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J’ai été très surprise de trouver Links de Natsuki Kizu à la bibliothèque. C’est la première fois que j’y trouve un yaoi.

Je trouve la couverture de Links très belle et j’aime le style graphique de l’auteur. En revanche, je trouve que le scénario est très confus. J’avais même du mal à savoir s’il s’agissait ou non des mêmes personnages d’un chapitre à l’autre. Faut dire que je ne retiens pas les nom, mais… graphiquement il y a des personnages qui se ressemble au point que je n’arrivais pas à le distinguer les uns des autres. Le même personnage porte des lunettes puis n’en porte plus, est-ce bien le même ? Mais il n’avais pas un tatouage il y a quelques pages … Le même couple semble se rencontrer dans des circonstances différentes. Une histoire alternative ? Une autre histoire ? J’avoue ne pas avoir capté grand chose. Le terme de yaoi colle parfaitement à ce manga (pas de climax, pas de chute, pas de sens). Ce n’est qu’à la lecture (à posteriori) de la quatrième de couverture que je me suis rendu compte qu’on nous parle de 4 couples différents. Moi je n’en ai vu que deux, du coup je comprenais rien…

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Bon ok, j’aurais pu prendre la peine de lire toutes les petites écritures…. mais avouez quand même que d’un coup d’œil les 3 couples se ressemblent beaucoup, même coupe, même couleur de cheveux… et un peu le même caractère aussi. Et puis c’est fiche de présentation des couples on ne les découvre qu’à la fin de l’album. Du coup ben… ça m’a pas aidé à suivre ^^’

Malgré cette confusion dans le scénario Natsuki Kizu rend une ambiance pensante et nostalgique assez frappante. Quand j’ai terminé le volume j’avais carrément le vague à l’âme.

Une lecture plaisante, un beau dessin mais peut-être un peu trop uniforme pour la lectrice distraite que je suis ^^’

C’est romantique et explicite mais très soft, pour tous types de fujoshi 😉

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[Semaine shôjo] quel est le shôjo qui a eu le plus d’impact dans ta vie et pourquoi ?

C’est avec un très grand plaisir que je remets le couvert pour une nouvelle semaine shôjo organisé par le Club Shôjo.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore la semaine shôjo, je vous renvoie à mon article de présentation.

Cette année la question qui nous est imposée est :

quel est le shôjo qui a eu le plus d’impact dans ta vie et pourquoi ?

La question est assez difficile parce que la première réponse qui me vient à l’esprit c’est  : aucun ! Je n’ai pas lu beaucoup de shôjo, josei ou yaoi et aucun ne m’a laisse une impression assez forte pour avoir un impact dans ma vie. Certain m’ont amusé, d’autres mon marqué par la force de leur récit, d’autres m’ont fait pleurer… Mais tout cela n’a eu aucun impact sur le cour de ma vie.

Couverture L'infirmerie après les cours, tome 01J’ai pensé alors présenter un titre qui, sans avoir changé ma vie, est entré en résonance avec mes émotions de façon étonnante et inattendue de ma part. Je pense à L’infirmerie après les cours.

La première fois que j’ai entendu ce titre j’ai pensé à un truc chelou (vous voyez ce que je veux dire ?). Puis j’ai lu quelques manga de Setona Mizushiro, je n’étais pas complètement convaincue. Mais le titre l’infirmerie après les cours m’était fortement conseillé. Alors, le jour où je suis tombé sur les premiers tomes d’occasion j’en ai profité pour voir de me propres yeux. Et j’ai pas été déçue ! J’ai d’ailleurs cherché la suite et lu la série dans son intégralité (et j’ai adoré la fin !). C’est sans doute le meilleur manga de l’auteur qui m’ai été donné de lire. Du moins celui qui parle le plus.

Le thème de l’identité sexuelle, avec des personnages qui changent de sexe, n’est pas nouveau. Il existe plusieurs autres titres et j’en avais lu quelques uns. C’est un sujet qui me touche particulièrement, depuis toujours. Je me souviens encore de mon premier voyage en France, j’avais 12 ans et je découvrais le club Dorothée. J’avais beau rien comprendre (mon français était très approximatif), j’avais été fasciné par Ramna 1/2. Je voulais être comme lui/elle. Pouvoir changer de sexe d’un simple jet d’eau. Ce sentiment ne m’a jamais quitté, même en grandissant, je gardais en moi cette idée, comme une sorte d’idéal inatteignable. Il y en a qui rêvent d’immortalité moi je rêvais d’hermaphrodisme. Je voulais devenir un escargot, quoi 😀

J’avais beau avoir plus de 30 ans quand j’ai découvert L’infirmerie après les cours, sa thématique très centrée sur les problèmes existentiels de l’adolescence (l’identité sexuelle mais pas seulement) est tout de suite entré en résonance avec mon enfant intérieur. C’est ça ! C’est exactement ça, me suis-je dit en le lisant.

Je ne peux pourtant pas dire que la bd a eu un impact sur ma vie, il arrivait 20 ans trop tard pour cela. Mais, je pense que si je l’avais lu à l’époque cela m’aurait mis une sacrée claque et que son impact sur moi aurait pu être plus important. Enfin, c’est difficile de dire ça maintenant. Mais c’est vrai que les questions soulevées par ce manga me torturaient pas mal l’esprit quand j’étais ado et je ne me souviens pas avoir lu quoi que ce soit à l’époque qui en parlait. Du coup je ne trouvais aucune réponse nulle part et je me disais que j’étais vraiment bizarre. Finalement ce manga aura quand même eu un effet : celui de me conforter dans l’idée (beaucoup trop tard) que je ne suis pas si bizarre que ça et que de nombreux autres ados se sont posés les mêmes questions que moi.

Kuma to interi - Basso: Après avoir longuement réfléchi à la question que le club shôjo nous pose, une autre réponse c’est finalement offerte à moi. Ce n’est pas UN manga en particulier qui a eu un impact sur moi, mais un genre : le yaoi.

Bon, c’est un peu difficile d’en parler ouvertement ici, c’est quand même très intime. Il m’a fallu un an pour faire mon coming-out et oser dire ouvertement que je lisais du yaoi. Je me sentais mal. Sans doute ma bonne éducation catholique. J’avais l’impression de cacher un honteux secret et comme je suis incapable de mentir, même par omission, j’étais vraiment mal à l’aise, surtout vis à vis de Chéri. Je ne tenais plus. Un jour j’ai décidé de tout lui avouer. « Faut que je te parle ». Je vous assure que j’avais vraiment la trouille, quand je parle de coming-out, je n’exagère pas. J’étais très nerveuse mais j’ai tout déballé. Là, Chéri me regarde avec de gros yeux ronds et puis il explose de rire. J’en était sûr, qu’il me dit… Mon visage s’est aussitôt embrasé ! J’avais l’air bien bête avec mon gros stress de sainte ni touche… Ah ! Je vous jure. Une vraie gamine.

Après ça, je me suis sentie bien mieux. Je n’avais plus honte, j’ai timidement été regarder des forums et je me suis rendue compte qu’il y avais beaucoup de filles comme moi. Je n’étais pas tordue, ni spécialement perverse, enfin pas plus que tout un tas d’autres fan de yaoi XD  Là oui, ma vie à changé ! Pas tellement dans les faits, mais dans ma tête. Je me suis sentie plus sereine, plus normale. Plus détendue.

Dans le yaoi, comme dans le titre précédemment cité, je trouvais aussi un écho à mes interrogations concernant l’identité sexuelle. Ce n’est pas seulement l’aspect érotique du manga qui me plait, mais celui de pouvoir m’identifier à un personnage masculin (ou faussement masculin devrais-je dire), une projection qui donne plus de liberté. Je ne peux pas m’identifier aux héroïnes fleur bleu des shôjo romantique, ce qu’elle renvoient est une position de la femme à laquelle je n’adhère pas, mais si l’héroïne romantique est un garçon alors ça change tout, je peux laisser libre cours à mon romantisme sans pour autant avoir l’impression de trahir un idéal féministe. Enfin, je sais pas si je m’explique bien, mais vous avez compris l’idée.

