Archives du mot-clé folklore japonais

Manga, yôkai et douceur

Manga de démons, fantômes et yôkai… à cette annonce on ne pense pas vraiment à la douceur, à la poésie, à la contemplation… et pourtant !

Démons, fantômes et yôkai ne riment pas toujours avec horreur. Dans les manga que je vais vous présenter on rencontre toutes sorte de démons mais il y ai aussi question d’amitié, poésie, et douceur de vivre.

Commençons par un titre dont j’ai parlé déjà plusieurs fois : Le pacte des Yôkai de Midorikawa Yuki (Delcourt). Dans se manga (aussi adapté en anime) on suit le quotidien de Natsume, un lycéen solitaire et orphelin qui a le pouvoir de voir les yôkai. En liant un pacte avec un drôle de chat, Natsume s’ouvre non seulement au monde des yôkai, qu’il apprend à connaître, mais aussi à la vie. Il sort petit à petit de sa coquille, apprends à prendre du recul vis à vis des blessures de l’enfance, se fait des amis… Il apprends à aimer la vie et à comprendre ce qu’elle a de beau. Au rythme plutôt lent, Le pacte de yôkai est une véritable tranche de vie, mettant en scène un jeune homme qui se cherche… au milieu des créatures folkloriques. Il y a dans le manga, comme dans l’anime, beaucoup de douceur, et un ton très mélancolique. Une sorte de nostalgie d’une harmonie perdue, surtout chez les yôkai qui peuvent être ici comme des représentations d’un autre temps, un temps où la spiritualité occupait une place plus importante, une époque qui peu à peu s’efface. Les yôkai perdent de leur magnificence, leur consistance, mais quand il faut partir ils n’ont plus de regrets. Lire le pacte des yôkai c’est comme faire un deuil. Est-ce le deuil de l’enfance, ce monde où tout est possible, même voir de drôles de créatures invisibles à tous ? Est-ce le deuil d’une époque où l’homme était plus proche de la nature et des ses esprits ? Je ne serais analyser ce manga, mais l’animé, comme les quelques tomes de cette longue série que j’ai lu m’ont fait éprouver une douce mélancolie qui rend à la fois triste et heureux.

à lire aussi l’avis de Carolus

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Je poursuit ce voyage avec un autre manga au rythme plutôt lent : Le cortèges des cent démons de Ichiko Ima. Cependant ici les yôkai sont peut-être plus effrayant et moins touchant que ceux de Natsume. Il y est encore question d’un jeune homme capable de les voir et de les maîtriser. Un don qu’y a rendu le jeune homme solitaire et distant. Il est touchant dans sa solitude. Ici aussi il y a une certaine tristesse, et peut-être aussi de la mélancolie. Il y a quelques drames qui ponctuent l’histoire mais on ne s’y attarde pas vraiment. Encore une fois le quotidien est mis en avant. On voit le jeune exorciste exécuter ses missions, vivre en famille et… les choses semblent se compliquer mais… je ne serais jamais la fin ! La série a été malheureusement interrompue en France T_T C’est un très joli manga, au trait fin. Il se dégage beaucoup de douceur du dessin alors même que ce qui est raconté est bien moins doux. Un titre intéressant que j’aurais eu plaisir à poursuivre.

à lire aussi l’avis de Bobo et Plumy

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Toujours dans un esprit jeunes gens sensibles, yôkai et tranche de vie, je vous conseille également Mokke de Kumakura Takatoshi (Pika éditions). Ici ce ne sont pas des garçons qui tiennent l’affiche, mais deux sœurs ayant elle aussi la capacité de voir ou attirer les yôkai. L’aînée peut les voir tandis que la cadette se fait posséder à chaque mauvaise rencontre. Pour faire face à ces dons particuliers, à cette grande sensibilité, elles sont envoyée vivre chez leur grand-père à la campagne. Le vieil homme est un exorciste un peu bourru mais plein d’affection pour ses petites filles. Outre l’aspect tranche de vie, le manga a un côté très pédagogique. Le grand-père prends toujours le temps de donner de nombreuses explications sur les créatures que les jeunes filles rencontrent, issues du véritable folklore japonais.

à lire aussi l’avis de Choco

Image associée

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On remonte dans le temps et on part à l’époque Heian, pour des histoires de yôkai pleines de poésie et d’humour. Le manga Onmyôji-celui qui parle aux démons de Yumemakura Baku (scénario) et Okano Reiko (dessin) s’inspire de contes et légendes traditionnels pour nous présenter une jolie fresque de l’époque Heian et des coutumes de la haute société. Le personnage principal est d’ailleurs autant un personnage historique qu’une légende : Abe-no-Seimei est un des onmyôji (qui pratique la voie du yin et du yang, cosmologie ésotérique traditionnelle japonaise)  le plus connus de l’histoire nippone. On a encore ici beaucoup de lenteur, de la contemplation, un sens de l’humour très particulier et un récit plus centré sur les jutes verbales de deux amis que sur les monstres inquiétants. Un beau manga, autant pour son dessin, que pour son ambiance très particulière, légèrement soporifique.

à lire aussi les avis croisé d’OliV, Lunch et Badelel sur K.BD (liens vers leur chroniques respectives dans l’article)

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Enfin je vous amène ailleurs, dans un ailleurs incertain où il n’est pas vraiment question de yôkai mais d’autres créature qui pourrait s’y apparenter. Mushishi de Urushibara Yuki (éditions Kana) est un manga contemplatif, offrant de magnifiques paysage, un herboriste nonchalant irrésistible, et des créatures fantastiques prenant vie de façon inopportune. J’aime ce titre pour son ambiance particulière et son dessin original. Le rythme est aussi très lent. Si les étranges créatures sont au centre de l’intrigue, c’est encore une fois la tranche de vie qui prévaut sur le fantastique. A la recherche de ces étranges apparition qu’il veut étudier, l’herboriste fait surtout de belles rencontres humaines. Ici encore on retrouve un ton nostalgique.


Les couvertures des premiers tomes

 Manga - Cortège des cent démons (le)  Manga - Mokke Manga - Onmyoji - Celui qui parle aux demons


Voilà pour ne partager que quelques titres mêlant yôkai et douceur. N’hésitez pas à laisser vos suggestions lectures

⇒ à lire aussi mes articles 


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Les yôkai de maître Hokusai

Pour bien débuter le mois o-bon, faisons un tour du côté des yôkai et esprits croqué par Hokusai.

⇒ pour savoir ce que sont les yôkai, je vous invite à lire cet article

On trouve de nombreuses créatures fantastiques dans les carnets de croquis d’Hokusai (les fameuses manga dont je parlerais bientôt).

J’aime beaucoup ces rokurokubi, yôkai au long cou.

Le douzième volume de la manga de Hokusai, qui fut le plus apprécié en occident, regorge d’illustrations fantastiques, on y trouve des yôkai, mais aussi des fantômes. La littérature fantastique illustrée était fort apprécié dans le Edo du XVIII – XIX siècle.

Mais dans le domaine des yôkai, se sont peut-être ses estampes tirée de la série Cent Histoire de fantômes (Hayaku monogatari – 1831/32) qui sont les plus célèbres.

Kohada Koheiji
O-Iwa-san
Warai-Hannya
Sara-yashiki
Shunen

En faisant quelques recherches, je suis tombée sur ce bouquin :

Le livre regroupes toutes (ou du moins une bonne partie) les illustrations de Hokusai mettant en scène yôkai et fantômes. Le livre à l’air superbe. Ile me fait très envie. Demage que je ne lise pas le japonais

sur le site de book wasabi vous pourrais découvrir diverses photo du livre. ça fait vraiment envie !!

