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Le cœur de Thomas

Le cœur de Thomas est une des œuvres fondatrices du boys-love, que nous appelons en France yaoi. Si on veut être pointilleux il s’agit d’un shonen-ai, autrement dit un récit mettant en scène des histoire d’amour entre jeunes éphèbes en tout pudeur. Dans le shonen- ai, les relations amoureuses y sont très chastes voir platonique.

Ce manga de Moto Hagio date de 1974/75 (France chez Kazé Manga en 2012). Avec Poe no ichizoku (même auteur, même époque) et Kaze To Ki No Uta de Keiko Takemiya il est considéré comme l’une des œuvres fondatrice de ce nouveau genre qui voit le jour dans les années 70. Le shonen-ai permet alors aux auteurs d’exprimer ce qui ne peut-être dit dans le shôjo classique où subsiste encore un certain tabou. En utilisant des personnages masculin pour leurs histoires, les auteurs bénéficient d’une plus grand liberté expression notamment du point de vue de la sexualité (pour en savoir plus sur le yaoi lire Manga 10 000 images – Homosexualité et manga : le yaoi). Les magazines spécialisé n’existent pas encore (le premier, June, verra le jour en 1981) Le cœur de Thomas parait dans le magazine Shôjo Comic. Voici pour ce qui est du contexte, passons dans le vif du sujet.

couverture japonaise

Je t’aime, moi non plus. Tout un mélodrame :

L’histoire commence avec le suicide de Thomas, un jeune garçon étudiant dans un pensionnat pour garçon quelque part en Allemagne vers la fin du XIX siècle.

En six moi, j’ai beaucoup réfléchi. A ma vie, à ma mort. A un amis aussi.

Je ne suis qu’un enfant un peu plus mûr que les autres, je le sais. Et je sais bien que cet amour d’enfance va se heurter à quelque chose d’inconnu, quelque chose qui n’a pas de sexe, invisible.

Non, ce n’est pas un simple pari. Et ce n’est pas mon sentiment pour lui qui est en jeu. Mais je ferais en sorte que lui ne puisse faire autrement que m’aimer. Forcément.

Pour le moment il ne vit pas, ou à peine. Et si, pour lui donner la vie, je dois détruire mon corps, cela m’est totalement égal.

L’homme meurt deux fois, dit-on. La première quand son corps meurt, la seconde quand ses amis l’ont oublié.

Moi, je n’aurais pas cette deuxième mort. Il ne m’oubliera jamais, même après sa propre mort. Je vivrais éternellement. Dans ses yeux.

Thomas est mort durant les vacances. De retour au pensionnat tout le monde ne parle que de ça. Un terrible accident dit-on. Pourtant Juli trouve sur le bureau de sa chambre une lettre, la dernière que Thomas lui ai envoyé, son « testament ». Cette lettre va profondément bouleverser Juli, un garçon sérieux et tourmenté. Son camarade de chambre tente en vain de le réconforter.

Les choses s’aggravent lors que Eric arrive au pensionnat. Ce nouvel élève turbulent (et entretenant une relation fusionnelle assez malsaine avec sa mère) ressemble étonnamment au jeune Thomas. Tous sont troublés par cette ressemblance, tout particulièrement Juli qui se met à haïr Eric tout en sombrant de plus en plus dans la dépression.

L’haïr ? Vraiment ? Eric est malgré son penchant pour sa mère, un garçon gai et chalereux. Plein d’énergie et d’entrain qu’il est difficile de l’haïr. Quant à Juli, malgré tous ses efforts pour paraître froid, il est un gentil garçon, tourmenté mais profondément bon. Comment pourrait-il haïr Eric. Et Oscar, le camarade de chambre de Juli, dans tout ça ?

Amour et haine, suicide, tourments amoureux en tout genre, orphelins de père, orphelin de mère et j’en passe. Les personnages rivalisent de mélodrame. C’est à celui qui aura le passé le plus tourmenté, le cœur le plus fragile.

Exaltation de la jeunesse :

Au mélodrame omniprésent s’ajoute l’exaltation de la jeunesse. Les personnages ont entre 12 et 15 ans. Un âge où on ressent tout plus fort. La moindre inclination prend des proportion démesurée comme le suicide de Thomas qui reste pour moi un mystère. Oh ! bien sûr on nous explique tout de suite son geste, mais moi et mon cœur de glace on ne voit là aucune raison d’en arriver à se ôter la vie.

On plonge très vite dans l’ambiance de ce pensionnat qui flore bon le romantisme. On s’attache à ces jeunes gens plein de drames et de vie mais je garde une certaine distance, un détachement vis à vis de leurs malheurs.

Shonen-aï, l’art du too-much :

Pourquoi cette distance ? Trop de mélodrame, tue le drame. Voilà tout. Le mélodrame est trop présent, comme très souvent dans ce genre de « littérature » (oui, je met des guillemets parce que bon appeler ça de la littérature c’est un peu prétentieux), et cela fini par créer une distance entre le lecteur et les personnages. Difficile d’éprouver une réelle empathie pour les personnages. Ou alors cela vient peut être de moi, je ne sais pas. Le fait est que je les ai observé de loin sans trop m’émouvoir de leur douleur.

Finalement le personnage que j’ai le plus aimé c’est celui qui étale le moins sa détresse : Oscar, le camarade de chambre de Juli. Oscar se montre discret dans ses tourments, il est plus mûr que ses camarades, plus fort aussi. J’ai pu me retrouver dans ce personnages qui reste en deuxième plan. Alors que Juli, Eric (et le fantôme de Thomas) qui occupent le devant de la scène sont trop exubérant dans leur malheur pour moi. Pourtant Juli se montre très discret vis à vis de ses camarades. Je parle du lien entre les personnages et le lecteurs, non pas des personnages entre eux.

Un classique :

Néanmoins Le cœur de Thomas est un classique du genre, une des œuvres fondatrice de ce qui deviendra plus tard le boys-love. En tant que tel c’est intéressant de le découvrir. D’autant plus si on peut le resituer dans le contexte éditorial de son époque. Malheureusement mes connaissance en manga et surtout en manga des années 70 sont vraiment insuffisante pour me permettre de percevoir tout ce qu’il représente. Je n’ai pu qu’en apprécier la lecture au premier degré.

De ce côté là j’ai pris bien du plaisir à découvrir ce manga, qui malgré son côté imposant (3 tomes en 1 pour l’édition française) se lis facilement et rapidement. L’esthétique a un côté rétro qui ne m’a pas du tout gêné et qui colle parfaitement au ton dramatique de l’ensemble. Le dessin de Moto Hagio est beau, surtout dans l’expression des visages. Le trait est fin, élégant et subtil. La mise en page est assez dynamique et agréable. Par ailleurs Moto Hagio nous offre une vraie histoire avec une progression et un scénario bien ficelé (mélodramatique oui, mais bien fait). Comme le fait remarquer à juste titre Mei-Amadis dans sa chronique, ce n’est pas du fan-service gratuits pour fan-girl en manque (j’adore cette tournure, je te la pique). Je ne suis pas ressortie de cette lecture bouleversée mais j’ai passé un bon moment. Un classique qu’il faut connaitre.


Petite anecdote en passant, c’est le film Les Amitiés particulières de Jean Delannoy (1964) qui a influencé Moto Hagio et l’a poussé à écrire du shonen-aï et plus particulièrement Le cœur de Thomas. J’ai essayé de le regarder je me suis endormie avant la fin…

Un film, japonais celui-ci, s’inspire de Le cœur de Thomas. Il est réalisé par Shusuke Kaneko et date de 1988 : 1999年の夏休み


à lire aussi :


shonen-aï

semaine shôjo : Le meilleur personnage feminin

Voilà une question bien difficile que nous pose le staff du Club Shôjo pour la semaine shôjo de 2015 (elles posent toujours des questions difficiles !). Quel est le meilleur personnage féminin du shôjo ? Généralement je trouve les personnages de shôjo caricaturaux, pétris de cliché et englués dans une vision archaïque et traditionaliste du monde : la femme aux fourneaux, jeunes filles fragiles qu’il faut sauver, jeunes femmes soumises au bon vouloir de l’homme qu’elle aiment… Par très en phase avec la femme du XXIème siècle, ou du moins pas du tout en phase avec ma vision de la femme. Combien de personnage de shôjo m’ont irrité pour ça !

Là, comme ça, sans réfléchir aucun personnage de shôjo fort s’impose à moi. Ne défilent sous mes yeux que des pleurnichardes. Il faut que je me replonge dans ma bibliothèque shôjo et que je gratte un peu sous cette première impression.

les enfants de la mer, Daisuke Igarashi (rien à voir avec les shôjo ! c’est juste pour illustrer ma plongée dans la mer shôjo)

Toru Honda, mon cliché préféré :

Je commence par vous dire que les héroïnes de manga cliché et rétrogrades m’agacent et voilà qu’en première place du meilleur personnage féminin shôjo je vous cité Toru Honda de Fruit Basket (Takaya Natsuki, série en 23 volumes, Delcourt) l’héroïne cliché par excellence !

Toru est douce et fragile, orpheline malmenée par la vie, abandonnée de tous, affrontant le destin avec courage, elle sera secourue par la famille Soma qui lui fera payer cher. Toru se retrouve aussi tôt derrière les fourneaux et devient la bonniche de ces messieurs pour qui même éplucher une patate est insurmontable. Toru va leur faire la popote, vider leur poubelles, laver leur linge, faire les courses… une vraie fée du logis ! Et tout ça avec le sourire bien sûr, parce qu’en parfaite jeune fille à marier Toru aime cuisiner et faire le ménage. Vous en connaissez beaucoup des lycéennes qui aiment faire le ménage ?! O_o

Bien sûr Toru ne se limite pas à jouer les petites épouses modèle, elle est aussi une mère pour tous ces Soma qui ont mal à l’âme. Elle les aime, les console, les rassure, les soutiens… une vraie sainte.

