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Challenge première guerre mondiale 2017

C’est chez Blandine de Vivrelivre que j’ai découvert ce challenge plutôt pointu 🙂 Faut dire que ce sujet, la passionne.

Pour participer au challenge il faut publier au moins un article traitant de la première guerre mondiale, ses prémisses et/ou ses conséquences. Tout les support sont accepté, livres, films, documentaire…

Blandine propose également des thèmes mensuels, non obligatoires.

Pourquoi avoir eu envie de participer ? Tout d’abord pour apprendre et découvrir, je sais que le challenge sera une mine de découvertes. Et puis parce que justement, l’année dernière, après avoir lu quelques articles sur le sujet chez Blandine, j’ai acheté quelques bd sur la première guerre mondiale et depuis je n’ai pas pris le temps de les lire. Ce challenge va me motiver 🙂

Pour tout savoir sur ce challenge et vous inscrire c’est ICI


Ma PAL:

  • Mon père est parti à la guerre, John Boyne (roman jeunesse)
  • Le chant du cygne, Babouche Dorison Herzet (bd)

Mes Lectures sur le thème:

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Journal d’un lycéen sous l’occupation

C’est par hasard que j’ai découvert cet album à la bibliothèque. Mis en avant sur une étagère que je ne fréquente pas tellement, Mimiko étant trop jeune, la couverture m’a tout de suite frappé. Je l’ai pris pour le feuilleter et son format m’a de suite donné envie de le lire.

A gauche un carnet ou l’on retrouve des page du journal fictif de Victor Rivière, un lycéen qui nous raconte son vécu dorant l’occupation. Le journal commence le 15 mars 1940, Victor fête ses 15 ans mais les esprit ne sont pas à la fête. Tous pensent à la guerre. Le journal se termine se 8 mai 1945, dans Paris résonnent les cloches de la victoire. En 47 pages Jean-Michel Dequeker-Fergon nous fait revivre un période importante de l’histoire contemporaine française (et mondiale). Les bribes du journal de Victor sont complété par de nombreuses photos et illustrations expliquées. Les images du carnet sont enrichies par des reproduction de documents d’époque que l’on peu découvrir à l’intérieur de la pochette de droite. Ticket de raisonnement, cartes, affiches de propagande, courrier officiels… autant de documents qui donnent une dimension d’autant plus réelle aux éventement qui nous sont conté.

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Bien que l’ouvrage s’adresse à un jeune public (en particulier des collégiens et des lycéen qui ont justement la deuxième guerre mondiale au programme d’histoire) j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire. J’ai trouvé ça très intéressant. L’école étant loin derrière moi, c’était une façon ludique et rapide de faire quelques révision d’histoire.

Je le conseille à tous ceux qui veulent en savoir plus sur la seconde guerre mondiale et l’occupation en France, que ce soit pour réviser ses cours d’histoire ou juste pour le plaisir de découvrir un bel album.


lecture 17/20
lecture 17 sur 20
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Max, le livre qu’ « on adore détester »

Cela fait plusieurs semaines que j’ai fini ce roman mais je n’arrivais pas a en parler. Je ne suis pas sure de trouver les mots juste et je serais assez brève mais je pense que ce livre mérite que j’y consacre quelques lignes.

Je l’ai acheté après l’avoir aperçu dans plusieurs c’est lundi que lisez-vous à droite et à gauche. Tout le monde semblait enthousiaste et je cherchait un roman pour mon neveu. Mais avant de lui offrir j’ai voulu le lire et… je ne lui ai jamais donné.

Pourquoi ? Parce que je l’ai trouvé beaucoup trop dur ! La vie est déjà assez compliquée comme ça sans qu’on vienne leur faire perdre tout espoir en l’espèce humaine avant même qu’il aient pu quitter le nid. Pourtant il s’agit d’un très beau roman.

l’histoire :

L’histoires nous est racontée à la première personne par un enfant née dans un lebensborn, sorte de maternité crées par les nazi où on met au monde des enfants soumis à une sélection raciale drastique pour crées les élites de demain. L’histoire commence à quelques heures de l’accouchement, le héros nous raconte comment il est venu au monde, comment il a passé avec sucés toutes les sélections raciales, ses premiers mois de vie auprès de sa mère, puis auprès des nourrices avant être envoyé en Pologne pour une nouvelle mission : recruter des enfants polonais répondant aux critères raciaux afin d’être arraché à leur familles et germanisé dans des écoles spéciales.

Endoctriné dès le berceau, le héros est tiraillé toute son enfance durant entre les sentiments humains qu’il éprouve et la croyance en une idéologie inhumaine. La rencontre avec un jeune polonais va bouleverser sa vie.

Pourquoi je n’offrirais pas ce roman à mon neveu ?

Au début je n’ai pas trop accroché au récit. Toutes la partie se déroulant au lebensborn était assez ennuyeuse et j’ai du me forcer pour continuer. Puis le récit s’intensifie et devient de plus en plus passionnant avec le départ de Konrad pour la Pologne. Là j’étais prise par le roman mais je ne cessais de me poser une question : pourquoi écrire ça ?