Un autre livre me fait aussi envie :

Dans cet ouvrage japonais bilingue anglais sont regroupées des estampes de divers artistes parmi lesquels on retrouve Hokusai

Maintenant que j’ai bien bavé sur ces bouquin, je vous laisse. J’espère que cette première modeste immersion dans l’univers fantastique japonais vous a plu.

Sore jaa, mata 🙂

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Le mois o-bon

Tremblez ! Le mois O-bon est là !!

Cette année, je m’associe à Purple Velvet du blog Murasaki no sekai pour sa troisième édition du mois o-bon, le thème sera donc le fantastique japonais. Bon,  je viens tout juste de découvrir cet événement, et je n’ai absolument rien préparé. Je n’ai aucune idée de quoi je vais bien pouvoir parler, mais, si vous suivez ce blog vous aurez remarqué que j’aime bien les histoires de folklore japonaises. Je ne pouvez pas manquer une telle occasion 🙂

le o-bon, c’est quoi ?

Je vais commencer cette thématique par une présentation et due et bonne forme parce que, bon, le terme o-bon ne parle pas à tout le monde.

O-bon (お盆), ou tout simplement bon, o étant une particule honorifique comme dans o-hanami, est la fête des morts japonaise. Cette fête dure 3 jours et on y honore les morts et les esprits. Les dates varient selon la région. Dans le Kanto et le Tohôko c’est du 13 au 15 juillet, dans le Kansai du 13 au 15 août. Le Kyo-bon est, quant à lui, célébré selon le calendrier lunaire, sa date change donc tous les ans.

Sur Ma petite Médiathèque les festivité d’étirerons de mi-juillet à mi-août 🙂

L’un des rituel les plus connu du o-bon ce sont sans doutes les lanternes que l’on allume à cette occasion pour guider l’âme des morts.

fanart de FanasY

Le Fantastique japonais sur Ma petite Médiathèque

Maintenant que les présentations sont faites, qu’on a nos petites lanternes pour attirer les esprits, il est temps de faire un petit récap du fantastique japonais déjà présent sur le blog

yôkai, ces créatures sorties du folklore japonais qui peuplent nos manga
The Heavy Baske (1892) de Tsukioka Yoshitoshi

Dans cet article écrit l’années dernière, j’avais fait le tour des yôkai les plus populaires à travers le prisme des manga. J’y confrontais la vision traditionnel, illustré par de nombreuses estampes, et la vision revisité des manga et des animes. L’article était complété par 2 annexes :

Dans ces deux annexes je présentais plus en détails les séries manga et animes ayant servi à illustrer l’article précédent.

Des manga fantastiques

Certains des manga cité dans ces annexes avaient déjà fait l’objet d’une chroniques, autres ont été découvert plus tard. Voici les titres qui s’inspirent du folklore japonais chroniqué sur Ma petite Médiathèque :

tempo-ibun-ayakashi-ayashi.jpg  

 romance-d-outre-tombe.jpg Mouryou-no-hako.jpg

natsume-yuujinchou-2.jpg mononoke logo

cinéma

Je n’y connais pas grand chose en cinéma japonais, et encore moins en cinéma de fantômes et autres créatures horrifiques. J’avais néanmoins été très frappé par Kwaïdan, que j’ai regardé non sans douleur.

KWAIDAN-dvd.jpg

contes et légendes pour enfants

Je fini ce tour d’horizon par la littérature jeunesse. voici quelques contes japonais :

Contes du Japon

  

à très bientôt pour de nouvelles aventures fantastiques

sore jaa, mata

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Neige d’amour La légende de Yuki Onna

Ah ! La voici enfin ma chronique sur Neige d’amour ! Enfin ?! Ben oui, un moment que j’y pense et puis… de fil en aiguille… j’ai déjà 2 mois de retard sur mon programme ! Je voulais à l’origine présenter ce manga pour le mois du Japon mais … comme dit l’adage « mieux vaut tard que jamais » 😉 Et puis, sur Ma petite Médiathèque, c’est un peu le mois du Japon toute l’année 😀 un peu de neige pour nous rafraîchir en ce début d’été ne fera pas de mal.

Neige d’amour est un manga de Makoto Aizawa, qui nous offre ici son premier titre, publié aux éditions Asiatika.

Connaissez-vous la légende de Yuki Onna (femme des neiges) ? J’avais déjà évoqué ce mythe, très connu au Japon, à travers l’interprétation que nous propose Masaki Kobayashi dans Kwaïdan. Makoto Aizawa nous en livre une version plus moderne et peut-être moins inquiétante.

Dans un pays indéterminé, en proie à la guerre, un jeune soldat voit mourir de froid son camarade plus ancien dans un accident durant l’entrainement. Dans son délire, à l’orée de la mort, il croit voir une femme qui aspire la vie de son ami. Le jeune homme ne doit sa propre survie qu’à son joli visage, que l’inquiétante apparition ne veux pas faner.

Perturbé par cette expérience, le jeune Sakai se renferme sur lui-même. Un jour il rencontre une jolie fille, blessée comme lui par la vie. Il se reconnaissent l’un dans la faille de l’autre et se lient d’amour, fondent une famille mais un  jour Sakai oublie la promesse et raconte sa rencontre avec Yuki Onna. En brisant sa promesse, Sakai brise le bonheur fragile de sa famille, sa femme disparaît.

Le conte s’arrêt là, mais Makoto Aizawa nous propose une suite dont je ne dévoilerais pas ici les détails pour vous laisser le plaisir de la découverte.

Tout en reprenant fidèlement la trame du conte traditionnel, l’auteur réussi à la faire revivre dans un contexte plausible et qui fonctionne bien. Il donne à Yuki une fragilité qui la rend très humaine, très attachante. Le récit, par sa fidélité au conte est classique mais efficace et plaisant. J’ai aimé le dessin aux très rond et doux qui, pas ses lavis et ses nuances de gris accentue l’effet de nostalgie qui se dégage du récit. Le dessin me rappelle l’ambiance des vieux albums photos.

Avec Neige d’amour, on a une jolie façon de découvrir ou redécouvrir ce conte traditionnel incontournable du folklore japonais. Je le conseille à tous les amateurs de contes et légendes.

en savoir plus sur le site de l’éditeur


Petit Bac 2017

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Urashima

Alors que le mois au Japon était déjà commencé je suis tombée par hasard sur ce petit album pour trois fois rien, j’ai pas réfléchi longtemps avant de l’embarquer. Justement je manquais de titre jeunesse à présenter !

Avec Mimiko nous connaissions déjà l’histoire d’Urashima pour en avoir lu la version de Tomonori Taniguchi dans l’album bilingue 7 contes japonais (super album, je vous le conseille). La version que nous offrent Margaret Mayo et Jane Ray est un peu différente, mais c’était amusant de retrouver la même histoire et de voir Mimiko faire le lien entre les deux version.

Les illustration sont très jolie et le texte est agréable à lire. Nous avons partagé un beau moment de lecture partagé.

