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Sur les pas de Matteo Ricci, journal d’un jésuite lettré

quatrième de couverture :

Entre fiction et réalité, suivez les péripéties d’un journal écrit par un laowai, un certain Matteo Ricci, jésuite devenu lettré à la Cour de Chine du XVIe siècle. Mais qui donc était ce Matteo Ricci ? Qu’est-ce qui le poussa à quitter son Italie natale pour mourir si loin de chez lui, en Asie ? Le Seigneur du Ciel l’aidera-t-il à accomplir sa mission, celle d’évangéliser un peuple influencé par le bouddhisme et le confucianisme ?

Les aiguilles de votre horloge tournent à grande vitesse cher Père Ricci, il faut retrouver votre fameux cahier, coûte que coûte avant qu’il ne tombe entre de mauvaises mains !

Ce sont les éditions Asiatika qui m’ont fait découvrir ce roman jeunesse, classé dans leur catalogue comme light-novel, et que j’ai reçu au même temps que Cassandra. Le titre est d’ailleurs illustré par Marco Caselli, le même qui était au dessin pour Cassandra. Je remercie Asiatika pour cette découverte. Un roman jeunesse écrit par Franck Dumanche  qui ce lit rapidement mais qui nous apprends beaucoup de choses sur la Chine du XVIe siècle et les premières missions jésuites dans l’Empire du Milieu.

Connaissez-vous l’histoire de Matteo Ricci ? Ce missionnaire jésuite, originaire d’Italie qui parti en Chine pour tenter de convertir les chinois au christianisme ?

Si le nom ne m’était pas inconnu, je ne connaissais pas vraiment son histoire c’est pourquoi j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce court roman (seulement 152 pages).

Le roman, avec ses nombreux dialogues, son style abordable et ces nombreuses illustrations s’adapte parfaitement aux jeunes lecteurs mais il est tout aussi intéressant pour les adultes curieux d’en apprendre plus sur ce personnage et faire le temps de quelques pages un voyage dans la Chine du XVIe.

L’auteur a su rendre son récit historique très vivant et pas du tout ennuyeux par un jeu de chasse à la sourie. Au moment où le roman commence Ricci est mort. Mais on découvre son journal. Celui-ci passera de main en main. Et à chaque personnages qui met la main dessus, nous découvrons un nouveau passage du journal, une nouvelle tranche de vie du missionnaire. Les extraits du journal sont enrichi par les souvenir des personnages qui ont côtoyé le père Ricci avant sa mort. Ainsi tout en suivant l’aventure de ce journal qui se perd et que l’on cherche d’un bout à l’autre du roman on découvre une tranche d’histoire. On découvre un personnage historique intéressant.

De nombreuses notes en bas de page viennent donner quelques informations supplémentaires. Je sais que certains puristes n’aiment pas les notes en bas de pages et estiment que l’on devrait pouvoir inclure toutes les informations dans le récit. Moi je ne partage pas cet avis. J’aime avoir des notes explicatives que je lis si j’en ai envie et qui permettent ainsi de ne pas trop alourdir le récit avec des détails trop techniques.

J’ai lu ce roman très vite, j’y ai pris beaucoup de plaisir. Je le conseil aux jeunes et moins jeunes friand d’Histoire (celle avec le grand H) et/ou passionné par l’Empire du Milieu. Un roman qui serait aussi intéressant pour les bibliothèques et les CDI pour son coté instructif.

Sur les pas de Matteo Ricci, journal d’un jésuite lettré

Franck Dumanche

Marco Caselli

Editions Asiatika

8€


Petit Bac 2017
personnage célèbre


Le coin des curieux

Ce que j’ai aimé dans ce roman c’est que j’y ai appris pleins de choses et que ma curiosité était sans cesse titillé. De nombreux passages me donnaient envie d’en savoir plus. Où se trouve la ville natale de Ricci ? a quoi ressemble tel monument évoqué ? qui est tel autre personnage au quel on fait référence ?

