Archives du mot-clé roman historique

Le Mystère de Chalucet

Après une intrigue d’espionnage en Asie, j’ai enchaîné avec un mort à Limoge. Je suis dans le roman noir en ce moment XD

Le Mystère de Chalucet est un roman de Laurent Bourdelas, paru aux éditions Geste en 2016 que je découvre grâce à la dernière masse critique de Babelio.

Le roman me laisse une impression assez mitigée. D’un côté je suis surprise de l’avoir lu si vite, de l’autre je suis un peu déçue par l’ensemble.

Dans ce roman on suit deux histoires en parallèle, qui s’alternent à raison d’un chapitre chacune. La première se déroule dans année 1380. On y découvre une bande de bandit qui prennent possession du Châlucet. La seconde se passe de nos jours à Limoge. Le capitaine Vinoy doit enquêter sur la mort de l’ex-futur conservateur du Châlucet.

Les deux histoires ont en commun le site historique, mais le passage de l’une à l’autre ne m’a pas vraiment convaincue. J’ai d’ailleurs eu un sentiment très différents à lecture des deux. J’ai trouvé assez ennuyeux les passages moyenâgeux. On suit cette bande de bandit, la façon dont il prennent possession de Châlucet et comment ils vont en partir mais en réalité il ne se passe rien. A part nous donner un aperçu de ce que pouvait être la vie des habitants de la région au XIV siècle, ça n’a pas grand intérêt.

Quand à la partie contemporaine, je l’ai trouvé plus plaisant. Plus vivante peut-être. Je me suis attachée au capitaine Vinoy qui, bien qu’assez classique comme personnage, est touchant. Mais là encore, il ne se passe pas grand chose. On ne peut pas dire que l’enquête soit haletante. C’est plus le quotidien du capitaine et son attachement à la ville (et à la bonne bouffe) qui sont intéressant. On éprouve cet amour de Limoge avec lui au point de vouloir y vivre. Mais pour ce qui est du mort… pas vraiment de suspens. Dès que la raison du pourquoi du comment est esquissé on la comprends de suite, ainsi que le nom du meurtrier et finalement ça n’a presque pas d’importance. Toute cela n’est qu’un prétexte pour nous parler du Châlucet et de Limoge.

J’ai donc trouvé cette lecture plaisante, j’avais envie de poursuivre. Mais j’ai été déçue par le manque de suspens, et des parties moyenâgeuses pas assez intrigantes.


Si j’ai rendu le challenge des livres en cuisine annuel c’est parce qu’on a souvent la surprise de découvrir au détour d’un roman une passion pour l’assiette, alors même que ce n’est pas du tout le sujet. Et c’est exactement ce qui c’est passé avec Le mystère de Châlucet. On commence avec quelques vins, longuement décrit par le capitaine Vinoy, que l’on découvre amateur de bonne choses, et petit à petit on se rend compte que la nourriture prends une place importante dans le récit. On nous décrit souvent le menu du capitaine, lui en parle avec plaisir.

Décidément, on en découvre des vins dans ce roman : le mystère de Châlucet #romanpolicier #deslivresencuisine

Une publication partagée par Bidib Ma Petite Médiathèque (@bidibmpm) le

Découvrir un vin au detour d’une page, le plaisir #deslivresencuisine. Le mystère de Châlucet. #vin #lecturedujour

Une publication partagée par Bidib Ma Petite Médiathèque (@bidibmpm) le

Décidément, dans Le mystère du Chalucet on aime le vin ! #lecturedujour #romanpolicier #vin

Une publication partagée par Bidib Ma Petite Médiathèque (@bidibmpm) le

Mais le moment qui m’a décidé à choisir ce livre pour le challenge c’est quand sire de Tournemine nous livre sa recette de pâte de fois de volaille :

Des valets apportèrent les entrées : une soupe à jour de poisson – de la truite déposéee sur des tranches de pain grillé et recouverte d’une sauce au vin, aux épices et à la poudre d’amande – , suivi d’un merveilleux pâté de fois de volaille confits, dont Jean ne put s’empêcher de livres la recette à son cousin car, dit-il, il en surveillait lui-même l’élaboration, « la nourriture étant chose trop sérieuse pour la livres à des mains malhabiles !

– Tu utilises des fois de volaille ou de porc et tu les sales. Attention ! Pas n’importe quel sel ! Nous l’achetons aux moines d’Aubazine, une fois l’an. Quand les foies ont bien reposé, ils sont rincés à l’eau pure de notre puits et séchés dans un linge. Ensuite, je demande à la cuisinière de faire fondre la graisse de canard dans une marmite close, d’y plonger les foies avec un peu d’ail écrasé, du laurier, et de faire mijoter.

[…] il faut ensuite réaliser le pâté. Hacher les foies, moitié frais, moitié confits. Hacher aussi la gorge de porc, ajouter un peu de graisse de foies confits des oignons finement hachés, du pain trempé dans le lait, de l’ail écrasé, des herbes, des œufs battus en omelette, des épices, du miel, de l’eau-de-vie. Et tout brasser longuement pour rendre le mélange homogène. Ensuite, on tasse la pâte dans la terrine, et on noie dans la farce quelques foies confits entiers. Puis on laisse les terrines quelques jours au frais pour qu’elles s’améliorent, avant de les servir. C’est là que nous en sommes, cher cousin ! A ce moment de délice ! J’en connais point d’autre si ce n’est ceux que me procure ma chère Anne, dit-il alors en enlaçant celle-ci, qui posa la tête sur son épaule.


