussi écrit de la science-fiction ! Avec cette nouvelle, j’ai découvert une facette de l’auteur que je ne connaissais pas. Le professeur Challenger, au centre de l’intrigue, est d’ailleurs un personnage récurant, qu’il a fait vivre dans plusieurs nouvelles et romans.

Conan Doyle est né en Ecosse en 1859 et mort en Angleterre en 1930. Médecin de formation, il commence à écrire en attendant que des patients se présentent à son cabinet qu’il ouvre à Portmouth. En 1887 il publie Une étude en rouge qui débute les aventures du célébrissime Sherlock Holmes à qui il dédie 4 romans et 56 nouvelles.

Le professeur Challengeur, quant à lui, voit le jour en 1912.

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L’étoile – H.G. Wells

Résumé : un astre a traversé l’immensité de l’espace et se précipite inexorablement dans le soleil. La terre se trouve sur son passage.

Qu’en ai-je pensé ? J’aime le style de H.G. Wells. Très lyrique. J’ai beaucoup aimé cette nouvelle et sa morale. Ici, il n’y a pas de personnage principal, si ce n’est cette étoile qui chaque jour se rapproche un peu plus de la terre. On la regarde des divers continents. D’abord indifférent, puis étonné et enfin effrayé. Le fait qu’il n’y ait pas de personnages la rend plus froide, plus réaliste aussi. On nous relate des faits. Des constats. Il y a peu d’émotions, si ce n’est la description de quelques réactions suscitées par les événements ici et là. Ce regard froid et distant donne une ambiance assez dérangeante, troublante.

Des trois nouvelles citées ici. C’est celle que j’ai préférée.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsH.G. Wells : né en 1886 et mort en 1946, H.G. Wells est un écrivain britannique très célèbre pour ses romans de science-fiction. On le considère d’ailleurs comme l’un des pères de la science-fiction moderne.

Il a écrit de nombreux roman et nouvelle. L’étoile, que j’ai présentée ici, a été écrite en 1897.

Plusieurs de ses œuvres ont été adaptées au cinéma.

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Robots et chaosCes deux nouvelles sont tirées d’un autre recueil de nouvelles : Robots et Chaos, également publié par les éditions l’école des loisirs dans la collection Classiques (2018). Ce recueil regroupe 13 nouvelles auteurs différentes.

sur le site de l’éditeur

⇒ acheter sur Amazon ou Decitre

Je vous reparlerais plus en détail de ces deux recueils. Aujourd’hui je n’ai choisi que les nouvelles d’auteurs anglais pour le rendez-vous sf du Mois Anglais.


 je (re)lis des classiques

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Mange, prie, aime d’Elizabeth Gilbert [Audiolivre]

Les voies du seigneur sont impénétrables. Et impénétrables sont les voies qui m’ont amené à lire ce livre. Car je dois vous avouer, je n’avais jamais entendu parler de ce titre, écrit par Elizabeth Gilbert en 2006 (et traduite en français en 2008) et adapté depuis au cinéma. Non, jamais. Pas avant ce mail qui me proposait de découvrir la version audio lue par Catherine Creux et disponible chez Audible.

Couverture de Mange, prie, aime : Changer de vie, on en a tous rêvé... Elle a osé

Quand, la première fois, j’ai lu le mail je n’y ai pas prêté grand attention. Pas un livre pour moi, ai-je pensé. Le titre suffisait à m’en persuader, et ce malgré un sous-titre alléchant : Changer de vie, on en a tous rêvé… Elle a osé. (Je ne sais pas vous, mais rêver de changer de vie est ma seconde nature et ce quelques soit ma vie en question). Puis, j’ai fini par le rouvrir.

Allez, ça coûte rien d’essayer. N’as-tu pas envie de retenter l’expérience de l’audiolivre ? Tester audible avec autre chose qu’un roman ça peut être intéressant, tu ne crois pas ? J’ai fini par me convaincre moi-même et, non sans appréhension, j’ai répondu à ce mail.

Me voilà donc embarqué dans cette expérience de vie, celle de Liz (Elizabeth Gilbert), une auteur dont je ne savais rien si ce n’est qu’elle est américaine. Avec ce livre, elle nous invite à partager un an de sa vie, dans les détails les plus intimes de sa réflexion personnelle. Un an pendant lequel elle va partir en quête d’elle-même dans une sorte de voyage initiatique post-moderne en trois étapes qui la conduira tout d’abord à Rome, puis dans un ashram yoguique en Inde et enfin auprès d’un sorcier balinais.

Je me réjouissais de commencer ce voyage par l’Italie et les plaisirs de sa cuisine. Mais je n’étais pas au bout de mes surprises ! Alors que je partais en terrain conquis, que la familiarité que m’inspirent l’Italie, ses plats de pâtes et ses pizzas me rassurait, de cette première étape du voyage je n’ai retenu qu’un agacement inexplicable. Tout m’a agacé. Tout ! J’étais tellement agacée que je m’en prenais même à la lectrice dont le ton m’exaspérait. J’étais tellement agacée que j’ai fini par me demander pourquoi ce récit me mettait dans un tel état. Il n’y avait, objectivement, pas de quoi être si énervée. Cette colère je la connais, je ne la connais que trop bien. C’est là que j’ai commencé à me dire que ce n’était peut-être pas un hasard que je me retrouve avec ce livre entre les mains. À chaque révolte, je me suis interrogée sur mes propres sentiments et, clopin-clopant, je suis venue à bout de la première étape du voyage.