Le récit est terrible. C’est dur. Ce roman ne m’a pas seulement arraché des larmes il m’a donné la nausée. Et si j’ai trouve, en le refermant, qu’il était très bien écrit je n’ai pas envie de donner la nausée à mon neveu. Je m’interroge sur le but et l’utilité d’un tel roman. C’est douloureux à lire et assez désespérant. Je comprends la nécessité de ne pas oublier les atrocités commises par le parti nazi, mais là j’ai trouvé le récit tellement dur que l’humanité parait monstrueuse et il y a peu de place pour l’espoir. C’est à vous faire regretter d’appartenir à l’espèce humaine. Je souviens enfant avoir pris conscience de ce qu’il y a de pire en l’être humain et avoir pleuré parce que j’en était un moi-même. Ce livre m’a replongé dans cet état d’esprit et ce n’est pas une chose que je souhaite communiquer à mes enfants, neveux et nièces. Je veux leur transmettre de l’espoir, leur faire croire que tout est possible, qu’il peuvent être les acteurs d’un monde meilleur. En leur faisant lire ce livre j’aurais l’impression de leur dire « regarde à quelle espèce immonde tu appartient ».

Ce livre m’a vraiment mis très mal à l’aise. Et c’est là aussi sa force. Dans la quatrième de couverture on peut lire « on adore détester Max et on ne déteste pas l’adorer ». Après les premiers chapitres je ne comprenais pas. Après avoir fini le roman non seulement je comprends, mais j’adhère complètement. C’est un très beau livre, très bien écris qui vous bouleverse mais qui raconte des choses détestable qu’on préférerais ne pas entendre.

J’ai donc décidé de ne pas l’offrir à mon neveu qui n’a que 12 ans mais je vais le laisser là dans mon étagère roman jeunesse mis à leur disposition pour que, le jour où il le désire, il puisse le lire.

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Le rapport de Brodeck – L’autre

Un soir, alors que Brodeck vient au village chercher un peu de beurre, il trouve tous les hommes du village à la taverne, ils viennent de commettre un crime : ils ont tué l’anderer, « l’autre ». Un étranger qui a débarqué après la guerre dans le village et qui par son mystère et son sourire peut-être trop avenant a effrayé le village entier jusqu’à conduire les villageois à cet extrême. Brodeck se voit octroyer la tâche d’écrire un rapport sur cet incident, un rapport qui devra justifier les actes des villageois. Seul innocent parmi les coupables, Brodeck comprend bien vite le danger que cela représente, tous le surveillent, se méfient et la tension monte page après page, tandis que Brodeck nous raconte, l’arrivée de l’anderer mais aussi son histoire, les camps de concentration, la guerre…  Ce récit, très sombre, ne pourra pas laisser indifférent.

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Le récit, souvent silencieux, sait par la mise en page et le cadrage faire monter la pression au fur et à mesure qu’on avance. Les  paysages enneigé sont superbe. Le jeu d’ombres et de noires accompagnement parfaitement l’ambiance pesante et inquiétante du récit. Les visages, toujours usés par la vie, rendant tous les personnages d’un âge incertains, sont très expressifs. C’est un régal pour les yeux.

J’ai vraiment aimé cette bd que j’ai découvert grâce au prix k.bd. J’y suis allé sans rien attendre. Je ne connais Manu Larcenet que de nom et je dois dire que c’est une très belle découverte ! (J’en profite au passage pour remercier l’équipe k.bd et les éditions Dargaud).

J’ai été très rapidement prise dans l’histoire. C’est beau et c’est chouette à lire. J’ai hâte de découvrir le deuxième et dernier tome.

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Avant de devenir une bd sous le pinceau de Manu Larcenet, Le rapport de Brodeck c’est un roman écrit par Philippe Claudel en 2007. Je n’ai pas lu ce roman mais à en juger par ce premier tome, Manu Larcent s’en sort très bien pour sa première adaptation littéraire. Et chose étonnante, malgré que l’histoire nous vienne d’un roman, il y a beaucoup de silences. Manu Larcent réussi à rendre le récit juste par le dessin.

A lire !

Voir aussi les avis de Yvan, Lunch, Noukette

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14-14, l’histoire d’une correspondance entre deux personnages de 1914 et 2014

Récemment je vous ai parlé d’un roman jeunesse qui m’avait conquise, 14-14 est également une très bonne surprise. Je l’ai choisi pour son thème – la guerre 14-18 – et aussi pour sa forme qui me paraissait originale, une correspondance entre deux adolescents, l’un de 1914 et l’autre de 2014. Je ne connaissez pas encore les deux auteur de ce roman, Silène Edgar et Paul Beorn, et je dois dire qu’il nous proposent là un très joli roman.

Adrien a 13 ans, nous sommes le 1er janvier 2014 et il a rendez-vous avec son amie d’enfance au cimetière de Laon. Il est bien décidé à lui déclarer sa flamme. Mais tout ne se passe pas comme il l’avait prévu. Tout à son chagrin, il n’a pas la tête à écrire cette carte de veux que sa mère veut absolument qu’il envoie. Et au moment d’envoyer la lettre il la glisse dans cette étrange boite au lettre bleu, juste à côté de chez lui. Étrange, il ne l’avait jamais remarqué. Les boite au lettre de sont-elle pas jaune d’habitude ?

C’est ainsi que sa lettre arrivera chez son “cousin” Hadrien qui habite un petit village dans la campagne non loin de là. Sauf qu’Hadien est en 1914. Une étrange boite au lettre jaune vient d’apparaître juste à côté de chez lui.

Les deux garçon vont entreprendre une improbable correspondance à travers le temps. Ils vont se parler de leur préoccupations, de leur histoire de cœur, de l’école, des parents… Et aussi de la guerre, imminente pour l’un, lointaine pour l’autre.

Ce décalage dans le temps dans lieu à de drôle d’incompréhensions entre les deux garçons ajoutant ainsi une dose d’humour à l’histoire.

Ce que j’ai aimé dans ce roman, c’est que s’il nous parle de la guerre et nous donnes des informations très précises sur l’occupation de la Picardie par les allemands en 1914, il le fait de façon détourné noyant le tout dans une histoire fantastique et dans le quotidien des personnages. Nous apprenons donc des choses mais sans avoir droit à un cour d’histoire. Et l’histoire elle même ne devient jamais ennuyeuse à cause des information historique qui y sont distillé.