Finalement aujourd’hui je lis très peu de yaoi. Pas le temps, pas forcement l’envie non plus, trop de titre qui se ressemblent aussi peut-être. Et puis surtout j’ai grandi, j’ai vieilli, je suis passé à autre chose. Mais je sais que le yoai en général et quelques auteurs en particuliers (Basso et Est Em pour n’en citer que deux) ont eu un grand impact sur une période précise de ma vie et que ces lectures ont sans doute contribué à ce que je suis maintenant. Pas tant par ce qu’elles racontent mais par ce qu’elles ne racontent pas, par ce qu’elles représentent. Une certaine forme de liberté et aussi de libération.

Bon maintenant je vais me cacher dans un trou parce que je me sens un peu embarassée de vous avoir raconté tout ça !

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Le mot de Yomu-chan 

Alors, moi aussi je me sens un peu désemparée face à cette question : Quel est le shojo qui a eu le plus d’impact sur ma vie ? Ce genre de question me pose toujours problème parce que je lis beaucoup, et beaucoup de choses différentes. Et si évidemment par mes lectures j’apprend des choses sur la vie et que je me fabrique en partie avec ces choses, je ne suis pas forcément capable de me rappeler où et quand j’ai lu ça. Je confond mes lectures, associe deux histoires, deux personnages, et finalement je me réapproprie tout ça et suis assez incapable de vous dire qui, quoi, où, quand et comment.  En plus je suis très nulle pour me souvenir des titres et c’est d’autant plus vrai quand ces titres sont en japonais (ce qui est ici le cas parce que beaucoup des shojos que j’ai lu étaient des scans).

Mais commençons d’abord par dire que le shojo en lui-même (sans citer de titre en particulier) a eu un vrai impact sur ma vie. D’abord parce que j’ai fais mes premiers pas dans l’univers du manga avec Naruto et que j’ai continué sur ma lancer avec des shonen plus BOUYASHACA BASTON SUPER LASER DE LA MOOOOOORT BLLLAAAA BOOOUM PAAAF et que je partageais ces lectures (et visionnages surtout) avec mon tonton, avec un de mes copain et… c’était tout ! Du coup je me construisait sur un modèle plutôt masculin (et ma maman en pleine quête identitaire ne m’était pas ici d’un grand secours). La découverte du shojo (d’abord pas du tout assumée parce que LOL MDR LES FILLES C’EST DES TAPETTE JE SUIS PAS COMME CA BERK) m’a finalement permis de m’identifier à un autre modèle, à vivre des histoires cul cul la praline et à me rendre compte que j’aimais bien ça. C’est donc avec la lecture de shojo (ah c’est marrant, si le shonen j’ai plus l’habitude de les regarder en dessin animé, les shojo je préfère les lire) pris conscience d’une autre facette de ma personnalité. En fait, quand j’y pense ma découverte des mangas avec les shonen c’est faite dans l’enfance vers mes 8/9 ans, celle des shojo correspond plus à mon adolescence (je devais être au collège). Et finalement, même si je n’ai jamais vraiment délaissé le shonen (d’ailleurs je lis beaucoup plus de shojo mais mes mangas préférés sont des shonen : FMA EN FORCE), en grandissant encore un peu je me suis lassée des shojo. Parce que, comme Bidib l’a dit, la représentation des femmes véhiculée dans la majorité de ces mangas ne correspond pas à ma vision des choses. Donc si le shojo m’a en partie appris à être une fille, il m’a aussi poussé au questionnement sur ma condition de femme.

Oulah cette rétrospective sur ma lecture shojotesque s’avère bien plus pertinente que ce que je pensais.

Bon il s’agit maintenant de faire un effort et de chercher à vous donner des titres significatifs qui m’ont marqué dans la viiiiie. Alooooors j’actionne mes neurones….

Mmh ! Je suis obligée de vous parler de Fruits Basket. Alors en terme philosophique et sociologique je n’arrive pas à trouver grand chose d’intéressant à dire. Mais c’est un des premiers shojo que je me suis mise à suivre activement (j’ai toute la série sur mon étagère *-*) et puis sans savoir vraiment l’expliquer c’est un titre qui m’a marqué. Là je ne sais pas si ça illustre mes précédents propos sur mon identité féminine, je pense plus que ça relève d’un talent narratif, de mon attachement aux personnages et à l’univers proposé… Je suis désolé j’ai du mal à intellectualiser mon amour pour ce manga.

Par contre il y a deux autres titres que j’aimerais évoquer avec vous : il s’agit de Switch Girl et de No longer heroïne. Si j’aurais beaucoup de choses à reprocher à certains choix narratif, ces deux mangas m’ont tout de même marqué parce qu’ils sont, je pense, les représentant d’un nouveaux mouvement que je trouve louable. Ils ont le mérite de proposer des héroïnes très filles, avec des préoccupations (certes encore un peu stéréotypées) très féminines mais qui ne les empêche pas d’être… DES ÊTRES HUMAINS ! Elles pètent, elles rotent, elles s’épilent, etc. Et surtout elles conservent une forme de naïveté fleur bleu mais sont capables de mesquineries, de se mettre en colère, de faire de l’humour… Elles restent séduisantes (parce qu’elles trouvent toute les deux un petit ami) mais elles ne sont pas cloîtrées dans un usage limité de l’espace, elles ne sont pas contrainte de se cacher pour éternuer, elles font du bruits en public et enfin elles sont nous quoi. Bref vous avez compris, il y a à travers ces deux personnages une modernisation de la lycéenne et ça fait du bien. C’est encore un peu grotesque mais en même temps c’est léger et ça permet d’offrir à de jeunes lectrices une nouvelle représentation du monde (qui ne les empêche pas de vivre une histoire d’amour).


La semaine shôjo sur les blog partenaire :

Et enfin sur le Club Shôjo :

Événement interblog : Le shôjo qui a eu le plus d’impact dans ta vie


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La semaine Shôjo 2017

Semaine du shojo 2017 - club shojo

Chaque année le Club Shôjo, blog collectif entièrement dédié au manga féminin (shôjo, josei, yaoi, yuri) propose au mois d’avril la semaine shôjo. Durant cette semaine le club shôjo propose chaque jour un nouvel article pour vous faire découvrir ou redécouvrir l’univers du manga féminin, articles, jeu, quizz, il y en a pour tout les goût.

retrouvez le programme complet ici : La semaine du shôjo 2017 : le programme

En plus de leurs animations, le Club Shôjo organise un événement interblog auquel j’ai la chance de participer depuis 2013. Chaque année l’équipe du Club shôjo invite les blog partenaire de l’événement à répondre à une question imposé. Cette année le sujet est :

Quel shôjo (yaoi ou josei) a eu le plus d’impact dans ta vie et pourquoi ? 

Tout le monde est invité à répondre sur le forum du club shôjo, n’hésitez pas à y laisser vos commentaires 🙂

Pour ma part je dois encore réfléchir. Le sujet n’est pas si facile !

Les blog partenaires :

La semaine shôjo sur Ma petite Médiathèque

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Le cœur de Thomas

Le cœur de Thomas est une des œuvres fondatrices du boys-love, que nous appelons en France yaoi. Si on veut être pointilleux il s’agit d’un shonen-ai, autrement dit un récit mettant en scène des histoire d’amour entre jeunes éphèbes en tout pudeur. Dans le shonen- ai, les relations amoureuses y sont très chastes voir platonique.