Urashima, un jeune pécheur, trouve un jour une tortue sur le dos abandonnée sur la place. Tout de suite il s’empresse de sauver l’animal et le remet à la mer. Le lendemain, alors qu’il part avec son bateau pécher, une voix l’appelle. C’est la tortue qui est venu le chercher. Pour le remercier elle veut l’amener dans le palais de son père, le dragon de sous la mer. Là la tortue se transforme en magnifique princesse et les deux jeunes gens se marient. Après 3 jours, Urashima a la nostalgie de chez lui, il veut revoir ses parents, les rassurer pour qu’il ne pense pas qu’il s’est noyé en mer. Mais voilà 3 jours au pays de l’éternelle jeunesse et déjà 300 ans ont filé au pays des hommes ! Le choc est trop grand pour Urashima qui, sous le coup de l’émotion, trahi la promesse faite à sa femme. Les amoureux seront séparé à jamais.

Un beau conte avec une fin triste.


 

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Des yôkai et des manga

Hier je vous proposais une « petite » présentation des yôkai, ces créatures étranges qui peuplent le folklore japonais. J’illustrais mon propos avec de nombreux exemples issus de manga et animes, je vais les reprendre ici les manga utilisés pour vous les présenter avec plus de détails.

Le pacte des yôkai

Yuki Midorikawa

2005

shôjo

éditions Delcourt

série toujours en cours au Japon – 16 tomes sur 20 paru en France

résumé :  Natsume, adolescent orphelin et solitaire, est traqué depuis son enfance par les yôkai, ces êtres surnaturels du folklore japonais qui ont pour passe-temps de taquiner ou d’effrayer les humains.Héritier d’un carnet qui lui donne droit de vie et de mort sur ces créatures étranges, Natsume est soumis aux persécutions de la communauté des yôkai, prête à tout pour récupérer l’objet ! Il décide alors de s’associer à un chat magique pour se défendre des ruses de ces derniers. Contre toute attente il va se lier d’amitié avec de drôles de créatures toutes aussi effrayantes qu’attendrissantes. (source : Manga Sactuary)

Pourquoi ? Le titre du manga fourni la réponse à lui tout seul. Dans ce manga on découvre de nombreux yôkai mais on ne nous donne aucune explication folklorique. On ne peut pas faire la distinction entre yôkai populaires et yôkai inventé de toute pièce, néanmoins on perçoit la nature du yôkai dans la tradition japonaise.


Onmiyôji – celui qui parlait au démons

Reiko Okano

1994

josei

éditions Delcourt

8 tomes sur 13 traduits en français (série terminée au Japon)

résumé : Faut-il croire aux anciennes légendes, aux récits mythiques, aux personnages fantastiques ? Encore enfant, Abe-no-Seimei fait ses premiers pas en compagnie de son maître Kamo Tadayuki sur les chemins fréquentés par les esprits malins et les âmes courroucées des ténèbres aux mille sortilèges. Seimei ayant senti approcher une entité maléfique avant tous, Tadayuki reconnaît en lui un don exceptionnel pour les pratiques du Yin et du Yang. De ce jour, il en fait son principal disciple et lui enseigne tous ses secrets. (source : Manga News)

Pourquoi ? Abe no Semei est un onmyôji, maître du yin et du yang, cosmologue ésotérique de l’époque Heian ayant réellement existé. Ce manga reprend ce personnage devenu légende et lui attribue des pouvoirs magiques lui permettant de battre les yôkai venu tourmenter la capitale. Grâce et ce très beau manga, on en apprends plus sur le folklore japonais mais aussi sur l’époque Heian (794 – 1185), la cour impériale et ses coutumes. Une période historique du Japon bien moins exploité par le manga que l’époque Edo, plus récente.

sur Ma Petite Médiathèque : mon avis sur les tome 1 à 3 dans le petite panier de manga – spécial shôjo


Mokke

Takatoshi Kumakura

2002

seinen

éditions Pika

terminé en 9 tomes

résumé : Mizuki et Shizuru sont deux sœurs qui possèdent respectivement le don d’attirer les yôkai et celui de les voir. Elles sont envoyées chez leur grand-père, expert en exorcisme, vivant à la campagne. Cependant, leurs talents particuliers n’ont pas que des avantages. Non seulement elles ont l’interdiction de parler à leurs camarades de leurs pouvoirs, mais elles sont aussi confrontées à de nombreux phénomènes surnaturels… (source : Manga Sanctuary)

Pourquoi : Tout comme dans les deux précédents manga, les yôkai sont au centre de l’intrigue de Mokke. Contrairement au Pacte de Yokai, on trouve de nombreuses information folkloriques dans Mokke, rendant peut-être la lecture moins fluide mais très intéressante pour les amoureux de folklore.

sur Ma petite Médiathèque : mon avis sur le tome 1 dans le petit panier de manga # 11


Cortège des cent démons

Ichiko Ima

1995

shôjo

éditions Doki Doki

malheureusement stoppée après 6 tomes, toujours en cours au Japon

résumé : Élevé par son grand-père écrivain fasciné par l’occulte et le fantastique, Ritsu a la faculté de percevoir les êtres surnaturels qui peuplent notre quotidien sans que le commun des mortels n’en soupçonne l’existence. (source : Manga Sanctuary)

pourquoi ? les yôkai de toute sorte sont au centre de l’intrigue de se très bon manga qui ne méritait surement pas d’être interrompu après 6 tomes seulement . Le titre du manga n’est pas sans rappeler celui d’un recueil d’estampes de Toriyama Sekien : Cortège nocturne des cents démons


Mon copain le kappa

Shigeru Mizuki

1980

shonen

éditions Cornelius

terminé en 3 tomes

résumé : Le kappa est un yôkai japonais assez dangereux et qui vit dans l’eau. Il a un crâne creux rempli d’eau, ce qui lui confère des pouvoirs magiques. Dans la légende, les kappas attiraient les jeunes filles et les enfants dans les rivières pour les violer et les tuer au fond de l’eau…
Un monstre pas très sympathique donc…
Sanpeï est un petit garçon qui vit à la campagne et qui ressemble étrangement à un jeune kappa. Un jour, ces derniers le prennent pour un des leurs et l’entraînent dans leur monde…
Mais, soucieux de revenir dans le monde des humains et aidé de jeunes camarades kappas, Sanpeï parvient à s’échapper.
Secondé de ses nouveaux amis, le jeune garçon qui est un piètre nageur parvient à gagner moultes compétitions ! Jusqu’au championnat national de Tokyo où le garçon bat tous les records devant les yeux de l’empereur du Japon, rien que ça ! Bien sûr, une telle réussite n’est pas sans embûches et les kappas, peu habitués à un tel choc culturel, ne cessent de faire des bêtises… (source : Manga Sanctuary)

pourquoi ? Tout d’abord parce qu’il a un kappa pour personnage principal et que le kappa et l’un des yôkai les plus connu, puis parce que c’est l’un des manga de Shigeru Mizuki, mangaka connu et reconnu pour son travail autour des yôkai. Il est entre autre l’auteur d’un encyclopédie des yôkai traduite en français


Le clan des Tengu

Iô Kuroda

1994

seinen

éditions Casterman

terminé en 4 tomes

résumé : Sous son apparence ordinaire, Shinobu n’en est pas moins un Tengu, une créature fabuleuse dotée de pouvoirs magiques. Évoluant dans le Japon contemporain, la jeune femme et son Maître côtoient d’autres Tengu, dont la collégienne Yukina, où tous vivent en marginaux… Une fable fantastique née de l’imaginaire fécond de Iô KURODA, le talentueux auteur d’un Eté andalou et autres aubergines, qui revisite la mythique figure japonaise du Tengu.