Par ailleurs, les auteurs s’attardent sur le quotidien des deux garçons ce qui les rends très attachant. Et c’est tout aussi intéressant de découvrir le quotidien d’un garçon de 13 ans de 1914 que d’avoir des détails sur la guerre. Le contexte en devient plus vivant et cela permet aussi (je pense) au jeune lecteur de relativiser sur ses propres problématiques. Par exemple le père d’Hadrien ne veut pas qu’il poursuive ses études après le brevet d’état pour aller au “petit lycée”. Une réalité qu’ont dû connaître beaucoup d’enfants de l’époque mais qui peut sembler très étrange à beaucoup de collégiens actuels (du moins en France). Cela permet peut-être de leur faire prendre conscience de la chance qu’on a de pouvoir choisir d’étudier (ou pas ! puisque souvent ce sont les parents qui envoient au lycées des élèves qui eux ne sont pas (encore) conscient de cette chance).

C’est donc une très jolie lecture, alliant très bien l’utile à l’agréable, on apprend et on s’amuse. Les personnages sont attachant et le style est très agréable, alternant des phases narratives avec des correspondances à la première personne. Des images d’époque illustrent les chapitres, rendant le propos plus réaliste encore.

Une seule petite coquille vient ternir ce tableau. Ce n’est pas grand chose mais ça m’a fait bondir car c’est au tout début du livre et que cela aurais pu facilement être évité : la desciption d’un même personnage à 2 pages d’intervalle présente des incohérences.

P.23 : Il a six mois de plus qu’elle, mais elle est presque aussi grande que lui. Assez pour qu’il n’ait pas besoin de se pencher quand il lui colle soudain un bécot sur la joue.

P.25 : Hadrien se relève pour la suivre […] Il la dépasse d’une tête

Ceci mis à part c’est à mes yeux un très bon roman jeunesse accessible aux bon lecteurs dès 10 ans.

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Zéro pour l’éternité

Pour ouvrir le mois dédié aux BD historiques et plus précisément à l’histoire du XX siècle (à découvrir dès le 1er février sur K.BD) j’ai choisi un manga qui m’interpelle par son sujet : Zéro pour l’éternité.

Peut-être vous êtres-vous déjà demandé pourquoi l’armée japonaise envoyait sur les navires américains non pas des bombes mais ses avions tout entiers et le pilote avec ? Moi je n’arrête pas de m’interroger sur l’origine et les raisons d’une telle stratégie tant elle paraît absurde.

Ce manga revient sur l’identité de ces kamikazes à travers l’enquête de 2 jeunes gens sur leur grand-père mort à la guerre. C’est donc avec leur regard du XXI siècle qu’ils tentent de comprendre les kamikazes en général et leur grand-père en particulier.

J’ai lu le premier tome il y a déjà un moment, et même si je l’avais trouvé très intéressant j’avais laissé la série en suspend pour privilégier des lectures plus légères. Ce n’est ni à cause du manque d’intérêt pour la question, ni de la qualité du manga. Non. C’est parce que les sujets touchant à la guerre, et plus particulièrement aux conflit du XX siècle, me touchent profondément et je ressors rarement indemne de ces lectures. C’est peut-être pour cela que j’avance à reculons à la perspective d’un mois d’histoire sur K.BD alors que J’ai moi-même proposé ce thème. Dans les semaines qui viennent je vais verser sans doute pas mal de larmes et faire quelques cauchemars…

Au moment de proposer cette thématique, Zéro pour l’éternité n’a pas été le premier titre auquel j’ai pensé, mais il s’est très vite fait une place dans mon esprit. Si j’ai choisi ce titre ce n’est pas pour la renommée de ses auteurs ou pour son attrait artistique, mais pour l’aspect historique du récit que je trouve particulièrement intéressant. Surtout par la confrontation entre réalité passée et conscience moderne. Cela ne nous raconte pas seulement les événements historiques, cela nous interroge également sur la façon dont nous appréhendons ces événements aujourd’hui.

Au Japon, comme en France notre génération, et encore plus celle de nos enfants, a grandi dans un monde en paix. Bien sûr les conflit ont existé tout au long de ces dernières décennies (et perdurent aujourd’hui), mais ils restent relativement lointains et ne touchent pas notre territoire et notre quotidien. Pouvons-nous vraiment affirmer cela à deux semaine à peine de l’attentat qui à touché la rédaction de Charlie Hebdo en plein cœur de Paris ? Aussi choquant que ces événements aient pu être, cela n’a rien à voir avec un pays en guerre.

Pourtant le parallèle fait avec le terrorisme n’est pas anodin. Le mot kamikaze n’est-il pas utilisé de nos jour pour désigner les terroristes commettant des attentats-suicide ? Les auteurs de Zéro pour l’éternité posent eux-même cette question en introduction du premier tome : les kamikazes de l’armée impériale étaient-ils des terroristes ?

Si on peut faire le parallèle entre le fanatisme nationaliste des uns et le fanatisme religieux des autres, tout comme leur volonté commune de se donner la mort pour leur cause, une différence fondamentale les distingue à mes yeux : les kamikazes de l’armée japonaises sont des soldats qui attaquent d’autres soldat. Aussi absurde et extrême que puisse être une telle stratégie, cela reste une stratégie militaire dans un conflit armé entre deux nations. Alors que le terrorisme s’attaque à la population civile. A mes yeux l’amalgame entre les deux n’est pas légitime, en aucun cas on ne peut considérer les soldat japonais comme des terroristes. Mais l’emploi abusif du mot kamikaze pour désigner les terroriste-suicide rend cette interrogation inévitable.