Ce manga de Moto Hagio date de 1974/75 (France chez Kazé Manga en 2012). Avec Poe no ichizoku (même auteur, même époque) et Kaze To Ki No Uta de Keiko Takemiya il est considéré comme l’une des œuvres fondatrice de ce nouveau genre qui voit le jour dans les années 70. Le shonen-ai permet alors aux auteurs d’exprimer ce qui ne peut-être dit dans le shôjo classique où subsiste encore un certain tabou. En utilisant des personnages masculin pour leurs histoires, les auteurs bénéficient d’une plus grand liberté expression notamment du point de vue de la sexualité (pour en savoir plus sur le yaoi lire Manga 10 000 images – Homosexualité et manga : le yaoi). Les magazines spécialisé n’existent pas encore (le premier, June, verra le jour en 1981) Le cœur de Thomas parait dans le magazine Shôjo Comic. Voici pour ce qui est du contexte, passons dans le vif du sujet.

couverture japonaise

Je t’aime, moi non plus. Tout un mélodrame :

L’histoire commence avec le suicide de Thomas, un jeune garçon étudiant dans un pensionnat pour garçon quelque part en Allemagne vers la fin du XIX siècle.

En six moi, j’ai beaucoup réfléchi. A ma vie, à ma mort. A un amis aussi.

Je ne suis qu’un enfant un peu plus mûr que les autres, je le sais. Et je sais bien que cet amour d’enfance va se heurter à quelque chose d’inconnu, quelque chose qui n’a pas de sexe, invisible.

Non, ce n’est pas un simple pari. Et ce n’est pas mon sentiment pour lui qui est en jeu. Mais je ferais en sorte que lui ne puisse faire autrement que m’aimer. Forcément.

Pour le moment il ne vit pas, ou à peine. Et si, pour lui donner la vie, je dois détruire mon corps, cela m’est totalement égal.

L’homme meurt deux fois, dit-on. La première quand son corps meurt, la seconde quand ses amis l’ont oublié.

Moi, je n’aurais pas cette deuxième mort. Il ne m’oubliera jamais, même après sa propre mort. Je vivrais éternellement. Dans ses yeux.

Thomas est mort durant les vacances. De retour au pensionnat tout le monde ne parle que de ça. Un terrible accident dit-on. Pourtant Juli trouve sur le bureau de sa chambre une lettre, la dernière que Thomas lui ai envoyé, son « testament ». Cette lettre va profondément bouleverser Juli, un garçon sérieux et tourmenté. Son camarade de chambre tente en vain de le réconforter.

Les choses s’aggravent lors que Eric arrive au pensionnat. Ce nouvel élève turbulent (et entretenant une relation fusionnelle assez malsaine avec sa mère) ressemble étonnamment au jeune Thomas. Tous sont troublés par cette ressemblance, tout particulièrement Juli qui se met à haïr Eric tout en sombrant de plus en plus dans la dépression.

L’haïr ? Vraiment ? Eric est malgré son penchant pour sa mère, un garçon gai et chalereux. Plein d’énergie et d’entrain qu’il est difficile de l’haïr. Quant à Juli, malgré tous ses efforts pour paraître froid, il est un gentil garçon, tourmenté mais profondément bon. Comment pourrait-il haïr Eric. Et Oscar, le camarade de chambre de Juli, dans tout ça ?

Amour et haine, suicide, tourments amoureux en tout genre, orphelins de père, orphelin de mère et j’en passe. Les personnages rivalisent de mélodrame. C’est à celui qui aura le passé le plus tourmenté, le cœur le plus fragile.

Exaltation de la jeunesse :

Au mélodrame omniprésent s’ajoute l’exaltation de la jeunesse. Les personnages ont entre 12 et 15 ans. Un âge où on ressent tout plus fort. La moindre inclination prend des proportion démesurée comme le suicide de Thomas qui reste pour moi un mystère. Oh ! bien sûr on nous explique tout de suite son geste, mais moi et mon cœur de glace on ne voit là aucune raison d’en arriver à se ôter la vie.

On plonge très vite dans l’ambiance de ce pensionnat qui flore bon le romantisme. On s’attache à ces jeunes gens plein de drames et de vie mais je garde une certaine distance, un détachement vis à vis de leurs malheurs.

Shonen-aï, l’art du too-much :

Pourquoi cette distance ? Trop de mélodrame, tue le drame. Voilà tout. Le mélodrame est trop présent, comme très souvent dans ce genre de « littérature » (oui, je met des guillemets parce que bon appeler ça de la littérature c’est un peu prétentieux), et cela fini par créer une distance entre le lecteur et les personnages. Difficile d’éprouver une réelle empathie pour les personnages. Ou alors cela vient peut être de moi, je ne sais pas. Le fait est que je les ai observé de loin sans trop m’émouvoir de leur douleur.

Finalement le personnage que j’ai le plus aimé c’est celui qui étale le moins sa détresse : Oscar, le camarade de chambre de Juli. Oscar se montre discret dans ses tourments, il est plus mûr que ses camarades, plus fort aussi. J’ai pu me retrouver dans ce personnages qui reste en deuxième plan. Alors que Juli, Eric (et le fantôme de Thomas) qui occupent le devant de la scène sont trop exubérant dans leur malheur pour moi. Pourtant Juli se montre très discret vis à vis de ses camarades. Je parle du lien entre les personnages et le lecteurs, non pas des personnages entre eux.

Un classique :

Néanmoins Le cœur de Thomas est un classique du genre, une des œuvres fondatrice de ce qui deviendra plus tard le boys-love. En tant que tel c’est intéressant de le découvrir. D’autant plus si on peut le resituer dans le contexte éditorial de son époque. Malheureusement mes connaissance en manga et surtout en manga des années 70 sont vraiment insuffisante pour me permettre de percevoir tout ce qu’il représente. Je n’ai pu qu’en apprécier la lecture au premier degré.

De ce côté là j’ai pris bien du plaisir à découvrir ce manga, qui malgré son côté imposant (3 tomes en 1 pour l’édition française) se lis facilement et rapidement. L’esthétique a un côté rétro qui ne m’a pas du tout gêné et qui colle parfaitement au ton dramatique de l’ensemble. Le dessin de Moto Hagio est beau, surtout dans l’expression des visages. Le trait est fin, élégant et subtil. La mise en page est assez dynamique et agréable. Par ailleurs Moto Hagio nous offre une vraie histoire avec une progression et un scénario bien ficelé (mélodramatique oui, mais bien fait). Comme le fait remarquer à juste titre Mei-Amadis dans sa chronique, ce n’est pas du fan-service gratuits pour fan-girl en manque (j’adore cette tournure, je te la pique). Je ne suis pas ressortie de cette lecture bouleversée mais j’ai passé un bon moment. Un classique qu’il faut connaitre.


Petite anecdote en passant, c’est le film Les Amitiés particulières de Jean Delannoy (1964) qui a influencé Moto Hagio et l’a poussé à écrire du shonen-aï et plus particulièrement Le cœur de Thomas. J’ai essayé de le regarder je me suis endormie avant la fin…

Un film, japonais celui-ci, s’inspire de Le cœur de Thomas. Il est réalisé par Shusuke Kaneko et date de 1988 : 1999年の夏休み


à lire aussi :


shonen-aï
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semaine shôjo : Le meilleur personnage feminin

Voilà une question bien difficile que nous pose le staff du Club Shôjo pour la semaine shôjo de 2015 (elles posent toujours des questions difficiles !). Quel est le meilleur personnage féminin du shôjo ? Généralement je trouve les personnages de shôjo caricaturaux, pétris de cliché et englués dans une vision archaïque et traditionaliste du monde : la femme aux fourneaux, jeunes filles fragiles qu’il faut sauver, jeunes femmes soumises au bon vouloir de l’homme qu’elle aiment… Par très en phase avec la femme du XXIème siècle, ou du moins pas du tout en phase avec ma vision de la femme. Combien de personnage de shôjo m’ont irrité pour ça !

Là, comme ça, sans réfléchir aucun personnage de shôjo fort s’impose à moi. Ne défilent sous mes yeux que des pleurnichardes. Il faut que je me replonge dans ma bibliothèque shôjo et que je gratte un peu sous cette première impression.

les enfants de la mer, Daisuke Igarashi (rien à voir avec les shôjo ! c’est juste pour illustrer ma plongée dans la mer shôjo)

Toru Honda, mon cliché préféré :

Je commence par vous dire que les héroïnes de manga cliché et rétrogrades m’agacent et voilà qu’en première place du meilleur personnage féminin shôjo je vous cité Toru Honda de Fruit Basket (Takaya Natsuki, série en 23 volumes, Delcourt) l’héroïne cliché par excellence !