Bref un livre qui m’a donné envie de faire des recherches et j’adore ça. Voici donc pour les plus curieux quelques notes qui viendrons s’ajouter et enrichir d’images, celles déjà proposées par l’auteur. Rien de bien poussé, juste de quoi illustrer le roman.  🙂

Il y a dans ce roman de très nombreuses références, il n’était pas ici question de tout illustrer, j’ai choisie quelques informations que j’avais envie d’approfondir pour moi-même.

En Italie

Ricciportrait.jpg
Portrait de Matteo Ricci par le frère chinois Emmanuel Pereira – 1610
Mappemonde de Ricci

Matteo Ricci est né à Macerata en 1552. Je ne connais pas du tout cette région et le peu qu’on nous en dit dans le roman m’a donné envie de savoir où se situe cette ville. Situé au centre-est du pays, dans la région de Marche. Si vous avez l’occasion de passer dans le coin, la ville semble être intéressante à visiter, riche en monument et en histoire. Le site de la mairie pour avoir un aperçu de ce qu’on peut visiter.

Après avoir découvert sa ville natale, nous découvrons où Matteo Ricci a fait son noviciat en tant que jésuite : à Saint André du Quirinal à Rome. « Quelle allure ! » fait dire L’auteur à Ricci dans son carnet en parlant de cette chapelle.

Roma - Chiesa di Sant'Andrea al Quirinale.jpg

La façade est en effet on ne peut plus imposante, mais je ne dirais pas que je trouve ça joli. Enfin c’est tout de même un bâtiment intéressant, premier noviciat jésuite à Rome.

En Chine

Les empereurs :

Le roman commence en Chine et c’est l’empereur Ming Wanli qui est au pouvoir. Il est le treizième empereur de la dynastie Ming, son règne dura de 1572 à 1620. Il est encore qu’un enfant quand il monte sur le trône. C’est sous son règne que Matteo Ricci arrive à Pekin. Comme on peut le voir dans le roman.

Ming Wanli

Quelques chapitres plus loin on retrouve le carnet de Ricci mais l’empereur n’est plus le même. On est en 1627 (chapitre V) et c’est l’empereur Ming Chongzhen qui vient d’accéder au pouvoir. Son règne se termine en 1644. Il fut le seizième empereur de la dynastie Ming. Il sera le dernier de sa lignée. Remplacé par la dynastie de Qing, les empereurs mandchou.

Ming Chongzhen

Le livre se termine avec un dernier empereur : Huang Taiji, empereur mandchou de la Chine du nord qui s’oppose au Ming. Sa dynastie prendra la pouvoir en remplaçant les Ming en 1644 sous le nom de dynastie Qing, dernière dynastie d’empereurs chinois. Mais Hang Taiji meurt un an plus tôt en 1643.

portrait de Huang Taiji
Hang Taiji

Parler d’art sans en avoir l’air :

Au détour du chapitre IX, l’auteur lâche quelques nom de peintres connus de l’époque. Sans nous donner plus de détails, je n’ai pas pu résister à l’envie d’aller voir leur travail.

Dong Qichang

Peintre calligraphe et critique d’art influent de la fin de la période Ming, il vecu de 1555 à 1636.

Voici 3 extrait de Huit scènes d’automne (1620) :

Dong Qichang. Eight Scenes in Autumn.3. Album leaf. 1620. Shanghai Museum..jpg

Shen Zhou

Peintre lettré ayant vécu de 1427 à 1509, il est l’un des « Quatre Grands Artistes de Wu » célèbre pour ces peintures de paysages de fleurs et d’animaux.

La grandeur du mont Lu – 1467

Dai Jin

Encore plus ancien que le précédent, ce peintre vécu de 1388 à 1462.

Voyageurs traversant des passes montagneuses

Je ne sais pas ce que vous en pensez mais moi je trouve ça magnifique. Je ne connaissais pas du tout ces artistes. Je retiens surtout le nom de Dong Qichang !

Voilà, il y aurait beaucoup d’autres choses à explorer mais je m’arrête là pour aujourd’hui.