Toru a toute les qualité de la parfaite épouse soumise à l’autorité masculine que je devrait détester, et pourtant je l’aime (comme la plupart des personnages de Fruit Basket, d’ailleurs). Ce n’est pas tant son courage et sa persévérance (une bonne héroïne de shôjo se doit d’être d’un courage discret et d’une persévérance à tout épreuve) qui me la rendent sympathique, mais sa capacité à aimer tout le monde. Toru est un bisounours aboulant dispensant amour et gentillesses à tous ceux qui croisent son chemin. Et là est son originalité et sa force. Les héroïne prêtes à tous pour le beau gosse qu’elle aiment il y en a à la pelle, Toru elle, elle aime tout le monde ! Hommes, femmes, enfants, Toru éprouve une sincère affection pour tous ceux qu’elle rencontre et est capable d’une incroyable empathie, perçant par sa douceur et sa naïveté (car une bonne héroïne se doit d’être naïve, autre cliché que je pige pas) toutes les carapaces.

Si c’est cliché au possible, Toru possède une fraîcheur qui fait du bien.  Si Toru est un bisounours l’histoire de Fruit Basket en revanche y va de sa dose de psychodrames ! un contraste parfaitement réussi.

Je précise tout de même que je n’ai lu que la moitié de la série, je ne sais donc pas comment évolue le personnages dans la seconde moitié. (note pour plus tard : finir Fruit Basket !)

Toru Honda - Fruit Basket

Une femme à poigne : Yankumi

Bon Toru Honda c’est bien, c’est la parfaite caricature du personnage shôjo à laquelle on s’attache malgré tout. Mais y-a-t-il dans l’univers du manga féminin un personnage qui corresponde à ma vision de la femme moderne ? Je désespérais de trouver quand tout à coup cela m’est apparu comme une évidence : Yankumi, l’héroïne de Gokusen (Kozueko Morimoto, série en 15 tomes, version française toujours en cours chez Kazé Manga).

Pourquoi n’ai-je pas de suite pensée à elle ? Précisément parce que Gokusen ne correspond pas du tout au cliché du manga féminin. Il n’y a pas de romance, pas de jolie cœur, pas de jeunes filles en détresse, pas de larme, pas de mélodrame… Gokusen c’est l’histoire d’une prof pas comme les autres, héritière d’une petite famille de yakuza, qui se retrouve professeur principal d’une classe de bad boys. Un peu le Onizuka féminin (donc beaucoup moins vulgaire). Le manga est d’ailleurs publié en France dans une collection seinen.

Qu’est-ce que j’aime chez Yankumi ? Son caractère bien trompé, elle n’a pas froid aux yeux, c’est une championne des arts martiaux et n’hésite pas à se battre s’il le faut, mais sans aucune hystérie (contrairement à beaucoup de championnes en la matière sorties des shônen). Elle sais garder son sang froid, agir en fonction des circonstances. Assurer l’avenir de famille quand celle-ci à besoin d’elle tout en prenant ces distances et en vivant son rêve : devenir professeur. Elle sait choisir sa voie, sans renier les siens. Elle est drôle, pas spécialement belle et encore moins sexy, son côté femme ordinaire la rend d’autant plus attachante. Elle est déterminée, attentive aux autres et pleine de bonne volonté, ce qui pour un prof est indispensable, surtout quand on commence avec une classe pareil.

Yankumi est une femme moderne, elle sait s’affirmer, poursuivre son chemin, prendre soin des sien tout en gardant un petit cœur d’artichaut qui fait boum boum pour le bel avocat à qui elle ne sais pas faire sa déclaration.

Là encore je n’ai lu que les 3 premiers tomes de la série et je ne sais pas encore ce que la suite nous réserve. J’espère que Yankumi ne perdra rien de ce qui fait sa force.

Une mère comme je les aime :

Bon, je vous ai parlé de Toru, la championne des héroïnes shôjo cliché mais attachante, de Yankumi l’héroïne josei aux allures seinen, pour compléter le tour du manga féminin je pourrais citer un bon personnages féminin tiré d’un yuri et d’un yaoi. De Yuri je n’en ai lu que deux, impossible pour moi de parler du meilleur personnage. En revanche il y a un personnage féminin de yaoi que j’adore.

Les personnages féminins dans le yaoi sont très rares, voir quasiment inexistants, pourtant le peu de femmes qu’on peut y croiser sont souvent moins cliché et plus modernes que celle des shôjo ou josei (du moins c’est ce que en ressort de mes lectures personnelles).

Le personnage auquel je pense c’est la mère de Nao dans Otona no Mondai de Ima Ichiko.

Elle incarne parfaitement la femme moderne à mes yeux. Capable d’élever son enfant seule sans en faire un drame, parfaitement à l’aise avec son statut de femme divorcée, elle est dynamique, belle, forte et ouverte d’esprit. Je la trouve drôle et attachante. Une femme avec qui je pourrait être amie. Trop exubérante pour que je m’identifie à elle, j’ai trouvé sa présence dans le manga toujours agréable et m’identifierais facilement à l’une de ses amie (invisibles dans le manga). La façon dont elle titille sont Tangui de fils unique me fait beaucoup rire. Une chouette femme pour un chouette manga (que nous n’aurons jamais la chance de voir publié en France, je le crains).


C’est avec elle que je conclue mon tours des meilleurs personnages féminin du manga féminin. Et vous, quel est votre personnage féminin préféré ?

Pour découvrir les réponses proposées par les autres partenaires de la semaine shôjo, suivez les liens (les articles serons mis à jour au fur et à mesure de leur publication) :

In These Words – le tueur, le psychiatre et le sexe

Aujourd’hui je suis d’humeur coquine. Je vais vous parler d’un yaoi, et pas un titres tout public ! Âme sensibles, jeunes pucelles, et cœurs romantiques passez votre chemin ! Ce soir c’est sexe, violence et … pas grand chose d’autre au fait :'(

Aujourd’hui je vais vous parler d’un titre qui à fait du bruit dans le monde des des fujoshi. L’éditeur français, Taïfu Comics, a même proposé une édition luxueuse limitée avec couverture cartonnée (et prix cartonné aussi !) en avant-première pour la Japan-Expo 2014. Bref c’était l’événement yaoi de 2014. Alors forcement, je pouvez pas passer à côté ! La couverture était sympa, le pitch intéressant et l’excitation générale me laisser envisager un bon titre. J’ai fini par craquer en ce début 2015 avec ma petite commande trimestrielle sur PointManga (le site marchand de l’éditeur, tant qu’à acheter en ligne, autant soutenir cet éditeur que j’apprécie et dont je peine à trouver les manga en librairie). Bref je me suis acheté In These Words.

édition simple Taïfu Comics

L’histoire :

Katsuya Asano, un bel homme à lunette, travaille comme profiler pour la police. Grâce à lui un tueur en série dangereux à enfin été appréhendé. Mais avant de pouvoir le mener devant le tribunal, Katsuya va devoir lui soutirer des aveux complets (apparemment la police n’a pas assez bien fait son boulot pour pouvoir s’en passer). Pour ce faire, l’assassin est retenu prisonnier dans une maison dans un quartier abandonné, seul avec un inspecteur (ben oui, les prisons c’est pas un endroit sûr pour les tueurs en série…). Le psychiatre lui rend visite tout les jours, dans ce coin coupé du monde. Mais depuis qu’il s’est vu confier cette mission Katsuya est perturbé par des cauchemar où un homme dont il ne voit pas le visage lui fait subir tortures et violences sexuelles (…).

Thriller psychologique ou bouquin de cul ?

N’en déplaise aux fans, je cherche encore le thriller !

Le bouquin s’ouvre sur un premier chapitre écrit, un prologue riche en dialogue où un type à lunette se fait aborder par un riche beau mec et ça l’énerve…

Déjà ça commence bien. Si les scènes sont creuses, ce n’est rien en comparaison avec le style littéraire. Je doute d’ailleurs que le mot « littéraire » puisse être employé pour définir cette façon d’écrire.

Une ombre se dessina sur ses papiers, l’interrompant. Il ne leva pas les yeux, mais l’agacement le gagna peu à peu. Il jeta finalement un coup d’œil quand il comprit que le contour flou ne bougerait pas. Un homme séduisant dans un manteau de cachemire noir lui fit un sourire radieux dès que leurs yeux se croisèrent. Le froncement des sourcils de Katsuya s’accentua.

Hou là, là j’ai des frissons ! Non, je plaisante ! C’est… Comment dire… J’ai du mal à trouver les mots juste sans être blessante. J’ai franchement trouvé ça très mal écrit. Ces quelques pages n’ont aucunement éveillé ma curiosité. Tout au plus m’ont-elle fait sourire par la médiocrité de leur style. Je sais pas si c’est du à la qualité de l’original (ça ne m’étonnerais pas) ou à la traduction, mais le seul mot qui me semble parfaitement convenir c’est « nul ».

Mais bon, c’est 10 petites pages, très aéré avec beaucoup de dialogues et quelques illustrations… alors ça se laisse lire sans trop de souffrances. Passé ce premier cap difficile en entre dans le vif du sujet. Au plus profond même, si vous me permettez ce mauvais jeu de mot. Dès la première planche le ton est donné : un homme, les bras et les mains attachés, en chevauche un autre. Il est encore difficile des dire s’il s’agit d’un rapport consentent ou pas, mais on aura pas besoin d’attendre longtemps pour connaitre la nature violente et forcé de ce rapport sexuel qui tombe sur notre premier chapitre comme la foudre sur le cloché de l’église (c’est un peu plus violent que le cheveu sur la soupe, enfin… pas de quoi vous faire pâlir d’horreur non plus).