Toru est douce et fragile, orpheline malmenée par la vie, abandonnée de tous, affrontant le destin avec courage, elle sera secourue par la famille Soma qui lui fera payer cher. Toru se retrouve aussi tôt derrière les fourneaux et devient la bonniche de ces messieurs pour qui même éplucher une patate est insurmontable. Toru va leur faire la popote, vider leur poubelles, laver leur linge, faire les courses… une vraie fée du logis ! Et tout ça avec le sourire bien sûr, parce qu’en parfaite jeune fille à marier Toru aime cuisiner et faire le ménage. Vous en connaissez beaucoup des lycéennes qui aiment faire le ménage ?! O_o

Bien sûr Toru ne se limite pas à jouer les petites épouses modèle, elle est aussi une mère pour tous ces Soma qui ont mal à l’âme. Elle les aime, les console, les rassure, les soutiens… une vraie sainte.

Toru a toute les qualité de la parfaite épouse soumise à l’autorité masculine que je devrait détester, et pourtant je l’aime (comme la plupart des personnages de Fruit Basket, d’ailleurs). Ce n’est pas tant son courage et sa persévérance (une bonne héroïne de shôjo se doit d’être d’un courage discret et d’une persévérance à tout épreuve) qui me la rendent sympathique, mais sa capacité à aimer tout le monde. Toru est un bisounours aboulant dispensant amour et gentillesses à tous ceux qui croisent son chemin. Et là est son originalité et sa force. Les héroïne prêtes à tous pour le beau gosse qu’elle aiment il y en a à la pelle, Toru elle, elle aime tout le monde ! Hommes, femmes, enfants, Toru éprouve une sincère affection pour tous ceux qu’elle rencontre et est capable d’une incroyable empathie, perçant par sa douceur et sa naïveté (car une bonne héroïne se doit d’être naïve, autre cliché que je pige pas) toutes les carapaces.

Si c’est cliché au possible, Toru possède une fraîcheur qui fait du bien.  Si Toru est un bisounours l’histoire de Fruit Basket en revanche y va de sa dose de psychodrames ! un contraste parfaitement réussi.

Je précise tout de même que je n’ai lu que la moitié de la série, je ne sais donc pas comment évolue le personnages dans la seconde moitié. (note pour plus tard : finir Fruit Basket !)

Toru Honda - Fruit Basket

Une femme à poigne : Yankumi

Bon Toru Honda c’est bien, c’est la parfaite caricature du personnage shôjo à laquelle on s’attache malgré tout. Mais y-a-t-il dans l’univers du manga féminin un personnage qui corresponde à ma vision de la femme moderne ? Je désespérais de trouver quand tout à coup cela m’est apparu comme une évidence : Yankumi, l’héroïne de Gokusen (Kozueko Morimoto, série en 15 tomes, version française toujours en cours chez Kazé Manga).

Pourquoi n’ai-je pas de suite pensée à elle ? Précisément parce que Gokusen ne correspond pas du tout au cliché du manga féminin. Il n’y a pas de romance, pas de jolie cœur, pas de jeunes filles en détresse, pas de larme, pas de mélodrame… Gokusen c’est l’histoire d’une prof pas comme les autres, héritière d’une petite famille de yakuza, qui se retrouve professeur principal d’une classe de bad boys. Un peu le Onizuka féminin (donc beaucoup moins vulgaire). Le manga est d’ailleurs publié en France dans une collection seinen.

Qu’est-ce que j’aime chez Yankumi ? Son caractère bien trompé, elle n’a pas froid aux yeux, c’est une championne des arts martiaux et n’hésite pas à se battre s’il le faut, mais sans aucune hystérie (contrairement à beaucoup de championnes en la matière sorties des shônen). Elle sais garder son sang froid, agir en fonction des circonstances. Assurer l’avenir de famille quand celle-ci à besoin d’elle tout en prenant ces distances et en vivant son rêve : devenir professeur. Elle sait choisir sa voie, sans renier les siens. Elle est drôle, pas spécialement belle et encore moins sexy, son côté femme ordinaire la rend d’autant plus attachante. Elle est déterminée, attentive aux autres et pleine de bonne volonté, ce qui pour un prof est indispensable, surtout quand on commence avec une classe pareil.

Yankumi est une femme moderne, elle sait s’affirmer, poursuivre son chemin, prendre soin des sien tout en gardant un petit cœur d’artichaut qui fait boum boum pour le bel avocat à qui elle ne sais pas faire sa déclaration.

Là encore je n’ai lu que les 3 premiers tomes de la série et je ne sais pas encore ce que la suite nous réserve. J’espère que Yankumi ne perdra rien de ce qui fait sa force.

Une mère comme je les aime :

Bon, je vous ai parlé de Toru, la championne des héroïnes shôjo cliché mais attachante, de Yankumi l’héroïne josei aux allures seinen, pour compléter le tour du manga féminin je pourrais citer un bon personnages féminin tiré d’un yuri et d’un yaoi. De Yuri je n’en ai lu que deux, impossible pour moi de parler du meilleur personnage. En revanche il y a un personnage féminin de yaoi que j’adore.

Les personnages féminins dans le yaoi sont très rares, voir quasiment inexistants, pourtant le peu de femmes qu’on peut y croiser sont souvent moins cliché et plus modernes que celle des shôjo ou josei (du moins c’est ce que en ressort de mes lectures personnelles).

Le personnage auquel je pense c’est la mère de Nao dans Otona no Mondai de Ima Ichiko.

Elle incarne parfaitement la femme moderne à mes yeux. Capable d’élever son enfant seule sans en faire un drame, parfaitement à l’aise avec son statut de femme divorcée, elle est dynamique, belle, forte et ouverte d’esprit. Je la trouve drôle et attachante. Une femme avec qui je pourrait être amie. Trop exubérante pour que je m’identifie à elle, j’ai trouvé sa présence dans le manga toujours agréable et m’identifierais facilement à l’une de ses amie (invisibles dans le manga). La façon dont elle titille sont Tangui de fils unique me fait beaucoup rire. Une chouette femme pour un chouette manga (que nous n’aurons jamais la chance de voir publié en France, je le crains).


C’est avec elle que je conclue mon tours des meilleurs personnages féminin du manga féminin. Et vous, quel est votre personnage féminin préféré ?

Pour découvrir les réponses proposées par les autres partenaires de la semaine shôjo, suivez les liens (les articles serons mis à jour au fur et à mesure de leur publication) :

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In These Words – le tueur, le psychiatre et le sexe

Aujourd’hui je suis d’humeur coquine. Je vais vous parler d’un yaoi, et pas un titres tout public ! Âme sensibles, jeunes pucelles, et cœurs romantiques passez votre chemin ! Ce soir c’est sexe, violence et … pas grand chose d’autre au fait :'(

Aujourd’hui je vais vous parler d’un titre qui à fait du bruit dans le monde des des fujoshi. L’éditeur français, Taïfu Comics, a même proposé une édition luxueuse limitée avec couverture cartonnée (et prix cartonné aussi !) en avant-première pour la Japan-Expo 2014. Bref c’était l’événement yaoi de 2014. Alors forcement, je pouvez pas passer à côté ! La couverture était sympa, le pitch intéressant et l’excitation générale me laisser envisager un bon titre. J’ai fini par craquer en ce début 2015 avec ma petite commande trimestrielle sur PointManga (le site marchand de l’éditeur, tant qu’à acheter en ligne, autant soutenir cet éditeur que j’apprécie et dont je peine à trouver les manga en librairie). Bref je me suis acheté In These Words.