DanMachi La légende des Familias -tome 1

Je reviens avec un nouveau light-novel, premier de la nouvelle collection LN des éditions Ofelbes. J’étais curieuse de découvrir la nouvelle collection au format plus petit et au tome simple (contrairement au titres des éditions Ofelbes que nous avons déjà présenté qui sont en tome double : SAO, Log Horizon, Spice and Wolf).

Je vais être honnète avec vous, je n’ai pas vraiment accroché avec DanMachi. Non pas qu’il soit mal écrit, il est plutôt pas mal dans son genre. Mais c’est justement avec le genre que j’ai eu du mal. Je ne me suis pas sentie concernée par l’univers proposé

résumé de l’éditeur : 

Bienvenue à Orario, la Cité-Labyrinthe où cohabitent dieux et humains. Sous cette ville, les aventuriers, bénis des dieux, partent en quête de gloire et de fortune dans le Donjon ; un dédale mystérieux infesté de monstres.

C’est là que nous rencontrons Bell Cranel, un jeune provincial de 14 ans, qui malgré son manque d’expérience part à la conquête du Donjon sous la protection d’Hestia, une déesse impopulaire. Le hasard faisant mal les choses, il tombe sur un terrible Minotaure. Il est alors sauvé par Aiz Wallenstein, une belle épéiste, dont il tombe immédiatement amoureux. Galvanisé par ce nouveau sentiment, il repart à l’assaut du mystérieux labyrinthe.

Était-ce une erreur de vouloir suivre les pas de cette fille ? Le chemin qui mènera notre jeune héros vers son âme sœur risque en tout cas d’être semé d’embûches…

Faut dire que le pitch de départ de DanMachi me laissait prévoir notre probable incompatibilité de caractère… mais je misais sur l’humour. Or ça n’a pas fait mouche, je pense que le côté humoristique s’adresse à ceux qui adhèrent déjà au concept du harem. Comprendre un héros un peu loser qui se retrouve entouré de femmes plus belles les unes que les autres et qui pour des raisons inexplicables craquent toutes pour lui. Un grand classique du shonen (on retrouve l’inverse dans le shôjo), dont on a ici la version roman. Que ce soit côté shonen (un jeune homme et son harem de jolies prétendantes) ou sa version shôjo (une fille et son troupeau de beaux gosses) le concept du harem à toujours eu tendance à m’agacer. Je m’attendais à de la dérision avec ce titre dont le côté humoristique est mis en avant mais j’ai trouvé ça très premier degré.

Du coup j’ai pas profité de cette lecture qui par ailleurs ne partage pas les défauts du titre précédemment cité. On reprochait beaucoup à Log Horizon des longueurs et trop d’explications. Fujino Omori, l’auteur de DanMachi, a une écriture beaucoup plus fluide, les explications y sont distillées tout au long du récit. La lecture est donc plus rapide, plus plaisante aussi. Il y a du rythme, ça ne retombe pas. Son écriture et très cinématographique, si j’ose dire, en lisant on visualise parfaitement la scène et les personnages sans qu’il y ai de longues description, il arrive en quelques mots à planter son décor et a le rendre réel.

Je trouve ça mieux écrit (ou mieux traduit) que LH mais je ne me reconnais pas dans le public ciblé. Je me suis sentie beaucoup trop vieille tout au long de la lecture. Je ne suis pas entrée dans le délire. J’ai pas réussi à accrocher malgré un rythme bien maîtrisé. J’ai cependant apprécié la narration dont le point de vue change d’un chapitre à l’autre. Si celui du héros, qui parle à la première personne, prédomine on a aussi le point de vue de sa déesse, d’autres personnages secondaire voir même d’un narrateur omniscient. Cela donne un bonne dynamique à l’ensemble.

Si techniquement j’ai trouvé ça bien maîtrisé, c’est avec l’histoire et les personnages eux même que j’ai eu du mal. Comme je disais, je n’ai pas adhéré au concept, je ne suis pas entrée dans l’univers, il y avait donc une trop grande distance entre moi et le héros pour que j’éprouve une quelconque empathie pour ses aventures. C’est sans doute un peu trop premier degré à mon goût.