Ce manga me semble un occasion en or pour en apprendre plus sur les kamikazes. Apprendre en lisant une BD (et donc en s’amusant) voilà le propos de la thématique que je voulais proposer aux lecteur de K.BD et par la même à ceux de Ma petite Médiathèque. Reste à savoir si Zéro pour l’éternité sera relever de défi.

Synopsis :

Kentarô Saeki, jeune diplômé sans emploi et sans perspectives d’avenir, se voit missionné par sa sœur journaliste pour faire des recherches sur leur véritable grand-père, celui que même leur mère n’a jamais connu, mort au combat en 1945, en kamikaze.

Kentarô ne sait presque rien de son grand-père. Il va tenter d’en apprendre plus sur lui en recueillant des témoignages auprès d’anciens combattants toujours en vie. C’est ainsi que commence son enquête et son exploration du passé de sa famille, mais aussi de l’histoire de son pays. Lui qui n’avais plus le goût à rien, retrouve énergie et motivation à travers cette quête historique.

 

Sur les traces des kamikazes :

Où nous mène cette quête ? Pour en apprendre plus sur ce mystérieux grand-père mort pour la patrie, Kentarô et sa sœur rencontrent M. Ishioka, un ancien combattant acariâtre qui va leur raconter sa propre expérience et sa rencontre avec Miyabe (le grand-père) à l’armée.

Ishioka est plein d’amertume, sa vie a été très dure, avant pendant et après la guerre. Le personnage n’est pas sympathique, son mauvais caractère contrebalance le récit douloureux de son passé empêchant de tomber dans le pathos. Ishioka a certes souffert mais sa vision obtuse des choses, sa façon de s’exprimer le rendent désagréable, mais au même temps très humain. A travers ce premier témoignage ce ne sont pas seulement des souvenir du passé qui sont raconté, ce sont aussi deux visions du monde qui s’affrontent : celle de l’armée impériale incarné par l’ancien combattant amère et celle de la jeunesse japonaise actuelle représentée par Kentarô et sa sœur. M. Ishioka ne parle pas que de la guerre mais aussi des condition de vie dans le Japon du début du XX siècle, une vie dure où la violence semble être omniprésente. Si son récit peut sembler exagéré, le nombre d’histoires allant dans le même sens que j’ai rencontré, me laisse penser qu’il y a une large part de vérité dans la violence de ce Japon du début de l’ère Shôwa (1926-1989).

Ishioka est aussi intéressant pour les sentiments qu’il éprouve vis à vis de Miyabe. Ishioka qui a survécu, semble éprouver de la jalousie pour la mort glorieuse de son camarade.

Le premier tome se termine par une postface qui nous en apprends plus sur le célèbre avion “Zéro” et sur les kamikazes. Si le témoignage d’Ishioka nous permet de mieux appréhender ce que pouvait être l’état d’esprit des pilotes japonais, la post face nous donne de précieuses informations historiques.

Dans le deuxième tome Kentarô rencontre un nouveau ancien combattant ayant connu son grand-père. Alors que M. Ishioka (dans le premier tome) gardait une grande rancœur pour Miyabe, M. Ito va donner une image beaucoup plus positive du grand-père. Certes la vision de Miyabe s’accordait mal avec son époque, mais était elle condamnable pour autant ? Peut-être était-il simplement en avance sur son temps ? Encore une fois la vie de l’époque se retrouve confronté à l’état d’esprit moderne. Quelle valeur donner à la vie ? Quelle valeur avait-elle à l’époque ?

à cette époque, on ne pouvait pas raisonner comme aujourd’hui. La mort imposait sa présence partout… nous vivions dans un monde où elle se confondait avec la vie

Le deuxième tome donne plus de détails historiques concernant l’aviation et l’aéronavale japonaise, notamment en nous parlant de l’attaque de Pearl Harbord, début de la guerre du Pacifique où le Japon impose sa suprématie dans une attaque surprise, et de la bataille de Midway qui marque un tournant dans la guerre infligeant de lourdes pertes au Japon.

Si le premier tome tentait de nous faire percevoir l’état d’esprit que pouvait être celui des pilotes de l’armée japonaise, le deuxième tome est riche en détails d’histoire militaire. Les termes techniques pourrait en ennuyer plus d’un mais j’ai pour ma part trouvé la tentative d’explication des stratégies militaires plutôt intéressantes. Je dis tentative car cela reste relativement simple pour être à la portées de tous.

La série se termine en 5 tomes. La version française est disponible chez Delcourt. Pressé par le temps et les délais à respecter, je n’ai eu le temps de lire que les deux premiers tomes avant de vous livrer mes impressions. Mais je compte bien continuer la série, à mon rythme (pas trop de guerre à la fois !).

Côté dessin ce manga n’a rien d’extraordinaire, le graphisme est plutôt classique et sage dans sa mise en page. Il n’en reste pas moins fluide et agréable à l’œil. La narration est bien construite et le passage entre passé et présent nous offre des petites pause de réflexion nous permettant d’intégrer et digérer les informations reçues. Nous n’avont pas seulement un cours d’histoire, le manga nous incite à réfléchir sur l’histoire. En cela je le trouve plutôt réussi. Si ce n’est pas un incontournable, il réussi pleinement le pari de nous en apprendre plus sur l’histoire tout en passant un agréable moment de lecture. Très bonne pioche pour les amateurs d’histoire. Un manga qui trouve tout à fait sa place dans ma collection, puisque je m’intéresse à l’histoire et à la culture du Japon.