édition simple Taïfu Comics

L’histoire :

Katsuya Asano, un bel homme à lunette, travaille comme profiler pour la police. Grâce à lui un tueur en série dangereux à enfin été appréhendé. Mais avant de pouvoir le mener devant le tribunal, Katsuya va devoir lui soutirer des aveux complets (apparemment la police n’a pas assez bien fait son boulot pour pouvoir s’en passer). Pour ce faire, l’assassin est retenu prisonnier dans une maison dans un quartier abandonné, seul avec un inspecteur (ben oui, les prisons c’est pas un endroit sûr pour les tueurs en série…). Le psychiatre lui rend visite tout les jours, dans ce coin coupé du monde. Mais depuis qu’il s’est vu confier cette mission Katsuya est perturbé par des cauchemar où un homme dont il ne voit pas le visage lui fait subir tortures et violences sexuelles (…).

Thriller psychologique ou bouquin de cul ?

N’en déplaise aux fans, je cherche encore le thriller !

Le bouquin s’ouvre sur un premier chapitre écrit, un prologue riche en dialogue où un type à lunette se fait aborder par un riche beau mec et ça l’énerve…

Déjà ça commence bien. Si les scènes sont creuses, ce n’est rien en comparaison avec le style littéraire. Je doute d’ailleurs que le mot « littéraire » puisse être employé pour définir cette façon d’écrire.

Une ombre se dessina sur ses papiers, l’interrompant. Il ne leva pas les yeux, mais l’agacement le gagna peu à peu. Il jeta finalement un coup d’œil quand il comprit que le contour flou ne bougerait pas. Un homme séduisant dans un manteau de cachemire noir lui fit un sourire radieux dès que leurs yeux se croisèrent. Le froncement des sourcils de Katsuya s’accentua.

Hou là, là j’ai des frissons ! Non, je plaisante ! C’est… Comment dire… J’ai du mal à trouver les mots juste sans être blessante. J’ai franchement trouvé ça très mal écrit. Ces quelques pages n’ont aucunement éveillé ma curiosité. Tout au plus m’ont-elle fait sourire par la médiocrité de leur style. Je sais pas si c’est du à la qualité de l’original (ça ne m’étonnerais pas) ou à la traduction, mais le seul mot qui me semble parfaitement convenir c’est « nul ».

Mais bon, c’est 10 petites pages, très aéré avec beaucoup de dialogues et quelques illustrations… alors ça se laisse lire sans trop de souffrances. Passé ce premier cap difficile en entre dans le vif du sujet. Au plus profond même, si vous me permettez ce mauvais jeu de mot. Dès la première planche le ton est donné : un homme, les bras et les mains attachés, en chevauche un autre. Il est encore difficile des dire s’il s’agit d’un rapport consentent ou pas, mais on aura pas besoin d’attendre longtemps pour connaitre la nature violente et forcé de ce rapport sexuel qui tombe sur notre premier chapitre comme la foudre sur le cloché de l’église (c’est un peu plus violent que le cheveu sur la soupe, enfin… pas de quoi vous faire pâlir d’horreur non plus).

A partir de là on a des successions de scène ou l’on voit Katsuya travailler et Katsuya se faire violer. Vous pensez qu’on aura alors le fameux thriller psychologique tant promis. Qui est donc se mystérieux violeur ? Comment Katsuya a-t-il pu se libérer de son emprise ? Est-il vraiment libéré ? Son esprit n’est-il pas encore dans cette chambre sombre et crade au côté du mystérieux violeur ?

Calmez vos ardeurs (celles qui réclament des stimulants intellectuels j’entends) si vous n’avez pas tout compris page 2, vous comprendrez tout une vingtaine de page plus tard quand il n’y aura plus de doute pour personne, sauf pour le protagoniste qui, le pauvre, est perdu dans les méandres de sa mémoire, assailli sans relâche par des maux de tête et des cauchemars.

Il n’y a donc aucun suspens, on se contente de jouer les voyeurs en enchaînant des scène de viol et de torture qui non rien de particulièrement choquant. Enfin, c’est du viol quand même, vous me direz. Ouai ben quand on en arrive au jesaispluscombientième yaoi on en a vu d’autres. Et le duo Guil Pleasure n’offre rien de particulièrement innovant ou imaginatif en la matière. On est loin des images perturbantes qui peuplent les manga les moins recommandables où fleurissent des trucs bizarres en tout genre. Il n’y a qu’a jeter un œil du côté des shunga… rien qu’avec cette estampe d’Hokusai on a un aperçu de l’imagination japonaise en matière de jeu sexuel. Les auteurs de in these words sont américaines… Sorti de la position du missionnaire et de la levrette… Il y a un peu de sang et quelques lacérations pour faire gore et puis c’est tout. Au même temps… c’est très bien comme ça, hein!

Soyons clair, c’est du viol et c’est violent. C’est pas à mettre entre toutes les mains, c’est sûr. Mais c’est pas gore, on n’a pas de frissons d’horreur, on ne blêmi pas. Il y a des épisodes de New York Section criminelle bien plus insoutenables. Tout ça pour dire que le récit et la mise en scène ne sont pas non plus d’une violence remarquable. C’est une histoire de tueurs en série et violeur sadique plutôt gentillette. D’ailleurs on a même pas peur ! Où est donc le suspens et la psychologie qu’on nous a promis ? La violence visuelle est franchement soutenable (voir même un peu ennuyeuse), mais qu’en est-il du scénario?

Si j’en crois la définition que nous propose wikipédia, le thriller « utilise le suspense ou la tension narrative pour provoquer chez le lecteur ou le spectateur une excitation ou une appréhension et le tenir en haleine jusqu’au dénouement de l’intrigue ». Bien. Ici on a tout compris page 2, on a des scène offrant une violence relative pas plus émouvantes que ça, des dialogues qui cassent pas de pattes à un canard, que nous reste-il ? Les personnages !

Parlons-en de ces personnages. Ils sont comme le reste : pas très subtils. Ils parlent peu et le plus souvent pour ne rien dire de particulièrement intéressant. Il ne sont pas attachants, pas effrayant, pas non plus particulièrement séduisants. Leur seul atout est d’être sexy. Parce ça il le sont ! Deux putain de beaux gosses à vous faire baver pour peux que vous aimiez les beaux gosses en papier. Et chose non négligeable dans un yaoi : deux vrais mecs !

Voilà, tout est dit. Je rend mon verdict : c’est un bouquin de cul ! Et rien de plus.

In These Words, une grosse arnaque ?

Là vous vous dite que j’ai détesté, que je vais foutre mon bouquin à la poubelle, qu’il n’y a rien à en tirer. Ou alors vous êtes fan et vous me maudissez du plus profond de votre être, parce que franchement là j’ai rien compris !

J’avoue : j’ai rien compris ! Et pour cause ! Il y a rien à comprendre. C’est du pur guil pleasure, si je peux reprendre le nom de ce duo pour vous faire un deuxième mauvais jeu de mots. Ce que j’ai trouvé dans ce titre c’est du pur fan service pour des fan du genre, à savoir du pur yaoi pour fujoshi. Je suis une fujoshi et j’aime le yaoi. J’assume tout mon coupable plaisir et je garde le bouquin précieusement plaqué en haut de mes étagères, pour des futures relecture toutes aussi coupable que la première.

Que nous proposent en réalité Jun Togai (au dessin) et Narcissus (au scénario) ? Du yaoi, dans la plus pure tradition du genre : « YamA nashi, Ochi nashi, Imi nashi » autrement dit « pas de climax [dans la narration], pas de chute [au récit], pas de sens [à l’histoire] »*. Ici toute cette histoire de tueur en série n’est que prétexte pour nous donner à voir du sexe entre mecs. L’histoire elle, elle est tellement peu plausible que si on y prête un peu trop attention on risque de se gâcher le plaisir. Comme par exemple le coup d’avoir enfermé le tueur dans une maison dans un quartier abandonné, mort de rire ! Il aurait été difficile de prendre une décision plus aberrante que celle-là !

Si on replace les choses dans leur contexte et qu’on lit In These Words pour ce qu’il est : un simple yaoi à l’ambiance sombre et glauque, alors on peut y prendre plaisir. Le dessin est superbe, plutôt réaliste et très sexy.