A partir de là on a des successions de scène ou l’on voit Katsuya travailler et Katsuya se faire violer. Vous pensez qu’on aura alors le fameux thriller psychologique tant promis. Qui est donc se mystérieux violeur ? Comment Katsuya a-t-il pu se libérer de son emprise ? Est-il vraiment libéré ? Son esprit n’est-il pas encore dans cette chambre sombre et crade au côté du mystérieux violeur ?

Calmez vos ardeurs (celles qui réclament des stimulants intellectuels j’entends) si vous n’avez pas tout compris page 2, vous comprendrez tout une vingtaine de page plus tard quand il n’y aura plus de doute pour personne, sauf pour le protagoniste qui, le pauvre, est perdu dans les méandres de sa mémoire, assailli sans relâche par des maux de tête et des cauchemars.

Il n’y a donc aucun suspens, on se contente de jouer les voyeurs en enchaînant des scène de viol et de torture qui non rien de particulièrement choquant. Enfin, c’est du viol quand même, vous me direz. Ouai ben quand on en arrive au jesaispluscombientième yaoi on en a vu d’autres. Et le duo Guil Pleasure n’offre rien de particulièrement innovant ou imaginatif en la matière. On est loin des images perturbantes qui peuplent les manga les moins recommandables où fleurissent des trucs bizarres en tout genre. Il n’y a qu’a jeter un œil du côté des shunga… rien qu’avec cette estampe d’Hokusai on a un aperçu de l’imagination japonaise en matière de jeu sexuel. Les auteurs de in these words sont américaines… Sorti de la position du missionnaire et de la levrette… Il y a un peu de sang et quelques lacérations pour faire gore et puis c’est tout. Au même temps… c’est très bien comme ça, hein!

Soyons clair, c’est du viol et c’est violent. C’est pas à mettre entre toutes les mains, c’est sûr. Mais c’est pas gore, on n’a pas de frissons d’horreur, on ne blêmi pas. Il y a des épisodes de New York Section criminelle bien plus insoutenables. Tout ça pour dire que le récit et la mise en scène ne sont pas non plus d’une violence remarquable. C’est une histoire de tueurs en série et violeur sadique plutôt gentillette. D’ailleurs on a même pas peur ! Où est donc le suspens et la psychologie qu’on nous a promis ? La violence visuelle est franchement soutenable (voir même un peu ennuyeuse), mais qu’en est-il du scénario?

Si j’en crois la définition que nous propose wikipédia, le thriller « utilise le suspense ou la tension narrative pour provoquer chez le lecteur ou le spectateur une excitation ou une appréhension et le tenir en haleine jusqu’au dénouement de l’intrigue ». Bien. Ici on a tout compris page 2, on a des scène offrant une violence relative pas plus émouvantes que ça, des dialogues qui cassent pas de pattes à un canard, que nous reste-il ? Les personnages !

Parlons-en de ces personnages. Ils sont comme le reste : pas très subtils. Ils parlent peu et le plus souvent pour ne rien dire de particulièrement intéressant. Il ne sont pas attachants, pas effrayant, pas non plus particulièrement séduisants. Leur seul atout est d’être sexy. Parce ça il le sont ! Deux putain de beaux gosses à vous faire baver pour peux que vous aimiez les beaux gosses en papier. Et chose non négligeable dans un yaoi : deux vrais mecs !

Voilà, tout est dit. Je rend mon verdict : c’est un bouquin de cul ! Et rien de plus.

In These Words, une grosse arnaque ?

Là vous vous dite que j’ai détesté, que je vais foutre mon bouquin à la poubelle, qu’il n’y a rien à en tirer. Ou alors vous êtes fan et vous me maudissez du plus profond de votre être, parce que franchement là j’ai rien compris !

J’avoue : j’ai rien compris ! Et pour cause ! Il y a rien à comprendre. C’est du pur guil pleasure, si je peux reprendre le nom de ce duo pour vous faire un deuxième mauvais jeu de mots. Ce que j’ai trouvé dans ce titre c’est du pur fan service pour des fan du genre, à savoir du pur yaoi pour fujoshi. Je suis une fujoshi et j’aime le yaoi. J’assume tout mon coupable plaisir et je garde le bouquin précieusement plaqué en haut de mes étagères, pour des futures relecture toutes aussi coupable que la première.

Que nous proposent en réalité Jun Togai (au dessin) et Narcissus (au scénario) ? Du yaoi, dans la plus pure tradition du genre : « YamA nashi, Ochi nashi, Imi nashi » autrement dit « pas de climax [dans la narration], pas de chute [au récit], pas de sens [à l’histoire] »*. Ici toute cette histoire de tueur en série n’est que prétexte pour nous donner à voir du sexe entre mecs. L’histoire elle, elle est tellement peu plausible que si on y prête un peu trop attention on risque de se gâcher le plaisir. Comme par exemple le coup d’avoir enfermé le tueur dans une maison dans un quartier abandonné, mort de rire ! Il aurait été difficile de prendre une décision plus aberrante que celle-là !

Si on replace les choses dans leur contexte et qu’on lit In These Words pour ce qu’il est : un simple yaoi à l’ambiance sombre et glauque, alors on peut y prendre plaisir. Le dessin est superbe, plutôt réaliste et très sexy.

Seulement voilà : il n’est que ça ! Pas la peine de nous vendre du thriller psychologique.

édition limitée Taïfu Comics

Si je ne vous ai pas complètement dégoutté et que vous êtes curieux, allez faire un tour sur le site de Guilt Pleasure.

Vous pouvez également lire une très élogieuse critique sur le blog du Club Shôjo à la lecture de laquelle j’ai beaucoup souris. Non pas pour me moquer de misami-hirota, la rédactrice du billet, mais parce que nos points de vue sont si diamétralement opposé qu’on peine à croire que nous avons lu le même livre. Comme quoi, cela dépend autant des auteurs que des lecteurs 🙂

Il ne vous reste plus qu’à lire In These Words pour vous faire votre propre opinion. Et moi à attendre le tome 2 pour voir si oui ou non le scénario est si banal que je le pense 😉

 Sore jaa, mata

Otona no Mondai – un yaoi de Ima Ichiko

C’est encore sous les conseils de a-yin que j’ai choisi de lire ce yaoi (non disponible en France). Je ne connais pas Ima Ichiko, mais elle me l’avais déjà conseillé et son récent article sur un autre de ses yaoi –Ashinaga Ojisantachi No Yukue – ma donné envie. (Oui, en ce moment je me fait une cure intensive de yaoi 😀 ). Et je n’ai pas été déçue. Bon ça n’a pas la classe d’un est em mais il y a dans ce titre une certaine originalité qui mérite d’être cité.

L’originalité est dans l’histoire, ou plutôt devrais-je dire dans les personnages principaux. En effet ici, chose rare pour un yaoi (c’est la première fois que je vois ça) le personnage principal n’est pas gay. Et non ! Le pivot autour du quel se déroule l’histoire est un jeune homme de 20 ans on ne peut plus hétéro. C’est son père qui est gay. Celui-ci annonce son intention de se marier avec un homme. (Au Japon le mariage entre personnes du même sexe n’est pas autorisé mais la question est détourné par l’adoption de l’un des partenaire par l’autre qui devient officiellement le fils adoptif. Je ne sais pas si la chose est vraiment rependue dans la réalité, mais ce type de “mariage” revient souvent dans le BL).

Non Seulement le personnage principal n’est pas gay, mais dans tout l’histoire le père est son jeune “mari” sont le seul couple homosexuel. Et ça, ça rend l’histoire beaucoup plus crédible ! Il y en a marre de ces yaoi où la terre entière est composée d’homo ou de mecs qui se disent “pas gay” mais qui comme par hasard tombent amoureux d’autres mecs (moi j’appelle ça être homosexuel, mais je dois pas avoir la même définition du mot que certaines mangaka, faut croire). Dans Otona no Mondai on a un cadre des plus vraisemblables. Et c’est l’intérêt premier de ce titre qui sort ainsi du lot et des stéréotypes du genre.

 

Revenons un instant sur l’intrigue : Naoto vit seul avec sa mère depuis le divorce de ses parents. Alors qu’il avait 5 ans ses parents décident d’un commun accord de se séparer : le père est gay. Mais il n’abandonne pas pour autant son enfant et c’est dans la bonne intente entre les deux ex-époux que Naoto grandi. Il a accepté sans trop de problème l’homosexualité de son père mais est très angoissé à l’idée que d’autres le découvrent. Il a peur de leur regard. Le jour où le père annonce son intention d’ »épouser » Gorou les angoisses de Naoto ne font que redoubler. Il veut tout faire pour convaincre son père de renoncer. Mais séparer les deux amants n’est pas aussi facile que ça. Finalement, au contact de Gorou , Naoto apprends à le connaitre, à l’apprécier en tant que personne et à souhaiter le bonheur de ce couple pas comme les autres. Mais pas question que tout le monde sache !

 

Toute l’histoire est traité avec humour. Les personnages ont tous des caractères plus pittoresques les uns que les autres. Ils sont drôles et attachants. J’ai beaucoup aimé la mère et son côté femme de caractère. Une vraie femme moderne. (dans un manga ? Si, si je vous jure ! Enfin, faut pas exagérer c’est quand même elle qui prépare les repas de son idiot de fils, non parce qu’à 20 ans, il peut pas se débrouiller, le pauvre choupinet). Avec cette belle brochette de personnages drôles mais ordinaires, Ima Ichiko n’a de cesse de créer des situation aptes au quiproquo et aux malentendus. La scène où le grand frère vient chez les Gorou pour la première fois afin de convaincre son frère de revenir à la maison et vraiment poilante. Un vrai vaudeville ! Si je n’ai pas ris à gorges déployées, j’ai trouvé ce titre très amusant.