Le coin de curieux :

Si, comme roman policier, je ne l’ai pas trouvé extraordinaire, Le Mystère du Châlucet a cependant le mérite de nous communiquer l’amour du Limousin. A la lecture de ses pages j’ai vraiment eu envie de découvrir Limoges et ses four à porcelaine, de me balader dans les ruines du Châlucet.

Situé à 20 minutes au sud de Limoge, sur un éperon rocheux, les ruines de ce château médiévale nous invite au voyage dans le temps. Je prends note pour mes prochaine vacances !

Trouvez toutes les info sur le site du Châlucet

Quand aux four de porcelaine j’ai trouvé de belle photos sur le blog Limoge passionnément

Le music-hall des espions – Bruno Birolli

J’avais aimé le livre historique de Bruno Birolli Ishiwara, l’homme qui déclencha la guerre, qui se lit comme un roman. J’étais impatiente de découvrir son premier roman.

Couverture La suite de Shanghai, tome 1 : Le music-hall des espions

On entre dans le vif du sujet dès les premières pages avec la découverte de cadavres bien puants. Nous sommes à Shanghai, dans les années 30. Autour du charnier, des officiers français, un homme des renseignements britanniques, un officier chinois et ses hommes. Mais qui sont donc ces cadavres. Qui est l’homme qui pleure ?

Marche arrière toute. On se retrouve en France. René est envoyé en Chine comme sous-officier par son oncle influent qui ne sait trop quoi faire du jeune homme dont il a la charge. Un neveu encombrant, une concession lointaine. Voici René embarqué pour une aventure à laquelle il ne s’attend pas. Pas mécontent de quitter la France (et surtout son oncle), René débarque à Shanghai où il travaillera aux renseignements avec Fiorini, son supérieur. Fiorini est un officier taciturne, de peu de mots. Mais il saura gagner la confiance et la fidélité de son sous-officier fraîchement débarqué.

Avec René, on découvre la vie de Shanghai, partagée entre ses concessions étrangères et ses quartiers chinois. L’ambiance est des plus tendues : homme d’affaires peu scrupuleux, taxi-girls, étrangers en mal d’aventure, autorités fidèles à Tchang Kaï-chek, espions communistes et japonais prêt à faire tout péter, on marche sur le fil du rasoir.

C’est au détour d’un incident peu commun, une attaque qui n’a rien d’un simple braquage que Fiorini, accompagné par René, se lance sur les traces d’espions communistes. Un jeu de chat et de souris, de pouvoir et de manipulation, du quel personne ressortira vraiment indemne, est en train de se jouer.

Ce que j’ai aimé dans ce roman ce n’est pas finalement tant l’intrigue policière que laissait entrapercevoir la découverte des cadavres par laquelle le roman s’ouvre. Ce qui est vraiment intéressant de ce livre, c’est de découvrir la ville de Shanghai avant que la guerre n’y éclate. C’est à travers le vécu de René qu’on découvre la ville, ces différents quartiers, sa dynamique, la façon dont les diverses concessions et les quartiers chinois interagissent. Bruno Birolli a su la rendre très vivante. Il y a profusion de détails, on a vraiment l’impression d’arpenter ses rues.

Les personnages, nombreux, sont tous attachants. Même les plus terribles d’entre eux ont quelque chose de profondément humain qui nous les rends familiers. On ne peut détester personne. Il n’y a ni de bon, ni de méchants. Il y a des camps adverses, il y a la guerre, il y a les valeurs que chacun veut défendre. Des chemins contraires qui mènent à la confrontation, inévitable, acceptée tel une fatalité.

Un beau livre, qui se lit avec plaisir et qui nous fait découvrir un pan de l’histoire chinoise sans en avoir l’air.

Merci aux éditions Tohu Bohu et à Bruno Birolli pour cette lecture.


Le coin des curieux :

Je ne pouvais pas présenter ce livre sans proposer un coin des curieux ! Mais j’ai découvert, avec plaisir, que Bruno Birolli avait déjà bien préparé le travail avec la page facebook du roman où l’on trouve énormément de photos d’archives ayant servi à l’élaboration du roman. On y trouve même quelques musiques 🙂 Je vous invite vraiment à y faire un tour.

Que dire de plus après avoir feuilleté les albums photos ?

Je me contenterais de proposer deux autres lectures dans un genre bien différent pour découvrir sous un autre angle le Shanghai des années 30 :

La balade de Yaya nous amène à Shanghai en 1937 alors que la guerre opposant les chinois au japonais a éclaté. Yaya, une petite bourgeoise, se retrouve perdue dans les rues de la ville à feu et à sang. Elle y rencontrera Tuduo, un gamin des rues. Ensemble, ils vont fuir et tenter de survivre.

Une très jolie bd jeunesse dont je vous ai déjà parlé ici. Si le dessin tout en rondeur fait vraiment penser à une bd pour enfant, le propos y est parfois très dur, à ne pas mettre entre des mains trop jeunes. Mimiko l’aime beaucoup et y revient régulièrement

L’ombre de Shanghai, encore une bd jeunesse. Toujours aux édition Fei, comme la balade de Yaya. C’est ici une jeune chinoise, prise sous l’aile d’une riche famille de colons français qui est au centre de l’intrigue. Nous sommes toujours à Shanghai dans les années 30, mais les jeunes gens qui fréquentes le lycée de la concession française semblent bien plus inquiets par leur peines amoureuses que par la guerre imminente. Une histoire fantastique et non une aventure historique, mais de belles planches où l’on peut observer les rues du Shanghai des années 30.

Je vous ai déjà parlé des premiers tomes de cette série ici.