Seulement voilà : il n’est que ça ! Pas la peine de nous vendre du thriller psychologique.

édition limitée Taïfu Comics

Si je ne vous ai pas complètement dégoutté et que vous êtes curieux, allez faire un tour sur le site de Guilt Pleasure.

Vous pouvez également lire une très élogieuse critique sur le blog du Club Shôjo à la lecture de laquelle j’ai beaucoup souris. Non pas pour me moquer de misami-hirota, la rédactrice du billet, mais parce que nos points de vue sont si diamétralement opposé qu’on peine à croire que nous avons lu le même livre. Comme quoi, cela dépend autant des auteurs que des lecteurs 🙂

Il ne vous reste plus qu’à lire In These Words pour vous faire votre propre opinion. Et moi à attendre le tome 2 pour voir si oui ou non le scénario est si banal que je le pense 😉

 Sore jaa, mata

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Otona no Mondai – un yaoi de Ima Ichiko

C’est encore sous les conseils de a-yin que j’ai choisi de lire ce yaoi (non disponible en France). Je ne connais pas Ima Ichiko, mais elle me l’avais déjà conseillé et son récent article sur un autre de ses yaoi –Ashinaga Ojisantachi No Yukue – ma donné envie. (Oui, en ce moment je me fait une cure intensive de yaoi 😀 ). Et je n’ai pas été déçue. Bon ça n’a pas la classe d’un est em mais il y a dans ce titre une certaine originalité qui mérite d’être cité.

L’originalité est dans l’histoire, ou plutôt devrais-je dire dans les personnages principaux. En effet ici, chose rare pour un yaoi (c’est la première fois que je vois ça) le personnage principal n’est pas gay. Et non ! Le pivot autour du quel se déroule l’histoire est un jeune homme de 20 ans on ne peut plus hétéro. C’est son père qui est gay. Celui-ci annonce son intention de se marier avec un homme. (Au Japon le mariage entre personnes du même sexe n’est pas autorisé mais la question est détourné par l’adoption de l’un des partenaire par l’autre qui devient officiellement le fils adoptif. Je ne sais pas si la chose est vraiment rependue dans la réalité, mais ce type de “mariage” revient souvent dans le BL).

Non Seulement le personnage principal n’est pas gay, mais dans tout l’histoire le père est son jeune “mari” sont le seul couple homosexuel. Et ça, ça rend l’histoire beaucoup plus crédible ! Il y en a marre de ces yaoi où la terre entière est composée d’homo ou de mecs qui se disent “pas gay” mais qui comme par hasard tombent amoureux d’autres mecs (moi j’appelle ça être homosexuel, mais je dois pas avoir la même définition du mot que certaines mangaka, faut croire). Dans Otona no Mondai on a un cadre des plus vraisemblables. Et c’est l’intérêt premier de ce titre qui sort ainsi du lot et des stéréotypes du genre.

 

Revenons un instant sur l’intrigue : Naoto vit seul avec sa mère depuis le divorce de ses parents. Alors qu’il avait 5 ans ses parents décident d’un commun accord de se séparer : le père est gay. Mais il n’abandonne pas pour autant son enfant et c’est dans la bonne intente entre les deux ex-époux que Naoto grandi. Il a accepté sans trop de problème l’homosexualité de son père mais est très angoissé à l’idée que d’autres le découvrent. Il a peur de leur regard. Le jour où le père annonce son intention d’ »épouser » Gorou les angoisses de Naoto ne font que redoubler. Il veut tout faire pour convaincre son père de renoncer. Mais séparer les deux amants n’est pas aussi facile que ça. Finalement, au contact de Gorou , Naoto apprends à le connaitre, à l’apprécier en tant que personne et à souhaiter le bonheur de ce couple pas comme les autres. Mais pas question que tout le monde sache !

 

Toute l’histoire est traité avec humour. Les personnages ont tous des caractères plus pittoresques les uns que les autres. Ils sont drôles et attachants. J’ai beaucoup aimé la mère et son côté femme de caractère. Une vraie femme moderne. (dans un manga ? Si, si je vous jure ! Enfin, faut pas exagérer c’est quand même elle qui prépare les repas de son idiot de fils, non parce qu’à 20 ans, il peut pas se débrouiller, le pauvre choupinet). Avec cette belle brochette de personnages drôles mais ordinaires, Ima Ichiko n’a de cesse de créer des situation aptes au quiproquo et aux malentendus. La scène où le grand frère vient chez les Gorou pour la première fois afin de convaincre son frère de revenir à la maison et vraiment poilante. Un vrai vaudeville ! Si je n’ai pas ris à gorges déployées, j’ai trouvé ce titre très amusant.

Mais au delà de l’humour l’auteur aborde le sujet de l’intolérance et de l’acceptation. Contrairement à de nombreux titres, ici les personnages gay ne se posent aucune questions quant à leur propre homosexualité. Ils l’ont tout deux accepté depuis longtemps. C’est le regard des autres qui est au centre de cette histoire, notamment à travers Naoto qui malgré l’affection qu’il a pour son père et pour son nouveau « grand frère » est terrorisé à l’idée que d’autres découvrent son secret de famille. Il a peur d’être rejeté à cause de l’homosexualité de son père, ce qui met bien l’accent sur l’ampleur du tabou. Non seulement les couples homosexuels sont mal vu, mais c’est aussi préjudiciable socialement pour leur famille. (Moi j’ai beau ne pas comprendre ce genre de réactions face à l’homosexualité, je suppose que cela doit être une réalité, surtout au Japon ou la société est assez rigide, même le divorce est très mal vu). La réaction de Naoto face à l’homosexualité de son père n’est pas le seul événement à mettre l’accent sur la difficulté d’être homosexuel dans une société aux idées étriquées. La famille de Gorou fait également pression sur lui. La rigidité de la société japonaise est d’ailleurs mise en évidence par un autre événement qui lui n’a rien à voir avec l’homosexualité. Il s’agit d’un couple hétéro mais qui lui aussi, à sa façon, sort des canons habituels et il est pointé du doit à cause de cela (je ne vous en dit pas plus pour ne pas vous dévoiler l’intrigue). J’ai trouvé intéressant le parallèle qui est fait entre les deux situations. La problématique ici n’est pas tant l’homosexualité mais le manque de tolérance. Le tout est abordé sans mélodrame et beaucoup d’humour.

 

Une bonne lecture qui me fait découvrir Ima Ichiko. Son dessin m’est pourtant familier. Peut-être ai-je lu un autre de ses yaoi il y longtemps. En tout cas maintenant j’ai bien envie de lire Le cortège de cent démons.

Ah ! et la je me rends compte que j’ai complètement oublié de vous parler du dessin. Je l’ai trouvé beau, simple, délicat et expressif.

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Yagate Ai ni naru – un yaoi de est em

J’ai déjà parlé à plusieurs reprises d’est em, une mangaka peu connu (enfin, peu commercialisé) que j’aime beaucoup. C’est a-yin qui m’a fait découvrir cette mangaka, et c’est sur ses conseils que j’avais acheté Tango, son seul manga publié en France (aux éditions H). Ce fut le coup de foudre ! Un coup de foudre à retardement. La première lecture m’avait charmée, la deuxième m’a conquise. Depuis je suis devenue une inconditionnelle de est em.

C’est encore a-yin qui m’a conseillé, pas plus tard que hier (voir son article sur Ashinaga Ojisantachi no Yukue (Ichiko Ima)) de lire Yagate Ai ni naru un des ses yaoi d’est em préféré. Sur ce terrain là j’ai une complète confiance en les conseils de a-yin j’ai donc foncé sans réfléchir. Si le manga n’est malheureusement pas disponible en français, on peut en trouver des scans en anglais sous le titre Yagate ao ni naru (pas bien ! ben oui, mais quand on peut pas faire autrement… promis je l’achète des qu’il sort en français).

 

A la mort de ses parents Kota est adopté par la famille de Taisei. Les deux pré-adolescents deviennent ainsi frères. Mais Taisei n’a jamais considéré Kota comme un frère, et ce n’est pas en grandissant que ses sentiments vont changer.