Mais au delà de l’humour l’auteur aborde le sujet de l’intolérance et de l’acceptation. Contrairement à de nombreux titres, ici les personnages gay ne se posent aucune questions quant à leur propre homosexualité. Ils l’ont tout deux accepté depuis longtemps. C’est le regard des autres qui est au centre de cette histoire, notamment à travers Naoto qui malgré l’affection qu’il a pour son père et pour son nouveau « grand frère » est terrorisé à l’idée que d’autres découvrent son secret de famille. Il a peur d’être rejeté à cause de l’homosexualité de son père, ce qui met bien l’accent sur l’ampleur du tabou. Non seulement les couples homosexuels sont mal vu, mais c’est aussi préjudiciable socialement pour leur famille. (Moi j’ai beau ne pas comprendre ce genre de réactions face à l’homosexualité, je suppose que cela doit être une réalité, surtout au Japon ou la société est assez rigide, même le divorce est très mal vu). La réaction de Naoto face à l’homosexualité de son père n’est pas le seul événement à mettre l’accent sur la difficulté d’être homosexuel dans une société aux idées étriquées. La famille de Gorou fait également pression sur lui. La rigidité de la société japonaise est d’ailleurs mise en évidence par un autre événement qui lui n’a rien à voir avec l’homosexualité. Il s’agit d’un couple hétéro mais qui lui aussi, à sa façon, sort des canons habituels et il est pointé du doit à cause de cela (je ne vous en dit pas plus pour ne pas vous dévoiler l’intrigue). J’ai trouvé intéressant le parallèle qui est fait entre les deux situations. La problématique ici n’est pas tant l’homosexualité mais le manque de tolérance. Le tout est abordé sans mélodrame et beaucoup d’humour.

 

Une bonne lecture qui me fait découvrir Ima Ichiko. Son dessin m’est pourtant familier. Peut-être ai-je lu un autre de ses yaoi il y longtemps. En tout cas maintenant j’ai bien envie de lire Le cortège de cent démons.

Ah ! et la je me rends compte que j’ai complètement oublié de vous parler du dessin. Je l’ai trouvé beau, simple, délicat et expressif.

Yagate Ai ni naru – un yaoi de est em

J’ai déjà parlé à plusieurs reprises d’est em, une mangaka peu connu (enfin, peu commercialisé) que j’aime beaucoup. C’est a-yin qui m’a fait découvrir cette mangaka, et c’est sur ses conseils que j’avais acheté Tango, son seul manga publié en France (aux éditions H). Ce fut le coup de foudre ! Un coup de foudre à retardement. La première lecture m’avait charmée, la deuxième m’a conquise. Depuis je suis devenue une inconditionnelle de est em.

C’est encore a-yin qui m’a conseillé, pas plus tard que hier (voir son article sur Ashinaga Ojisantachi no Yukue (Ichiko Ima)) de lire Yagate Ai ni naru un des ses yaoi d’est em préféré. Sur ce terrain là j’ai une complète confiance en les conseils de a-yin j’ai donc foncé sans réfléchir. Si le manga n’est malheureusement pas disponible en français, on peut en trouver des scans en anglais sous le titre Yagate ao ni naru (pas bien ! ben oui, mais quand on peut pas faire autrement… promis je l’achète des qu’il sort en français).

 

A la mort de ses parents Kota est adopté par la famille de Taisei. Les deux pré-adolescents deviennent ainsi frères. Mais Taisei n’a jamais considéré Kota comme un frère, et ce n’est pas en grandissant que ses sentiments vont changer.

Là certains se disant “oh mon dieu, encore une histoire de frères !”. Oui, sauf que c’est du est em. Vous n’aurez pas un étalage d’érotisme, de salive et autres fluides corporels dans des échanges incestueux et immoraux. Bon, tout d’abord, les deux jeunes homme ne sont pas de vrais frères mais plutôt des amis d’enfance ayant grandi sous le même toit. Ce n’est pas la même chose. Il y en a peut-être qui affectionnent les histoires d’inceste (il y en a surement puisque ces histoires sont si répondues autant dans le yaoi que dans le shôjo) mais moi ça me dérange, vieille bique que je suis. Je ne suis pas la seule à être réticente. Voilà pourquoi je précise 🙂

Et puis surtout c’est la façon dont cette histoire est raconté qui fait la différence. Comme je disais, on est pas là pour des échanges de fluides, mais des échanges de regards. Tout est dans le regard, les non-dits, les mains levées puis laissées retomber… La retenue mais aussi l’explosion, les mots qui ne sortent pas, les coups qui partent trop vite… Il est question ici de sentiments. Comment exprimer ses sentiments, comment recevoir ceux des autres, comment comprendre et se comprendre. Pas seulement des sentiments des deux hommes l’un pour l’autre mais de leur sentiments face à la vie, à leur famille à leur métier… Un récit tout en douceur et en subtilité.

J’aime la mise en scène de est em, mais ce que j’aime encore plus c’est son coup de crayon, tout de suite reconnaissable, beau, viril et touchant. Oui, je trouve qu’il se dégage une certaine virilité de ses dessins et des hommes qu’elle décrit. Même dans leur fragilité, ils restent viriles.

Le dessins d’est em provoque en moi une émotion particulière et je crois bien que peu m’importe l’histoire qui est raconté, ce sont les regards de ses personnages qui me captent et me parlent, plus encore que son scénario.

Pourtant un aspect de ce titre est particulièrement intéressant, Kota et Taisei sont les fils d’un artisan teinturier. Tout au long de l’histoire on voit l’atelier, les bain d’indigo, la façon dont les tissus sont préparés… Pour les amateur de japonaiseries c’est un plus non négligeable. En tout cas moi cet univers m’a ravi.

L’histoire des deux frères est suivie par d’autres histoires courtes, tout aussi touchantes et subtiles. J’ai particulièrement aimé celle de l’adolescent qui se rend à la piscine de l’école une fois la nuit tombée. La façon dont les sentiments du garçon sont abordé m’a semblé très juste et vraiment pas malsaine, ce qui n’est pas toujours le cas dans le yaoi.

C’est d’ailleurs un des aspect que j’aime dans les yaoi de est em : elle ne fait pas l’étalage de sentiments pervers comme peuvent le faire de nombreux titres. L’excès de sentiments malsains serait au yaoi ce que l’excès de violence est au seinen ou au shonen. Si son rôle d’exutoire est indéniable c’est parfois too much et je fait une overdose (je pense notamment à un titre qui m’avait été chaudement conseillé et qui m’a donné la nausée tellement c’est malsain et mélodramatique : Sakura Gari). Est em a le don de nous raconter des histoire avec beaucoup de naturel. C’est reposant 🙂


Pour les anglophones à lire aussi un article sur l’excellent blog Brain vs. Books

à découvrir également le tumblr d’est em

10 count – tome 1

Après un mois entièrement (et presque exclusivement) dédié au contes de fées, Ma petite Médiathèque retrouve son visage habituel. Je vais enfin pouvoir parler des nouveauté de cette rentrées que j’ai lu dernièrement. Je commence par le dernier manga de Rihito Takarai paru chez Taïfu comics : 10 Count.

Todaoma Shirotani souffre de mysophobie (phobie des microbes). Il porte des gants, ne supporte pas les lieux publics, ne peux pas toucher les choses que d’autres touchent… il a du mal à respirer dans ce monde. Pourtant il croit qu’il n’a pas besoin de guérir. Cette conviction s’ébranle quand son patron manque de se faire renverser par un camion. Shirotani a hésité à tendre la main vers pour lui venir en aide alors même qu’il risquait sa vie. Heureusement Riko Kurose passait au même moment et sauve Mr Kuramoto.

vous êtes mysophobe ? ça l’air sévère. Vous devriez consulter

Alors qu’ils n’ont échangé que quelques mots, voilà ce que Kurose se permet de dire à Shirotani. “je n’ai pas besoin de guérir” se contente de lui répondre ce dernier. Pourtant l’accident l’a bouleversé, tout comme les mots trop directe de Kurose. Ne serait-il pas temps de faire quelque chose pour se débarrasser de cette phobie ?

Shirotani va se rendre dans une clinique psychiatrique, mais arrivé devant le bâtiment, le courage lui manque et décide de s’en aller. Avant qu’il n’ai eu le temps de s’en aller Kurose arrive. Il se trouve que justement celui-ci est psychiatre et travaille dans cette clinique. Face à la réticence de Shirotanni, il lui propose un rendez-vous informel dans un café. C’est ainsi qu’ils décident d’entreprendre une thérapie de  désensibilisation en 10 étapes. Une relation ambiguë va se créer entre les deux hommes, entre amitié, relation médecin-patient et attraction. Des sentiments bien difficiles à assimiler pour le fragile Shirotani. Qu’en est-il de Kurose ? Est-il si fort qu’il le laisse croire ? Pourquoi a-t-il décidé de venir en aide à cet homme qu’il ne connais pas ?

 

Un premier tome tout en douceur où l’on découvre les personnages principaux et où ils se découvrent l’un l’autre. Dans le pur style de Rihito Takarai (je dis ça comme si j’était une experte… c’est pas le cas ^^ mais les manga d’elle que j’ai lu sont tous comme ça), il ne se passe pas grand chose. Cela ne nous empêche pas de nous attacher à ses personnages, doux et fragiles, un peu énigmatiques et souvent en décalage par rapport à la société. Ici c’est la phobie qui éloigne Shirotani du monde, à moins qu’il ne soit phobique pour pouvoir s’éloigner du monde… Sa phobie lui permet de créer une barrière entre lui et les autres. Mais que se passe-t-il quand cette barrière est brisée par Kurose qui s’invite dans son univers sans trop de ménagements ?