Pourquoi ? Parce que les personnages principaux sont des tengu, autre yôkai très connu.

sur Ma petite Médiathèque : Le clan des Tengu


Kabuto Le Dieu Corbeau

Buichi Terasawa

1986

shonen

éditions Taïfu Comics

terminé en 3 tomes

résumé : Il y a 500 ans au Japon, lors de l’ère Tensho, un homme est apparu, accompagné des dieux du Bien, pour déjouer les plans d’un démon, Kuroyasha Dôki. Le nom de cet homme était Kabuto. Malheureusement le terrible démon de la Nuit Noire s’est échappé de sa prison en enfer et est réapparu sur terre pour se venger de la lignée des Kabuto. Les dieux du Nord, de l’Est, de l’Ouest et du Sud décident alors de se regrouper afin d’aider Kabuto, 2ème du nom, ce dernier ayant désormais pour arme Hiryû, une épée
diabolique douée de parole, forgée par son père. (source : Manga Sanctuary)

Pourquoi ? le personnage principal est un tengu

sur Ma petite Médiathèque : mon avis à lire dans petit panier de manga # 1


Black Bird

Kanoko Sakurakouji

2007

shôjo

éditions Pika

terminé en 18 tomes

résumé : Pas facile de vivre comme les autres quand on possède la capacité de voir les esprits et que ces derniers ont décidé de s’amuser à vos dépens. Misao Harada a appris à supporter cet étrange quotidien en se remémorant Kyô, un petit garçon qui voilà dix ans la protégeait de ces créatures. Un premier amour qui réapparaît dans sa vie sans crier gare le jour de ses 16 ans avec une révélation pour le moins surprenante : le sang de la jeune fille accroît la longévité des monstres tandis que sa chair leur octroie la jeunesse éternelle! Afin d’échapper aux créatures prêtes à tout pour la dévorer, une seule solution s’offre à Misao : épouser Kyô! Le jeune Tengu (démon corbeau), quelque peu possessif, tentera par tous les moyens de convaincre la jeune fille, allant même jusqu’à devenir le nouveau professeur de mathématiques de sa classe… (source : Manga Sanctuary)

Pourquoi ? pour donner une version shôjo du tengu et contrebalancer le trop plein de testostérone de Kabuto XD

sur Ma petite Médiathèque : mon avis sur le tome 1 dans le petit panier de manga #8


Le voleur d’estampes

Camille Moulin-Duprès

2016

global manga

éditions Glénat

série en cours, prévue en 2 tomes

résumé : Japon, fin du XIXe siècle. Dans une société en crise, le Voleur mène une double vie. Le jour, il œuvre dans le restaurant portuaire de son père. La nuit, il dévalise la colline aux palais. Ce qui le guide : le frisson de l’aventure, la sensation de liberté, le sentiment que le monde lui appartient. Jusqu’au jour où il cambriole le gouverneur. Jusqu’au jour où sa fille découvre son visage. Entre l’héritière, promise à un destin qu’elle refuse, et le Voleur, piqué dans son orgueil, se noue alors un étrange chassé-croisé…
Inclassable, poétique et artistique, Le Voleur d’estampes saura vous inviter au voyage dans une histoire dessinée et racontée comme un recueil d’estampes japonaises… (source : Manga Sanctuary)

Pourquoi ? toujours le tengu

sur Ma petite Médiathèque : Le voleur d’estampes


Naturo

Masashi Kishimoto

1999

shonen

éditions Kana

70 tomes sur 72 (terminé au Japon)

résumé : Naruto est un garçon un peu spécial. Solitaire au caractère fougueux, il n’est pas des plus appréciés dans son village. Malgré cela, il garde au fond de lui une ambition: celle de devenir un « maître Hokage », la plus haute distinction dans l’ordre des ninjas, et ainsi obtenir la reconnaissance de ses pairs mais cela ne sera pas de tout repos… Suivez l’éternel farceur dans sa quête du secret de sa naissance et de la conquête des fruits de son ambition! (source : Manga Sanctuary)

Pourquoi ? A cause du kyûbi, le renard à 9 queues et aussi parce que c’est un manga très populaire qui touche un très large lectorat, pas seulement les adeptes du folklore et de l’occulte.


La fille des enfers

Miyuki Eto

2008

shojo

éditions Pika

terminé en 9 tomes

résumé : Le  » Courrier des Enfers « . un site Internet accessible quand sonnent les douze coups de minuit. Si on y entre le nom d’une personne que l’on déteste, la Fille des Enfers vient la punir… C’est la dernière légende urbaine à s’être répandue dans les collèges et lycées. Mais la rumeur disait vrai. (source : Manga Sanctuary)

pourquoi ? j’y ai puisé un exemple de wanyûdô. La série mélange occulte à l’occidentale et à la japonaise avec légendes urbaines moderne.


Secret Service Maison de Ayakashi

Cocoa Fujiwara

2009

shonen

éditions Kurokawa

série terminé en 11 tomes

résumé : Ririchiyo Shirakiin a un gros défaut : elle ne peut pas ouvrir la bouche sans dire des choses désagréables aux gens. Sous ses airs revêches, la jeune lycéenne a pourtant un cœur en or, mais après des années passées à n’exister qu’à travers son statut d’héritière d’une riche famille, elle s’est construit une carapace qui l’étouffe. Bien décidée à changer de vie, Ririchiyo vient d’emménager dans la « Maison de Ayakashi », une résidence réservée aux descendants de créatures surnaturelles et d’humains. Avec ses étranges voisins, la jeune fille n’est pas au bout de ses surprises… surtout lorsqu’elle découvre que son mystérieux garde du corps a le pouvoir de se transformer en renard démoniaque ! (source : Manga Sanctuary)

Pourquoi ? Pour le titre où l’on retrouve le terme ayakashi, synonyme de yôkai ainsi que pour son renard à 9 queues assurément plus charmant que le kyûbi de Naruto.


Furari 

Jiro Taniguchi

2010

seinen

éditions Casterman

résumé : Dans un esprit très proche de L’Homme qui marche, Furari retrace les déambulations d’un cartographe humaniste dans le Japon de l’époque d’Edo. Son personnage, Tadataka Inô, célèbre géomètre, établit au début du XIXe siècle la première carte du Japon en utilisant des techniques et instruments de mesure modernes. On le suit ici au hasard de ses intuitions et de sa curiosité lorsqu’il arpente les différents quartiers d’Edo, l’ancien Tôkyô, mesure, prend des notes, dessine, tout en laissant libre cours à son goût pour la poésie et à son inépuisable capacité d’émerveillement. (source : Manga Sanctuary)

Pourquoi ? Pour la référence à l’estampe d’Hiroshige représentant le feu du renard, une de mes estampes préférées. Et aussi parce que c’est un très beau manga où le réel et l’immatériel se trouvent parfois mêlé comme souvent dans la culture japonaise

sur Ma petite Médiathèque : Furari, le cartographe qui marche


Kanojo wa rokurokubi

Nieki Zei

2015

shonen

pas disponible sur le marché français

résumé : histoire d’amour d’une rokurokubi au lycée

pourquoi ? j’ai trouvé l’idée assez amusant pour être citée même s’il n’est pas disponible en français, les hors-la-lois pourront le trouver en scan 😉