Là certains se disant “oh mon dieu, encore une histoire de frères !”. Oui, sauf que c’est du est em. Vous n’aurez pas un étalage d’érotisme, de salive et autres fluides corporels dans des échanges incestueux et immoraux. Bon, tout d’abord, les deux jeunes homme ne sont pas de vrais frères mais plutôt des amis d’enfance ayant grandi sous le même toit. Ce n’est pas la même chose. Il y en a peut-être qui affectionnent les histoires d’inceste (il y en a surement puisque ces histoires sont si répondues autant dans le yaoi que dans le shôjo) mais moi ça me dérange, vieille bique que je suis. Je ne suis pas la seule à être réticente. Voilà pourquoi je précise 🙂

Et puis surtout c’est la façon dont cette histoire est raconté qui fait la différence. Comme je disais, on est pas là pour des échanges de fluides, mais des échanges de regards. Tout est dans le regard, les non-dits, les mains levées puis laissées retomber… La retenue mais aussi l’explosion, les mots qui ne sortent pas, les coups qui partent trop vite… Il est question ici de sentiments. Comment exprimer ses sentiments, comment recevoir ceux des autres, comment comprendre et se comprendre. Pas seulement des sentiments des deux hommes l’un pour l’autre mais de leur sentiments face à la vie, à leur famille à leur métier… Un récit tout en douceur et en subtilité.

J’aime la mise en scène de est em, mais ce que j’aime encore plus c’est son coup de crayon, tout de suite reconnaissable, beau, viril et touchant. Oui, je trouve qu’il se dégage une certaine virilité de ses dessins et des hommes qu’elle décrit. Même dans leur fragilité, ils restent viriles.

Le dessins d’est em provoque en moi une émotion particulière et je crois bien que peu m’importe l’histoire qui est raconté, ce sont les regards de ses personnages qui me captent et me parlent, plus encore que son scénario.

Pourtant un aspect de ce titre est particulièrement intéressant, Kota et Taisei sont les fils d’un artisan teinturier. Tout au long de l’histoire on voit l’atelier, les bain d’indigo, la façon dont les tissus sont préparés… Pour les amateur de japonaiseries c’est un plus non négligeable. En tout cas moi cet univers m’a ravi.

L’histoire des deux frères est suivie par d’autres histoires courtes, tout aussi touchantes et subtiles. J’ai particulièrement aimé celle de l’adolescent qui se rend à la piscine de l’école une fois la nuit tombée. La façon dont les sentiments du garçon sont abordé m’a semblé très juste et vraiment pas malsaine, ce qui n’est pas toujours le cas dans le yaoi.

C’est d’ailleurs un des aspect que j’aime dans les yaoi de est em : elle ne fait pas l’étalage de sentiments pervers comme peuvent le faire de nombreux titres. L’excès de sentiments malsains serait au yaoi ce que l’excès de violence est au seinen ou au shonen. Si son rôle d’exutoire est indéniable c’est parfois too much et je fait une overdose (je pense notamment à un titre qui m’avait été chaudement conseillé et qui m’a donné la nausée tellement c’est malsain et mélodramatique : Sakura Gari). Est em a le don de nous raconter des histoire avec beaucoup de naturel. C’est reposant 🙂


Pour les anglophones à lire aussi un article sur l’excellent blog Brain vs. Books

à découvrir également le tumblr d’est em

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10 count – tome 1

Après un mois entièrement (et presque exclusivement) dédié au contes de fées, Ma petite Médiathèque retrouve son visage habituel. Je vais enfin pouvoir parler des nouveauté de cette rentrées que j’ai lu dernièrement. Je commence par le dernier manga de Rihito Takarai paru chez Taïfu comics : 10 Count.

Todaoma Shirotani souffre de mysophobie (phobie des microbes). Il porte des gants, ne supporte pas les lieux publics, ne peux pas toucher les choses que d’autres touchent… il a du mal à respirer dans ce monde. Pourtant il croit qu’il n’a pas besoin de guérir. Cette conviction s’ébranle quand son patron manque de se faire renverser par un camion. Shirotani a hésité à tendre la main vers pour lui venir en aide alors même qu’il risquait sa vie. Heureusement Riko Kurose passait au même moment et sauve Mr Kuramoto.

vous êtes mysophobe ? ça l’air sévère. Vous devriez consulter

Alors qu’ils n’ont échangé que quelques mots, voilà ce que Kurose se permet de dire à Shirotani. “je n’ai pas besoin de guérir” se contente de lui répondre ce dernier. Pourtant l’accident l’a bouleversé, tout comme les mots trop directe de Kurose. Ne serait-il pas temps de faire quelque chose pour se débarrasser de cette phobie ?

Shirotani va se rendre dans une clinique psychiatrique, mais arrivé devant le bâtiment, le courage lui manque et décide de s’en aller. Avant qu’il n’ai eu le temps de s’en aller Kurose arrive. Il se trouve que justement celui-ci est psychiatre et travaille dans cette clinique. Face à la réticence de Shirotanni, il lui propose un rendez-vous informel dans un café. C’est ainsi qu’ils décident d’entreprendre une thérapie de  désensibilisation en 10 étapes. Une relation ambiguë va se créer entre les deux hommes, entre amitié, relation médecin-patient et attraction. Des sentiments bien difficiles à assimiler pour le fragile Shirotani. Qu’en est-il de Kurose ? Est-il si fort qu’il le laisse croire ? Pourquoi a-t-il décidé de venir en aide à cet homme qu’il ne connais pas ?

 

Un premier tome tout en douceur où l’on découvre les personnages principaux et où ils se découvrent l’un l’autre. Dans le pur style de Rihito Takarai (je dis ça comme si j’était une experte… c’est pas le cas ^^ mais les manga d’elle que j’ai lu sont tous comme ça), il ne se passe pas grand chose. Cela ne nous empêche pas de nous attacher à ses personnages, doux et fragiles, un peu énigmatiques et souvent en décalage par rapport à la société. Ici c’est la phobie qui éloigne Shirotani du monde, à moins qu’il ne soit phobique pour pouvoir s’éloigner du monde… Sa phobie lui permet de créer une barrière entre lui et les autres. Mais que se passe-t-il quand cette barrière est brisée par Kurose qui s’invite dans son univers sans trop de ménagements ?

J’ai aimé ses personnages qui, tout en étant assez caricaturaux, sont attachants. On a envie de savoir comment leur relation va évoluer, on vaut voir Shirotani s’en sortir et Kurose s’ouvrir, se dévoiler. Mais plus que tout, ce que j’aime dans les manga de Rihito Takarai (que ce soit du boys-love ou du shojo) c’est son graphisme à la fois classique et très personnel, beau et doux. J’aime l’ambiance qui se dégage de ces tranches de vie fragiles et éphémères. Ces moments de fragilité et de beauté qu’elle nous décrit sont comme des cerisiers en fleurs. On sait que les jolies fleurs vont se faner, mais elle laisserons la place à quelque chose de plus fort, de plus robuste. Et on est pas triste de les voir partir (grandir), on éprouve juste un peu de nostalgie.

Je m’égare ! Quel rapport entre les fleurs de cerisier et 10 count ? Ben, aucun. C’est juste l’image qui m’est venue pour exprimer ce que je ressent face aux manga de Rihito Takarai. J’aime la douceur et la finesse de son trait, ses visages toujours un peu mélancoliques. Ce n’est pas très gai, mais ce n’est pas triste non plus. Pas de surprise donc, Rihito Takarai m’a encore conquise avec cette nouvelle série. 