J’ai aimé ses personnages qui, tout en étant assez caricaturaux, sont attachants. On a envie de savoir comment leur relation va évoluer, on vaut voir Shirotani s’en sortir et Kurose s’ouvrir, se dévoiler. Mais plus que tout, ce que j’aime dans les manga de Rihito Takarai (que ce soit du boys-love ou du shojo) c’est son graphisme à la fois classique et très personnel, beau et doux. J’aime l’ambiance qui se dégage de ces tranches de vie fragiles et éphémères. Ces moments de fragilité et de beauté qu’elle nous décrit sont comme des cerisiers en fleurs. On sait que les jolies fleurs vont se faner, mais elle laisserons la place à quelque chose de plus fort, de plus robuste. Et on est pas triste de les voir partir (grandir), on éprouve juste un peu de nostalgie.

Je m’égare ! Quel rapport entre les fleurs de cerisier et 10 count ? Ben, aucun. C’est juste l’image qui m’est venue pour exprimer ce que je ressent face aux manga de Rihito Takarai. J’aime la douceur et la finesse de son trait, ses visages toujours un peu mélancoliques. Ce n’est pas très gai, mais ce n’est pas triste non plus. Pas de surprise donc, Rihito Takarai m’a encore conquise avec cette nouvelle série. 

Que vous dire de plus, j’aime et je sais pas spécialement pourquoi. J’aime c’est tout. Encore un dernier mot pour la fin : ne vous laissez pas tromper par la couverture très aguicheuse, c’est ce que vous aurais de plus sexy dans tout le manga ! Ce premier tome n’offre rien aux amateurs de hard yaoi, ici on est dans l’univers des sentiments, pas du cul 😉


A lire aussi 10 Count sur Il était une fois un manga


Lire un EXTRAIT 

Le manga sur le site de l’éditeur


3 livres – 0.5%

Tango ~ est em

Ayant parlé récemment de est em, et lui ayant décerné la couronne de reine du yaoi, j’ai eu envie de relire et chroniquer son seul manga paru à l’heure actuelle dans nos contrés : Tango, one-shot regroupant plusieurs histoires courtes. La version française de ce yaoi a été publié par les éditiond H en 2010.

La version japonaise est publié par les éditions Tôkyô Mangasha (2006) sous le titre ショーが跳ねたら逢いましょう (show ga hanetara aimashou). Si les américain ont traduit le titre par Seduce me after the show, on se demande où l’éditeur français a été chercher son titre. Car s’il est bien question de séduction après le show, point de Tango dans cette histoire ! Oh, le titre va à merveille avec cette sublime couverture rouge et noir, pleine de sex appeal. C’est d’ailleurs cette combinaison entre l’image et le titre (et les conseils de a-yin) qui m’on donné envie de lire ce manga. Mais force est de constater que… s’il y est bien question de dance, je cherche encore le rapport avec le tango…

Si ça ne parle pas de tango, de quoi nous parle ce manga ?

Et bien, ma fois, de jeu de séduction, d’hommes tourmenté, d’amour et d’art aussi. C’est un yaoi, alors, évidemment, il y est question de romance entre homme, mais ne cherchez pas ici des aventures complexes, des scénario rocambolesque, des histoires d’amour qui n’en finissent pas de se mettre en place, ni de sexe à profusion. Ce sont des histoires brèves, des instants dans la vie de ces hommes qui se rencontrent et puis se perdent et parfois se retrouvent. Il n’y a pas toujours un sens, il n’y a pas de fin heureuse ou d’amour triomphant, il y a d’ailleurs pas vraiment de fin. Il y a la vie et il y a l’art. Car oui, l’art est omniprésent dans ce one-shot, que se soit avec le danseur, l’acteur ou encore les musiciens ou le peintre.

Lever de rideau et Une fois le spectacle terminé…, les deux premiers récit, mettent en scène le couple de la couverture : Théo, un jeune danseur blesse, et Darren un célèbre acteur américain. Les deux hommes se rencontrent lors d’un tournage et échangent un premier baiser, comme une plaisanterie. Mais le cœur tourmenté du jeune danseur aura raison du tombeur. La plaisanterie prendra une tournure plus sérieuse. Mais Théo est de ces oiseaux là qu’on enferme pas, Darren le sait bien. Et c’est en le laissant s’échapper qu’il en devient plus beau.

La relation entre Théo et Darren n’a rien de particulièrement intéressant, l’histoire est, néanmoins,  bien mené. Mais ce qui m’a le plus marqué dans cette histoire c’est Théo et sa dance, qui n’est pas du Tango mais de la danse classique car Théo vient du Bolchoï, célèbre ballet russe, qu’il a quitté pour aller danser en Espagne, pays qui n’est pas vraiment connue pour le tango, mais pour le flamenco… dont le costume de scène de Théo s’inspire. Bref, Théo est devenu célèbre pour son interprétation très personnelle de Carmen ou il joue à la fois les rôles de José et Carmen. Toute l’histoire entre Darren et Théo se passe et moi je ne me disais qu’une chose : « je veux voir Théo danser ! »

tango

La nouvelle qui suit, Café et cigarette est moins troublante, plus classique. Un jeune peintre devenu garçon de café rencontre un bel homme qui tient une gallérie. Grâce à l’influence de cet homme, le jeune homme va se remettre à la peinture qu’il avait fini par abandonner. Si les personnages sont moins charismatiques que dans les deux premières nouvelles, ils n’en sont pas moins touchant.

Rokin’in my head c’est la rencontre entre un jeune rockeur et son idole. Si la rencontre est drôle et le vieux rockeur blasé touchant, la chute est un peu too much et l’ensemble de l’histoire un peu trop classique. Cela reste agréable à lire et à regarder.

Suivent deux très courtes histoires assez étranges : Nero et Monochrome. Ces deux histoires bien que pas particulièrement porté sur le sexe et le boys-love sont tout à fait « yaoi » tant la définition « pas de climax, pas de chute, pas de sens » leur colle à merveille. Ces récits, mettent en scène deux hommes en costume noir, au comportement vraiment étrange. A la première lecture j’ai pas vraiment compris d’ailleurs. Mais finalement, je trouve que c’est pas mal trouvé du tout. Si j’en dis pas plus c’est pour vous donner envie de découvrir par vous même 😉 (si ce n’est pas déjà fait)

La dernière nouvelle est celle que j’ai trouvé la plus émouvante, surtout à ma deuxième lecture. Des cigales le long d’une route d’été nous montre un vieille homme qui revient dans sa Kyôtô natale à l’occasion d’un festival, il espère y retrouver un ami de jeunesse, et c’est, troublé, qu’il rencontre le petits fils de cet amis, désormais disparu. Cette histoire m’a touché par sa simplicité et aussi, peut-être par sa vraisemblance. Deux jeunes hommes, amis, découvrent que peut-être quelques chose de plus que l’amitié les uni, mais préfèrent ne rien se dire pour que la séparation soit plus simple. Ils se promettent de se revoir mais la vie reprends ses droits et chacun mènera sa vie. Devenu vieux, celui qui est parti veux revenir vers son premier amour. Mais celui-ci est déjà mort. Il rencontre alors son petits fils. A travers les mots de ce dernier on croie comprendre qu’il a vécu une vie heureuse, qu’il a eu enfant et petite-enfant… Mais au moment du festival, toute sa vie durant, il scrutera la foule en souvenir de cette promesse fait des années plus tôt, à l’homme qu’il aimait peut-être mais à qui il n’a pas voulu le dire, cette homme qui l’aimait, mais qui n’est jamais revenu. Je trouvé ça très triste. Mais ce qui rend ce récit particulièrement touchant c’est la façon tout en délicatesse et en discrétion, sans pathos qu’on évoque cet amour avorté dans l’œuf. Il y a de la nostalgie, un peu de tristesse, mais aussi de la tendresse dans le regard du vieil homme. Tendresse à l’égard de ses souvenirs.

C’est peut-être cet absence de pathos et de drame, trop souvent présente dans les boys-love qui m’a plu dans ce recueil. Même l’histoires de Théo n’est pas plongée dans le drame. Certes le danseur à vécu un drame et il en a été marqué, mais on en fait pas des tonnes. Pas de larmes à profusion, pas de discours intérieur à rallonge, de masturbation mentale et tous le mélodrame qu’on nous sert si souvent dans le yaoi, parce qu’il faut souffrir pour être un bon héros de boys-love ! Ici il y a des hommes troublé, des hommes tourmenté, mais des hommes qui sonnent plutôt vrai. Des hommes adultes, aussi, qui donc passent moins de temps à explorer leur nombril que les ados, parce que ce soit dans le boys-love, ou dans le shôjo s’il y a bien une chose qui à tendance à m’agacer c’est quand le héros se pose des tas de questions sur « oh mon dieu qu’est-ce qui m’arrive » durant plusieurs chapitres, questions certes légitimes mais qui à la longue lassent.

Ce qui fait la force de ce manga, ce n’est pas que la façon dont est em nous raconte ses histoires, c’est aussi son dessin. Un trait particulier  et immédiatement reconnaissable, beau et expressif où les vieux beaux ont autant de charme que les beaux gosses.

C’est beau, c’est touchant et c’est pas que pour les fan de yaoi.

A quand un nouveau manga de est em en français ? En attendant vous pouvez toujours vous consoler avec les éditions étrangères 😉

lire un extrait

♣ à lire aussi : Spotlight (801 Special): Est Em (anglais) et An interview with Est Em (anglais)

album

Tango sur le forum Club Shôjo

Et, pour conclure, une image bonus 🙂

Carmen par Mats Ek – le costume rappelle fortement celui de Théo

anime manga aggregator sama Sama It!

Shôjo : la meilleure mangaka

événement interblog organisé par le club shôjo : la semaine shôjo

quelle est la meilleure mangaka shôjo et pourquoi ?

Voilà une question à laquelle je pourrais répondre difficilement ! Avant de me lancer, j’ai fait un petit tour d’horizon concernant les shôjo que j’ai lu. Je n’arrive qu’à 39 volumes, 64 si j’inclue les josei, yaoi et yuri, quant rien que pour la catégorie seinen j’en ai lu plus de 170 (je me suis référée à ma liste sur Babelio, il manque des titres, notamment les scans, mais ça donne quand même une idée). J’estime donc ne pas avoir assez de recul pour pouvoir juger qui est la meilleure mangaka. D’autant plus que, en regardant de plus près ma liste, j’ai constaté que j’ai rarement lu plus d’un titre par mangaka. Comment juger du travail général d’une auteure sur un seul titre ?