J’aurais aussi pu citer Nura Le Seigneur des Yokai, Blue Exorcist, Docteur Yôkai, Kitaro le repoussant, le dictionaire des yôkai de Mizuki et bien d’autres manga. N’hésitez pas à citer d’autres titres, je les regrouperais tous dans une future petite liste 😉


Rendez-vous demain pour retrouver les anime cités dans Yôkai, ces créatures sorties du folklore japonais qui peuplent les manga

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Yôkai, ces créatures sorties du folklore japonais qui peuplent les manga

Aujourd’hui j’avais envie de faire un petit article pour parler des Yôkai, ces créatures étranges qui peuplent le folklore japonais et que l’on retrouve régulièrement dans les manga et les anime. Si l’envie d’en parler est présente, ma connaissance du sujet est loin d’être parfaite, alors n’hésitez pas à apporter votre pierre à l’édifice 😉 Je vous propose ici un petit aperçu, une entrée en matière qui ne demandera qu’à être complétée par plus de lectures 🙂

 Des yôkai et des mots :

The Heavy Baske (1892) de Tsukioka Yoshitoshi

Yôkai s’écrit 妖怪, le kanji signifie « attractif », « séduisant » tandis que le kanji  signifie « apparition ». Sous ce terme générique on nomme toutes sortes de créatures surnaturelles diverses. Certaines issues d’anciennes légendes, d’autres plus modernes crées de toutes pièces par des artistes de l’époque Edo (1600-1868) ou encore par des mangaka contemporains tel que Mizuki Shigeru. Sous ce terme on peut aussi trouver des créatures issues du folklore occidental. Il existe des yôkai bienveillants et d’autres très dangereux, entre les deux une multitude de yôkai s’amusent à jouer de mauvais tours aux humains.

rassemblement de yôkai dans Natsume Yuujinchou

On retrouve des yôkai dans nombreux manga et anime qu’ils en soit les personnages principaux ou de simples figurants. Par exemple dans le film d’animation Lettre a Momo ils jouent un rôle principal et sont bienveillant.

D’autres mots désignent ces créatures surnaturelles : ayakashi, mononoke ou mamono.

Ayakashi (妖) semblerais désigner des yôkai ayant la particularité d’apparaître sur une surface d’eau (lu sur wikipedia…). On retrouve en effet un ayakashi dans l’épisode Umibozo de la série Mononoke (si vous ne l’avez pas vu faut absolument vous la procurer c’est génial !). Dans cet épisode  l’apothicaire est sur un bateau et c’est en mer que l’ayakashi apparaît. Cet ayakashi est le fruit de la rancune éprouvée par une humaine en mourant (caractéristique que l’on retrouve chez de nombreux yôkai, mais nous y reviendrons plus tard).

ayakashi (umibozo) dans la série Mononoke

Pour la petite histoire Umibozo (海坊主) est le nom d’un yôkai marin naufrageur. Son nom signifie « moine de la mer ». Son aspect varie selon les sources. Il est tantôt représenté comme une énorme silhouette noire avec de grand yeux, tantôt comme un vieil homme.

le marin Tokuso rencontrant un umibōzu, par Utagawa Kuniyoshi

Si l’ayakashi de la série Mononoke semble correspondre à la définition de wikipedia, dans d’autres séries le terme ayakashi est utilisé pour désigner des apparitions qui se matérialisent aussi bien sur terre que sur l’eau. Je pense notamment à Noragami (manga anime) où ce nom est employé pour désigner toutes les créatures nées des amertumes, tristesses et autres émotions négatives humaines. Dans cette série Yato, un dieu mineur, utilise des armes spirituelles pour détruire les dits ayakashi et ainsi libérer les humains de leur emprise.

ayakashi dans la série Noragami

A noter que la série Mononoke est un spin-off d’une série intitulée Ayakashi : Japanese Classic Horror, série animée composé de 3 arcs indépendants réalisés par 3 réalisateurs différents et mettant en scène des histoires de fantômes (si vous savez pas quoi m’offrir pour mon anniversaire… 😛 ).

On trouve encore le mot ayakashi dans le titre du manga Secret Service Maison de Ayakashi de Cocoa Fujiwara où les personnages principaux sont mi-humain mi-yôkai.

Secret Service
Secret Service

Les yôkai sont encore appelés mononoke (物の怪), autre terme générique utilisé pour parler de monstres ou esprits.  signifie « chose », « objet » et on retrouve le kanji 怪 de yôkai qui signifie « apparition », « mystère ».

Ce terme donne son nom à la série dont je vous parlait plus haut (Mononoke – モノノ怪) mais aussi à l’un des film de Miyazaki : Princesse Mononoke (もののけ姫)

Je n’ai pour ma part jamais rencontré appellation mamono mais on pourrait ici citer le terme yurei (幽霊) qui désigne lui les fantômes en général à ne pas confondre avec les yôkai qui seraient plutôt des monstres. Les yurei sont les âmes des défunts qui n’ont pas trouvé le repos après leur mort à cause d’une rancune ou autre.

Yūrei par Sawaki Sūshi (1737)

Des yôkai et des formes

Les yôkai sont de formes et de natures très variées, animaux magiques, humains ayant perdu leur humanité à cause d’émotions négatives, objets prenant vie… il n’y a aucune limite à la yôkai’attitude !

des animaux à vous faire peur

Nombreux sont les animaux magiques que l’on pourrait trouver sous le terme de yôkai. Je ne vais pas m’amuser à tous les reprendre, je n’en citerai que quelques uns des plus connus.

Tanuki

Commençons avec le tanuki. Tanuki est le terme désignant en japonais le chien viverrin, petit canidé originaire de l’Asie de l’est. Ce terme est utilisé en occident pour désigner le bake danuki (化け狸) esprit de la forêt ayant la forme d’un tanuki. Il est souvent représenté avec un chapeau de paille et une gourde de sake. Il a le ventre bien rebondi et de gros testicules. Il est généralement considéré comme un symbole de bonne fortune. Les tanuki (tous comme les renards) sont des o-bake (お化け – aussi appelé bakemono 化け物 du kanji 化 « se transformer », « se métamorphoser ») soit des esprit métamorphes. Ils peuvent changer de forme à loisir et prendre une apparence humaine. Mais la caractéristique la plus étonnante du tanuki est ce qu’il fait de ses testicules ! Il peut les grossir et les utiliser à des fins diverses.

On ne peut pas parler de tanuki sans mentionner Pompoko (j’adore ce film !) de Isao Takahata (studio Ghibli). Dans le film on les voit se métamorphoser de plus belles.

J’avais été surprise dans le film de voir les transformations faites avec des testicules. J’ai découvert plus tard que ce n’était pas une invention de Takahata mais un fait reconnu de cet animal dans le folklore japonais.

estampe de Kutagawa Kuniyoshi

Kitsune

Au côté du tanuki on trouve le kitsune, le renard. Ici c’est le même terme qui est employé à la fois pour désigner l’animal réel et la créature légendaire : 狐. Tout comme le tanuki, le renard est un yôkai métamorphe et peut prendre forme humaine.

Les renards peuvent être bienveillants, ils sont alors associés au dieu Inari (dieu des céréales et du commerce… tiens ça me fait penser à une certaine Holo qui n’est pas une renarde mais une louve mais partage avec le renard sa malice et son pouvoir métamorphe, lire Spice and Wolf).

Les kitsune peuvent être malveillant. Ils jouent des farces aux humains et peuvent  même les posséder (Kitsunetsuki), la victime est toujours une jeune femme qui prends alors des trait rappelant ceux du renard.