SAO et Log Horizon proposent également des personnages très caricaturés mais l’univers et construit de façon a proposer une première lecture “action” et une deuxième “réflexion”. Par ailleurs ces deux univers en relation avec le monde du jeu vidéo (et plus précisément MMO fantasy avec combat épiques contre créatures magiques) fonctionne bien dans la mesure où les personnages viennent du même monde que nous mais sont projeté dans une autre réalité (virtuelle, parallèle ou que sais-je) du coup il est plus facile de s’identifier aux personnages et d’accepter que le monde décrit soit régit par des règles de jeu vidéo. Dans Dan Machi nous somme dans un autre univers n’ayant aucun lien avec le notre. Un univers où l’on croise des monstres et des aventuriers qui les combattent, jusque là pourquoi pas, pas difficile de s’y projeter avec un peu imagination. Là où moi j’ai décroché et que j’ai pas réussi à me laisser imprégner par l’ambiance c’est en découvrant que les aventuriers y sont soumis à un système d’évolution proche de celui des personnages d’un jeu vidéo (statut qui s’affiche et progresse au fur et à mesure des combat). Pour moi des vrais gens s’améliorent (ou pas) mais que vient faire là un statut avec point d’action, de défense etc. puisque ce n’est pas un jeu. Je suis resté très perplexe devant cet univers hybride.

C’est donc un étrange sentiment que m’a laissé ce premier tome de Dan Machi. D’un côté il y a une narration parfaitement maîtrisée qui sait varier les points de vue, alterner moments d’action et de pauses permettant de créer une plus grande intimité avec les personnages. De l’autre un univers hybride trop inspiré du jeu vidéo et à la fois trop éloigné de celui-ci, des personnages et une intrigue un peu trop puérile à mon goût.

Pour ma part j’en resterai là sur cette série, mais je vais passer ce premier tome à mon neveu de 12 ans qui, je pense, pourra y trouver un bon moment de détente. L’humour y étant plus adapté au jeune public qu’aux vieilles biques comme moi.

Quand à cette nouvelle collection que je découvre avec DanMachi, elle est pas mal, les tomes plus petits se glissent facilement dans un sac. Plus grand qu’un format poche, il a une jolie couverture coloré et beaucoup d’illustrations (couleurs au début et à la fin, noir et blanc à l’intérieur), les rabats de la jaquette font un excellent marque page. Bref une jolie édition.

Je ne vous ai rien dit sur les illustrations de Suzuhito Yasuda. C’est parce que elle sont à l’instar du contenu du livre : je ne suis de toute évidence pas la cible 😀

Avez-vous lu ce roman ? qu’en avez-vous pensé ?

Envie d’aller voir de plus près ? Rendez-vous sur le site de l’éditeur. Vous pouvez aussi lire un extrait ICI

Le tome 2 est disponible depuis le 15 septembre

Danmachi

Blood the last vampire ~ la nuit des prédateurs

Préambule :

Une fois n’est pas coutume, je vais me permettre un petit préambule avant de me lancer dans le vif du sujet. Un petit coup de gueule suite à une récente mésaventure.

Aujourd’hui je vais récidiver et parler light-novel. Mais attention, je vous préviens : cet article ne s’adresse en aucun cas aux fans hystériques du genre. Pour eux il existe tout un tas de sites très bien fait où ils trouveront ce qu’ils cherchent. Non, moi je suis pas une fan et encore moins une lectrice hystérique. J’aime lire un peu de tout et ma curiosité incurable fait que je me suis intéressé au phénomène du light-novel. Loin de me prétendre une exporte en la matière, je lis ça avec mon bagage culturel et ma façon de voir les choses. J’aime en discuter et j’accepte de bon cœur qu’on ne soit pas d’accord avec moi. Si j’écris dans un blog c’est avant tout que j’aime écrire (même si je n’écris pas très bien) et aussi pour le plaisir d’échanger autour de lecture communes. Mais où est-ce que je veux en venir avec ce préambule ? Je veux juste dire que si vous trouvez mon blog à chier et ma façon de parler du light-novel inadapté, ben vous n’avez qu’à pas lire mes articles, le monde de la blogosphère est assez vaste pour qu’il y est un espace pour chacun. De plus je demanderais aux plus hystériques des fans de s’abstenir de m’insulter à travers les filtres de la toile. Ce n’est pas parce que nous sommes chacun dernière un ordinateur que les mots en sont moins vexant.