Mais bon… j’ai envie de jouer moi aussi 🙁 alors je vais faire semblant et tricher un peu 😉

Je vous propose donc ma sélection des meilleurs mangaka. J’ai choisi, pour ma part, de séparer les différents types de manga pour femme car ce qui fait un bon yaoi n’est pas forcement ce qui fait un bon shôjo. J’ai donc essayé, au vu de ma maigre expérience, de choisir une mangaka par catégorie et vais tenter d’expliquer pourquoi cette mangaka là et pas une autre.

J’espère ne pas être trop à côté de la plaque. Et vous invite à me laisser vos conseils et remarques.

Le shôjo :

Bref rappel de ce qu’est un shôjo pour les lecteurs de Ma petite Médiathèque non mangaphiles, et j’espère qu’il y en a 🙂

Le shôjo est un manga dont la cible principale est un public de jeune filles, disons l’âge des collégiennes/lycéennes pour faire simple. Le type de manga est déterminé par le magazine de prépublication dans lequel il est publié. Le genre peut varier énormément d’un shôjo à un autre. Tout d’abord en fonction du magazine dans lequel ils sont publiés, il y a des magazines très spécialisés offrant par exemple des récits fantastiques, ou exclusivement des romance, alors que d’autres magazines proposent des contenus variés… Bref dans le shôjo, comme dans tout les autres types de manga, on trouve de tout et pour tout les goût. Ce qui détermine un shôjo, n’est donc pas le genre d’histoire qui y sera raconté mais le public auquel il s’adresse. Je précise ce point car on a trop souvent tendance (ce que je faisais moi-même avant de connaître le club shôjo) à associer shôjo et romance lycéenne. Or comme on a su me le faire comprendre, si les sentiments jouent toujours un rôle important dans le shôjo, il y a des shôjo d’aventure, des shôjo fantastiques, des shôjo d’horreur même… enfin bref, en cherchant un peu on trouve vraiment de tout. En revanche, quand je jette un coup d’œil rapide au catalogue shôjo en librairie… j’ai pas l’impression que cette diversité y soit rendue.

Fin de la parenthèse !

La reine du shôjo manga

Dans cette catégorie j’ai choisi d’élire une mangaka que je connais à peine : Kaori Yuki

Et quand je dis que je la connais peu, c’est un euphémisme ! Je n’ai lu qu’un seul tome d’une seule série ! Il s’agit du premier tome de Ludwig Revolution dont j’ai brièvement parlé dans le petit panier de manga #7

Pourquoi elle ? Et ben c’est simple parce qu’à lecture de ce tome j’ai pensé que Kaori Yuki arrive à condenser tous les cliché du shôjo en un seul manga, tout en les détournant. Ce qui donne un résultat à la fois ultra kitsch et très original. Utiliser les canons du genre et les exacerber jusqu’à la parodie, offrant un manga à la fois plein de tragédie et d’humour, voilà qui est digne d’un maître. Et puisque on parle shôjo, je trouve que la couronne de la meilleure mangaka shôjo lui va très bien.

Si je l’ai choisie ce n’est pas forcement parce que Ludwig Revolution est le shôjo que j’ai le plus aimé, mais plutôt parce que c’est le shôjo le plus shôjo, au sens caricaturale du terme, qui m’ai plus. Elle en fait des tonne, mais c’est parfaitement assumé, c’est justement sa façon de détourner les codes du shôjo qui font que pour moi elle sort du lot.

Bien sûr ce choix devrait être conforté par quelques lectures complémentaires, à commencer par la suite de la série Ludwig Révolution que j’ai très envie de lire mais que je laisse traîner depuis un moment. D’autres titre m’ont été conseillé tel que Angel Sactuary, mais sur ce titre là j’ai quelques réticences, peut-être à cause de l’adaptation animé qui m’ai laissé un assez mauvais souvenir, ou peut-être à cause du thème de l’inceste qui apporte un côté trop kitsch et déjà maintes fois vu (j’aime pas les histoires d’inceste, ça m’énerve).

Le josei :

Petit rappel théorique pour les néophytes :

Le josei est un manga qui se destine à un public de jeune femmes adultes, à l’instar de sa sœur shôjo, le josei peut regrouper des manga très varié dont les genres n’ont rien de commun entre eux, la romance à l’eau de rose, la tranche de vie, le fantastique ou encore l’héroïc-fantasy… là encore il y a de tout et pour tout les goûts. En France, beaucoup de josei sont publié dans les collection seinen car leur thème et leur approche peuvent être très proche du seinen et que cela rend la lecture du catalogue plus claire pour le public français qui aurait peur de ne trouver que des récit romantique dans les manga à destination d’un public féminin. C’est bien connu, nous somme toutes des cruches qui ne intéressent qu’aux garçons et à comment leur faire plaisir…

La reine du josei :

Pour cette catégorie j’avais d’abord pensé à Yuuki Kodama, l’auteur de Kids on the slope parce que j’aime beaucoup ce dernier et la façon dont l’auteur met en scène les émotions de ses personnages, tout en finesse. Mais là encore, je n’ai lu que cette série, et pas tous les tomes. Difficile de juger un auteur sur une seule oeuvre…

Pourtant c’est une autre auteur, dont je n’ai lu qu’un manga, un one-shot, que j’ai décidé de sacrer reine du josei : Kyôko Okazaki.

Pourquoi elle ? Tout d’abord parce que son manga River’s edge m’a fait fort impression. C’est un de ses josei que les éditeurs français nous présentent comme un seinen. Et, à ne rien savoir, on y croirais car en effet ce récit s’adresse autant aux hommes qu’aux femmes. C’est avec beaucoup de justesse qu’elle y décrit le désarroi de l’adolescence. Et son dessin très stylisé est loin du canon du manga pour femme avec profusion de fleurs et yeux brillants. Kyôko Okazaki nous propose un manga asexué, si j’ose dire, car il n’y a, à mon sens, aucune exaspération de virilité ou de féminité, comme on peut trouver dans de nombreux titres. Elle propose un récit neutre, montrant des adolescents et leur mal-être. La neutralité du manga, illustre parfaitement les difficulté d’identification sexuelle qu’on peut éprouver à cet âge là. Bref c’est un manga, mature, intéressant, bien construit, loin des romances tragico-dramatique qu’on associe trop souvent au manga pour femmes.

Mais si j’ai choisit Kyôko Okazaki, ce n’est pas seulement parce que j’ai aimé son manga. C’est aussi parce qu’elle est l’une des fondatrices du josei. Il était donc tout naturel de lui réserver cette place d’honneur.

Comme pour la reine du shôjo, mon jugement à besoin d’être étoffé par de nouvelles lectures et je reviendrais sans doute plus tard sur cette auteur emblématique du manga pour femmes adultes.

Le yaoi :

petite rappel théorique pour néophyte (oui, j’y teins 😉 )

le yaoi est un sous-genre de shôjo qui met en scène des romances entre garçons. Il s’adresse donc, avant tout, à un public de femme et non à un public gay. Né du dojinshi (fanzine) le yaoi permet une plus grand liberté que le shôjo classique. Dans la société japonaise où la femme occupe encore un rôle social inférieur à l’homme, les récit mettant en scène des homme permettent aux jeunes filles de s’identifier à des personnages jouissant de plus de liberté qu’elle. De yaoi il y en a avec tous les thèmes possibles et imaginables : de la simple tranche de vie au récit fantastique, des nouvelles de quelques pages à peine à de longues séries… on trouve là encore du manga pour tout les goût. De même on trouve du yaoi très soft où les amants n’échanges guère plus que de doux baisés, au yaoi hard core faisant pâlir les les publics les plus avertis, du sexe ostentatoire, de la violence, du trash… Là encore en en trouve pour tous les degrés de perversion.

La reine du yaoi :

Qui sacrer reine du yaoi ? mmm… difficile à dire… Contrairement aux autres catégories, j’ai lu pas mal de titres. Le problème c’est que une très grande majorité des titres que j’ai lu, ce sont des scans, traduits par des fan et lu sans prêter attention ni à leur titre ni à leur auteur. Une bonne majorité de ses titres m’ont d’ailleurs marqué au point qu’il m’est arrivé de relire plusieurs fois les même sans m’en rendre compte de suite. C’est dire à quel point les yaoi en question étaient remarquables… Mes lectures “officielle”, j’entends par la de manga papier publié en France, sont peut nombreuses.

Par ailleurs je ne sais pas répondre à la question “c’est quoi un bon yaoi?” Question incontournable pour savoir qui fait les meilleurs yaoi. Je ne sais pas pourquoi j’aime le yaoi, qu’est-ce que j’y trouve qui me manque ailleurs.

Ce serais trop compliqué et trop long de tenter de répondre à ces questions aujourd’hui (d’autant que ce n’est pas le propos ici). Donc, faisant fi de ces questions fondamentales, je vais tenter de designer une reine du yaoi, peut-être pas parce qu’elle est fait les meilleurs yaoi, mais parce qu’elle fait quelque chose de différent, d’original, à la croisé des chemin.

En effet j’aime lire du yaoi classique, j’en bouffe des tonnes mais c’est un peut comme si je mangeais des chips. Je prends plaisir mais c’est pas pour autant que cela figurerais dans la liste de mes plats préférés. Le yaoi c’est un peu mon fast-food du manga, j’y vais pas pour manger gastronomique, mais j’adore ça.