J’ai hâte de découvrir les tomes suivants sans pour autant avoir envie de les enchaîner, de peur de saturer.

J’ai hâte surtout de découvrir ce que mes camarades k.bdéistes en auront pensé ! Pour cela je vous donne rendez-vous sur K.BD dimanche 1er février 😉

Sur ce je vous laisse, j’ai une tonne de chronique en retard, des BD à finir, d’autres à commencer et tout ça avant le festival d’Angoulême !! (mode panique activé!)

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Ishiwara, l’homme qui déclencha la guerre

Il y a déjà longtemps j’avais publié une chronique sur Senkou no night raid, un anime très intéressant ambianté dans la Chine des années 30, mettant en scène des agents des services secret nippon doté de pouvoirs particuliers. Au delà de l’aspect fantastique, cette série est très intéressante pour son aspect historique. Intéressante oui, mais obscure pour celui qui ne connais rien à l’histoire de l’Extrême-Orient du début du XX siècle. Ce qui justement était mon cas. Soucieuse de mieux appréhender les événements historiques cités dans la série et de distinguer le vrai du faux, je me lançais dans quelques recherches. Malheureusement les livres d’histoire japonaise contemporaine que j’avais à ma disposition ne donnaient que très peu d’informations sur l’expansionnisme japonais en Chine. J’étais obligé de me contenter des informations collecté sur Wikipedia (formidable outil, pour débuter une recherche mais…. limité).

Dans la première version de cet article je faisais part de l’implication supposé de Ishiwara, un jeune officier de l’armée impériale japonaise en poste en Mandchourie, dans un attentat perpétré à Moukden en 1931. Attentat qui fut utilisé par l’armée japonaise comme prétexte pour occuper la Mandchourie. Mes sources indiquaient qu’une discorde subsistait quand à l’implication d’Ishiwara dans cet indicent.

Quelques temps après avoir publié ma chronique, je recevais un mail de Bruno Birolli qui m’expliquait que l’implication d’Ishiwara dans l’attentat de Moukden avait été démontré et que justement lui-même avait écrit un livre à ce sujet : Ishiwara l’homme qui déclencha la guerre. J’aurais aimé voir ce mail accompagné d’une copie du livre…. mais peu importe. Je me promettais de le lire un jour, dès que l’occasion se présenterait. Et voilà que l’occasion s’est présentée 2 ans plus tard, alors que je n’y pensais plus !

L’homme qui déclencha la guerre :

Afin de mieux comprendre ce qui poussa Ishiwara à orchestrer l’attentat de Moukden le 18 septembre 1931 et à forcer la marche du Japon vers la guerre, Birolli revient sur la vie de cet homme, symptomatique de son époque.

Issu d’une famille de samouraï, déchue de tous ses privilèges lors de la Restauration Meiji, le jeune Ishiwara est envoyé, bien malgré lui, dès l’âge de 12 ans dans une académie militaires où échouent tous les fils d’anciens samouraï désargenté. Dans cette académie à l’enseignement sommaire, il est endoctriné et formé pour devenir un futur officier. Avide de spiritualité, le jeune Ishiwara sera séduit tout d’abord par le nouveau culte de l’empereur, puis ensuite par le Nichirénisme de Chigaku, une secte bouddhiste intégriste prônant la violence, populaire chez les militaires du début du XX siècle.

Partisan du panasiatisme, Ishiwara voit l’intervention militaire du Japon en Chine comme une mission salvatrice pour la purifier de l’oppression des occidentaux. Fort des ses influences spirituelles et nationalistes, il prêche en faveur de la guerre. Mais cette guerre il ne la souhaite pas que pour le “bien” de la Chine, il la souhaite surtout pour le bien du Japon, qui, selon lui, en occupant la Mandchourie se doterait d’une position stratégique en Asie, ainsi que de terres riches en matières premières faisant défaut dans l’archipel  nippon.

Sauver la Chine, qui n’a pas connu la paix, est la mission du Japon, une mission qui, dans le même temps, est le seul moyen de sauver le Japon lui-même. (p.118)

Si la fugue de la jeunesse et son empressement à faire la guerre le poussent à orchestrer l’attentat de Moukden, puis à envahir la Mandchourie contre les ordres donnés de maintenir la paix. Avec l’âge il devient plus posé, plus réfléchi et s’essaye aux manipulations politiques dans le but d’imposer une dictature militaire sur un modèle nazi. Mais son inspiration ne lui vient pas que du nazisme ou du fascisme, il étudie également avec beaucoup d’intérêt la planification quinquennale de l’URSS.

Seulement Ishiwara n’est pas a l’aise en politique. L’exemple d’indiscipline qu’il a donné en Mandchourie inspire de nombreux jeunes officiers qui à leur tour se révoltent. Par ailleurs l’armées est divisées, des conflits internes parfois très violents opposent différentes factions. Si tous désirent engager le Japon dans une guerre totale, les chemins que chacun suit pour mener à la guerre divergent. Des luttes de pouvoir et d’influence opposent les généraux désireux de se retrouver à la tête d’une nouvelle organisation sociale : la dictature militaire.

Dans ces conflits Ishiwara penche pour un processus d’industrialisation militaire de masse pour permettre au Japon de se doter d’un armement suffisant pour écraser ses ennemis. Alors que d’autres veulent attaquer immédiatement et si un ennemi est trop fort (URSS) alors il suffit de se tourner vers un ennemis plus faible (envahir les îles du Pacifique et le sud-est asiatique).