On retrouve également des renards dans Pompoko, ils y sont particulièrement espiègles et opportunistes par opposition aux tanuki qui sont bon enfant.

On représente souvent les renards avec plusieurs queues, le nombre de queues augmente avec l’âge et la puissance de l’esprit renard. Le plus célèbre renard dans le manga est sans doute le kyûbi de Naruto, ce renard à neuf queues qui est scellé dans son corps.

Kurama le « kyûbi no kitsune » (renard à 9 queues) de Naruto

Autre renard autre style, on retrouve ce yôkai dans le film d’animation coréen Yobi, le renard à 5 queues. Ici le renard s’amuse à prendre forme humaine pour rejoindre un camp d’enfants.

(« une oeuvre de la même veine que celle de Miyazaki » si Miyazaki avait fumé un gros pétard mais… malgré le côté wtf du film Mimiko a beaucoup aimé)

On retrouve en effets des légendes de renards à plusieurs queues aussi dans la mythologie chinoise et coréenne.

Je me souviens également d’un renard dans Natsume Yuujinchou (Le pacte des Yôkai dans la version manga en français).

Un tout petit renard qui se prends d’affection pour Natsume.

Je ne me souviens plus dans quel épisode il apparaît.

Rien à voir avec le Kyûbi de Naruto ! XD

renard à 9 queues dans Secret Service
renard à 9 queues dans Secret Service

L’esprit renard prend souvent la forme d’une femme-renard qui séduit les hommes. Elle peut parfois se révéler être une bonne épouse. Selon la légende, Abe no Semei était le fils d’une femme-renarde (Kuzunoha) qui lui aurait légué une part de ses pouvoirs. Pour savoir qui est Abe no Semei je vous conseille la lecture de Onmiyôji, un manga de Okano Reiko. On y rencontre d’ailleurs pas mal de yôkai.

Kuzunoha quittant son enfant par Yoshitoshi

Autre yôkai lié au renard le kitsunebi (狐火) « feu du renard » magnifiquement représenté par Hiroshige. On retrouve cette estampe dans Furari, un manga de Taniguchi.

Hiroshige – New Year’s Eve Foxfires at the Changing Tree, Ōji (1857)

bakeneko

Autre animal réputé pour ses pouvoirs magiques (chez nous aussi !) le chat. Appelé bakeneko (化け猫) « monstre chat », on retrouve le kanji 化 de la métamorphose. Tout comme le tanuki et le kitsune c’est un bakemono.

bakeneko par Hiroshige

Le bakeneko n’est pas une créature charmante, il peut dévorer son maître pour prendre ça place ou faire revenir les morts à la vie. On retrouve ces chats monstrueux dans de nombreuses légendes notamment dans La danse des chats, un joli conte dont j’ai déjà parlé.

« Ume no Haru Gojūsantsugi » (梅初春五十三駅) by Utagawa Kuniyoshi

On retrouve un bakeneko vengeur dans le dernier épisode de Mononoke ainsi que dans le dernier  arc de la série Ayakashi.

bakeneko dans Ayakashi – Japanese classic horror

Autre yôkai chat, le nekomata se caractérise par une double queue :

Nekomata par Gojin Ishihara
nekomata dans Naruto

Mais il n’y a pas que des chats malfaisants, il y a aussi le chat porte-bonheur : le maneki-neko (招き猫), ce chat à la patte levé qui vous invite à entrer.

J’ai découvert récemment la légende à l’origine du maneki-neko sur Vivre livre, je n’ai pas encore lu l’album qui la raconte mais en attendant je vous invite à faire un tour chez Blandine pour en apprendre plus sur ce charmant chat.

Les références aux maneki-neko dans les manga et anime sont nombreuses. Je citerais avant tout Natsume Yuujinchou où Madara, un puissant yôkai, se voit affublé la forme d’un maneki-neko après avoir été scellé dans une statuette.

Natsume Yujinchou

On retrouve des chats peu ordinaires dans un autre film de Ghibli : Le royaume des chats

J’allais oublier le chat-bus de Totoro

 Okuri-inu

Après les chats, les chiens, avec le okuri-inu (送り犬) « le chien qui accompagne », aussi appelé okuri-ôkami (le loup qui accompagne). Il peut être bienveillant, il suit le voyageur pour le protéger d’autres yôkai ; ou malveillant, attendant que le voyageur chute pour le dévorer. Le mot okuri-ôkami serait aussi utilisé pour désigner un homme malintentionné qui propose de raccompagner les jeunes fille pour les agresser.

okuri-ôkami par Mathiew Meyer

On trouve la version agressive de ce yôkai dans le manga Mokke de Takatoshi Kumakura.

okuri-ôkami dans Mokke
okuri-ôkami dans Mokke

Kappa

kappa – Toriyama Sekien

Le kappa (河童), ce yôkai très connu ressemble beaucoup à une tortue anthropomorphe. Le haut de son crâne est creux et plein d’eau.

Le kappa vit près de l’eau et attire les humains pour leur jouer de mauvais tours. Ils raffolent de concombre. Pour leur échapper on doit s’incliner pour qu’en vous saluant en retour l’eau au sommet de son crâne se vide et qu’ils perdent ainsi ses pouvoirs.

Les kappa sont très populaires et on en trouve dans de nombreux manga/anime. On en croise d’ailleurs  dans Le pacte des Yokai, mais si je ne devais citer qu’un seul manga je parlerais de Mon copain le kappa de Mizuki Shigeru.  Dans ce manga un jeune garçon qui ressemble à s’y méprendre aux kappa est enlevé par 2 d’entre eux avant de revenir chez lui avec un jeune kappa.

Il y a aussi le très joli (mais un peu long) film Un été avec Coo

Dans Gintama aussi on rencontre une sorte de kappa :

Gintama

Tengu

Autre yôkai aux formes d’un animal anthropomorphe très connu, le Tengu à l’allure d’un rapace. Pourtant le nom tengu (天狗) signifie « chien céleste ». Initialement représenté avec un bec, cette caractéristique a été peu à peu remplacée par un très long nez. Dangereux guerrier, démons ou protecteurs de la forêt, il  y a de très nombreuses variantes du tengu. On dit même que c’est au près d’eux que les yamabushi, sorte de moines guerrier des montagnes, tireraient leur savoir.

Tengu par Hokusai
An elephant catching a flying tengu, by Utagawa Kuniyoshi

Ce yôkai est au centre du manga le clan des Tengu de Iô Kuroda où des tengu ayant pris forme humaine tentent de rétablir leur ancienne puissance. Un manga assez étrange mais très intéressant.

le clan de Tengu de Iô Kuroda

Les tengu sont aussi au centre de l’intrigue de Kabuto Le Dieu Corbeau de Buichi Terasama.

Kabuto Le Dieu Corbeau
Kabuto Le Dieu Corbeau

Dans un tout autre style on retrouve les tengu au centre de l’intrigue de Black Bird, un shôjo où l’héroïne est éprise du maître des tengu, un beau et ténébreux jeune homme revenu dans sa vie après une longue absence.

On rencontre un tengu aussi dans le global-manga de Camille Moulin-Duprès Le voleur d’estampes (si vous aimez comme moi les estampes japonaises je vous conseille vivement ce manga très atypique qui m’a séduit surtout pour son esthétique)

Le voleur d’estampes – Camille Moulin-Duprès

Oni

Les oni (鬼) sont des yôkai à l’allure de démons qui vivent dans les montagnes. Ils ont habituellement la peau rouge, bleu, marron ou noire et sont armés de grosses massues. Je pense tout de suite au conte Momotaro où le jeune Momotaro va se battre contre des oni.

oni par Hokusai

On aperçois des oni dans le premier tome du très bon manga de Ima Ichiko : Le cortège des cents démons.