Pourquoi je dit tout ça ? Tout simplement parce que mon dernier article sur le light-novel m’a valu quelques remarques désobligeante, voir instantes (sur facebook bien sûr, ces charmantes personnes n’ayant pas pris la peine de m’exposer leur point de vu directement) alors que j’ai juste écris sur 2 bouquins que j’ai lu et que j’ai donné mon humble avis sur la question. Mon avis n’est pas plus stupide qu’un autre, c’est le mien, c’est tout. Que vous le partagiez ou pas, je vous invite à laisser de gentils commentaires expliquant votre point de vue.

Voilà c’est dit, il fallait que ça sorte ! Pour ceux qui sont encore là, bonne lecture 😉

Un light-novel et des vampires :

Il y a fort longtemps j’avais regardé un anime pas mal du tout : Blood + où une jeune lycéenne nommée Saya se bat contre des créatures vampiriques. Je ne pourrais pas vous en dire d’avantage sur cette série, je ne me souviens pas de grand chose si ce n’est que j’avais bien aimé. Quand je suis tombée sur le roman Blood the last vampire de Mamoru Oshii j’ai cru, à tort, qu’il s’agissait du light-novel à l’origine de la série. J’ai été bien surprise de ne retrouver que Saya, la jeune lycéenne au sabre, de ce que je gardait en mémoire de l’anime. J’ai donc fait quelques recherches et l’historique de la saga Blood the last vampire est bien différent de ce que je croyais.

A l’origine (si j’ai bien compris) de la saga il y a un film : Blood : The Last Vampire, réalisé par Hiroyuki Kitakubo (studios Production I.G.) en 2000.

Le concept aurait ensuite été décliné en light-novel (3 romans écrits par 3 auteurs différents dont La Nuit des prédateurs écrit en 2000 par Mamoru Oshii et publié en France par Panini Books), un manga dessiné par Tamaoki Benkyo (disponible en français chez Panini manga), plusieurs séries TV dont Blood +, mais aussi Blood-C, OVA, film live et même jeux vidéo. Bref, le concept de Blood The Last Vempire a été cuisiné à toutes les sauces !

Moi ce dont je vais parler aujourd’hui c’est du light-novel de Mamoru Oshii, auteurs aux multiples casquettes : écrivain, scénariste, réalisateur, producteur…

La nuit des Prédateurs

Nous somme en avril 1969 et le Japon est secoué par les manifestations étudiantes. Rei un jeune lycéen engagé dans les mouvements de protestation se retrouve par un fâcheux hasard témoins d’une véritable scène d’horreur. Alors qu’il tente de fuir les forces de l’ordre qui répriment la manifestation à laquelle il a assisté, le jeune Rei se retrouve dans une ruelle sombre devant une jeune lycéenne armée d’un sabre et d’un regard de prédateur. derrière elle une mare de sang et un cadavre que l’on emballe. Assommé puis incarcéré comme témoin douteux avant d’être relâché et assigné à résidence par ses parents, Rei a du mal a oublier ce qu’il a vu, à croire ce qu’il a vu. Il tente en vain d’oublier quand un homme prétendant être un inspecteur de police menant secrètement une enquête sur la disparition récente de plusieurs lycéens appartenant tous au même groupuscule d’activistes se pointe chez lui. Habile manipulateur, l’inspecteur Gotoba, arrive à convaincre Rei et ses camarades activistes de collaborer avec lui pour enquêter sur ces disparitions et morts suspectes qui menaceraient un de leur camarades et qui impliqueraient une nouvelle étudiante de leur lycée répondant au nom de Saya qui n’est autre que la fille aperçue cette nuit là par Rei. Mais Rei n’a pas tout dit sur ce qu’il a vu. Qui est vraiment cette fille ? Quelle menace pèse sur leur camarade ? Quel est le mobile ? Voilà des questions auxquelles tentes de répondre les étudiant au tours de plusieurs bières plus en palabrant qu’en agissant.

illustration de couverture Katsuya Terada

Bon, quand on lit un roman sur les vampires, on s’attends à du sang, de l’action, voir du sexe. Bref e la chaire et de la passion ! On veut vibrer et avoir peur. On veux… STOP ! On arrête tout ! Pas de vampire super sexy si ce n’est un jeune femme au charme inquiétant qu’on entre-aperçoit à peine. Pas tellement de sang non plus et pour l’action… d’abord une bonne bière.