A cause de ses idées et de son caractère peu apte au compromis, Ishiwara, après avoir été l’un des principaux instigateur de ma montée du militarisme au Japon, est peu à peu écarté du pouvoir militaire. Lors du procès de Tokyo en 1949, il sera entendu comme témoins par les forces d’occupation mais ne sera pas jugé. Il finira sa vie dans une sorte de communauté religieuse qu’il dirigera jusqu’à sa mort.

Le livre :

Je ne fait ici que résumer les grandes lignes, le sujet étant suffisamment complexe pour mériter un livre tout entier. Mais, pour ceux qui ne connaîtrais pas cet homme je tenais à donner quelques détails sur lui et son parcours. Pour en savoir plus je vous invite à lire le livre de Birolli que, franchement, j’ai trouvé très agréable à lire.

Le problème avec les livres d’histoire, quand ils sont écrit pas des historiens, c’est qu’il sont souvent indigestes. Et ce n’est qu’à coup de migraines qu’on arrive à en venir à bout. Or Birolli, s’il maîtrise son sujet, est reporter de son état, ce qui lui confère une capacité à intéresser le lecteur. Son écriture est fluide, jolie même et il traite ses personnages historiques comme des personnages de roman. Non pas qu’il embellisse la réalité par des faits non historiques, mais parce qu’il raconte l’Histoire (celle qui à un grand H) comme on raconterait une histoire… Chaque personnage est présenté avec une description digne d’un roman, on a des jolies descriptions de paysages et il s’efforce de deviner et retranscrire l’état d’esprit d’Ishiwara tout au long de sa vie (et ce grâce aux nombreux documents laissé par ce dernier qui écrivait notamment un journal). Bref, on est captivé par cet homme et par l’histoire du pays, on veut savoir ce qui va se passer et comment le Japon va glisser peu à peu vers la guerre et la dictature militaire.

Un très bon livre sur l’histoire contemporaine du Japon qui, à travers le personnages d’Ishiwara, nous fait mieux appréhender le Japon du début du XX siècle. J’ai pourtant un petit reproche à faire à ce livre, j’aurais aimé le voir agrémenté de plus de documents. On a une photo d’Ishiwara en couverture et une carte de la Mandchourie en introduction, c’est tout. Alors qu’on nous donne des descriptions très détaillés sur de nombreux personnages et différentes informations géopolitiques, j’aurais aimé un petit carnet annexe de photos et de cartes illustrant les propos du livre et m’évitant ainsi de devoir me lancer dans de nombreuses recherches complémentaires. Comme je l’ai dit plus haut, je ne connais pas grand chose à l’histoire de l’Extrême-Orient, je ne sais donc pas qui sont toutes les personnes cités, où se situent les différentes villes, etc. Autre petit reproche, survoler les définitions de certains concepts comme le panasiatisme ou le nichirenisme. Si on connait l’histoire de Japon du début du XX siècle on sait sans doute déjà de quoi il s’agit. Mais si comme moi on est un parfait ignorant de la chose, un petit encart explicatifs aurait été le bienvenu.

Pour contrecarrer les critiques que je viens de faire, sachez que le livre est accompagné d’un documentaire Arte. Je n’ai pas encore eu la chance de voir ce documentaire mais je ne doute pas y trouver les réponses à toutes les questions que je me suis posé (et voir les têtes de tous ces messieurs !). Il est disponible en VOD ici.

Alors si vous vous intéressez à l’histoire contemporaine du Japon et de l’Asie, je vous conseille Ishiwara l’homme qui déclencha la guerre, il ne suffira pas à lui seul a étancher votre soif de savoir mais ils vous apportera des informations très intéressantes, le tout écrit dans un style agréable et fluide. Finalement j’ai tellement aimé ce livre, qu’après l’avoir emprunté à la bibliothèque, j’ai envie de me l’acheter pour l’étudier plus en détail (j’adore prendre des notes sur mes livres) 🙂


Tout ça m’a donné envie de me replonger dans Senkou no Night raid ! Je suis sûre que maintenant je comprendrais bien mieux 😀

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Mon ami Frédéric

Je ne sais pas ce qui m’a attiré vers ce titre exactement. L’instinct sans doute. Des que je l’ai vu j’ai voulu en savoir plus. Suivant aveuglement les conseils de Blandine et mon instinct, je l’ai acheté sans pousser plus avant mes recherches, dans le but de l’offrir à mon neveux, grand dévoreur de livres. Mais j’étais tellement attiré par ce titre que je n’ai pas résisté à la tentation de le lire avant de lui offrir !

Je vous parlait récemment de ces livres qui vous appellent, et bien Mon ami Frédéric est un de ceux là.

L’histoire :

Le narrateur est un petit allemand né entre les deux guerres. A une semaine d’intervalle est né Frédéric son voisin, un petit allemand juif. Les deux enfants se lient d’amitié. Mais cette amitié sera mise à rude épreuve par leur époque et l’Allemagne nazi.

Le roman est écrit à la première personne, c’est l’enfant qui parle et il nous raconte la montée du nazisme vue pas les yeux d’un enfant, avec les choses qu’il ne comprends pas ou qu’il comprends par instinct mais qu’il ne peut pas expliquer. Le narrateur nous parle du nazisme, de l’antisémitisme mais aussi de ses jeux avec son camarade, de ses sorties en famille, des difficultés à joindre les deux bout de ses parents… A travers les yeux du narrateur on découvre une époque où il ne faisait pas bon vivre mais où les enfants savent rire et jouer, toujours et malgré tout.

J’ai trouvé ce petit roman superbe. Il raconte simplement cette Allemagne des années 30-40, avec un vocabulaire qui permettra au jeune lecteurs de suivre. Le texte est simple mais pas simpliste. Il est simple mais il est beau.