Le cortège des cents démons
Le cortège des cents démons

Tsukumonogami

Les tsukumonogami (付喪神) sont des yôkai ayant la forme d’un objet. Ceux-ci prennent vie à leur centième anniversaire. Toutes sortes d’objet peuvent devenir des yôkai. Certains d’entre eux sont particulièrement connu.

Kasa-obake

Le kasa-obake (傘おばけ) est un yôkai parapluie très populaire. Il est également appelé karakasa-obake (から傘おばけ) et karakasa kozō (唐傘小僧).

Kasa-obake par Utagawa Yoshikazu

Je l’ai rencontré plusieurs fois. Le plus connu est sans doute celui de Mizuki que vous avez du déjà apercevoir.

kasa-obake par Shigeru Mizuki

Dans le pacte des yôkai on en croise 2 différents dans le même tome. L’un d’eux est accompagné d’une kameosa (vieille jarre à sake) autre tsukumonogami.

2 kasa-obake dans Le pacte des Yôkai
2 kasa-obake dans Le pacte des Yôkai

Biwa-bokuboku

Biwa-bokuboku in Toriyama Sekien’s Hyakki Tsurezure Bukuro

Le biwa (琵琶) est un instrument de musique japonais utilisé depuis le VIII° siècle, dérivé du pipa chinois. Le biwa-bokuboku (琵琶牧々) serait un biwa ayant pris vie.

Tout de suite je pense au biwa farceur présent dans Onmiyôji de Reiko Okano.

extrait de onmiyôji

Chôchin-obake

Le chôchin-obake (提灯お化け) est un yôkai lanterne en papier. Je le connais surtout pour les nombreuses estampes le représentant à commencer par celle d’Hokusai que vous avez sans doute déjà vu.

Chôchin-obake, série Hyaku monogatari de Hokusai

Chôchin-obake ou fantôme vengeur d’Oiwa, ces lanternes font vraiment peur !

Portrait d’Oiwa selon Utagawa Kuniyoshi

Des humains devenus yôkai

Après les animaux magiques, les créatures légendaires, les objets qui prennent vie, il y a une autre sorte de yôkai, ceux qui étaient humains avant de se transformer en horribles monstres à cause de leur trop fortes émotions négatives (à ne pas confondre avec les humains qui deviennent des fantôme à leur mort).

Les oni hannya sont par exemple des femmes devenues démons à cause de leur trop grande jalousie.

Warai Hannya de la série Hyaku monogatari – Hokusai

Autres yôkai d’origine humaine le rokurokubi (ろくろ首), est yôkai pouvant allonger le cou.

manga de Hokusai

J’ai même trouvé un manga dont le personnage principal est une rokurokubi : Kanojo wa rokurokubi, mais ne l’ayant pas lu je ne peux pas vous en dire grand chose.

kanojo wa rokurokubi
Le pacte de Yôkai
Le pacte de Yôkai

wanyûdô

Le wanyûdô est un yôkai en forme de roue de char à bœuf avec un visage entouré de flammes. Selon la légende c’est l’âme d’un daimyo tyrannique qui se serait transformé en yôkai.

wanyûdô par Toriyama Sekien

On retrouve ce yôkai dans le manga/anime La filles des Enfers

wanyûdô dans la fille des enfers

yôkai interdit aux moins de 16 ans

Bon, jeunes puceaux et pucelles vous aurez été avertis, je décline toute responsabilité pour les images qui vont suivre XD

Mais c’est trop drôle ! Je peux pas faire l’impasse : je vous présente tête de gland

par Utagawa Kuniyoshi

Il existe bien d’autres yôkai, je ne pourrais pas tous les citer mais si vous en connaissez un qui vous a particulièrement marqué et que je ne présente pas, n’hésitez pas à me donner quelques infos, je l’ajouterais à cette présentation avec plaisir 🙂

Je voulais reprendre plus en détails tous les manga cités dans cet article mais je pense que ce sera un peu trop long. J’opte donc pour un deuxième article que vous pourrais lire sur Ma petite Médiathèque dès demain.

Sore jaa, mata 


annexe 1 : Des Yôkai et des manga

annexe 2 : Des Yôkai et des anime

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7 contes japonais

Pour le thème de février du challenge je lis aussi des albums je vous propose un petit livre de contes japonais bilingue de Tomonori Taniguchi, édition Le Lézard Noir, collection Le petit Lézard.

Les contes sont très courts et se lisent facilement. Le texte est en français et en japonais, idéal pour les amoureux du Japon qui veulent apprendre la langue (j’ai pour ma part laissé tombé l’apprentissage du japonais depuis trop longtemps pour en profiter). Même sans s’intéresser à la langue japonaise ce livre est très agréable. On y découvre de très joli contes et les illustrations sont très mignonnes, pleine de tendresse. Parmi les contes présenté je n’en connaissais qu’un seul : Urushima Taro.

A conseiller à tous les amateurs de contes, du Japon ou tout simplement de jolis albums.

6 autres albums de Tomonori Taniguchi sont disponibles chez l’éditeur. visitez le site de l’auteur.

Feuillez l’album :

3/20 - thème langue étrangère
3/20 – thème langue étrangère

les autres albums du rendez-vous langue étrangères :
Abonnez-vous au tableau Langues étrangères – Challenge Je lis aussi des albums de Sophie sur Pinterest.

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Noragami – le tome 1

Je vous ai déjà parlé de la série animé, aujourd’hui je vais vous parler du premier tome du manga, sorti en janvier. Merci à Mei-Amadis du blog L’Antre de la louve et aux éditions Pika pour le concours qui m’a permis de remporter ce premier tome. Ah! C’est malin ! Maintenant à cause de vous j’ai une nouvelle série en cours !

Revenons à nous moutons !

L’histoire de départ :

Yato est un petit dieux guerrier, situé tout en bas de la hiérarchie divine nippone qui compte des milliers de dieux. Son rêve : être vénéré par des milliers de disciples. Pour y arriver il est prêt à tout ! Il note son numéro de portable partout : “En cas de problème appelez Yato au xx xx xxx”. Seul certaines personnes, celle qui se trouvent à la frontière entre le monde des morts, le higan, et le monde des vivants, le shigan, sont capable de voir ce numéro.

Armé d’un shinki, attribut divin, il se bas contre les ayakashi, créatures peuplant les angles mort, cet espace entre le shigan et higan, fait d’émotions et de malédictions. Les ayakashi sont partout et cherchent à s’emparer des esprits les plus fragiles pour les faire basculer du mauvais côté.

En tant que divinité guerrier, la seule chose que Yato sache faire c’est se battre. Ses shinki deviennent des armes grâce aux quelles il peut détruire les ayakashi.

Tout irais bien pour ce dieu s’il n’avait pas un sale caractère ! Ses shinki le lâchent les uns après les autres et il en est réduit à accepter de bien basses besognes. C’est en courant après un petit chat qu’il fait la rencontre de Hiyori, une jeune lycéenne très sensible, capable de le percevoir. A partir de là le destin de la jeune fille tout comme celui du dieu le moins populaire du Japon vont basculer. Qui vient en aide à l’autre ?