Et oui, si vous aimez que ça bouge, que ça saute et sa découpe de tout les côté. Si vous rêvé d’héros beaux et ténébreux, d’héroïnes sexy ou de je ne sais quel autre cliché que l’on peut associer aux vampires, ce roman n’est pas pour vous !

Comme quoi c’est pas parce qu’on écris du light-novel qu’on fait forcement dans le cliché et le fan service. Ici le héro est attachant mais pas particulièrement charismatique. Rei est un lycéen ordinaire avec des idées révolutionnaires, mais plutôt pacifiste. Il n’est ni particulièrement brillant, ni particulièrement beau, pas spécialement fort. Bref c’est un lycéen tout ce qu’il y a de plus normal. Et c’est justement ce qui le rend attachant. Il a conscience de ce qu’il est, mais il n’a de cesse de se battre contre lui-même pour tenter d’avoir un comportement à la hauteur de ses idées. Il fait preuve de beaucoup de courage même si cela ne sert pas à grand chose. Ces camarades sont comme lui, des lycéens lambda embarqués dans une drôle d’histoire. Quand à la belle et ténébreuse Saya, je l’ai dit, on la voit à peine et on ne l’entends jamais. Les scènes d’horreurs sont rares et brèves. Ce n’est pas pour elle qu’il faut lire ce roman au risque de s’ennuyer grave.

Mais alors s’il n’y a pas d’action, il y a quoi dans ce roman ? C’est quand même une histoire de vampires non ? Oui, il y a bien des vampires, enfin des créatures vampiriques qui s’apparentes à l’être humain et appartiennent à la famille des primates mais qui n’ont rien à voir avec la version romantique du vampire façon Dracula. Ici les « vampires » n’ont jamais été humain, il s’agit de deux espèces différentes qui cohabitent depuis la nuit des temps et tout ça on nous l’explique à grand coup de théories évolutionnistes. Et oui on nous cite Darwin mais aussi tout un tas d’autres naturalistes et philosophes, certains très connu d’autres… jamais entendu parler avant. Faut dire que je suis pas vraiment calé en la matière. Toutes ces longues discussions sur l’origine de l’homme (et par la même du vampire) mais aussi sur le carnivorisme de l’homme ou sa peur de la mort occupent bien 70% du livre. Faut lire ce bouquin comme on assisterais à une soirée philo ou la réalité et le fantastique seraient mêlé.

J’ai beaucoup aimé le début du livre qui décrit les mouvement étudiants du Japon de la fin des années 60. Un Japon que finalement j’ai vu assez peu que ce soit dans les manga ou dans les rares romans japonais que j’ai lu jusqu’à présent. Cette première partie est assez dynamique. On suit Rei dans la manif puis dans son face à face avec Saya et là on se dit que l’aventure va démarrer. Mais c’est bien le contraire qui se passe. Avec l’arrivé de Gotoba et le début de l’enquête dans laquelle il entraîne une bande de lycéens, on commence avec les discussions interminables. D’abord celle qui oppose Gotoba aux groupe e lycéens dans un resto autour d’une bière (enfin plusieurs bières). Au lieux de simplement énoncer les fait et déterminer une stratégie à adopter, le groupe se lance dans un débat sur le carnivorisme de l’humain et de ses conséquences morales, sur la mort et la peur qu’elle a toujours inspiré à l’homme, le tout en s’empiffrant de viande pas chère.