Les deux enfants sont touchants et vrai. Tout est très réaliste. Et si l’histoire qui nous est conté est horrible, l’auteur sait doser la douceur de la vie d’un enfant avec la dureté de l’Histoire qui le dépasse. Il sait raconter l’atrocité avec des mots justes sans tomber dans l’exagération ou dans le pathos. Il sait aussi raconter cette atrocité aux enfants, en douceur pour ne pas trop les choquer mais pour qu’il sachent, qu’il comprenne et, espérons-le, pour qu’il ne commettent pas les mêmes erreurs. Il sait aussi raconter ce qu’était l’Allemagne de l’époque sans manichéisme. Il y a pas d’un côté les bons de l’autre les méchants. Il y a surtout une majorité de gens ordinaires qui savant pas comment s’en sortir, qui font ce qu’il peuvent et qui ne prennent pas forcement les bonnes décisions.

Un très beau roman qui m’a beaucoup touché par son fond mais que j’ai trouvé également agréable dans la forme. S’il s’adresse aux enfants à partir de 10 ans. Moi qui en ai bien plus je me suis régalé.

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Tezuka ~ histoires pour tous (le tome 1)

Décidément ! La deuxième guerre mondiale ne cesse de s’immiscer dans mes lectures ces derniers temps, après le pays des cerisiers et les conséquences de la bombe, la mélodie de Jenny et les destins volés par la guerre, c’est au tours de Tezuka de me livres ses impressions sur la guerre. Tezuka, le grand maître du manga, fait avec ce premier volume de Tezuka – Histoires pour tous, recueil d’histoires courtes publié par Delcourt, sa première apparition dans Ma petite Médiathèque.

A la lecture la première petit nouvelle du recueil, Destination 1985, je me suis dit “oh là là, ça vole pas bien haut” tant le message de cette nouvelle était simpliste voir un peu simplet. “La guerre c’est mal”… tien ça me rappelle qualqu’un 🙂 mais au moins Hojo nous gratifie d’un superbe dessin, alors que Tezuka… Mais dès la deuxième nouvelle j’étais rassurée, et même séduite par ce recueil. Si le message reste le même tout au long des différents récit, le nouvelles suivantes sont bien plus intéressantes et subtiles. La deuxième, Zephyrus, met en scène un jeune garçon qui aime les insectes, chaque jour il chasse le papillons Zephyrus sans y arriver. Puis la montagne est bombardée, il ne reste rien, et le garçon pleure pour les papillons.

A partir de la troisième nouvelle le personnage principal des histoires est un petit gamin à lunettes et nez rond qu’on reconnait tout de suite comme étant Tézuka lui-même, si dans chaque histoire il porte un nom différent toutes semblent autobiographiques sauf peut-être la troisième qui a un côté fantastique très prononcé. Néanmoins le petit Shigeru, élève du primaire, ressemble beaucoup au collégien de l’histoire suivante et à l’étudiant des dernières nouvelles. A travers ces histoires Tezuka nous décrit le Japon d’avant à après guerre tel qu’il a vécu enfant. Les entrainement militaires à l’école, l’interdiction des manga, son désir de dessiner envers et contre tous.

– Moi, je suis à l’atelier de fraisage… mais en cachette, je dessine mes mangas…

– ça vous tient toujours, on dirait..

– Si je ne pouvais plus Dessiner, il ne me resterait plus qu’à me pendre ! Quand la guerre sera finie, je pourrais enfin dessiner autant que je veux… je deviendrai mangaka !

Dans un contexte comme celui du Japon militaire des années 30-40 même une simple BD humoristique devient un acte engagé. Et on ne peut que ressentir une certaine admiration pour ce jeune homme qui malgré tout continue de dessiner en cachette au risque des pires brimades, coup et punitions. Ce n’est pas seulement dessiner, c’est être libre ! Malgré les effort du gouvernement japonais pour brises et brimer sa propre population, certains sont resté libres et je trouve cela admirable.

Mais revenons un instant aux histoires. J’ai beaucoup aimé la montagne  qui pleure. L’histoire se situe juste avant la guerre. Shigeru, un garçon chétif, victime de brimades à l’école rencontre un homme dans la forêt. Celui-ci se dit possédé par l’esprit du serpent blanc, il prédit la guerre, il prédit la défaite du Japon et la montagne qui pleure. J’ai aimé cette histoire car, sous couvert d’une aventure enfantine, délivre plusieurs messages. Bien sûr elle nous parle de la guerre et de ses méfait, mais aussi d’intolérance et d’écologie. La fin de la nouvelle m’a beaucoup fait penser au film Pompoko de Isao Takahata, à la fois par la lutte acharné et désespéré du petit Shigeru qui veut sauver un arbre et qui n’y arrivera pas, que par sa scène finale avec Shigeru devenu père qui revient sur les lieux avec ses enfants, en lieu et place du peuplier et du sanctuaires il y a une route et devant lui, à perte de vue, les collines se font dévorer par des pelleteuses. Les constructions on remplacé la forêt et la montagne pleure.

Les nouvelles suivantes nous racontent l’expériences de Tezuka durant la guerre, au collège d’abord, puis à l’usine d’armement. Enfin, la dernière nouvelle nous raconte comment il devient enfin mangaka et est embauché dans un journal après la guerre. S’il est heureux de pouvoir enfin dessiner en toute liberté, la faim elle, elle est toujours là.

Comme je disait plus haut la première histoire m’a paru un peu simplette, en revanche la suite du recueil, plus réaliste et subtil est très touchante. Le dessin enfantin de Tezuka contrebalance le côté dramatique de la situation et, malgré les circonstance, l’humour ne manque pas. Ce qui fait qu’on a des histoires qui se lisent très facilement qui nous font même sourire, tout en traitant de sujets graves comme la guerre, la faim, les bombardement et la tyranie du gouvernement militaire. Un album que je vous conseille vivement !