 

Avec ce premier tome le décor est planté. Nous somme dans le Japon contemporain. Comme souvent le fantastique et le réel se chavauchent. Le monde des dieux et des démons se confond dans celui des humain, qui les côtoient sans les voir. La plupart d’entre eux du moins, car ceux qui sont proche de craquer, prêt à basculer dans l’au-delà, se tenant à la frontière entre la vie et la mort peuvent voir ces créatures spirituelles. C’est ainsi que ceux qui ont besoin d’aide peuvent apercevoir les messages laissé par Yato et l’appeler à l’aide.

Yato est sans doute le meilleur personnage de la série, drôle et disjoncté, ce dieu sdf est à l’antipode de l’image qu’on peut se faire d’un dieu et c’est précisément en ça qu’il est original et que sa prestance fait mouche. Il est attachant et drôle avec son allure de loser. Ce qui ne l’empêche pas d’être sérieux et fort. C’est qu’une arme à la main il a la classe Yato ! Peut-être que le côté loser n’est pas assez accentué, du moins dans sa version papier. J’avais l’impression que cet effet était plus efficace dans l’anime.

Ceci dit l’anime est très proche de ce premier tome, je n’ai noté aucune dissonance ni dans le récit ni dans le caractère des personnages.

La lecture est très agréable. L’univers folklorique est abordé de façon originale et le tout est traité avec une bonne dose d’humour sans pour autant tomber dans la farce ou la parodie. Des sujets très graves y sont abordés comme par exemple le harcèlement à l’école et le suicide.

La façon dont le harcèlement est traité est d’ailleurs intéressante. Tout en mettant l’accent sur la difficulté et la souffrance de la victime, on souligne également sa responsabilité. Se poser en victime n’est-ce pas une façon d’aggraver la situation ? Dit comme ça cela peut paraître simpliste, mais je suis partisan d’un mode de pensée qui nous rend responsable des situations que nous vivons. Mais là je m’égare ! C’est pas un cours de philo, c’est un manga qui trouve un juste équilibre entre humour et sérieux, entre fantastique et réalité.

J’ai pourtant un reproche à faire à ce premier tome : il est peut-être un peu trop lisse, trop bien calibré. C’est bien fait, bien dessiné, bien dosé, humour, action, fantastique et jolies lycéennes… ça sent la recette du “bon manga” à plain né ! Il lui manque une petite touche d’originalité, de folie… ce petit quelque chose qui fait qu’on s’en souviens, que sa nous marque. Là, je n’ai rien senti de tout cela. J’ai juste trouvé que l’idée et les personnages sont sympa et que la recette est bien appliqué. Il faut maintenant que la mangaka se lâche et sorte des sentier battu.

A la lecture du petit bonus en fin de tome on apprends que la mangaka avait l’habitude de travailler avec un scénariste et que c’est son premier titre en solo, ce qui apparemment n’est pas sans stress. C’est peut-être cette peur de ne pas bien faire, ou le fait de ne pas trop savoir comment mener sa barque tout seule qui donne ce résultat : un bon scénario mais trop de retenue. ça me fait penser à un commentaire que quelqu’un avait fait sur un autre manga : on sent que c’est calibré pour l’adaptation en anime. Je sais plus qui avait dit ça, ni dans quel contexte (si le coupable se reconnait, qu’il se dénonce) mais c’est tout à fait ça !

A voir si l’auteur arrive à se lâcher dans les tomes suivants. Et tout cas les ingrédients sont là pour faire une bonne série.

En revanche, la chute du premier tome manque de punch. C’est pas assez percutant pour que l’envie irrépressible de lire la suite nous affecte. Je lirais volontiers la suite, mais je vais pas me précipiter en librairie.

 

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Kasane de Gou Tanabe

Je découvre Gou Tanabe avec cette série en 2 tomes : Kasane, un récit fantastique dans la plus pure tradition d’histoires de fantômes à la japonaise. Passion, meurtre et esprits vengeurs sont au rendez-vous !

L’histoire :

Shinkichi commence à travailler comme vendeur de tabac ambulant quand il fait la connaissance de Mme Toyoshiga une joueuse de shamisen réputée qui attire de nombreux disciples. Il commence par travailler comme vendeur de tabac dans son salon et fini par devenir son serviteur privé. Sa jeunesse et sa beauté auront raison de l’austère Mme Toyoshiga qui se révèle une maîtresse trop possessive. Dévorée par la passion et la jalousie cette dernière voit son beau visage se déformer. Dans une maison hanté, elle persécute le beau jeune-homme qui tente de lui échapper. Mais c’est en vain qu’il cherche à s’éloigner d’elle car même la mort ne pourra les séparer.

Moi, je ne suis pas une passionnée des histoires de fantôme mais comme je suis curieuse, j’avais envie de découvrir cette histoire inspirée par une légende nippone connue. Et je dois dire qu’avec ce manga je n’ai pas été déçue. J’ai tout particulièrement apprécié le coup de crayon de Gou Tanabe. Je trouve son dessin très beau. Classique mais beau. Le trait et les décors sont réaliste et c’est très bien mise en scène. Avec Kasane on plonge dans le quotidien de l’époque Edo et les instantané de vie sont aussi (voir plus) intéressants que les histoires de revenants.

Dans le premier tome on a la mise en place du récit et des deux personnages principaux, le jeune Shikichi et la possessive Mme Toyoshiga. On voit comment leur relation se crée et comment elle se détériore. Le tome deux est le tome de la vengeance, au récit de nos deux héros se superpose celui de la légende qui l’inspire.

Un beau dessin, un scénario qui se tient, des légendes et du folklore… un titre et un auteur que je retiens !

Auriez vous d’autres titres inspiré du folklore japonais à me conseiller ?


Le coin des curieux :

Comme je l’ai dit plus haut, Kasane est une légende populaire de l’époque Edo. C’est l’histoire d’une femme défigurée nomée Ryu (qui peut également se lire Kasane) que son mari Yoemon assassine. Le fantôme de Ryu se vengera en apportant le malheur sur tous les mariages successifs de son mari jusqu’à ce qu’un moine bouddhiste vienne libérer le fantôme.

Actor as the Ghost of Kasane from the series « Mitate sanjurokkasen no uchi” Utagawa Kunisada (1786 – 1864) 1852, 9th month Oban tate-e

Cette légende a inspiré de nombreuses pièces de Kabuki dont certaines sont encore jouée aujourd’hui. Parmi celle-ci on trouve Kesakake Matsu Narita no Riken écrite par Tsuruya Namboku IV en 1823 et connue surtout pour danse Iromoyô chotto Karimane appelé couramment Kasane.

Cette légende a également inspiré à Sanyûtei Encho III l’histoire de Shinkei Kasane-ga-fuchi. C’est cette pièce que Gou Tanabe et Hiroaki Takeda adapte en manga.

 Gou Tanabe n’est pas le seul à avoir été inspiré par le texte de Sanyûtei Encho III. Il existe également un film de Nobuo Nakagawa qui reprends cette histoire dans un film intitulé Kaidan Kasane ga fuchi (The Goste of Kasane) réalisé en 1957.

Tenger, il faut qu’on se trouve ça pour notre prochaine soirée cinéma !!

Une dernière petite estampe pour finir :

Yoemon and His Wife Kasane, from the series Sixty-nine Stations of the Kisokaidô Road – Utagawa Kuniyoshi 1852
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