Plus tard Gotoba et Rei se retrouvent dans une autre situation propice à la parlotte. Et là, les interminables discussions qui ont eu lieu au restaurant font office d’une légère mise en bouche. Installez-vous confortablement et prenez un peu de café si vous ne voulez pas décrocher. On revient sur l’évolution, l’origine de l’homme, la visions que les philosophes des divers époques ont eu de l’homme et de sa nature profonde. Les lumières, les romantiques… même l’église catholique y passe. ça papote et ça papote. On enchaîne cigarettes et verres de vins. Et pendant ce temps la les vampires vivent leur vie car il est même pas question de trouver une stratégie face à eux. Non, tout ce blabla c’est pour nous expliquer ce que sont réellement ces créatures (et peut-être nous faire réviser au passages les cours de philo).

En lisant ce roman j’ai beaucoup repensé aux critiques qui ont été faites aux light-novel récemment sorti chez Ofelbe : Spice & Wolf et Log Horizon. Moi-même j’ai trouvais qu’il y avait dans ces 2 romans de long intermèdes explicatifs, si je n’ai pas été trop génée par cette façon d’écrire, j’ai lu beaucoup de critiques négatives où justement on reprochait à ces deux romans d’expliquer trop au détriment de l’action. Dans la nuit des prédateurs on observe exactement le même processus, l’histoire semble plus servir de prétexte à l’envie de parler de certaines choses plutôt que d’être le but même du roman. Là ou La nuit des prédateur se sert de vampires pour nous faire réfléchir sur l’évolution de l’espèce humaine, Spice & Wolf profite d’un décor médiévale-fantastique pour nous parler commerce et Log Horizon utilise le jeux vidéo pour parler de sociologie. Les trois romans n’ont pas le même style ni la même profondeur dans leur argumentation (je ne sais pas si c’est le terme « profondeur » est le plus approprié) mais ils ont ce point commun. Et je me demande si ce n’est pas une caractéristique récurrente de ce genre de roman. Bien sûr toute histoire de science-fiction a pour but plus ou moins caché de critiquer la société, mais disons que dans le style américain il y a beaucoup d’action et qu’il faut lire la critique entre les lignes (certains n’y verrons que du feu et se contenteront du premier niveau de lecture) alors que dans La nuit des prédateurs et Spice & Wolf (moins dans Log Horizon) on nous explique plus qu’on ne montre. Cette approche peut étonner certains lecteurs habitués à moins de blabla et plus d’action. Nombreux sont ceux qui ont trouvé Spice & Wolf assez ennuyeux à cause de ses longues explications qui cassent le rythme du récit. Le roman de Mamoru Oshii est construit de la même façon et risque donc d’ennuyer un certains nombre de lecteurs. A la différences près que La nuit des prédateur est un one-shot de 252 pages seulement alors que Spice & Wolf est une longue série. Autre différences, Mamoru Oshii argument ses explications à grand coup de citations et semble maîtriser son sujet (je dis « semble » car moi je ne le maîtrise pas du tout et je ne peux donc pas en juger). Je ne veux pas dire par la que Isuna Hasekura, l’auteur de Spice & Wolf ne maîtrise pas le sien, mais il ne cite aucun économiste pour asseoir ses explications.

Ces longues pauses philosophiques donnent au roman un rythme assez particulier mais bien maîtrisé ce qui fait que même si parfois j’avais l’impression de décrocher, je ne me suis jamais ennuyée. J’ai été surprise car je m’attendais à autre chose, mais j’ai aimé le style de Mamoru Oshii.

Pour le coup j’ai trouvé que Isuna Hasekura maîtrise moins bien le rythme et que même si ces explications sont intéressant, je ressentais parfois un besoin d’accélérer le processus. Certains trouverons qu’il est incongru de comparer deux romans qui n’ont rien d’autre en commun que d’être des light-novel, mais j’ai trouve la similitude des procédés d’écriture était assez frappante. J’aurais tout aussi bien pu le comparer au Gardien de l’esprit sacré qui aussi incorpore à son récit de longs épisodes explicatifs. C’est quelques chose que je n’ai pas remarqué dans les romans jeunesse français ou américains que j’ai lu.

Avez-vous lu la Nuit des prédateurs ? Je serais curieuse de connaitre votre ressenti sur ce roman.