Merci à Yomu-chan, sans qui je n’aurais sans doute pas lu ce manga. Arigatou 🙂

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Le pays de cerisiers ~ Fumiyo Kouno

1955

Dix ans se sont écoulés depuis le jour où l’éclair incandescent a fendu le ciel. Dans la ville d’Hiroshima, l’espit d’une jeune femme est intensément bouleversé. Pour les plus faibles, qu’ont représenté la guerre et la bombe ?

L’oeuvre polémique d’un auteur engagé !

 

C’est ainsi que l’éditeur présente ce manga de Fumiyo Kouno qui revient sur l’impacte que la bombe à laissé sur la ville d’Hiroshima et ses habitants bien des années après que la guerre soit finie. A vrai dire je ne vois pas vraiment ce que cette oeuvre à de polémique, ni de vraiment engagé. Oui, on peut dire qu’il s’agit d’une oeuvre contre la bombe, on voit même à un moment donné des pancartes pour une collecte de fond d’une campagne anti bombe A et H (page 8), mais l’héroïne passe devant sans même y prêter attention. Les personnages de ce manga, tout comme le manga lui-même n’est pas particulièrement “engagé” c’est plutôt un constat, un prise de conscience de ce que la bombe à laissé derrière elle.

Contrairement à d’autres œuvres traitant du sujet, les récit de Fumiyo Kouno sont particulièrement tendres. Le récit commence 10 après explosion et si Minami, l’héroïne de la première histoire, se remémore les horreurs vues le jours de l’explosion, nous, lecteurs ne somme pas confronté aux atrocités que l’explosions à produite comme nous le somme dans le manga de Nakazawa Keiji : Gen d’Hiroshima ou encore dans le film de Shôhei Imamura Pluie noire, qui met également en scène une jeune femme en âge de se marier ayant survécu à l’explosion.

La ville du Yûnagi, premier récit de ce recueil, m’a beaucoup fait penser à Pluie noire. Dans les deux histoires, les jeunes femmes, à la fois traumatisées par ce qu’elle ont vu et effrayée par ce qui peut leur arriver, se refusent au bonheur et fuient l’amour. Pourtant, l’une comme l’autre trouveront un homme qui sait les écouter, qui n’est pas effrayé par la bombe et ce qu’elle a laissé derrière elle. Et toutes les deux n’auront pas le temps de goûter à ce bonheur enfin trouvé et accepté. Deux histoires terribles et extrêmement touchantes. Fumiyou Kouno sait trouver les mots pour nous toucher sans tomber dans le mélodramatique. La douceur de son dessin contraste avec le dureté de certains propos. Ce contraste rend le récit d’autant plus touchant car il met en évidence la normalité de cette jeune femme qui, malgré son vécu, aspire comme toute jeune femme au bonheur et à l’amour.

Par la voix de Minami, Fumiyo fait aussi parler les petites gens de Hiroshima, toutes ses habitants innocent qui ont perdu la vie dans une guerre qui les dépassé complètement.

Personne n’en parle. On ne sait toujours pas pourquoi c’est arrivé. Tout ce qu’on sait c’est que quelqu’un s’est dit que notre mort importait peu. Malgré cela , on a survécu.

Mais le plus effrayant, c’est que depuis, nous soyons devenu des êtres qui acceptent que d’autres aient pensé ainsi, et qui s’y résignent.

Les deux récit suivants : Le pays des cerisiers I et II sont moins directement lié à la bombe. On n’y fait pas vraiment allusion. Les récits se passent plus tard encore. Pourtant on sent planer les séquelles que la bombe à laissé derrière elle comme un ombre pesant sur la vies des héros. Le pays des cerisiers I met en scène une petite fille dont le petit frère est hospitalisé. On ne sait pas si son hospitalisation est ou non une conséquence directe de la bombe, mais le doute est là. En revanche, dans le pays des cerisiers II, où l’on retrouve la petite fille devenue une jeune femme active et son frère guéri, la bombe revient. Elle revient à travers les souvenir du père qui n’est autres que le jeune frère de Minami, l’héroïne du premier récit. Elle revient aussi, plus indirectement, par le refus des parents de Tôko, une amie d’enfance, qui ne souhaitent pas qu’elle fréquente Nagio, le jeune homme qui enfants était hospitalisé car ils redoutent que cette hospitalisation soit lié à la bombe. Si le sujet est abordé ici très discrètement, il met en évidence une difficulté supplémentaire à laquelle furent confronté les survivants de la bombe et leur famille, le rejet par le reste de la société. Nakazawa Keiji dans Gen d’Hiroshima en parle de façon beaucoup plus violente. Le sujet est également abordé dans le film que je citais plus haut : Pluie noire. Plus récemment, on en a reparlé lorsque les évacué de Fukushima se sont retrouvé dans une situation similaire, du moins à en croire les média.

J’ai beaucoup aimé ce manga, il aborde un sujet difficile avec beaucoup de douceur et de subtilité, par des récits très court qui disent beaucoup en peu de mots. Le dessins particulièrement doux de l’auteur rend ce manga d’autant plus touchant. J’ai aimé également le lien familiale qui uni les différents personnages d’un récit à l’autre. Chaque histoire peut être lue indépendamment l’une des autres, mais un fil rouge les relie les unes aux autres leur donnant plus de profondeur. Un très beau manga, à lire absolument.


Japan Expo Awards – Prix du Jury catégorie Moriawase (2007) Prix Culturel Osamu Tezuka – Prix de la nouveauté (2005)

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