Que vous dire de plus, j’aime et je sais pas spécialement pourquoi. J’aime c’est tout. Encore un dernier mot pour la fin : ne vous laissez pas tromper par la couverture très aguicheuse, c’est ce que vous aurais de plus sexy dans tout le manga ! Ce premier tome n’offre rien aux amateurs de hard yaoi, ici on est dans l’univers des sentiments, pas du cul 😉


A lire aussi 10 Count sur Il était une fois un manga


Lire un EXTRAIT 

Le manga sur le site de l’éditeur


3 livres – 0.5%
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Tango ~ est em

Ayant parlé récemment de est em, et lui ayant décerné la couronne de reine du yaoi, j’ai eu envie de relire et chroniquer son seul manga paru à l’heure actuelle dans nos contrés : Tango, one-shot regroupant plusieurs histoires courtes. La version française de ce yaoi a été publié par les éditiond H en 2010.

La version japonaise est publié par les éditions Tôkyô Mangasha (2006) sous le titre ショーが跳ねたら逢いましょう (show ga hanetara aimashou). Si les américain ont traduit le titre par Seduce me after the show, on se demande où l’éditeur français a été chercher son titre. Car s’il est bien question de séduction après le show, point de Tango dans cette histoire ! Oh, le titre va à merveille avec cette sublime couverture rouge et noir, pleine de sex appeal. C’est d’ailleurs cette combinaison entre l’image et le titre (et les conseils de a-yin) qui m’on donné envie de lire ce manga. Mais force est de constater que… s’il y est bien question de dance, je cherche encore le rapport avec le tango…

Si ça ne parle pas de tango, de quoi nous parle ce manga ?

Et bien, ma fois, de jeu de séduction, d’hommes tourmenté, d’amour et d’art aussi. C’est un yaoi, alors, évidemment, il y est question de romance entre homme, mais ne cherchez pas ici des aventures complexes, des scénario rocambolesque, des histoires d’amour qui n’en finissent pas de se mettre en place, ni de sexe à profusion. Ce sont des histoires brèves, des instants dans la vie de ces hommes qui se rencontrent et puis se perdent et parfois se retrouvent. Il n’y a pas toujours un sens, il n’y a pas de fin heureuse ou d’amour triomphant, il y a d’ailleurs pas vraiment de fin. Il y a la vie et il y a l’art. Car oui, l’art est omniprésent dans ce one-shot, que se soit avec le danseur, l’acteur ou encore les musiciens ou le peintre.

Lever de rideau et Une fois le spectacle terminé…, les deux premiers récit, mettent en scène le couple de la couverture : Théo, un jeune danseur blesse, et Darren un célèbre acteur américain. Les deux hommes se rencontrent lors d’un tournage et échangent un premier baiser, comme une plaisanterie. Mais le cœur tourmenté du jeune danseur aura raison du tombeur. La plaisanterie prendra une tournure plus sérieuse. Mais Théo est de ces oiseaux là qu’on enferme pas, Darren le sait bien. Et c’est en le laissant s’échapper qu’il en devient plus beau.

La relation entre Théo et Darren n’a rien de particulièrement intéressant, l’histoire est, néanmoins,  bien mené. Mais ce qui m’a le plus marqué dans cette histoire c’est Théo et sa dance, qui n’est pas du Tango mais de la danse classique car Théo vient du Bolchoï, célèbre ballet russe, qu’il a quitté pour aller danser en Espagne, pays qui n’est pas vraiment connue pour le tango, mais pour le flamenco… dont le costume de scène de Théo s’inspire. Bref, Théo est devenu célèbre pour son interprétation très personnelle de Carmen ou il joue à la fois les rôles de José et Carmen. Toute l’histoire entre Darren et Théo se passe et moi je ne me disais qu’une chose : « je veux voir Théo danser ! »

tango

La nouvelle qui suit, Café et cigarette est moins troublante, plus classique. Un jeune peintre devenu garçon de café rencontre un bel homme qui tient une gallérie. Grâce à l’influence de cet homme, le jeune homme va se remettre à la peinture qu’il avait fini par abandonner. Si les personnages sont moins charismatiques que dans les deux premières nouvelles, ils n’en sont pas moins touchant.

Rokin’in my head c’est la rencontre entre un jeune rockeur et son idole. Si la rencontre est drôle et le vieux rockeur blasé touchant, la chute est un peu too much et l’ensemble de l’histoire un peu trop classique. Cela reste agréable à lire et à regarder.

Suivent deux très courtes histoires assez étranges : Nero et Monochrome. Ces deux histoires bien que pas particulièrement porté sur le sexe et le boys-love sont tout à fait « yaoi » tant la définition « pas de climax, pas de chute, pas de sens » leur colle à merveille. Ces récits, mettent en scène deux hommes en costume noir, au comportement vraiment étrange. A la première lecture j’ai pas vraiment compris d’ailleurs. Mais finalement, je trouve que c’est pas mal trouvé du tout. Si j’en dis pas plus c’est pour vous donner envie de découvrir par vous même 😉 (si ce n’est pas déjà fait)

La dernière nouvelle est celle que j’ai trouvé la plus émouvante, surtout à ma deuxième lecture. Des cigales le long d’une route d’été nous montre un vieille homme qui revient dans sa Kyôtô natale à l’occasion d’un festival, il espère y retrouver un ami de jeunesse, et c’est, troublé, qu’il rencontre le petits fils de cet amis, désormais disparu. Cette histoire m’a touché par sa simplicité et aussi, peut-être par sa vraisemblance. Deux jeunes hommes, amis, découvrent que peut-être quelques chose de plus que l’amitié les uni, mais préfèrent ne rien se dire pour que la séparation soit plus simple. Ils se promettent de se revoir mais la vie reprends ses droits et chacun mènera sa vie. Devenu vieux, celui qui est parti veux revenir vers son premier amour. Mais celui-ci est déjà mort. Il rencontre alors son petits fils. A travers les mots de ce dernier on croie comprendre qu’il a vécu une vie heureuse, qu’il a eu enfant et petite-enfant… Mais au moment du festival, toute sa vie durant, il scrutera la foule en souvenir de cette promesse fait des années plus tôt, à l’homme qu’il aimait peut-être mais à qui il n’a pas voulu le dire, cette homme qui l’aimait, mais qui n’est jamais revenu. Je trouvé ça très triste. Mais ce qui rend ce récit particulièrement touchant c’est la façon tout en délicatesse et en discrétion, sans pathos qu’on évoque cet amour avorté dans l’œuf. Il y a de la nostalgie, un peu de tristesse, mais aussi de la tendresse dans le regard du vieil homme. Tendresse à l’égard de ses souvenirs.

C’est peut-être cet absence de pathos et de drame, trop souvent présente dans les boys-love qui m’a plu dans ce recueil. Même l’histoires de Théo n’est pas plongée dans le drame. Certes le danseur à vécu un drame et il en a été marqué, mais on en fait pas des tonnes. Pas de larmes à profusion, pas de discours intérieur à rallonge, de masturbation mentale et tous le mélodrame qu’on nous sert si souvent dans le yaoi, parce qu’il faut souffrir pour être un bon héros de boys-love ! Ici il y a des hommes troublé, des hommes tourmenté, mais des hommes qui sonnent plutôt vrai. Des hommes adultes, aussi, qui donc passent moins de temps à explorer leur nombril que les ados, parce que ce soit dans le boys-love, ou dans le shôjo s’il y a bien une chose qui à tendance à m’agacer c’est quand le héros se pose des tas de questions sur « oh mon dieu qu’est-ce qui m’arrive » durant plusieurs chapitres, questions certes légitimes mais qui à la longue lassent.

Ce qui fait la force de ce manga, ce n’est pas que la façon dont est em nous raconte ses histoires, c’est aussi son dessin. Un trait particulier  et immédiatement reconnaissable, beau et expressif où les vieux beaux ont autant de charme que les beaux gosses.

C’est beau, c’est touchant et c’est pas que pour les fan de yaoi.

A quand un nouveau manga de est em en français ? En attendant vous pouvez toujours vous consoler avec les éditions étrangères 😉

lire un extrait

♣ à lire aussi : Spotlight (801 Special): Est Em (anglais) et An interview with Est Em (anglais)

album

Tango sur le forum Club Shôjo

Et, pour conclure, une image bonus 🙂

Carmen par Mats Ek – le costume rappelle fortement celui de Théo

anime manga aggregator sama Sama It!

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