Mais ici j’avais envie de faire ressortir des auteurs qui n’épousent pas parfaitement les canon du type de manga qu’elle représentent mais plutôt des auteurs qui s’en affranchissent et qui proposent des œuvres originales et s’adressant à un public plus large que leur cible de départ. C’est pourquoi j’ai choisit pour le yaoi deux auteurs très particulière. J’en ai choisi deux car, pour l’une d’entre-elle, les yaoi qu’elle a écris ne sont pas publié en France. Commençons par cette dernière : Basso.

Ah! je vous avez dit que j’allais tricher !

Certains se demandent peut-être pourquoi je parle de tricher… Et ben pour ceux qui ne connaîtrait pas Basso, il s’agit en réalité du nom de plume qu’utilise une mangaka que j’aime beaucoup pour écrire des yaoi. Basso n’est autre que Ono Natsume, dont 3 seinen ont été publiés en France par Kana : Goyô, Gente et Ristorante Paradiso.

Mais Ono Natsume écrit aussi du yaoi. Et oui, beaucoup de mangaka passent par là pour se faire connaitre. Et si j’aime les yaoi de Basso c’est parce qu’on y retrouve la même ambiance que dans ces seinen. La seule chose qui change c’est le fait qu’il y ai des hommes qui s’aiment (ou qui couchent ensemble).

Moi j’aime Ono Natsume et toutes les occasions sont bonnes pour parler d’elle ! Si on m’avait demandais qui étaient les meilleurs mangaka de seinen, je l’aurais cité également. Curieusement, elle n’a pas eu beaucoup de succès en France et j’ai bien peur que ces yaoi ne voit jamais le jour en version française. Pour les polyglotte, sachez que certains de ses manga sont disponibles en anglais (voir Natsume Ono/ Basso – Editions étrangères chez a-yin). Sinon il y a les scans…. (mais chut ! j’ai rien dit !).

Gan sfortunatoLes yaoi de Basso sont donc assez loin de stéréotype graphique du genre. Son dessin est très particulier. Quant aux récits, ils sont assez contemplatifs, du moins une large majorité de ceux que j’ai lu. Ce sont des brefs instantanés dans le quotidien de ses personnages, parfois avec des notes d’inattendu parfois, simple routine. On observe ses hommes boire leur café, rencontrer le voisin, échanger des regards (ou plus, cela dépends des récits). En cela la structure de ses boys-love est très “yaoi” au sens premier du terme. Yaoi est l’anagramme de “YamA nashi, Ochi nashi, Imi nashi” qui signifie “pas de climax [dans la narration], pas de chute [au récit], pas de sens [à l’histoire]”. Et le yaoi de Basso c’est tout à fait ça. Il ne se passe rien, elle ne nous raconte rien. Je trouve donc qu’elle mérite tout à fait un place sur ce podium puisque elle propose des yaoi qui épousent les codes du genre tout en affichant une ambiance et un dessin original rappelant l’univers du seinen/josei tranche de vie plus sérieux.

Comme les yaoi de Basso ne sont pas disponibles en France je vais désigner une autre mangaka dont le style est d’ailleurs proche de celui de Basso : est em. Tout comme Basso, est em propose des yaoi à la fois très ancré dans la tradition du dojinshi avec des histoires qui ne racontent pas forcement quelques chose, des récits assez décousus où il plus à voir qu’à comprendre. Et, comme Basso encore, est em a un dessin très particulier et original, qui se distingue de la production de masse. Ses récits mettent également l’accent sur l’ambiance, plus que sur la trame.

Je pense que si l’on aime le travaille de l’une, on appréciera le travaille de l’autre.

Actuellement un seul de ses manga est disponible en France : Tango, publié par les Editions H. Il y a toujours les éditions étrangères ou le scan… (voir est em – les Editions étrangères chez a-yin)

Pour le yuri, je ne désignerais aucune reine puisque je n’ai lu en tout et pour tout qu’un seul manga (Candy). Je veux bien tricher un peu, mais il y a des limites 🙂

Nous en arrivons donc à la fin de cet article qui décernait la couronne de la meilleurs mangaka dans les différentes catégories de manga pour femme.

Le bonus

La fin ? Non, pas encore !! Avant de vous quitter, je vais vous parler d’une dernière mangaka : Kiriko Nananan.

Je lui décerne une mention spécial pour son travail très original, son dessin délicat et son cadrage unique. Cependant le contenu de ses récits, que ce soit des  seinen ou des josei, trop accès sur l’introspection et les tourments sentimentaux, ne me touchent pas particulièrement.

Mais tout de même ! On ne peut pas parler des meilleurs mangaka de shôjo sans citer Kiriko Nananan !

Parmi ses manga publié en France, j’ai lu Blue (un seinen) et Fragments d’amour (recueil regroupant des récit paru dans différentes revues).

Voilà ! C’est la fin !

Sore jaa mata !

-_-_-_-_-_-_-

La semaine shôjo chez mes camarades :

 

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Concours : Manga 10 000 images Le Yaoi

Pour fêter la Saint Valentin je vous propose un concours !!

Non… rien à voir avec la Saint Valentin :p

Aujourd’hui cela fait tout simplement 3 mois jours pour jours que j’ai publié l’article Homosexualité et manga : le Yaoi, manga 10 000 images. Et, depuis sa parution, l’article se trouve en tête des articles ayant reçu le plus de visite sur le blog !

De là à savoir si tout ceux qui ont visité la page, ont vraiment lu l’article ou pas… impossible. Mais peu importe. Aujourd’hui je vous propose de fêter ça en tentant de gagner un exemplaire du premier numéro de Manga 10 000 Images !

ça vous tente ?

Comment participer ? Rien de plus simple : il vous suffit de laisser un petit commentaire à cet article avant le 28 février à minuit. Un tirage au sort déterminera le gagnant.

Vous pouvez aussi aimer la page facebook ou la page Google +

Mais ça ne vous donnera aucun point supplémentaire ! 🙂

Seulement le plaisir de suivre les actualité du blog, partager des photos, musiques et autres futilités du genre 🙂

Alors, si vous n’avez pas encore eu l’occasion de lire le numéro un de Manga 10 000 images : Homosexualité et Manga : le Yaoi, foncez lire mon article et, si après ça vous avez toujours envie de lire le magazine, tenté votre chance en laissant un petit commentaire 😉

Bonne chance à tous rendez-vous le 1er mars pour découvrir le nom du gagnant !

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Le gagnant :

C’est en cette froide et belle matinée du 1er mars que la petite main de Mimiko a choisit le petit bout de papier ou figuré le nom du gagnant.

Félicitation à Choco qui remporte ce petit concours.

Merci à tous d’avoir participé et à bientôt pour d’autres aventures livresques.

Homosexualité et manga : le yaoi, manga 10 000 images

Ce n’est pas du yaoi en tant que genre de manga que je vais vous parler (ça va venir, un de ces jour j’y consacrerais sans doute un billet). Mais aujourd’hui c’est sur numéro 1 de la revue Manga 10 000 images que je vais me pencher. Et il se trouve que ce premier numéro est consacré au yaoi, type de manga en pleine expansion ces derniers temps.

La première publication de se numéro date de 2008. A l’époque le genre était encore très peu connu du publique français en dehors des cercles fermé de fan et la revue se proposait de nous le faire découvrir. Depuis, le boys-love à connu une très grande croissance de son marché avec des nouveaux éditeurs et de plus en plus de titres proposée. La revue à été récemment réédité et mise à jour pour mieux coller aux nouvelles données du marché francophone. Oui, mais voilà ! Moi j’ai appris la réédition de ce numéro une semaine après avoir commandé mon exemplaire (T_T) C’est donc de la première version que je parlerais dans les paragraphes qui suivent.

Alors, que nous propose cette revue ?

Voici la table de matière :

Une petite histoire du yaoi

Les éditeurs de boys love

Entretien avec Hisako Miyoshi

Le yaoi en francophonie

Les produits dérivés

Fiches des auteurs

Pourquoi les filles aiment-elle le yoai ?

Le coin des chroniques

Ces manga qui se servent du yaoi pour doper leur ventes

Le yaoi est-il gay ?

Entretien avec Benita

Manga : Une fleur sauvage

Et c’est intéressant ?

Et bien, dans son ensemble j’ai trouvé que les différents auteurs de ces articles ont fait du bon travail. C’est bien écrit, bien documenté, plutôt approfondi… ça nous change de certaines revues aux articles bâcle… Bon, faut dire qu’on n’est pas du tout dans le même genre de produit que les revues auxquels je lance un petit clin d’œil perfide. Le travail n’est pas le même et la cible non plus, d’ailleurs. On n’a pas ici une revue de news et de divertissement mais plutôt dans une revue sérieuse qui veut faire des articles de fond sur le manga, comme nous l’annonce Hervé Brient sans son éditorial :

Manga 10 000 images est donc une collection à thème, en quelque sorte une revue d’étude sur la bande dessinée japonaise.

Et ça tombe bien, c’est justement ce que je recherchait !

Revenons un peu plus en détails sur le contenu. Si l’ensemble du travail est fait avec sérieux, je n’ai pas lu tous les articles avec le même intérêt.

L’introduction historique n’est pas mal du tout, on y découvre comment sont né les premier shônen-aï dans les revues de shôjo, puis l’apparition du yaoi dans le milieu du dôjin avant que celui-ci ne se mute en Boys love après avoir été récupéré par la presse officielle, ces deux milieux coexistant plus ou moins pacifiquement selon les époques.

Le deuxième article, qui fait un tour d’horizon des principaux mangashi  spécialisé dans le Boys love, je l’ai trouvé moins passionnant. Disons que cela peut-être intéressant pour un spécialiste, mais moi qui ne m’intéresse pas plus que ça au marché éditorial nippon, j’ai trouvé cette partie assez rébarbative.