Je m’attendais à détester la seconde étape du voyage. Mais, là encore, j’allais être surprise. Après cette première étape assez douloureuse (au sens où j’ai du me force à continuer l’écoute), j’ai traversé la seconde partie dans un tout autre état d’esprit. Après seulement un chapitre ou deux, je me suis rendue compte que même la voix de la conteuse, qui n’a pas changé, ne m’agaçait plus du tout. Je me suis même amusée d’avoir éprouvé de tels sentiments. Et étrangement, j’éprouvais de la joie à écouter les récits des prières dans l’ashram indien. Bon, ça ne me donne pas du tout envie d’aller en Inde pour me lever à 3 heures du matin et méditer toute la journée, mais au-delà du yoga et de la forme que prend la recherche de spiritualité chez Liz, j’ai aimé sa réflexion sur elle-même et sur son besoin de trouver Dieu. Une réflexion dans laquelle finalement je me retrouve et qui peut parler à beaucoup de gens d’horizons et de croyances divers. Cela m’a beaucoup fait réfléchir et j’ai trouvé cette deuxième étape très apaisante. Le voyage en Inde m’a mis de bonne humeur, dans de bonnes dispositions.

Qu’en est-il de la dernière étape du voyage et du livre ? Bali. Cette dernière partie du récit m’a peut-être moins fait réfléchir que la seconde, mais je l’ai trouvée agréable et amusante. Je l’ai plus vécu comme s’il s’agissait d’un roman, d’une aventure et non pas d’une étape initiatique réelle. Cette dernière partie m’a semblé plus romancée, peut-être moins introspective. C’est l’étape de l’ouverture aux autres, de l’amour retrouvé et ça fait peut-être un peu roman à l’eau de rose, mais, finalement, je trouve qu’Elizabeth Gilbert écrit bien et on a envie de savoir comment tout cela va se terminer pour elle.

Je ne regrette pas d’avoir découvert ce livre, loin de là ! Il a même eu sur moi un effet auquel je ne m’attendais pas du tout et qui, je pense, va se ressentir sur la durée. Cela ne va peut-être pas changer ma vie, mais ça a fait bouger des choses en moi, ouvert des portes. Je suis vraiment heureuse de l’avoir découvert et je m’excuse d’avoir tant pesté contre Catherine Creux  durant la première partie du livre, cela ne tient pas du tout à sa performance que j’ai trouvé très bonne, finalement.

Mange, prie, aime lu par Catherine Creux


challenge petit BAC 2018 Challenge Il Viaggio : on repart?!!!

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Chère Ijeawele, ou le manifeste pour une éducation féministe

Je flânais au rayon socio de la bibliothèque, quand je suis tombée sur ce tout petit livre : Chère Ijeawere ou un manifeste pour une éducation féministe de Chimamanda Ngozi Adichie, publié chez Galimard. J’avoue ne pas connaitre l’auteur, mais le sujet du féminisme m’intéresse et le rayon ne contenait, sur le sujet, que peu de livres avenants. J’ai donc décidé de l’emprunter, histoire de.

Couverture Chère Ijeawele, : Un manifeste pour une éducation féministe

Je l’avais presque oublié quand ce matin en préparant ma prochaine visite à la bibliothèque je l’ai vu et ai commencé à lire la première page. Je ne l’ai quitté qu’en refermant la dernière page (ce qui, vu la taille du livre, ne m’a pas pris trop longtemps).

Ce que nous dit Chimamanda Ngozi Adichie ici, est une évidence, mais des ces évidences qu’on a besoin d’entendre tout haut. Chiamamanda Ngozi Adichie est nigériane et s’adresse, dans ce manifeste, à l’une de ses amies nigériane, qui vient de mettre au monde une petite fille. Bien qu’attaché à sa culture et à son contexte, ce texte n’en reste pas moins très universel.

J’ai trouvé ce court manifeste très intéressant et facile à lire. J’ai tout particulièrement été sensible à la question des projections que la société fait en fonction du genre de l’enfant et que nous faisons tous, plus ou moins, malgré tout parce que nous avons été éduqués comme ça et que c’est devenu presque un réflexe. Sortir de ces projections demande un vrai travail actif sur ces réflexes. Adichie met aussi l’accent sur l’importance des mots. Il faut faire attention aux mots qu’on utilise, car, au-delà du sens propre, ils sont chargés de connotations culturelles, comme le sentiment de honte qui, par exemple, accompagne presque immanquablement le sujet de la sexualité féminine. Pourquoi parle-t-on toujours à voix basse des menstruations ?

Un texte court et salutaire que je conseille à tous les parents soucieux de donner une éducation féministe à leur enfant (mais aussi aux enseignants et à tous les autres, qu’il soit éducateur ou non). Et par féministe j’entends ce que le mot veut dire et non pas toutes les connotations négatives qui l’accompagnent (malheureusement encore aujourd’hui).

Féminisme nom masculin (du latin femina → femme ; mot créé par Fourier)
■ Doctrine qui préconise l’égalité entre l’homme et la femme, et l’extension du rôle de la femme dans la société.
(source : Le Robert illustré)

Chiamamanda Ngozi Adichie est une écrivaine nigériane, née en 1977. Un nom que je vais tâcher de retenir !

bibliographie de Chiamamanda Ngozi Adichie chez Galimard

Pour terminer, je vous propose une petite vidéo :

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