Sans intérêt, en revanche, c’est ainsi que je qualifierais l’entretien avec Hisako Miyoshi, vice-rédactrice en chef de la section manga chez Libre Pushing, qui n’apporte aucune information intéressante. A la décharge de Hisako Miyoshi et de Hadrien de Bats qui a réalisé cet entretien, j’éprouve exactement le même sentiment d’absolue inutilité en lisant la grande majorité d’interviews réalisé sur des personnalité japonaise. J’ai l’impression que pour celle-ci l’exercice de l’interview se résume à dire quelques futilité en public. Bref, la seule chose que j’ai retenu de cet entretien, c’est que Mme Hisako Miyoshi ne s’est jamais intéressée au Boys love avant de commencer ce travail… pour moi ça veut tout dire.

J’ai retrouvé mon enthousiasme en lisant « Le yoai en francophonie ». L’article est intéressant, mais c’est surtout ici que j’ai regretté de ne pas avoir la dernière réédition ! Car depuis 2008 le marché francophone du yaoi a énormément changé. Si en 2008 très peu d’éditeurs francophone publient du BL, aujourd’hui nous avons des éditeurs entièrement spécialisé dans cette branche. Alors qu’en 2008 on pouvait conter les titres yaoi sur les doigt de la main, maintenant de nouveaux titres sortent chaque mois chez plusieurs éditeurs. S’il est intéressant de voir comment le Boys Love est arrivé en France et quels sont les éditeurs à en avoir initié le mouvement. Cet article est malheureusement trop daté pour donner une idée de ce que peut-être le marché actuel du yaoi en francophonie.

L’article suivant, « Les produits dérivé », je ne l’ai pas trouvé très passionnant. Et surtout peu inscrit dans la thématique puisque s’il existe des produits dérivé du Boys love, ce phénomène touche le manga en général, du coup, j’ai pas tellement pigé ce que cela venait faire ici.

S’en suivent quelques « Fiches auteurs » qui elle ont ravivé ma curiosité. Si je connaissais certaines d’entre elles, surtout de nom, cela est toujours intéressant d’en apprendre un peu plus sur les auteurs et d’avoir leur bibliographie. Là encore je regrette la vieille éditions car depuis certaines œuvres citées ont connu une traduction en français, mais je ne les ai pas toutes en mémoire.

On a Moto Hagio qui a récemment été publié en français avec Le cœur de Thomas (shônen-aï qu’on nous présente ici des l’introduction sur l’histoire du yaoi) et une Anthologie.

Suit You Higuri, également publié en France. Je ne suis pas sûre d’avoir déjà lu un de ses manga, mais j’ai bien envie de tenter son Ludwig II.

On nous parle ensuite de Setona Mizushiro dont j’ai lu Le Jeu du chat et de la souris, manga qui m’a franchement laissé indifférente. Cliché, classique,bref, rien de très extraordinaire dans ce titre. Et pourtant il a l’air d’avoir fait son petit effet sur un public non yaoiphile. Mystère… En revanche le petit encart qui est fait sur son shôjo L’infirmerie après les cours, me donne envie de l’essayer.

On nous parle ensuite de Yuki Shimizu (Ze, Love Mode), Yôka Nitta connue entre autre pour sa série Haru no daite ita, Kaoru Uchida, Hyôta Fujiyama et Shushushu Sakurai, que je ne connais pas encore (du moins j’ai pas retenu leur nom). Et pour finir Shiho Sugiura et Ayano Yamane que je connais surtout à travers l’adaptation anime de certains de leurs manga : Koori no mamono no monogatari Gaiden pour Sugiura et Viewfinder pour Yamane.

Après cet apparté du côté des auteurs, l’article que j’ai le plus aimé : « Pourquoi les filles aiment-elle le yaoi ? ». J’ai trouvé cet article très bien fait et très pertinent. D’ailleurs, j’y ai trouvé des réponse à la question que je me posait moi-même depuis très longtemps (depuis que j’ai commencé à lire du yaoi en fait) : pourquoi est-ce que j’aime ça ? La question a été déjà posé ici et là, et sans m »être attardé trop longtemps sur les réponses, j’en trouvait aucune qui me convienne. Namtrac apporte ici quelques réponses qui me semblent intéressante tant d’un point de vue sociologique que psychologique et je trouve cela bien plus convaincant que les quelques « c’est pour la beauté du dessin » ou « la complexité du scénario » que j’ai pu voir ici et là.

Ainsi, qu’elles suivent le récit en spectatrices ou qu’elle s’identifient aux héros (parce que les émotions n’ont pas de sexe et sont universelles), les lectrices peuvent laisser libre cours à leur désirs sans se soucier du réel, des problèmes de grossesse, de contraception, voire de ne « plus être bonne à marier » pour les lectrices japonaises. Pour elles, l’amour entre deux hommes signifie pas de mariage, pas d’enfants, pas de contraintes physiques, morales ou sociales, que du sexe pour le sexe, l’amour pour l’amour, en somme la liberté.

L’auteur s’attarde aussi sur les différents type de yaoi et la perception différente que peuvent avoir les lectrices japonaises où occidentales puisque dans nos deux cultures le sexe est perçu différemment.

Ce qui m’a plus à la lecture de cet articles, c’est de mieux comprendre mes propres penchants, de pouvoir mettre des mots sur ce que je ressentais sans savoir comment l’exprimer.

Si les lectrices de yaoi ont un problème, notamment les plus âgées, c’est bien plutôt avec l’image qu’on leur renvoie d’elles dans le shôjo, avec les rôles qu’on veut leur faire endosser (ou qu’elles croient qu’on veut leur faire endosse, interprétant les actions et les comportements des héroïnes à l’aune de leur propre insécurité et de leur propre obsession). Passives, obnubilées par l’amour du héros, ne se préoccupant pas de carrière professionnelle, incapable de prendre une décision seule… ces héroïnes de shôjo provoquent un rejet viscéral de la part de certaines lectrices, par trop forte empathie peut-être.

Mais c’est tout moi ça ! Comme j’ai pu bondir de rage en voyant dans certains shôjo (surtout dans le genre romance life-school) les héroïnes déclarer leur amour en… préparant de bon petit plat pour l’élu de leur cœur ! P*** au est au XXI siècle ! T’as faim ? T’as qu’à t’faire à bouffer ! Et tant que t’y est, cuisine aussi pour moi ! Non, mais…

Bon, ok, ma réaction excessive à des relents de féminisme démodé et tous les shôjo ne sont pas comme ça… Mais j’assume pleinement mon féminisme démodé et voire, dans une BD destiné aux futur générations, de jeunes collégiennes ne s’inquiéter que du bento qu’elle prépareront à leur amoureux me déprime carrément !

Au même temps, ça existe aussi dans certains BL où le uke est tellement féminisé qu’il n’est guère différent d’une femme (si se n’est pas son tour de poitrine) et y occupent la même niche sociale… ça me révolte aussi !

Au delà de cette réaction « viscéral » que provoque en moi certains stéréotype sur la féminité, le yaoi incarne surtout un fantasme :

Une âme féminine dans le corps masculin, un être idéal dans tous les sens du terme, fantasmé, parfait, sublimé. Un idéal auquel elles aspirent peut-être inconsciemment. Être femme dans un corps d’homme, retrouver une époque sans barrières, ce temps béni de l’enfance où la différence des sexes n’existe pas encore.

Bref, à chacun ses raison d’aimer ou pas le yaoi. Mais en ce qui me concerne, je trouve l’analyse de Namtrac très juste.

Après cet introspection, c’est au tours de quelques manga de faire la une, on nous présente 12 titres ayant connu une traduction française avant 2008. Depuis de nombreux yaoi ont été traduit. Ici on trouve Zetsuai 1989, New york New York, Fake, Kizuna, Ludwig II, Gravitation, Love Me Tender, Loveless, Princess Princess, Le Jeu du chat et de la souris, Color, Guaken Heaven.  Techniquement parlant, tous ces titres ne sont pas des Boys love mais tous s’en approchent par certains aspects.

Suit un article sur « Ces manga qui se servent du yaoi pour doper leur ventes ». La lecture de ce dernier m’a plutôt amusé car, faut le dire, je commençait sérieusement à me dire que j’avais un esprit bien tordu pour voir du BL partout. Finalement, après avoir lu cet article, je me dit que je suis loin d’être la seule et que bien souvent c’est voulu par l’éditeur lui-même.

L’article suivant tente d’expliquer en quoi le yaoi n’est pas un manga gay et nous parle de la critique faite au yaoi par des artistes gay. Un article intéressant qui reprends certains point déjà vu précédemment pour donner un nouveau éclairage sur ce phénomène. Dommage qu’on n’ai pas plus d’information sur le manga gay. La réédition remédie à cette lacune puisque un article y est dédié au bara, le manga gay.

Un petit glossaire et, pour finir en beauté, une nouvelle yaoi inéditte de Benita.

Finir en beauté… enfin… histoire de parler. Parce que moi cette nouvelle, je l’ai trouvé vraiment à ch***. Franchement ! Et ça gâche un peu tout le propos du magazine. On nous dit combien que le yaoi est riche et ceci et cela… et au final on nous sort une nouvelle où rien n’est digne d’intérêt. Pas d’histoire, pas de personnages, pas même un dessin qui vaille le coup. Une fleur sauvage n’a rien pour plaire.  Remarquez, elle colle parfaitement à la définition première du terme yaoi :

acronyme de « YamA nashi, Ochi nashi, Imi nashi », ce qui signifierait « pas de climax [dans la narration], pas de chute [au récit], pas de sens [à l’histoire] »

Si cette petite BD offerte en bonus ne m’a pas du tout plu, j’ai trouvé la lecture du magazine plaisante et très intéressante. Un investissement que je ne regrette pas.

Pour voir le sommaire de la nouvelle édition c’est ici => Le Yaoi

Malheureusement ils ont gardé la même nouvelles en bonus… mais des nouveaux articles viennent compléter le sommaire de la première édition.

Pour lire un extrait, cliquez ICI

Vous pouvez retrouver toutes les définitions des termes techniques dans le Lexique